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Full text of "Traite de Diagnostic et de Semilogie"

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TRAITÉ 



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DIAGNOSTIC 



ET DE 



SÉMIOLOGIE 



OUVKAf.KS DU MKME AUTEUR 



é 

^ouvenox élémcnln de pntholocio générale, coinitrcnant la iialiin' de riioitiiu.*, 
riiisloire jçénérah' «In hi maladif, les (liflV'rciitrs classo de n)ala<li«\s, raiialomif pallx»- 
loij;r|iie générale cl l'histolo^'ii' palli()Ioj;i(iiic, h* pronoslit;, la llMTa|K'iili((u<' jiéiiéralc. 
Quatrième édition. Paris, lK8:i, un vol. in-8' de xn-'.)80 pa^'0< avec ^V.j Iî-îmits. 

Traité pratiqoe dcM nialadien «le» nouvoaii-néfi, <!««» rnCnniM h la mamelle 
et lie la seconde enfance. SejUièine édition corri^'éoct consid.'TaI>lt'fii<Mit aiiiiiiP'iiU'f 
Paris, 1878, un vol. grand in-H" de \vi-ll-J8 pagrs, avec 17!» fi^'ures. Couronné par 
nn^tilul. 

fijsiène de In première enfance, guiile des mères pour rallaitenieiit, le .<rvra^f 
el le rlioix de la nourrice chez les nouveau-nés, Seidienu' édition. Paris, 187'.>, unvid. 
iu-18' Jésus de i'Jli pn^'cs avec 49 figures. 

I^u nervofflMnie nij;;u e( elironlc|uo et fle« maladlcM nerveuiieM. Dev.cienx' 
l'dition. pjiris, 1877, un vol. in-8' de l»r»0 j)ages. 

IlifiCoIro de In médecine et des doctrines mé«licaleM. Levons faites à l'Érole 
pralifpie de la Faculté de médecine. Dpu.rii'me édition, l'aris, I87IÎ, deux volumes in-S . 

"Vrnlté des Mignei» «le la mort, et des moyens de ne jkis élrc enterré vivant. 
Deuxième, édition^ augmentée d'une étude sur de nouveaux sigiu's oplitlialmoscopiijui's 
et lliermométri«pjes de la mort. Paris, 187-i, un vol. in-18 jésus <ie \iii-i('»S pages. C«>»i- 
ronné par Tlnslitut de France et par l'Académie île méderine. 

lia tIo et iiefi nttriliutM dans leurs rapports avec la pliilosopliic et la médecin**. 
Deuxième édition. Paris, I87(i, un vol. in-18 jésus de ioO pages. 

Du dla^snostlc de» maladies dn Mystéme nerveux par l^ophtlinlnioscope. 

Paris, 1805, un vol. iM-8'' avec 10 ligures et un allas de ti liguros chr(unoIilli(»grapliiL'es 
par rauletu". Couronné par rinstilut. 

vttlas d'oplithalmoscoplo m^<licnlo et de cérébroNCopie, montrant die/ 
l'homme el chez les animaux le.s lésions du nerf optique, de 1.» rélmeet de li «horonlf, 
produites par les maladies du cerveau et de la moelle épiniére, el par les lualadies 
ronslitutioiinelles et humorales. Paris, 187(;, un vol. iri-i', viii-M8 page-, avec \\) ngure> 
et H planches chromolilhographiques,. comprenant \'M figures. 

IMctIonnaIre de médecine et de tliérapenii«|ue médicale et ehirurslcftle 

comprenant le résumé de la niédecine et de la chirurgie, - les indications tliérap.Mi- 
liciues dans chaque maladie, - la médecine opératoire,— le«i accouchemenls. locu- 
listique, — l'odonlechnie, — les uuiladics des oreilles, - réleclrisaliou, - la malicie 
médicale, ~ les eaux minérales, — et un formulaire pour chatiue maladu'. Ou\rage rii 
collaboration avec A. Dem»KKS. 7Vome;/ie é(/*7/0H. l»aris, 1881, un volume grand in-S .snr 
tleux colonnes, avec 01 1 figures. 

Compendinafi annuel do thérapeutique française et étrangère. Pari^, 18S0 à 18S'J. 
trois vol. in-S". 

ParU médical, 1880, 1881 et 188:2, in-<i% jfmmal hebdomadaire. 



MoîrKiio/, A'hii.-DiitMl des lm|irimcnes réunies, A, rue Mignon, i. 



TRAITE 



DE 



DIAGNOSTIC 



ET DE 



SÉMIOLOGIE 



COMPRENANT L'EXPOSË 

DES PROCÈDES PHYSIQUES ET CHIMIQUES D*EXPL0RATI0N MÉDICALE 

AUSCULTATION, PERCUSSION, CÉRÉBROSCOPIE 

SPHYGHOGRAPHIE, LARYNGOSCOPIE , MIGROSCOPIE, ANALYSE CHIMIQUE 

ET L*ÉTUDE 

DES STHPTOflES FOURIIS PAR LES TROUBLES FONCTIOINELS 



V 



PAR 

E. BOUGHUT 

rRoriaeiOR agrégk di la rxcuLTé db médkini db paris 

Médecin do l'hdpibil das Enfanlt malades, 

Laoràil de l'Institut do Franco, OfAci >r do la Légion d'bonneur, 

Chevallor dos SS. Maurice et Loi^ro, d'ImbcUa la Callioliquo, 

Coamiandeur de Charles III, etc. 

A.'rec lOO Usures lntei*oaléoa dans le texte 




PARIS 

LIBRAIRIE J.-B. BAILLIÊRE et FILS 

•CE nADTEreVILLE, 19, PRÈS LE mULCVARD SAINT-«E*MAW 

1883 

Tous droits résenr<<s. 



V v' / '\, U '■l s . ■ ■■ \ 



PRÉFACE 



Ce Traité de Diagnostic et de Sémiologie formait la seconde 
partie des Nouveaux: Éléments de Pathologie générale dont la 
quatrième édition a été publiée récemment. 

Je l'en ai séparé pour faire un livre spécial et à part, à cause des 
additions dont il a été l'objet, et que me commandaient impérieu- 
sement l'état de la science et les acquisitions nouvelles. Maintenir 
ces deux ouvrages réunis, m'obligeait à publier un volume trop 
considérable, d'un maniement lourd et difficile. De plus, comme 
la Pathologie générale et le Diagnostic sont choses un peu diffé- 
rentes dans leur objet, il m'a semblé que leur séparation et leur 
publication isolée seraient bien accueillies du public médical qui 
me fait l'honneur de suivre avec intérêt mes travaux en puisant 
avec moi aux sources d'observation clinique et de vérité qui ont 
alimenté ma vie. 

Cette séparation m'a permis de donner au Diagnostic et à la 
Sémiologie des développements nouveaux. 

Elle était nécessaire enfin pour satisfaire mon ambition scien- 
tifique, qui est de maintenir mes livres à une hauteur de progrès 
digne de leur succès passé. 

Dans cet ouvrage, j'ai dû, pour faire comprendre les progrès 
réalisés depuis vingt ans dans les procédés d'exploration des 



VI PUEFACE. 



maladies, faire deux parties : rune pour les nwi/cns iVexploration 
noHvraux, et la seconde pour le (liar/nosfic proprement dit, qui 
couiprend la signiiication précise des i)]iénoinènes morbides et 
des troubles fonctionnels observés chez les malades. 

La première p(frfic il pour titre : Des motjens phtisiques irexplt- 
rafioHy et on y trouvera : un Manuel complet de là Percussion et de 
YAifscKlfalion, compvauàni toutes les applications que Ton peut 
faire de ces moyens dans Tétude des maladies du cœur, des pou- 
mons et des diiïérents oijj^anes ; — un résumé des découvertes de 
VOp/if/ialmosropie médicale ou Cèrêbroscopiey aest-ii-dire i\(ti^ 
signes fournis par Y ophthalmoscope au diagnostic des maladies 
cérébro-spinales et diatbésiques; — un exposé de hfrf/n/pjscopie 
et de la nuinière d'employer le laryngoscope; — le mode d'em- 
ploi des splnj(j)no(jraphes deMarey et de Brondel ; — du microphone 
et du sphf/i/mophone; — la manière de se servir du microscope, de 
Vunabjsc chimique et de Vana If/se spectrale; — les différentes 
manières d'employer le .^////iV, la sonde, les spéculums, etc. C'est 
en un mot le manuel de tous les procèdes phijsiques d\\vploratio}i 
phijsique et chimique introduits récemment dans les pratiques 
de la médecine pour la précision et le })erfectionnemenl du 
diagiu)stic. 

C'est en elTet dans la connaissance approfondie de ces moyens, 
dans leur pratique habile et continue que réside la netteté du 
diagnostic, et si les jeunes médecins de ce temps peuvent de bonne 
heure reconnaître sûrement des maladies qu'on ne pouvait qm* 
soupçonner avec peine au siècle dernier, cVstà Tétudedes moyens 
physiques d'exploration qu'ils le doivent. — Il iallait jadis de lon- 
gues années de travail [)Our distinguer les différentes maladies de 
la poitrine, tandis (praujourd'hui, grftce à la découverte de la 
pei'cussion par Avenbrugger etsurtout de Tauscultation par Laen- 
ncc, un jeune médecin peut en quelques mois de bonnes études, 
reconnaître sûrement toutes les maladies du coeur, de la |)lèvre et 



PRÉFACE. VII 

dhes poumons. Si Thistoire de la médecine est juste et reconnais- 
sante envers celui qui par son génîe a le plus contribué aux pro- 
grès du diagnostic, le siècle médical qui a vu naître l'auscultation 
devrait s'appeler le Siècle de I/iennec. 

L'École française, si elle veut reconnaître dignement le ser- 
vice rendu à la science et à l'humanité souffrante, ne saurait rien 
faire de mieux pour honoi^r l'époque dans laquelle un homme 
lui a donné les moyens de passer tout à coup des ténèbres à la lu- 
mière et de l'incertitude à la précision. 

 ces noms illustres — il faut ajouter ceux de Gzermak, pour 
le laryngoscope, de Helmholtz, pour l'ophthalmoscope, de Réca- 
mier, pour le spéculum. 

La seconde partie est relative à l'étude des troubles fonctionnels 
de chaque partie du corps qui relèvent de l'observation clinique ; 
—à la constatation des phénomènes morbides accomplis dans les 
tissus; — à l'analyse microscopique, chimique ou spectrale des 
produits de sécrétion normale et pathologique. C'est dans cette 
recherche de l'anormal et de l'irrégularité physiologique que le 
médecin trouvera ce qu'on doit appeler des signes diagnostiques 
et ce qui lui permet de déterminer le siège d'une maladie, sa na- 
ture, sa période d'état ou de déclin, son pronostic et les indica- 
tions du traitement à prescrire. 

J'ai ainsi passé en revue les signes fournis au diagnostic par 
l'étude des troubles fonctionnels et physico-chimiques de chaque 
oif[ane ou de chaque système organique, en indiquant la signifi- 
cation probable ou absolue de chacun d'eux. Tel phénomène 
morbide étant constaté, à quelle altération ou à quelle maladie 
faut-il penser? Tel est le problème incessamment renouvelé que 
je me suis proposé de résoudre de façon à pouvoir résumer l'étude 
de chaque symptôme par un aphoris(ne concis et clair, facile à 
retenir. 

Les premiers chapitres sont relatifs a V habitude extérieure des 



VIII PHÉFvVCK. 

utalades pour rétiide du faciès et (l(\s ditréiviites [jarlies du visaf^^e, 
ou de rattilude des malades et de ce qu'on peut appeler lu 
phl/sionomir. morhiilc. En eiïet, le médecin ne i)eut pas plus se 
délendrc du premier mouvement (jui consiste à dévisager le 
malade qu'il visite pour la première l'ois, (pie riiomme, dans ses 
relations avec^ le monde, ne peut Tempècher de lire dans les 
traits de son interlocuteur, ce qu'il y a chez lui d'intellii»ence 
et d'élévation d'esprit, de franchise ou de ruse, de douceur ou 
de méchanceté, de bassesse ou de distinction dans les appé- 
tits. Un médecin non physionomiste pourra être un savant, il ne 
s(»ra jamais un bon médecin, et c'est à l'hôpital qu'il faut aller 
pour apprendre à lin», sur la liiiure de ceux qui s'y présentent, 
ces expressions différentes et variées qui veulent dire : iîèvrr 
typhoïde, choléra, phthisie |)ulmonaire; pneumonie, croup : 
aniline tonsillaire; asthme cardiaque ou pulmonaire, sclérose 
cérébrale, ou hémorrhai2;ie du cerveau; chlorose, anémie, hé- 
pntite, hypochondrie; néphrite albuniineuse, rougeole, scarlatine, 
variole; syphilis des nouveau-nés, etc. Et non seulement l'ex- 
pression du visa^çe est pour les vrais observateurs une condition 
de diai>noslic, mais elle est encore une^insi)iration du pronostic. 
Est-ce que l'éclat des yeux, le sourire languissant ou animé des 
m;dades,et l'intérêt qu'ils st^mblent prendrez à ce (pii les entoure, 
succédant du jour au lendemain à la prostration et à l'adynamie 
ty|)hoïde, pneumcmique ou autre n'indiquent pas à distance, et 
pjirun seul coup d'œil, l'amélioration de l'état local et l'espoii' 
d'une guérison prochain(\ — C'est par l'étude pliysionomique 
et muette que commence l'étude d'un malad(% et il ne faut |)as 
la né^li^er. L'interroi^ation vient ensuite pour la comiaissanee 
des phénomènes sensibles de la maladie, et l'exploration jdiysi- 
que achève ce que ren(|uôte a si bien commencé. 

Après cette étude muette de la physionomie morbide et de 
l'habitude extérieure des malades, j'ai ex|)osé les signes fournis 
au diagnostic par la constatation des phénomènes morbides et 



PRÉFACE. Il 

des troubles fonctionnels de V appareil cérébro-spinal. J'ai com- 
mencé : 

i'' Parles troubles de IHnlelligence en indiquant les signes fournis 
au diagnostic parle délire, — le vertige; — les hallucinations, etc. 

2* Par les signes fournis au diagnostic par les troubles de la 
sensibilité : — douleur, — anesthésie et analgésie, — hyperes- 
Ihésie, — céphalée, — racbialgie, — fourmillements des membres, 
— abolition du sens musculaire, etc.; 

3* Par les signes tirés des troubles du mouvement : — adynamie, 
paralysie, — amyosthénie, — ataxie, — syncope, — convulsions 
et contracture, — carphologie, — crampes et soubresauts de 
tendons, — réflexes tendineux, — tremblement, — hoquet; 

4' Par les signes tirés du coma et de finsomnie. 

Le chapitre suivant est consacré aux signes diagnostiques tirés 
des troubles de l'appareil circulatoire dans le cœur, dans les ar* 
tères et les veines. — Là se trouvent les signes que le médecin 
peut découvrir par la .pratique de la palpation^ de la percussion 
elieVausailtation du cœur; — les signes tirés de Idipalpation 
h la sphygmographie et de V auscultation des artères; — les signes 
fournis par Tétude des palpitations et des différentes espèces de 
cyanose. 

Viennent ensuite : l*les signes fournis audiagnosticpar les trou- 
bles de V appareil vocal et respiratoire j tels que l'aphonie et l'a- 
phasie ; — les altérations du cri et de la voix, — et V auscultation 
du larynx ; 

9* L'étude des signes fournis au diagnostic par le rire^ — le 
bâillement j — Yétemuement^ — la (oux et V expectoration catar- 
rhale et V hémoptysie ^ — la dyspnée; 

3* L'étude des signes fournis par Vinspection de la poitrine^ — 
les déformations du thorax, — la spirométrie, — la percussion, — 
Y auscultation et la succussion des poumons; — enfin V auscultation 
de la voix bronchique. 

Dans un autre chapitre j'ai placé l'étude des signes fournis au 



X PRÉFACE. 

diagnoslic par l'observation des troubles de Vappareil digestif: — 
^ altération des lèvres, des gencives, des dents et de la langue ; — 
perturbations de la faim et de la soif; — altération de la salive; 
dégoût des aliments et dépravation du goût ; — nausées, vomis- 
sements, borboryguK^s et diarrhée ; composition des matières 
lecales; — *2 douleur de ventre; — gastralgie et dyspepsie; — 
taches lenticulaires et sudamina, pétéchies. 

Après cette étude venait naturellement celle des sifjnes fournis 
au diagnostic par V appareil biliaire: l'augmentation ou la dimi- 
nution de volume du Ibie; — ses tumeurs et l'ictère. 

On trouve dans le chapitre suivant : les signes fournis au dia- 
gnostic par les troubles des appareils sécréteurs des larmes; 
d\\vcrétion de la sueur; — de V excrétion urinaire. Tout ce qui se 
rattache aux perturbations de la fonction rénale et de la compo- 
sition des urines, a été traité avec un soin minutieux. — Les 
' signes fournis par les douleurs des reins, — par la (juantité en 
plus ou en moins des urines, — par leur densité; leur mélange 
avec Turée ; les phosphates ; l'acide urique ; le sucre ; Talbumine ; 
le sang ; la bile ; le pus, etc., ont été exposés avec de grands 
détails en même temps que tous les procédés d'analyse chimiijue 
et microscopique qu'il est nécessaire au médecin de coimaître 
pour son diagnostic, sans avoir à recourir au chimiste pour des 
analyses quantitatives exactes. 

Le livre se termine enfin par Vétudc des signes ftturnis' au dia- 
gnostic par la perturbation des fonctions génitales de llinutHte et de 
la femme. C'était là un complément indispensable, et on verra que, 
dans beaucoup de cas, ces perturbations, d'impuissanct\ de >aly- 
riasis, de pt^rtes séminales, de douleurs utérines, de leucorrhée, 
d'aménorrhée et de métrorrhagie, jouent un grand rôle dans lês 
modifications de la santé piiysique et morale des deux sexes. 

Comme on le voit, ce Traité de diagnostic et de sémiologie 
renferme l'ensemble de tous les troubles foiicliiuinels que 
le médecin peut rencontrer dans sa pratique et qui rinspirenl 



PRÉFACE. XI 

dans son diagnostic. C'est toute la médecine exposée dans un 
ordre particulier, différent des procédés d*exposilion habituels, 
et, pour rendre cette édition digne des précédentes, j'y ai ajouté 
toutes les découvertes cliniques et les moyens nouveaux d'ex- 
ploration physique dont la science a fait usage dans ces dernières 
années. 



E. BOUCHUT. 



15 octobre 1882. 



NOUVEAUX ÉLÉMENTS 



DE 



DIAGNOSTIC 



ET DE 



SÉMIOLOGIE 



Le diagnostic est l'art de reconnaître le siège et la nature de toutes les 
maladies. Il résulte de l'étude des troubles fonctionnels et de leur interpré- 
tation. 

On le désigne encore sous les noms de sémiotiqtie ou de séméiotique et de 
sémiologie (de tmfuTov signe, et de ^ôyoc, discours). 

Le diagnostic exige une grande habitude d'observation, une profonde con- 
naissance de tous les phénomènes des maladies, et, pour indiquer son im- 
portanccy il suffit de dire qu'il est la base de la médecine, du pronostic et 
du tiaitement. Son étude est indispensable à ceux qui débutent dans la 
clinique. 

Mais il faut commencer par apprendre à observer et à découvrir les 
signes au moyen d'une interrogation méthodique et par l'emploi intelligent 
de différents moyens physiques d'exploration. 



LIVRE PREMIER 

•E I.*«B0Bm¥ATI«M SES MAULEIES 
EV ES I.A ■AniÈmE E*lliTEEE««EE I.ES MAI^AEES 



CHAPITRE PREMIER 

DE l'observation DES MALADIES 

Observer une maladie, c'est l'art d'en suivre pas à pas l'évolution, afin 
d'en constater exactement tous les phénomènes. 

Reconnaître une maladie, c'est l'habitude d'en grouper tous les éléments, 
pour en établir les caractères fondamentaux, et pour la rapprocher ou la 

B. ^ DlACHOSTIC. 1 



2 ORSKRVATION DES MALAI»FS. 

séparer de (nul aulre ensemble palholo^Mqiie oITrant avec (îlle plus en 
moins djniahuiie. 

liieii (ihserver une maladi<* est un art: la bien reconnaître est une seiener. 
L'homme (pii observe regarde et contemple la nature; celui qui discernr 
fait plus, il rinterro«ic aiin de mieux la comprendre. 



AUTICLE IMJEMlEi; 

DU DIAGNOSTIC 

Dans l'étude de la pathologie générale, on est convenu d'appeler diagno- 
stic (de fijâ/vaxTi:. discernement; o.à, entre, parmi; y^g^ti:, connai>sanci) 
cell(^ importante opération de l'esprit (jui nous fait distinguer une maladie 
d'après la manière dont se groupent les symptômes qu'elle présente. 

Il y a deux manières d'arriver au diagnostic : I** lors(|u'on réimit tous 
les signes distinctifs d'une maladie et qu'on les dispose de telle sorte (|u'une 
aiïection semblable étant doiuiée, ces symptéimes puissent se retrouver 
dans le même ordre et avec la même succession : c'est le diai^nostic 
simple ou spécial: :2® lorsqu'on discute la valeur de chaijue symptr>me 
oHerl par un état pathologique, et (|u'on trace une ligne de démarcatinn 
nettement tranchée entre (!es phénomènes et ceux que présente une va- 
riété morbide plus ou moins voisine : c'est alors le diagnostic comparatif 
ou différentiel. Qiïclques exemples vont bien rendre toute ma pensée» : 
lorsque l'on dit, en parlant d'un malade, qu'ilauiuî toux sùche, drs sueurs 
nocturnes, des hémoplysies, une gène médiocrre de la respiration, de la 
matité sous les clavicules, une altération du bruit respiratoire dans le même 
point, un bruit respiratoire normal à la j)artie postérieure et inférieuie de 
la poitrine, et qu(î l'état général est en voie de dépérissement, on rassemble 
les principaux symptômes d'une seule et ménuî aiïection, et, lorscju'on 
prononce le nom Av. phihisie pulmonaire au début, on lait du diagnostic 
simple. Que Ton vienne maintenant à dire d'un second malade comparé 
au premier : il a de l'expectoration nmqueuse, pas de sueurs nocturnes, 
pas d'hémoptysie, pas de dépérissement notable, une gène considérable de 
la respiration, une résonance normale sous les clavicules, un bruit respi- 
ratoire également normal dans le même point et du râle sous -crépitant 
à la partie postérieure et inférieure de la poitrine, des deux côtés, l'on 
aura tout à fait exclu du diagnostic la possibilité d'une phthisie pulmonaire 
commenvaute tandis qu'on aura groupé les caractères qui révèlent l'exis- 
tence d'un catarrhe pulmonaire. Dans ce second cas, le diagnostic est diffé- 
rentiel. 

On le voit, le diagnostic est une opération qui se fait en deux temps, et 
le diagnostic différentiel n'est, pour ainsi dire, que le contre-appel du dia- 
gnostic simple. Le résultat de celte double épreuve appartient essenlielle- 
ment au médecin ; c'est le produit de son intelligence, de son savoir et de 
son expérience acquise. Le malade, dans cette circonstance, est un ctre 



DES SIGNES DIAGNOSTIQUES. 3 

purement passif. Tout dépend donc de la manière dont ces faits sont inter- 
prétés par rtiomme qui observe et qui juge ; de là Tobligation pour lui de 
remplir un certain nombre de conditions do nt il sera bientôt parlé. 

Est-ce bien la peine de prouver que le diagnostic est d'une indispensable, 
d'vine absolue nécessité? N'est-il pas évident pour tout le monde, môme 
pour les personnes les plus étrangères aui choses de la médecine, que 
c'est par l'examen approfondi de phénomènes morbides, par la relation 
établie entre eux, qu'il devient possible de faire efficacement intervenir 
leur concours dans la marche et la durée d'une maladie, et surtout dans 
son traitement? Le diagnostic, il est vrai, conduit souvent à la découra- 
geante constatation d'une irrémédiable incurabilité ; mais, là encore, il est 
la source d'un profond enseignement ; car, si la vie d'un individu peut 
être arrachée à une mort certaine par une médication aussi opportune que 
bien calculée, souvent aussi ce serait compromettre une existence que de 
la soumettre à des moyens d'une active énergie. Agir dans un grand 
nombre de circonstances, s'abstenir dans beaucoup d'autres, c'est faire- 
acte de prudence et de discernement, c'est imiter la conduite du sage. Ou- 
vrir largement la veine dans un cas de violente congestion cérébrable, c'est 
rétablir l'équilibre dans la fonction circulatoire, c'est rappeler la santé qui 
s'échappe ; mais saigner dans une affection chronique de l'encéphale et à 
propos d'une légère exacerbation, c'est opposer au mal un remède pire que 
le mal lui-même, c'est précipiter une fin dont on pouvait ajourner la fatale 
échéance. 

ARTICLE II 

DES SIGNES DIAGNOSTIQUES 

Toutes les circonstances antérieures à l'apparition d'un état morbide et 
les phénomènes actuels susceptibles de jeter du jour sur la nature intime 
d'une maladie, sur ses prodromes, sur ses symptômes présents, sur les 
causes qui en ont favorisé l'invasion et entretenu la marche, sur les 
moyens précédemment mis en usage pour en enrayer le cours, ont reçu le 
nom de signes diagnostiqms . 

Il y a deux espèces de signes diagnostiques : les uns parmi lesquels on 
peut ranger ceux que les auteurs ont appelés caractéristiques, essentiels, 
pathognomoniqwsy vrais, univoques, actuels et présents^ ont une impor- 
tance réelle, une grande valeur significative; ils expriment tout un en- 
semble de phénomènes et traduisent le caractère spécial de la maladie : la 
toux, les crachats rouilles, la matité, le râle crépitant, le souffle, la bron- 
ebopbonie dons la pneumonie, par exemple. Les autres, qu'on a nommés 
signes communs y commémoratifSy équivoques, ne sont pas inhérents à la 
maladie, et se retrouvent dans une foule d'autres affections : le malaise gé* 
nénd, la céphalalgie, Tinappétence, l'accélération du pouls, la soif, la 
oonriMiIttre, etc. 



1 



OnSKIlVATION DES MALADKS. 



11 est facile de voir de quelle immense utilité sont les premiers signes et 
avei* nuolle prudente réserve il faut aecueillir les seconds. Les uns oflVent 
un intérêt primordial, et c'est avec eux que le médecin assoit son juire- 
ment: les autres n'ont qu'uni^ si^nitication secmidaire, et sont seulement 
hons à consulter. La valeur diaiinosliiiue de chacun d'eux étant disculée 
dans plusieurs parties de cet ouvrage, ce serait s"e\p()ser à des reJites que 
d'entrer ici ilans de plus amples détails. 

Al; ri(.! K m 



Pans le diairnoslic. le malade est un précieux tlfincnt : il yju^^ un rôle 
tnwucoup plus impoi'Iant qu'on ne serait l'iilc de Ir > •ii:h 'i:iirr l.'iil d'a- 
bord. La première coîuliti.'U d<'>.îahle pour lu., r « >t un»- c?:Tlain»* dose 
d'inteducnce, à l*ai;ie de Ia|Urli'^ l puisse c<»!npre:iJu- i^-s qu»->ii .us du 
mcv'.vviiî, se :\nct:cr vie 1 ini;H'r::.r. e do lel iiit^'iro.: -loirr et v r-p tndre 

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DES QUALITÉS DE L'OBSERVATEUR. 5 

inteiTogationSy parfois embarrassantes, dont ils sont Tobjet ; mais, au lieu 
d*exposer clairement ce qu'ils éprouvent, ils s'obstinent à vouloir tout ex- 
pliquer et à donner une signification à la circonstance du plus minime in- 
térêt. C*est ainsi que les glaires, la bile, le sang, les humeurs, les dépôts de 
lait, les fraîcheurs, l'irritation et le relâchement des nerfs, sont autant de 
détails prolixes et ridicules dans l'exposé desquels ces malades se com- 
plaisent, et dont il faut, bon gré, mal gré, que le médecin écoute obli- 
geamment la verbeuse et surabondante naiTation, sous peine de perdre 
leur confiance et leur amitié. On conçoit aisément qu'après un discours 
de la sorte, l'observateur ne soit jamais plus avancé qu'auparavant, et 
qa^après cette rude épreuve imposée à sa patience, s'il n*a pu obtenir au- 
cune réponse catégorique, il doit baser son diagnostic sur les données que 
lui fournit l'inspection des organes, et ne tenir la plupart du temps aucun 
compte du flux de paroles dont on la abreuvé. Auprès de ces malades, 
comme auprès de l'enfant, de l'aliéné, du vieillard et de l'étranger, il faut 
se borner à l'examen de tout ce que les sens, aidés par les divers moyens 
d'investigation dont la science dispose, permettent de saisir. Quant à la 
question de la bonne foi et de la sincérité du malade, elle sera bientôt 
discutée et avec plus d'opportunité qu'ici. 

ARTICLE IV 

DES QUALITÉS DE L'OBSEIWATEUR 

Pour que l'observateur puisse apprécier convenablement un état morbide, 
il faut qu'il possède un assez grand nombre de qualités sans lesquelles il cour- 
rait le risque de n'agir qu'au hasard, et de ne remuer que des hypothèses. 

Intervention des sens. — Le médecin doit être pourvu de sens d'une 
fidélité parfaite, car la vue, l'ouïe, l'odorat, le goût et le toucher sont 
appelés, soit isolément, soit simultanément, à lui prêter assistance à chaque 
instant dans la recherche des symptômes. 

C'est par les yeux qu'il étudie la physionomie, l'habitude extérieure du 
malade, qu'il se rend compte des lésions de la surface tégumentaire, des 
désordres du ressort de la chirurgie, etc. ; c'est par l'oreille qu'il perçoit 
toutes les modifications apportées dans l'exercice des fonctions respira- 
toires et circulatoires; c'est par l'appareil de l'olfaction qu'il apprécie les 
odeurs particulières qu'exhalent les produits des sécrétions altérées; c'est 
parla gustation qu'il juge des saveui*s d'un produit pathologique ou médi- 
camenteux; c'est enfin par le toucher qu'il explore la résistance et la 
dureté des organes. 

11 est aisé de pressentir ce qu'il advient lorsque ces sens sont lésés et que 
leur action demeure infidèle: le cerveau recevant des sensations fausses, 
l'observateur, égaré dans ses recherches, porte un diagnostic erroné, pres- 
crit une intempestive médication, et le malade reste ainsi livré aux caprices 
da sort. 



Ci OBSEUVATION DES MALADES. 

De iapprécialion du mcdccifi et du tact wédiraL — Un e.s|)ril droit, 
perspicace et lédéchi, n'est pas moins nécessaire pour régulariser raction 
même des sens, pour estimer à sa juste valeur chacun des éléments qu'oflVe 
la maladie, en tirer des inductions, en l'aire découler de loi:i(|ues consé- 
quences et arriver de celte manière à construire tout un édilicc avec des 
matériaux qui gisaient épars. 

C'est peut-être ici le lieu de dire un mot de ce qu'on entend par le tact 
médicaly cette faculté d'inspiration si rare, ce don (juasi divinatoire <}ue 
s'octroient certains praticiens un peu trop surs d'eux-mêmes et de leur 
presque infaillibilité, cette grande habileté enfin dans le diagnostic, qui 
consiste à saisir d'un coup d'o'il les indications ollerles par un malade. 
Lorscju'on voit un grand nombre de médecins être dépourvus de cette 
justesse d'appréciation que l'on nomme le tact médical, on est en droit de 
se demander si ce n'est réellenjent pas là une faculté s{)éciale, ou si l'étude 
et l'expérience ne font pas tous les frais de cette mystérieuse faculté. Dieu 
qu'il présente d'assez sérieuses difficultés, ce problème n'est cependant pas 
insoluble, pour peu que l'on se donne la peine de songer à la dilTérence et 
à l'inégalité qui ressortent de la répartition de TinteHigence chez des indi- 
vidus placés dans des conditions égales d'ailleurs. Déjà l'intelligence d'un 
homme dont l'esprit n'a nullement été culliv<î n'est point semblable et dif- 
fère en quelque chose de l'intelligence de cet autre homme (pii est égale- 
ment déshérité dtjs bienfaits de l'éducation, qui a respiré dans le même 
milieu, (jui a vécu de la même vie. A plus forte raison, cette nuance doit- 
elle être sensible chez les médecins, (jui, pouravuir [)uisé leur instruction 
aux mêmes sources, n'en ont pas moins undegrédissemblable de ca[)acité. 
J/etude et Texpéiience semblent, il est vrai, déguiser c<'lle dis[)r()[)(U'tion, 
mais elle subsistt^ réellenient, et, (juand on rencontre sur son chemin un 
praticien doué du tact médical, c'est qu'aux précieuses ([ualités d'un esprit 
richement doté il sait joindre des connaissances approfondies, et qu'à une 
hardiesse n'allant pas jus([u'à la témérité il allie les sages conseils de la 
prudence; c'est, si Ton veut, une sorte d'inspiration qui consiste ;i évaluer 
mentalement les caractères les plus expressifs d'une maladie, et (jue l'on 
ne rencontre (|ue chez ceux que la nature a favorisés de ses dons. 

11 faut (|u'un médecin arrive auprès du lit d'un malade sans prévention, 
sans crainte et sans préoccupation. Sans j)révenlion, car rien n'est plus 
funeste, en général, à une personne qui désire porter un jugement droit et 
sain que d'être entourée d'avis préalables en sens op{)osé, ou même dans 
un seul sens. Malgré l'habitude d'une grande inq)arlialilé, il y a toujours 
une oreille (|ui ne se ferme qu'à demi a la voix de la préviMilion; cela peut 
être pour le diagnostic une source d teneurs, il faut l'éviter. Sans crainte, 
car l'honune qui hésite et (jui a peur n'est plus maître de lui-même, et 
l'esprit intimidé n'a jamais su se traduire ([ue par des actes empreints d'une 
vacillante irrésolution. Sans préoccupation, car celui dont lame est agitée, 
dont rmlelligence est préoccupée, ne jouit pas de toute la plénitude de ses 
facultés. Le médecin en est souvent un frappant exemple dans sa pr(q>re 



DES QUALITÉS DE L'OBSERYATEUR. 7 

famille. Lorsqu'il veille au chevet d'une personne sincèrement aimée, Tin*- 
quiétude paralyse ses moyens et lui fait tout porter à l'exagération ; la toux, 
est rindice certain de tubercules, une oppression légère accuse des Tausses 
membranes dans les voies de Tair, etc. Un père, bon observateur pour le& 
enfants d'autrui, se trouble en fixant le berceau de son fils, car il s'imagine 
souvent découvrir, dans les symptômes d'une très bénigne alTection, les 
caractères d'une maladie qui n'épargne jamais ses victimes. Les préoccu- 
pations de famille, les entreprises d'aiïaires hasardeuses, les spéculations 
industrielles et commerciales, sont autant de circonstances qui, en entra- 
vant la liberté d'esprit du médecin, lui enlèvent de sa spontanéité et de son 
attention. Il convient donc, en général, qu'il reste le plus possible étranger 
à ces sortes d'émotions. — Faut*il ajouter encore que la patience est une 
Teriu de la profession, qu'une trop féconde imagination est un écueil, et 
que la probité scientifique est une des plus solides bases de l'observation? 
Elle est heureusement l'apanage de la plus grande partie du corps médical, 
et, si l'on rencontre çà et là quelques imposteurs qui trafiquent honteuse-* 
ment de leur art, c'est que, parmi les fruits d'un bel arbre, il en est tou- 
jours quelques-uns qui se gâtent; c'est que, dans une grande et nombreuse- 
famille, il est bien rare de ne pas trouver, chez l'un de ses membres, un 
malheureux dont la conduite fait la honte de ses parents. 

Des seiences accessoires nécessaires au médecin. — Après avoir réuni 
tout cet ensemble de conditions que l'on peut appeler innées, l'observateur 
doit encore en posséder ou plutôt en acquérir d'autres. C'est ainsi qu'il est 
de toute nécessité que la connaissance de l'anatomie normale et patholo- 
gique, de l'histologie, de la physique et de la chimie, enfin de la physio^ 
logie, lui soit familière, afin qu'après avoir étudié la structure intime dui 
corps humain, le mécanisme des appareils divers, le jeu des fonctions et 
la relation des organes entre eux, il puisse apprécier les troubles qu'ap*- 
porte avec elle la maladie, quand l'équilibre qui maintient l'état de santé 
vient à être rompu. 

Des comnaissances théoriques chez le médecin. — L'enseignement théo- 
rique de la pathologie est d'une importance au moins égale dans les cas 
les plus ordinaires; c'est en effet cette branche de la science qui expose 
l'histoire complète de chaque affection, et celle des sciences anatomo^ 
physiologiques; qui indique tous les caractères qu'elle peut offrir, tous les 
accidents qui peuvent la venir compliquer, et qui met en garde contre 
certaines apparences de similitude qui seraient susceptibles de la faire 
confondre avec une maladie d'une espèce voisine. De là aux applications 
pratiques et à la clinique il n'y a qu'un pas. 

Des exercices cliniques. — Tout ce qui ne sert pas à la clinique est inu- 
tile, et il faut se défendre des éludes de laboratoire qui n'ont pas d'applica- 
Uon au lit du malade. Le vrai laboratoire du médecin, c'est la salle d'un 
hôpital, là où, par l'observation des malades, il recherche ce qu'il y a de 
particulier dans chaque cas individuel, en découvrant les exceptions aux 
règles formulées par la pathologie théorique. On comprend en effet tout ce 



s OBSERVATION DES MALADES. 

que l'habitude de voir des malades peut présenter d'avantages et de res- 
sources, et combien doivent être utiles les conseils d'un médecin qui a 
employé une partie dv, sa vie au\ éludes clini(|ues. Outre les dillicuités 
inhérentes au diairnostic de chaque élat morbide, il faut encore être pré- 
muni contre une foule de ruses, de fourberies et de mensonires, inventés à 
plaisir ou imaginés pour les besoins d'un intérêt privé, et qui naissent à 
eluif^ue instant sous les pas du praticien pendaul le cours d(^ sa carrière. 
Ce sont principalement les jeunes médecins (|ui se trouvent ainsi pris: leur 
inexpérience ne les tient pas en iranK* ('ontre la simulation, et leur hésita- 
tion ordinaire en présence du malade lîl des familles sert d'appât à ces 
gens qui ne respectent rien. Dans une (M)médie ainsi improvisée, il faut que 
le médecin soit assez pénétrant pour savoir démêler le faux du vrai, lejuste 
de l'injuste, et pour éviter de jouer le rôle d*un sot; on pourrait rire à ses 
dépens, et sa réputation en soulTrirait beaucoup, car il n'est point d'arme 
cjui tue plus vite que le ridicule. A [)ropos de l'examen des malades, nous 
reviendrons du reste sur les alTeclions simulées. 

Imiwtianre dr Vanatomie patholofjiqur. — Ce tableau des qualités qui 
doivent distinguer l'observateur serait incomplet, s'il n'clait encore ici 
(juestion du bénéfice réel qui n-sulte pour lui d'études anatomo-patholo- 
giques consciencieus<Mnenl faites. Ouaud on songe à la muUituded'erreurs 
(jue les ouvertures cadavériques ont fait rectifier, aux notions j)récisi'sdont 
elles ont gratifié la science, soit sur le siège exact et bien défini d'un grand 
nombre de maladies, soit sur la nature el l'importance des lésions ubser- 
vt^es, on ne saurait disconvenir (jue celle branche des connaissances médi- 
cales n'ait largement conlribiK» au perfeclionnenicnt d<' l'art. L'analoniie 
palhcdogique rend incontestablement de grands services, el il est permis 
d'espérer, jusfju'à un certain point, (|u'avee le temps, plusieurs parties de 
son étude qui ne sont [)ns encore éclairées par une vive lumière finiiont 
par recevoir ce qui leur man(|ue de certitude sous l'influence de nouvelles 
recherches. 

Sous ce rapport, rinlervention de l'histologie et du microscope a permis 
de mieux préciser la nature des produits pathologi(jues, d'en faire con- 
naître l'origine ou les métamorphoses, el d'éviter une foule d'erreurs 
faciles à conmiettre lors(ju'on n'a recours qu'aux yeux du corps. C'est à 
l'emploi du microscope qu'on doit la connaissance d'un grand nombre 
d'altérations des iicjuides de nutrition ou de sécrétion par (\vs corpuscules 
étrangers ou des microbes, dont on ne soupçonnait pas l'existence, celle des 
cléments constitulils des tumeurs, et, chose non moins im{)ortante aussi, 
celle des tissus normaux qui forment la charpente des organes. 



DES RÈGLES A SUIVRE DANS L'EXAMEN DES MALADIES. 9 

ARTICLE V 

DES RÈGLES A SUIVRE DANS L'EXAMEN DES MALADIES. 

Si l'observateur doit réunir, des qualités aussi nombreuses et aussi 
variées, c'est que la mission d examiner un malade présente de sérieuses 
difficultés, et que, pour parvenir le plus promptement et le plus sûrement 
possible à la connaissance de TalTection et à celle des indications thérapeu- 
tiques, il faut passer par une série d'opérations diverses ; elles se compli- 
queraient l'une l'autre et rendraient les recherches confuses et pénibles, si 
Tordre et la méthode ne venaient tout simplifier. Or le premier soin d'un 
médecin, lorsqu'il arrive près du lit d'un malade, est de se rendre minu- 
tieusement compte d'une foule de circonstances qui peuvent aider au dia- 
gnostic : le sexej YâgCy Vextérieury Vétat général, le faciesj Vattitudey le 
tempérament et la constitution du malade, par exemple. Déjà, tout en pro- 
cédant à ce rapide coup d'oeil d'ensemble, il jugé de l'état extérieur du 
eorps^ et il remarque si l'amaigrissement, la pâleur etl'adynamie semblent 
attester des souffrances anciennes,'ou si l'embonpoint, la coloration normale 
etla force témoignent d'un mal récent ; enfin il consulte le degré de chaleur 
de la peau et le nombre des pulsations du pouls, afin de se renseigner sur 
le caractère fébrile ou apyrétique de la maladie. L'éducation que peut avoir 
reçue le sujet observé, sa position sociale, ses relations avec les personnes 
qui l'approchent, l'étendue et l'exposition atmosphérique de son habitation, 
les endémies et les épidémies, sont autant d'informations qu'un médecin 
exercé a bientôt prises d'un regard ou en quelques mots de conversation. 

Les devoirs de la profession impriment souvent à l'économie des modi- 
fications tellement profondes, qu'elles se traduisent au dehors par des 
traces indélébiles et qui frappent tout d'abord l'attention. Voici, par 
exemple, un malade dont toutes les fonctions languissent, dont les chairs 
sont molles, dont la face est bouffie, dont les gencives sont ramollies, dont 
les dents tombent, chez lequel il y a prédominance de globules blancs, jn- 
filtration des jambes, affaiblissement de l'intelligence et mouvement 
fébrile; il a évidemment absorbé du mercure vaporisé, il est atteint de 
cachexie h ydrargyrique, et sa profession est celle d'ouvrier dans des manu- 
factures de glaces ou de doreur sur métaux. Dans ce cas, l'aspect seul du 
malade a tout révélé. Toutes ces indications peuvent être, il est vrai, don- 
Qées par la personne qui souffre; mais nous n'avons point encore parlé de 
l'interrogatoire des malades, voulant ainsi faire ressortir tous les bénéfices 
qui peuvent être retirés, pour les besoins de la cause, d'un examen fait en 
âlence. D'ailleurs, dans de très fréquentes occasions et sur la voie publique 
principalement, les renseignements manquent totalement; or que fera-t-on 
à on malade trouvé dans la rue et présentant des phénomènes convulsifs, 
soiris d'un délire très aigu? Pour peu que l'on soit habitué à voir des ma- 
lades et à l'observation muette, on pourra découvrir, par exemple, que cet 



10 OUSKUVATION DKS MALADES. 

homme a la peau, les souivils el la barbe laiblemoiit colores par une pous- 
sière roii^e, cas aïKiuel il est faeiiti de s()U|)(;oiiiier un artisan i\\\ minium. 
On est alors sur la trace d'une encéphalopatbic saturnine et du traitement 
qui en est la cons<H|uen(e. 

La scrupuleuse inspection de l'état extérieur a encore pour résultat im- 
médiat de fixer Taltention surcertaineséruptionscutanées, tachesdiver>es, 
cicatrices, plaies lé^'ères, tumeurs, exostoses, dont la connaissance exacte 
est encore de nature à éclairer sur les antécédents du sujet observe et sur 
toutes les circonstances commémoratives se rattachant j)lus ou moins di- 
rectement à Taflection actuelle. Mais la passivité du malade va tesser, et 
bientôt ses réponses vont venir conlirmer rimporlance des sii.^nt»s déjii 
connus, car cet examen préliminaire m» saurait suflire pour la détermina- 
tion du diagnostic, el l'on conçoit aisément qu'il faille quehiue cboscî de 
plus pour chercher des lésions fonctionnelles ou ori:ani(]u<»s; ce sont les 
renseignements fournis par le malade lui-même qui vont combler c<tte 
lacune; mais pour que les investi^^ations orales répondent au vceu du mé- 
decin, il est indispensable qu'elles soient recueillies méthodiquement et 
selon certaines rèi^jles déterminées. Entrons à ce sujet dans quelcpies 
détails. 

CHAPITRE II 

I)K LA MAMÈHE D'iNÏKKItOr.i:!! I.KS MALADES 

En fait d'interrogation, le modns faciendi est d'une grande importance, 
et c'est un véritable talent que de bien savoir poser et varier les (jueslions 
que l'on adresse au malade, il est donc bon d'adoj)ter un ordre déterminé 
à l'avance, alin de ne pas s'exposer à de fastidieuses réjiétitions ou à de 
regrettables omissions. L'une des premières conditions pour le médecin est 
de se servir d'un langage exempt de termes trop teclmi(juesel (pii soit bien 
à la porté(» du nialade ; il faut toujours qu'il s'identifie av(H: le milieu dans 
lecjuel il se trouve, et, comme il passe? tantôt de l'échoppe d'un artisan à la 
demeure du riche, tantôt de celte dernière îui palais des princes, il doit 
toujours mettre son discours en rapport dii-ect avec l'éducation des per- 
sonnes qui rentourent. Dans tous les cas, 1 «xamen clinique réclame la plus 
grande clarté de langage : c'c^sl se préparer des résultats inexacts que de 
vouloir parler à mots couverts ; c'est «également troubler son malade (jue 
de l'interroger avec une sévérité mêlée à de la brusquerie. 

Il est un ordre de (juestions qu'il importe beaucoup de poser avec dé- 
cence et ménagement: ainsi, lorsqu'on se renseigne auprès d'une jeune 
fille de l'état de la menstruation, du développement, de la durée, des trou- 
bles et des irrégularités de cette fonction ; auprès d'une femme mariée, de 
ses grossesses précédentes, des circonstances commémoratives de ses 
accouchements, de ses suites de couches, de l'âge critique et des fréquentes 
hémorrhagies utérines qu'il entraîne; auprès d'un jeune garçon, des habi- 
tudes d'onanisme qu'il peut avoir contractées; auprès d'un homme, des 



DE LA MANIÈRE D'iNTERROGER LES MALADES. 1 1 

excès vénériens auxquels il s'est livré, des accidents syphilitiques qui en 
ont été la conséquence, des traitements employés pour les combattre, etc. 
On peut établir en thèse générale qu'il ne convient jamais, lorsqu'il s'agit 
de maladies spécifiques des organes génitaux, de questionner un mari en 
présence de sa femme, ou une femme en présence de son mari. De cette 
manière, on évitera souvent d'apporter le trouble dans un ménage qui jus- 
qu'alors avait vécu parfaitement heureux. On le voit, le médecin est dépo- 
sitaire d'une infinité de secrets, tout voile tombe devant lui, et parfois il se 
trouve engagé dans de bien délicates transactions : mais jamais il ne doit 
perdre de vue que son but est de soulager et de guérir, et que, s'il inter- 
roge, ce n*est point pour satisfaire une indiscrète curiosité, mais pour 
acquérir une connaissance du passé qui lui est indispensable. 

Lorsque le récit du malade est invraisemblable, lorsqu'il exagère ou 
qu'il atténue les renseignements qui lui sont demandés, et qu'il semble 
plutôt improviser des souffrances à sa façon que de rendre compte d'un 
état réel, le médecin doit redoubler d'attention, de réserve et de perspica- 
cité. Il posera nettement ses questions, et, en en changeant plusieurs lois la 
forme, il observera si elles donnent lieu à des contradictions manifestes, à 
de l'embarras et à une expression de physionomie particulière; à l'aide de 
cette contre-épreuve, il pourra quelquefois reconnaître qu'on veut lui 
donner le change et qu'on a un intérêt quelconque à le tromper. 

Dans quel ordre doit-on interroger? — En commençant par une série 
d'hypothèses, certains praticiens se demandent si le malade qui est sous 
leurs yeux n'est point affecté de telle ou telle maladie, et ils recherchent si 
les symptômes offerts à l'examen ne sont pas précisément ceux de l'état 
morbide présumé. Si la supposition est mal fondée, ils passent à autre 
chose, et, après beaucoup de tâtonnements de ce genre, ils arrivent à faire 
leur diagnostic. Cette méthode est la pire de toutes : elle est arbitraire, très 
longue, exige une attention soutenue et une mémoire des plus fidèles. Je 
n'en fais ici mention que dans le but de prémunir le lecteur contre un pro- 
cédé d'investigation qui ne doit jamais être employé. 

D'après Boerhaave, l'interrogation doit porter sur deux ordres de phéno- 
mènes: 1* les symptômes sensibles pour le médecin; !â* les symptômes 
sensibles pour le malade. — Bayle veut qu'on examine d'abord les sym- 
ptômes physiques pour arriver ensuite aux symptômes vitaux. — Chomel 
passe la revue de toutes les fonctions dans Tordre suivant: 1* fonctions de 
relation; 2* fonctions assimilatrices; 3* fonctions génératrices. Ces mé- 
thodes sont défectueuses et glissent trop aisément sur l'étude de la fonction 
lésée. Or, c'est le fait important; il doit précéder et dominer tous les autres,, 
et ce n'est qu'après l'examen de l'organe malade qu'il est permis d'étudier 
ce qui est relatif à la sympathie, à l'hérédité, à l'hygiène, etc. 

Après l'inspection muette de l'état extérieur dont il a été parlé plus haut, il 
but (aire l'étude du point douloureux, s'il en existe, et de la fonction trou- 
blée dans son exercice, de manière à examiner les principaux phénomènes 
morbides offerts par le malade. 



Itî ORSERVATION I>ES MALADES. 

("est seulemont apn>s avoir achevé déposer, sur la route de sou diagno- 
stic, cet important jalon, qu'on doit explorer une à une toutes les autres 
fonctions, en conimencanl par celles qui lui paraissent le plus direclenieiit 
liées à la (onction lésée ou à l'orirane malade, et en glissant plus letrère- 
nient sur les antres, sans rien omettre cependant. Cette méthode éminem- 
ment rationnelle est importante à suivre, surtout pour les élèves qui com- 
mencent l'élude de la médecine et pour les jeunes déhutanls dans l'exercice 
de l'art do guérir. Mainleiuint il est d'un minime intérêt que la respiration 
soit étudiée avant la diireslion, et celle dernière avant ou après la circula- 
tion ; ressenliel, c'est (}u'aucune ne soit oubliée et que l'on ne revienne 
pas à celle qui a déjà clé inspectée, ce qui arriverait infailliblement si Ton 
n'avait [)resenl à l'espril un ordre conçu d'avance, destiné à servir de sou- 
pa[)e de sùrete dans rinlerroizaloire. 

1/elude du [ïoint douloureux exige, de la part du médecin, deux ques- 
tions d'une égale importance : la première, pour savoir ce qu'éprouve le 
malade et où ilsoutVre: Où arcz-rous mal:' la seconde, pour savoir depuis 
combien de temps il soulTre : Depuis quand sonffrcz-vous :^ ou Drjiui'i quand 
élcs-rous malade / Lorsqu'on s'approche du lit de la persoinic qui vous a 
mande, il ne tant jamais lui dire : Quavcz-vous'' parce qu'alors elle pour- 
rait entrer dans de longs développements au sujet de l'elioloirie el de la 
marche de son mal, el établir ces mille théories absurdes donl il a été déjà 
parlé précédemment: il fiiut circonscrire >es questions el pri-T le malade 
d'indiquer, en y posant le doigt, le lieu exact el précis ou siège la dou- 
leur. .Mors, après avoir mis les muscles dans le relâchement, on louche, on 
palpe, on j>resse en diderenls sens, on délimite le point qui caase la souf- 
france, on dctoiuiine ses irra liations, el Von ol>stM've. selon la f.>rm'^ et la 
nature de Ki le>'.v'n signal. h\ s il v a au:::nenLilion ou diminuli-ui. eîif<«nce- 
ment ou Hiolv.::i(' auoiiiu\!e. crépitation. liueliialic>n, tVeiii:>sernenî, pulsa- 
tions, eîe\alion ».:e truip^^ralure. emphysème, œdenio. girgoiiili.'meiit. rv">u- 
geiir, congestion, etc. 

>".l h'n a ;■ M.: vi \:i.i.o;l :solcme:it doul-air-nix e: ^ae V>\i: :e <-.e':w sjit 
. • Il 

aîTecte. ou qui: n ait «.us lrôub.e^ loncliounds avov* n.a aisos ^a!:^ .1 ';i!''ur 
vive, il l.iiil t Uhiier la tonne, le de^re cl rt'>i'è;c .lu l:-'.'îL»lt' io:\:\. '!i'î'jL 
ses ra;>K»"rt> avec i--s anl:e> l'oïKl.ons. en U'"a:i: coini'te d'- ly.A eo iiui 
s'ccarle àe i\ tat u Tinai. 

La doiix.eir.e oiits'.ion : Il'i\ s :".:*:d s. ■'^'zz-i: < 
saNv'ir >. la ;:u;a.:.'^ »sl a-:ue oi: l 'i:. ::; i'^ . ::..:t:i::e •;! r 
r^'vv :i'.e. on n a ou'a c:.oi>;:' vians l-.s a\. l: :.s a -riir s. i*. 
Us ma adies -i^roiii^'ios qn a::eigiio::l .,:«.::.' !:;\la:. : 
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el re\pT:Vloral:o:: diir\?:ît de pu s si\ m.v.s, . i ice ces ^^v^iavl:ou^ pa:r. :!.^- 



DE LA MAKlÈilB D'INTERROGER LES MALADES. 13 

giques se présenlera à l'esprit. Cette demande n'est donc pas moins utile 
que la première, et» de plus, elle est sasceptible d'indiquer, dans des 
limites approximatives, à quelle période la maladie est parvenue. 

Lorsque ces questions sont résolues, on essayera de remonter aux anté- 
cédents héréditaires et à i'étiologie, puis on s'informera des devoirs impo- 
sés par la profession et des conditions hygiéniques dans lesquelles vit babi- 
toeUement le malade, et Ton prendra note de moyens curatlfs ou palliatifs 
qui auraient pu être précédemment mis en usage. Enfin, et en dernière 
analyse, on cherchera si raSection est locale ou générale, primitive ou 
secondaire, si le symptôme douleur a de Fimportance, s'il est épiphéno- 
mène ou complication. 

Après avoir fait usage des divers modes d'exploration dont il sera bientôt 
parié, le médecin est alors fixé sur l'examen de la fonction lésée, et il pro- 
cède, ainsi que cela a été dit, à l'interrogatoire de celle qui lui paraît le 
plus directement liée, ainsi qu'à l'inspection des autres. 

Dans toutes les maladies de l'appareil de la respiration, et surtout après 
les hémorrhagies pubnonaires, il convient de faire parler le malade le 
oioins possible ; oq adresse dans ce but ses questions aux parents ou amis 
qui sont. présents à la visite; mais, toutes les fois que les renseignements 
peuvent être donnés sans inconvénient par la personne même qui souffre, 
il faut de préférence s'adresser à elle. Dans quelques occasions, en pré- 
sence d'une phlegmasie cérébrale, par exemple, lorsque le malade est dans 
nn état d'abattement moral voisin du coma et que l'exercice actif des facul- 
tés de l'intelligence est empêché, il faut savoir allier les réponses qu'il 
vous a Eûtes à celles que vous recevez de la famille ou des garde-malades 
el de les compléter les unes par les autres. 

La physionomie du médecin ne doit jamais refléter les impressions de 
son toe, car trop de personnes cherchent à y lire. Beaucoup de malades le 
considèrent d'un regard anxieux et avide, interprètent ses gestes les plus 
iosignifiants, donnent de l'importance aux inflexions de sa voix, etc. Il doit 
donc, autant que possible, être calme et impassible et ne jamais donner à 
ses questions une tournure capable de faire croire à l'imminence d'un 
grand danger et d'une terminaison funeste et prochaine. 



LIVRE II 

rm^VES : ua paupatmm , wjk PEmcuMii^ii, i.'av0cijltati»ii. 



n ne 8iif6l point à l'observateur d'avoir appliqué son esprit et ses sens à 
la constatation des phénomènes morbides, il lui faut encore avoir sous la 
main des oioyens de contrôle qui lui fassent apprécier la valeur des con- 
naissances acquises, et percevoir d'autres signes qu'un premier et rapide 



* 



f:\rimrn ii'a=i:'.:t pas ^';:':!-ar:.rii-:.*. •:. - 'ii : l'i.^-rro. ".-s n;"V':'n> de ( ■•n- 

CIIAPITRK PREMIER 

m: la ikl^'-i-'N 

• >ri a trorj souvent forir«.ni'iii la it:e>>i'»:i »'t la pahalixii: o- -<'iit rr-pen- 
dant d^rux cho^^r^ l'jul a fiii diiTcie.'iipN. La jT^-ssiuh hh doit ^^rv.^ qu a ia 
c^fii-ititati »:i d«-- ••:ian-:erii"nl? «livr.-is qui -ui vit_'ririo:it dans la r'<i<t'ifc>' et 
la S'^nS't'l'f'^ 'l^:^ \)'i\[\*!S rijcilad^^s, ain^i qu** dans ra[tprrciatiun des niudi- 
lir-ati'jn^ patli-jl-^^-iques subi'-'> par un ««r-ane. Ainsi dans rinluimmalion 
profonde des veine? du rnulK-t, nu l'h^.-'jiiï'ita alb-i dolpn : dans la périto- 
nite, et dans l.'s iîillarniniti'.n^ su[»»M îici'^les, la p'.us lé-'ere pression du 
d'd^'t r-l doulMlJ^^;U^e. Dans ItiyprTfStli.'sie culant-t' le inuindre contact ne 
p»'Ut iHre supporte. Prenons dts laits d'un autre nrdre. Supposons, par 
exeinpi*', (ju'un*' [)»'r>onne soit atteinte d'une ascite, l'esl-à-dire d'une //>/- 
dro-j)>'ntoni^ : ia t»_-n>ion de l'abdomen sera clnz elle en rapport avic la 
rapidité de l'^-panchemenl cl avec la quantité du liquide. Si l'as.ile s'est 
produite promptement, le ventre sera renitent et se laissera (iiTlicilemenl 
déprimer, tandis que si elle a mis beaucoup de temps à se manifester, la 
rénilence ne devi»Midra notable qu'à l'époque où le liquide sera très abon- 
dant, el encore n'atteindra-t-elle pas probablement le même degré que 
dan.-, le cas précédent. En faisant reconnaître l'état de tension de Tabdo- 
nien, la pression sera donc dans cocas un moyen d'exploration d'une cer- 
taine utilité. 

iJans la^-^-rr? tyjihoide, en pressant avec deux ou trois doigts la région 
iliaque droite et qufdtjuefois aussi la fusse iliaque gauche, l'hypogastre et 
les parties avoisinant l'ombilic, on peut découvrir un symptôme, dû à la 
présence de liquides mêles à des gaz dans un point du tube digestif en 
rapport avoc les régions sus-mentionnées; nous voulons parler du gar- 
gouillement. 

Dans les tumeurs liquides, quand une matière, comme du pus, est en- 
fermée dans une poche située dans le tissu cellulaire sous-cutané, la pres- 
sion peut encore beaucoup aider au diagnostic, car elle est appelée à faire 
connaître deux phénomènes bien dilTerents. Le premier résulte du déplace- 
ment subit du liquide contenu dans la cavité, et donne à la main du chi- 

(1) E- houc\\Mi, Du diagnostic des maladies du syfitejne iieneux par rophtfialmoscope, 
ou cérébroscopie, Paris, 1»Ô6, 1 vol. in-8': avec ligures el atlas; et Ophthahnoscopie médi- 
cale, Paris, 1874. 



DE LA PRESSION. 15 

nirgien la sensation d'un flot, c'est-à-dire d'un choc brusque que Ton a 
comparé à celui que pourrait produire la percussion exercée sur une vessie 
pleine d'eau; le second, au contraire, résulte du déplacement lent du 
liquide accumulé dans un Foyer et imprime aux doigts un mouvement de 
soulèvement graduel. —Dans Vhydarthrose, lorsque la rotule est éloignée 
des condyles du fémur avec lesquels elle est en contact; dans la tympa- 
niUf où le ventre est si tendu ; dans la péritonite chroniqtie^ où l'abdo- 
men est dans un état de simple rénitence, il est aussi facile de se rendre 
compte des changements de résistance que la pression révèle qu'il est 
aisé de constater combien le même moyen exaspère ou soulage la douleur, 
selon qu'il s'agit d'une inflammation ou d'une névralgie. Dans quelques 
cas, la pression d'une partie de la peau tuméfiée détermine une crépitation 
fine évidente due à la présence de l'air dans le tissu conjonctif. C'est le 
signe de Vemphysime sous-cutané. 

11 est certaines affections, telles que l'érysipèle, la fièvre typhoïde in- 
flammatoire, Térythème et la scarlatine, dans lesquelles la pression exer- 
cée avec un seul doigt efface momentanément les rougeurs caractéristiques 
qui s'obser\'ent à la surface de la peau. Dans la scarlatine en particulier, 
d après mes recherches, la pression faite d'une certaine manière, par cha- 
touillement superficiel, peut aider au diagnostic. En rayant l'exanthème 
1res légèrement avec le bout de Tongle ou avec un corps dur, il en résulte 
une raie blanche caractéristique due à la contraclilité des capillaires tou- 
chés. On peut méme^ avec un corps dur, fsn écrivant un mot sur la cuisse 
d'un malade, le voir reparaître en traces blanches, et l'inscription reste 
apparente pendant près de cinq minutes (1). C'est la tache scarlati' 
neuse. 

La pression ne peut au contraire faire disparaître les taches des ecchy* 
moses du scorbut, de la pourpre de Werloff (morbus Werloffii) ; on l'ac- 
cuse même, probablement à tort, de rendre la rougeur plus vive. Trous- 
seau a dit que la pression de la peau dans la méningite doitnait lieu à une 
lâche rouge dite méningitique^ mais c'est une erreur et une affirmation de 
fantaisie, car ce frottement fait également une tache rouge sur la peau de 
toutes les maladies aiguës, et toute personne qui sort d'un bain chaud offre 
le même phénomène. 

La pression s'opère avec les deux mains, tantôt avec une seule, tantôt 
avec un ou plusieurs doigts. 

fl^ E. Boiichut, Traité des maladieê des nouveaux-nés, des enfants à la mamelle et de 
la seconde enfance, Paris, 1878, 6* édition, chapitre ScARLATi2f£. 



|(> M0V1:NS PHYSIQl'KS DEXPLOKATION. 

CHAPITRE II 

DE LA PALPATION 

La palpatioli consiste dans l'application do toute la face palmaire de la 
main et des doiirts sur une partie malade, dans le but d'y découvrir les chan- 
gements de température» de mobilité, de consistance, de forme, de direction, 
de sensibilité, de volume et de siège que l'état pathoiotricjue a pu détermi- 
ner. Ce n'est autre chose qu'une variété de la pression, (le mode d'explo- 
ration d'un usage très fréquent est d'une utilité immédiate. 

Pour que la palpation puisse rendre réellement des services, il faut qu'elle 
soit employée d'après de bons principes et qu'elle soit pratiquée par le mé- 
decin avec prudence et douceur, sans quoi on irrite les malades, on produit 
de la soulTrance et l'on |)eut commettre de grosses erreurs. El d'abord, que 
Ton ait à [)alper un membre ou des parties molles, il convient de mettre les 
nmsdes lopins possible dans le relâchement, alin de s'opposera cette roi- 
dcur (]u'amène la contraction, et qui, dans beaucoup de cas, mas(]ue com- 
plelemenl quehjues tumeurs, ou simule des tumélaclions palliol<»gi{|ues. 
Ensuite toutes les luis que la pudeur du malade n'a pas ii en souflrir, il 
faut palper à nu, ou alors n'inlcrposiM' <Mitre la main et la partie à explorer 
qu'un linge lin, et, de préférence, de toile On comprend combien il est 
convenable que la main de l'observateur soit à une lem[)erature anaK)gue 
à celle du corps du malade, sinis peine de faire éprouver à ce dernier des 
sensations (h'saureahh's et lioiilouri'iises. 

En ::eneial. c'est avec la main eiitleie. et même avee les deux mains, 
«jue la palpvilion doit être faite, rarement avec un ou deux doigts, à moins 
que la partie soutlVanle ne soit réduite à de miniin«*s proportions et qu'il 
ne s'agisse, par exem[de, d'un déveh^ppement anévrysmal, du volume 
d'une noiselli\ situé le K>ng d'un membre, à la suite d'un Iraumalisme 
quelconijue. En appli(]uanl à plat la totalité de la main, la sensation per- 
due est plus nette, et, lorsqu\>n vient à rapprocher les deux mains, et sur- 
tout à les oppi>ser Tune à Tautre. il est facile de faire saillir une lUTneuret 
d en circonscrir»' le volume et les adhérences, d'en aj)precier la duretr», 
Eelaslicile, la (luetuat:(»a, la douleur et le frt'missemenl vibratt>ire ou li\da- 
tique: il en est de même pour un organe situé dans les couches pr» «fondes. 
Les mains sont encore [)lacées en oj^posilion lors«]u'on veut, dans un ab- 
domen singulieivment augmenté de vi^lunie, (>l)t.iHr la sensation spéciale 
due à la présence d'un liquide, c'est-à-ilire la /l'irtUiJti'.'U. l'onrct-Ia, un se 
place à la li roi te du malade et on applit|ue la main gauriie à plat et dans 
toute son étendue sur le CiMe gauclu' du venUe, taii.iis ij;ie, a\e^ la main 
drvMle. on frappe p!us ou moins près ilu pubs d»' [petits coups sur le tlane 
drv>il. «Ml produit ainsi un déplacement cai li juivle i|:u fait un flot : il est en 
nippi»rl avec la «]aanlité de liquide ef>a!ic!ie. 

Un précepte qui a une grande inipv»rtance e>t cohii-ci : Quand on a à 
examiner un œil, un des eûtes liu cou. une épaule, une manulf, ::ii bîa> 



DU PESAGE. 17 

un avant-bras» une main, un testicule, une cuisse, une jambe, un pied, il 
faut toujours fixer son attention sur Torgane ou le membre correspondant, 
car de la connaissance de Tétat sain à lobservation de Tétat morbide, il 
n'y a quelquefois que des diiïcrences légères, que des nuances difficiles à 
saisir et qui échappent au médecin, s'il ne met sous ses yeux un terme 
facile de comparaison. 

La palpation est un utile moyen d'exploration dans tous les sens où Ton 
soupçonne des abcès, des tumeurs, des dégénérescences cancéreuses, des 
hypertrophies de tissus, et surtout desanévrysmes artériels, car la présence 
de pulsations insolites lui échappe rarement. Elle peut servir encore pour 
reconnaître lelat de l'utérus; mais alors il faut que la main gauche soit 
appliquée sur Thypogastre, tandis que le doigt indicateur de la main droite 
soulève le museau de tanche. C'est par la palpation qu'on reconnaît c^.r- 
(aines tumeurs du ventre, tels que les ganglions mésentériques, les corps 
fibreux de Tutérus, les kystes de l'ovaire, la vessie distendue par de l'urine, 
Tutérus en état de grossesse, la rate hypertrophiée, le rebord d'un foie trop 
volumineux, les tumeurs cancéreuses du foie ou calculeuses de la vésicule 
biliaire, certains cancers de l'estomac. 

Elle révèle les exostoses développées sur différents points du corps, les 
gommes du tissu eellulaire, le gonflement des os profonds. 

Elle sert dans les maladies du cœur à reconnaître le degré d'impulsion 
de l'organe, à apprécier le frémissement vibratoire d'un anévrysme ou les 
bruits bronchiques et vocaux à travers les parois du thorax, la crépitation 
du tissu cellulaire dans l'emphysème sous-cutané. 

Enfin, la palpation peut être d'un certain secours pour guider dans la 
prescription des agents thérapeutiques. Le traitement d'une maladie chan- 
gera selon que le mal se sera accru ou bien aura diminué parla médication, 
selon que les parties explorées, d'abord dures, seront devenues molles et 
fluctuantes, seront plus ou moins douloureuses et qu'elles présenteront un 
cortège de symptômes plus ou moins graves. 



CHAPITRE III 

I DU PESÂ6E 

La notion du poids des malades est quelquefois la source d'un renseigne- 
ment très utile au diagnostic et au traitement des malades. Cette notion 
s'acquiert par la balance à bascule s'il s'agit d'un adulte, et par la balance 
Roberval, par les pesons et la romaine^ enfin par le pèse-bébés quand il 
s'agit des petits enfants. 

La perte de poids n'indique rien comme nature de maladie, mais elle ré- 
vèle un état de souffrance de la digestion, dû, soit à une maladie localisée 
dans les voies digestives, soit à un état dyspeptique provoqué d'une façon 
réflexe par une lésion latente des poumons, du foie ou de tout autre organe. 
B. — Diagnostic. 3 



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DU TOUCHER. 19 

Décrie pas et ne s'agite pas. On l'amuse pendant la pesée et Ton s'arrange 
de façon qu'il soit tranquille. Cette précaution est nécessaire comme lors- 
qu'on pèse avec la balance, qui n'est jamais en repos si les enfants s'agitent. 
La pesée ne se fait bien avec tous les appareils que dans un moment de repos. 

L'enfant vient-il bien, est-il gras et ferme, tette-t-il avec ardeur, sans 
dormir dès qu'il est au sein, augmente-t-il de iO à ib grammes par jour, 
dans les cinq premiers mois, et de 10 à 15 grammes dans les sept mois 
suivants, la nourrice est bonne à conserver. Au contraire, l'enfant est-il 
pâle et reste-t-il stationnaireou perd-il de son poids, a-t-il les chairs molles, 
un peu de diarrhée, ce lait est insuffisant ou mauvais, et il faut en changer. 
Il y a, du reste, un bon moyeu de savoir si lenfant tette en suffisance, c'est 
de le peser toutes les semaines pour voir ce qu'il a gagné en poids. 

1* A 1 âge de deux jours accomplis (chaque jour étant de vingt*quatre 
heures), il pèsera 100 grammes de moins qu'à sa naissance, diminution qui 
correspond à l'excrétion du méconium. 

2* A l'âge de sept jours, il sera revenu au même poids que celui de sa 
naissance. 

3* De sept jours à l'âge de cinq mois, il augmentera en moyenne de 
175 grammes paJr semaine, ce qui fait environ iô grammes par jour. 

4" A partir de l'âge de cinq mois, il n'augmentera plus, en moyenne^ que 
de 10 à io grammes par jour. 

5* A l'âge de cinq mois il pèsera le double de ce qu'il pesait à sa nais- 
sance. 

6* A l'âge de seize mois, son poids sera seulement le double de celui qu'il 
avait à cinq mois. 

Toutefois il ne faudrait pas attacher à ces chiffres un caractère de rigou- 
reuse précision. Un enfant peut ne gagner que 15 ou iO grammes par 
jour par exemple, et être cependant dans d'excellentes conditions de santé. 
L'important, c*est qu'il gagne. 

D*une autre part, il faut savoir la quantité de lait qu'il prend à chaque 
tetée, afin de savoir si la nourrice a suffisamment de lait. Pour cela, on 
doit peser l'enfant tout habillé, avant et après l'allaitement. La différence 
de poids indique la quantité de lait qui a été prise, et, comme elle doit être 
de 80 à 100 grammes, si elle n'atteint pas ce chiffre» c'est que la nourrice 
est mauvaise. 



CHAPITRE IV 

DU TOUCHER 

Le toucher n'est qu'une espèce de palpation. Ce moyen d'exploration 
consiste dans l'introduction d'un ou de plusieurs doigts dans les parties 
profondes et cachées du corps humain, communiquant à l'extérieur par 
une ouverture naturelle, comme le pharynx, le vagin ou le rectum. 



\j' foui fu'/' (piftiHf/l n'est \ni> d'\uu' utilité h'ïru rr»'Mjiioiilr : ou iir ['«'m- 
ploir <|ii<' jKnii" conslalrr les mndiljcatioiis |).'illi(iloi:i(|Urs rjui nut pu sur- 
M'iûv (l.uis (-«Ttaiih^s aiïuilinns d«' rarri»'rr-l)ou(li<', principaK-nH'iil dans 
Id'dèm»' (|r !a irlollo pour (^uii>tat»'r rinlillrati(»n des liu^'l^H'llts ar\tlirii(»- 
»'j)iLd()lli«|Urs. dansirs lunieuis drs vcilfhros cM-rvicalrs, dans 1rs ahcès t(»n- 
sillaiiTsou n'tro-pliaj'vni:iens, rtc, pour saisir la IliicUiatiou. 

l.r tonriii'r l'rrtdl^ t-l surtout \v frnnlirr riiifi nul ^ sont d«'S prorrd«'> d"inv«'Sti- 
;zalion (ju'il luiporlc de coruiaîti'c, car iU >out d'une appliralit.ii iouriialirit\ 

Lor^ijiftiu v.'ul prali([nrr \r tofif /nr p'i)!^ tectunt, il jaul placer ie ma- 
lade liiri/oiilaliinent, je corps tiuu'ne >ur le coU', la jauilie trnaiil au lit 
niaint<*nue dau^ re\len>ion, tandis (jue lauln* e>l llt-cliie. Le dui::l indica- 
teui", enduit de c»M'at, d'huile ou île loulo aulre substance irrasse, doit être 
introduit l«*nteineiit dans l'anus; car, «-elte rei:ion étant Irequennnent le 
.^iei:e de hnurrelets li»'inorrhoidaires ou de tissures, tout mouvement [)ré- 
cipil»' delrrminerait de vives douleurs, et. par >uile, une contraction éner- 
iriijue du sj)liincter. Il arrive souvent (pie ce nniscle forme obstacle à l'in- 
troduction du doi^'t, niai> il sullil cfi iK'ueral d'attendre rpndipies minutes 
pour obtenir un relachemeut des libres ; on pénètre alors dans rexlrt'ujité 
inférieure du irros intestin, et l'on parcourt tous les [)uinls de la surla» e 
rectale. Le but ([u'on se proj)ose eu pratiquant le toucher par l'orilice anal 
est d'apprécier les cliani:em«'nts morbides divtM'S apportes dans la structure 
Je Loriiane, d'en con:>tater la sensibilit»'', la tension, la cbaleur, la consis- 
tance, les inei:alit»*s, et d'essa\er de reconnaître, j)ar les dillei'cnlt's sensa- 
tions (jui viennt'Ul all'ecter la pulpe du doiirt, les rides, les ulcérations, les 
brides, les rétrécissements, h's tumeurs, les diialatituis artérielles ou vei- 
neuses, les amas de matières, les Ci)rps elran^^ers enfin, qui moditienl et 
obstrutMil cette p(>rlion du canal alimentaire. i\u' ce mode dexploralion, 1.^ 
médecin acquiert encore d'autres notions, selon le sexe du malade. Ainsi 
il lui est possible des»' rendre compte, chi'z Ihounne, de l'etal du bas-foml 
de la vessi(! et des uretères, de la pres(Mic«' de calculs en ces |)oints ou ie 
lont: de Lurethre, et des altérations d«' vidume, d(* consislance et île forme 
de la prostate, causes si fréijuentes de troubles et d'accidents ducéWe de la 
double louclion iiénito-urinaire. Le t(Uicher par le rectum j)eul être, chez 
la fenune, d'une ixramle ressource j)our la constatation d'une urosst'sse 
»'\tra-ulerin«\ pour la détermination du volume et de la dii'e(>lion de la ma- 
trice, et pour le diaj;noslic d'un irrand nombre irelals jjatholoiziijues dei^'t 
oriiane. Liilin, si l'on vient à combiner le lou<lier ivclal avec le toucher 
vai:inal, en inlroiluisant le pouce dans \r vai:in el l'indicati'Ui' dans le rec- 
tum, on s'éclaire facilement sur les basions (pii ont j)u se développer dans l«^ 
voisinage des ovaires el d<' la [)aroi reclo-vaizinale. 

Le toncln'r nujintd e\if:e préalablemenl, de la part de la [)ersonne ipii va 
V être soumise, quelques précautions particulières, telles <|ue le rejft au 
dehors des matières solides ou liquides contenues dans l'intestin et la ves- 
sie, comme il réclame, du coté de celui (jui se met en mesure de le provo- 
quer, des conditions préliminaires d*une certaine importance, ('/est ainsi 



DU TOUCHER. 21 

que le médecin veillera à ce que son doigt indicateur de Tune ou de Tautre 
main (c'est habituellement le seul dont on se serve pour cet examen) ne 
présente aucune aspérité ni écorchure, sous peine de contracter un mal 
éminemment contagieux, comme la syphilis ; qu'il prendra le soin de por- 
ter un ongle très court et dépourvu de rugosités, afin de ne produire ni 
douleur ni déchirure, et qu'il s'habituera enfin à faire usage indistincte- 
ment de l'indicateur de la main droite ou de la main gauche, s'effbrçant 
ainsi de faire disparaître, par Thabitude, le défaut d'adresse et d'habileté 
tactile qui semble être spécialement départi à la main gauche. 

Le toucher vaginal est usuellement employé pour reconnaître I état des 
parties intérieures des organes de la génération, du vagin, et du col de la 
matrice, les vices de conformation du bassin, les changements survenus 
dans le segment inférieur de l'utérus et des régions limitrophes, et la na- 
ture des tumeurs ou des corps contenus dans la matrice; il sert également 
pour surveiller les progrès du travail de la parturition. Pour obtenir de 
boDs résultats du toucher, il faut que l'opérateur ait préalablement con- 
seillé à la femme de débarrasser la vessie et Tintestin des matières qu'ils 
renferment; cette précaution a bien son importance. L'exploration peut 
avoir lieu, la malade étant debout ou couchée : debout, s'il s'agit surtout 
de constater une chute de la matrice ou un relâchement du vagin, et si 
des troubles des fonctions respiratoire et circulatoire s'opposent au décu- 
bitus horizontal ; couchée, s'il y a menace d'hémorrhagie, imminence de 
syncope, adynamie profonde, ou si l'utérus est dans un état très marqué 
d'antéversion. En effet, quand ce dernier cas existe, le fond de la matrice 
est projeté en avant, le col se trouve en arrière et en haut; il devient dès 
lors assez dinicile de l'atteindre. Lorsqu'on ramène, par la position ho- 
rizontale, l'utérus dans sa situation normale, la difficulté disparaît presque 
entièrement et le museau de tanche est rendu accessible au doigt. 

Lorsque la femme que l'on a à examiner est au lit, il faut la faire coucher 
sur le dos, veiller à ce qu'elle incline un peu le tronc sur le bassin et à ce 
qu elle maintienne les cuisses écartées et fléchies, de façon que le relâche- 
ment des muscles abdominaux soit le plus complet possible. Le médecin se 
place alors de préférence du côté droit du lit, afin de pouvoir introduire 
dans le vagin l'indicateur de la main droite, que nous savons être le plus 
exercé; mais, dans beaucoup de circonstances et alors qu'il est nécessaire 
d'explorer les parties latérales du conduit vulvaire, il faut successivement 
employer le doigt indicateur droit pour s'assurer de l'état de la paroi pel- 
vienne droite, et le doigt indicateur gauche pour l'examen de la pelvienne 
gauche. Les femmes ne se laissent, en général, toucher qu'avec la plus 
grande répugnance; aussi convient-il, pour moins offenser leur pudeur, de 
très peu les découvrir. 

Si l'exploration doit se faire sur une femme qui garde la position verti- 
cale, il faut lui faire prendre un point d'appui contre un meuble ou contre 
la muraille^ et lui faire modérément écarter les membres inférieurs. Le 
médecin, assis sur une chaise très basse ou ayant un genou en terre (le 



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I,- iJ.tli. Ir|.:vali.,ll il.' t.-mi,.|VtUuv. I,. ,I,..-|V .1,- U-nU-X.'. h >,.,llf|V>5,- nu 

i-|iiimi.lil- <lii v;L-iii, h .■ciilnniialinn ,k- lainul,- [uil.iriiiu\ 1- iM--|..iia (ir 
la vr.-j.'. !■■ rvi-luiJi, IVtal il.- iil.iiilini.' nu il.- \ai.Lni.' do c^ .|rii\ mi-^.iii.-s 
Ims HiiiJ.iir>. I.-^ ,|.-..(ioi-(- iws ii,n||.ii!..s 1- pr.Muils ;ir, i-Wlf^ qui nul 
]>U s<- iJr\.-|..|.|vT a la >urra.-.> .>u <i:i)i. l"r|mi>-ur .!.■,- liamis vaL:iiiales. .liliii 
1..S vi.-i-U-i-s |-..|,r,,miuli.,ii< i|U,.- p.ul |Mr>,.(it.T Ir ll,l^^iIl. lV-ii;.nl OllMlite 

ia<lii.-<;ii,„i ih- hui-lt- >a.To-v.Tl.'hial. \- .h,i.-| .■,.|..^o \eis I.- .L'Imil -iip.- 
ri^iir <t iitl'-irit l- iuumuii .].■ l.iriili.^. 11 dnil ,'u .notal-'i' la lontio. la 
i.,iii:ij-iir, la .iliiali.,», la U-nuLb). Ivlal <k- >v> l.-vjvs \- >\--J.y iluiiviTlinv 
ài; son ■.lilic-, |.> puiiK Tu.'iti.- do l'iilriiis .-[ilii-r ,-ii lu >.nikna(it l.ii.'r.-mfiit ; 
sa haiiloiir. ..|; pla.-^iiit I^L-an.' .'rjnr ii- il,.i::t rjiii i-|„,.e sur k- oJ vl |-;uiliv 
ni^nri a|,|.li.|ii. . Mil' le fu„d, a Ira^oi^ L- [.amis do ralid^^liioii ; ^,.ll drv,.|u|i- 
pomohtMi-a^a.iiil,'-. 

[.■Il vjiii.ij soii|»,Miiiii- r'.-\i>!riicc d'uiio Hmiiiii' <l:iiis la ca\ilo utoriiio, 

iriiln-. .|ii'- Imi. ■•■■ lait Tirn- îdre ovaclr llll vi.liiiilo do . rs iu'..dlloli<illS 
i,:.i\,',i':^i'l>i'-.. i,|:aivrjM0Ki;i l'otiraiio <|iii j.-s iviiffiiiio. Il .'Si do lioaiio.iiiii 
:.i,|i-, d.lll^ .-.■ IMS. i\w la Irnimo suit dolMiil. oar o.'llo |iu>ilinii riiel 
it^i^''- 'Tj lutiiioiv le [inids cl la niuliiiilo do I'iiUtu?: il l'ii i-sl abs.ilu- 
<\<- n.oiii.- |.MMi.i-.,u .'Si a la 10. Ii.-itIk- d.>> siiiiio- o.'ilaiiis d iino gnis- 
, il i]iii> l'on veut f)05or snii diai-'EKJslic d"a|iLts ta |K'roi'|)[ion du 
liim-iil du fu'tiis. làiliii. cuninio il coiivioiil Imijours, liirMjii'i.ii luil, 
i-di'oiiii', \[sa-^>- d'un iim\eii iiiH'k'f»M{|iii'. dm lirof k' iiioilloiii' (larli 
Mo, I.- mrdrcin devra \,Uri- l,.ur a loin- >a malade daus la ]K,sili...i 
r»nlalf «ri Vfllicalo, fxaniiiUT le dui^l à ?a sorti-' du vai;iu, aliii do 



DE LA MENSURATION. 23 

chercher si la couleur et l'odeur du mucus vaginal ne lui fourniraient pas 
quelques indications et s'il n'y aurait pas de sang ou de fétidité indiquant 
un cancer. 

CHAPITRE IV 

DE LA MENSURATION 

La mensoration est un mode d'exploration qui consiste à déterminer par 
des appareils spéciaux les dimensions d'une partie saine ou malade d'une 
manière plus rigoureusement exacte que la vue ne saurait le faire. La 
longueur, la largeur, l'épaisseur, le volume, en un mot, que présente une 
région, tel est habituellement ce que le médecin est appelé à mesurer. 

U y a divers instruments mensurateurs : tantôt on se sert d'un ruban non 
extensible sur lequel on a construit une échelle de graduation, tantôt on 
fait usage d'un compas d'épaisseur également divisé en degrés; mais, dans 
la plus grande majorité des cas, on trouve dans ses doigts un assez bon 
moyen de mesurer une partie quelconque du corps. Avant d'employer ce 
mode d'exploration, il faut être prémuni contre les inconvénients qu*il peut 
présenter, et surtout contre les causes d'erreurs auxquelles il est susceptible 
de conduire. Ainsi, dans les recherches de mensuration, il est indispensable 
d'exercer une pression uniforme, sous peine d'obtenir des résultats dissem- 
blables; ensuite, il faut invariablement placer le malade, et surtout la 
région qu'on se propose de mesurer, dans la même position (c*est habituel- 
lement celle qui permet aux muscles d'être dans le plus grand relâchement 
possible), afin de pouvoir comparer avec exactitude les changements qui 
ont pu s'opérer d'une expérience à l'autre. S'agit-il, par exemple, de 
prendre les mesures de la tête dans un cas d'hydrocéphale considérable, ou 
du thorax à l'occasion d'un épanchement pleurétique, le malade doit se 
tenir debout ou assis ; de l'abdomen à propos d'une ascite, ou des membres 
inférieurs pour en apprécier la longueur, il est préférable qu'il conserve 
rhorizontalité. En6n, les moyens de mensuration ne varieront pas, et ils 
seront appliqués sur des parties identiquement les mêmes ; on adoptera 
pour cela des points de repère tels que le mamelon pour la poitrine, et 
l'ombilic pour l'abdomen ; on pourra au besoin les dessiner sur le corps du 
sujet avec une plume trempée dans l'encre ou avec un crayon de nitrate 
d'argent, de façon que les traces de la veille se retrouvent le lendemain. 

La poitrine, à chaque mouvement d'inspiration ou d'expiration, subissant 
iltemativement une dilatation, puis un retrait, il est difficile de la soumettre 
à une mensuration exacte, d'autant plus que les vices de conformation 
y sont fréquents, que certaines professions, en développant particuliè- 
rement les muscles d'une région, détruisent parfois la symétrie des deux 
côtés du thorax^ et que, dans des états pathologiques bien connus, la 
pleurésie par exemple, le côté malade actuellement dilaté par l'épan- 
chement sera précisément celui qui, après la guérison, éprouvera un 



%i 



MOYENS PHYSIQUES d'EXPLORATION. 



resserremcnl atropliif|iie. Néanmoins, voici les rèii;!os d'après lesquelles il 
liiul procéder à la niensnration de la poitrine : Le malade est assis, les bras 
éearlés du tronc et les mains fixées sur sa tète : la lii;ne médiane anlérieun* 
est représentée par un (il (jue l'on tend depuis récliancrure supérieure du 
sternum jusqu'au milieu de la base de l'appendice xiphoïde, Tapopliyse 
épineuse des vertèbres dorsales indi(juant par où passe la litrne médiane 
postérieure, l'iic liande de toile divisée en centimètres (ruban métrique) et 
appli(|uée horizontalement de l'un de ces points à un autre (la mesure étant 
prise à la hauteur du mamelon chez l'homme et un peu au-dessous de la 




"^ 



5_g]5i 



v^ \7^'^C^ \\(S^\^^ 



Fk;. 3. — Cyrlomt'iro; i;xtréiiiit<' iiiili.ilr viJitil»' ilc uioiiic \'). 

mamelle chez la femme), permet de constater avec une justesse approxi- 
mative l'étendue du coté droit ou du côté gauche de la |)oitrine, alors même 




N 




l-'ic. l, — Ai'pli.-.iru î tin ryrîoiii.tiT ilii ot'a»- j:.uicln^ i".. 

qu'elle est soumise au jeu respiratoire. lUi reste, lorsqu'on nu'sure le 
thorax, ce n'est ni toute son étendue, ni toutes ses dimensions (jue l'un 
désire connaître: on Ncut, la plupart du tem[)s, savoir seulement bi le 
c<')té dn)it est plus ample ou plus étroit que le izanche, cl vice rer^à. 

A côté du simple ruban m(Hri(jue on peut enq)lo\('r Ir rt/r(ou/èlre de 

{'> <f. pLi'iiir liMn>Vi>i<.il.' rt'i-o'irhro. «ic-liiire à «mi f.i.ilil.T l'app'.i.Miion. L- j-i. • .- .io l-iLitio > -lU 
.irliriil.-.'S avcr ili"> hmIs -> till tiil». al'M .|>i.- T. -m yn<-c r.'>>err("r l.->,ii!h l'ilio-i- .1 trolL'in 'il par un 
coup Mo murloau imj d.< «Irf, <i .-llis ><* r«l.MlioiiL 

("I a, Ir.ioo >."lir;ili' f.iil-' au iiivom '!•• 1' h ><o ■!>' l'.tpp.MHi, .^ \iphoi,h; t'. Ln^ .irui .| r r..i,<,.,-v:,- 
trur. liiri'^.' ^tr> l'.-pin.* «i.M'^aliN c, iiiaiii -.nf. 'i.- nu miiiÏK-ill i lUïtnim.'il In i„ p., ,:• f-ir. . .-t •• a.,. 
|»lic.tli->:i, cMi rolrvo *iuii'loiii'-iil la oli.-n.isj <iu iii.iKilo. 



DE LA MENSURATION. 



25 



Woillez (1), qui consiste en une tige de baleine longue de 60 centimètres 
et composée de pièces articulées de 2 en'S centimètres, et à double frotte- 
ment (6g. 3). Il s'applique de champ, isolément et successivement de 
chaque côté et au pourtour de la poitrine, à la hauteur de Tarticulation 
stemo-xipholdienne. 11 conserve l'incurvation de chaque courbe latérale, 
que Ton trace ensuite et que Ton réunit facilement sur le papier en suivant 
cette courbe avec un crayon. Pour appliquer 
cecyrtomëtre, la main droite (Gg. 4et5) glisse 
Textrémité initiale de Tinstrument derrière 
le thorax, et la maintient fixée contre Tépine 
vertébrale, tandis que la main gauche porte 
Tautre extrémité en avant. La tige, une 
fois appliquée, est fortement serrée pen- 

j 4 I» ^z^^éZ^^ . ^^ ^^«* ^^^..i^^ -.«^^ 1.. F'C. 5. — Main droite qui maintient 

dant rexpiration ; on note, comme avec le n„,irumeni contre répine dorwie. 
ruban gradué, le nombre de centimètres in- *« ?«•?« de» doijfi» indicateur et 

... . jiitA't.* M. mëdius appuyée contre elle comme 

diqué au niveau de 1 articulation sterno- nn point dappui. 
xiphoïdienne, articulation marquée d'avance 

(fig. 4, a) par un trait de plume ou un trait d'ongle. L'instrument est 
ensuite écarté rapidement de la main gauche, avant que l'inspiration soit 
venue de nouveau distendre la poitrine. Cet écarlement brusque, puis l'en- 
lèvement du cyrtomètre, sont faciles, grâce à une ou deux articulations 
particulières que Tinstrument présente sur sa longueur. Chacune de ces 




; t. 




Fifi. 6. — Une dea deux articulaliont extra-mobiles dcAtinées à faciliter réloignemcnt du cyrtomcirc 

des surfaces MUTCxes sur lesquelles on l'applique (*) . 

articulations (fig. 6, a), très mobile dans le sens de l'écartement c, a, d, 
qu'elle facilite, devient fixe au niveau et dans le sens de l'application c, a, e, 
lorsqu'on veut, pour le tracé, ramener l'instrument à la courbe thoracique 
dont on a pris la forme (2). 

<l)WoiUec, Recherches diniquex sur Vemploi d^un nouveau procédé de mensuration 
ims la pleurésie {Recueil des travaux de la Société médicale d^ observation. Paris, 1857-58, 
1. I, p. 1 et SUIT.)' 

(2; Vojez plus loin : Des dimensions de la poitrine, à Toccasion de la séméiologie de la 
respiration. 

('} c, e, instrument appUqni^; e, d, instrument dans l'écartement; a, éperon destiné à s'arc-bouter 
centre la (onpilU k, au moment de l'application. 



'20 



MOVF.NS PIIYSIOUFS h K.\PIJ)R\TH».\. 



On priit aussi employer un comjHis (rf/Hiisscur, lorsqu'il ne s'aiiit ({ue 
de prcndiL' 1rs dianirtres de la poilrine. 

Le coniiKis irt'pdisspur (ie Baudeloccjue (lii:. 7) sera utilement employé 
pour circonscrire Tétendue d'une tumeur, et surtout pour connaître le 




^ 



llG. 7. — Ct'iuj'.ts iri'i'.ii>- m. 

diamètre du bassin chez la femme, le diamètre anttTo-po^t(M•ieur priiicijja- 
Icment, sur lecjuel il importe tant dVtre fixe à cause de l'accouchement, 
lorsqu'on soupçonne une conformation vicieuse. On a imairine dans cette 
intention dilVérents instruments, les pelrinn-tres (1), et en particulier le 
compas de van Huevel (liir. 8). 

Chest-measurcr de Sihson, mesureur de ht poitrine (lii:. W et 10). — 
Cet instrument (-2) est destine à apprécier l'étendue des mouvc-menls an- 
téro-poslerieurs de la poitrine. Il se compose d'une tige graduée ronde B 
(lig. 8j divisée en pouces et en dixièmes de pouce. A Textrémité infé- 



(h Voyez Nii'iî.'le et r.rens<^r, Tiaité de Fart des accoiiche}n"nts, t^ éiliiioii. Paris, issi . 
— ChaillN Honoré, Traité pratique de Vart des aconohrments. G' «Mlition. Pari?, 1X78. 

;ii Fr. Sil'^Mi, On tlie inoretnents of respiration in d(\>'a.se, and on u^e "f (liest-mr,i~ 
surer {Meduo-chirurgical Transaction^, lKi8, vol. XXXI. p, av.i. — WaMie, Traité 
pratique des maladies des organes respiratoires, traduit par Foiis^a-riv.^s. Paris. I87u. 



DE LA MENSURATION. 27 

rienre de cette tige est articulée, pouvant s'ouvrirjusqu'à l'angle droit, une 
plaque de laiton recouverte de soie A. Sur cette même tige graduée se meut 







Conpasil*TuHune1C). 



à frottement un curseur C qui peut aussi tourner autour d'elle. Ce curseur 
est munid'one branche horizontale CD, pouvant s'allonger ou se raccourcir, 
ïl'eitrémité de laquelle est un cadran gradué à aiguille que commande 
ute crémaillère verticale D. A l'état de repos de l'instrument l'aiguille est 



r- Fif. I. - Cl 






r>|. 1 — Le ladoioii 



;e dernier lur la cAUi droit du dmni'ccrclo dviigni^ 
ri i* »io HmwI «onl «ur lo cSl* p«ha du vAtac 



Ff. L — La mtvM campai, m lann^. 



iM 



M-'-vEN- Piiv-ioTE- i' i:xr'Lor.AT:«;»v. 



aij Z'T<;» du caJraii t-l !a cr»*iiuiillrre al)ais>^'»' ju-qu'a son d»TiiuT cran au- 
•J'---mu- du r.L-ntre du cadran. |M'»>iliMii (i.ins iaqu-lK- tdK- ^--t niainl»'iiue par 



'Z^ 



ï .<>. ','. — •.,,».■■>'. -'Il' i»'ir 



>i » Il 



im n>vorl tiv> doux. Un lour coinplcl du cadran correspond à un p<>ucc 
H) Ji'27i:)) de niouvcrnrnt ext'culc j)ar la j>(>itrinc. 



^t 



r-^v 



..• c 



y 




Fil.. 1" — Cil' •"•"t-nu.t-iii'tr ()• SiL'S"ii .([•[■. ijut". 

On ai)pli(pic cet inbtrunient sur le malade dans le dccubilus horizontal 

(■) A. |'l.i ;ii'' (if l.iit"[i n rrnivfi II ij.- -ûi ; 15. ti^<' \iiii,Ml(' ;.Tihi''>> i i. p"'',i ■• •» et (li\ii m < le jumiti' ; 
C, < iiT"» ur sf iiioiiv.inl ^ ir II ti/c B -J' h. rit i"i 1" i> et i. iri. ;il.iir',iiic:i t ; C. I>. l-ruH lii- 1 <ii i/.jnl.ilt.' à 
c<'uli*>«'; l», (;i'lrjti ci i. r'Miijill'T''. 



DE LA MENSURATION. 29 

et dépouillé de tous vêtements (Gg. 9) ; on glisse sous son dos la plaque 
de laiton ; on ordonne une expiration forcée ou naturelle. A la fln de cette 
expiration on abaisse le curseur jusqu*à contact de l'extrémité inférieure de 
la crémaillère avec la peau du malade et de telle façon que Taiguille ne 
dévie pas du zéro. On ordonne Tinspiration et on lit sur le cadran le degré 
le plus élevé qu'y atteint l'aiguille. Ce degré indique Tamplitude du mou- 
vement. En raison de la possibilité de faire tourner le curseur autour de la 
tige graduée verticale et d'allonger la branche horizontale qui porte le ca- 
dran, on peut diriger celui-ci sur différents points de la poitrine sans 
changer l'instrument de place ni le malade de position. 

Tn détail à noter encore et qui fera comprendre comment on calcule avec 
cet instrument le diamètre antéro-postérieur et l'étendue des mouvements 
aotéro-postérieurs de la poitffne: l'instrument étant à l'état de repos, 
lexlrémité inférieure de la crémaillère et le bord inférieur du curseur sont 
sur une même ligne horizontale ; dès lors la graduation qui correspond au 
bord inférieur du curseur, lorsque Tinstrument est appliqué, indique la 
distance entre le plan horizontal qui passe par le point où la plaque de lai- 
ton inférieure est en contact avec le malade, et le plan horizontal qui passe 
par le point où touche l'extrémité inférieure de la crémaillère. 

Ainsi, en lisant sur la tige graduée verticale, on a la distance dont il 
vient d'être question; en lisant sur le cadran, on a l'amplitude des mouve- 
ments. Cet appareil ingénieux mérite assurément l'attention des cliniciens. 
Il faut pourtant avouer que le compas d'épaisseur de Baudelocque peut le 
remplacer. 

Stélhomètre de Richard Qtiain (1). — Une boite de montre ordinaire pré- 
sente au milieu du cadran une seule aiguille. Elle renferme un mécanisme 
très simple qui met l'aiguille en mouvement. Un orifice percé sur l'un de 
ses côtés livre passage à un cordonnet de soie assez long pour circonscrire 
une moitié de la poitrine; enroulé sur un cylindre contenu dans la boite, 
ce cordonnet commande l'aiguille. Lorsqu'on en déroule 0'°,006, l'aiguille 
parcourt un tour du cadran. Ce dernier est divisé en 50 parties égales, 
beax révolutions équivalent à O^'jOlâ, et suffisent pour tous les cas. 

On place l'instrument à plat et tenu immobile par deux doigts de la main 
gauche sur l'épine dorsale, entre les omoplates par exemple; on applique 
le cordonnet de soie sur le contour de la poitrine, et on le maintient immo- 
bile sur le sternum au moyen des doigts de la main droite ; le sujet soumis 
à l'expérience communique par l'expansion de la poitrine un mouvement 
au cordonnet qui agit sur l'ai^ille et marque le degré de cette expansion. 
Cet instrument simple et ingénieux ne vaut pourtant pas le chest-measurer 
deSibson. Il traduit moins bien que ce dernier les mouvements partiels 
des différents points explorés (2). 

(i) R. Quain, Union médicale, 1850, p. 550, et London Journal of medicinef octobre 
1800. 

lii E. Gintrac, Cours théorique etpraUque de pathologie interne et de tlUrapie médicale^ 
t. 1. p. m. Pans, 1853. 



La inensurali"n appli.|uer à Tili i«»i!irii dans des ca^ do tym|)aiiit*' ou 
li'ln in'['isic. p ir oxoMiple, ne p'-ut j>;is a ••!i'* St-ule funrnir des résuilal? 
ri-'OUi\n\. car en adniellanl (|u<' i'-s dillien^i.'ll^ du venlre sui»Mit clnupie 
jour exaelênienl dtrniiler>, il n-^lt-la (.|ue>t;Mn de >avoir si c'est au deve- 
lopjM.infiit lie jaz inle>l:n iu\ cU a li pit-SMict* d'un li'Hiidê épanche i\n\\ 
laul allriliuer l'exa-ieralitin de v^dume. l'ans celte circunstance, la |)er- 
cussion doit éclairer le dia-Mu^slic el e^nduiie a des indications lliéraj)eu- 
tlq;iés ratininieiN-s. 

L»> peî>'-'nne> eNper.rnentet'S j>'-uvt nt >»- passer «le cet instrument, el il 
leLi! su:til ^«'uv^.l,l de M' seiviT <i;î (iui-t JLd.fatfiir. ' »n Tintruduit assez 
awii:; dans le va-lin pour «|Ut^ >"n extr'-niitt- t"U< h»- lan-lt- sacro-verlébral, 
îai. :i> tiue sa hase repose sur la -yîupiivvo du puids: à |>eu de chose près, 
• •ri r>l!ine aijis: k-d.ani'-îiv du i»r.>s!n. 



CHAPITIIK V 

1»E LA 'il'lïlHMLiniC 

Ui. i.vuvcau nK'\en d'exploraîion d- Li i< ..î: "n.-. an: licalde au diaiciioslic 

d-.>n.a:.;d!es dupoUîn.'U. a el- .n\i :.!••;» •.: .i-.ri'':ij.:>tn 1 i.îls'airit de la spi- 

f ,'!'<■ . mot (lui VfUt 'ii:e niesuie .\'- .vi î- sp.iàî o:i. I-i "ene parierai (jue 

.:;; ;'i\Hr\:e operaloii» , ma s 'p./.> !■>;:.. :..îx -:-:iks :.j'j:ni- par Tair expiré, 

"::'. :; ::v::.\ 1< s ir >u!lat> aux kî» !- i. ^ >]..: ;i:. 

L.^, •♦ ' ■:r-' a ]•. r»: l-:;! »:•• ni^.-jitî îa t^v.an; '.t- «i a r qui entre el 
«;■;. -.•:; :• :.i p ''!r;:H. sans î-;..: w ::;•:■ li- i.*'.]- .;::i irsl'- dans les pou- 
î:- :.>. L .ù"-: 1. <-^' p.»s L.'i:\t!.e. r. a.> t. s p^ v- .- > s.:.! K^'UVt-aux, el K'S 
I . >ui;..l> 'Vi 1> «- î.î d.'i/.-s 1' s^ î.t ' - .'t :". ni. l'-.-uv-itr | ^r Ilutchinson, 
• : A:._: '. *.' : 1 e . i ', i .;i :.f - ja' V: > ,: .-,• i!- ...:<. ._; . >t !intx'Voi»irl el 
'.• :.: - . ia ^;■:.\•::. ti.e < >; ' :. i^ ; u i. :•: ^;>- . i. r:a:..e »t u\ avait 

' :- ;» :.i.. :. s .> v .':y.:M', au r., ' • :i -a ;:. ^ /'.'•'. ês;«e »* de nii'o- 

a>S'.: \ . 1..:.. :.'";:\ t. ■:.>::u I .î i.^ ;:e .:.:• :.; ■:.. 

. >; ■' ' ^ ' // ' ' « ^ . . - i • >.- :^ :..: ::\ dfL iiut^ i.^ :.>:.!! • lî::. II 

't i- ^ >' L.:.s;:;:l ^u: .'. \\.:c.- .\ ..;: «.;;.»:: •::^- •:• > u> i.vS a -:az. Il 
.. :.>.>:• '. .. ;::.•- «..v..-. :t.:.N :sr.é . .; _ ;; ■u.;::r. £ '. il ^.-.a:.» dan> un 
: t >t : V V .1 .' '. -T -• I... .>. ir ri:..; .. vi '...a. » • v*\ ::. :.;a:.;s. * «; 1''. >urnion- 
It :.; '. '. :t>'::^ .:, ? • • »'...; .-. ;.: • î.a::!' :;: ; _:...• .. .a >.- : ::• . . \ su}'r>oii'iit 
V.-.. .^i* vi .•- .iT • x.j" ..." .»:.', I ....'.. »^. ^'i:; . ,.,::. t a* v"'. s ;» :;i:t"S i». î>'jse 
;::.f . v.\, !î. : . i'. '. .. \.'.\ ;■..: ..:: >,:• >-t > ;. :/. > av. «a: v:.;:<:. ^l•ul!^■nl 
\ \z . ^\\\:\ \\\. :../.'- -'.^ ..>. .1 1,' • :; •"..;.• '>;...:.>.► :u:... : ^ à t- >u> les 
i.- ::.: i.;s Ce . ix:» :.':.♦. ^ :.-:• «. •:..:.:: o. .•.,:.:. >i ::.iu; de\anl un 






y • • 



DE LA SPIHOIIÉTRIE. 'M 

index, 3, fiié au bord supérieurdu réservoir, indique la hauteur à laquelle 
le gazomètre s'étève. Un tube en U perce le réservoir à sa base ; l'une des 
branches de ce tube remonte jusqu'au fond du gazomètre; l'autre, munie 
d'un ajutaee en caoutcbouc et d'un embout, va à la bouche du sujet en 
expérience; c'est le tube respiratoire, 14. Un robinet ou une soupape per- 



met l'entrée de l'air dans ce tube et s'oppose à sa sortie. Un manomètre à 
liquide coloré, 6, 7, indique la différence de pression qui peutexister entre 

l'iLi fitira II rtprittnl* VafftieU audébullic l'cipérigiH».— Lafii^nlîrepràenlek'iniïnie appinil 
i la ai de Veiférienai. — 3. indci fii« lu rëunoir Inrdrieur el indiquinl >iir la ri'gJo gradua 15, 
Biibile >•« le [iiamtln SO, te ihemlii pircouni par et guotuotni quand il >'d1«ie. Cvi indei indUiue 
l'ir lanwqoïDl. Je toIiiom d« g» inlnduii d>n> l'ippireil. — 7. iDaDomclm k liquide colore indiiiuaiil 

S, 1. >, B, tJE'* »niBl de piidei ■ reKeniion du caiomilre. — 10, blii tur lequel e» Riée aae 
pealie i rbaqao ealrfiiilié. - 11. Il, centea qui uulèTenl la cloche en paiiani aur le! poaliea IS, 
IB. — It, li, tanlrfrpoldt bIUcIil'i aui cordi'i. — 13, Uiennenaèlro desnanl la teiDpdralare iMè- 
rinre de la elorbe. ~ It, H, lubo reapiialoire. — IS, rt[le graduie &iie au eaiemilro cl luobile 



■ * 



'[*'\\^i.'-'y. ri i'air r»» U';i!!i ;>ii 1»- jiZ'.:n"::^ : <V-t 11:1 l iS-- «jt^ \rvre en T. 



rj-i>r--'j- ■:'! ij;v».mu «iu li-;";.:'' «. ji.t»-: u <: ;!.- .•- :•--'-! v.ir. i ;i llpTiiiuiin^'lre, 
i-J. 'i •:.:.»' ii t-^!ii:»-'i .tuit/ ii/iVii'-uiH dr l'a:-;! •.'..;. A.i l'-nJ du i:az(.>iiirliv 

::]-t 'j-r ^.i':r i".i.-î! rii^'iit n\i\' l.»:> .'»'\['^: i':!!»;-:' \r':ui n^e. 

L^^ rria:.:r-:i:rîil t^-l ^irii:»!'-: i'^ >;; -t ; ./i uur i:i>j»iiâ:i'jii. aj>[ili.|ue riMiihoul 
<<»!ilre ?a u.ai.-.v- ^4 «-xp i^r 'ian^ .< t j:»". >[ ]>m rii'i>t'.jUi^iil d.iiis le t:azi)- 
Uit'i:^ <|u'il ?uuî»^v.'. Ij.rs.ju^^ r^^xiiii ili-»M o>l l»'i iniiifê. li >r»u[)ape du liih»^ 
:>--pii.ri-jir»^ e:.;»Tine iair exi'ii'-'. L"[>-':U-ur lit aî-T> >ur Ir^ JR-lIe à <|u«'l 



R 



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,\j .■>. 



J. '. .. 



d»*jiv (;Mir.'>.[M.uid riiidex. L'tHhtlK^ inli.jue des centilitres. L\»pérateur 
d^'vra, dans >on cal'. al t«_MM' euinple de la pirssioii r[ de la température, 
l'-jur la pr»'->iun en s<.tult'vant uu abaissant un [nu a la main 1-' ::azomctr«* 
'<n e-M':>H les culunn»:s liquides du manonu'lre. «Juant a la l^-mperature, l»vs 
livi>-;5 de [)[iy>i<pie d'»me-nt des tal)les ijui [)erniellent de ramener les vu- 
luiii^'s d*' i:<izau\ div»-r>ës tempeialuies, au\ vulumes à une température li\e. 
Aujouid'liui rajjplie.itiun a la ^pirumetiie d'iiiNtrunienls et appareils d'un 
m^'cani-me >imple et d iinemaii-iuvre lacile, du t.umi'ltur à tj/tz mo'lifir de 
A. l;.>nn«-l Hlr- [.\iji ,du spirijtnr/ e «ai [)neu>im(lie a hélice de .1. Guilleli I ) 

1 J. 0.. !• t. fj''^' nj<^i'-n d'un hui^au >; > >>ii>'iit liu'J . ./'> IWuii. >•-' nirà-ciH^:' lS.*.r.. 



', r, ..:iir.-.ut J J •. :• • r --pr -i :r ; 
lut»-; — I' l».;vr.. .<.ur.'. e: r ; 
\i-> 'le I i^< ; — F. '• '•' ' -î' '«t- * — ^^ 
à \H 'ie'il- ; — <. . . i. i . ■: ti.s .• j 1 



• ". ■• M ' r--^; i-.i. .r. . — r. D i ni ir.'.i-^ .'t rl^i 1,^ du 
. . i .: . - A A. .\.'. it; .' Al : fj ; _ [._ }. [,,.. _ ,- ^,,^,\,. 



DE LA SPIROMtTRlE. 33 

(lig. 13), aujourd'hui abandonné; de \& vessie spirométrique gndvéo de 



Fie. 11. — Sfrimoèln de Boudin 



romilra da ihwdia 



Boudin (Rg. 14 et 15) représentant par son échelle mobile le nombre de 
MDtinaètres cubes d'air expiré; de l'ap- 
pareil de Scbnepr (Gg. 16), paraît de- 
Toir en %~ulgariser l'emploi et en aug- 
menter l'importance. 

2' Appareil de Scbnepf. — L'appa- 
reil de Scbnepr(l) rentre dans le genre 
des gazomètres imaginés par les phy- 
siologistes anglais et allemands; mais 
d s'en éloigne par sa simplicité et par 
la précision avec laquelle il permet 
d'apprécier la quantité d'air inspiré, 
anssi bien que le volume d'air ex- 
piré. 

Voici en quoi consiste cet appareil: 
Ud cvlindre de laiton, ayant 35 cen- 

(I) Schnepr, .Vohcmu ipiroméli 
TtȈut de CAcadimU dt* Kitnctt, 

1U6J. 

[an ^>B Inba d« 30 1 
it^/t\ wt trouve ai» bid 
■Hb HT WH li(e d'ui 



^VHr la lifa de b 



Li ptttrint laai rcprafldra 
MtninliH «pir4. 

B. — ItUCinSTIC 




::4 M YENS PnYSI':»lE5 I- E\I'L"r:AT:0>. 

\\::.r\:^> c-j h.vAi vt 1^ oeiitinu-îivs de di.iinclre. û^îiii'? stulemenl à la 
; 'it:- i:.''^-: ;r i!" . a la ;;;t-il»^ f-t >'-\\U-':ii s-jcl»:* t'-al'.'niciil c\ lindri(jUi.*, 
>-:: d'- !"'•:;• ei.l. In lu:»-' de IT» îïi!K.:!j'--î;'.> de d;:l::.^-t:•:' sVit-vt/ vt-rlicale- 
!:.-:.' : .:.> i'axr du reu[».»-iit. tra\>'i>.' Ir^ l<':.d. s-^ l- 'id'j dans le socU', 
d\'j n s:-!* >'_'jS uij-:' jt-jrre iniiin.ii>-.»n. {••.•ur >»:' c ■nl.nU'T âxcc un tube 
.- «. .1" ;l. !..'•.: ; \ ■.îl--v^iii>e do l<.'i;i:ut^ur ^.l^ai>!e. :na;> t-r-irnii.r' par une 



. » . i ' * 1 '. .i 



' •î'-»^ 



l'.'jt'ivmcnl coni.^uo: o^/Sî 1^- V.iSe :'•.>;• raî-'iie. l'ne rlorlie 
^^]:^ ::: : 1''. ti»- l:i:l-.»n e-alentviit, d'^ iy» ^•.•:.:::ii'.-t:'. s d»' iiaul ►-t de l<» ceii- 
: ::.^\]'y d'- :..r.Le;îe. e^t renv^rsce viaiis i'r \v iiMenl pl'/in dVau; rlle est 
::î •.::/.'-:. vi" djin> Itjuîes <•*> i»u>/.i":.> dai s un r-:,; 1 l.iv -î dde au nioven 
: .:. ::::--;»L':ds et dune eiia:!;-.- .;-n î'a>>r- sur une ;-..ul.».', el dont les 
:.:. .• .i/A. w.'-«\^u\ t-n ]«■•! l>.e tinj" us-, i.î i'. > \à:...; ^'n> qiie suldî le p.dds de 
:. . :,-. ^:L^.iLl 'i-Tcde j'I-'n^:'' :■! ;s ; ::;.'ns dar.s un r^*ci;drnt. Une 
• :.• .-. U'.'i/. ie^ d!\:^:(■L^ de ».' .-.'.'»'•'.. ::'.>}» -nd";.! a .ir^ c/ntiniètres 

.:• >. e>; îixre ^Ul• îe nionlanl iju: M./il.-'.î la n..ui e ^-i ;ui >"ada[)le avec 
;•.'/ ■ '-. -n -n: le :c .- iMent. 

r ;: ...- l';,n/:.-'r i.\ i a[»aeile v.t.de :u ]M.';iii: -n. [, :â;;I e;.'.-: . :,• i lewduine 
J" i\..: '.:.>:'i:r •. t e».! ii de lau e\: :-.. A eel ilT'-'. --ii \^:.^»' i:e i'eau «ians le 
:•- :•.-:.: u- ; i\^ ;::.-■ Iiauteu! nx^e. dr manière :;ie la ^i a ;.e ;d<»n_:e Inu- 

• i:> «:^n> .•.- n.- n:e \\du!n''' .:"eaa : ^n alMi>>'' !a k]- . :.• .. i :.i • . •: (in U de 

! ^-.:. '-!'-, r..and il s'a-nl de leruedi r la «]aan r.e r/..;: - \;' :«.: ^.:i>. après 

av.:: : ..\ i:.>:..î-: el txn'rrr >u ». • >-;\' in- :.: ".. •■:>.:.n' <: :- 1...11 \tia 

Il II 

e\..!i..n--: . '-•'. lu: î''Conin.andf ^ir :,.\i- uiie p:i>:.,':ak' :i.>1'.:-..;a':i r\ (ie lancer 
dai.^ i t .j lie ."air e\pn-e pa: i-- * .:l»e i- >;'ir ilo;:. . ' n ; !.. ai.î u.::.> la n.tuche 
i V /. './l-' t- ::..:..• ' :•.: l\'n;i' 'Uc:.,:ie. Le ['.'n.: ■a>':.;:^:' i^- :• ;d >upe' 
:.^ : .e ia «lj,ne nidn]:ie le n »n.[>:e de v en..::.-, .i' > .i;;-(l-> d ..'" » xjdré. 
t-::'- \-:-cA. :.. que l^-us îi'eve^ uu m pa> t «aieu.i :/» :•> :. /;;:',: ..t-r r4.up, 
e>î :-;] u'w.i'.e li-'is î(,ti>. ^t 1 on i:e ev'n>(.:\e qu- .e :•. ^...l./. :La\!!nuni. 

:'...ii âN'.'ii le VM.u'Jie d'air Hisp::» . * :i t!e\e .a «...vIa ..u : :\wiu de la 
d.\ s! -:. ^e i'< . ::".îe qui u.aî\|ue T'i^ » » (.?:.:,::> ::\x v;.:^^: ; us ;:nu>une 
t \p::\i ;..•]■. t.; ui.e insp.:\U..'n su-;ee>s;Nes, v :: î.r.: .\i :t :::.-• '. \i.::a*:._»n pro- 
I -nj-e-. t.:, ;»•::. dant le couit uilei'xalle de re;\.s c,;;. ^.;.:, ia ;'ei>.-nne suu- 
!...-' . i'«. \..:n'.n ]da^e reînl>-iUv lune vian> >a L» ';-..:.e • : .nsr-nv aussi lun::- 
;'::.:•> :.:'- p.'»!:de de Pair qu"el.e ;\i:>e uaus la e .vl.e: vcllt-t. de>cend, 
tl i'- : ■.• ::t ^►u i lie s arrête >eîl a vit '.--i Uiii.er le \, [:i]v.v d"a::' .;i>:'::c. 

l..-> .j\. Hilares vjue présente l'c s; iivu.hlre sur îv»u> ies à;;;:es 4:;.roiiielres, 
d--LU.> eiiui a iiuuliinspii u>qr:"a kuv de \.';:èi tt W in'::^'*.. n». uvent. ^ui- 
vanl lauleur, ^e rr>uîner en ees iie\î\ n..«:s: >.',; ,\ .:- tt ; >-. . .<; ,{ 

;) Pfi'vnt'î '■ di Mirtc',i\ — Vu !.ou\il i:i>î:u::.t:.l a e:--- euii>lruit 
dan> ie uienu- nul de >p.ronk;:ie -par M. J. Mareilnd. vie r.ri.>: 1 1 . dans la 
pen>ee de Tauteur, il e>l >upeiiear a lou> les autres ■ t.\-; un ; U' -jinelre 
dk. 17, IS et ['J . 






DE LA SPinONÉTRlE. 35 

Il consiste en un baromètre mélallique, formé par un tube apUli et 



Fia. 17. — Pnéoaèlr* de 1. Utiictul. — Vix d 



courbe dont les branches s'écartent ou se rapprochent suivant la pression 
ioléneure qu'il supporte. Au milieu de sa longueur est soudé uu petit tube 



«lindriqae communiquant d'une part avec sa cavité, de l'autre avec un 
r^pient (pour égaliser les pressions) qui a une capacité 300 fois supé- 
ncore environ à la sienne. Un tube de caoutchouc muni d'une embouchure 
Wei large communique i son tour avec le récipient, mais auparavant il 



36 MOÏEHS PHYSIQUES D'EXPLORATION. 

se bifurque, el des robinets peuvent à volonté faire passer l'air par l'une ou 
l'autre voie, suivant qu'il s'agit de mesurer la force d'inspiration ou celle 
d'expiration. 
Dos soupapes de caoutchouc disposées au-dessous des robiaels ont pour 



FiO. JS. — Pnjiiiiicirc du J. Hireclul. — Vue do l'inl<iheiir di nnilnimcnt. 

• 

but de remédier à la cessation brusque de l'effort maximum qui pressait 
sur l'instrument dans un sens ou dans l'autre. Une aiguille indicatrice, 
reliée aux deux extrémités du tube barpmélriquedonl elle traduit la course, 
se meut sur un cadran en entraînant avec elle des aiguilles a maxima. 
Celles-ci permettent de lire, même après le retour de l'aiguille principale 
au zéro de l'instrument, le nombre de degrés qui représentent la force in- 
spiratrice ou expiratrice. 

Cbaque degré est équivalent au poids de 1 centimètre cube de mercure. 

Cet instrument traduit donc la valeur exacte des puissances inspiratrices 
ou expiratrices. Celte donnée est importante à connaître, puisque, dans 
toutes les manœuvres réclamant de la force ou de l'agilité, c'est sur le tho- 
rax que les muscles des membres prennent leur appui, et que de son volume 
variable ou de sa flxité k un moment dépendent la précision, la rapidité et 
surtout la quantité de l'elTorl produit. 

4* Spiromètre de Galante. — Il y a eniin un autre spiromètre fabriqué 
par Galante et qui estd'une précision assez grande. 



DE LA SPIROHÉTRIE. 37 

En conslruisaDl ce spiromètre, M. Galante s'est proposé de réduire dans 
une mesure notable les résisUinces dues aux rrotlemenls, et de maintenir 
le réservoir de l'appareil exactement équilibré pendant son développement. 
— La conséquence de celle dernière condition, est que les quantités expri- 
mées snr le cadran représentent le volume absolu de l'air chassé dans l'ap- 
pareil. — La pression dans l'intérieur du récipient demeurant constam- 
ment égale à la pression extérieure, il n'y a pas lieu de faire de coiTectîons; 
opération qui ne peut être négligée lorsqu'on veut connaître le volume 
réel de l'air contenu dans le réservoir d'un spiromètre présentant une pres- 
sion intérieure quelconque. 



Le récipient de cet appareil est une sorte de soufflet en caoutchouc, de 
(orme circulaire ; cette disposition assure un déplacement vertical, d'une 
replanté suffisante pour permettre d'éviter les frottements qui résulte- 
nientde l'emploi de guides verticaux. Sa capacité est telle, que, pour une 
tipiration, l'élasticité de ses parois ne puisse entrer en jeu ; enfin, il com- 
munique largement avec l'air extérieur par un tube T (dont la section in- 
lérieareeslde 175 millimètres carrés), terminé par un embout de même 
section. 

Le robinet R sert à roellre le récipient en rapport avec le manomètre M. 

Deux fils sont fixés au centre du plateau supérieurdu soufflet : l'un, après 



^58 MOYFNS PlIYSIoriùS I)'i:XPL(iI{ATION. 

s\Hiv rêlléchisur un j^alel à ^ort^o. va passer sur une poulie qui commando 
l'ai.i^uiile; un poids y), allaclic à son exlrrniilé, lui donne la lensitui néees- 
sairc pour renh-aîneinonl de celle aiiruilh^ 

LurMjue, sous rinlln»'nce d'inie çxj)iraliou le soufllet se déplace, la pou- 
lie sr mobilise, l'aii^uille accompairne son mouvemenl el l'ampli (le j)ropoi- 
lionnellemenl au dianuMre du cadran. — Le second lil est celui du conlre- 
poid^ \\ il se rélléchit connue le premier, sur un ^alet voisin de celui (juc 
nous venons d'indicjuer, j)our s(î rendit' à une seconde [)oulii;. — Suivant 
les conseils de M. .Marey, (ialanle a adapte à celle poulie une came dont 
la c(KU"l)e esl telle, (|ue nial.i:ré le poids sans cesse croissant du sourilel. 
pendant son développement, ile.st conslammenl e(|uilil)re avec exactitude. 

Le conlre-[)oiils renl'erme de la irrenaille di^ ploinh de manière ([u'il e^t 
possible de faire varier son poids suivant les indications lournies par le 
manomètre. 

Si pendant le fonctionnement, le mancmiètre accus(^ um» pression infé- 
rieure a la pression exliM'ieure, le contre-])oids i'^i trop charfcr* ; il l'est sul- 
lisamment si la pression dans l'intérieur du récij)ient est sufx'rieure à la 
pression atmosphérique. 

Le spiromètre est convenablement ri\i;Ié, lorscpie |)endant une expiration 
l'air chassé dans raj>j)areil soulevé le soulllel sans déterminer aucune dé- 
nivellation de l'eau contenue dans le manomètre. 

Dans ces conditions, l'appareil est absolum^Mit indilTérent, et raiiruill»^ 
s'arrête, sans oscillation, sur le cadran au moment exact où l'air cesse de 
j)énelrer dans le récipient. 

Pour une opération suivante, le soufllet est replacé dans sa première j)o- 
silion en pressant sur le [)lateau supéricîur; l'aifiuille est ramenée au 0, si 
besoin est, à Laide du bouton placé au centre du cadian. 

Ô' Spiromélric aKtomalifjnr. — (Jn peut cependant se passer d<' tout 
appareil mécanique pour faire la sj)irometrie, et, s'il ne s'agit que de savoir 
quelle est la capacité approximalivedes poumons, on pouria employer mon 
procédé, (|ui est le plus simple de tous. 11 a été j>ublie en 180'.), et réinvente 
j)ar un jeune confrère en |S81. Voici en (juoi il consiste : 

Le médecin met son oreille sur un des cotes de la [)oitrine d'une per~ 
sonne debout ou assise, j)uis il lui enjoint de compter à haute voix 
depuis un jusqu'à cent, pendant que lui-même lient conq)te du nombre 
des inspirations (|ui se produisent dans ce laps de ten)[)s. Cela varie de 
quatre il cin(| chez un honnne bien portant, tandis que, chez les sujets 
malades de pleurésie, el notannnent chez les phlhisiipies, le nombre des 
mouvements inspiratoires ipji ont lieu est de huit ou neuf et quel(|uelois 
trente à (juarante. J'ai mèuK^ vu des cas de |)lenn'sieoù les malades é»taienl 
prcs(|ue obliges de respirer entre cha(|ue chillre |)ron(Uicé par eux. C'est 
ce que j'ai appelé la spiromèlrie (tuiomahfjuc. Elle n'a rien de riirouroux, 
mais elle donne la mesure de la ^ènc respiratoire. 

Si l'on désire plus de précision, c'est aux spiromèirc.s nh'C(ini<]ur$ {\u"\\ 
faut avoir recours, et voici comment il faut procéder: 



DE LA 5UCCUSSI0N THORAGIQUE. 39 

Le sujet est debout, la poitrine libre de toute entrave, pour qu'il puisse 
respirer plus librement ; il inspire et expire avec effort trois fois de suite, 
et Ion a soin de prendi*e note exacte du chiffre indiquant à Téchelle du 
spiromètre la quantité d'air introduit dans les poumons et chassé par eux. 
Cette quantité est en rapport avec la taille et les maladies du poumon, et 
elle varie d après des lois fixes que je ferai connaître plus loin. 



CHAPITRE VII 

DE LA SUCCUSSION THORAGIQUE 

La succussiou thoracique est un moyen d'exploration qui consiste à im- 
primer au tronc des mouvements brusques et en sens opposé, afin d'obtenir 
un bruit de flot ou de fluctuation, un clapotertient tout spécial et très 
reconnaissable, quand on Ta entendu une seule fois. Ce gargouillement, 
que les malades peuvent produire en imprimant certains mouvements à 
leur corps, ressemble assez bien au ballottement d'un liquide dans une 
bouteille à moitié remplie, et il constitue un phénomène qui ne s'explique 
que par la présence de gaz et de liquides dans les cavités de la plèvre. C'est 
le signe pathognomonique de l'hydro-pneumothorax. Dans cette affection, 
qui, presque toujours, est due à la rupture d'un foyer tuberculeux ou d'un 
abcès, je son est mat et Télasticité des parois thoraciques extrêmement 
diminuée dans une étendue plus ou moins considérable de la poitrine, 
principalement à la partie postérieure et inférieure. Dans ce point, l'aus- 
caltalion dénote ordinairement une absence relative de la respiration. 

C'est ici le lieu de rappeler comment la succussion était pratiquée, il y a 
plus de deux mille ans, par le médecin de Cos : 

€ Après avoir placé le malade dans un siège solide, et qui ne puisse va- 
ciller, faites tenir ses mains étendues par un aide, secouez -le ensuite par 
l'épaule, afin d'entendre de quel côté la maladie produira du bruit (1). > 

Si Ton pratique la succussion bippocratique, on entend distinctement le 
Sot du liquide, et même les assistants peuvent quelquefois le percevoir à 
une distance de quelques mètres. 

iiormis la succussion pleurale, qui fournit au diagnostic le signe d'un 
épanchement d'air et de gaz dans la plèvre, ce moyen n'est applicable 
que dans un petit nombre de maladies. Dans certaines affections de 
l'estomac, le cancer du pylore par exemple, et dans des cas de dilatation 
énorme d'une anse intestinale, on observe un clapotement stomacal et ab- 
dominal; mais ce caractère est sans importance, on le néglige ordinaire- 
ment, car les autres symptômes fournissent de plus précieuses indications. 

(t) Hippocrate, Œuvres, trad. par Littré, t. VU : De$ maladies, II, § 47. 



40 MOYENS PIIYSIQIES D'EXPLOHATIO.N. 

CHAPITRE VllI 

DE LA PERCUSSION 
ARTICLE PREMIER 

DE LA PEr.CCSSION 

La percussion osl un procédé do diagnoslic à Taidc duquel on étudie lo 
son des oriranes de fac^on àconnaîlre leur volunu; et la présence des solide^, 
d<*s li(|uides ou des ^%iz qu'ils renfermenl. 

Les organes percutés au moyen du doii^l rendent des sons variables <'l 
font naître des sensations tactiles en rapport avec lein* structure et It'ur «-tal 
nonnal ou patholngi(|ue. Ce irtMire d'examen qui est de la plus haute im- 
portance permet d'obtenir d'une j)artie (|uelconque du corps la résonance 
normale ou palholoiiicjue. 

C'est bien à tort (|u'on s'habitue à entendre et à dire soi-même (|ue la 
percussion date d'un cjuarl de siècle h peine, car il y a dans les auteurs an- 
ciens, surtout à propos du diaii:nostic dillérentiel de rhy(iroj)isie et de la 
iympanile, plusieurs passages (jui prouvent (|ue la percussion remonte à la 
plus haute antiquité, et (ju'eile n'avait point échappé à la connaissance 
d'Ilippocrate, Aréttîe, Galien, Actuarius, Paul d'Kgine, Tagault, Lazare lii- 
vière, etc. Toutefois ce ne sont là que des faits isolés, (pie des notions in- 
complètes et à peu près perdues pour la science; ces éléments ne s«>nt ni 
coordonnés ni reliés en corps de doctrine. Il faut arriver juscju'en IT()2 
pour voir réaliser ce n'sullat. A cette épo(|ue Avenbrumrer (I) publia le 
premier travail de quelcjuc importance sur la [)ereus^ion, travail long- 
temps resté inaperçu, et (jue, en IHiKS, C()rvisarl(:2) a importe dans notre 
pays, en y attachant son nom. Il est vrai de. dire (ju'on pi'ati(|uait alors la 
percussion inimcdiatr, et que cette méthode passait j)our avoir de grands 
inconvénients sans avoir des résultats satisfaisants pour le diagnostic. 
Les choses en étaient là, (juand Piorry introduisit en I8'2S de grands |)er- 
fectionnemenls dans ce moyen d'étude elini(pje. Il rendit la percussmn 
w/C(/<>//t' en conseillant de |)ercuter sur le doigt on sur une petite f)la(juc 
d'ivoire appelée plessintètrCy et l'appliqua d'une fa(;()n beaucoup plus pré- 
cise. Il {'étendit à un grand nombre de cas auxquels Avenbrugger n'avait 
point soupçonné qu'on put l'approprier, et, après une infinité d'exp»hiences 
faites sur le cadavre, il en traça les règles avec grand soin. Peut-être a-l-il 
exagéré l'importance et la valeur prali(|ue de ce mode d'exploration, mais 
il n'en est pas moins vrai que la percussion est devenue, principalem<^nl 
depuis ses travaux et ceux bien postérieurs de Skoda (de Vienne), rime des 
bases de tout examen sérieux d*un organe malade. 

(1) Avenliru^^MM*, Invmituni noriifii ex percussionc thniiU is huimnii. Vifiiiii', ITC».». 

(2) Avenbrugger, traduction franc^iisc par J.-N. Cor\i>;ul. Parifi, 180S. 



DE LA PERCUSSION. 41 

La percussion immédiatSy celle que Ton pratiquait de 1808 à 1828, et dont 
on se sert encore quelquefois maintenant lorsqu'on désire, par exemple, se 
iaire rapidement une idée de la sonorité générale du thorax, consiste à 
frapper directement, sur une partie nue ou recouverte d'un linge, l'extré- 
mité des quatre doigts réunis sur la même ligne, ou bien à frapper avec le 
plat de la main. Le son obtenu est habituellement obscur et mal accusé; 
poar le rendre plus net, il faut employer une certaine force ; mais on con- 
çoit alors tout ce que cette méthode a d'impraticable, autant à cause de 
la douleur qu'elle occasionne au malade qu'à cause de la sensibilité toute 
spéciale de quelques parties du corps, comme la mamelle ou les testicules, 
et de l'état phlegroasique des tissus dans certaines conditions morbides. 
En outre, quand bien même on emploie la percussion immédiate en dehors 
de toutes les circonstances que nous venons de signaler, elle laisse énor- 
mément à désirer, car elle est inhabile à révéler des lésions peu étendues, 
des modi&cations peu considérables dans la résonance habituelle des 
tissus. 

La percussion médiate consiste dans l'interposition d'un corps de nature 
Tariable entre les doigts ou le petit marteau spécial qui percutent et la 
partie frappée. Ce corps intermédiaire atténue le choc, évite la douleur, 
conserve ou même augmente le son, et permet au besoin, par le degré de 
résistance qu'il fait ressentir à la main, de déterminer la densité de l'organe 
exploré. Ici se présente la question de savoir auquel on doit donner la pré- 
férence, ou du plessimètre de Piorry, ou d'une plaque de caoutchouc, ou 
simplement du doigt de l'observateur. Le plessimètre est une plaque 
d'ivoire mince, de forme ovalaire, plane sur ses deux faces, portant aux 
deux points opposés de son grand diamètre une petite lame verticale, une 
aile ou auricule, destinée à la saisir et h la fixer. Cet instrument est d'une 
grande commodité lorsqu'on percute l'abdomen, les poitrines grasses et 
toutes les parties molles ; mais il est d'un usage dif6cile sur les individus 
maigres, aux côtes saillantes, aux formes inégales et anguleuses. Pour 
obviera cet inconvénient, on a proposé l'emploi d'une plaque de caout- 
chouc; ce corps s'applique exactement aux différentes surfaces, mais il 
offre le désavantage d'étouffer le son, de le rendre plus sourd. En présence 
d'un tel état de choses, quelques médecins renoncent à ces divers instru- 
ments, et conseillent de recourir à un moyen beaucoup plus naturel et que 
Ton a au moins toujours à sa disposition, nous voulons parler du doigt in- 
dicateur de la main qui ne percute pas (c'est le plus ordinairement la main 
gauche), car le doigt est un plessimètre composé de parties dures et de 
parties molles, et il n'est pas sans quelque analogie de structure avec les 
parois thoraciques sur lesquelles il est le plus souvent appliqué. Il rend les 
sons à peu près tels qu'il les reçoit, s'introduit aisément dans un espace 
intercostal, et peut, par la grande flexibilité de ses articulations, se mouler 
en quelque sorte sur les points saillants ou arrondis du corps ; enfin^ à la 
perception de l'ouïe, il ajoute la sensation tactile. 
On ne peut cependant rejeter l'emploi du plessimètre d'une façon abso- 



\'l MOYFNS PHYSIQUES D'EXPLORATION. 

lue, car cet instniniont osi apto à rciHiré dosst'i'victVN, prinripalenienl dans 
la ptMTUSsiuii de la rate, des reins et d»*s ori:an«*s ])n)tonds. Oe même ((u'oii 
|)ent /'eoiitrr la poiti'in»' avec TinTille sans stéllins(N»j)e, on |)eul percuter 
sans plessimètro; mais, dans certains ca^^, l'un el l'autre de (m^s instru- 
ments so[it indispen>al)Ies : cela dej)on(l de la rcLMon à ausculter ou à per- 
cuter. L'emploi du plessimètre dematnle une certaine hal);tude que donne 
l'expérience clini(|ue. Pour y parvenir, il faut suivre les lènles lormulées 
par l*iorry : « L'inslrumenl sera maintenu solidement fixé entre le pouce et 
rindicaleur iW. la main irauche, et très exactement sui' les parties, nf()i 
fjti' il lasse corps en ([uelque sorte une rllrs. (Juand on veut obtenir heau- 
couj) de son d'un orirane, les doiizls (pii percutent doivent être tt*nus de la 
n)anière suivante : l'indicateur el le médius doivent être exactement a[)pli- 
(|ués l'un contre l'autre, en tlecln'ssanl un peu plus le médius, à cause de 
sa lonirueur |)lus ^rrande, pour faire (jue sou extrémité ne dépass(» pas celle 
de rindieateur. Le pouce cnI alors arc-houlé avec force contre l'articulation 
delà j)lialan.iciiie et de Ja j)halan::elte de Lindicateur. Ces trois doiirts ainsi 
reunis con>tituent alors un tout très solide, el dont la surlace de percus- 
sion, bi l'un llécliit un peu le médius, n'a que l'étendue de la j)ulpe de l'in- 
dicateur seul. Elle présente la dimension de r<'xlremilé de ces deux doiiils 
n'unis. si on les lient sur un même niveau ( I). » 

Revenions à la percussion ditjUale. C'est le plus ordinairement sur l'in- 
dex ou sur le médius de la main irauclie que Ton percute, car il est In'en 
rare (|u'on soil assez habilement ambidextre pour se livrer à la même ma- 
noMîvre d'une manière inveise. Le doii:t sur le(piel on frappe doit être, en 
rèide p'uérale, maintenu dans la pronation ; c'est tout à fait par t^xcepiion 
(ju'il paraît plus c<jmmo(le dans certains cas de j)ercnter sur la face pal- 
maire d(^s [)halan.i:es renversées en supination. Du reste, voici le procédé 
o[)ératoire tel (ju'on le prali(|ue tous les jours en examinant les malades : 
La main irancbe eslap{)li(|u»*e tout entière sm* la réirion dont on désire ap- 
précier l'elat sonore; l'index ou le médius inais preferabbMnent ce dernier) 
est un peu écarté des autres doiirls el s'adapte le mieux possible aux par- 
ties sur b\s(juelles il repose. Alors la main droite s'abaisse et se relève suc- 
cessivement, frappe perpendiculairement plusieurs coups et met entre eux 
trois ou(|ualre secondes d'intervalle, alincjue l'oreille de l'observateur puisse 
bien juner du de^^ré de résonance perdue. Le choc doit être sec el très 
court; de plus, les mouvements de la main (jui piM'cute seront bornés. 
Ainsi, loin de dépasser l'épaule, ils n'atteindront même pas la hauteur du 
coude el resteront exclusivement limités au poii:nel. Il ne faut pas croire 
que la percussion exiiie une grande dépense musculaire; loin delà, les mé- 
decins (|ui percutent avec beaucoup d'fîxaclitude sont ceux (]ui frappent 
avec le plus dti douceur. O'abord, c'est moins douloureux el même moins 
eirrayanl pour le malade, ensuite le son per(;u est [)lus net. 

(Il Piorry, Du procédé opératoire a suivre dans l'erjdoratio}) des organes de la percus- 
sion. Paris, 1831. 



DE LA PERCUSSION. 43 

Les auteurs ont cherché à diiïérencier la percussion superficielle de la 
percussion profonde, à établir les règles de l'une et de l'autre et à poser en 
principe les cas dans lesquels celle-ci est préférable à celle-là. Ces distinc- 
tions peuvent toutes se ramener aux propositions suivantes : 1"* la percus- 
sion, superficielle ou profonde, doit être pratiquée dans tous les cas avec 
une grande modération ; 2' elle sera superficielle ou profonde, selon la si- 
tuation anatomique de lorgane percuté et selon la lésion présumée de ce 
même organe. Relativement à ce dernier point, on peut soutenir avec 
Maillot (i) qu'une percussion légère permettra d'ap(trécier les couches su- 
per6cielies du poumon, et que, rendue plus forte par degrés successifs, 
elle fera juger de la densité des poumons à différentes profondeurs. 

Dans les sons que Ton obtient par la percussion des organes, il y a à re- 
chercher leur intensité ou leur obscurité, c'est-à-dire la matité ; le timbre, 
c'est-à-dire le caractère de solide, de liquide ou de gaz qu'ils annoncent^ 
et enfin, d'après Austin Flint, la tonalité ou l'acuité du son. On a voulu 
rattacher à cette tonalité des sons le moyen de faire le diagnostic des gra- 
nulations tuberculeuses pulmonaires, mais ce sont là des subtilités d'ex- 
ploration qui n'en imposent qu'aux gens peu expérimentés. 

En matière de percussion, il est une excellente coutume, c'est celle qui 
t'onsiste à frapper d'abord sur les parties saines ou qu'on suppose telles, et 
a arriver graduellement au point affecté; de cette façon, le contraste entre 
la résonance des parties saines et des parties malades est rendu évident, 
et Fouie perçoit les plus légères nuances de son qui peuvent révéler l'exis- 
tence d'une lésion à son début. Lorsqu'on percute un organe double, le 
poumon par exemple, on doit commencer par le côté sain, passer ensuite 
au côté malade, et revenir au besoin, comme contre-épreuve, au côté 
sain. 

La partie soumise à l'exploration doit être nue ou recouverte simplement 
d'an linge de toile, car les vêtements de soie ou de laine, et la percale, 
déterminent certains bruits par leur frottement et modifient les qualités 
du son. 

La position du malade doit varier suivant les régions que l'on percute, 
et il est indispensable de faire autour de l'observateur, et pendant son 
examen , le plus grand silence. 

ARTICLE II 

SIGNES FOURNIS AU DIAGNOSTIC PAR LA PERCUSSION DE LA POITRINE 

De même que l'auscultation, la percussion de la poitrine fournit des 
symptômes de la plus haute importance et que je vais examiner dans les 
différents points où ils se produisent, en cherchant à déterminer leur signi- 
fication au point de vue du diagnostic des maladies des poumons et du 
cœur. 



(1) Xaillol, TrgLtU pratique de percussion, Paris, 184i. 



ii 



M "'YEV^ r!lY-lMlT-i !• E\?L":.A7I' N 



Avant il'ttu li.T :'t-t.il p>i;:i«'l"-:i«j'i-\ 'y >• tt-'i-ii \ui •-.!:!) (i-j-il i\i|Mde' sur 

^ t . — Perca4»«ion de» poanion* a I cCal oornial. 



1. ^>t d^:> a-ît^ii^s -lui y>\:[ r\\\ î>-. 

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DE LA PERCUSSION. 45 

épais, et enfia, au-dessous de l'angle inrérieur de Tomoplale, la résonance 
pulmonale reparaît aussi claire et aussi franche qu'elle peut Tétre dans tout 
autre point. A 8 ou 10 centimètres au-dessous de l'omoplate, la matité 
reparait de nouveau ; à droite en elTet est le bord supérieur du foie, et à 
gauche le bord de la rate. On observe, en général, que la matité remonte 
plus haut à droite qu'à gauche, le foie refoulant assez souvent le 
diaphragme, même dans l'état le plus parfait de santé. Cette disposition est 
surtout prononcée chez les femmes, chez lesquelles l'usage du corset fait 
prendre au foie une configuration et une position tout à fait anomales, bien 
qu'elles soient compatibles avec l'état de santé. A gauche, au contraire, il 
peut arriver que la matité de la rate soit remplacée par un son plus ou 
moins tympanique, dépendant du rapprochement de l'estomac près de la 
paroi postérieure du tronc. 

J ai dit que chez les sujets maigres, secs, chez les enfants, la résonance, 
envisagée au point de vue général, était plus forte, l'épaisseur des 
parois étant moins grande. Généralement aussi, plus la poitrine est large, 
plus la résonance est forte, en raison de l'ampleur des organes respira- 
toires. Chez les rachitiques, chez les sujets dont la poitrine est bombée en 
avant, elle est ordinairement plus faible, parce qu'en raison de la déforma- 
tion de la poitrine, l'expansion pulmonaire ne peut se faire d'une manière 
complète, et parce que souvent les os n'ont pas conservé leur consistance 
normale ou se sont notablement épaissis. 

Élasticité des parois thoraciques. — C'est là un dernier phénomène 
relatif à Tétat normal, et que fait apprécier la percussion. Lorsque, dans 
Tétat de santé, on pratique la percussion médiate sur le doigt, on perçoit 
une résistance élastique des parois du thorax. Cette résistance élastique est 
toujours notablement augmentée par la présence dans la cage thoracique 
de fluides gazeux, par un emphysème pulmonaire, une bronchite accom- 
pagnée de râle sibilant, une vaste caverne vide. Au contraire, s'il y a dans 
ia plèvre un épanchement de sang, de pus ou de sérosité, s'il y a des 
iaasses membranes ou des adhéi^ences, une induration du tissu pulmonaire, 
celte résistance élastique diminuera et pourra même disparaître complè- 
tement. Ce signe ne doit, du reste, être considéré que comme accessoire, 
et venir seulement en aide à l'observateur dans les cas où pourraient 
subsister quelques doutes. 



•. — PercuMl«B dMi |N»iifli«iiJi à réial paili«l«sl4ii«. 



Dans l'état de maladie des poumons, le son que rend le thorax par la 
percussion peut se rapporter à quatre types principaux. Il peut rester 
naturely être diminué^ être augmenté^ être modifié dans son timbre, 

1* Son naturel. — Lorsque dans l'état de maladie des poumons le son de 
la poitrine reste naturel, cette circonstance indique que les modifications de 
structure développées dans l'appareil pulmonaire (parenchyme ou séreuse) 
sont de peu d'importance. — Une vive douleur de côté , par exemple, 



4(*> MOYENS PilVSlOl'FS 1> KXPLOHATION. 

analogue à celle que fait éprouver rii)llaininalion aiirnë de la plèvre, el (jui 
au bout de vini:t-(|ualre à (luaraiile-huit heures ne s'aeconipairne d'aucune 
nialilé, d'aucune diminution de la résonance, sera un sii::ne non pas 
d'une pleurésie, mais d'une pleurodynie rhumatique ou d'iUK^ névralixie 
intercoslale. 

S'il existe d'autres phénomènes (|ui iw puissent laisser aucun dout»^ sur 
Texislence d'une alléclion pulmonaiie, el ipie cependant la résonance de 
la poitrine à la percussion soit aussi complète (|u*à l'état normal, on sera 
conduit, par voie d'exclusion, à admettre (|u"il n'y a qu'une siniple inllam- 
malion bronchique. Cependant il est des cas où le |)arenchyme lui-même 
est enllammé, ou il ne peut rester aucun doute sur rexislence d'un |)oinl 
pneumonique. d'après la natuie des crachats, d'après la violence de la 
réaction tcbiile, et où cependant la lesonance thoracique est aussi <'(unpb te 
(jue pendant l'elat de saute. D;ins celle circonstance, on devra conclure (|ue 
le point pneumonique Cbt tout à fait central, entouré de cellules a<'riennes 
intactes, et qu'il est peu étendu. l*ar la même raison, la persistance de la 
résonance thoracique est Iréipiente dans la pneumonie lobulaire et on la 
retrouve dans les cas de tuberculisation pulmonaire, lors(|ue les tubercules 
sont peu nombreux et dissemiuj'S. 

"1^ Son (liniiintr ou diniiHUtiun du son de lu fujitriuc. — La diminu- 
tion de vi'sonunce des parois de la pi/itrine peut |)resenter de nombreuses 
variétés, dcjuiis un simple obscurcissement jus(|u*à la matité absolue. 

L'obscurcissement du son peut dependie d'un étal physioloîzique, tel 
cpie l'épaisseur des parois thoraci(]ues ou l'embonpoint excessif du sujet 
(et alors on recomiaît (ju'il ne dépend j)as d'un état de maladie parce qu'il 
existe des deux côtés dans les mêmes points de la poitrine.) Ailleurs, il est 
lié à un état morbide, soit des parois thoraciques, soit de la plèvre, soit des 
poumons. Lue certaim^ tension des parois, leur intiltration cedemateuse, un 
abcès dévelopju'dans leur épaisseur, peuvent donner lieu à cette diminution 
de la résonance thoracique. 

Plus ordinairement l'obscurité du son lient à des lésions anatomiques 
profondes. Dans la phlcirmasie de la picvre, lorsqu'il s'est fait dans la cavité 
séreuse un epanchement encore peu consiilerable, ou, à une époque plus 
avancée, lorscpie des fausses membranes tapissent les deux feuillets de la 
siMvuse, ou enfin Iors(|ue, après la résorption de repanchement, le poumon 
loni;tenq)s conq)rime n'a {dus assiv d ela>ti(ile pour rej)rendre son volume 
normal, on con>late une diminution de la résonance lhoraci(|ue pouvîint 
aller jus(|u'à de la matité. nan> tims ces cas. le siei;e de la matile e^l la 
partie inlerieure de la poitrine. IKuis Undrothorax simple, elle se 
déplace lorstpie l'on lait chaniier de po.sition au malade. 

Dans la pneumonie à son début, dans reuirouement hypostatiquc de la 
lièvre typhoïde, dans la phthisie, dans l'apoplexie el dans l'œdème du 
|K)umon, on constate encore uno <d>scurite du son, qui alors est lixe, mais 
ne prcMMite aucun caractèn» particulier qui puisse servir au diagnostic 
dilTorenliol. llependanl dans la plu|)arl des alïections que nous venons 



DE LA PERCUSSION. 47 

d'indiqoer, sauf la congestion pulmonaire chronique et la phthisie pulmo- 
naire tuberculeuse, c'est k la base postérieure des poumons que Ton 
rencontre ce phénomène, tandis que, dans la tuberculisation pulmonaire, 
c est ordinairement au sommet et principalement sous les clavicules que 
le son a diminué de clarté et d'intensité. 

Matité. — A un degré plus considérable, il n'y a plus seulement obscu- 
rité, mais disparition complète du son ; c'est ce que l'on nommelsi matité ; 
le bruit que Ton perçoit est alors semblable à celui que produit la percus- 
sion de la cuisse (tanquam percussi femoris). 

La matité peut varier dans son étendue et dans son siège. Elle est le 
signe, soit d'une induration considérable du tissu du poumon, résultant 
d'une pneumonie au second ou au troisième degré, ou d'une tuberculisation 
avancée ; soit de l'existence d'un abondant épanchement du liquide dans la 
plèvre, sérum, sang ou pus ; soit enfin du développement de tumeurs dans 
les parois du thorax ou dans la plèvre. Les deux derniers cas sont les plus 
rares, et la palpation comme aussi les autres procédés d'exploration 
deviennent nécessaires pour assurer le diagnostic. 

Quant au diagnostic de l'induration du parenchyme pulmonaire et de 
répauchcment liquide dans la cavité pleurale, sans être toujours facile, il 
est assez souvent possible par la percussion. Dans l'induration pulmonaire, 
la matité est fixe, quelle que soit la position du malade ; elle est ordinairement 
peu considérable, occupe rarement tout un côté de la poitrine; elle est plus 
marquée sur un point, tout autour duquel elle va en diminuant, à me- 
sure que l'on s'en éloigne. — Quand elle résulte d'une hépatisation pneu- 
fflonique, elle est ordinairement bornée à un seul côté, ou du moins beau- 
coup plus prononcée d'un côté que de l'autre, plus fréquente aussi en bas 
ou au milieu qu'en haut. — Tient-elle à la tuberculisation? elle est 
presque toujours bornée au sommet, et elle va en diminuant d'intensité à 
mesure que l'on se rapproche de la base, à moins qu'elle ne soit compliquée 
d épanchement, comme il arrive dans certains cas de pleurésie tubercu- 
leuse. 

Si la matité trouve sa raison d'être dans un épanchement, elle est ordi* 
oairement plus complète, a son maximun d'intensité en bas du poumon et 
diminue peu à peu à mesure que l'on se rapproche du sommet, à moins 
que l'on n'ait affaire à un épanchement occupant toute la hauteuf du thorax, 
ce qui n*est pas très commun. Si l'épanchement occupe la plèvre gauche, 
il peut donner lieu, quand il est considérable, à un refoulement du cœur à 
droite, et l'on constate la matité dans une région beaucoup plus étendue de 
ce côté que dans l'état normal. De plus, dans les cas d'épanchement séreux, 
il est souvent possible, et ceci est pathqgnomonique, de faire changer la 
matilé de place et d'étendue en faisant varier l'attitude du sujet. Le dépla- 
cement du liquide est beaucoup plus commun dans l'hydrothorax, ou nulle 
busse membrane ni adhérence ne gône les mouvements du sérum, que dans 
b pleurésie, qui s'accompagne ordinairement de la formation de l'une ou 
de l'autre de ces altérations anatomiques. 



4S MOVKNS PHYSIOIES l)'K\PL0nATION. 

r» A/hpnrtit'itiini (Ir rcsomuhr ilr^ jnirois thoraviqut's. — Les cas daiH 
iesniiols il \ a (U(<jim'ntal'ion dr suian'ilc sont plus rares (jue les précédents. 
Là aussi on ohserve plusieurs mianees, ce (jue l'on a appelé le son clair et 
\c >(>// ('ihii' mi'juc on tijmjHinisnic thuiaclijiic. 

Lt' N. //»/'///• l^e^l aulre chose »|ue le son normal un peu exaiiéré, et 
i'onser\anl le earaelère de la résonance naturelle: il peut èlre plus ou 
nioin> (^".eihlu : lorsqu'il o/eupe toute la poitrine, t-n con>«'rvant les divers 
de;:res d inlcn>ile relative qui ont fte si^nalts preci-deunnent lorsque nous 
avons dm it les résultats dr la p>M\'USs;on à lelat normal, il n'est an p'- 
neral que le si^ne d'un atnaii:riss«'mcnt iicneral: c«'P''ndant il peut rti'r 
aussi deliiniinr j>ar un enqdisseine «!e> parois tliuraeiqu«\s, mais alors il s«' 
leeonnaîl à la tunie!"aetion tles parties molK-s «.t a la erepitalion qu\'lle> 
tout enti ndie muis la pies>ion du (K^i^'l. Limite au j»"inl ou e\i>te une tu- 
meur UK'lIe. « !a>t;>jije. des parois tlk>r.iii>['i''s, e"esl K- si-:!ie d'une hernie 
e.u [K.uMtou. ^ia s i'aîlei'iion dont il est oi imaiiement le s\mptôme e>l 
LempliN >\r.r pii!mo"a'i.'. 

La:.> ee Cvis. i. [u^iil elle étendu a tr-ute la p elrme: nj.ii> il est rare qu'il 
UN a;t [Ms y]u 'Kjue pv'ii.t l-u :l soit jc.us mar.]Ue i\\w dans d autres, au ni- 
Niàu. }Mr exemple, des eaili'.a^'.s eos:au\. 0:d:na renient .tr.s>i la poitrine 
tsî riK-.:'.:i e i!..î.s >a U'ini'-, p'.as b.uil'r; !t s c>;acrs iiJvreostaux sont 
sa; L.nts, e! jm'.- e-îilre le> i'-aNuiilts |ia:\.;ssc:.t |i'S];;e dcprimees. >i 
le::.: !:\>e:î.' :î'e>: o ^e im. t:t !. îa ^oî^•::'.e ^xa^rr-f t • ::. :.ie habituelle- 
!i.i ./. ax^e lîi.e N^-.i>s.;:e 'e.a> .: ; iii'i.tc a !a |a:î.t v'.:/.' :;• \;ie que partout 



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;> s. N .:• - -.:- ri'ivs. el on 

:-,s.. > ... .. > .. ^ !a nudijdre 

:..: < '.V s 'ir.înel du 

^ -v .' ^u»Ti>.nlatie>n 

- .: .. :•'. ' .:^> . .\. s .>: . \\ :■. :-: :\w l'on ob- 

■- - . . .-. ..,..- ^...•:• ue COn- 

>v ..;::;. :\ :^::^.::..:^ . -: :' •.;!•:: des faits 

- . ^ - - ^-; :.: :. : y:s ;•:. • ::s :.is .: : - : 'ns- -iie p>u!- 
s . : \.- >> : ; ,;. : .. ~ . ' ^ :. :^ > parois 

. i. :...:::. :\:«;^ ..: ;.-.. - :: :: s lî.lt-use 






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;..:: A vi .^ : . l . > : s.-. .:. . :>t .; i ^ .; : :...:; :;/5 ^^s dV- 



DE Là PERCUSSION. 49 

panchement pleurétique un peu abondant, il y a exagération de la réso- 
nance et même son tympanique au-dessus du niveau du liquide ; habi- 
tuellement, le son clair a son siège au-dessous de la clavicule : c'est le 
tffmpauisme sous^claviculaire. 

Le son tympanique se rencontre quelquefois dans la pneumonie, au- 
dessus des parties hépatisées dans la région du thorax correspondant au 
tissu pulmonaire resté sain, dans la tuberculose pulmonaire, dans quelques 
cas de bronchite, etc. Cette observation dont on a fait beaucoup de bruit, 
et que l'on a voulu caractériser par le nom de bruit skodiqtie^ n'a pas, 
comme on le voit, de signiBcation précise. D*ailleurs, si c'est une décou- 
verte, tout l'honneur en revient non à Skoda, mais à Avenbrugger qui a 
dit : Verum si média pars aqua repleta fuerit, revocabitur resonantia 
major in illa parte quam aquosus humor non occupaverit. Mais si le 
côté n'est rempli d'eau qu'à moitié, on obtiendra un son plus fort dans 
la partie du poumon que ne touche pas l'humeur aqueuse (1). 

Ce son clair existe enfin dans le pneumothorax et dans Vhydropneumo- 
thorax^ dans la partie de la plèvre qui renferme de l'air et quelquefois dans 
toute la partie latérale antérieure de la poitrine. Plus bas et en arrière il 
; a toujours une matité d'autant plus grande que l'on percute plus infé- 
mûrement. Chez un malade observé par Landouzy, le sou tympanique exis- 
tait dans une pleurésie chronique datant de six mois, avec rétrécissement 
du thorax et sans épanchement. 

D*après Grancher, le tympanisme sous-claviculaire a une signification 
spéciale selon qu'il y a vibration vocale ou diminution du bruit respira- 
toire. .\insî : 

1* Le tympanisme sous -claviculaire coïncide avec une augmentation de 
la respiration et une augmentation parallèle des vibrations vocales, alors le 
poumon est sain. 

3* Le tympanisme sous-claviculaire s'accompagne d'une augmentation 
des vibrations vocales, mais la respiration est diminuée, alors le poumon 
est le siège d'un état congestif simple ou de nature tuberculeuse. 

3* Le tympanisme sous-claviculaire se rencontre avec une diminution 
du murmure respiratoire et une diminution des vibrations, alors le bile 
du poumon est le siège d'une compression ou bien c'est la racine des 
bronches. 

Le véritable son tympanique ressemble tout à fait à celui que rend 
Teslomac distendu par des gaz. Il ne se fait guère entendre dans la percus- 
sion du thorax que lorsqu'il existe un épanchement gazeux dans la plèvre, 
quelle qu'en ait été la cause. 11 appartient surtout au pneumothorax. Son 
intensité est en général proportionnée à la quantité de gaz enfermé. 11 n'est 
pas d'ordinaire fort étendu, parce que le phénomène ne survient que chez 
des sujets phthisiques et dont les poumons offrent des adhérences sur une 
fîruide partie de la surface. 

(1) Àifabragger, 1806, p. 37i. 

B. ~ DUGMOSTIC. i 



r)0 MoNENs piiv.<igri:s d'exploration. 

'i Mo'lifirifUoii.^ (Il' timhre (b( son ilonnè par la pi'rcussion, — Assrz 
souvciil It' S(Hi rsl iiiotlili»' dans .sou timbre, ot à cette modification se rat- 
laclienl le sou hfifho-driiqKi' et le biffit de pot fêlé. 

Son IniiIrt^-aciitjKC. — On constate souv<'nt un son clair et creux, cir- 
conscrit, au sommet du poumon, et dépendant d'une caverne superlicieHe, 
fort vasit^ et remplie d'air. Dans les cas ou il se rencontre à la luis dans la 
cavernt^ de l'air et des liijuides, ce bruit prend >ouvenl un timbre parlicu- 
li«M': on le (b'siiiue sous le nom (b^ bruit Jiiidro-néruinv. 

Hniil ilr jiot fclr. - - D'autres lois, et ceci est beaucoup plus IrtMiuent, un 
proiluit (lan> ci's (Mrcon>tances un son clair accumpai:ne d'un petit claijue- 
uient >ec, anab»i:ue à celui (]ue donnerait par la percussion du doi-^l un 
vase l'èle, d'où b' nom dv bruit dr pot fêle. Ce pbénomene lu* ^e manib\>te 
cpie lorsiiue le malade tient la bouclio ouverte pendant (ju'on pratiijue la 
percussion, rt il indii|ue presijue toujours l'existence d'une caverne pul- 
nionair<\ tnbercub'use, vaste, suprrlieielie et ccuitenant des ^^az el des 
lil|uid^>•^. 

Uicbaul (lotton a fait di* nombreuse^ recbercbes sur K-s circon^tancesqui 
lavori^'ut la j)roduction de ce bruit. Suivant ce |)ralicien, la valeur dia- 
f:nostii|ue du biuit de pot lelc a ete appréciée de diverses façons: les uns lo 
n\::ardent connn«Mni >i::niM'erlain d'une ta\ite [)ulm(maire; d'autres le 
ratlaibent a ibs états pallioloi:i(|ues tre> dilTerents entre eux; (jueliiues-uns 
entin r('\tM|niMit en dou[»' sa >i«Miilication patliolo::ic|ue. 

Poui- oblcnii- b* son de pot Icle, il faut faire ouvrir la bouclie du malade 
et lui l.ine t»»iuiu'r ia li^^ure du cote \\v l\)b>rrvateur. En ellei, des malade> 
cbe/ lesipirl> e\i>te le bruit de pot b'ic ne le pifsentent plus à d'autres 
examens, lorscju ils tournent la tii^ure du côte opjJose ii l'observateur. 

>ouvent le bi-nit de pot lèb", tre> sensible el très e\identau premier clioc 
de percussion. dis[)araîl apn'S un ou deux eliocs du doi^^t : quebjutM'ois, au 
contraire, tui ne Toblient pas du premitu' coup: quoi «|u'il en soit, le bruit 
d(* pot leb' viai donne tiuiji^urs une sensation d'- vide, unie à un tinlemenl 
mela:liv;iu" j>liis lUi moins vibrant. 

'^lai> il l'xiste une nuulilicalion ilu son tlvume par la [)»'rcussit>n, (|ui se 
rapjMorlie b«\HU*onp du bruit de pU \Ak\ elq-i.' l'^»!! nomme soit tlf tfois: 
il I.Hil uut' tMc'ille bh'u evfrt't'e p )ur n-' p:\s le con^oiidr»' avec le bruit 
d'' pot lè!('. et;. lors il sen distm^iî»' aux rar.u ttrts suivants : la p»'rcussion 
pvoK'U::* e lUi r«*pet(^* n altèr»^ en r;en il ne lait jamais disparaître le son 
il '■< f<: il est plus ilur. plus résistant. mo:ns \ibrant et jamais métallique; 
en;in on rv»bluMit e;;alem»Mit la bouclie riant oUNcrl-- uu iVi nu-e. 

l.T'N t'oiulilions patliolo^KjUrs tju; donnmî '.ii u a c*- n"// t/c f^ùi^, qui si- 
uuile le bv\\\[ de pv>t (cU\ >ou{ un epaisissemenl pail el du tissu pulmonaire 
ou de la plèvre. I.e bruit dv pot lele. au conUaire. iiKii jue tjujours l'exib- 
lence d'un»' cavité puhuouaire. 

r.otlon alarme avoir rencontre plus-, urs :o:s. i!uz de jeunes enfants 
parfaitement bien portants, le bru t de ;\^' î\ le. seîr.l.!a:''.ea c«. lui «]ue donne 
une larjio oxoavatuui pulmonauv. J ai ou loocasiou souvent de constater 



DE LA PERGUSSIOEf. 51 

un pareil phénomène.. C'est sur les enfants de cinq à six ans que ce bruit 
de pot fêlé se faisait entendre, la bouche étant largement ouverte; si, au 
contraire, la bouche était fermée, le son devenait résistant, vibrant, comme 
du bois. Le bruit de pot fêlé se rencontre souvent, enfin, chez de jeunes 
enfants atteints de bronchite chronique, d*emphysèmes ou de tubercules 
pulmonaires au premier degré, les portions de poumon tuberculisé étant 
entourées de tissu sain, mais probablement hypertrophié. 

En résumé: i** Le véritable bruit de pot fêlé est, chez ladulte, un signe 
certain d'excavation pulmonaire. 

t On le rencontre souvent chez des enfants bien portants, ou chez de 
jeunes sujets atteints de bronchite chronique ou d*emphysème. On le trouve 
quelquefois aussi chez de jeunes enfants phthisiques au premier degré. 

3* On le confond facilement et souvent avec un autre son donné par a 
percussion, et qui indique des états pathologiques très différents (1). 

De la percussion auscultatoire. — Quand on percute un point de la poi- 
trine et qu'on ausculte le point opposé, on entend des sons qui ne sont 
plus ceux de la percussion simple et qui peuvent être utiles au diagnostic. 
Ainsi un ou plusieurs doigts peuvent percuter les os, tels que le sternum, 
la clavicule, les côtes, les apophyses épineuses dorsales, pendant que, avec 
son oreille, l'observateur ausculte la paroi thoracique du côté opposé. 

Lorsque la percussion sera pratiquée sur le plan antérieur du corps, 
l'oreille auscultera sur le plan opposé, et réciproquement. 

La tonalité fournie par ce mode d'exploration s'élève avec la densité des 
tissus normaux ou pathologiques traversés par les ondes sonores. 

A l'état physiologique, la vibration est sonore, prolongée, donne une cer- 
taine sensation d'élasticité, et le doigt qui percute semble assez éloigné de 
l'oreille. 

Dans les indurations aiguës ou chroniques, elle est brève, sèche, à tona- 
lité très élevée. Rude et sans élasticité aucune, le point percuté semble très 
rapproché de l'oreille. 

Ces modifications existent toujours dans la pneumonie, et ici, si la pneu- 
monie est centrale, la résonance plessimétrique peut mettre sur la voie 
du diagnostic, alors que les autres signes font défaut. De même, elle peut 
rendre de grands services chez les individus desquels on ne peut obtenir 
de mouvements respiratoires suffisants : tels sont les alcooliques en délire, 
les sujets débiles, les enfants et les vieillards. 

Elle distingue, d'une façon absolue, la pneumonie de la pleurésie, au 
moins dans les cas que nous avons observés. 

Constante dans la tuberculose pulmonaire, elle est d'un précieux secours 
pour faire reconnaître la tuberculose à son début. 

A elle seule, dans le pneumothorax, par le bruit de tonneau et le bruit 
d'airain qu'elle donne, elle peut faire reconnaître cette redoutable compli- 
cation. 

(1) CottOD, THe Umett, avril 1S57. 



52 MOYENS PHYSIQUES D'EXPLORATION. 

Dans 1 adénopalliie Irachéo-bronchiqucs elle est fort utile, mais n'a de 
valeur réelle qu'autant que la déi^^énérescence sièire au-dessus de la hase 
du cœur: au-dessous, le bruit de percussion auscultatoire de ce dernier 
masque radénopalhie. Dans remphysème, elle donne un son sourd lointain. 

Dans les pleurésies, les vibrations que donne la percussion auscultatoire 
du coté malade, ne présentaient point de modilications, comparées à celles 
du côté sain. 

Elles indiquent l'existence d'une induration pulmonaire, mais ne donnent, 
le plus souvent, aucun renseignement sur sa nature : ce sont les commé- 
moralifs, les antécédents, les s\ mplônies concomitants qui, à laide de la 
tonalité du son que nous éludions, complètent cette partie du diaiinostic- 

Le foie, le cœur peuvent, dans la recherche du sNuiptôme qui nous oc- 
cupe, apporter des modilications que fait prévoir la structure de ces organes 
et sur lesquelles il n'y a |)as à nisister. 

.\UTlCLi: m 

SIGNES FOURNIS AU DIAGNOSTIC PAR LA PERCUSSION DU CŒUR 

A l'état normal, la percussion donne dans la région précordiale une ma- 
lité dont retendue et les caractères sont variables suivant les individus. 
Chez les uns, le cieur est très superliciel, et une partie du péricarde se 
trouve en contact direct avec les parois lhoraci(|ues; chez d'autres, il en 
est séparé par une lame du poumon gauche, (|ui le recouvre plus ou moins 
complètement. 11 en résulte de grandes dinérences dans retendue de la 
matilé. Cependant, si Ton cherche à établir une moyenne entre toutes les 
dimensions (jui se renconlrenl habituellement, on est conduit à admettre 
que la matité normale de la ré-;ion précordiale est de -4 à 5 centimètres 
carrés, depuis la troisième côte jus(ju'à la cin(|uième: le maximum de 
la matité est au contre de ce carre, et va en diminuant de chaque côté 
pour se confondre avec la résonance du poumon: en bas, elle se perd 
dans la résonance stoniacale: (|uel(|uefois, en bas et à dioite, elle se con- 
limie avec le U)be gauche du foie (I). Tne poirussion plus forte et plus 
profonde fait reconnaître (pie retendue ivelle de la malite précordiale est 
plus considérable que celle (]ue nous venons d indiquer. 

liii présence des gros vaisseaux à la base du cœur modifie légèrement la 
résonance slernale. 

Il y a une autre manière de percuter le cœur et que l'on doit au docteur 
Baccelli (de Home) i^'-l). Ce medocin ayant constaté que le ca'ur forme une 
espèce de triangle curviligne équilaleral dont l'un des bordsest couché sur 

10 diaphragme, mesure alors la ligne de matile hoiizonlale du cœur. 

11 manjuc la longueur de cette ligne transversale du cœur sur le dia- 

(I) Voyoi p. M, U rtjjiin» il, 

(i) Voy. G^^ttf hfhdouuuiaire, .innoo tSi^i>, p. 3f !. 



DE LA PERCUSSION. 53 

phragme, il en prend la longueur à Taide d'un compas, et de Tune et 
iautre extrémité il décrit deux arcs de cercle du côté du mamelon, lesquels 
se croisent en un point. Il réunit ce point aux deux extrémités de la ligne 
fixée par la percussion, et il a, dit-il, le triangle équilatéral dans lequel se 
trouve le cœur. — Cela fait, par des calculs analogues, en joignant l'angle 
gauche du triangle à Tépaule droite et Tangle droit à Tépaule gauche, il 
prétend séparer les cavités gauches des cavités droites, mais cela me paraît 
très hypothétique, et je préfère seulement les résultats de la première mé- 
thode de mensuration du cœur. 

A Tétat pathologique, la percussion du cœur et des gros vaisseaux permet 
de constater des phénomènes de matité qui sont en rapport avec la nature 
et lelendue des altérations anatomiques développées soit dans le cœur et 
dans le poumon gauche, soit dans les gros vaisseaux ou dans le médiastin ; 
mais ces phénomènes sont loin de suffire la plupart du temps pour per- 
mettre de porter un diagnostic précis. 

La résonance est exagérée dans la région précordiale, lorsqu'il y a un 
état emphysémateux du bord interne du poumon qui recouvre la face an- 
térieure du péricarde. Il est excessivement rai*e que cette résonance anor- 
male dépende de la présence de gaz dans le péricarde, et le pneumo-péri- 
carde est une altération tout exceptionnelle. 

Au contraire , lorsque l'organe central de la circulation est malade, il 
y a augmentation de l'étendue et du timbre de la matité. Celte augmenta- 
tion de matité est liée, ou à la présence de caillots volumineux dans les 
cavités du cœur, ou à une hypertrophie de Torgane lui-même, ou à la pré- 
sence d'un épanchement de liquide dans le péricarde. Quelques différences 
dans la manière dont s'établit la matité et dans sa forme permettent de dis- 
tinguer l'hydropéricarde de l'hypertrophie du cœur. Dans l'hydropéri- 
carde, la matité augmente d'étendue bien plus rapidement que dans l'hy- 
pertrophie ; si Tépanchement est très abondant, la matité forme un triangle 
tronqué dont la base touche au diaphragme, et quelquefois le niveau su- 
périeur de la matité poun'a changer suivant la position du malade, deve- 
nant plus bas, si le malade est assis ou debout; dans ce dernier cas aussi, 
le diamètre transversal remportera sur le diamètre vertical. 

Suivant Gorvisart, Piorry, Cammaz, Clarck et Gros, il serait possible de 
reconnaître par la percussion au moyen d'un petit plessimètre étroit : les 
dilatations du cœur avec amincissement ou avec épaississement des parois, 
l'épaisseur des parois, les altérations isolées de tel ou tel orifice, rétré- 
cissement aortique ou insuffisance mitrale. Ce sont des recherches très 
curieuses, mais nonobstant, je crois que les altérations des orifices valvu- 
laires sontdes lésions pour le diagnostic desquelles la percussion ne fournit 
que des données approximatives. Elles ne peuvent être reconnues à peu 
près certainement qu'à l'aide de l'auscultation. 

Quant aux gros vaisseaux, une matité anormale de la région stemale 
supérieure pourra, jointe à Tauscultation, à la palpation et au sphygmo- 
phooe faire reconnaUre l'existence d'une dilatation anévrysmatique de 



54 MOTENS PHT31QDES D EXPLORATIOH. 

l'aorte ascendante OU d'un Térilable anévrysme; niais,s«ule, ellenesuffireit 
point, car il est plus d'une aiïection qui pourrait donner lieu à cette matité, 
parmi elles nous citerons l'augmentation de volume et la tumeur des 
ganglions bruncbiques, les abcès du médiastin, etc. 

La percussion est le meilleur moyen d'apprécier le volume du cœur. 
Elle montre k la région pi-écordiale une matité, large de 4 à 5 centimètres 



Pi(. II. — RéMlUl daja ponDHlon d« la rigioa pricordialï ('}. 

carrés en dedans et au-dessous du mamelon, matité qui ne se limite pas 
brusquement el qui s'étend aux parties avotsinantes où elle est moins forte 
(Rg. SI). Dans l'état pathologique, cette matité est plus complète, sou 
étendue augmente beaucoup; elle acquiert de 15 à 20 centimètres de hau- 
teur ou de largeur, et elle est toujours d'une constatation facile, si ce n'est 

n a, point* da cnur; t, rigian dci icnlrialai, e, conlllglte fa>H:tu et orlfine dn froais aRtnd 
c', onillall* draile i d, aortn luondantg; (, linita da la matiU van la bord droit du ilernDDi r.'oi': 
I, nia.— Lot i>artlet Umlitt ie aair dnoMBl use mitild abiolHt.callu an domi-Winle une fubmalité. 
— ToDln lai lifnei, al mCmo eallei qui eomipondont tui latlrai, lanl l« rayoae talon lai^Hl* un 
dall atcBln U ptrcniileii coaiirianla paD ddtensJMr «uclMianl lat limilM di cmar. (Rm)*.) 



DE LA PERCUSSION. 55 

cependant chez les femmes, à cause de la mamelle, et chez les personnes 
chargées d'obésité. — Son déplacement à droite signifie toujours qu'un 
épanchement de la plèvre gauche refoule le cœur à droite, du côté du 
sternum. 

La matité exagérée du cœur s*observe : i** dans l'hypertrophie du coeur; 
2* dans les anévrysmes de Vaorte; 3*^ dans les abcès et dans les tumeurs 
du médiastin ; i' dsns Vendocardite ^yec asystolie; 5"^ dans les épanche- 
ments du péricarde; mais dans ce dernier cas, elle a des caractères tout 
particuliers : elle est plus nette que dans l'hypertrophie, et, si répanchement 
est considérable, elle affecte une forme spéciale presque triangulaire, dont 
la base repose sur le diaphragme et dont le sommet tronqué regarde la 
clavicule. C'est la forme du péricarde rempli d'eau. Dans l'hypertrophie 
cardiaque, cette matité a une disposition différente qui représente la forme 
du cœur. 

ARTICLE IV 

SIGNES FOURNIS AU DIAGNOSTIC PAR LA PERCUSSION DB L'ABDOMEN 

Le plus souvent, c'est sur la paroi antérieure de l'abdomen qu'on pra- 
tique la percussion; le malade est aloi*s placé à plat, dans le décubitus 
dorsal. Il doit avoir les bras étendus le long du corps, les genoux rele- 
vés et les cuisses un peu fléchies, afin de mettre les muscles le plus pos- 
sible dans le relâchement, pour permettre la dépression des parois du 
veotre, afin de rapprocher le plessimètreou le doigt de l'organe à percuter, 
dans le cas où celui-ci est profondément situé. S'il s'agit de l'exploration 
des parties latérales, le sujet reposera sur le flanc droit quand c'est le côté 
gauche qu'on devra percuter, et sur le flanc gauche lorsque c'est le côté 
droit qui devra être souiQis à l'observation. Pour l'examen des régions 
postérieures, il se tiendra assis et le corps incliné en avant, ou bien il se 
couche sur le ventre. 11 est quelquefois nécessaire de changer les attitudes 
do malade, afin de voir s'il n'en résulte pas des variations de résonance, 
mais il n'est jamais utile de le faire mettre à quatre pattes ^ ainsi que l'ont 
imaginé quelques médecins. Quant à l'observateur, il i*este debout, et 
percute, selon les besoins du diagnostic, dans différentes directions. Dans 
le cas où l'abdomen est très sensible et où la percussion par le doigt cause 
delà douleur, dans la péritonite par exemple, il est bon d'avoir recours 
au plessimètre, car on peut facilement le porter autour des viscères ; d'un 
autre côté, la pression de la plaque d'ivoire s'exerce avec uniformité sur une 
plus grande surface et détermine moins de souffrances que le doigt. 

La percussion abdominale, unie à la pression et à la palpation, fournit 
an grand nombre de signes diagnostiques, au moyen desquels il devient 
aisé d'être édifié sur les épanchements séreux ou purulents qui se forment 
dans le péritoine; — sur les tumeurs qui se développent dans la caviié uté- 
rine ou au voisinage, dans les ovaires et dans les annexes de l'appareil gé- 



50 MOYENS PHYSIQUES D'hXPLORATION. 

nilal de la foinme; — sur les distensions parfois énormes de la vessie; — 
sur les hypertrophies de la rate à la suite de l'inloxication palustre; — sur 
le volume du foie dans certains étals morhides : — sur l'accumulation de 
traz dans l'esloniac et les inlestiiis; — sur les dimensions, déplacements 
et absence du rein; — sur les pri.n:rès de la irrossesse ; — sur la situation 
entin du fœtus dans la cavité utérine. Non seulement ce mode d'explora- 
tion sert au diai:no>tic, mais il siirnale les chaniiements que le temps et le 
Irailement apportent dans la nature intime et dans la marche de ces mala- 
dies de l'abdomen. 

M'itttè 'le rh>/j>orhort'lre droîl. — hans l'hypoehondre droit, la percussion 
donne normalement une malilé qui s'et^^nd en hauteur de la cinquième 
côte au rebord des fau^se> i-r^ies, ce «jui donne le volume du loie. — Mais 
si 1.1 matite déborde et descend de o ou 4 centimètres au-ilessous, ou 
s'étend a r«*p'^aslre, t''est i|ue le fi.ue est irr»nlle par hyperhémie simple, 
par eirrhose h\pertroplnqiie, par hypertrophie, par tumeur solide cancé- 
reuse ou liquide d'un k^^te h\datique. 

l'ans i'iiN pochondre ::aueiie, la percussion qui donne de la matité au ni- 
veau des lau>ses côtes indique la présence de la rate, et >i cette matité est 
au-d'.*ssus de 8 sur 1. cenlmt'tres. c'est une rate hNpeilr'q»h:ée. 

Pt'f'c ^^^(t';/ ''/ ni.ititi' '/'• /(/ fos^e ili'i'iue. — Une matile ///'' limitée à la 
fosse ilia.jue. lorsqu'elle est non douloureuse, indique un abcès {)ar eonges- 
lion ou une maladie de Tos. — Mobile, elle indique un rein llottanl ou 
luxaluMi du rein. Mais si elle est douloureuse ou bas placée, c'est unphlei:- 
mon iliaque et. à droite, une l\phlite aijue. — nciami la matile >e mêle à 
du i:ar-:»'uillemeîit et a uue forme allnu-ee. il s a::!l dune tvrdilite chro- 
nivjUv vi d'une ob>truc:ion >lircorale. 

J'unt'Ur 'il ffi'^'H(tr:\ — La percussion que d^nne une matile au ni- 
veau de l'v'U.b.l.c avtc lunuurs profondes sans ball'.'înt'ni, indique les 
tumeurs tiib-. r<.ul».usos h\dal.ques ou cautireu^es du uie-r-nltTe el parfois 
d^' r::/.r >t:i. 

Tw * ..•> !i r/iv;"-"'; lytre. — La matile sus-pubiei;:.'- arioi.die, ^ans fluc- 
luat: •:., s"vb>erve dans '.a i:n»ssesse, daiis les tumeurs nbreuscs ou can- 
Cf rtusvs ui-, lines: — t'u».;uante. elle \..d\ ;ue une rrteî;î:.'n duiine, — un 
a>:es d-.s [a'...is du vt:;::e. — l ne Uiatile sus-pi:b:cnne t-îendue aux deux 
fvssts 1 ia^^iivs. n.ob io ^l se de^daçaîU par le decu[»;îus i.iaial, indique un 
rj an».:.r:i.- :.; s-i-ux p- riloneal, e"esl-a-\i re une .im .le. — Au cun- 
Irair-. ia ":at ;..• sus-pu:-»'. une s'ele^dan; à droiie s-. u'en>.:.l ou à .rauche, 
aNai.t u::e f'.:::.e a:TOî.,i:e, inii-iue un kxste de l'-. vairevu uu liiTament 
lar--'. 

3/;:<.*c .'. • * îiv. — l'e chaque c-'^le de la coivî.r.e \erlcbrale, aux 
lo:n>.'S, !a p-rrrcussi.a d-^niie uiio matile b.'niLs.i re de l .• c'.'iilimeîres due à 
la prts<nce des r>:i:s, lirais si celle mal;;e t<l plus iiraiiie, il peut y avoir 
des p'rile^moQS ptrri-nepLrtliques ou de i*^l^d^oneph^o^e. 



DE l'auscultation EN GÉNÉRAL. 57 

ARTICLE V 

SIGNES FOURNIS AU DIAGNOSTIC PAR LA PERCUSSION DE LA COLONNE VERTÉBRALE 

On peut, d'après Piorry, percuter sur la colonne vertébrale ou sur les 
régions rachidiennes, pour reconnaître : soit des ganglions bronchiques 
hypertrophiés ; soit des anévrysmes de Taorte descendante ; soit des dévia- 
tions, des changements de volume des vertèbres, ou des abcès développés 
dans leur voisinage, consécutivement à la carie. Dans tous ces cas, c'est 
un son mat que Ton constate par la percussion. 

Cette matité constatée en haut, à la mcine des bronches, au niveau de 
la troisième dorsale, révèle parfois Tadénopathie bronchique ; quand elle 
existe en même temps qu*une saillie des apophyses de la colonne verté- 
brale, elle indique une carie du corps des vertèbres avec foyer caséeux 
prévertébral, s'étendant sur les côtés du rachis. 

CHAPITRE IX 

DE l'auscultation 
ARTICLE PREMIER 

DE L^AUSCULTATION EN GÉNÉRAL 

L*auscultation est Tart d*écouter et d'apprécier les bruits qui se pro- 
duisent dans l'intérieur des tissus et des organes profonds. C'est un mode 
d'exploration qui consiste à appliquer l'oreille sur une partie saine ou ma* 
lade du corps, dans le but de percevoir les bruits physiologiques ou mor- 
bides dont elle peut être le siège, ou, ce qui conduit au même résultat, à 
rechercher, à l'aide d'instruments spéciaux, la présence de certains bruits 
propres à éclairer le diagnostic. 

L*auscultation est une des plus précieuses découvertes contemporaines ; 
elle est due au génie de Laennec, qui aimait néanmoins à rappeler que le 
père de la médecine, vingt-deux siècles auparavant, avait déjà indiqué 
remploi de cette méthode, dans ce passage : i^v npocUw to oO; àxoyjdtm nfwi 
rk^hefà, si, appliquant l'oreille contre la poitrine, vous écoutez (1). 

Ces quelques mots d'Hipppcrate, négligés et incompris par tous les com- 
meDtateurs pendant plus de deux mille ans, laissent à penser, en effet, 
que le médecin de Cos avait soupçonné l'auscultation. Lorsqu'on parcourt 
Caelios Aurelianus, Paul d'Égine et Ambroise Paré, on n'est pas sans re- 
trouver non plus quelques vestiges de l'application de l'ouïe à l'étude des 
bruits respiratoires; mais que de vague dans ces indices, et de quelle dé- 
sespérante stérilité ils eussent été pour la postérité, si Laennec n'était pas 
Tenu doter la science de son impérissable ouvrage (2). 

(1) Hippoerata, Œuwrti, tnd. par Uttré, t. VII, Da maladia. 
(l)Laeanoc TraHéderaiueuUali(mmidiaiê,l*édïûon. Paris, 1896. 



r)S MOYENS PHYSIQUES D'eXPLORATION. 

I.aonnoc ifa pas siHiI(Miiont posé la première pierre de rédifice, il l\i ron- 
slriiil en entier; il l'a si bien ex^Muité, qu'il a laissé peu de ehose à faire 
après lui. Tous les bruits qui se passent dans le eœur, dans les bronches 
et dans les poumons, il les a indicjues et classés avec une précision si re- 
niarquable, que le diagnostic des maladies de poitrine et des organes delà 
circulation ne laisse rien à désirer. 

l/auscultalion fut principalement appliquée, par son inventeur, à l'étude 
des aflcclions iboraciques, et tous les médecins de Tunivers apprécient 
connue il faut les inunenses services (ju'elle rend dans toutes les maladies 
des poumons, du cœur et de leurs enveloppes; mais Laennec n'a fait qu'in- 
diquer, et tout à fait accessoirement, les avantai:es qu'il serait possible d'en 
retirer dans le diai:nostic de la izrossesse, de certains cas de fractures, dan> 
le diai:nt>slic des calculs vésicaux, de certaines lésions de l'oreille, de la 
IriMupe d'Kustache et des cellules mastoïdiennes, ou même les abcès du 
foie. Depuis, l'auscultation a ete appliijuée sur les artères et sur les veines 
dans la chlori>se; sur la léte, par Fischer, pour le dia^'uoslic de l'hydrocé- 
phale et du rachitisme; mais cette application est sans importance. 

Ixclalivcment à l'auscultation apj>liquee à la irrossesse, ce fut Mayor (de 
CuMiève'i qui le premier, en 181 S, ilonna comme positif que les bruits du 
Civur chez le t\vtus pouvaient être entendus à travers les parois abdominales 
de la mère, l.a relation de ce sicne précieux resta enfouie dans les archives 
de la science pendant quatre ans. sans qu'aucun médecin s'en préoccupât, 
lor>que de Ker^araiiec {[) publia, eu l^--2, un travail sur les phénomènes 
stellioscopi ;uesdans la irestalion. l'epuis, Paul Dul)ois, 11. N. NiP;:eIé (:2), 
IV^paul, ont entrepris et fa^l connaître d'intéressantes recherches sur les 
résultais fi>uruis par lauscultalioii dans le dia^rnosticde la grossesse et dans 
la ileîeruunalion de certaines conditions du fœtus dans la cavité utérine. 

Ouanl à ce qui regarde les fractures. Lisfranc a avance connue un fait des 
phuN cerlams que le >lethoscope. place sur le lieu dune fracture, produit. 




K.>; 



- S..--5>c» 



>ou> \ uuUicKce .ia plus Ic^er :i;.-iive:;:o:i: -p:^ r.-:; i::;^''^-''^ ^^i membre, 
une civpiialiou p. us ni.iîues'.o «.uo r. ' /tsl wi '. .:t:l.e Lue celle que Ton 
v^bt.cul '^Kvr ".es u\vHi\e'.ue:îls .es ;\u> ^ '.or iàs. 

Tar suite Jervvur>> coiîi:ui>e> ;vir os c \iM;'^-e:is, :: est souvent arrivé que 
Je$ maUvles tuieat la;uos s^r/^ ,-,;o Um;- u^> o ov:;:::;t de ^.aïeuls. Or des 






DE l'auscultation EN GÉNÉRAL. 



59 



laates aussi déplorables peuvent ôlre prévenues par rauscultation, depuis 
que Lisfranc, Moreau de Saint-Ludgère, Leroy (d'ÉtioIIes) ont démontré 
qu'il était possible, à Taide du stéthoscope, de percevoir le bruit du frôle- 
ment de la sonde contre la surface du calcul et que Thomson a conseillé 
Tusage de la sondé mierophoniqtie. 

Ménière a rectifié et complété les aperçus de Laennec sur l'application de 
la stéthoscopie au diagnostic des maladies de Toreille. 

Enfin, dans des abcès du foie avec formation dans ce viscère de kystes 




Fio. 23. — Sl^th<»cope flexible de VigierH. 

hydatiques venant à s'ouvrir, soit dans l'estomac ou les intestins, soit dans 
le poumoDy comme la science en possède plusieurs exemples, il arrive 
qu'en pressant l'abdomen dans la portion molle de l'hypochondre droit, on 
peut obtenir un gargouillement dû à l'introduction de gaz intestinaux dans 
l'excavation du foie, et qu'on observe, dans le second cas, de la toux, une 




Fio. S4. — Stéthoscope flexible américain. 

respiration caverneuse, un râle de même nature et du tintement métallique. 

Il y a deux variétés d'auscultation : l'auscultation immédiatey celle qui 
consiste dans l'application directe de l'oreille sur les parties à explorer, et 
l'auscultation médiate, celle où un instrument acoustique d'une forme 
spéciale, appelé stéthoscope (fig. 22), est interposé entre le porps du 
malade et Porgane de l'audition du médecin. 

Le stéthoscope de Vigier (fig. 23) est flexible et se compose d'un pavillon 
A B et d'une plaque auriculaire d'ébène C, réunis par un tube en caout- 



O A, paviUoii ; B, orifice du panlloa ; C, plaque annulaire. 



l'O Hi-i\TN- piiv^iorE- Il KKrror.ATroN. 

l'Ikiiit-iJi.- r)=,i"in <i,- loTi^;. li.iillL et Rii-.-r on; ilimiiiiiA la ioiiiïueiir du IuIk> 

qui .-t.iil iiiio raiis'' il'alT.iJtili>>.-'iiiem du s-mi. 

Tut-' 'i''oii-li'iit-- ou ~lrthôi--fjr- ■iiiifiir'ihi . — L*> si-ihoscope aniL'ricnin 
i?l im ?iin|ili' tiih.' nriiu>hi]ui.' on ■■.inuli'ljnuir, f\u\ ]<m-h- ii l'uiK' de si*s 
e\l[>-ruLli'> uii pelit c'HK' cri'ux •ri ivnir-^ i]iii >"a[)]ilii|Ui? sur la n'i;ioii ii 
fX|i|i.irer. l'I â l'aiili •' \iti jiflil h.ili.uui"! d-.' onruo ni d'ivAJrp qui s'iittroiluil 
ibii> l,'>'..ii,liiita'i,i;iir.>\|,.rii.^.lU-Jl>. 

St.ll,-<:--i-''l-- K'.ni'j ili_-, -j:.i. — i:v.t un ji-Iil laiiiliiiur r}lindriqiit^ fit 

tii^'Uii -' :;ann ii\iiii- luouliire Ci; une 

^- m'iiiliiniio lie cauutcliiiuc très miiiri- 

S. liMucli-' (liacun-- dos iwses ((. L'iic ou- 

— ; v.ulLii'- pl-iii-t' dans la ]iaroi du Innitiour 

-' i .■! iiuiiiii.' d'un r.iiiiiK'i c. yvmrl d-.- pm- 

iKr et do di>tonlLV \<.\r iii>uflliUion les 

g doux iiioinlii-aii'-s //du UiuUiur. L'nno 

.....Ç^ do oos Kioinlir.uii'S e>i cmlToo dune oa- 

^ lolte sphoLJ.jUo en luelal o. porcoo di; 



I...S.V.iU.liq. 


iêS es. 






•: la m. 


•iiibraiie 


■M.-e I.L.l-.\ :l 


iliidiquot 
■lo sur 


. sur le 
lui. Los 



ïilir.iliiUis so i\.ii]niuiii<]noiit à cotte 
nioinlmio. lo laitil.,.i!r les ionf,.ivp, la 
oalnll.' >|'h.Ti.iue on inolal Ifs rovi>il et 
les lulii > ai\iu?ii ju■'^ les liaiisniottont. 

('Il a aUfSi lail l"o>?ai du microphorf 
oouiine -loliioso.'jie daus lesporaiioo 
d'.iuijilili.r le> luLiils luira tlioraoiquos, 
mai- d.ni> lo> re, ti.-i, li.'s d.> ooiitn-de 

pr.nedeira'.iiViilailau.ini lail iiu(«irlantà 

elikf'.s iri'ii (loiL a\aii, oos oueore [> 'ur i]u\i;i pui^^e K .- jUi;or. iMns l'au- 

l'aiHViriil lui-nu'iuo, p,>ur -in'oii pu)>-o i:i;.n,i;e .e> liriuts [H'iifiinds. Le 
iif.rA,K,-,i;.,'N,t,/,.; /„><,.;;(,■ do M. U-nde; ide l'aria ■ li^. -y>. .1 douno dos rô- 
SulMIs itil.ivssauls:ioinna;iredan> la tv. hei\ !„ d, > luuilsvasoubn-esdont 
jo [wrlerai plus loiu à liH-.M-i.'ii du \i '1 , ;■. ■_;' ;, '.■ e! d^i ^ih<i jmoj'hone. 
IKuis ra\is.ullalkui do la l'oilniio. l.aeiiuoo 1; a ;uii.U,.il point et ne 
consoillail jauiais Wiuf^-uU.Ut-.m .-■,■■,: ;> U\ » T..!;' o>l auSM iuooinniodc 
pour lo uii\liviii quo pour lo malade ; le doi;oùl sout ia rond inipratieable 



DE L'AUSCULTATIOH EH GËHÉRAL. 61 

dans les bdpiUux ; elle est à peine proposable chez la plupart des femmes, 
et chez quelques-unes le volume des mamelles est un ohstacle physique à 
cequ'oa puisse l'employer. > Il ajoute < que tous les points de la tête de 
l'observateur qui portent sur la poitrine, devenant autant de conducteurs 
du son, pourraient faire entendre le bruit respiratoire dans des cas où il 
n'existerait pas dons la partie située immédiatement au-dessous de l'oreille, 
ce qui pourrait devenir une cause d'erreur grave. ■ Cette supposition est 






Pio. as. — St^lhoicope niicropbonlqas it U. Boudcl (da Pirii). 

^loite, el, sans stéthoscope, on peut limiter sous l'oreille les points les 
plus circonscrits du poumon malade et éviter toute espèce d'erreur. 

Je ne partage nullement les préventions de Laennec contre l'auscuU 
latioD immédiate, et je crois même, avec la majorité des praticiens, qu'elle 
a sur l'autre méthode des avantages signalés. D'abord le médecin n'a point 
à se prtoccuper du soin de tenir son instrument et de le maintenir exacte- 
ment appliqué sur la peau; ensuite l'auscultation immédiate donne des 
résultats plus sensibles et plus nets, demande moins de temps, fatigue 
moins et le malade et l'observateur. Je fais cependant des réserves, car, 
à propos de l'auscultation médiate, on verra que cette dernière n'est pas 
ans valeur dans certains cas donnés. 

ARTICLE 11 

SIGNES FOURNIS AUX DUGNOSTIC PAR L'AUSCULTATION DB LA PQITRUiE 

La partie de la poitrine sur laquelle on se propose d'appliquer l'oreille 
doit être nue ou simplement recouverte d'un vêtement léger, car l'interpo- 
tilion de tissus épais, d'emplfttres, de cataplasmes, vient opposer à l'auscul- 
talion un obstacle presque absolu. Chez les enfants, dont la respiration est 
DMurellemenl très bruyante, on peut entendre les bruits de la poitrine 
k (nvers d'épaisses étoffes; mais, comme certains tissus, la soie par 
exemple, peuvent, par le frottement, donner lieu à un cliquetis qui en 
impose pour un bruit morbide, il vaut mieux ausculter à nu, ou sur la 
chemise. 11 en est de ces précautions comme de celles qui doivent être prises 
reUihemeol h l'interposition des muscles placés entre la région du corps 



0:2 MOYENS PHYSIQUES d'eXï'LORATION. 

quo l'on explore et l'oreille du inédeciri : il va sans dire qu'ils demandent à 
être maintenus dans le relàchemenl le plus complet, sous peine d'auirmenler 
rêpaisseur des parois llioraciques, d'aiïaiblir les bruits normaux ou patho- 
Ioiri(|ues produits dans Torirane ausculté, et de mêler à ces derniers ceux 
que la contraction musculaire serait susceptible de produire. Cette cause 
d'erreur étant préveime, et le malade étant placé dans la position la plus 
con\enable, le médecin évite toute position irénanle, cbanire de côté selon 
1rs besoins de son examen, et doit bien se i;ard«M' en uvnéral de rester dans 
une allilU(b' où il s»' trouverait mal à l'aise, car dans ces conditions l'ouïe 
perd de sa linesse. 11 peut explorer le plus souvent les deux moitiés de la 
cavité thoraci(|ue sauN changer de place; mais, toutes les fois qu'il perçoit 
des siirnes douteuv et é(juivoques, il doit écouter en se plac«int bucces- 
>ivemenl à droite et à irauche. Iiien n'e>t plus essentiel (|ue de s'habituer 
de lh)nne heurr à se .servir inditferemment de l'une ou de l'autre oreille; 
cria |)«Mniet d'établir une contre-épn^uve et de mettre en rci^ard, par exemple, 
les résultats obtenus à la réirion antérieure avec l'oreille gauche et ceux 
décelés par l'oreille droite à la région postérieure, dépendant, lors(iu'une 
légère et freciuenle inlirniité vient a rtMidre plus dillicile l'audition d'un des 
celles, il convient de toujours prelérer la meilleure oreille pour l'auseullat ion, 
et de se placer, à cet ellet, successivement à droite et à gauche du malade. 

Tout bon diagnostic reposant sur d«'s reiiles invariables, il est indispen- 
sable de n'omettre aucune de celles (jui peuvent garantir contre l'erreur; 
aussi dois-je reconnnander comme une excellente [)ratique d'auscul- 
tation l'examen comparatif des deux côtés de la poitrine et ii des hauteurs 
toujours correspondantes. I.orscpron a, d'un C(Me, l'étal physiidogiijue de 
la r«\spiralion pour modéleet pour t\pc(ce (|ui ne se rencontre pas toujours, 
mais If plus souvent), et (ju'on ob>crve de l'autre un étal morbide, il est 
aisé de comprendiv coml)ien la dilTerence est rendue sensible et combien 
ces recherches du simple au composé, du connu à rincomiu, ac(juièrenl 
d'impoitance pour la détermination de la maladie. Kniin, ne sera-t-îl pas 
supcrlhi dajouter que h' médecin a besoin (jue le plus religieux silence soit 
ganle aat(»ur de lui, a(in que son inve^tigalion acousli()ue ne soit point 
troublée j)ar l'audition de bruits étrangei's? Kn outre, l'idj-ervateur doit 
écoult'r [)endant un l^nips suflisannnent loni:, n'avinr re>j)rit préoccupé 
par rien au moment de leyploration, faire appel à tout ce (ju'il a d'intelli- 
gence et de lact pour interprét«n" les sons divers qui viennent alTecler son 
oreille, en s'i^olant tout à lait du monde extérieur. 

L'auscultation médiate se prali(|ue, ainsi que je lai dit, au nioven 
du stéthoscope, instrument de forme spéciale placé entre le corps du 
malade et l'appareil auditif du médecin. Le cylindre primitif, celui qu'em- 
ployait Laennec, est aujourd hui abandonné: on lui prelere le stéthoscope 
de Louis ou celui de l'iorry. Ces deux instruments sont constitués par un 
cylindre creux de bois, dont la longueur est environ de iÔ centimètres, 
tandis Jig. "l'I) que la largeur n'est guère à la base que de 3 centimètres. 
Le diamètre, beaucoup plus étroit dans ses deux tiers supérieurs, se 



^ DE l'auscultation EN GÉNÉRAL. 63 

termine en haut par une plaque d'ivoire ou de bois, ce qui vaux mieux, et 
sur laquelle on applique l'oreille. Quelques médecins se servent à présent 
d'un tube en caoutchouc souple dont un bout se ploie dans le conduit 
auditir et dont l'autre extrémité se termine par un petit cornet d'ivoire. 
D autres emploient un stéthoscope dont l'embout s'adapte à un conduit 
double, métallique ou élastique, destiné l'un à l'oreille droite, l'autre à 
loreille gauche, de sorte qu'on ausculte avec les deux oreilles. On a essayé 
des stéthoscopes pouvant amplifier et renforcer le son à l'aide de méca- 
nismes placés dans l'embout de l'instrument ou de microphones adaptés 
d'une façon spéciale. Ce sont des inventions de peu d'importance. 

De quelque instrument dont on se serve, voici les règles générales qui 
doivent présider à son application. 

Dans lauscultation médiate de la poitrine, le stéthoscope doit être tenu 
comme une plume à écrire, appliqué perpendiculairement à la surface du 
corps du malade et exactement fixé par tous les points de sa circonférence. 
On pose alors l'oreille sur la plaque ou pavillop de l'instrument, de façon 
que le conduit auditif se trouve directement en contact avec l'orifice supé- 
rieur du stéthoscope, puis on écoute. Certains auteurs recommandent 
d'abandonner le stéthoscope à lui-même pendant tout le temps qu'on 
ausculte, et de le maintenir seulement par la pression de la tête ; d'autres 
veulent au contraire que le cylindre ne quitte pas les doigts du médecin, 
afin qu'il sait maintenu dans la plus grande immobilité. Tout dépend de 
l'habitude; mais nous croyons que cette dernière manière de faire est 
préférable à l'autre. 

Pour écouter les bruits des poumons, si le malade est au lit, on lui fait 
garder la position horizontale, ou bien on le fait asseoir sur son séant, et 
l'on explore alors les parties antérieures et supérieures de la poitrine, soua 
les clavicules, jusqu'au mamelon et dans la fosse sus-claviculaire. Pour 
Feiamen du poumon dans les régions latérales et dans l'aisselle, on se 
place successivement à dorite et à gauche du malade, et on le fait alterna- 
tivement pencher de l'un et de l'autre côté; quand il peut se tenir assis, ou 
rengage à élever le bras et à appuyer la main sur sa tête. Lorsqu'on veut 
ausculter les poumons dans leur partie postérieure, du haut en bas, à la 
région dorsale, on fait asseoir le malade sur son séant, la partie postérieure 
du thorax étant tournée du côté de l'observateur, le corps un peu penché 
en avant et les bras restant croisés. Alors, on écoute les bruits pulmonaires 
dans la fosse sus- et sous-épineuse et à la base des poumons, sur la huitième 
et neuvième côte. Dans le cas où un long état de souffrance a entraîné une 
eicessive faiblesse, quelques praticiens ont coutume, pour procéder à 
Teiiamen du dos, de faire retourner le malade sur le ventre; mais cette 
position est pénible et gênante pour les mouvements respiratoires. Il vaut 
mieux le faire maintenir par des assistants. Si, au contraire, le malade est 
levé au moment de l'examen, il faut le faire asseoir sur une chaise, mettre 
00 genou en terre et placer dans cette position le stéthoscope sur les 
parties antérieures, latérales et postérieures de sa poitrine. L'auscultation 



{il MOVENS PIIYSIOUES 11 EXPI.OnATIOS. 

praln|in:e de cette inaiiii'iv est lieaucoiip moins fuligaiile [lour le médecin 
que lorsijiril se lient dehuiit et qu'il csl obligé de peiiclivr fortemeiil la 
lèl.ï eu avant. 

Si j'ai doiiiiû la [neféreiiLe à l'auscultalioii immédialo sur lauscullalion 
iiiédiule, je n'ai cependant point alianduuné e^'lte dernière. Il est, en ellft. 
cci'lains cas où elle doit être cniplukée d'urirence. Ainsi, quand uni- 
poitrine est (L'déinalcusc , le sléthoscope presse sur les parois llioraciques, 
déplace du liquide, et permet de mieux apprécier les bruits. Chez les 
sujets très mai^-res, les ré^'ions sus- cl sous-elaviciilaire et acromiale font 
une saillie énorme, les os foruienl une dépression, circonscrivent un véri- 
table eiiroricement nue l'oreille chercberail vainement à alteindiv ; clieiî b'S 
racliiliques, qui portent r|ueli|uerois des déformations du Itiorax des plus 
biïarres, le stéthoscope est une précieuse ressource. Désii-e-l-ou ausculli-r 
les artéivs, les veines, soup(.'""ii*!-t-'-"idu bruit de souille dans les vaisseaux, 
c'est du slélboscope encore que l'on doit se servir, car il est à peu |ires 
impossible d'appliquer nlilemeiit l'oreille jme sur le trajet des vaisseaux 
sanguins, tels que les carotides, les Témoi'ales, les veines jujiulaircs, le 
ti-onc cœliaque el la crosse aortique. Il est dans ce cas une préi'aution qu'il 
ne laut jamais oublier, c'est qu'il convient de ne pas appuyer trop fortement 
le slélhoscopc sur rarlère ou la veine, car il se produit alors, par cotte 
pression rétrécissant les vaisseaux, un Inuitde souflle (|ui en impose pour 
un plicnumèue morbide. 

^ ■". — SlgDea fuurnlB pur ICH bruIlH reKpIratalrpii nonnuaK. 

Quel <)ne soi! le nmde d'auscultation auquel on s'arrête, el aussi 

bien dans l'auscultation inmiédiale <|ne dans l'auscultation médiate, on 

commence par examiner successivement les bruits de la respiration des 

poumons qui sont dus à l'entrée de l'air dans les alvéoles pulmonaires, les 

bruits dus au retentissement de la voix, de la toux, et l'on étudie de <iuelle 

Irois actes s'accomplissent dans les différentes régions soumises 

)ii, sous les clavicules, dans la fosse sus-claviculaire, dans la 

sous-épineuse, dans l'aisselle el à la base du thorax, Géné- 

, écoute tout d'alionl les bruits respiratoires, tels qu'ils 

ilat normal; on reconnaît ainsi leur force ou leur faiblesse. 

existe des bruits anomaux, des râles par exemple, on les 

aissanl le malade respii-er comme à son ordinaire, puis on le 

quelques mouvements respiratoires brusques el profonds, et 

isser. La profonde inspiration qui précède et qui accompagne 

et à l'air de pénétrer prol'omtémenl, et elle domie naissance à 

l'on n'aurait pas pu percevoir dans les mouvements respii-a- 

ires, ou au moins elle les rend plus intenses, plus sonores. 

uscultation de la voix, on engage une conversation avec le 

out en auscultant la poitrine, on lui fait prononcer lentement 

l&bes, en le faisant compter, pr exemple, vingt et un, vingt- 



DE L AUSCULTATION EN GÉNÉRAL. 65 

deux, vingt-trois, etc., jusqu'à trente; — puis on fait parler des lèvres et 
sans bruit pour apprécier le retentissement de cette prononciation aphone. 

Chez les enfants qui s'agitent, qui crient, qui n'écoutent aucune reconi- 
majidation, l'auscultation est plus difficile, et elle donne en outre des 
résultats beaucoup moins satisfaisants. 

L'auscultation du cœur et de ses bruits exige des précautions particulières. 
Au lieu de solliciter les mouvements respiratoires, il faut les modérer ou 
les suspendre. On écoute alors au niveau du mamelon, au-dessus à la base 
du cœur, au-dessous vers la pointe^ à gauche du côté de l'aisselle et à 
droite vers le sternum pour apprécier les nuances qui s'observent dans 
les bruits anormaux sur ces différents points de la région précordiale. 
L oreille saisit alors mieux les phénomènes qui se passent dans l'organe 
centndde la circulation. Mieux vaut ici se servir du stéthoscope. Les règles 
que j'ai posées relativement aux diiïérentes positions à prendre par le mé- 
decin dans l'exploration de lappareii pulmonaire sont presque en tous 
points applicables à l'examen du cœur. Du reste, l'auscultation de cet organe 
sera un peu plus loin, à l'occasion des signes fournis par l'appareil de la 
circulation, l'objet d'une élude approfondie et détaillée. 

Dans l'auscultation de la partie antérieure du thorax (poumons ou cœur), 
on doit recommander au malade d'incliner la tète du côté opposé à celui 
qu'on explore. Quand l'auscultation est immédiate, cette précaution devient 
uuecondition sine qud non; mais, dans l'auscultation médiate, où il n'y a pas 
absolue nécessité, cette mesure a l'avantage d'éloigner de soi l'haleine. 

Murmure vésiculaire normal, — L'oreille appliquée sur le poumon lui- 
même entend, pendant l'inspiration et l'expiration, un murmure léger, 
mais bien distinct, qui indique la pénétration de l'air dans le tissu pulmo- 
naire et son expulsion. Ce murmure, auquel on a donné les noms de bruit 
ou murmure vésiculairey ressemble assez bien, pour nous servir de la 
comparaison de Laennec, auquel il faut toujours revenir, même aujour- 
d'hui, quand il s'agit d'auscultation, à celui d'un soufflet dont la soupape 
ne ferait aucun bruit, ou encore à celui que fait entendre l'homme qui, 
pendant un sommeil profond, mais paisible, fait de temps en temps une 
irrande inspiration. 

Doux et moelleux à l'oreille, assez fort et assez prolongé pendant l'in- 
spiration, il est plus faible et plus court pendant l'expiration ; mais pendant 
chacun de ces deux temps, il est continu et non saccadé. Cette diiïérence 
de durée du bruit vésiculaire normal pendant les deux mouvements respi- 
ratoires est tellement marquée, qu'en cherchant à l'évaluer mathémati- 
quement, on est arrivé à celte proportion approximative : l'inspiration est 
à l'expiration dans le rapport de 3 à 1. On voit que ce rapport est tout à 
tût opposé à celui que nous avons indiqué en étudiant le rythme apparent 
de la respiration, le mouvement expiratoire paraissant alors deux fois au 
moins plus prolongé que l'inspiration. 

Le murmure vésiculaire^ ou bruit respiratoire normal, se fait entendre 
dans toute l'étendue de la poitrine avec les mêmes caractères. Il n'y a 

B. — DUCNOSTIC. !> 



<)6 MOYKNS PÏIYSIOl'ES d'EXIM.ORATIOiN. 

d'autres dilTéreiieos que celles de rinleiisité. Il est d'autant plus fort el 
d'autant plus facile à enlrndrc qu'on Técoule dans une région où le pou- 
mon est i)lus voisin de l'oreille, (^toùil y a une «épaisseur moins grande des 
parois Ihorariques, par exemple dans les parties antérieure et supérieuie, 
lalérale-a\illaire et postérieure-inférieure. Le ereux de l'aisselle et l'espace 
compris entre la clavicule et le bord supérieur du trapèze sont les points 
où il a le plus de force. Chez les sujets très maigres, il est un peu rude, 
surtout dans la région correspondant à la racine des grosses bronches. 
Cette rudesse lui a fait donner le nom de t^espiration bronchique normale. 

On a souvent remarqué (|ue le bruit respiratoire normal était plus fort 
au sommet du poumon droit que dans le même point du côté gauche. C'est 
surtout pendant l'expiration (lue cette inégalité du murmure vésiculaire 
des deux sommets se fait remanjuer, suivant Louis. Ouant à la cause de 
celte dilïérence, on ne sait à quoi l'attribuer ; Gerhard (de Philadelphie) a cru 
pouvoir l'expliquer par les dimensions plus grandes d(» la bronche droite. Je 
n'oserais pas dire que cette explication est mauvaise; mais il me semble 
cependant, comme à d'autres observateurs, que cette disposition plus grande 
de la bronche droite est trop peu marquée pour avoir une induence évidente. 

L'intensité du -bruit respiratoire est beaucoup plus grande chez les 
enfants que chez les adult(^s, ce (jui s'explic|ue par la fréquence de la res- 
piration chez les premiers, le murmure vésiculaire étant d'autant plus fort 
que les inspirations se font avec plus de rapidité. Si, par une circonstance 
quelconque, la respiration s'accélère chez l'adulte, sans qu'il y ait cepen- 
dant lésion des organes respiratoires, le bruit reprendra chez lui le carac- 
tère qu'il présentait chez l'enfant, d'où le nom de respiraliouptiérile qxx' on 
lui a conservé. On l'observe souvent dans un poumon sain lorsqu'il s'y 
établit une respiration supplémentaire, l'autre ne fonctionnant plus ou ne 
fonctionnant (|ue d'une manière insuffisante. Kniin, et sans disposition 
particulière appréciable, il est des sujets (|ui, jusque dans l'extrême vieil- 
lesse conservent une respiration puérile. Ce sont, fait remarquer Laennec, 
presque toujours des femmes ou des hommes d'une constitution nerveuse. 

Sans vouloir entrer ici dans des détails qui sont plutôt du domaine de la 
physiologie, je dirai cependant quelques mots de la théorie {|ue l'on a 
donnée du bruit respiratoire normal. 

L'opinion la plus répandue et la plus généralement admise encore 
aujourd'hui est celle de Laennec, qui attribuait le murmure de la respira- 
lion au passage de l'air dans l'arbre aérien et aux vibrations c|u'il déter- 
mine dans ses diverses parties. Au contraire, d'après Beau, ce qu'on croit 
être le murmure vésiculaire u'est autre chose que le retentissement, dans 
la colonne d'air inspiré et expiré, du bruit guttural résultant du refoule- 
ment de cette colonne d'air contre le voile du palais ou des parties voi- 
sines (1). Cette théorie, que l'auteur a essayé de soutenir au moyen d'expé- 
riences nombreuses et d'observations multipliées, ne paraît pas avoir pré- 

(I) Beau, Traité expérwicutal et clinique rl'nuacuUatiou. Paris, 185G, p. 3 et suiv. 



SIGNES FOURNIS PAR LES DRUITS RESPIRATOIRES. 67 

valu près de la généralité des médecins, et il me semble qu'on Ta péremptoi- 
rement réfutée en faisant observer que le murmure vésiculaire se fait 
entendre avec autant de force et de netteté chez les sujets qui ont acciden- 
tellement été privés du voile du palais. Barth et Roger ont cité un cas de 
ce genre. 

Ces derniers auteurs ont longuement étudié le mode de production du 
brait respiratoire et ses modifications suivant les points du thorax où Ton 
pratique Tauscultation. Ils se sont demandé quelles sont les conditions de 
vibration et de frottement sur la membrane lisse, unie et molle des bronches. 
Dans les conduits aérifères, il existe des portions pourvues de cartilages, 
d*autres seulement formées par des membranes; déplus, le calibre des 
ramifications bronchiques varie dans l'expansion et dans le resserrement 
alternatifs de l'appareil pulmonaire ; une colonne d'air silencieuse produit 
du bruit dès qu'elle est coupée par une lame située au devant d'elle, et les 
innombrables divisions de l'arbre bronchique forment au devant de la 
eolonne d'air inspiré autant d^éperons faisant office de la lame à laquelle 
Doos venons de faire allusion. Enfin, le déplissement des vésicules pulmo- 
naires n'est certainement pas sans avoir une influence réelle dans la pro- 
daction du murmure respiratoire. 

Ces dispositions anatomiqnes suffisent pour rendre compte de la difle- 
rence de longueur et de force des deux bruits inspiratoire et expiratoire, 
dont le premier est . surtout déterminé par la résistance qu'opposent à la 
eolonne d'air les éperons bronchiques et l'affaissement du poumon ; il est 
bdie de comprendre que ces mêmes obstacles n'existant point pendant 
rexpîratîoni le brait respiratoire est nécessairement plus court et plus 
faible. 

Dans l'état pathologique, toutes les fois qu'il se forme une lésion de la 
muqueuse des voies aériennes, du tissu pulmonaire ou de la plèvre, le brait 
naturel de la respiration vésiculaire normale se modifie dans son étendue, 
dms son intensité, dans son tinUfre et son rythme, et il s'accompagne sou- 
vent de èruitê anormaux secs, sonores, ronflants, ou de bruits humides 
mnqueox. 

i. — ÉTENDUB ET INTBNSrrÉ DBS BRUITS RB8PIRAT0IRBS. 

Le murmure vésiculaire peut être plus fort qu'à l'état normal et l'aug- 
mentation peut occuper les deux bruits de l'inspiration et de l'expiration. 

Lorsqu'il y a augmentation d'intensité du brait d'inspiration et d'expi- 
nUion, c'est alors que l'on entend la respiration que nous venons de décrire 
sous le nom de respiration puérile; ici l'inspiration et l'expiration sont 
devenues un peu plus longues et plus brayantes, d'une façon absolue, 
leur durée relative restant la même. Ce phénomène se renuirque dans cer^^ 



i\X Mô\K.NS l'HYSIQlES l»'hXI'L()n.\TION. 

taiih's névroses, niais c'est surtout lorsqu'un des poumons est devenu 
ini{)ro[)re à la rt^spiralion, soit parlitHlenient, soit dans toute son étendue, 
()ue la respiration prend le caractère puéril, non seulement dans le pou- 
mon resté sain, mais encore dans la partie restée saine du poumon malade, 
dette respiration puérile peut exister ou seule, ou concurremment avec 
d'autres bruits morhiiies; elle est due à l'introduction dans le poumon 
d'une irrande quantité d'air dans un temps donné, par conséquent à 
Taugmenlalion du frottement contre les parois des cellules, peut-être à 
l'ampliation d'un p'and nombre de cellules. 

Dans tous les cas, elle annonce une altération des poumons dans un 
point autre que celui où elle se fait entendre, sans donner de renseigne- 
ments j)lus pr/'cis ni sur le siéije ni sur la nature de rafl'ection. Sa valeur 
n'est donc pas bien irrande au point de vu' du diairnostic. 

Ouelcjuet'ois, de forte et d<^ puérile ([u'elle était, la respiration devient 
rufjr: mais la siirnilication de ces bruits n'a rien de spécial, et ce ne sont 
là que des nuances à rappreciation desquelles doivent concourir d'autres 
>\mpté»!n»^s, soil ^én»^ran\, c(>mme la fièvre, soit locaux, comme une 
diminution de résonance, ou même la coïncidence d'autres bruits sté- 
llio>copiques. Alors celt<* rudesse est sc^uvent le premier degré de la respi- 
ratit)n bronchujue. l^'autres fois, entin, elle n'existe qu'au sommet du 
|)oumon, principalement pendant l'expiration, qui alors semble prolongée. 

Erjtiriitiofi i>roloH(jce, — A l'augmentation d'intensité des bruits respi- 
r.Uiùressc rattache Y t^rpi ration proloniirt\ phénomtiie morbide caractérisé 
par un bruit d*cxpiralic»n plus !<iri et plus rude que celui de l'inspiration 
qui garde S(Ui caractère moelleux ordinaire. Elle résulte de l'hyperhémie 
ehronique des p'»uînon< avei^ ou sans tubercules miliain^s, ni intillration 
: îberculeuse. Ce phenoin^-ne a et»' considère comme l'un des signes de la 
:ilc*reulisatio:î commeiieaule. Cela n'est pas exact,et il indi<|ue également 
i):»n Kl ctMi::estion {Hilni'naire ehroni(|ue ( l ) ou la phlegmasie chronique 
(le> poumons. 

DiMiM Ti'»N D'iMtNSiTt M" MCHMiuF N K^ièiLAiHK. — Le bruit rcspiratoire 
{»• ut diminuer d'inltMisite ou mè:ne dis[)arailre complètement. 

l'an> la t e^j'ii'ition f'nl>lc. la diminution p'Ute ordinairem»Mit sur les 
-i ux t' rnp> de ia respiration, mais [)lus spécialement sur le premier, et 
' II' id'* avec une l)^ie^ele plus i:rande du temps auquel on l'observe. Ses 
• .ii\\« It'rt's [u'UViiit varier tn ceseuS(|uele murmure, qu«dque kiible, parait 
\'A' iqii» ''.»;n >e pa>>»r t. 'Ut près de l'oreille, tandis que, d'autres fois, il 
?Mi.iiie pr :\.nd ft l-e/t el-»une: enfin, cette diniinu'.ion porte sur des 
e-jta- »'S plus ou n.«eins ri.Midus: le plus ordinairem^'ul permanente, elle 
p-Mit et pendant étr»' t]uel.j'i,ti.M^ passagère et mobile. 

L''< eau'^exdr- la diminut'MU «lu bruit respiratoire sonld»* plusieurs sortes. 
I.'' murmuiè vrsieult.r»- p ut éUv produit avec moins de force qu'à l'état 

G^-iettf des h»yitau.T. Pin- î^-" . 



SIGNES FOURNIS PAR LBS BRUITS RESPIRATOIRES. 09 

normal : il en est ainsi dans les maladies pendant lesquelles la dilatation 
da thorax s^opëre moins complètemenl, la pleurodynie par exemple. 
Du obstacle à la libre entrée de l'air dans les bronches, la trachée ou le 
larynx ; — la présence d'une tumeur ou dans les plèvres ou en dehors ; — 
un amas de tubercules des ganglions bronchiques ; — un anévrysme do 
Taorte, des kystes du poumon ; — le ralentissement de la respiration ; — la 
perméabilité moins grande des cellules pulmonaires, la congestion pulmo- 
naire chronique ou atélectasie chronique, produisent le même résultat. 

Dans d'autres circonstances, le murmure vésiculaire se produit avec la 
même intensité, mais la transmission n'en a pas lieu aussi facilement; 
l'interposition d'une couche de liquide ou d'un corps solide entre le pou- 
mon et l'oreille, un épanchement de gaz dans la cavité des plèvres, peuvent 
amener ce résultat. Le plus souvent, loi*sque cette diminution du bruit 
respiratoire existe au sommet du poumon, on peut croire qu'elle tient à 
une affection tuberculeuse ; quand, au contraire, c'est en bas qu'on la 
constate, elle annonce un épanchement de liquide dans la plèvre. On a vu 
des fausses membranes épaisses être la cause d'une diminution dans la 
transmission du bruit respiratoire. 

Cette diminution peut être plus ou moins considérable suivant la gravité 
ou l'étendue de la lésion organique. Il peut arriver môme qu'à un moment 
donné la respiration cesse tout à fait de se faire entendre, et que le silence 
soit complet; c'est Vabsence de murmure vésiculaire. Il en est ainsi dans 
les grands épauchements qui remplissent en entier la cavité pleurale ; dans 
certains cas de splénisation du poumon ; dans l'emphysème pulmonaire 
et dans la congestion pulmonaire chronique. Mais, dans les deux 
premiers cas, il y a matité à la percussion, tandis que dans l'emphy- 
sème, l'absence de tout murmure coïncide avec une exagération de la 
résonance thoracique. Laennec a constaté dans le catarrhe pulmonaire 
des absences complètes de murmure vésiculaire, variant de siège, d'éten- 
due, disparaissant quelquefois complètement, pour reparaître en d'autres 
points. Il pense que, dans ces cas, il y a obstruction momentanée de quel- 
ques rameaux bronchiques par la sécrétion visqueuse, tenace, qui accom- 
pagne cette affection. Enfin on observe encore cette suspension complète, 
mais passagère et mobile, du murmure vésiculaire dans les cas où un corps 
étranger, de moyen volume, a été introduit dans les voies aériennes. Les 
déplacements de ce corps sont indiqués par les changements de place et 
d'étendue du silence respiratoire constaté par Tauscultation. 

Il est entendu que, dans ce que je viens de dire, j'ai considéré la di- 
minution ou l'abolition du murmure respiratoire indépendamment de tous 
les autres phénomènes stéthoscopiques qui peuvent ôtre perçus. La pré- 
sence des autres bruits, tels que râles et souffles, quand il en existe, suffit 
le plus ordinairement pour indiquer, sans le moindre doute, la nature 
de la lésion qui produit ce changement dans l'intensité du murmure 
vésiculaire. 



70 MOYENS PHYSIQUES DEXPLORATION. 



II. - MODIFICATIONS DU TIMBRE DU RUUIT HESPIRATOIRR 

Co sont : la respiration rude^ le souffle bronchiquey le souffle caverneux ^ 
le souffle amphorique, etc. 

1" Respiration rude. 

J ai dit que la respiration, de simplement forte et puérile, pouvait de- 
venir rude. Cette rudesse, qui peut indiiïércmnient accompagner les deux 
bruits ou un seul, mais qui cependant se fait le plus souvent entendre pen- 
dant l'expiration, peut varier d'intensité, depuis le moment où elle est à 
peine appréciable jusqu'à celui où elle constitue un véritable bruit de 
souffle bronchique. Dans certaines circonstances, il existe une respiration 
rude de retour qui succède au souffle bronchique et qui établit la transition 
entre ce souffle bronchique et la respiration normale. 

Cette rudesse de la respiration est due à une diminution de souplesse 
des bronches, soit par suite de leur état de sécheresse, soit par Taccurau- 
lation du mucus à leur surface, soit enfin par des productions morbides 
du poumon ; elle indique, suivant les cas, et en tenant compte des phéno- 
mènes qui existent en même temps qu'elle, tantôt le premier degré de la 
bronchite, tantôt un commencement d'emphysème, une phthisie pulmo- 
naire à son début, quelquefois l'état hyperhémique qui précède la pneumo- 
nie franche. C'est principalement à une phthisie pulmonaire tuberculeuse 
ou à une pneumonie chronique que l'on doit songer lorsque la respiration 
rude existe depuis un temps assez long comme phénomène prédominant; 
lorsqu'on la rencontre au sommet de la poitrine et d'un côté seulement, 
on peut presque à coup sur la considérer comme l'indice de tubercules à 
l'étal cru. 

'1^ Souflle bronchique. 

Quand la rudesse du bruit respiratoire augmente beaucoup, il arrive un 
moment où l'on entend un véritable souffle analogue au bruit que Ton 
produit en aspirant et en soufflant tour à tour, avec force et rapidité, à Ira- 
vers la main arrondie en tube, ou dans un rouleau de papier. Ce bruit, 
désigné par Laennec sous les noms de souffle tubain' ou souffle If ron- 
chique^ — respiration soufflante^ se fait entendre pendant les deux bruits 
d'inspiration et d'expiration ; mais c'est dans ce dernier temps qu'on le 
trouve ordinairement le plus fort; c'est aussi pendant l'expiration qu'il 
existe tout d'abord. Le souffle bronchique est un phénomène continu, 
existant d'une manière permanente dans le même point du poumon, et il 
n'est pas sujet à des intermittences, comme le sont certains autres bruits 
pathologiques. Il peut être entendu dans toutes les parties de la poi- 
trine, mais de préférence dans les parties postérieures et inférieures du 



SIGNES POURNIS PAB LES BnUITS RESPIRATOIRES. 71 

poomon. II est plus ou moins superficiel ou profond, tantôt paraissant 
se produire immédiatement sous l'oreille, tantôt semblant arriver de fort 
loin. 

La cause de sa production est l'augmentation de densité du poumon, 
comprimé, dans ses parties les moins résistantes, par un épanche - 
ment, ou hépatisé par la pneumonie, ou induré par les tubercules, le 
tout avec conservation du calibre des bronches. De ces dispositions 
résulte une impossibilité pour les cellules aériennes de se déplisser, et, par 
suite, le murmure vésiculaire se trouve aboli. Le retentissement de l'air 
dans les principales divisions bronchiques constitue le souffle, dont l'inten- 
sité est en rapport avec l'étendue des dispositions physiques que je viens 
de signaler, avec la proximité du point où se produit le bruit anormal, et 
enfin avec le silence des régions environnantes. Il peut être en partie 
marqué par la persistance du murmure vésiculaire dans une lame de 
poumon interposée entre la partie indurée et l'oreille, et l'on comprend 
même qu'il puisse y avoir des circonstances, dans la pneumonie centrale 
par exemple, où le souffle existe réellement, sans être perçu par l'observa- 
teur. Dans ce cas, il est complètement couvert par le murmure vésiculaire 
normal. 

Le souffle bronchique caractérise de nombreuses affections que je vais 
passer en revue d'après leur ordre de fréquence. 

Le second et le troisième degré de la pneumonie, caractérisés par l'état 
d*hépatisaiion rouge ou grise du tissu pulmonaire, tiennent le premier rang 
parmi les affections dans lesquelles on constate la présence du souffle bron- 
chique. Ici, sont rassemblées au plus haut degré les conditions favorables 
à la production du phénomène : la fréquence de la respiration est aug- 
mentée; la densité du tissu pulmonaire hépatisé est beaucoup plus grande, 
et le son se propage de la manière la plus directe aux parois thoraciques 
sur lesquelles est appliquée l'oreille. Le souffle varie suivant l'étendue 
Je la partie hépatisée du poumon, le degré d'hépatisation et la situation 
plus ou moins profonde du mal, selon que la pneumonie est superfi- 
cielle ou centrale. 

La respiration bronchique peut se faire entendre dans la pneumonie 
chronique, — dans l'infiltration tuberculeuse, — dans les affections du 
poumon où existe une compression de cet organe par une couche de li- 
quide encore peu épaisse, par des productions solides, cancéreuses, méla- 
niques, etc., dans l'œdème et dans l'hémorrhagie du poumon : mais ce 
sont des cas exceptionnels, et dans ces deux dernières itialadieson y observe 
beaucoup plus souvent de la crépitation. 

La dilatation des bronches donne lieu fréquemment au souffle bron- 
chique, mais presque toujours ce souffle présente un caractère caverneux 
particulier. Il y a, dans les cas où on l'observe, une abondante expectora- 
tion, une résonance normale du thorax, et surtout la santé générale ne 
parait pas être sensiblement altérée. 

On entend assez souvent le bruit de souffle bronchique dans la phthisie 



II..-],!- liiiiiiidc-, yiii- nu iii,,;i:- .lit .;..!-iiil>, l'ij [irnil Jii.; nu.', dans ces ca^, 
L- \-~l |>!ul'.! ii;i.' n .jijiMi;.-(i nul.' .-î v.ii"'!!-.- ijiiiiii î.juIII-' lubitirf vt-rî- 
!.ii'i'-. i'''[»'L,<i iiiL l.<i'~,|iir rnitilii'.aioti liilv-i\'ii!i'iL>i> a eiiviiiii on tout un 
|...uiihiii, -.1] l.mi lin l..lv, Ir ^-iilll. I.l-..ikI,;,|ii.- alors *-■ iviiouiitri- d'une 
iiMiiiiie ti.>< iii.ii.ni.i-: iiuii> !■ u-.;iiiM.- li.-s |i|i.Tii.ini'Tit-i i:éiitraux el les 
iiiiytiilaiLa-- luKiiij.iiMiMiivi'. .nT'i-'iit. !.' |mii- iuuvt-iH. jjiiur éclairer le 
dia^uujlic. 

F.iiliii !.■ M^iîtl.- luli.iiiv .-M .iii-i ,|ii. !,],;. II.,- \\n >,,nr tl.^iaiichemenl de 
li.jiii !■■ JJll^ I.i iMMi,' iU- Li |il,M.', l..r-.|ii.- [(■ |".ii;ini;i ii'.-sl iju'à dfini 
i. uii.iiiiK' el mir lr> -nn>,> tnuii.li... iv-l.-)il iniiii.Miil..-: iio- litiv. .m 
ie i. iii.>iilrei!.iri<l.\ i.lriuvMe. m.û- in..i;i> — u^.■ll! .|ii. liall^ l'hopatisili^m 

liai iKun-; il •■-\ (nu liiI.'lim'. jh ii ili-;ii( t. -■ ilr-j,ku-e lurs^UI- le 

ni.il.Lili' ih.iii,-.' ij.- ]i. .-1111111. Il 1-1 j.;ni.ii^ If'.'!!- 'i" ii.-iiilatjuii, el .^^'ac- 
e..!iiiM^f... d lui- :ii,i!ile d. la l'.ulu' [...-l-ii. un- du \..\k- iiilmciir du 
|,..;i(iui:i.Eii m.-iii- li'iiiiis la vma ,iIÏiv ii;i ..u.uM. .l'^i.. .■Iciiinie cIk- 

A...:-,Ui ^:-ulll- I.Miiiil.i.iii.'.iu. ;',-uUed,- la m1,i.>',,.iii dr lair dans k's 
lnL.i;,li,s .Mhi|,niiio-, uu ,nl.uii,.- dv li>Mi .U' |i...iii,nM iudiir.-. il va 
d'aulivï M.iilii ■> iiui >.■ |iri.dui?ei;l .laii,- de> .■.uidili.iiL- dilleiviiles : ainsi 
..n n.Email y\v.~\. ,u> ^al i.l,-> d. .,.,;;!.. ,^.^i^m■e. ^nu> I.-. „.!„> d,- ^t.«//I^ 



L.' MK*//»". r u .'(■»< HJ-. ïeuiliLiLilf a celui .|iie I mii [irodiiirait en souniant 

riuilii- I, iiLi,.-. a l„u iii,liiuiireni.ia peiidaiil r;ii>iiiiM!k.u .■! (.^'il bnirexpi- 
i.il,..ii , M.ii ^.. .r li.ihihiid .>! I,- V .iiiinel ,1,- la i^.ainiJi- : il --t iKrniani-iit, 

lti..:ia:M' ,l,ilis l.i li.nti.ll,' esl |i,i;iiU.i'. 11 e-l ;>;,.,lml i.ar !,■ ivleulisjeint'nt 
du IilIuI i];ii' jn. ami l.i lolniiii.' ,; ,i i iii-]iii-.' , i iAjiIh' d.ili- \[lh- eM'aVJition 
iliiiii- ..^i.iui.' i-lTiiihie i-ivii.M',' ù.ui- le- |i,.a'i,.'ij- .ai .laii> li-s bri.iiclies 

iMiLs i-i- la-, il i.uil i]ue le p.aiiiiou ne Miil y.i- < ni u lueiil aplali contre la 
lie. Il esld'auKiiLl plus lui! ,nu' 1. -e.oilej du puUIIKiii sonl 
respiraliuu jiiu^ vapiile. le- e. luiauiiieali^uis de la caverne 
■s iduslar^e.. L- >.ai:ne ea\, ii„aK iiidi.jue le plus sou^onl 
' e.neriie \n.' lui.- par 1,. f.nile d, > li;!i..,euie>. el. dans ce 
lee du tiruil lie p. a ;, !,■. le s.i-_e ilu M'iillie au -unilllet de la 
senl >uIl^i^^,■l aa. illl d.Mlle, Si ,.i, Ir eiHi-tale au milieu i.U 

unum, il peal >e i.iUa,iier a la u>i ni.uikui d'une iomi<iui\ 



SIGNES FOURNIS PAR LES RALES RESPIRATOIRES. 73 

dans ce dernier cas, la fétidité de Thaleine indique que l'on a affaire à un 
foyer gangreneux. 

Il existe aussi quelquefois dans la pleurésie et simule tout à fait celui 
qui existe dans la phthisie tuberculeuse (Barthez, Landouzy). C'est alors 
un effet de gargouillement bronchique se transmettant à Toreille de Tobser- 
Tûteur à travers le poumon comprimé par une large couche de liquide, et 
il s'accompagne alors d'une broncho-égophonie qui permet habituellement 
d'en distinguer l'origine pleurétique inflammatoire. 

Indiquons en passant un phénomène excessivement rare, signalé par 
Laennec sous le nom de souffle voilé, et dans lequel il semble que chaque 
mouvement respiratoire agite un voile interposé entre la caverne et 
Toreilie. Ce n'est qu'une des variétés du souffle caverneux, et il a la même 



siguilicaliou. 



4* Souffle amphorique. 



Le souffle amphorùiue n'est autre chose, qu'une exagération en quelque 
sorte du souffle caverneux ; on l'imite très bien en soufflant dans une 
carafe ou dans une grande cruche vides. Retentissant, à timbre métallique, 
ce bruit remplace le murmure vésiculaire; il est plus fort pendant Tinspi- 
ration que pendant l'expiration ; il est continu, circonscrit, atteint rapide- 
ment son maximum d'intensité, et peut finir par disparaître. Assez souvent, 
le tintement métallique coïncide avec lui. 

Ce phénomène a lieu lorsque l'air inspiré pénètre dans une vaste cavité 
creusée dans le tissu du poumon, et principalement lorsque cet air passe 
de la caverne dans la plèvre, à travers le poumon ulcéré et perforé, ce qui 
a lieu dans le pneumothorax. On l'observe aussi quelquefois dans la pleu- 
résie, lorsque le poumon n'est que modérément aplati contre la colonne 
Tertébrale. 11 indique donc ou une caverne très vaste en communication 
avec les bronches, ou un épanchement pleurétique, ou enfin un épanche- 
ment gaxeax dans la plèvre avec perforation du poumon; c'est cette der- 
nière lésion, le pneumothorax avec perforation pulmonaire, dont il est 
regardé comme le signe pathognomonique. Il peut disparaître momentané- 
ment, comme le souffle caverneux, si une cause accidentelle quelconque 
fenne la communication avec les bronches. Dans l'hydropueumothorax, 
ce souffle amphorique ne se fait entendre qu'au-dessus du niveau du 
liquide. 

$ s. — filcBeii r«arBl0 an dlasnoiitle iN^r !«• raie* reaplralolres. 

Outre les phénomènes que je viens de passer en revue, et qui sont de 
simples modifications du bruit respiratoire, on observe souvent dans la poi- 
trine, lorsque les poumons sont altérés par un état pathologique, des bruits 
anormaux que l'on a désignés sous le nom de râles. Tandis que ce mot, 
dans le langage vulgaire, n'est employé que pour désigner les bruits per- 



74 MOYENS PHYSIQUES D^EXPLORATION. 

co[)lil)l«^s à (lislaïu'i^ (jiii s<' produisent dans le larynx, la trarhée et Us 
i:ri)sst's hroiu'hcs dos aLM)nisanls, La<Minec. et, depuis lui, tous les médeejn^, 
ont désiirni' sous ce terme «( tous les iiruils contre nature que le passai:*^ 
de l'air, pendant l'acte respiratoire, peut produire, soit en traversant d^'^ 
liquides qui se trouvent dans les bronches ou dans le tissu pulmonaire, 
soit à raison d'un rétrécissement partiel des conduits aériens ». 

On divise les râles en deux grandes classes : l°les râles spcs ou vibrants, 
conjprenant comme variétés le riile sonore auju ou sibilant, et le râle 
grave ou ronflant; et :î* les râles humides on bulh'ur. 



I. - RALE3 SECS OU VIBRANTS. 

Le râh' sihihfnt est un sit'tlement musical, plus ou moins aiiru, qui 
accompai:ne ou masque le iuiiit ve>iculaire. 11 orcupe un point des pou- 
mons ou toute leur étendue. Tantôt il est de courte durée, tantôt plus pro- 
loniré, et il oiTre des nuances diverses (|ui rappellent des bruits bien 
connus et auxquels i»n »st instinctivement porté À le comparer : le siffle- 
ment ou piaulement, le bruit du vent à travers une serrure, le roucoule- 
ment d'une tourterelle, le bruit d'une soujuape. 

Le râle ronflant est plus irrave et ressemble au ronflement d*un homme 
endormi, au iiroirnement d'un cmbon, ou mieux encore au ronflement 
d'une corde de basse. Il est rare que ces deux râles sibilant et ronflant ou 
rlionchus n'existent pas ensemble dans divers points de la poitrine: ils 
alti'rneiit souvent, se remplacent l'un lautre, et ont tous les deux la 
même si::nilicalion, car ils ont un même caractère de sécheresse et de 
vii)ration indiquant la pre'sence d'un peu de mucus gluant à la surface de 
la nuupieiise bronchique. 

Souvent, lorsqu'ils sont intenses, principalement le râle ronflant, ils 
délermineiil un iViMuissement ajq)recial)le à la main appliquée sur les 
parois thoraciques. Il e>l rare (ju'ils soient circonscrits et limités; ordinai- 
riMuent ils se Tout entendie dans toute l'étendue de la poitrine; ou les 
trouve pendant rinsjùralion comme juiidant l'expiration: ils peuvent enfin 
disparaître ti>ut d'mx C(»up, a[>rès une stH ousse de toux, pour reparaître 
queKjues >ecoudt^> apre<, disparaîtr«* de mniveau, et se reproduire un peu 
plu> taid. La cau>e physique i^ii e^l e\ itl»Mnnienl le retrtH'issemenl partiel 
du calibrtMles tuyaux l>ionel\itjue<. Lacunec ptMisait que ce rétrécissement 
elaU pre>(|ue toujours ilù à un gonllcnieiit de la muqueuse pulmonaire. 
.Mais les inlermittenct^s lrt\]nenleN {\uc 1 on observe dans la production de 
ces rhonchus, leur dt'placement >oudaiu. leurs Nariat:»>ns de force, de siège, 
de timbre, portent plutôt a croire que U- ri Irecissemeut des parties de 
Tarbre bronchique où ils se produiNcnl tient a la présence des sécrétions 
morbides de celle muqueuse, qui peuNcnl auiimenler ou diminuer, se 
disimniilro nuMue n\omenlanemenl tout à f.iil : ces sécrétions 



SIGNES FOURNIS PAR LB8 RALBS RB8PIRAT0IRES. 75 

forment^ à l'intérieur des bronches, des obstacles sur lesquels Tair, en 
passant, détermine des vibrations plus ou moins fortes, suivant le dia- 
mètre des tuyaux bronchiqes. D'après Beau, le siège de l'obstacle à la 
libre circulation de Tair rendrait compte de la différence des tons. Les 
râles sibilants les plus aigus se passeraient dans les rameaux bronchiques 
les plus fins; les râles sonores dans ceux de moyen calibre, et enfin les 
râles ronflants et sonores graves dans les tuyaux les plus larges. Une cir- 
constance qui semblerait confirmer cette opinion, c'est que les râles sibi- 
lants sont les plus étendus, et les râles ronflants les plus rares; or les 
rameaux Inronchiques d'un petit diamètre sont bien plus nombreux que 
ceux d'un calibre moyen et considérable. 

Les râles sonores, sibilant ou ronflant, peuvent être entendus dans 
plusieurs maladies, soit des bronches, soit du parenchyme pulmonaire, 
principalement dans les phlegmasies catarrhales des bronches, aiguës ou 
chroniques, lorsque la sécrétion muqueuse est peu abondante ou n'est pas 
eDoore établie ; — dans la bronchite, dans l'emphysème pulmonaire et 
cardiaque; — ils sont plus rares dans les cas de compression des 
cooduits aérifères par des tumeurs ganglionnaires ou anévrysmales 
situées sur leur trajet. Tous ces états pathologiques ont pour élément 
commun le rétrécissement momentané ou permanent d'un ou de plu- 
sieurs points des voies aériennes. Il n'est pas rare de rencontrer les râles 
sonores dans la pneumonie, dans la phthisie pulmonaire, où ils niasquent 
quelquefois les bruits patbognomoniques et empêchent de porter un dia- 
gnostic certain. 

Dans les affections que l'on a rangées sous le nom de fièvre typhoïde^ les 
râles sibilant et ronflant (bronchite typhoïde) sont tellement fréquents, 
que quelques médecins les ont considérés comme faisant partie du cortège 
sjmptomatologique obligé de la maladie, et conmie se rattachant à la 
même cause que celle qui produit la fièvre typhoïde. 

En résumé, si les râles ronflant et sibilant peuvent s'observer dans 
beaucoup de maladies des organes respiratoires, ils indiquent essentiel- 
kment la bronchite compliquant ces maladies, et, seuls, ils indiquent 
infailliblement la phlegmasie delà muqueuse des bronches. 



IL — RALES HUMIDES OU BULLBUX. 

Les rdles humides ou huileux se divisent en trois groupes : 1<* râle 
frépitant; — 2» râle sous-crépitant ou muqueux; — et 3*» râle caverneux^ 
ou gargouillement. On leur donne le nom d^ râles bulleux^ parce qu'ils 
produisent à l'oreille la sensation d'une bulle plus au moins grosse que 
formerait l'air en passant au travers d'un liquide, et qui viendrait éclater à 
^ surface. 

Râle crépitant. — Le bruit que Ton entend dans les points où existe le 



76 MOYENS PHYSIQUES 1>*EXI'L0RATI0\. 

râle crépitani ressemhle, dit LaeniK^c, au briiil que produit du sel que Tuii 
fait décivpiler dans une bassine placée sur le feu, ou que Ton projette sur 
des charbons ardents. Une des meilleures comparaisons que Ton ait pu 
faire pour en donner une idée exacte, est celle de la sensation que fait 
éprouver le froissement d'une mèche de cheveux entre les doigts; le bruit 
d'expansion d'une éponge humide le représente encore assez exacte- 
ment. 

Le râle crépitant est composé de petites bulles sèches, égales en volume, 
très nombreuses et extrêmement (ines. Il se fait entendre exclusivement 
dans l'inspiration, et presque toujours pendant toute Tinspiration. Quel- 
quefois, chez les sujets (|ui ne respirent pas profondément, soit qu'une 
douleur pleurétique leur fasse dinnnuer l'ampleur des mouvements respi- 
ratoires, soit qu'une faiblesse résullant de leur état de maladie ne leur 
permette pas de dilater suffisamment la poitrine, on n'entend que peu et 
incomplètement cette line crépitation. 11 est alors nécessaire, pour rendre 
le phénomène évident, de faire tousser le malade ; à la secousse de toux 
succède forcément une profonde insjuration, pendant laquelle le râle cré- 
pitant se produit d'une manière évidente. Contrairement aux autres râles, 
qui disparaissent souvent ou qui sont modifiés après l'expectoration ou 
après la toux, le râle crépitant persiste. 

Il existe tantôt seul, tantôt accompagné du souffle bronchique, ou même, 
mais rarejnent, de quelques autres râles. On le rencontre le plus souvent 
à la partie postérieure et inférieure d'un àes poumons, quelquefois il 
s'entend dans les deux organes, rarement au sommet; dans ce dernier cas, 
il indique une pneumonie qui passe pour être plus grave que la pneumonie 
de la base. // est presque exclusivement propre au premier degré de la 
pneumonie, c'est-à-dire à la période d'engouement et de congestion in- 
llannnatoire du poumon ; aussi n'est-il pas très commun de l'observer dans 
les hôpitaux, à moins (|ue ce ne soit chez des sujets pris incidemment de 
pneumonie dans les ^alles où ils sont entrés pour une autre affection, ou 
chez des malades dont la pneumom'e gagne en étendue, car il peut se faire 
qu'une inflammation du parenchyme pulmonaire existe au second degré 
dans un point, et que, dans un autre, elle ne fasse que commencer. Lors- 
que la pneumonie est en voie de résolution, le souflle tubaire disparaît peu 
à peu et est remplacé au fur et à mesure par une nouvelle apparition de râle 
crépitant (ju'on appelle râle crépitant de retour (rhonchus crepitansredux)^ 
qui lui-même diminue d'intensité, d'étendue, et linit par faire place au 
murnmre vésiculaire normal. 

Il est certaines pleurésies sèches dans lesquelles existe, au début, un 
frottement pleuralyunv lequel je reviendrai plus loin, et qui imite, presque 
à s'y méprendre, le râle crépitant. Enfin, lorsqu'il existe à la fois pleuré- 
sie et pneumonie, les bruits de frottement caractéristiques de la phlegma- 
sie de la plèvre, peuvent se combiner avec la crépitation; mais, dans ces 
CM. il Mt nregque toujours facile de faire la part de l'une et de l'autre 



SIGNES FOURNIS PAR LES RALES RESPIRATOIRES. 77 

La cause physique généraiemeut admise de la production du râle 
crépitant est celle qui a été indiquée par Laennec, c'est-à-dire le passage 
de l'air à travers les liquides contenus dans les vésicules pulmonaires. 
Cependant je dois mentionner Texplication donnée par Beau^ et qui, 
« elle n*est pas la plus répandue, a pu cependant paraître assez bien fondée 
pour que plusieurs observateurs habiles s*y soient ralliés. Beau considère 
le râle crépitant comme produit par le déplissemcnt et le froissement des 
vésicules pulmonaires desséchées par TinOammation à sa première période, 
comme Font prouvé les recherches de Marandel. Beau donne pour preuve 
de sa théorie le résultat qui se produit lorsqu'on insuffle un poumon de 
rooQton que Ton a laissé se dessécher modérément. En appliquant l'oreille 
sor le Ussu pulmonaire au moment où l'air entre dans les bronches, on 
ealendrail, suivant lui, un bruit tout à fait analogue à la crépitation. A 
«la on a répondu, non sans raison, qu'il n'existe pas d'analogie entre ce 
qui se passe dans une muqueuse enflammée et ce qui se produit sur un 
poumon presque sec; puis, surtout, que les diflerences de viscosité et 
d'abondance des crachats qui sont rendus dans la pneumonie, au moment 
00 l'on constate la présence du râle crépitant, répondent assez bien aux 
noances que l'on observe entre les divers degrés de sécheresse ou d'humi- 
dité du râle crépitant, etc. Je persiste donc à croire, avec Laennec, 
qne c'est au passage de l'air à travers les mucosités des vésicules pulmo- 
naires qu'il faut attribuer la production du râle crépitant. 

Le râle crépitant, surtout lorsqu'il est très sec, est presque uniquement 
p^rçu dans la pneumonie au premier degré. Le râle de retour, que j'ai 
dit être caractéristique de la résolution de la pneumonie^ et qui sur- 
Tient après la disparition du souffle bronchique, est en général plus 
bamide, à bulles plus grosses. Cependant il est des cas d' œdème du poumon^ 
i^apopkxie pulmonaire ^ dans lesquels on rencontre quelquefois du râle 
crépitant. — Les phénomènes généraux, les caractères de l'expectoration, 
devront être pris en sérieuse considération lorsqu'il s'agira d'établir un 
diagnostic dans des cas qui pourraient présenter quelque doute. Mais on 
peut dire en thèse générale que, vu Textréme fréquence de la pblegmasie 
da poumon opposée à la rareté de l'oedème et de l'apoplexie de cet organe, 
le rftle crépitant sec bien tranché est le signe pathognomonique de la 
pneumonie au premier degré. 

AUe sou$<répitant. — Le râle sous-crépitant, auquel beaucoup de 
médecins donnent encore aujourd'hui le nom de râle muquetAX^ est plus 
gros et plus humide. Il ressemble au bruit que l'on produit en soufflant 
avec un chalumeau dans de l'eau de savon. Le bruit varie, dans cette 
expérience, suivant le diamètre du chalumeau, la force de l'insufflation et 
la densité du liquide. Le râle sous-crépitant présente plusieurs variétés 
sons le rapport du volume et du nombre de ses bulles : 1* le râle sous- 
ftépitant fin , qui se rapproche du râle crépitant par sa ténuité et son 
ibondance, et par cette circonstance que c'est surtout pendant l'inspiration 
qu'il se bit entendre : 2* le râle sous-crépitant moyen, dont les bulles sont 



1^ MOYENS PHYSIOUES 1)*EXPL0JUTI0N. 

plus volumineuses, inuiiis nombreuses, et s'enleiideiit plus fréquemnienl 
pendant les deux temps de la respiration: 3'' enfin le (jros râle sotfs-rrf*jn- 
tfint, à huiles volumineuses, inéirales, rares, constituant un véritable 
gargouillement. 

Os variét(\s, on le comprend, sont toujours un peu arbitrairement établies, 
et il est <iillicile de bien les séparer Tune de l'autre. Klles existent cependant, 
et il est facile de se rendre compte des circonstances qui favorisent la 
production de ces diverses espèces de râles : j'y reviendrai à roccasion de 
chacun d'eux, mais je dois dire que, généralement permanents, ces râles 
sont un peu moins lixes que le râle crépitant sec, et (ju'ils se déplacent 
ou disparaissent même complètement après une secousse de toux ou 
l'expulsion de quelques crachats. Leur force est proporlionîiée à la quantité 
des liquides contenus dans les bronches et à l'énergie des mouvements 
respiratoires. C'est à la partie postérieure et intérieure des poumons, des 
deux côtés à la fois, qu'on les entend le plus ordinairement dans la 
broncho- pneumonie, dans la bronchite ca|)illaire, dans la pneumonie 
typhoïde, etc. Au contraire, dans les cas où ils sont lies à une affection 
bronchique tuberculeuse, ils se produisent de préférence dans les points 
de prédilection des tubercules, c'est-à-dire aux sommets des poumons, 
sous la clavicule ou dans les fosses sus-épineuses. 

La cause physique de ces râles est la même que celle que j'ai indiquée 
plus baut : c'est toujours la présence d'un peu de liquide dans les tuyaux 
bronchiques capillaires, et le passage de l'air à travers ces liquides, de 
quelque nature qu'ils soient, mucosités, sang ou pus. .l'ai dit aussi que le 
volume d(\s bulles dépendait un peu de la viscosité et de rabondance des 
liquides bronchiques, mais surtout du diamètre des tuyaux bronchiques. 
En effet, le râle sous-crepitant se passe dans les vésicules aériennes et 
dans les bronches capillaires. 

Disons seulement, et comme caractères distinctifs des trois variétés du 
râle sous-crépitant, que le sous-crépi tant fin, presipie identiquement le 
même que le râle crépitant, en est différencié par cette circonstance capi- 
tale, à savoir, que le râle crépitant ne se fait entendre que pendant l'inspi- 
ration, tandis que le sous-crépitant lin est perçu pendant l'inspiration et 
pendant l'expiration. Le gros râb* sous-crépitant se distingue du râle 
caverneux {)ar cette considération, que l'on n'entend guère ce dernier sans 
percevoir en même temps la respiration ou la voix caverneuse. Quant au 
sous-crépitant moyen, que des nuances bien peu tranchées sépareront . 
quelquefois des deux autres, c'est à des circonstances accessoires qu'il 
faudra s'adresser pour en déterminer l'existence : à cet égard, le siège du 
râle doit surtout être pris en sérieuse considération. 

Il est des cas où le diagnostic différentiel devient fort diflicile, sinon 

hkipossible, les râles se trouvant mélangés par suite des états morbides 

-^^nlexes de l'appareil respiratoire. Je n*en veux donner qu'un exemple. 

^ impossible que dans un même poumon existent simultanément 

^ toie pneumonie au premier degré; alors on entendra dans 



SIGNRS FOURNIS PAR LES RALES RESPIRATOIRES. 79 

le même côté de la poitrine, et dans des points qui pourront ne pas être très 
éloignés, du râle crépitant et des rfties sous-crépitants de différentes 
groMeurs, suivant l'étendue des cavernes^ le degré plus ou moins avancé 
de la fonte des tubercules. 

Le râle sous-crépitant peut donc être considéré comme Tun dés prin- 
cipaux phénomènes de toutes les affeetlons tyronchiques dans lesquelles il 
y a hypersécrétion des liquides fournis par la muqueuse des bronches; 
bronchite à la seconde période, — dilatation des bronches, — catarrhe de 
la muqueuse pulmonaire; on le rencontre également dans certaines 
Tonnes de congestion et dans Tapoplexie pulmonaire, — dans l'hémopty- 
sie; — enfin, dans la phthisie tuberculeuse, au moment où commence 
la fonte des tubercules. Alors, comme je le dirai un peu plus loin, il se 
présente surtout à Tétat de eraquements humides, isolés, ayant pour siège 
la partie du poumon occupée par les tubercules en voie de ramollissement. 
Mais, je le répète, dans presque tous les cas, la présence du ràle sous- 
crépitant seul, à petites ou à grosses bulles, n'aurait pas une significa- 
tion asses absolue pour permettre de porter un diagnostic, si Ton ne tenait 
compte et du point où on l'entend, et des circonstances individuelles, et 
des antécédents du malade. 

Bâle muqueuoû. — Lorsque les bulles de râles qui éclatent sous Toreille 
ont le earactère de grosses bulles inégales et humides, plus ou moins nom- 
iN^uses, c*esl ce que Ton appelle le rdle muquêux. Il s'observe également 
dans la bronchite chronique de Tasthme cardiaque et de Temphysème avec 
OQ sans dilatation des bronches, dans certains cas de pleurésie compliquée 
de sécrétion bronchique, dans la coqueluche, dans la broncho-pneumo- 
nie, etc. 

MU eacemêux m gargouiUêmmt. — La troisième espèce des rfties 
kamides est celle que l'on désigne sous le nom de rdle caverneux ou gar^ 
i^Ument. Il est constitué par des bulles grosses, de volume variable, 
peu abondantes, et toujours mêlées de respiration caverneuse. C'est cette 
colocidence de la respiration caverneuse qui forme son caractère distinctif, 
et permet de le distinguer du râle muqueux à grosses bulles ou gros sous- 
crépitant. Comme les variétés du râle sous-crépitant, on Tentend pendant 
les deux mouvements respiratoires; il est quelquefois, mais rarement, 
perceptible à distance, et souvent le malade en a conscience, surtout lors- 
qu il se prodoit au sommet du poumon, ce qui est le cas le plus ordi- 
naire. 

Son intensité est en rapport avec la quantité de liquide que contient la 
caverne; en général, il est permanent; cependant quelques secousses de 
toux, suivies d'une expectoration abondante, peuvent le faire disparaître 
momentanément, et alors il est remplacé par la respiration caverneuse. 
Quelquefois encore un obstacle passager à la pénétration de l'air dans la 
caverne l'empêche de se produire ; mais il sulîit d'une grande inspiration 
ou d'une secousse de toux pour le faire reparaître. J'ai dit, et je n'ai pas 
besoin d'insister sur ce point, que son lieu d'élection est le sommet d'un 



S(l MOYFNS PHY>Iori> Hl.Xl'LOKATION. 

OU tit'>(Irux pouiiioiis: chose facile à oomprciidre, pui><|ue là e>t le .s:r_c 
le pliks rré(|iieiit des cav(Mn<'S tuberculeuses. 

Pour (|ue le râle caverneux se produise, il osl de loule iiécossilé(ju'il 
existe au sein du tissu pulmonaire une excavaliini conltMiant une certaine 
quantité de liquide et dans laciuelle l'air puisse lihremiMit pénétrer. Le 
bruit est le re>ultat du passaize de l'air au travers de la couche de liquide, 
et se produit de la même façon (jne celui que l'on détermine en souillant 
par un chalumeau dans de l'eau de savon un peu r'paisse. Ici le bruit i-^t 
auirnient»' juir le retentissement contre les parois de la caverne. Si le 
iHjuiile diminue de (juanlite, \v râle caverneux cesse de se faire entendre 
jusqu'à ce que la caverne soit de nouveau suflisamment remplie. 

Onelquefois les conditions d'abondance suftisanle de rKjuide existent, et 
cependant le râle ca^erneux n'est pas perçu; ceci j)eut se rencontrer dans 
les cas ou les tuyaux bronchiques par les(]uels l'air arrive dans la caverne 
viemienl s'ouvrir au-des>us du niveau du liquide. 

Il e>t enlin des circon>tances exceptionnelles où le râle caverneux se 
pre>enle avec des caraclei'cs [)articuliers. Chomel a siirnalédes cas où l'on 
entend un irr(.»s raie humide ijni se propa.:e dans une i:rande étendue de la 
poitrine, toujours seml)lal)le quant à la forme, mais avec une intensité 
proirressivemenl di'croi>sante: ce phenomèui' e>t dû à l'existence de cavi- 
tc> tuberculeu>es avec induration du ti>su pulmonaire environnant, qui 
fait oflice de conducteur du son à une distance souvent considérable du 
lieu où il est produit. 

Le même médecin a rencontre encore, dans une portion considérable 
ou dans la totalité d'un C('>te de la poitrine, en même temps (|u*un son 
mat, un i^arizouillement manifeste et partout le même quant à son inten- 
Nil«' et a sa forme. Il a pu se convaincre par lobservaticm necroscopique 
que ce phénomène dépendait de Texistenc»' .simultanée d'un epanchement 
pl(Hnvti(|ue et dune caverne pulmonau'e séparée de la plèvre par une 
ch»ison fort mince. Le liquidt^ «'pancht' dans la plèvre est encore ici Tagent 
(|ui transmet à t()ut un côte tle la poitrine le bruit (|ui se pro<]uit dans la 
cavitt* tuberculeuse. 

('.(unnie l'indique son nom. le râle caverneux ou iiarirouillement est le 
siiine habituel d'une excavation pulmonaire, résultant le plus ordinaire- 
ment di* la fonte ilune masse tuberculeuse, quelqut^fois. mais plus rare- 
ment, d'un abcès, dun foyer apoplectique ou f:an::r<Mieux du poumon. Dans 
le dernier cas, l'odeur caract(Mi>li(]UtMl(^ la-MUirreuf lèvera tt)us les doutes: 
dan.s les cas d'abcès ou de fo\er apoplectique, le diairnostic devra se coni- 
pKier parTetuib» et l'appréciation des circon>lances acces.soires olïertes par 
le malade. Il faut cepemlant saNoirqut* le i:ari:ouillement existe ailleurs 
que dans les excaNalii»ns pnlmonau«\s produisant la j>hthisie. On le ren- 
contre aussi dans la dnalat'nm (ir< A/ (-/..•,,- v «/,-•: /<'.< ricillards atteints 
d'a>lhme et d'iMnph)sènh\ et dans la pieuroic aii:ue lorsque l'épanché- 
ment compriuie à denn \c pounh»n O'^uiiic/, II. Landouzv). Dans ces 
cas, lo bruit >e passe dans h\s i:ro.sst\s bronches renijilies de mucosités. 



SIGNES FOURNIS PAR LE CRAQUEMENT. 81 

et il se transmet à travers le poumon aplati sous la couche d'eau qui le 
recouvre (1). 

Une nuance du râle caverneux est désignée sous le nom de râle caver- 
nuleux. Ce râle présente les mêmes caractères que le précédent, sauf que 
les bulles sont plus petites, et que leur timbre est un peu plus clair. Nous 
serions disposé à penser, avec plusieurs observateurs distingués, que ce bruit 
n'est autre chose qu'un râle muqueux ou sous-crépitant borné au som- 
met du poumon, et indiquant Texistence de petites cavernes tubercu- 
leuses. 

Des craque menls. — Pour terminer ce qui a trait aux bruits anormaux 
de la respiration, désignés sous le nom de râle ou rhonchus^ nous devons 
dire un moi d'un bruit particulier qui n'est ni assez tranché ni assez 
constant pour mériter le nom de râle, et que l'on a désigné sous celui de 
craquement. 

Souvent sec, le plus ordinairement humide, il se rapproche du râle sous- 
crépitant, avec lequel du reste on peut le confondre sans inconvénient pour 
la pratique. Le craqtiement s'entend à la fin de chaque inspiration. Quand 
il se produit au sommet du poumon et qu'il est seCf il fait présumer le plus 
souvent l'existence de tubercules crus, et lorsqu'il est humide^ il est le 
si^ne de tubercules en voie de ramollissement. Il ne persiste jamais très 
longtemps chez le même sujet, et est bientôt remplacé par le râle caver- 
neux et la respiration caverneuse. 

Je ne crois cependant pas qu'il faille attribuer cette signification grave à 
l'existence des craquements pulmonaii*es, car ils existent ailleurs que dans 
le début de la phthisie tuberculeuse, notamment dans la congestion pul- 
monaire chronique, maladie infiniment moins sérieuse (2). 

Le bruit du craquement sec présente lui-même bien des variétés que 
Ion a essayé de caractériser par les dénominations de froissement pulmo- 
naire^ bruit de soupape, cri plaintifs bruit de cuir neuf. Ces variétés 
coïncident presque constamment avec les phénomènes de la phthisie à ses 
premières périodes. 

Déplissement pulmonaire. — A côté de ces bruits de craquement, il 
faut mentionner le bruit de déplissement pulmonaire qui n'a rien de patho- 
logique. 

On l'observe chez les sujets sains. Quand un homme couché sur le dos 
vient de se réveiller et qu'on le fait asseoir sur son lit pour l'ausculter, sa 
première inspiration est souvent accompagnée d'une bordée de râles cré- 
pitants fins. Les inspirations suivantes ne présentent rien de pareil. C'était 
le poumon affaissé sur lui-môme par la pesanteur qui venait de se déplis- 
!>er et de se remplir .par une inspiration profonde. 



<1) H. Landoiuy, Mémoire sur le gargouillement produit dans la pleurésie aiguë. Reims, 

\mi. 

{t) E. Bouchut, Mémoire sur la congestion pulmonaire chronique simulant la phthisie au 
premier degré {Gaiet!e des hôpitaux. Puris, 1862). 

B. — DiAGïiosTic. r> 



>v-2 M'Y!>- J'H^-Ivrt-^ l'"EXI'I."nvTI«».V. 



s 4. - «isiic« fourni*» au dias;no«cie par le rroCtemenl pleoral. 

L>an< lï'lat de santé parlaile, lê> d^/iix feuillets d^"» la m^'iribrane séreu>e 
\:\\ tapi-S'.' les paixtis thora iiiu^-s tt r^vèl l^-s poumons sont lisses, recou- 
veiîs «l'une K.'-ere humiditr*, et. pendant l»-s ni<«uv»'in»"'nls altemalib 
d"^^\{- i::>i<'n et d»^ rr'imiti<i:i pulniun. lires, ils -:!i--^nt l'un sur l'autre de la 
nian:'!'' la ; 'us re-:ulicr«', liplus silène:» use, t^n nii-on inûme de la netteté 
i!- l'Ur ^'::lv.*-. 

L<'»rs ;'n-. pirune cir-«.»iislanee (|uek'.«nque, cette surfaee perd de son 
poli et Jh Son hniMiiitr\ eoinme il arrive le plus souvent, par exemple, au 
premi'^r d^^-rie de riritlammali«»n de la pKnTe, il se pnxluit, comme l'a 
in i: ;•;»*' La -iKie'-, ::n hru'l j.lu- <.u nî<'ins apprrridhl'.-. suivant Tétendue 
01 1 .nt-ns't'/ d»* I.i'.tr^ràli-'n, »•{ que l-'U d^^i-rn^ <mu> U- nom de frot- 
*'■'.. lit ^'. ur'^ <> bruit, ordinairr/nnnl assez nippr<:tche de l'oreille de 
r.-ih-»Tv-it» ur. r'^s-t-nihl^- à e-lui \\w pivduirait.nî d'Ux rorps de densité 
:n y-Mi'-. f'r-'.îar.t l'un o-.'nîr»- lautre av^-,; asst.z d». !»-nî»ur: il oITre dans 
? i; .:.: limite tous It.s dt^-:r'-< que It-n p»'Ut s'ipp'""*»r ^^xist»T depuis le frôle- 
r/.eni le plus K-^rer jusqu'au Ir-'ltn-nit i.t le \\'is- <'\\ ^t »'n quelque .«^orte le 
plus ; jrrK-'mift'\ Dans cr.' d^'m:»-» «as. il [• ut aniv^/rque la main appli- 
q;i'. '-' ^ur '.e^ parois dv la p^'itrin»^ ^-n ait parf.i'.l-n.onî la >ensatiun, et il est 
îare q•^aI:•l^'' a »'e p-'int !e m lîade n't-n ait pas c<»nscienee. 

L-- p!::s S"uvt^nt, il C'.êneid»* avt .» le pr^-mir-r l'-m:»^ <ie la respiration, 
qu»! |U'-î"is avr'c les d'-ux. :u»!n'!.t .ivf^e U >t:c^.nd >eul: c'est ce qu'on 
r.?;»r !'• le bruit de /•••f' • ne t,{ '<'.•/< ' »/. ' '•! .' ^f>tiî inf. Il est presque tou- 
; • /. > ii.l'.iin.'/.'Ul. plus ..«u î:v':!;s :':..'!■>!. _:e : il sen.b"-* se composer d'une 
s rie d'' v:a l'i'înents jui lui inipriiurr.: ww <ariel''>- lomme saccadé. 
rd-:ouie'.:-':îî.ent. il p îî ."te p :'..u da!.> :■ us !t'- p-'inî-^ d»- la poitrine, sauf 
pe'.ît-t.tiv au x'nnu't. «••.; :l,Nî:ir.. ; îr..:;<< .. >: surtout a la partie movenne, 
liV'.alo ou poster!', ure .lu'^r. 1- rr:.< î.îLe. ><'n r-î^-ndue t-sl variable, il est 
^- ::- ra'.env-n: ass»\' liniilt-: vr-v.ndi:/. ". i."--: {t^raie d^' trouver des cas 
-u il se fait enU :: ire .ia:î> [presque t.'U ui. c'-tt- du thorax. C'est du reste 
un p'n'iuenèu'.- isole, m-i. p^uidaut d>^ î.^ute aut>" rnôi'ti' aîijn des bruits 
rc-p rat.'Tes.et qui iw sa<'e.er.:.a-:. .• i:i. .*.:>. :n»,:;: [\]f d'une absence ou 
dune di'ninutiv»n du murmure %••>;. ulairr- JjU'î î>^r »is **n trouve, en 
mè:i>^ temps que le î'rvltenient pleura!, qu- :-.i- s b.:ll-s de crépitation fine, 
l.'isqu-^ le p:.:n:er de^ri- d» ia p!..u:*r >ie >'.^ e.'!npa-:!.e d'une pneumonie 
co:uu\en.\\nte , mais le plus > vave:.\ ,i < yi- '-s bruits anormaux qui se 
pnxiuisetit dans le poumon se font tiit-. ujre. :Is a't«s rrbent et cou>Tenl le 
frottement pleural. 

Li durtv du tVolîement p'eural, qui s'^naîe !e d- but de la pleurésie, 
n'est ^u> tivs longue : elle est de quelques \urs, car le bruit disparaît avec 
lepvinehement: mais, après la résolut e:.. !.:s,:ju' 1 se pr lui:, w^ qui n'ar- 
rive fvis toujours, il p' :>î>tt'ass-v j lon^î ^'.nps. ,.; rsm-*'Ur' ju '. n'r»\i>te plus 
aucun si-Uic ^êniiul <.t a.îvuu ar.t-.v > ..iie i v..! d-^ la phie«Tnasie séreuse. 



SIGNES FOURNIS PAR LK TINTEMENT MÉTALLIQUE. 83 

La cause physique du frottement pleural est le contact et le glissement 
l'un sur l'autre des deux feuillets à la surface desquels se rencontrent des 
aspérités, soit qu'il y ait simple perte du poli des feuillets, soit, ce qui 
arrive le plus souvent, qu'il y ait des fausses membranes. Les varjétés 
de son que Ton constate par l'auscultation dans ces diverses circonstances 
dépendent de l'épaisseur, de la densité, de la sécheresse ou de Thumidité, 
de l'étendue des fausses membranes. Le plus ou moins d'épaisseur des 
parois thoraciques, dépendant de l'embonpoint des sujets, n'est pas 
sans influence sur l'intensité du frottement et sur la facilité de sa per- 
ception. 

Ce bruit ne peut guère être confondu avec aucun de ceux que j'ai déjà 
examinés. Son caractère superficiel, sa coïncidence principalement avec 
les mouvements d'ascension et de descente du poumon pendant l'expira- 
tion et l'inspiration, ne peuvent permettre de le confondre ni avec les râles, 
ni avec le craquement pulmonaire. 

Le frottement pleural a une signification bien tranchée. On l'observe 
à plusieurs périodes de la pleurésie. D'abord au début, alors que les deux 
feaillets de la séreuse, desséchés par l'inflammation commençante, sont 
privés de cette exhalation normale qui en facilite le glissement muet de 
létat de santé. A cette époque il est peu marqué ; c'est plutôt un frôlement 
qu'un frottement véritable, et encore si léger qu'il soit, il est peu fréquent 
de le constater, soit qu'en réalité il existe rarement alors, soit que l'on n'ait 
que dans bien peu de circonstances l'occasion d'assister au début d'une 
pleurésie. Le plus souvent on le rencontre lorsque l'épanchement pleuré- 
tique diminue, et que reparaissent le murmure vésiculaire et la sonorité; 
c'est alors un signe certain de la présence des fausses membranes. Quel-- 
qaefois, enfin, il est caractéristique d'une pleurésie tuberculeuse commen- 
çante, et il est produit par le frottement des granulations tuberculeuses 
pulmonaires contre le feuillet costal, soit sain, soit devenu lui-même le 
siège de productions de la même nature. C'est alors au sommet que l'on 
eutend plus particulièrement le frottement pleural, et l'on peut dire que, 
dans ce point de la poitrine, son apparition est ordinairement aussi 
fâcheuse pour le pronostic qu'elle est favorable dans les autres régions, 
au moment où disparaissent les signes d'un épanchement. 

1 s. — MsBes tmmruBm a« <lag«>atic par le MalemeBi méialUqae. 

Parmi les bruits anormaux de la respiration, il en est un qui appartient 
à la fois à la respiration, à la toux et à la voix, et que Tauscultation peut 
faire reconnaître dans chacun de ses trois actes : c'est celui que Laennec a 
lait connaître sous le nom de tintement métallique. C'est un bruit argentin, 
fnétalliquef éclatant, tout à fait semblable à celui que produirait, sur une 
coupe de métal ou de cristal, le choc léger d'une épingle ou la chute d'un 
petit grain de sable. Ce bruit peut oflfrir divers degrés d'intensité ; il peut être 
plus ou moins aigu, plus ou moins prolongé, plus ou moins retentissant. 



s» MOYKNS PHYSIQIKS 1»'kXPL0RATI(»N. 

H s'rntend surloul |)(Mi(iant rinspiration, mais il faut qu'elle soit pro- 
fonde cl un pou brusque. Ordinaironienl, il est nécessaire que le malade 
lousse ou parle, et alors, pour le percevoir nellemenl et facilement, on 
(loiluvoir soin de faire parler lentement, en faisant articuler chaque syllabe 
avec une certaine force; chaque son est suivi de la production du tintement 
métallique. D'autres fois encore, la toux est seule capable de le rendre 
appréciable. Dans certains cas, on ne peut entendre le phénomène tant 
(|ue le sujet reste couché; il suffit alors de le faire mettre debout ou sur son 
séant pour le faire apparaître. 

Le tintanient métallique est un phénomène assez inégal, intermittent 
dans beaucoup de circonstances, continu d'autres fois, et se laissant 
entendre dans toutes les positions du malade. II peut présenter toutes les 
variétés imaginables dt' force, de durée : superficiel ou lointain, circon- 
scrit ou étendu ; le lieu où il se ïa'\i le plus irénéralement et le plus volon- 
tiers entendre est la partie moyenne postérieure ou latérale du thorax; 
cependant il n'est pas rare de le constater au sommet de la poitrine. Louis 
Ta vu quel(|uefois changer de place et se faire entendre, au bout de quel- 
ques jours, dans un point plus élevé que celui où on Tavait notéd*abord. 
Il coïncide ordinairement avec une sonorité exagérée de la poitrine et avec 
la respiration amphorique; d'autres (oison le rencontre chez des sujets 
sur lesijut'ls on constate le bruit de pot fêle, la respiration et le râle caver- 
neux. 

La cause ph\sique du tintement métallique a occupé bien des obsen'a- 
ItHU's dt'puis les premiers travaux de Laennec jusqu'à ce jour, et nous 
croyons ne pas trop nous risquer en disant que. si les conditions dans les- 
quelles il se produit siuil bien connues, la théorie de sa production est 
ii>in d'être aussi avanctv. 

Pi>nr que le tinl-Muent métallique puisse se produire, il Hiut qu'il existe 
nue large cavitt^ (\»ntenant des gaz et des liijuides, et qu'un mouvement 
MMt imprime aux (luuies renfermes dans celte cavité. On rencontre C€s 
conditions dans divei"s étals patholi\i:iques offrant des altérations pulmo- 
naires analogues, mais assez distinctes dans leurs formes pour que la 
même théorie m^s >il pas applicable à ces différents cas. 

On irvHiNe b» tintement métallique : 1 dans l' h ydro pneumothorax 
>nnpK\ san> au^Mine cominunicalion de la cavité avec les bronches : ce cas 
t\si un de crux dont Ti xplii ation est la plus (obscure ; i' dans l'hydropueu- 
molborax, a>ec li>tule pulmonaire, établissant une communication entre 
la pléviv et le> bronches: ;» dans les cas d'exisleme d'une vaste excava- 
tion pulmonaire, contenant du liquide et des g-az, et comnmniquant larire- 
ment avec les ln>aux bronchujues. 

h'après Laonnec. le tintement métallique esl un effet de la résonance 
de Tau a^Ue à la surface du liquide i^panehe dans la plèvre, ou de la chute 
d'une goutte d'eau delachtcdu >oinmel de la eaMle pleurale sur la couche 
de liquuie amas>e à la partie la plu> deehve, liM^que le malade se met à 
MUi MMUt ou >e lè>e deb »ul. P\ipiè> lVr»ee. ,iîi .intraiiH', et pour Heau, le 



SIG.NKS FOURNIS PAR LA SUCCdSSlON TIlORAr.IQlJK. 85 

tintement métallique ne se produit que dans le cas de caverne communi- 
quant avec la plèvre par une fistule pleurale ; et lorsque le malade respire, 
tousse ou parle, Tair s'échappe à travers la fistule pulmonaire, en traver- 
sant le liquide épanché, pour se rendre à sa surface sous forme de bulles 
qui, en crevant, détermineraient ainsi le bruit métallique. Il est nécessaire, 
dans ce cas, que l'orifice de la fistule pulmonaire, ou la communication 
bnmchique avec la caverne remplie de pus très liquide, soient situés au- 
dessous de la surface du liquide. Dans le cas où la fistule pulmonaire 
existe au-dessus du liquide, on explique la production du tintement 
métallique par une bulle d'air déplaçant le mucus collé à l'orifice de la 
listole. Enfin, d'autres observateurs ont pensé que le tintement n'est autre 
chose que la résonance d'un râle muqueux ou caverneux dans une 
caverne spacieuse à la faveur d'une communication établie entre cette 
cavité et les bronches. 

Ce n'est pas le lieu de chercher à approfondir ces théories et d'apprécier 
ce qu'il peut y avoir de vrai dans chacune d'elles ; mais, sauf l'explication 
de Laennec, qui est défectueuse, les autres rendent compte du phénomène 
d'après l'application raisonnable des lois physiques, et doivent être accep- 
tées. Ce qu'il importe surtout de faire connalti^, c'est lu signification 
pathologique déco bruit anomal. 

Le tintement métallique qui est fort et distinct, constaté dans le dos à la 
partie moyenne de la hauteur du thorax, dans une grande étendue, et coïn- 
cidant avec la respiration amphorique, indique un pneumothorax. Moins 
fort et moins distinct, limité au sommet, coïncidant avec la respiration ca- 
verneuse ou le gargouillement (gros râle sous-crépi tant), il indiquera plutôt 
une excavation pulmonaire. Quant à l'existence du pneumothorax simple, 
sans épanchement de liquide dans la cavité pleurale, il constitue un 
lait tellement rare, que, dans l'immense majorité des cas, ce n'est pas 
an pneumothorax, mais un hydropneumothorax qui révèle le tintement 
métallique. 

$ •. — mi %mmm fearala aa dlasa««tle iN^r la iHi«eiuwl«B tliariieHiae. 



AU moment où fut découverte l'auscultation, quelques-uns de ces 
hommes qui prétendent toujours tout trouver dans les anciens auteurs 
^étendirent que l'auscultation était connue d'Hippocrate, et exhumèrent 
un passage oublié de ses œuvres, dans lequel on vit en effet un phénomène 
important d'auscultation, insuffisant toutefois pour amoindrir la gloire de 
Laennec, puisqu il resta démontré qu'Hippocrate n'en connaissait pas 
davantage. Ce phénomène le voici : 

Si l'on applique l'oreille sur la poitrine d'un sujet atteint d'un épanche- 
ment liquide et gazeux dans la plèvre, et qu'en môme temps une autre per- 
sonne, saisissant le malade par les épaules, lui imprime de légères 
secousses, l'observateur entendra un bruit particulier semblable à une 
sorte de cliquetis produit par le choc d'un liquide, à celui, par exemple, 



S6 MOYENS PHYSIQITKS iVkXPLORATION. 

(}iio l'on (L'iennine en agitant une carafe à demi remplie d'eau. La produc- 
lion de ce pliénom»'ne, appi^lé surcusiotf hipjiorralifjiffy peut encore a\(Mr 
lieu loi\s(|ue Ton recommande au malade de s'agiter un peu brusquement 
et d'imprimer lui-même à son corps quelques secousses. Le bruit p»'ul 
être assez fort pour être perçu par des personnes autres que celle qui a 
l'oreille sur le thorax du sujet, et souvent le malade en accuse une sen- 
sation distincte. 

Il est entendu que le phénomène produit par la succussion thoraciquf 
varie d'intensité, de timbre, suivant la quantité' de liquide et de gaz con- 
tenue dans la poitrine et les proportions des fluides entre eux, enlin suivant 
la force des secousses imprimées au tronc. 

Si Ton n'y portait pas une attenticm soutenue, il serait quelquefois 
possible de confondre ce bruit avec celui qui se produit dans l'estomac de 
certains sujets, lorsqu'il n existe à la fois et des gaz et des liquides. On sait 
que beaucoup de personnes, des femmes surtout, sont sujettes à ces sortes 
de gargouillements stomacaux ou intestinaux, (|ui augmentent notablement 
lors(|u'on agite un peu vivement le tronc. Il suffira, pour reconnaître? la 
dillérence du siège, d'appliquer successivement l'oreille, pendant la pro- 
duction du bruit, sur la région de l'estomac et sur la poitrine. 

La condition nécessaire à la production de la fluctuation thoracique est 
la présence simultanée, dans la cavité de la plèvre, d'une assez grande 
(|uantilé de gaz et de liquide. Le bruit de fluctuation est déterminé par le 
choc du liquide contre les parois, et par la collision de ses molécules dans 
une atmosphère gazeuse. 

On a dit que ce bruit pouvait se produire dans une vaste caverne pul- 
monaire à demi renjplie de gaz et de liquides : mais ceci doit être exces- 
sivement rare, en raison et de la position profonde de la caverne, qui 
est environnée de toutes parts de tissu pulmonaire, mou et bien moins 
résistant que la cage thoracique, et de la consistance du liquide, qui est 
toujours pins dense et plus visqueux que le liquide des épanchements 
pleuraux. 

Le bruit de fluctuation produit par la succussion thoracique est donc, 
dans rimmense majorité des cas, toujours pourrait-on même affirmer, le 
signe d'un épanchement liquide et gazeux dans la plèvre, c'est-à-dire 
un hydropneutHotliorax ; et si, comme il arrive presque constamment, il 
coïncide avec une respiration amphorique, il ne peut rester aucun doute 
sur l'existence d'une perforation pulmonaire. 

<:i 9. — NiicnoM fournlM nu diaffno!>»tic par Ic^ toriiit de vibration niélalllque 

ou Mon d'airain. 

La résonnance métallique du thorax ou bruit d'airain est un nouveau 
phénojnène d'auscullulion plessimétricpie important pour le diagnostic du 
pneun)othorax. Lorsque, chez un malade dont la plèvre renferme une 
grande quantité d'air, on ausculte d'un c(Ué, tandis qu'on percute soi- 



SIGNES FOURNIS PAR LA VIBRATION THORACIQUE. 87 

même dn oAté opposé avec les doigte ; ou bien lorsqu'ane autre personne 
percute en arrière sur le plessimètre ou avec deux sous frappés Tun sur 
l'autre, si Ton écoute^ est en avant, Toreille saisit à chaque coup un son de 
viliratîoD métallique, ou bruit d^airain. Ce bruit est comparable à celui 
d*an petit ballon de caoutdiouc rempli d'air et que Ton percute après l'avoir 
mis sur son oreille. C'est un phénomène qui résulte de la vibration de l'air 
dans un sac fortement distendu, et c'est un bon signe du pneumothorax. 
D a été plus d'une fois constaté sur les malades. Je l'ai constaté moi- 
même; il peut se joindre aux autres signes dont je viens de parler, et je ne 
doute pas que de nouvelles observations ne viennent confirmer son impor- 
tance. 



et par le relenMMienievt 4e lu Tels. 

Dans l'émission de la voix à l'état normal, il se produit deux sortes de 
phénomènes. Au dehors, elle retentit avec des différences de timbre, d'in- 
tensité, qui ne doivent pas m'occuper ici, mais, par les tuyaux bronchiques, 
elle retentit en même temps à l'intérieur de la poitrine ou sur ses parois, 
et elle y détermine des vibrations sensibles sous la main et des bruits qui 
Tarient selon la région où l'on ausculte. 

Le retentissement de la voix sous Voreille varie suivant les régions que 
Ton ausculte. D'autant plus prononcé que l'on se rapproche davantage du 
larynx, il est d'autant plus faible qu'on s'éloigne des grès tuyaux bron- 
chiques; et il donne en général à l'oreille la même sensation dans les points 
correspondante des deux côtés de la poitrine, sauf peut-être au sommet du 
poumon droit, ob il est plus fort, en raison du diamètre considérable de la 
bronche principale de ce côté. 

n varie également suivant l'ampleur de la poitrine et l'épaisseur des 
parois thoraciques ; mais une des conditions qui contribuent le plus à 
modifier ce retentissement, c'est sans contredit la force et le timbre de la 
voix. Plus le timbre de la voix est bas, plus le retentissement est marqué ; 
il est presque nul chez les femmes et chez les sujets à voix haute et grêle. 

Chez rhomme malade, les circonstences que je viens d'examiner chan- 
gent beaucoup, et, avec elles, les phénomènes que j'ai signalés. De plus, 
le retentissement de la voix engendre des bruite anormaux qu'il est indis- 
pensable d'étudier. Ainsi je parlerai : 1* de la vibration des côtes, et 2* des 
bniite anormaux dus au retentissement de la voix, qui sont : la broncho- 
pikoatf, Végophonie et la peetoriloquie bruyante ou aphone, 

1. -— DK LA VIBRATION VOCALE A TRAVERS LES CÔTES. 

Quand pn malade parle^ la vibration des côtes sous la main augmente 
lorsque le tissu du poumon est devenu, par le fait d'un étet morbide, plus 
dense et m<ûns perméable à l'air, et cela dans le point correspondant à 
Valtératioa nu^térielle. C'est un fait qu'on observe surtout dans la pneumo- 



HS MoviiNs i»insK>ri:s d'i-XPlouation. 

nio, cl (jiie j'ai sii^nalc coiiiiiuî utile au diagnostic de cette maladie el de h 
pleunsie chez les enfants. On l'observe éiialement chez l'adulte. — La 
vil)rali()n thoracique cesse complèlenient dans la pleurésie, lorsqu'il s'est 
fail dans la poitrine un épanchementde liquide, qui empêche rébranlement 
de la voix d\Hre transmis aux parties solides du thorax. 

Onant au retentissement de la voix per^u par Toreille applicjuée sur la 
|)oitiine, il peut subir d'importantes modilications : il peut diminuer, cesser 
complètement, ou être remplacé par des bruits spéciaux (bronchophonie, 
éiiophonie, pectorilo(juie, voix métallique) que je vais faire connaître et 
(jui sont en rapport avec certains états morbides particuliers. 

II. — DE l.A nilONClIOl'llOMK. 

La bronchophonie est un bruit que Laennec a découvert par l'auscul- 
tation et qui est <^aractérisé par une résonance éclatante, très forte et 
anormale de la voix dans lïntérieur de la poitrine. 

ihi distiniiue plusieurs espèces ou variéles de bronchophonie : tantôt 
c'est une simple exa^^h\ition du bruit naturel de la voix ; d'autres fois c'est 
une vibration nette, franche, sèche, semblable au bruit de Tair passant à 
travers un tube métalli(jue : tant<>l enfin, son timbre est ai^rre, comme 
chevrotant, c'est un mélanine de bronchophonie et d'é^ophonie d'où la 
broHcliO'i'gopliofnr. Dans ces modilications, la voix est forte, superlicielle, 
mais n'ariive cependant pas à l'oreille avec netteté, comme dans la peclo- 
rilo(|uie; elle est plus dilTuse, et surtout se distinirue de cette dernière par 
l'absence di\s bruits de la respn-ation et du râle caverneux. Le caractère 
particulier du ( hevrotcment dans lép^phonie ne permet pas n(m plus de 
confondre l'cuophonie avec la voix bronchiijue: il iw. pourrait y avoir de 
doute que lorsque la voix bronchicjue prend le caractère broncho-égopho- 
nique dont j'ai parlé: mais alors la lixite du siège de la bronchophonie, 
qui reste toujours le méme,tandis(|ueceluide renophoniechange suivant les 
positions du malade, permet encore d'établir une dilTerence bien marquée. 

Les piMuls dans lesijuels on entend le plus souvent la bronchophonir 
sont les parties postérieures et latérales du thorax. Lorsqu'elle existe en 
avant, ce «jui est loin d'être fréquent, c'j'st presque toujours sous la clavi- 
cule qu'il laut la chercher. 

Kniin, son étendue est variable et dépend de celle de la lésion anatomique. 
(Juebjuefois elle se fait entendre dans un esj)ace circonscrit et elle a des 
limites tranchées: d'autres fois cette résonance va s'alTaiblissanl el se 
perd dune manière insensible. 

Lt> plus (M'dinaircment la bronchoj)honie coïncide avec la respiration 
broni bique, ('.es deux phtMionicncs, détermines par les mêmes lésions, ont 
une sii:nitiiatii>n patholoiriqu»^ scmblal)lc. lis annoncent un diamètre plus 
i^rand des bronches ou ils se piiuluisent, et une densité plus grande du 
parenchyme pulnumaire : altérations dej)endant ou d'une dilatation d«*s 
briinches, circonstan«'e (]ni c^t la plus rarr. nu dune induration puimo- 



SIGNES FOURNIS PAR LA VIBRATION THORACIQrE. 8t) 

itaire de nature tuberculeuse, apoplectique ou pneumonique. La première 
et la dernière de ces trois affections étant les plus communes, il s'ensuit 
que la bronchopbonie est un des signes presque pathognomoniques de la 
congestion pulmonaire chronique, de la tuberculisation commençante , 
d*une pneumonie aiguë parvenue à la seconde ou à la troisième période, 
ou enfin d'une pneumonie chronique. La marche de la maladie, le lieu où 
Ion entend la bronchophonie, la coexistence des autres symptômes suffisent 
le plus souvent pour permettre d'éviter toute erreur. Je renvoie pour 
do plus amples détails, à ce qui a été dit de la respiration puérile et de 
la respiration bronchique. 

11 arrive quelquefois que Ton entende la bronchophonie dans des cas de 
pleurésie avec épanchement ; mais alors elle n'est pas aussi franche et aussi 
neUe que lorsqu'il y a pneumonie avec hépatisation pulmonaire. Elle prend 
le caractère chevrotant de broncho-égophonie que j'ai indiqué plus haut; de 
plus, elle dure moins longtemps et elle paraît moins superficielle que dans la 
pneumonie ; enfin il peut arriver qu'elle se déplace lorsque Ton fait changer 
de position au malade, le liquide tendant toujours à rester dans les points les 
plus déclives. Ces cas sont très rares ; et, si chez un sujet dans la poitrine 
duquel on a constaté un épanchement on entend la bronchophonie forte et 
rapprochée de l'oreille^ on sera en droit de conclure à Texistence d'une 
induration pulmonaire, en même temps qu'à celle d'une pleurésie, c'est-à- 
dire à une pleuropneumonie. 

III. — DE L'ÉGOPHONIE. 

Le phénomène découvert par Laennec et auquel il a donné le nom d'^90- 
Ithonie consiste en une résonance particulière de la voix, d'un timbre 
assez aigre, ti*emblotanle, saccadée, qui n'est pas sans quelque analogie 
avec le bêlement d'une chèvre, ou que l'on comparerait plus justement 
encore avec la voix de polichinelle, telle que les bateleurs la produi- 
M^nt en mettant entre les dents un jeton, ou le petit instrument appelé 
pratique. 

L'égophonie varie d'intensité et quelquefois aussi de caractère, suivant 
les points où elle se fait entendre. Dans le voisinage des grosses bronches, 
en arrière par exemple, elle offre un retentissement remarquable. L'égo- 
phonie accompagne la voix elle-même au moment où elle se produit ; 
c'est le cas le plus ordinaire. Cependant il peut arriver aussi qu'elle 
soit distincte de l'articulation des sons, et que l'on entende, en deux 
temps, la résonance vocale et le retentissement égophonique ; enfin il est 
des circonstances où le chevrotement vient à la suite du son articulé 
œmme un véritable écho. J'ai dit, en parlant de la bronchophonie, qu'elle 
était superficielle et semblait se produire sous l'oreille même ou sous le 
stéthoscope. L'égophonie est toujours assez éloignée et paratt être assez 
profonde; cest là un des caractères dont il faudra tenir compte dans les 
ras douteux où il faudra faire un diagnostic différentiel. J'ai indiqué le 



00 MOYENS PHYSIQUES DEXPLORATION. 

in()V(»n (le reconiiaîln' les cas où les deux modificalions de la voix se Iroii- 
vent réunies et se combinent ensemble pour constituer la broncho-é^'opho- 
nie. Celte variété, que l'expérience seule apprend à reconnaître, est au 
moins aussi commune, sinon plus, que Té^'ophonie pure. 

I/éi::ophonie a scm lieu d'élection à la partie postérieure et moyenne do 
la poitrine, dans la réjiion de la fos^e sous-épineuse, quelquefois un peu 
plus i)as. Il est assez rare de l'entendre en avant et sur les cotés; cependant, 
comme i)ien d'autres ohsiM'valeurs, je Tai constatée en avant el en haut, 
presijue sous !a clavicule. — L'étendue dans laquelle on la constate le plus 
ordinairement est assez limitée; c'est environ un espace de 1() à 12 centi- 
mètres carrés; et l'on peut dire sans crainte de se tromper, que, 
dans presque tous les cas oîi elle est plus étendue, c'est près de l'angle infé- 
rieur de l'omoplate (|u'eile a son maximum d'intensité. — La position du 
malade qui est la plus favoiai)le à sa production est la position assise: 
mais il arrive queI(|uefois qu'en faisant ehani^er le malade de position, le 
sièue di' l'ei^ophonie varie, ce dont rend compte la tendance qu'a le liquide 
contenu dans la plèvre à se porter toujours vers les points les plus déclives, 
lorsqu'il n'y a pas d'adhérences qui s'opposent à son déplacement. Celle 
variation dans le lieu de production de l'é^ophonie est un si*îne qui pt-r- 
met de la distinizuer des autres altérations de la résonance de la voix, 
telles (|ue la hroneliophonieou la pectoriloquie, qui ne se déplacent jamais. 

l/existenee de l'éiiophonie eoïneide toujours avec la respiration ou soufll»' 
hrt)nehi(|ue, et avec l'absence du nuu'mure vésiculaire et de la vibration 
vocale pereeptihlt' à la main, appliquée sur les parois de la poitrine. Il 
n'e>t pas lVe(|iient de l'observer des deux cotes. Au début (b' la pleurésie, 
le temps pendant lequel t>n entend de rcixopbonie est ordinairement assez 
court: il varie de trois à six ou sept jours au plus; puis le phénomène 
( esse de se produire et il reparaît quelquefois vers la lin delà maladie. Cette 
reapparition tient à la circonstance >uivante : pour (jue l'é^ophonie se 
produise, il est nécessaire (|ue rt^panehement ne soit pas extrêmement 
ciïnsideiable ; elle existe donc au début de l'alïection, alors que la quantité 
de li(|uide e>t Huniioere: si repaueheinenl devient très abondant, elle cesse 
d'avoir lieu: mais, lorsque le liquide diminue par suite de sa résorption 
partielle, l(*s conditions de résonance redevenant les mêmes qu'au com- 
meiuemenl de la [)leuresie, le chevrotement reparaît pour cesser détinitive- 
ment lorsque Unit le lii|uide a disparu. 

Laennei* e\pli(|uait l'é^t^phonie par l'aplatissement des tuyaux bron- 
chiques comprimes par un epaïuhemenl de liquide dans la cavité de la 
plèvre, el par l'agitation dt* la surface liu liquide déterminée par les vibra- 
tions Simone. Il pensait, et cette h\polhese, fort plausible, a été admise 
par les auteurs qui st» >ont occupes d'auscultation. (|ue cet aplatissement 
des bn»nches les laisail ressembler à des instruments à anche, basson ou 
hautbois, dans lesquels le son est toujours empreint d'un certain caractère 
do chevrotement, 

Ut^ tout lY que je viens de dire, il rtv^ulle que la signiiication patho- 



SIGNES FOUANIS PAR LA VIBRATION THORACIQUB. M 

logique de l'égophonie est des plus simples. Elle annonce constam- 
ment la présence d'une certaine quantité de liquide dans la plèv»|, et sa 
▼aleur est d'autant plus grande que le phénomène est plus manifeste. 
Presque toujours, c'est à la pleurésie aiguë qu'il faut rattacher cet épan- 
chemeni, le chevrotement de la voix étant plus rare dans la pleurésie 
chronique et dans ce que Ton est convenu d'appeler Vhydrothorax. 

Cependant de Tabsence du phénomène il ne faudrait pas conclure à la 
non-existence de l'épancheroent pieurétique; si le liquide est très abondant 
et comprime entièrement le poumon, l'égophonie ne se produit pas ; de 
même, si l'épanchement est limité par des adhérences ou des fausses 
membranes, elle pourra manquer. Si son existence est un signe positif 
certain, sa non-existence n'est pas un signe négatif absolu. 

Si la modification de ia voix se rapproche de la bronchophonie, ou se 
mélange avec elle, cette broncho-égophonie sera l'indice d!\me pleuropneur 
monte, au diagnostic de laquelle viendra aider une réaction fébrile très 
intense, toujours plus forte dans la pneumonie franche que dans la pleu- 
résie simple. La coexistence de quelques bulles de râle crépitant, ne 
ferait que confirmer la pensée de cette complication. 

Enfin,dan8 quelques cas rai*es, on aconstatérexistencede l'égophonie chez 
des sujets aflectés de péricardite avec épanchement; mais ce sont là de ces 
exceptions auxquelles il faudrait se garder d'accorder une valeur trop grande. 

Chez quelques individus, et surtout chez des vieilles femmes, dont la 
Toix a naturellement un timbre chevrotant, on pourrait quelquefois croire 
à Texistence d'une égophonie qui, en réalité, n'existe pas. Cette circon* 
stance a été probablement une des raisons qui ont porté Chomel à dire 
qu'il ne saurait accorder à l'égophonie toute l'importance que Laennec lui 
attribue, ni la considérer comme pathognomonique d'un épanchement 
dans la plèvre. Dans ces cas, l'auscultation comparative de la résonance 
roeale des deux côtés suffira pour éviter toute erreur. S'il existe d'un seul 
côté, le chevrotement est pathologique; s'il est perçu des deux côtés égale- 
ment, avec conservation de la sonorité normale, c'est un phénomène naturel. 

rV. — DE LA PECTORILOaUIB. 

La pectoriloquie ou voix caverneuse^ découverte par Laennec, est une 
résonance non plus de la voix, mais de la parole elle-même. C'est une 
transmission directe du son articulé qui semble sortir de la poitrine et 
passer dans l'oreille ou dans le tube du stéthoscope. C'est avec cet instru- 
nient qu'on l'apprécie le plus distinctement; cependant avec un peu d'ha- 
bitude, on parvient, avec l'oreille, à la reconnaître aussi facilement que 
les autres bruits de la voix. 

Laennec a dû admettre trois sortes de pectoriloquie : c l'une parfaite, 
caractérisée par la transmission évidente de la voix à travers le stéthoscope, 
par l'exacte circonscription du phénomène et des signes que la toux, le 
râle et la respiration donnent en même temps. > 



\^t MoVK.NS I'IIV>.igri> li'KXl'LimATION. 

L«s <li'ii\ aiilrrs r>j)r(:<s, la pect()ril<K|uie iiiiparraile et la peeloriloquio 
doiiliMisr*, roiisislrnl si-iilcmcnt (iaiis la transmission du son, sans (jue l.i 
paroir noii haiilcinrnl arliciilre, v\ ont pins ou moins de rapports avec la 
lnonclioplioiiic, (!<• hupidlc rlles ne se distinguent que par des bii:nes 
arnssoiirs tin*s de iV-lat ^«înéral, de la marche de la maladie, du 
sH'^'r, etc. On parvirndra le plus souvent à dislin'îuer ces deux ordres de 
phénomènes l'un de Tanlre en rélléehissaiil (|ue dans la hronchophouit'. 
le rrliMilissi-meiit est plus éelalaiit que dans la pectoriloquie, qu'il est aussi 
moins riironsi ril, tandis (pie dans cette dernière ou limite facilement h* 
champ dt' produclion du phénomène, lecjuel est plus local et borné en 
<pieh|ur s(nlt' au point du p<»umon (•(►rn^spondant à l'altération analomiqu**. 

Pour (|ue la pectoriloipiie se produis»', il fiiul (ju'il existe dans le poumon 
une l'a vile tie grandmn* moynne, dont les parois soient suffisamment 
«lenscs. (pii soit complèlemenl vide, ipii communique librement avec un 
ow plusieurs ln>;ui\ hronchi(|ues, ne soit j)as trop profondément siluet* 
dans Tepaisseur du parenchyme: (Milin il est nécessaire que la partie 
lorrespinidaiile à la caverne soit adhérente aux côtés. De plus, il faut (jue 
le uialade ail iMicore assez de lorce pour pouvoir parler à haute voix; la 
piuioriliH|uie ne si» produira pas dans ces cas de phlhisie laryncée où la 
Noi\ est l'ieintc, non plus que chez, ces sujets tellement épuisés par la 
maladie (pi'ds ne s'expriment plus qu'à voix hasst'. 

l.es eondilii>ns qui s'opposent à la priuiuclion de la pecloriloquie sont les 
cu^'oustaMies tout à lait i»f>[H>MVS aux précédentes. Si Texcavation puliiio- 
nau\» est h\»p ptiile, le reulorcement île la voix sera à peine sensible; si 
elh^ est li\»p iirande. au conirauw et que les parois eu soient flasques, 
niolK^s. ou si elle est centrale, v\ si les c^'iumunicalious avec les bronchas 
sont ol^tniecN, il wk^ pvunra \ aNi»ir de NvV,\ ea\unr::sè. 

le NUi;e pniM|ul de la '^^ v lunloquu" est la ;kirlie supérieure et an té- 
i I, ui\^ de la isv;-. :iîe ; ee;ve:\ià:,: ^ !'e p< ;il s\ nît :. i:v ..ià!;s luus les points ou 
!e v^^vr.v.v^r. cnI euniM' d'iir.e v.o. : :.e viaus .^s v\'V..i.; ••::> que j'ai indiquées. 

la j\\ iv^! !xs;;î'>e i^^ut vi;>Ai:;À!::v ir. ::v;".:.\:.t "..ci;t, lorsque la cavité de 
; v\i\ei -.e xe :vr;;^' '. dv^ *:;.u;;n. '., :>■;.: -_ c ; :: c:-: ::- :.'. sriileuiml une cer- 
.> 'ev:;i,r^; ;.- e; !/:^o-^^ - ^ ^^ •'•';;:•; .^: . • > >: :.v^ :::^s avec l'excavation 
v^ -, . ;» \t^\'N,\;; .:.v...;,u -.:_>.; \ s,: .>. ^ : '....t. 11 suîlil alors de 
S'*-^ ... s V \ ,N .:. ,. .:\ .\ .: .;'\ . \ a\ .. -... . ;;; ;.- .si:ri.>><^ lès b^.»nehe^ 
-*< '* '^ X. ;x ,M . :\ ., .; - - ,..~À ::- i \ v caverneuse. 

'. î \\ ./ .\;, . ,> r> À.\ ' • r' " -' > - ^^ v;•.^'mr'UX ou de 

" './. X i ..:vvv > r.. .s. ;. .'. C-. •- -. : - ; - - .- ::.i::;ue Texis- 

'- A^ ,. . V .^ V / N . . w . . • ■ i "'.:». 7 À . . tr de masses 

.. X \, .^v.s -i \ .>^ .^ .V- .. ^ - . ,r.. ^r^ ::- ^<r iu paren- 

v>>"-,\ ,x^ .vwv ,'' . • i » .\ -. ; ^ V :i.» .;> :... j.j.rA:enl suc- 
vxw j. ^v^ ^ ^ >"^ A.v cv ^ . .\ , . > i : :> ^ . - : ^:> . ir.^ls c^vM est 

'A^N M Vv ss vi ' vi V ,* V N ,\x ,jv :f •*. v> ' : . .* .i ^ . \ n rSl aUSsi 



SIGNES FOURNIS PAR LA VIBRATION THORACigUE. 93 

patkogHomonique des excavations tuberculeuses ou autres du pou- 
mon. 

Quand la pectoriloquie a le caractère de la voix métallique j elle indique 
ïhyiropneumoihorax. 

Pectoriloquie aphone. — Lorsqu'on tient Toreille appliquée sur le thorax, 
au niveau d'un épanchement pleural abondant, et qu'on fait parler le malade 
à voix basse, en lui ordonnant de prononcer sans bruit du bout des lèvres; 
il semble que le malade chuchote dans Toreille de l'auscultateur. C'est la 
pectoriloquie aphone. 

La pectoriloquie aphone signalée par Bacelli comme indiquant la nature 
séreuse des épanchements pleuréliques de la pleurésie et pouvant les faire 
distinguer des épanchements purulents, n'est pas un phénomène auquel 
on doive se fier. 11 peut induire en erreur. 

Là pectoriloquie aphone est un phénomène à rechercher non plus seu- 
lement dans la pleurésie où il n'a que peu d'importance, mais dans toutes 
les maladies du poumon où il y a induration et tuberculose du tissu. 
D'après Budin, Vassilesço, Grégoire, etc., il donne des résultats plus im- 
portants dans le diagnostic des lésions pulmonaires que dans celui des 
épanchements de la plèvre. 

Lorsqu'il n'y a encore que de l'induration pulmonaire, ou plutôt de l'in- 
filtration tuberculeuse sans ramollissement et sans excavations, on trouve 
la pectoriloquie aphone associée à la rudesse de la respiration, à l'expira- 
tion prolongée, aux craquements et à la bronchophonie. 

De même quand il y a des cavernes on trouve la pectoriloquie aphone 
associée à la respiration caverneuse ou amphorique, au gargouillement et 
à one bronchophonie intense. Dans ces deux conditions, le retentissement 
de la voix muette n'ajoute que peu aux notions fournies par les signes 
courants de l'auscultation, mais elle n'en est pas moins intéressante et 
Qtile à signaler. Dans un grand nombre de cas, en effet, l'existence des 
lésions n'est pas tellement éridente qu'il ne soit utile d'avoir un signe de 
plus et, en somme, dans le cas même où ce signe n'aurait qu'une valeur 
très médiocre pour le diagnostic, il n'en serait pas moins intéressant à 
constater au point de vue de la symptomatologie pure. 

Li pectoriloquie aphone peut encore servir à trancher les questions de 
diagnostic importantes. iSi elle existe lorsqu'on trouve des signes évi- 
dents de tuberculose, il est naturel de supposer qu'elle doit exister aussi 
dans un certain nombre de cas plus douteux, et, en effet, chez plusieurs de 
nos malades, elle était infiniment plus nette que les autres signes et en par- 
ticulier que la bronchophonie. En sorte qu'on peut déjà dire que, dans les 
cas douteux, Texamen de la voix basse chuchotée pourra donner des résul- 
tats lorsqu'il est impossible de constater aucune différence entre le timbre 
de la voix haute auscultée des deux côtés. En somme, envisagée à ce 
point de vue, la pectoriloquie aphone est un signe qui se trouve en même 
temps que la bronchophonie, mais qui est beaucoup plus délicat, beau- 
coup plus facile à percevoir que lui, et rien qu'à ce titre elle mériterait 



il «liT roM ri\rr <*l iiirnj<! r«'r[i('irli»'r {\r pprlrreiice (laiis Irs cas douleux. 

l'.irriii ic-, i'A-> (loiiliiix, il ii'rn c^i pas (!<• plii> diflicilr, (!<' plus rn)har- 
ra.-.ant, (pu- rrlui H'* la tiilx-iriiiosc au (l«'l)iit : mais, pour [xmvoir iiivo- 
<pj«'r <<s <\«inpN> (le, IuIm r(ulr)>e au (l(d)nt. il faudrait examiner dos 
malades al(»r^<jucr<'\isl<'ncc d«'«> h'sioiis est «-nrore douteuse, not<Mehez eu\ 
la pn*>rM(r ou rabscur.c de la peetoriloquie aphone et constater par la 
niarrlir ullriirun' i\r la maladie si vr siime précède ou non les autres syni- 
plrMiM'sd'iuduialiou pulmonaire. Les <'ouditions dans lesquelles on voit h's 
maladrs dr riM'qjilal, ne prrmellrnt (pie diflicilenient celte recherche, et 
d'ailleurs, p<Mir qu'cllr lïil tout à lait démonstrative, il faudrait suivre les 
sujelN ptMidaut lon^rlemps. La question de savoir si la pcctoriloquie aphone 
exisle lies le déhui de la tuherculose reste donc un peu douteuse; mais s'il 
vs\ permis de e(ui(lure des faits d<uïl je vi<nis de parler, on peut supposer 
(pie ce si^iie existe déjà il une période très peu avancée de la maladie. 

Loisqu'(Ui se trouvera en prescMiee d'un malade dont Tétai général sera 
encore j'\<'elleut en apparence, mais (|ui se sentira un peu aiïaibli, qui 
toussera, chez letpnd on aura constaté une expiration un peu prolongée ou 
hieu (pielqnes era(|nements à l'un des sommets, il faudra toujours faire 
l'auseultatiou de la vi)i\ aphone. Si la pcctoriloquie aphone existe, elle 
pourra trancher la qu(sti(m eu faveur de la tuherculose au début: si, au 
c(mlraire, elle maïupic, c'est (jue les lésions seront ou nulles ou bii'ii 
h^t^ères. et Ton povnra supposer jusqu'à plus ample informé (ju'il s'agit de 
chliMosc ou d un étal de dtdiilite ui'uéralc tenant à une autre cause. 

hans ci*l i^xamen, il faudra, bien entendu, tenir beaucc»up plus gi^and 
ciuuple de la dilVereuce du retenlissement de la voix auscultée dans des 
poiul** ideuliqjies des deux c^'les de la [>oilrine, (pie du plus ou moin> de 
lorct' lie ct' releuhssemenl envisaiic* dans un point isolé. 

l lie.' nu i'erlam ni>mhre de sniels. on peut eiitmdre la peetoriloquie 
aplio»\t* ei\ ih^hors {\v loiile h'Nion : nuiis. ouln^ qu flie rst ht-aucoup moins 
ueUe que dan^ U«s oas paîludo^iqucN. ^Ilo est î -u'oiirs. à Irr'S j)eu de chosf 
piVN. e^ale des iIjmix Cv»te> vian< des po nts îd''î:t:.r.> s, *'u sorte (jue cette 
p^vlvMiloquu^ not nude et lulattrale r.o saurai: èlre (OuK»ndue avec la pecto- 
i î'vs;vî e ;m.:\^ v' .;>;;ie uudaUru'e v^a a t!r.v^!> .ii'^Mvnî «ir^s doux (nHcs. 

la 'jVN'.v^vlvv;;: v^ .ipiiv^r.,' iiaî> le>exva\at ':> :•» m.-: \îre> est extrénie- 
•M/:'.î v*\ .v\*''.e e. vl LM i.;'..;/: :e \ ■.-a-:,v • : :•>•-. i* Mit-ir : il ><^mble que h* 
•MaivUS^ N»;*,^ V ;.;vr\v^;o i 1 v^;^ ".". . .;/.o v'.- r' '.: ' : » .'."*. s*mI pr«»jete dan< 
\' v\»*\»v. . -u; \. .v'i v :^ M ' V •'. . '. .vr^ . ' : -s >» • ; ^:Uit Innsmis par 
\; ;v'^ ■ • .1 v\ v^ x'..: :^//. ''/.c^-/. ; v^:i .i; •. *• ;" •'•, ' le d'- l.\ b%.»uche du 

'♦»avt.\' e .» .:" ,i ^ ^ " - • > i>c . 

V,i ;n» •^; .\ \ ' ^:.; .-. .^- - ' X .;\- • ^ : I -:' -.r-/.:«'n luber- 
0/. .'.'>' v<"> X XvAx.N, '^ ;.»%. - ..: * "i -^.i.- -.eut fournir 

^,<v \^\»NÎo vMî*> iv^ vîx\ X ;.:» » - • • '-<.:: '--viiis. Dans 

|iui-.uftfcU»«^HAiî».KvwAîr\\ •. •» ,. x^ X --:^dasi«»rl 

xoèV jxi-ïvw I. v: .>. . ^: ^ A -> s ir >ions du 



SIGNES FOURNIS PAR LA PECTORILOQUIE. 



95 



hrynxy el que ie malade ne peut produire que des sons rudes, discordants ; 
oa ne peut même émettre aucun son laryngé. Alors, si on l'engage à arti- 
culer les mots du bout des lèvres sans essayer d'émettre aucun son laryngé, 
ou obtient la pectoriloquie aphone aussi facilement que s'il n'y avait aucune 
altération des cordée vocafles ; en sorte que l'observation du malade se trouve 
ramenée aux conditions ordinaires. 

En somme, la pectoriloquie aphone existe d'une manière constante en 
même temps que la bronchopfaonie chez les tuberculeux ayant de l'indu- 
ration ou des excavations pulmonaires. Elle existe dès la première période 
de la tuberculose et elle est probablement un des premiers signes de ses 
lésions. Elle a donc une importance considérable dans le diagnostic* 



et do la vais. 



émm hruÊtm re0plralolre« 



Après avoir indiqué les signes découverts par Laennec dans les bruits 
respiratoires et qui forment une partie importante de son auscultation, je 
vais en donner le résumé dans un tableau synoptique. Le médecin aura 
amsi sons les yeux l'ensemble des phénomènes fournis à la séméiotique du 
poumon par la recherche des bruits respiratoires normaux et anormaux 
et in retentissenaent de la voix. 

iReipirafiofi augmentée. 
— diminuée. 
— nulle. 
Expiration prolongée. 
Respiration rude 



Altération du bruit 
reiptratoire. 



Altération de timbre 
dans le bruit res- 
piratoire. 



Râles secs. 



Aliéntion du bruit respiratoire par 
des bniita anormaux. 



Altération du bruit de la iroix . < 



— soufflante ou souffle bron- 
chique. 

Respiration caverneuse ou souffle caver- 
neux. 

Respiration amphorique ou Bouflle ampho- 
rique. 

Ronflant. 

Sibilant. 

Crépitant. 

Sous-crépitant. 

Muqueux. 

Gargouillement. 

Craquement 

Tintement métallique. 

Déplissement. 

Frottement pleural. 
Voix bronchique ou broncophonie. 
Voix chevrotante de polichinelle ou égophonie. 
Voix thoracique, caverneuse ou pectoriloquie 

bruyante. 
Voix chuchotée ou pectoriloquie aphone. 
Voix soufflante ou amphorique. 
Voix métallique ou voix d*aîrain. 



RAles humides ou 
buUeux. 



1)(» .MoYii.NS riiY>ini i> h'i:\i»i.oHAri().\. 



ARTICLE III 

Sh.NKS lOrUNIS AH niACNOSTIC l'AU i/AISCLITATION Di: C(Kril Kï l'AK l/hAAMKN 

l»K i/AIM'AIIKII- CmClILATOlKK KT DES VAISSF.AIK 

l/apparcil de lu circulalion est le siègede troubles nombreux dontréliul*' 
tnI de la plus firande iinpurUiiice pour le diagnostic d'un frrand noinbiv 
de maladies tréuerales, et pour le diagnoslie des maladies du eo'ur en par- 
lieulier. i'^e .sont : 1 ' des troubles f;<'néraux, sympathiques, tels quf la 
forée, Ténergie et la rapidité du courant saniruin, ou au contraire la Ini- 
leur, la faiblesse et la suspension de ce même courant dans plusiiur> 
névroses et dans un certain nombn^ de maladies chroniques; — :î° (!•'> 
troubles j)arliels observes dans le cœur et les vaisseaux veineux ou arlerirls. 
— .Mais, pour bien eonmiître ces desordres, il faut avoir déterminé d'avanie 
ceijui ('i>ncerne la pinsiolouie des mouvi'ments et des bruits du cœur. C'est 
|)ar celle exposilion (|ue je vais commencer. La théorie que j'adopte et (jui 
me paraît éln* le nneu\ établie par lexpérience et l'obsrrvation est «vll»^ 
(|ui rapproche les appreciatimis de llope, liouillaud ( h, Honanet, Faivn^ 
cl Chauveau, elc. Klle repose sur le l'ait du choc avec systole ventriculaire, 
comcidant avec \c pren\icr bruil du co-nr. et du n^dn'ssement des valvule> 
ii>nnne cause de ce bruil. C'est la llu'orie coniballue par l»eau ('2), ILirdy et 
l»ehier, Valleix ^o) et ijuelqut's autres médecins. 



>i V\ — t:iudo phyiKioloiiiquo do*« niou^omcnti» et de» brnitf* 

du rteur. 

Pepuis llarve\ et llaller. on n*a ct^sse tle faire des expériences pour 
liecouMir \c rhulnne des mouvements du cenr et pour faire connaître la 
Ncntalde v'au>t^ des bruil> qu'ils eiueiidr» ni. Ct^s e\{>ei i'iu es n'ont pas fourni 
lous les resuhats desiral^es, et rlît > n*i>tit pas «ii><ipé les incertitudt*s du 
suiel. Si quelvjucs points st^!u!>l'!r. .iv ;iii^ a Ki s^'itMicf. il ^n est un trrantl 
nombre sur lesquels on n'f s» y^>-]\[ A\h\ '!\i.»"..la rt^iiltt- de ladifticulté qu'on 
»'pî\ui\e àob^orNcr le i- enr ^.îv li- s ,i! 'I'-miix d->nt \i p- itrine »'st (iuverl»M't 
i)in sv»ni dans les plus Vi.*i-^u>es w»:. : '.'.»:îs .;ii il s«iî p«»^s!l>le d'imai:iner. 
\ u ellel, la mort i-sl si i\r.^:vie v ':\^ ; je^ e.» ]s. i h' : \r< 1 i;':nN,clhv. les «'îiiens 
cl vh>\' les nMmM\ilv'r\^Nau\,|;ie'.N v--^. v^::! \r- I- -itr^rivum. qu'il e^t impossible 
k\v vww saisu- viu Ni r.LU»"-" ;''îN'/;r.îevi' ^ v.^.^;'.^' •"' ::ts du cvur. Les pounmns 



*> '. "* ."\ .V .^ . • { :■..*. 's 'U»'.i. l. XXI \. 

p S.'vS 0'. ^ ^ 



MOUVEMENTS DU C(EUR. 97 

S affaissent el Tasphyiie se produit en quelques minutes. Pour obtenir un 
résultat convenable dans ces recherches, il faut entretenir l'hématose par 
la respiration artificielle durant toule Texpérience, et choisir un mammi- 
fère dont les battements, ordinairement peu rapides, peuvent faciliter 
l'étude. Le cheval adulte, qui a vingt à quarante battements du cœur par 
minute et dont la vitalité s.e rapproche assez de celle de l'homme, offre 
toutes les conditions favoij^|^es :i ce genre d'expériences. Son cœur est 
anatomiquement semblable à celui de l'homme, et c'est sur lui qu'il faut 
opérer de préférence. L'àne a été souvent mis en expérience dans le même 
but. 

Une autre cause d'erreur résulte de ce que plusieurs physiologistes ont 
choisi pour sujet d'expérimentation la grenouille, animal à sang froid, dont 
le cœur n'a qu'un ventricule et qu'une oreillette, et dont les battements 
ont été pris pour modèle des battements du cœur humain* Sans doute, elle 
peut vivre quarante-huit heures la poitrine ouverte et le cœur à nu conti- 
nuant à fonctionner, ce qui facilite beaucoup l'examen; mais est-il possible 
de conclure d'un être si inférieur à l'homme? Je ne le crois pas. La confor- 
mation anatomique des deux cœurs est trop différente pour que leurs 
mouvements soient analogues et comparables. Il y a entre eux une telle 
dissemblance de structure et de fonction, que toute comparaison est impos- 
sible, et la théorie des mouvements du cœur de l'homme déduite de l'aspect 
des mouvements du cœur de la grenouille ne peut être que fausse ou 
entachée d'erreurs. 

J'ai répété toutes ces expériences sur la grenouille, sur le lapin, sur les 
chiens, et aucune ne m'a paru donner des résultats satisfaisants. Il faut 
préférer celles qui ont été faites sur des chevaux adultes, dont on a coupé la 
moelle entre l'occiput et la première vertèbre ou à la région altoîdo-axoî- 
dienne, et chez lesquels on a entretenu l'hématose et les mouvements 
réguliers du cœur par la respiration artificielle. 

Cette manière de procéder introduite dans la science par Faivre et ChaU'* 
veau a définitivement renversé la théorie de Beau, et a appris d*une façon 
saisissante à ceux qui, comme moi, ont assisté aux expériences, la véri- 
table théorie des mouvements et des bruits du cœur. 

1. — MOUVEMENTS DU CŒUR. 

Dans la poitrine de l'homme, au niveau de la mamelle gauche, a main 
et l'oreille perçoivent des mouvements réguliers accompagnés d'un bruit 
de tic4ac plus ou moins rapide, variant de 60 à 80 par minute. Ce sont les 
mouvements et les bruits du cœur. Les uns ont pour cause la contraction 
musculaire des ventricules cardiaques, ou systole ventriculairey et les 
autres résultent du redressement des valvules par le choc du sang à leur 
surface. Ce tic-tac forme un double bruit, séparé par un vrai silence, et le 
premier son qui frappe l'oreille est sourd, prolongé, coïncidant avec le choc 
de la pointe du cœur sur la poitrine, entre la quatrième et la cinquième 

B. — DUGROSTIC. 7 



rr»lr; laiidis <j«ir h', s^cruid l)ruil, plus clair, plus bref, s'entend niieuv un 
peu plus liaul vris la lioisirMucî ecHc, au-dessus et à droite du mainrlou. 
C/r^l ciHMMMî (jî (ju<' Ton a appcdé bruit supéiicur, par opposition à IV'jii- 
lliclr de /y///// infrrirur donner au premier bruit. Ces deux l)ruits réunJN 
[>ar r(Mi|)les se répètrnt d'une l'aron réii;uli«;re de la manière suivante : — 
premii'r bruit sourd aveeejioc de la pointe du cœur et battement des artères; 
petit siU'nee ri s«'cond bruil clair suivi d'un i;rand silence, qui est le 
n^pos de. ror;;ane. lien resuite une mesure à trois temps dans laquelle 
le premier i)ruit peut être représenté par une noire; le petit silence 
et U' second bruil, cbacun par une crocbe; et le grand silence par un»' 
noire. 

Les nnuivemenls du cœur (|ui donnent lieu à ces bruits intérieurs sont 
variables dans leur lorce, dans leur fréquence et dans leur régularité, 
d'après l'âge, \c se\(\ Tidiosyncrasie, les mouvements, Texercice, ctf. 
l'orls, lVé([uents et réguliers dans l'enfance, ils varient de 420 à 140 par 
niinuli* dans le premier mois de la vie, de 100 à 1:20 pour les deux pre- 
mièn^s amiees de l'existence, et ils dimiriuent progressivement jusqu'à la 
puberté. \.cuv nombre décroît et leur régularité s'altère avec l'âge; ils 
lombtMil de 70 et SO, cbilïres ordinaires de l'adulte, à 60, 50 et même 
encore au-d(*ssous cluv. les vieillards. Ils sont un peu plus fréquents chez la 
ftMnme que eluv. rbi^nune, et Ton rencontre de jeunes sujets chez lesquels 
ils ont une U nltMU' ualurelle extraordinaire, chilTrée entre 40 et 50 par 
miinile. l.exerciie les auf:nienti\ ainsi que certaines impressions morale> 
NiNCs. et il en est de même de l'ai imenlal ion, car, après les repas, il y a 
louivHUs une notable acci^l(M\Uion des mouvements du cœur. 

Produits jwr îot contractions des oreillettes et des ventricules, on ne 
\\\\[ les cludun- d'une lacon convenable p«HU' eu déterminer le rhythme 
i)uc sur 1(^ * a ur m;s .i nu chez un animal vivant, dont on entretient la vie 
|\o" la n>jMi,il>v».. ai luiv ulie. 

l\iiîr.. Us riiriii\ lUs (\u\ ont fait des recherches dans cette direction, d 
'.Mi ^ -.'«o; ;m iKîjuK'.ner.l ilarve\, llalKî\ iU-po, Corrigan, Pigeaux, Magen- 
v,;o. P\^ii n.;;. : \\ Wkkv) . y\\\^\\i-.\ P- aiî .. . Cn. Wi.jiams, les Comités 
i.v^ l v^r.. ;v> vi v.c i'nb '.\ Pai\:i. l.l.ar.vt ,\v. C Marc) lO . Entre toutes, Ii\, 
» Se;\,i. V s vi. vesiit :r,.c;> a..u\.rs s; vi.>;::]g;:i ::; '^ui' kurgrttnd nombn , 

t.l. (\,.« «,> «t\ tx. !«<.(< S Sy\.l..v .t..«.t.'v .lt.lt.. 1.4.1. *.tV.'.i^tLll011> 

>.;; .;;; v •.;>... ...;.: :r v\: .t^: :r..s c:: i xx*: .'. ... t aV'US la section de la 

4 4 

:v,,«; . V. sst r... ;.î v'.f !.. :\s: r.\: . :: .ir;,::.\c..t. !•• i a ar à découvert 

;\,.,;\ . . \ . > v\.." v!v^ "v :;s ■.;\v-.;n. ..i ..:>:.!*.. .:;:.;.> rtgur.irs de c<.»ntraclion 

\,i . \ .... '..• S, .« '. \ .*v s \i .". V /; «.I . scs i «.^r^ .s T"is.i 1 .i iiiv A. '«.s ti cDacuue de 



MOUVfiMfiMTS DU CŒUR. 99 

ses cavités est toujours remplie d'une certaine quantité de sang, à laquelle 
s'ajoute celui qui arrive par les veines cave et pulmonaire. C'est dans cet 
état de plénitude que commence le double mouvement alternatif des 
oreillettes, auquel correspond le tic^tac perçu par l'oreille. 

Comme l'ont vu Haller, Hope, Tumer, Bouillaud, Faivre, Chauveau et 
la plupart des physiologistes qui ont observé sur des mammifères, il se 
passe: 

{• Une contraction des oreillettes, qui chasse le sang dans les ventri- 
cules et sollicite leur contraction ; 

i* Une contraction subite des ventricules, qui envoie le sang dans les 
artères aorte et pulmonaire, pendant que les oreillettes relâchées reçoivent 
one nouvelle ondée sanguine ; 

3* Un repos du cœur avec relâchement et dilatation de ses cavités par 
le sang -qui continue d'y affluer. 

Dans les expériences si nombreuses de Faivre et Chauveau sur le cheval, 
aa moment où le cœur sort de son repos et de son état de relâchement, on 
a toujours vu les oreillettes commencer le mouvement, et leur contraction 
brusque, appréciable par la rigidité, le plissement de leur surface et leur 
rétrécissement, constitue le premier temps de l'évolution cardiaque. 

A la contraction des oreillettes succède par une sorte d'ondulation la 
contraction des ventricules, qui bondissent, frappent la poitrine, et passent 
de Tétat de flaccidité à une tension remarquable, en se raccourcissant et 
eu donnant lieu à un mouvement de recul (Hiflelsheim) et de tension très 
prononcé. C'est le second temps d'une évolution du cœur, auquel succèdent 
le relâchement ventriculaire, l'afflux sanguin des ventricules et le temps 
si court du repos de l'organe. 

Cette contraction des ventricules s'accompagne d'un rétrécissement 
notable de leur moitié inférieure, tandis qu'à la base le changement est à 
peine sensible. A ce moment, il y a par la même cause raccourcissement 
de l'organe et torsion des ventricules de gauche à droite et d'avant en 
arrière, en môme temps qu'il se fait un léger redressement de la poitrine, 
donnant lieu, d'après Magendie, Bouillaud et la plupart des observateurs, 
au choc de la poitrine. C'est aussi ce qu'on nomme le mouvement spiroide 
éueeeur. 

Sauf Burdach, Beau et quelques autres médecins qui ont admis que le 
choc de la poitrine par le cœur avait lieu au moment de la diastole des 
ventricules, la plupart des physiologistes, au contraire, reconnaissent avec 
raison que ce choc a lieu au moment delà systole ventriculaire. En effet, le 
cboc du cœur coïncide avec le premier bruit ou bruit sourd qui accompagne 
la systole des ventricules ; donc il y a le plus parfait isochronisme entre 
cette systole et le choc précordial. 

Ce choc s'explique, selon les uns, par la projection du sang dans les 
artères aorte et pulmonaire, qui, pendant la systole ventriculaire, amène- 
nût un redressement de la courbure de ces vaisseaux, et l'impulsion du 
cœur contre la paroi thoracique; selon les autres, par le redressement du 



100 MOVKNS PHYSIQUES d'EXPLORATION. 

cœur sous l'influence de ses libres unilivcs antérieures ; par l*influence 
d'un mouvement de recul au moment de la systole vcntriculaire (Hiffel- 
sheim), mouvement de recul produit par la difTérence de la force de con- 
traction des ventricules, comparée à la résistance que le sang éprouve à 
passer dans les artères, et enfin, d'après Cliauveau, par le changement de 
l'orme et de consistance des ventricules dans leur passage instantané du 
relâchement à l'état de svstole. 

Iteste à savoir quel est le rhythmcj cVst-à-dirc la succession et la durée 
des mouvements du cœur. D'après Faivre et Chauveau, chez le cheval, 
chaque évolution du cœur peut être notée au moyen d'une mesure à quatre 
temps, i*' temps, contraction des oreillettes; il'' temps, contraction des 
ventricules et relâchement des oreillettes; 3' et -4*' temps, relâchement 
général. Mais, dans ce cas, le temps de la contraction des oreillettes est 
toujours un peu moins prolongé que celui delà contraction des ventricules. 

Chez l'homme, le rhythme se fait d'après une mesure à trois temps, la 
durée du repos du cœur étant beaucoup moins longue que chez le cheval. 
D'après cette donnée, le premier temps des mouvements du cœur est rem- 
pli par la systole des oreillettes, le second par celle des ventricules, et le 
troisième par le relâchement et le repos des cavités cardiaques. Mais, si 
l'on pense que la contraction des oreillettes est moins prolongée que celle 
des ventricules, il en résulte que chez l'homme le rhythme des mouve- 
ments du cœur peut être noté comme il suit : 



SA S r J) 



3 




4 



FiG. -7. — Rhythme des mouvements du cœur. 

Cela étant établi, je vais faire connaître la théorie des mouvements que 
Beau oppose à l'ancienne théorie de Haller, de Laennec, et à toutes celles 
qui leur ressemblent par l'assentiment donné au synchronisme du chocdu 
cœur dons la poitrine et de la systole ventriculaire. 

L'observation du cœur de la grenouille mis à découvert montre, dans 
chaque évolution du ca'ur, une contraction de l'oreillette suivie de la dia- 
stole du ventricule, qui se colore en rouge et saute en avant contre la 
poitrine; puis de la contraction du ventricule, qui pMil et revient sur lui- 
même pendant que l'oreillette se dilate et se remplit de sang. Après un 
instant de repos, la contraction auriculaire recommence; elle envoie le 
sang dans le ventricule, qui se dilate et se contracte aussitôt, pendant que 
s'accomplit la diastole auriculaire,et il y a une nouvelle pause. Tels sont les 
mouvements du cœur de la grenouille, et, d'après Beau(l), telssontaussi les 

(1)Beau« ^rat^ '"•'«yii^'elexpêrtmenia/ (Taiaru/fatton. Paris, 1856. 



BRUITS DU CŒUR. 101 

moaTements du cœur de l'homme. Mais c'est une erreur. D'après lui, la 
cootmctîcHi des oreillettes et des ventricules n'alterne pas ; elle commence 
dans les oreillettes et se propage aui ventricules, de manière à ne former 
qu'un seul mouvement. Le choc du cœur ne coïncide plus avec la systole 
des ventricules ; il serait au contraire le résultat de leur dilatation et de la 
projection en avant qui a lieu au moment de cette diastole. Enfin, d'après 
Beau, les mouvements du cœur, notés par une mesure à trois temps 
seraient : 1*' temps^ contraction des oreillettes, dilatation des oreillettes, 
dilatation des ventricules, contraction des ventricules; 2* ^^mp^, dilatation 
des oreillettes; 3* temps ^ repos du cœur, puis nouvelle évolution, et ainsi 
de suite. 

Tout cela est vrai sur la grenouille dont le cœur est récemment mis à 
découvert ; mais, au bout de quelques heures, cela n'est déjà plus aussi 
exact, car le rhythme des mouvements du cœur change et se renverse 
quelquefois complètement. Cela est encore moins exact chez l'homme, et 
l'examen du cœur dans les monstruosités par eciopie cardiaque, ou dans 
la iivUian cangénUale du sternum, invoqué comme preuve à l'appui de la 
théorie batracienne appliquée à l'homme, n'oflre rien de concluant. A cette 
systématisation des mouvements du cœur se rattache une théorie des bruits 
Âmt je parlerai plus loin ; mais, comme la première, elle est sujette à 
contestation et ne saurait être acceptée. 

II. — BRUITS DU OSUR. 

Déterminons à présent la cause du double bruit de tic-tac^ que l'on en- 
tend k chaque évolution du cœur. 

Les expériences de Haller sur les mouvements du cœur, confirmées par 
tant d'observations ultérieures, ne laissent aucun doute sur la réalité des 
inductions qu'on en a tirées; mais elles seraient insuffisantes si, en même 
temps, elles ne faisaient connaître la cause des bruits cardiaques. Beaucoup 
* d'erreurs et de théories fausses ou trop exclusives ont été publiées. Je ne 
les reproduirai pas; mais je signalerai seulepient celles que les expériences 
d'autrui m'ont en quelque sorte contraint d'adopter. 

Je dirai seulement, pour rendre hommage au génie de Laennec, que cet 
auteur est le premier qui ait imaginé les applications que l'on peut faire 
de la connaissance et de l'étude des bruits du cœur. 

Il y a deux choses à établir dans la question des bruits du cœur : IMe 
rapport des bruUs et des mouvements; 2« la cause de ces bruits. 

1* Rapports des bruits et des mouvements. 

La plupart des physiologistes ont compris qu'il n'y avait pas moyen de 
séparer la théorie des bruits du cœur de la théorie do ses mouvements et, 
en effet, de la solution du dernier problème dépend, en grande partie, la 
solution de l'autre. 



102 MOYENS PHYSIQUES d'EXPLORATION. 

En suivant, d'apW's les expériences de Haller, de Laennec, de Hope, de 
HoniUaud et de la plupart des physioIop;isles, ces mouvements du cœur 
avec le tir-lac naturel de cet organe, on voit que le premier bruit, ou bruit 
sourd, se fait entendre à l'instant de la contraction des ventricules el de 
leur choc contre la poitrine, cVst-iVdire pendant le deuxième mouvement 
ou la deuxième période d'une évolution du cœur. Seuls Beau et ses adhé- 
rents placent le bruit sourd au moment de la contraction des oreillettes, 
du relâchement el de la contraction des ventricules, phénomènes du 
premier acte des mouvements du cœur. 11 est vrai que cela résulte des 
observations faites sur la grenouille, et non des recherches entreprises 
sur les mammifères. 

La preuve que le premier bruit ou bruit sourd coïncide avec la conlrac- 
lion des ventricules résulte d'un grand nombre d'expériences, et eu parti- 
culier de celles faites sur le cheval préparé d'après la méthode de Faivre et 
Chauveau. « Un stéthoscope appliqué sur l'origine des troncs artériels ou 
sur Tune des oreillettes permet d'enleudre les bruits avec leur rhylhme el 
leur timbre naturel. Une oreillette étant saisie entre les doigts, on sent sa 
contraction avant d'entendre le premier bruit. La main quitte roreilletteel 
se porte sur les ventricules : on constate alors un isochronisme parfait 
(Mitre le premier bruit et \acon1raction ventricidaire ; le second ftn//f s'en- 
tend au moment où les ventricules passent de Vétat de contraction à Vêtat 
de relâchement. On fait tenir le stéthoscope par un aide, et les deux mains 
sont appliquées à la surface du cœur. Tune sur les oreillettes, l'autre sur 
les ventricules, et l'on obtient encore les mêmes résultats : systole auricu- 
laire aphone; systole rentriculaire, premier bruit sourd; relâchement 
çiênéral ou diastole, avec deuxième bruit au commencement. On varie 
Texpérience de la manière suivante : un doigt est introduit dans une 
oreillette, il sent la contraction des parois de cette cavité avant que l'oreille 
(entende aucun bruit; le premier bruit survient quand la valvule auriculo- 
ventriculaire frappe la pulpe du doigt en se relevant; ce bruit cesse et est 
remplacé par le second (juand ces valvules s'abaissent. 

> Vax résumé, une révolution du cciîur chez le cheval étant partagée en 
(|ualre temps, le premier est occupé par la systole auriculaire complète- 
ment aphone; le deuxième |)ar la syslole ventriculaire arec premier bruit 
sourd; le troisième par le commencement de la diastole générale arec 
deuxième bruit clair; le quatrième par la lin de cette diastole, aphone 
comme le premier temps. Chez l'homme, les choses se passent de la même 
manière, avec cette dillércnce que la dernière phase manque tout à fait, le 
rhylhme des mouvements et des bruits étant marqué par trois temps 
seulement. » 

La même expérience a été refaite d'une autre manière encore plus 
saisissante par Chauveau, aidé de Marey(l). Ces médecins ont réussi à 

(1) Clianvp.iii cl Marey, Délrnuination fjraphique dpx rapport du choc du cœur avec le^ 
vioiivrments des oreillettes et des ventricules (Comptes rendus de VAcad. des sciences), et 



BRinrs DU CŒUR. i03 

oblenir, à Taide d'an appareil enregistreur, sur des animaux non mutilés, 
la représentation pour ainsi dire autographique des mouvements du cœur 
et du choc cardiaque, de manière à ne plus rien laisser à Tappréciationdes 
sens dans la détermination des rapports de l'un avec les autres. 

B Lorsque Toreillette ou le ventricule se contractent, il survient une 
brasque augmentation dans la pression du sang que contiennent ces cavi-*! 
té& Signaler à Taide d'un instrument enregistreur ces changements dans la 
pression nous a paru la meilleure manière de constater l'instant de la con- 
traction de l'oreillette et du ventricule. L'expérience que nous avions déjà 
tentée il y a deux ans, au moyen de leviers de sphygmographe mis en 
communication avec les cavités du cœur par des tubes remplis d'eau, avait 
échoué à cette époque à cause des résistances trop grandes que causaient 
rinertie el les frottements d'une longue colonne liquide. Nous la reprîmes 
dans ces temps derniers avec un succès complet, en nous sei*vant, comme 
moyen de transmission, de tubes à air, d'après le procédé de Buisson (1). 

> L'expérience fut faite sur un cheval vigoureux qui est resté pendant 
tout le temps debout et parfaitement calme (on observa cependant une 
accélération sensible des battements du cœur). 

> Une petite boule de caoutchouc gonflée d'air fut introduite dans un 
espace intercostal, du côté gauche, au niveau du ventricule; elle recevait 
le choc développé par la pulsation cardiaque et le transmettait au moyen 
d'un long tube à un premier levier. 

> Une sonde poussée dans l'oreillette droite, par la jugulaire, et termi- 
née par une mince ampoule élastique pleine d'air, transmettait à un 
deuxième levier les impulsions développées parles systoles auriculaires. 

> Enfin, un troisième levier recevait les impulsions ventriculaires ; il 
communiquait au moyen d'un long tube avec une sonde solidaire de celle 
de Toreillette, mais plus longue et descendant jusque dans le ventricule. 
Uoe ampoule élastique le terminait également; un plomb adapté à son 
extrémité assurait sa descente. 

» Quand on se fui assuré que les trois leviers fonctionnaient régulière- 
ment, on leur fit écrire simultanément leurs indications sur un cylindre 
tournant recouvert d un papier glacé enduit de noir de fumée. La figure 
ci-dessous reproduit ces indications. 

» Le tracé supérieur 1 appartient à l'oreillette. Au début, l'oreillette est 
en relâchement et se remplit peu à peu par l'afflux veineux ; aussi la ligne 
du tracé s'élève-t-elle graduellement. L'ascension brusque et brève qur 
succède à cette première partie du tracé indique ensuite la systole auricu- 
laire. L'abaissement non moins brusque qui vient après résulte de l'aspi- 
ration que le vide thoracique cause sur l'oreillette relâchée. Puis arrive 



AffÊTâU eî expériences cardiographiques, démonstration nouveUe du mécanisme des mot^^ 
céments du cœur par Vemploi des instruments enregistreurs à indications continues {Mém^ 
M tAcad, de médecine, Paris, 1863, t. XXVI, p. 268). 
(1) Vo|. U Ga*etU médicaU de Paru, 18 mai 1861 . \ ^ 



t04 



MOYENS PHYSIQUES D EXPLORATION. 



une nouvelle répiclion de l'oreillelle, el la série des mouvements se répèle 
comme loul à Theure (i). 

» La ligne 3, qui doinie le tracé du choc, commence au milieu d'une 
pulsation. Le commencement et la (Indes pulsations suivantes sont indi- 
qués par une série de mouvements d'ascension et d*abaissemenl de la 
ligne du tracé. 

)) Considérons maintenant ces trois tracés dans leur ensertible, atin 
d'établir les rapports des mouvements de Toreillette et du ventricule avec 
la pulsation cardiaque. Comme les trois tracés ont leur début sur une 
même verticale, il suftit d'abaisser des perpendiculaires du début des sys- 
toles de Toreillette et du ventricule sur la ligne des chocs pour savoir 
laquelle des systoles coïncide avec le choc venlriculaire. 

» On voit alors : i" que la systole de l'oreillette débute et même finit 




I I 



Len6upurc«rr«'spondant Àioi» 
cecond<> aver divuiort en dixiènvfik 



I I I 

I 



I 



I I 



1 



FiG. S8. — Rapports du cboc pn-cordial avec les uiouveincnts iiUriiiacqucs du cœur (chez K) cheval) \*). 

longtemps avant le choc ventriculaire; 2° que la systole du ventricule 
commence exactement au début du choc et finit avec lui. 

» Nous avons essayé de rendre la chose plus visible en reportant sur la 
ligne a la durée des systoles et leur position respective, tandis que la 
ligne b indique la position el la durée du choc. 

(1) Les oreillettes dans ce tracé ont beaucoup j)lus iramplitudc que dans les deux autres, 
parce que, vu la faiblesse d(î rorcillellc, nous avions donné à l'appareil transmetteur une 
exquise sensibilité. Les dimensions des tracés ne peuvent donc nullement donner une idée 
do rintcnsité relative des systoles de Toreillettc et du ventricule; ils n'expriment que leur» 
rapports de succession. 



(*) 1, lrai!é do l'oreillutt'; i. Ira c «lu ventricule; 3, tracé de la pulsation cardiaque ou du choc du 
«œur contrôla poitrine. (J. Marey et Chauveau.) 



CAUSBS DBS BRUITS DC €(SCR. 105 

> Il est ûittUle d'insister davantage sur la signification de ces tracés, qui 
nous semblent démontrer d'une manière irrécusable que le choc du cœur 
est un effet de la systole du ventricule, et que par conséquent il ne saurait 
y avoir de doute entre les deux théories rivales. Si l'erreur était possible 
lorsque la vue et le toucher devaient saisir les rapports de ces mouvements 
rapides, il n'en saurait être de même avec des appareils qui accusent 
Tapparition de chaque mouvement avec une approximation d'un vingtième 
et au besoin d'un cinquantième de seconde. > 

Ces expériences diont j'ai été le témoin, confirment donc les observations 
anciennes de Harvey, de Haller, de Laennec, de Tumer, de Hope, de Bouil- 
kud, de Hagendie, de Ch. Villiams et des Comités anglais sur le synchro^. 
Dtsme de la contraction ventriculaire et du premier bruit du cœur. Elles ne 
contredisent que les observations de Beau; mais j'ai signalé précédemment 
la cause de cette différence. Quant au second bruit, elles confirment égale* 
ment les observations antérieures d'un certain nombre de médecins, et en 
particulier celles de Hope, de Rouanet, de Carlisle, de Bouillaud et de Beau. 
Elles contredisent formellement celle de Laennec, qui n'est plus acceptée 
de personne. 

2* Causes des bruits du cœur. 

Après avoir mis en rapport les bruits du cœur avec ses mouvements, on 
se demande quelle peut être la cause de ce tie-tac régulier perçu par 
Toreille. Ici encore la science est encombrée d'un certain nombre d'opinions 
exclusives et fausses qu'il fout rejeter pour en choisir une qui soit vérita* 
blement en rapport avec les résultats de l'expérience. 

Entre toutes, l'opinion de Rouanet, qui accorde le principal rôle, dans ta 
production des bruits cardiaques, au redressement et au claquement des 
valvules artérielles et ventriculaires, est celle qui mérite d'être adoptée. 
Elle a aujourd'hui conquis un assentiment presque général, et Carlisle, 
Bouillaud, Cruveilhier, C. Williams, Faivre et Chauveau, etc., lui ont 
prêté l'appui de leurs propres expériences. Seulement il ne faut pas en 
faire une doctrine exclusive, et si le claquement valvulaire entre pour une 
grande part dans la production des bruits cardiaques, il convient de savoir 
tenir compte du choc des ventricules contre la paroi thoracique (Bouillaud) 
et de la collision du sang dans leur intérieur. 

Le premier bruit, ou bruit sourd, résulte du claquement des valvules 
auriculo-ventriculaires, auquel s'ajoute le double effet du choc du cœur en 
avant et de la collision du fluide sanguin. En effet, si à l'exemple de Faivre 
et Chauveau on introduit le doigt dans l'oreillette droite du cheval, de 
laçon à explorer l'orifice auriculo-ventriculaire, on sent, au moment de la 
contraction des ventricules, les valvules triglocbines se redresser y s'affronter 
far kurs bordsy et se tendre au point de devenir convexes par en hauty de 
maniire à former un dôme multiconcave au-dessus de la cavité ventricu^ 
laire. Le doigt engagé entre les trois ^valvules, au point central qui les 



100 MOYENS PHYSIQUES DEXPLOI^ATIO. 

réunit, subit une pression très sensible par ce choc valvulaire, et c'est à cet 
instant que se fait entendre le premier bruit. On le fait disparaître par la 
destruction de cette valvule. 

a Pénétrez avec un ténotomt* courbe, à pointe mousse, dans roreillelle 
droite, par une ouverture pratiquée à Tauricule, et coupez les cordajies 
tendineux qui fixent aux parois ventriculaires les trois festons de la valvule 
tricuspide, ou seulement un seul de ces festons ; la valvule ne se lendra 
plus sous TelTort de la contraction ventricuiaire, et le sang reiluera à hv^^e 
tlotdans l'oreillette, à chaque mouvement de systole. Liez alors rexlrémité 
de l'auricule pour arrêter recoulemenl du sang et placez le stvlhoscope sur 
l'oreillette : avant l'expérience, on entendait sur ce point le premier bruit 
du cœur: après la section des valvules, il est remplace par un soufïle 
prolongé qui dure autant que la systole ventricui; ':e, avec autant d'inten- 
sité pour couvrir généralement le bruit normal qui continue à se faire 
entendre dans le cœur ijauche. Introduisez le doist dans roreillelle. et vous 
sentirez, à chaque contraction des ventricules, le flot du sang remouler 
dans le compartiment auriculaire, en produisant un frottement doux qui 
donne l'explication du bruit de souille. 

>^ Au lieu de couper les valvules, emplo}ez une tije de fer conlournée à 
l'une de ses extrémités en un petit anneau interrompu, coudée perpendiculai- 
rement sur la tige elle-même et que vous p.Hirr. z engager dans roreillette 
par une très petite ouverture. En poussant cet anneau dans roridce auri- 
culo-ventriculaire, pour empêcher TaUVonlement et la tension des valvules, 
vous déterminez e::alement un bruit de souifle. Kn ranienanl le fil de fer en 
haut de l'oreillette, vers les oritiees veineux, vous ferez reparaître le premier 
bruit dans toute son intensité, et le souille anomal sera anéanti. 

«• lîep'lez la même expérience sur le cœur gauche, et vous obtiendrez, 
encore le même résultat. Mais l auscullalion, dans ce cas, ne peut s'elTectuer 
toujoui^ >ur loreillelle, à cause du \iolenl ébranlement que le reflux du 
s;mg lait subir au stéthoscope: il faut souNcnl ap[)liquer l'instrumenl 
sur la base des ventricules, à l'or! lice de l'aorle. Le S()uffle auquel on 
donne alors naissance est l>eaucoup {)lus fort que du c»*)le droit: il couvre 
toujoui^s entièrement le bruit normal qui se produit a lorilice auriculo- 
vonlriculaire droit. 

» Knlin, la section des valvules auriculo-ventriculaires peut être pratiquée 
sur les deux cœurs a la fois, l'animal rlanl ouNert du côté ^rauche: le 
premier bruit est aloi^ constamment re!i. place en lotaiile par un souffle 
mag ni tique {[). ^ 

Il elail nnpos>ible de rc|v*ler d'une Iai;on plus heureuse et plus concluante 
les expériences de llouanel sur la pai: dinuuenoe da claquement valvulaire 
dans la pivduclion du pivmier bru t du cœar, sans préjudice du renforce- 
monl pixkiuil par le choc, par la conlra. l;on muscuLuiv et p;ir la collision 

kruUs M^witaïkr dh yxitk* V.\r'.s, ISSô, p. ,>v*. 



CAUSE DES BRUITS DU CŒUR. 107 

du sang contre les parois ventriculaires. L'expérience du Comité de Dublin, 
dans laquelle le cœur vide, sorti de la poitrine et posé sur une table, fait 
entendre un brait lorsqu'on l'ausculte au moment de la systole, ne prouve 
rien contre le claquement des valvules mitrale et tricuspide ; car, si au 
lieu d'appliquer le stéthoscope sur la masse des ventricules, on le place à 
la base de l'organe, de manière à éviter le choc ventriculaire, on n'entend 
plus ce bruit sourd dont la signification a été mal interprétée. 

U'second bruit du cœur, ou bruit clair, est exclusivement produit par le 
claquement des valvules sigmoîdes, sous le choc en retour du sang contenu 
dans les artères. C'est un fait démontré par Bouillaud, C. Williams, les 
membres du Comité de Dublin, Faivre et Chauveau, etc. 

En saisissant très vite, à pleine main, les deux troncs artériels vers leur 
origine, de façon à intercepter la circulation à leur intérieur, on empêche 
le claquement des valvules sigmoîdes, et le second bruit du cœur cesse 
complètement. 

i^n peut encore faire l'expérience comme il suit : € Pour empêcher 
l'abaissement des valvules sigmoîdes, sans intercepter la circulation, nous 
introduisons dans les troncs artériels un trocart dont la gaine renferme 
plusieurs lames élastiques. L'instrument est .enfoncé jusqu'au-dessous du 
niveau des valvules sigmoîdes pendant qu'elles sont relevées; puis la 
fraine du trocart est retirée pour permettre Técartement des lames élastiques, 
qui s'appliquent alors contre les valvules et les empêchent de s'abaisser. 
<^D détruit ainsi le deuxième bruit, soit dans les deux artères, soit dans 
Tune seulement, et Ton entend très bien à la place un souffle doux après 
« haque systole des ventricules, souffle produit par le retour du sang dans 
(vs cavités. » 

Pour Beau, dont la théorie des mouvements du cœur diffère de la nôtre, 
<'l qui a fait également une théorie des bruits, l'explication du claquement 
vaJTulaire imaginée par Rouanet et adoptée par un grand nombre de 
médecins n'est pas exacte. Le premier bruit inférieur, ou bruit sourd du 
premier temps, est déterminé par la collision du sang chassé par les 
oreillettes contre les parois des ventricules au moment de leur diastole et 
par le choc du cœur contre la poitrine à cet instant. Contraction auriculaire, 
passage du sang dans les ventricules, dilatation des ventricules au moment 
de leur diastole et par le choc du cœur contre la poitrine à cet instant. 
Contraction auriculaire, passage du sang dans les ventricules, dilatation 
des ventricules, choc des ventricules, collision du liquide contre les parois, 
systole ventriculaire et abaissement des valvules sigmoîdes, voilà les causes 
du premier bruit. Le second bruit, ou bruit clair supérieur, correspond au 
second temps des mouvements du cœur, qui est la dilatation des oreillettes 
gonflées par le sang qui revient des poumons, et il résulte de la collision 
du sang contre les parois des oreillettes. Malheureusement ces faits sont 
difficiles à démontrer, et, comme il n'y a en leur faveur aucune expérience 
tussi concluante que celles dont j'ai parlé à l'appui de la théorie du claque- 
ment valvulaire, c'est à cette dernière qu'il faut s'arrêter. 



108 MOYENS PHYSIQUES D'eXPLORATK». 



>i 9. — flignefi roarnifi au diai^nuMie par rauf«caltation du cœur 

M Tétat patbologique. 

C'est rauscultalion qui a rendu possible le diairnoslic exact d'une foule 
de maladies du cœur dont on ne pouvait que soupçonner la présence. La 
découverte de Laennec a produit le Traité des maladies du cœur, de 
Bouillaud; sans elle, nous en fussions restés, dans nos connaissances, à 
celles que nous avait léizuées Corvisart. 

Après l'étude des symptômes et des phénomènes généraux, dont Timpor- 
lance ne doit pas élre méconnue, l'auscultation est assurément le meilleur 
moyen d'exploration qu'on puisse utiliser pour le diaiinostic des maladies 
du cœur. Elle révèle les altérations de siège, d'étendue, d'i7itensitéj de 
rhytfimey de nombre, de timbre des bruits cardiaques, et enfin leur alliance 
avec des bruits de souffles anormaux. 



I. — MODIFICATIONS DU SIÈGE DES BRUITS DU CŒUR. 

Les bruits du cœur peuvent être déplacés, et, au lieu d'offrir leur maxi- 
mum d'intensité dans le quatrième ou dans le cinquième espace intercostal, 
ils peuvent être abaisses ou élevés, pousses à droite ou à gauche, enfin être 
complètement transposes dans le cas d'inversion des viscères si le cœur se 
trouve dans le côté droit de la poitrine. 

Le deplacomenl lalcral dos bruits du cœur est le rcsultal ordinaire d'un 
épanchement pleurctique excessifs et c'est ordinairement de gauche à droite 
qu'on l'observe sous l'inlluence d'un hydrothorax de la plèvre gauche. Le 
cœur se trouve ainsi refoule à droite jusqu'à :2 et 3 centimètres du bord 
droit du sttUMium et priois jusque dans le deuxième espace intercostal. 
(Vest un phénomène important, qui mérite une grande attention, et dont la 
présence est pour le médecin l'indication de faire la thoracocentèse dans le 
but de ramener le cœur à sa place. — Le déplacement du cœur refoulé à 
gauche par un epanchement dans la plèvre droite existe égalemenl, uiaiS 
c'est un fait inlinimenl plus rare. 

Le déplacement des bruits du ca'ur de haut en bas s'observe chez les 
malades qui ont, soit un anernjsm^' de l'aorte, soit une tumeur placée an 
voisinaije des oreillettes, et susceptible de refouler en bas la masse des 
ventricules. — Il est plus rare de ivnconUvr le déplacement de bas eu haut. 
Opendant on l'observe dans la ptricardite avec epanchement lorsque 
le cieur surnage au milieu du liquide accumule dans le péricarde, et dans 
Tascile ou dans la txnnvanile qui refoulent vers la clavicule la masse du 
cœur ol des poumons. 



MODIFICATIONS* DE l'INTENSITÉ DES BRUITS DU CŒUR. 109 

II. — MODIFICATIONS DE L'ÉTENDUE DES BRUITS DU CŒUR. 

On entend habituellement les bruits du cœur au tiers inrérieur du ster- 
num et sous les cartilages des quatrième et cinquième côtes gauches. Par 
exception , ces bruits se font enlendi*e dans une étendue plus considérable 
chez les sujets maigres, chez ceux qui ont une augmentation de la force des 
battements cardiaques, dans les palpitations nerveuses par exemple, et 
lorsqu'il y a augmentation du volume du cœur avec dilatation de ses cavités. 
Quelquefois alors les bruits s^entendent dans tout le côté gauche de la 
poitrine, principalement en arrière, dans le dos, près de la colonne verté- 
brale. Ils peuvent également se faire entendre dans le côté droit, mais cela 
est plus rar^ dans ce cas, il y a lieu de supposer que la lésion occupe les 
cavités droites de Torgane. 

L'accroissement de l'étendue des bruits du cœur se fait aussi dans une 
circonstance importante, lorsqu*il y a autour de Torgane, dans les poumons 
00 ailleurs, une augmentation de la densité des tissus qui facilite la trans- 
mission du son. Vhépatisalion du poumonj Yinfiltration tuberculeuse de 
cet wganêj la ttUferculose des ganglions du médiastin^ donnent lieu à ce 
phénomène. Dans la tuberculisation au premier degré, le retentissement 
des bruits do cœur jusque sous la clavicule est un des premiers signes de 
la désorganisation qui se prépare. 

La diminuti(Hi de l'étendue des bruits du cœur s'observe assez souvent, 
et c'est le signe, soit de la syncope, qui diminue la force et la fréquence des 
battements du cœur, soit de la faiblesse et de Yatonie générale des sujets, 
soit enfin de V atrophie du coeur y de V hypertrophie concentrique de cet 
organe, de sa surcharge graisseuse, de Yemphysème pulmonaire et de 
^^iropériearde qui éloignent le cœur des parois thoraciques. 

m. — HODiriCATIONS DE L'iNTENSfrÉ DES BRUITS DU GflBUR. 

L'intensité des bruits du cœur est généralement en rapport avec l'augmen- 
latiim de l'impulsion cardiaque. Elle peut être très-considérable, à ce point 
que, d'après. Corvisart, Laennec, ces bruits pourraient être entendus à 6 ou 
iOet mtoie à 50 centimètres de la poitrine. Ce sont des faits exceptionnels. 

L'accroissement d'intensité des bruits du cœur est un signe des palpita- 
txtms nerveuses et de la force cofUractile du cœur dans la fièvre. On Tob- 
senre aussi dans Yhypertrophie simple du cœur avec conservation des 
cavités, et dans les hypertrophies excentriques des ventricules. 

La diminution d'intensité est un signe de la convalescence, d'un état de 
faiblesse naturelle, de la syncope, de Y atrophie simple ou graisseuse du 
coeur, de Yhypertrophie concentrique, alors que la cavité des ventricules est 
en partie effacée, de Yaceumulation de graisse dans les parois thora- 
ciques, de la présence d'une tumeur, d'un épanchement pleurétique, ou 
d'an kydropéricarde entre le cœur et l'oreille. 



110 MOYK.N-^ IMIYSigL'i:S T)'exi*l<)i;atio> 



IV. — MOIHIICATIONS DU nilYTllMK ET DF-: I.A IUKOLKNCE DES DUUIT> DU CŒll; 

INTEllMITTENCES DU «UIXIU 

Los inodilicîiliolis a|)j)orl('îrs au rhylhmc des bruits du cœur porleDt sur 
U'wv frnjurmr, (\\\\ est aui^'uicnlcH» ou diminuée; sur leur succès s ionqni o^l 
leult», rapide ou irn\i;ulière ; sur leur régularité qui peut être troublée par 
(U's rau\ pas et (b's inlermiltenees; sur leur nombre, ce qui fait des tripK'> 
ou (juadrupb's bruits, etc. 

\.\tH[imculnHon de fmiucncc des battetnents cl des bruits du cœur est 
un phi'uoniène ordinaire qui ne se rattache pas essentiellement à Tetat 
morl>ide. — Vue émotion morale vive, l'aetion de courir, de monter, 
(hument au\ bruits du eo'ur une Irétjnence momentanée plus ou moins 
t;randt», c|ui ne ih'piMid j)oinl de la maladie. 

Au ot>nlraire, il\ a une auiimenlalion de fréquence des bruits cardiaques 
pnuluile .s\mpalhi(ïnement par la lièvre, par certaines altérations du sanir 
et par K's maladit\sdii cann*.— Les lièvres et les maladies aiiruës, fébriles ou 
inllannnatoires. atcelèrent les bruits du eœur. et de 8(1 elles les portent à 
t-0. 1 10, ISiK et même au delà deceehiiïre. Au-dessus de 100 le pronostic 
est toujours très izrave, et il est rare que la maladie ne soit pas suivie de 
mort. 

La iVequenee des hruils et des battements du canir s'observe aussi dans 
la i'l:'t'ior(\ lor>que le saim tro[> riehe est surcharge de irlobules, et dan^la 
.'^*'.oro-iiti:r:i\ lor>(|uo le san.: aj^pauvri ne diri-;e plus convenablement 
K> lonelioijs ilu sNsleme nerNcux régulateur des mouvements cardiaques. 
l î\^p iUi tvv^p peu de globules rou-it^s dan> le s;ini: euirendrent des efl'els 
ai;àK^cue>. ^lal^ e e^î piMuoipaîenienl datis la ehlonvanemie que s*observe 
la j^liiN ^r.w.de tVovjiier.v e iio> l>rir.î> eai\iiaques sou> rinûuence de la 
r.;v^:r.d:v' e;r.v^'.K«Ti el d.i ^^ .;> I.v.l'le e\-rv \e. 

l a .1. ,v/.e;w de> t^r;;;;^ <^^: .aii>si iiii si-:î:o dv Lt-lal [uirlieulier du cneur 
.;•.;. ;-\v,;;:l iO> ;u/.-. '...;. v^:> :.(TNti;>->. L.l- ..-rvi::-. :;>c ejalemenl un cer- 
;,;r, v.r-./:v liv '.;;,r.--..i .^^vi^ar. y.:e>.v.i ». ^. i::. î^y.ts tu» les relrelû^>ement^ 
liv > V V :\v> a. ;• ^l.'^ v*. -î/...vU.v^ n\ :.;:\ u A.rt . A! ;*r> les bruits sont iréne- 
;.\"::\.:\: ;.:^\u:':.;..;\v:v '• ::t vie :^nM: :-;i-\'> irrtju.arites. l'nvoilquel- 
>. .:..'^^ .\^ v\i>, v... ^ .. /.i .:.:.:':;• >o ir.vi.L.r'. l-»ulàc<»up, coni- 
ÀNA- .; > .\.\ .:.':s ^ .:nx> .: suf: •..;: :: ^: ::r ;\AL>o>e, el il faut en 



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U!2ij^xî>cs;v;:.:> rjvn :^ s*-u ; "'x> • -^, v*. v\ v, > : .: : ::::\ :_t: ei: jeu des 



INTERMITTENGBS DU CŒUR. ill 

La dimimUion de la fréquence des battements et des bruits ^ en tant que 
phénomène permanent, est un symptôme assez rare. C'est un signe de 
quelques maladies de la moelle et du cerveau, et Andral et Bouillaud 
ont cité des faits dans lesquels les bruits du cœur étaient réduits à 
â) et 30 par minute. J'ai vu un cas de semblable diminution chez un dys- 
peptique affecté de nervosisme chronique. On l'observe également dans 
l'ictère simple et dans l'état dynamique produit par la digitale et par le 
suliate de quinine. A la suite de l'ictère, le pouls tombe à 40 et 50 par 
minute. Il en est de même à la suite de l'administration de la digitale et de 
hautes doses de sulfate de quinine. 

Cette diminution de fréquence des bruits du cœur peut enfin dépendre 
d'une idiosyncrasie particulière et n'avoir aucun rapport avec l'état mor- 
bide. U n'est pas très rare, en effet, de rencontrer des personnes bien por- 
tantes qui n'ont; à Tétat normal, que 40 à 50 battements du cœur par 
minute. 

Les intermittences et Vinégalité des bruits du cœur, donnant lieu à des 
bruits fort entremêlés de bruits faibles ou avortés, sont des phénomènes 
assez communs dans les maladies du cœur et sur lesquels Bouillaud a fixé 
t'élat de la science. 

Chez quelques malades, les bruits sont entremêlés d'une façon régulière 
ou irrégulière par des bruits faibles plus ou moins souvent renouvelés. On 
dirait quelquefois que le cœur se contracte à vide et que le bruit avorte; 
c'est ce que Bouillaud a quelquefois appelé un faux pas du cœur. A ces 
irrégularités de bruits^correspondent des inégalités ou des intermittences 
plus ou moins marquées dans le pouls, qui ont reçu de Laennec le nom de 
fausses intermittences. 

Chez d'autres individus, il y a au cœur une véritable intermittence dans 
Ut bruits, qui se traduit par un phénomène semblable d'intermittence dans 
les artères du pouls. 

Les inégalités de bruits correspondant à un défaut de pouls ou fausse 
intermittence ont, d'après Bouillaud, une extrême importance séméiotique. 
Elles indiquent que le cœur ne reçoit pas le sang nécessaire à l'ondée arté- 
rielle, ou qu'il ne peut chasser dans les artères le sang qu'il renferme, ce 
qui annonce une lésion valvulaire faisant obstacle à l'entrée ou à la sortie 
du fluide sanguin. 

H n'en est pas de même de l'intermittence des bruits accompagnée d'une 
intermittence du pouls : c'est V intermittence proprement dite. Celle-ci 
s'observe à la fois dans les maladies nerveuses du cœur dues à l'action 
réflexe des souBrances d'un organe éloigné, surtout de l'intestin, et dans 
les altérations organiques des fibres musculaires cardiaques ou des valvules; 
mais, dans le premier cas, les intermittences sont passagères, tandis 
qu'elles sont permanentes dans l'autre. Quelques médecins soutiennent 
que les intermittences du pouls qui représentaient les intermittences sys- 
tûUqaes du cœur sont toujours l'indice d'une maladie organique du cœur. 
C'ebt une affirmation très contestablCi J'ai vu» plusieurs fois vu et bien 



Il:î MOYKNS PIIYSIQIKS DKXIM.OUATION. 

cludi*' poiiilaiil loiii^lcnips des sujets (|ui m'ont oITert dos inlcn'niilleiKv^ 
eanlia(|ii(*s coiiseieiUes pénibles, aver ant^oisse douloureuse, se reprodui- 
sant plusieurs fois par minute, plus ou moins réixulièrement et qui n'avaioiil 
aucun bruit anormal au eo'ur. ('.es intermittences étaient les mêmes au 
pouls. Mlles ont duré de deux semaines à (pielques mois, selon les sujets, 
et (dies ont disparu. .l'ai revu les malades plusieurs années après et ils 
étaient en bonne santé. Les intermittences cardiaques n'ont donc pas de 
sipiitication dia«j;nosli(|ue certaine. On les observe éiralement dans la 
ménin*:ite, dans la compression du cerveau ou une cbute sur la tète, ♦ t 
dans quelquc^s aiïections cérébrales. J'en reparlerai à l'occasion du poul>. 

V. — MOniFli'.ATlONS Dr NOMnilE DES BKUITS DU i.ŒUn. 

\.c ihunbn» des bruits du co'ur peut être modilie et peut être dédoubI»\ 
Au lieu du double bruit naturel ou tic-tdc normal, on peut n'entendre 
jju'un seul ou trois, et (jueKpiefois quatre bruits. 

Il u'n a qu'un seul bruit loisque les valvules auriculo-ventriculaires, 
dont \c redressenuMit produit le premier tac, sont tellement altérées, 
(|u*elles ne peuvent plus fonctionner, et le seul bruit per^u est produit par 
le claquement des valvules siizmoïdes lors du relâchement des ventricules. 
Souvent aK>rs ce bruit est diflicile à entendre, couvert comme il l'est d'ha- 
bitude par le souflle dt^ l'altération valvulaire. Dans ces cas. il n'y a qu'un 
bruit, mais c'«'st un bruit de souflle. 

Lorsqu'on euteiui à la région precordiale trois bruits et même quatre, 
on admet i;«'ueralement quils siMit le rt^sultat d'un défaut d'isochronisnie 
entre le^ t^>nlraclion> des cavitt^> similaires droites et ::aucbes. Cela est 
possible, mais il u'n a rien de positif à cet e^rard. Ou croirait entendre le 
bruit d'un marteau sur renclume, le bruit d'un galop de cheval ou de 
rappel, ici sous la nolaliou f''-f /'•, / /( : ailleurs, t'i(\ tdc-tiCy etc. Ces 
tnjdtvs ou quadruples bruits exislenl souNcnt àlelat n«'rmai sous l'influence 
des nuni\emenî> respiratoires qui mudili»nt la pression cardiaque. Ils 
sont compris SvH1> le nom ^tMural d.' ' r m> /'' V'^^'V- D'après Potain, 
lU existent ^ur le cinquième Jes sir» Is qu'on examine, et lorsque la 
re>pualuMi est libre et re^ulicre, le dcvioubbuhMit du premier bruit 
s'enleiul surlvuit ,"i la tin do l'expiralion et au coîhniencement de Tinspi- 
KitivMi: celui du Si'couvl briiil à ia fin do lii^spiratt-'U <;l au commencenienl 
do roxpiiaîion. Lo> dodoul»îo!uo!\îs ir.o::» ios, au contraire, ne sont point 
lullueuoo^ par l'aolr d^^ la rvspra'.oi:. — Ns dr^ i«uibloments normaux 
iv>ultont viu olaquomou' >uooo<>it\i- > Na!\u!.s s, !ub;aldes des deux cœui'S. 
U> depeiuloîil do> \arîaliors dr^ ;:':>>; ^:i ;i:j l.i respiration provoque 
i^ loniime do^ doux sn>:o-iion a:', r ^ !< •twi.rux. Le premier bruit se 
di\lvn»ble jmivo qu un osvw do -f^- ><• !. :. -< ] - > "- ir-.it relarde l'ocolu- 
sio» do Li \al\ule lrvii>pivlo. '. 1; n.\' i : :. ,;;; ;;roo qu'un excès de 
|*r\^>sion d.ui< Laorle aocolv^:v la o'^;'. ' .V> n,/.\,;':;s >:-:\:oïdes. 



MODIFICATIONS DU NOMBRE DES BRUITS DU CŒUR. 113 

Le dédoublement des bruits du cœur existe également dans l*état patho- 
logique ; il est alors le signe d'une altération organique du cœur, et ordi* 
nairementy d après Bouillaud, du rétrécissement de Tun des orifices avec 
ÎBcrustation calcaire des valvules. Ailleurs c'est le signe d'une péricardite 
avec adhérence ou symphyse cardiaque. Dans quelques cas, il résulte d'une 
néphrite interstitielle qui agit sur le cœur en amenant la dilatation du 
ventricule gauche et en troublant les mouvements de la valvulç mitrale. 

Les plus fréquents de ces dédoublements sont ceux du second bruit, et 
ils résultent de ce que la diminution de pression dans l'aorte amène un 
retour moins rapide du sang vers la cavité du ventricule lors de la diastole^ 
et par conséquent une chute des valvules aortiques moins rapide que celle 
des valvules de l'artère pulmonaire. 

Les dédoublements du premier bruit sont plus rares et résultent du 
retard apporté au claquement de la valvule mitrale. 

Enfin, d'une manière générale, ce qui distingue les dédoublements nor- 
maux du cœur de ses dédoublements pathologiques, c'est que les premiers 
sont influencés par les mouvements respiratoires et que les autres ne le 
sont pas. 

VI. — MODinCÂTIONS DES BRUITS DU CŒUR PAR DES BRUITS ANORMAUX. 

On trouve souvent les bruits du cœur masqués ou suivis par des bruits 
aDormaux désignés par les noms de souffle^ de rdpe^ de scie, de piaule- 
ment^ de galop, de frottement, etc. , qu'il faut rapporter à une altération du 
sang ou à une altération organique intra ou extra-cardiaque. En d'autres 
termes, les bruits anormaux du cœur sont de deux espèces : chlorotiques 
^organiques, et il faut apprendre à les distinguer les uns des autres si l'on 
ne veut commettre de grossières erreurs et confondre la chlorose avec une 
altération valvulaire cardiaque. €'est à Bouillaud que revient surtout 
l'honneur d'avoir établi ces différences^ adoptées de la plupart des médecins. 

1* Bruits du souflle intra-cardiaqaes. 

Le souffle intra-cardiaque, d'abord signalé par Laennec, donne à l'oreille 
la sensation du souffle que l'on produit avec les lèvres rapprochées dans 
un bible effort d'expiration. Tantôt faible et prolongé, tantôt violent, rude 
et râpeux, quelquefois accompagné d'un bruit de piaulement appréciable 
à distance, il oO^ un très grand nombre de variétés que l'étude approfon- 
die de l'auscultation fiiit connaître, mais qui n'ont pas une grande impor* 
tance sémiotique. 

n existe dans un point circonscrit du cœur ou à toute sa surface, et 
peut même se faire entendre dans quelques parties de la poitrine, princi- 
palement dans le dos, eu arrière et à gauche. On l'entend quelquefois dans 
l'aorte et dans les artères du cou. Il faut toujours chercher le point ordi- 

B. — DIAGNOSTIC. 8 



lli MOYENS PIIYSIQUKS d'eXPLORATION. 

iiaiiviiienl assez étroit où a lieu son maxiînum (V intensité, à la base ou à 
la pointe du cœur, en dedans ou en dehors du mamelon. Cette détermina- 
tion est de la plus haute importance. 

Veniuineut on intermittent y ce bruit de souffle coïncide tantôt avec le 
premier, tantôt avec le second bruit du co'ur, et quelquefois il les couvre 
entièrement tous les deux. Chez quelques individus, il semble commencer 
avant le bruit cardia(|ue, ou bien il le suit, caractère essentiel et dont je 
parlerai un peu ])lus loin. 

Ce souffle existe tantôt avec une lésion organique des valvules, et tantôt 
sans lésion de ces valvules. Dans le premier cas, comme Laennec, Bouil- 
laud, Tout établi, le souffle résulte du passage difficile du sang à travers les 
orifices du cœur, et, dans le second, c'était pour Laennec un état spasmo- 
di(|ue des ventricules et des artères, tandis que pour Bouillaud et Heau le 
bruit est attribué à une altération chlorotique du sang. Dans ma pensée 
Laennec a raison, car j'ai vu plus d'une fois des souffles aortiques résulter 
de Temotion d'un premier examen du cœur chez des enfants impression- 
nables ou chez des adultes très nerveux. Ces souffles hypersysloliques dis- 
paraissaient au bout de (|uelques minutes ou de quelques heures. Qu'on 
se représente la résistance de rorifice marquée par 1 et la force contractile 
du cceur manjuée par 5. Si cette dernière s'élève à 9 lorsque la résistance 
de l'orifice reste la même, il en résulte un bruit de souffle. 

Souf/lrs onjdniiiurs du civur. — - Les lésions oriraniques du conir 
susceptibles de produire le bruit de souffle cardiaque organique 
sont : — les altérât ions valrulaircs itrs orifices qui gênent le cours 
du sang;-- la (tisja'oportiou entre le.< oiritès rentriculaires et leurs 
onrertures naturel les S'uis 'luil \i ait (V altération valrulaire; — les 
eoneeelions du eœur: — les communications du cœur droit avec le cœur 
(jauehe: - les anérry<nn\< de roriijine de l'aorte, etc. Il faut, pour qu'un 
bruit tie soutfle sepHuluise, qu'il y ail disproportion entre l'ondée sanguine 
trop torle et le diamètre trop étroit de l'ouverture destinée à lui donner 
passage, de façon à produire un frottement. Il en est ainsi toutes les 
fois i|u'uue altération valvulaire, adhérence anomale, concrétion tibrineuse 
ou ossilorme, etc.. rétrécit Toriti^e cardiaque, toutes les fois que le sang 
s't'cliaj^pe par nue ou\erture de communication anomale; mais cela peut 
encore aNi^r lieu sans altération des valvules, lorsque les cavités ventri- 
culaire> M>ut trop ililatees on loi*^t|iie l'action du cœur, trop énergique, 
pou>>e rapideinenl une torle colonne sanguine contre un orifice sain, mais 
reliihrenient trv>p étroit [>our le passage du liquide. C'est là ce qui 
lAplujue ; I certains bruits de souille cardiaque observés dans Vhyper- 
trol>l^te cjeentn-inr sans ai'-:'::' -h ■',: i r^. et i' 'e </•>' orifices; "l"" certains 
svuillle.N au preiuier lemps ol'>er\es nu mor.lanemenl dans la fièrre par 
suite de leneri^ie des ivMUuKlîons du cvur: 3 certains souffles signalés 
chc: les t billards t/t'/<: /•' urur est d'. ?; . les orifices restant sains; i** enfin 
ivrlttins cas iValteratton ccn^' i:r .*' . • •' < c : > //.V> ar^x rétrécissements ou 
insHl/isances ne donnant [.i< ./ ^ci>f'\' r irJ< : ;ue, à cause du peu de 



BRUITS DE SOUFFLE INTRA-GARDIAQUES. il5 

volnme et du pea de force de la colonne sanguine chassée du cœur (i). 
Comme on le voit, les conditions de la production du bruit de souffle 
organiqueftoui en étant les mêmes au fond, diffèrent singulièrement dans 
leur expression anatomique. Dans tous les cas, il faut un frottement par la 
colonne sanguine contre les orifices du cœur; mais le volume et la force 
de l'ondée contre des orifices sains donnent donc un même résultat que 
le frottement d'une ondée ordinaire contre des orifices rétrécis. Par la 
même raison, une ondée sanguine petite ou mollement poussée ne produit 
pas de souffle, alors même qu'elle passe à travers des orifices devenant 
trop étroits. 

Souffle chlorotique. — Le bruit de souffle chloroiique résulte, dit-on, 
d'une altération du sang, qui est : soit la diminution des globules sanguins, 
d après Andral, Bouillaud ; soit cette diminution jointe à une augmentation 
de sérum, constituant pour Beau une sorte de pyohémie séreuse. En tout 
cas, pour la majorité des médecins, c'est la diminution de densité du sang 
qui est la cause du phénomène. D'après Bouillaud, ce souffle se produit toutes 
les fois que la densité du sang descend au-dessous de 6 degrés, à l'aréo- 
mèlre de Baume. C'est à vérifier, car dans une théorie récente à laquelle 
j'attache une réelle importance, les bruits attribués à une diminution de 
densité du sang dépendraient du frottement du sang dans l'aorte, par 
saite de l'hypersystolie ventriculaire,et les bruits artériels,ditschlorotiques, 
résultent, selon Chauveau, de la pression du stéthoscope sur la carotide. 

Pour ceux qui admettent l'influence de la diminution de densité du 
sang sur la force des bruits de souffle, la distinction de ces bruits chloro- 
tiqua ti des bruits organiques du cœur n'est pas toujours facile. Voici les 
moyens de les reconnaître. Les bruits du second temps, dépendant tou- 
jours d'une lésion organique, ne donnent lieu à aucune erreur; mais il 
D'en est plus de même de ceux qui accompagnent le premier bruit. 

Le souffle chlorotique, dit-oif, s'entend à la base du cœur et se prolonge 
souvent dans l'origine de l'aorte. On l'entend quelquefois dans les caro- 
tides, et il n'y a chez les malades aucun phénomène de matité, de voussure, 
de frémissement cataire, de suffocation et de cyanose. Le souffle organique, 
au contraire, s'accon^pagne de matité, de déplacement du cœur, de toux, 
d'asthme, d'oedème ou d'anasarque, de cyanose générale ou partielle qui 
lui donnent sa véritable signification. 

SiCMinCATlON DBS BRUITS DE SOUFFLE INTR A-CARDIAQUE. — La Sémiotique 

^ bruits de souffle organiques du cœur a pour but d'indiquer, d'après 
leur nature et d'après leur siège maximum, le nom de la lésion cardiaque. 
Cette sémiotique varie suivant la théorie des mouvements et des bruits 
du cœur que l'on adopte, et la signification des bruits de souffle du cœur, 
par Beau, ne ressemble pas à celle de Bouillaud, Faivre et Chauveau, 
qui, en France, ont défendu la théorie que j'ai précédemment exposée. 

'l)Piorrf Fleunr et Monneret, ComperuUum de médecine pratique. — Dieulafoy, Union 
ncàc«(e, 1867, p. 218. 



Illi MfiïKNS PliïSriJl'ES I) EXPLORATION. 

liiiiis culti' il<Tiiii'i'i' llii'oni', (]uo je crois la mieux fondée, un Imiil il:- 
soitffli-, Illi iirrmirr iniips. ivsulto S(»il d"uii rt'tri'riasemeiil île l'orifivr ao!- 
liiliii' i>ii lie ïori/iir ]nilmoii(iii-i; suit (l'une iiisuffixnnre ilf l'orifici' aitii- 
i)ilii iriilriniliiirr. — Kn elTcl, le premier bvuil el le choc du cirur 
utnioiicriil las)sli)le des veiilricules, c'est -îi-d ire le passage du sans daii> 
rainli', dans l'artère piilnninaire, el le retires s cm eut des valvules auri- 
culii-venlricnlaircs. Si l'aorle on l'ailère pulmonaire est rélrét'ie, il y a 
un frulleinenl du sanj: sur les Iwnis de l'orilicc trop étroit, el de \:i 
Mit souille coïui-idaiil avee le pouls, (".ela ne niaiK|ue presque jamais. — St 
les orilices artériels wuit sains, mais ipie l"un ou l'aulre des orifices aiiri- 
rnlo-veiilriculaircs soit iiisnriîsanl. par altération valvulaire ou antre. Ii 
releuir le sani; dans les veiilricules, il y a de nouveau un froltemeiil et coii- 
séculiveiuenl Un bruit de souflle; de sorle (]u'au premier temps des bruit- 
du cieur 11' Mnitlle aunonee, soit le rétrécissement d'un des orilices arté- 
riels, soit l'insuriisance d'un des oriliees aurieulo-ventriculaires. 

On (lislinuiie le snuftle du premier leiups qui appartient jiu rétrérisse- 
lui'ut des oriliees artériels, en ce <|u'il se produit à la hase du cceur en 
dedans du inamcion, tandis ipie le souftle de l'insuriisance auneulo-veiilri- 
eidairc ^auelie s'entend particulièrement à la pointe de l'organe el eii 
dehors du nianielon jusque sous l'aisselle. Le souille au premier tempsqiii 
ivsulte d'un irliyf''i-'i'iiifiil 'le l'urlire pHlmoittiin- a son maximum en 
dedans du nianielon au niveau de ia seconde cMe et s'accompagne souvent 

I II lniiit <l<- <i<iiflh\ iiu ,v.viiii./ /(')»/>-■ des bruits du eieur, annonce au 
eoulvaiie une iii^iiffi'Hinr d,- l'iioi !■ on il-' T'irlêr'' pnlitioiiaiff oa un rètrè- 
,i.<wiiii-iil ■!>■ ri>ii/i<i- •iiiiiciil'i-'i'uli ii-iil'iiir. t'.ol à ce moment de diastole 
ventrienlairc que le sauf: parse des oreillettes dans les ventricules en 
mcuie lemi'S ipi'il a teuilauee ;i rethier dans le cieur par l'aorte, !à où il 
ivdrcsse par un clioc en retour les valvules ^ii;[ii.'ides. Or. si ces valvules 
ne tVrtuenI p;is. le lluiile >;in^uîn rentre eu iMilie dans le cœur en frottant 
eontie les p.uois de l'oriLiee. et il produit nu souftlt- plus ou moins carac- 
térise. Il eu est de mèiiic dans l<s ntreoissemr'nls aurieulo-ventriculaires, 
loi-s.|Ue r,iiiliee, retieti p.ir suite d une alieralion des valvules, donne lieu 
à un ti\'tienicnl dn s.ui^ Mir ses par^»is. 

Oli distii^ue le l'iu;t île s.'urlle .i-|ij\iilena!U ,i riuniliisance arlériellc 
(ur »'u stive -l la i'.t>e du i i >w. i.ind s .ju'.ui ciUr.ure le souflle du rétrê- 
cisscmeut auricu!,'-vei;t:K\ii,r.:e ne s', iih-:i-.i y\ai ta [v.nito. 

l,i:>)iiiî > a ; :. : ;■, ;- : -rr'-' i'.-: (.■, '■■ j'.iie. il faut déterminer 
,.\c,i ,'11 e\>le \,-.v: \\.\\.:\:\.-. 1 ■ 1- :.-.:e. j la bise ou â la pointe, et 
u-.-eeiu,.':;. ^i::. . a,; :!i 'V <■;;,:-, s v; -U - :■:. ■L!:!--:se[-ii'^ssus, surla sigiii- 

■■■i- -.s ■.■■;;: ■ . i.ap'a:; e:;: .i i -y :;.-e .irit-riel ou aorlique: 

,i;:;'--' ,;-- ■ .: a ,■:) r^ :u-: -.^vv^ a:. :■.< ->■<:■-.■:■ ;. F-lorl-: — Mil 
.::■. ,ui ,v;;:r,; ;.■..;:. , ' .,■> : > "■■. i: :■:■•■.■ •f ^! fi <--rr.ii'i {■■mpi, 
lient .i'.;!> .;.,:.i;v.:i .ic i.-:;,e .;.::■...;:. ■vv:;:r:JLiUi'-e : c'est un 



BRUITS DE SOUFFLE INTRA-CARDIAQUES. 117 

rétrécissement et en mime temps une insuffisance de cet orifice. — Un 
dùuble bruit de souffle^ placé, le premier à la base^ le second à la pointe^ 
annonce une maladie de rorifice artériel et une lésion de Torifice auriculo- 
ventriculaire ; c'est un rétrécissement de chacun de ces orifices. Y a-t-il, au 
contraire» un double bruit de sourfle dont le premier est à la pointe et le 
second à la base, c'est une double insuffisance. 
Le tableau suivant résume très bien ce que je viens de dire : 

Souffle avant le 1* bruit ( Maximum à la base ] Rétrécissement auriculo- 
prés^-stoliquc. ) en dehors du mamelon, j ventriculaire gauche. 

/ Maximum à la base \ Rétrécissement aortique. 
Sourde an l*' bruit. | en dedans du mamelon. [ 

f Maximum vers la pointe. ) Insuffisance mitrale. 

Souffle au 3* bruit i la base ( A la base i t^ m «• 

. , ^ I , . f Insuflisance aortique. 

et récurrent. ( et récurrent. ) 

Souflle au 2* bruit i } 

à la nointe f ^ ** pointe. > Rétrécissement mitral. 

Diagnostic des lésions du coeur droit et du cœur gauche. — D'une 
manière générale, les orifices du cœur gauche sont beaucoup plus souvent 
le siège d'altérations organiques que les orifices du cœur droit, et, dix- 
oeuf fois sur vingt peut-être, les bruits de souffle cardiaque sont le résultat 
des maladies du cœur gauche. Cela ne suffit pas au diagnostic. On peut 
bire davantage, et, avec Bouillaud, lorsque le bruit anomal est à droite ou 
à gauche du point où Ton entend le tic-tac naturel, on peut dire 
qne la lésion occupe les valvules auriculo-ventriculaires du côté droit 
oa celles du côté gauche de Torgan^. Au contraire, le siège de la lésion 
doit être placé dans Tabrte quand le bruit suit la direction de cette artère, 
et dans l'artère pulmonaire quand il s'étend d'une façon transversale et se 
dirige vers la clavicule droite. 

Ce sont les phénomènes généraux qui ont ici la plus grande importance. 
Eh effet, lorsque le cœur droit est malade, il y a toujours un embarras 
considérable de la circulation veineuse, un pouls veineux, dfe la cyanose et 
on oedème considérable qui n'existent pas, à un degré aussi marqué, dans 
les maladies du cœur gauche. 

Causes d^erreur dans le diagnostic. — Malheureusement, dans beaucoup 
de cas, les bruits de souffle cardiaques, par leur étendue, par leur associa- 
lion avec le bruit respiratoire ou avec des râles bronchiques, sont difficiles 
à analyser et à mettre en rapport avec les bruits du cœur. Dans quelques 
cas même, la gène de la respiration est si grande, que toute appréciation 
est impossible et qu'il faut s'en tenir à l'étude des phénomènes généraux. 

Qaejques difficultés se présentent au sujet du rétrécissement de l'orifice 
auriculo-ventriculaire gauche, ordinairement accompagné d'un bruit de 
souffle au second temps, et dans lequel on observe quelquefois, dit-on, un 
bruit de souffle au premier temps. Fauvel, Beau, Filhos, ont publié des 
faits de ce genre, et ils en ont conclu contre la théorie des mouvements du 
cûeur généralement adoptée. C'est une erreur, car, en examinant les faits 



lis Moyens imiysioiks d'exploratio. 

lie n-lrtH'isscnient do l'oritice auriculo-venlriculaire connus, on voit qu»^ la 
valvule, couverte de végétations ou réunie en cé»ne ouvert par en ba>, 
tornie un rétrécissement du c<Me de l'ortMlletle, et une insuftisance du o'Av 
du ventiicule. Il en résulte, selon le dcLMv de la lésion orirani(|ue, des comli- 
tions plnsiijues variables qui, laisant pluttii ol)^tacle dans un sens que dans 
l autre, soit de riuvillelte au ventricule, soit du ventricule à roreillelt»-, 
produisent le souille au second t^Mups ou au |)i«Mnit^r. ce (|ui est plus raiv. 

Le seul uiovt-n de reconiiaître alors le retreci<>enienl avec insuftisanri' 
mitrale de linsultisance Sful»^ result»^ de TetUile des plienoniènes gfiit- 
raux, (jui.dans le premier cas, si»nt la iiéue de la circulation, la stase san- 
guine, la j»etites>e du pouls. Icedeme. l'anasarque. etc., phénomènes qu»- 
1 on ne rencontre presijue jamai^ dans linsultisance auriculo-ventriculairï-. 

iMi ohs«'r\e de nomhi'euses variétés dans le> bruits de souille organique^ 
eardiaqa«'s. dus à la résistance que le sang tq)rouve pour franchir les en- 
tiers ma!ade<, ou à lirregulaiite des contractions cardiaijues. Ce sont le< 
biint> de l'i' . de bm»\ de scie, de rou^t. de \i\i(uleinrnî. de 'j'flop, duut 
les noms iiuiiquent sullisammenl la nature. Saut" le bruit de galo[), il> 
iuiiiqueni toujours des lésions consideral)les et la présence de vt'ijcttition^ 
rèsi^t'itit' >\ d (KCi u^t'ttioit< en t'!'f-jiti' H<'S ou ^iihriin'S voluunueus^s 
ou '/'//cn >i// lf$ r'ïlvHh<. A cet égard, ils ne peuvent jamais induire en 
erreur comme les bruits de s^niftle doux, et Irur manifestation est ïin'in'' 
i'''('i'ii 'i ut.f 'lU'VOtiou r,ih u^'iif ' . iMi rencontre toujours avec eux le 
lVr'm;ssem''nt vibratnirc des j^arois thoraeiques, également designé sous 1»' 
i."Ui de iVennssemeiil cataire. 

!.♦" bruit dr l'i'! /If ,H' Jt^, t'Utre li»us. mérite une mention particulière, à 
caux- de Son t.iulue aigu spécial compare au bruit de la tourterelle, au cri 
de la cailb', r\r., et eu rai-on de sa lorce. qui le rend quelquetois appré- 
Càt'l'" a uîir' i «rta nr di>tanie du thoi.îx. 11 i.e s'ub>erve (]ue dans le cas 
d«' i..,.!>Kiit Oî^aiiiviue du lo ur. »t tic p;r!»'i»::îee. d'a;Mès iMiuillaud, dans les 

* • >^ .( •!< t '> I \ >• /."'S '• > "" r"^ • ■/ / ','''-. L«' bruit ih' 'J'ih'ip 

' >\ \r rtM.ilal d'un dt-Lnibb-m'iit du seiond l<ru;t et sobserve dans le 
-rai. 1 siîruce. — 11 p, ut an onipa^uer les lt>i..ns valvulau'es, — mais il 
> s;;.*»', onima!iemcnl Je 1 ;i\ p^'rtr<.';»:ue du < lur. L'S ca< ou on rob>ervt' 
s.'î.; it deux Sorte- : l 1< s In |»erîr''ji{i!t-< card.:a lues simples accompagnant 
Il U'. :-!u-.le ir.ti i>:î:;^ !!e : - iiS d .a:a:iv lîs liu v.nlricuie droit consécutive? 
à c»es a;lecî:v Un ga>îro-he'pa'.iqu«.>s. 



l'.'.u> i'el.il uiorbuie. ît > moini ^r.. :.:> du c n;r dai.s '.e 'jMi^ricanle peuvent 
tire accompagnes ti un ' • .' .i ;' " .• ,' vov. p.r.a^k-, d'après Laennec, 
au brait de aur d une >e!le ueuxe •. vr.isr." >.'VtS !• *.a\a :er. C\>1 le bvnU du 
cuir «(»//. l*lu> lard, V, r.o.Iiu -1 :e\.'..: >;;r velt-. assertion et il lit du 



CARDIOPHONE ET SPHYGMOPHONE. 119 

bruit de cuir neuf et de ses variétés, telles que frôlement, craquement^ 
raclementy an signe certain de la péricardite. Le fait a été confirmé par 
Bouilland et par tous les pathologistes. 

Ce bruit de frottement, très variable dans sa force, existe avec les deux 
temps du cœur ou avec le premier seulement, et il donne quelquefois à 
Toreille la sensation d'un corps qui monte et qui descend. On l'observe 
surtout à la base et quelquefois bien au-dessus du mamelon. Il résulte de 
Tétat rugueux du péricarde, chargé de fausses membranes ou plaques 
résistantes d'apparence laiteuse. C'est le signe du début de la péricardite 
aiguëf lorsque la membrane séreuse n'est que dépolie ; puis ce bruit dis- 
paraît s'il se forme un épancbement séreux, et il revient après sa résorp- 
tion, lorsque les fausses membranes, à sec, frottent les unes contre les 
autres. Il n'est pas rare alors de le voir accompagné d'un frémissement 
vibratoire. 

Ce bruit de frottement péricardiaque ressemble beaucoup, par sa cause 
et par son mécanisme, à celui de la pleurésie ; on Ten distingue par l'aus- 
cultation. S'il continue d'être appréciable chez les malades auxquels on 
bit momentanément suspendre les mouvements respiratoires, il appar- 
tient au péricarde, tandis que, s'il résulte d'un frottement de la plèvre, il 
cesse immédiatement par le repos de la respiration. 

Dans quelques circonstances, on entend avec une résonnance plus claire 
au bas du sternum un bruit de fluctuation évidente. Cela est très rare. 
Laennec en a fait un signe de Vhydro-pneumo-péricarde. Il avait raison. 
Depuis lors le fait a été confirmé par Bricbcteau ; Morel-Lavallée ; Rey- 
nier et cela s'appelle le bruit du moulin. On dirait le clapotement 
d'one^roue à aubes dans un moulin à eau qui fonctionne. Ce bruit de 
moulin est le signe certain et pathognomonique de Vhydro-pneumo- 
péricarde par traumatisme, lorsqu'un écrasement a fracturé le sternum 
<m les cotes. 

ARTICLE IV 

SIGNES FOURNIS AU DIAGNOSTIC PAR LE CARDIOPHONE ET LE SPHYGMOPHONE 

On a essayé d'appliquer à l'étude des bruits du cœur, et des artères ou 
des anévrysmes le sphygmophone de Richardson, présenté en 1879 à la 
Société médicale de Londres, et celui de Boudet (de Paris). Ce sont des 
instniments destinés à l'étude du son produit par l'ondée artérielle, 
ingénieuses combinaisons du microphone et du téléphone. Comme on le 
sait, le microphone est un transmetteur téléphonique disposé de telle façon, 
qu'il peut, dans certaines conditions, amplifier considérablement les sons, 
de là le nom de microphone que lui a donné M. Hughes, son inventeur. Les 
appareils microphoniques se composent de deux ou plusieurs morceaux de 
charbon légèrement pressés l'un contre l'autre et mis dans le circuit d'un 
téléphone et d'une pile. Nous ne pouvons parler ici de tous les modèles de 



1:20 MOYENS PHVSIQI ES h EXPLOUATION. 

microphones qui ont été imaginés dans ces dernières années; ce qu'il faut 
retenir, c'est qu'un microj)hone aura une sensibilité d'autant plus vive que 
le contact des charbons pourra subir des variations de pression plusgi'andcsel 
par suite déterminer des variations plus notables dans l'intensité du courant. 

On sait quel est le degré de sensibilité du microphone : le tic-tac d'une 
montre placée sur le support de l'appareil résonne ccunme des coups de 
marteau: le moindre fn^Iement d'une barbe de plume se perçoit avec une 
grande netteté. On entend distinctement le bruit d'une mouche qui se pro- 
mène sur la table sur laquelle repose l'inslrument et le bruit de ses pas 
donne la sensation du pietinenu-nt d'un cheval. On peut même distinguer 
le en de la mouche, surtout Sun cri de mort qui, suivant M. Hughes, 
deviendrait perceptible. 

Ce sunt ces appareils miero-telephuniques qui ont été appliqut»s à la 
medeeiliC. 

Le téléphone, à cause de son extrême sensibilité, a été utilisé pour 
révéler lexislence des courants excessivement faibles. Ihs 18T<S, M. d'Ar- 
sonval, préparateur du Collège de France, eut l'idée de se ser>ir du 
téléphone comme galvanoscope et il vint à conclure de ses expérienc^^s 
(jue le téléphone le [dus mal construit est au moins deux cents fois plus 
sensible (jue le nerf pour areuser des variations électriques très faibles. 
M. dArsonval, après avoir excite le nerf sciati(|ue d'un<^ grenouille avec la 
pince ordinaire d'un appareil à chariot, eloigi:a la bobine induite jusqu'à 
ce que le nerf ne répondit plus à l'excitation electriiiue. Ilemplaçaut le 
nerf par le téléphone, le courant induit qui n'excilait plus le nerf impres- 
sionna avec force le téléphone. Eloignant ensuite la bobine induite jusqu'à 
une di>lance i|uinze i\)is [)lus grande que celle du minimum d'excitation 
du nerf, il peut encore entendre vibrer le téléphone. 

Le téléphone peut donc être considéré comme le galvanoscope le plus 
sensible (jue nous possédions pour déceler de très faibles variations élec- 
triques. Les résultats annonces par M. d'.Vrsonval furent, bienlùl après, 
conlirnies par M. Tarchani^iï. 

Le premier microphone médical fut le S}ilii/'jmophofh* présenté par .M. le 
doi^Htir i;iehardson vers la (in de Tannée {x'\K a la Société médicale de 
Londres. C est une ingénieuse combinaison du microphone de Hughes, du 
sph}gnu»graj)he et du téléphone. Lorsque le pouls met en mouvement l'ai- 
guille de rap|)areiL une série de mouvements sont produits par le contact 
glissant du microphone, mais au lieu de laisser des traces sur la bande de 
papier de l appareil de M. Marey, il en resuite des variations d'intensité du 
courant ijui sont transmises du njicrophune au téléphone. 

Lq siihyjin'jjjfione de .M. Doudel (de Paris) dilTere des appareils précé- 
dents de cegemv en ce (lue sa sensibilité peut être portée très loin, sans 
que les mouvements imprimes par l'e.ndee sanguine apportent aucune 
gêne à l'auscultation des bruits artériels. 

Le sphygmophor.e de .M. r>oudet (de Paris) comprend deux charbons : 
Tim mobile, de foi me cylindrique, oscille sur un axe transversal; les deux 



CARDIOPHONE ET SPHTGMOPHONE. 121 

moitiés du cylindre, se font équilibre et l'une d'elles vient toucher le second 
charbon fixe, qui a la forme d'une lentille; c'est ce cbarbon fixe, porté par 
un double ressort analogue à celui du sphygmographe, qui reçoit par 
rintermédiaire d'un bouton les mouvements à transformer en son. La 
moindre pression se transmet par les rapports aux deux contacts de cbar- 
bon et fait ainsi varier l'intensité du courant qui les traverse; ces varia- 
tions sont recueillies par un téléphone que l'observateur applique à son 
oreille. Quant à la pression qui doit maintenir les charbons au contact, 
elle est obtenue d'une façon très simple, au moyen d'un ressort formé 
d'an V de papier écolier, ce corps jouissant d'une élasticité à la fois très 
faible et très parfaite. Des vis micrométriques permettent de ré/^ler le degré 
de cette pression et de faire varier la sensibilité de l'appareil selon les 
besoins de Texpérience. 

Ainsi constitué, ajoute M. Boudet (de Paris) auquel nous empruntons 
cette description, l'appareil placé sur une artère indique tous les bruits qui 
se passent à l'intérieur des vaisseaux, et avec un peu d'habitude, on arrive 
très aisément à distinguer les différences de rhythme, les bruits de 
souffle, etc. Cet appareil, très commode pour l'exploration de l'artère 
radiale, ne peut s'appliquer que très difficilement sur les autres artères, 
telles que les fémorales, et encore moins sur les veines. Dans ces cas, 
M. Boudet (de Paris) se sert du microphone à transmission. 

Ainsi constitué, l'a'jppareil, placé sur une artère, indique tous les bruits 
qui se passent à l'intérieur du vaisseau, et, avec un peu d'habitude, on 
arrive très aisément à distinguer les différences de rhythme, les bruits de 
souffle, etc. La pulsation est très fortement accentuée, le dicrotisme normal 
devient perceptible; en un mot, on entend le tracé du pouls, tel qu'il est 
inscrit par le sphygmographe. 

Cet appareil est donc excellent lorsqu'il s'agit d'explorer l'artère radiale, 
et c'est même celui qui donne les meilleurs résultats ; mais il ne peut com- 
modément s'appliquer sur les autres artères telles que les carotides, la fé- 
morale, etc., ni surtout sur les veines. 

11 est préférable de se servir du stéthoscope microphonique représenté 
dans la figure 29. L'embout de corne pouvant être maintenu au niveau des 
TÛsseaux sans exercer aucune pression sur eux, on évite la formation de 
ces bruits de souffle que produit la pression du stéthoscope ordinaire. 

C'est à l'aide de ce stéthoscope que Boudet a pu reconnaître que le se- 
cond souffle crural de l'insuffisance aortiqus est un bruil propagé. On 
sait que les opinions sont très différentes au sujet de l'origine de ce second 
bruit de souffle. Pour les uns, il serait causé par le reflux du sang vers le 
cœur, lors de la systole artérielle; mais les expériences entreprises par 
MM. Toussaint et Morat ont démontré que la vitesse en retour du sang 
n'existe pas dans l'insuffisance aortique. D'autres ont prétendu que l'ondée 
sanguine qui, à l'état normal, produit le dicrotisme de la pulsation, s'ac- 
compagne d'un souffle lorsque les valvules aortiques sont insuffisantes ; 
X. Harey a suffisanmient prouvé que les ondes secondaires allant vers la 



1-2-2 MOÏKNs PHYÎIOIKS I>"KXPLOR\TIO>\ 

]k'ri pluTii' ne ])eiivent plus osister lorsuue les valvules sigmoîdes soiil \c\- 
suflîsanli'S. 

La question peut ctn: IraiicliOc avec l'aiiie du microphone, et voici cDia- 
iiieul : ronilinut Je corne du stéthoscope niicrophonique esl inainlenu [?■■< 
lé^èi-emeiit ;iu niveau do iarlèie crurale, sans exercer de pression sur i'- 
vaissiMui. Le lélejilioiie, approché de roreillc, fait parfailemenl rei-onrialltv 
le second M.iuUle artériel. LU autre microphone placé sur la région canli.i- 



,]Ui' piTiiiet d ausculter on ni.'iiie temps \i- <■ fur. en aiipliquant un second 
leleplk.iie Mir laiilre uiville. l/evpniiii.'iilaleur eiileinl donc à la fois les 
l>rnilMliu-.einetceii\quisejias>eiil il.uis les vaisseaux: ar. il est très facile 
de recunn.iiire rtiu-i que le ileuxieiiie s.nii'tli' cardiaiiiie et le second soulll-' 
crural soûl suichroiies. On peut enci'r.- s'en assurer eu inscrivant les iiioH- 
veuieois du e.i'iir cl les juilsaliHiis de lart. tv. et en pointant sur ces tracés 
le nioiueut e\ael ou l'on .-nlcLid le sec^uid souille crural. 

I>au> rexji.iiriice r-'iucMiilce ligure '.'■< •. uu latiibnur explorateur (eardio- 
^raiilie) de Maii\ était a;iplique au niveau de la poiLite du cii'ur et domiail 
le trace C. I.euitiout dn >leliioscojie nuemphonique. placé sur l'artère 
crurale, pcrnu'tlail deulcLidiv le second Sv'ufllo arleriel el de bien préciser 
le nuuucnl de s.i production, lu autre laiiilvnir à air, placé sous le doiil 
di' l'explorateur, scr^all à lr;uisuiellie .1 uu l.iuiK'ur iuscri pleur une légère 



URDIOPHONË ET SPHYGHOPHOME. 



poussée foite au moment même où l'oreille percevait ce second souffle ar- 
tériel (Iracé SA ).-Au moyen des repères, il est facile de voir sur cette figure 
que le moment du second souHle crural correspond exactement à la dia- 



stole cardiaque, c'est-à-dire au moment où a lieu le deuxième sounie car- 
diaque. 

Le tambour explorateur est ensuite placé sur l'artère crurale, et donne le 
tracé A, figure 31 . L'embout du stéthoscope est placé sur la même artère, 
«t le signal à air indique (tracé SA) le moment où l'on entend le second 
soufile crural. Le moment de ce souffle correspond à la fin de la diastole 
artérielle. 

Or, si nous prenons maintenant simultanément les deux tracés du cœur 



ir>t«; SA, Incé iiidii|auil lamonMiil oi MptoduilM MCond u 
cniriL Etoudal (da Pirù). 



et de l'artère figure 32, sur le même malade, nous voyons que le moment 
da second souffle ai-tériel, indiqué par des repères dans la figure 31, cor- 
respond bien, dans la figure 32, au moment de la diastole du ciBtir, c'est-à- 
dire au second souffle cardiaque. 
Ces expériences montrent bien que le souffle artériel a lieu au moment 



12t ÎI0VKS3 PlIVSigUtS D'EXPI.0nAT10.\. 

lie la diasiole cardijKiiie, avant la systole arlérù'llo, ce ({iii di'lniil à la [m-. 
les deus hypotlif'si's du smiflle dini'otii|iic el du lii'uil du itHiix, ol pernid ii.> 
fonfliirc que le snoint soiiffe cniriil ih- l'iiisiif/imnif iiorliqitc «>«■/ ^iic 
la piopafi'ilion ilii bruit ih- -souffle vurdiaqiic jinr riiilernii'-liniir 'ht 
liquiilf siniijiiiii. 

Le même appart:!! pculéiralcmenV servir àrauscullaliimUesaiiôvrysmei, 



et le docleur Houdet (de l'aris) dans le serviec de M. Itroca, a ainsi 
leeoimu l'exisleiu-e des soufiles dans un cas d'aiiévrysme do la lemporate, 
alors (jiic la lumourtrailée ]>ar rélcclmlyse ne présentait plus aucim balli'- 
nieiil appiveial)le au loui liei'. 



Le iiiyophoiie esl disposé cumnie le ^pllyl;mopllOlle (voy, plus haut), il 
y a lia cliaiiot (lorlanl le ehailtim ninbile, une vis inicrumélrique rèiile 
1 elévatiiin et ladesceiile de ce cliariut; le cliariol inférieur esl li\é au 
ci'utre d'une meiuhrane de pareliemin tendue sur une embouelmre du 
telépliitne el deslinée à aniplilier les vibrations i|ni lui sont euninmiii' 
i|uées. L'autre l'ace de celle memhraiK- (inrle é^alenienl, à sou ceiilic, un 
liduton e\pli>rateur ipie \\m appliipie direetemenl sur le muscles eu 

Le iiiiiopliiuir esl un appareil ipii |>ern)et d'entendre le brnil de la con- 
Iraelioii miiM-ulaiie et l.' liruil des muscles ii l'étal de repos. t> 
dernier a ele allribu.' à la cuLiliaclu.ii luni<iue. .M.M. lUjudet (de Paris) 
fl llebove, dans leurs n clierclies jur Tiiicooi-di nation motrice des 
alu\it|ues(l). l'ul pu eouslaler ipie l inégale tonicité était la règle cher les 

lll lloiii!,'! rt l),-l"»e, iirl: ■!■■ \n.,..l,.,i;.; I. I, |.. ,i;i. 



SIGNES FOURNIS PAR l'AUSCULTATION DES ARTÈRES. 125 

ataxiques. L'exploration myophonique leur a permis de découvrir cette 
inégale tonicité sur un grand nombre de malades, chez lesquels le palper 
n'indiquait aucune variation de consistance d*un groupe musculaire à 
Tautre. Cette diminution de la tonicité atteint son maximum dans certains 
muscles qui sont presque toujours les mêmes : aux membres inférieurs, 
oe sont les muscles antérieurs de la cuisse, c'est-à-dire les extenseurs de 
la jambe ; à Tavant-bras, chez les sujets dont l'incoordination motrice a 
envahi les membres supérieurs, les mêmes auteurs ont également trouvé, 
d'une manière constante, une diminution du bruit musculaire des exten- 
seurs. 

MM. Boudet (de Paris) et Debove ont noté, dans leurs observations, que 
les variations de la tonicité musculaire ne se rencontraient pas chez les 
tabétiques encore à la période des douleurs fulgurantes et qui n'auraient 
pas d'incoordination motrice. Il leur a donc semblé permis de penser qu'il 
y avait un lien étroit entre l'incoordination motrice et l'inégale tonicité 
des muscles, et ils en ont conclu que celle-ci était la cause de celle-là. 



ARTICLE VI 



SIGNES FOURNIS AU DIAGNOSTIC PAR L'AUSCULTATION DES ARTÈRES ET PAR LE POULS 



L'auscultation des artères au sthétoscope, et l'étude du pouls palpé ou 
écrit par des appareils enregistreurs, fournissent un grand nombre de 
signes au diagnostic. Leur importance, exagérée par les uns, amoindrie 
par les autres, est incontestable, car, si l'exploration du pouls ne donne 
pas tous les résultats annoncés par Galieu, Solano, Bordeu, Fouquet, etc., 
elle contribue énormément à donner la mesure de la vitalité, et elle sert 
beaucoup pour assurer le diagnostic et le pronostic. 

L'oreille, armée du stéthoscope, entend dans les grosses artères, à l'état 
physiologique, un bruit sourd avec impulsion qui coïncide avec la systole 
des ventricules du cœur et qui est dû au passage du sang. 

Ce bruit, d'autant plus fort qu'on le cherche plus près du cœur, est très 
appréciable dans les carotides et dans les artères crurales. Il varie dans sa 
force avec l'âge et la constitution vigoureuse ou faible de l'individu. Pour 
le bien entendre, il ne faut pas trop appuyer le stéthoscope sur le vaisseau, 
car une forte compression anéantit le bruit, et une compression moindre, 
rétrécissant l'artère, donne lieu physiquement à un bruit de soufQe qui n'a 
rien de pathologique. Cette exploration doit être faite avec soin avec 
le sthéthoscope, sans exercer de compression sur les vaisseaux ou, comme 
je l'ai dit plus haut (p. 120), avec le sphygmophone. 

Ces bruits augmentent de force dans la pléthore, dans les maladies fran- 
chement inflammatoires, et ils diminuent, au contraire, chez les su- 



l-2('» MOYF.NS PIIYSIOIKS d'EXPLORATIOX. 

jt'ts faibles (1), naturellement dt''l)iles ou depuis longtemps malades. 

Ils ohani:enl de nature et se transforment en bniit de souf/le simph\ '/ 
floiibir rofirant. en bruit dr (liahh\ en sifflentrnt musical jfhis ou moins 
ltrouonct\ dans certaines maladies ori:ani«|ues du cœur ou des artères, et 
dans les maladies ehloro-anemi(|ues qui entraînent la jjerte de l'albumine 
l'I des iilobules du sann. 

Ces bruits anormaux, indicpu'S par Laennec, étaient pour lui le résultat 
de la eontraetion spa^modique des artères. Personne aujourd'hui n'accepte 
plus cette explication. On les considère comme pouvant être la conséquence 
de conditions anatomiques très dilTerentes. particulières au solide et au 
liquide. On les produit facilement par compression du stéthoscope sur 
l'artère. Ils résultent, d'aj)rès ru)uillaud ['1). de la compression des artères 
\K\Y une tumeur, de leur rétrécissement par Ifsion or;:anique. des plaques 
v>ssiiormes qu'elles renferment, de la vitesse du cours du sani:, et Ion a 
dit depuis qu'il fallait joindre à ces c^iuses : 1 l'augmentation de la masse 
du san.: invoquée par l>eau (i^i, et -2 d'après de la Harpe (4i, la diminution 
de densité du sani:. Hii croit »|ue letle diminution de densité au-dessous 
de »• de-:res a 1 areL>:netre de liauin -et la vitesse du li(|uide sont les condi- 
tions les plus favoiwbles à la pro lu-iii»n de ces hru:ts. 

Tour i.liauveau. au contraire, ces bruits sont la conséquence de frotte- 
ments du san.: a 1 intérieur des vaisseaux, sur leurs valvule>, sur leurs 
angles de biiurcalion. et ils >ont le resullal de conditions dilV^renles de la 
densité du liijuide en cirrulali(»n. lis depr-ndent de la production d'une 
'{î'<r' /?/»/•'. La quesii,..n e>t a Irtude. «l il me paraît imp<»ssible de ^e 
jT. «luauer a Cï.t e^ard. (Juoi ijuil eu >oit, voici le lesume des expériences 
de ùiauveau : je le pui^lie aîin que cliacun puisse en juger. 

i 1" Les liruits de souille se>nt des |'!ienL»n'iene> purement physiques, 
1. 'e>t-à-dire des sons, ^ounl.^ aux i..-is or.imaires de racou>lique. Comme 
ils M'Ul t^'U ouîs Kienîsiuos avec eu\-mê:r;e>. maUre leurs nuance> nom- 
l':tu>«>. il> îu- jKi<seîi: èl:e eiu-ndio q;;e par uhe seule et même cause 
e>>. ::: t.l", qui a.pail'eu; ne."èss.ra\ ment a Loidre mecani jue. 

» - «.'.lie iau>e île tit :il diîi\îénunî \\. a ia qualité, m a la quantité du 

>,r..^ on: cir.u'.e dans ^^ ^ai^sea;lx. u\ î-ar Cv-nsi-jucnl a 1 eîal de tension 

■^ • il 

i u d'. le.a. !:t !i.e:.*. drs ;uîv'> ^a^Ol:. a. ii s. 

> -î K.e 11'. :\>.c.e ;*.vs v:a\aî.:.i^e aaiis its as;v:\tes qui rendent ruiiueuse 
la lave :\\Wv\w dv< ^t.lus uu d' s ai'.ti'.s sar.s nu\i îitr le caiil»re de ces 



îu:'i>. 



» *■ 'Juaiîd une ù.lal.i^on eX'SU s.ir !r ;i\î -î du:. vài»eàu, le san;:, eu 
Ar:i\au; dans ciltt ^a::.e d- a^r, vtu: ;•:. >.:;::> uu Muit de s^^u'ile. 






i R u U *. _i . r "- : ' . ; . t" • f • z . ' - . . r -^ •-'.->' y i • •* 



■l^*A^W, lSsÀ>. l il., . ;v 



SIGNES FOURNIS PAR L*AUSCULTATION DES ARTÈRES. 127 

> 5** Le rétrécissement des vaisseaux^ dans un point plus ou moins 
étendu de leur trajet, peut s'accompagner aussi d'un bruit de souffle. Mais 
ce n'est point 1 entrée du sang de la partie large dans la partie étroite, ni le 
passage de ce fluide à travers la partie rétrécie, qui produit le murmure. 
Celui-ci survient lorsque le sang entre dans la portion du tube vasculaire 
située immédiatement au delà du rétrécissement; et, comme cette partie 
représente, relativement au rétrécissement qui la précède, une véritable 
diktaticm, il s'ensuit que le souffle, coïncidant avec un rétrécissement, 
reconnaît encore pour condition essentielle l'entrée du sang dans une 
partie dilatée du système vasculaire. 

> 6* Quoique l'entrée du sang dans une partie réellement ou relativement 
dilatée de l'appareil circulatoire constitue la condition essentielle et géné- 
rale du bruit de souffle, il ne suffit pas de cette condition seule pour faire 
naître un murmure; il faut encore : l"* que la différence entre le diamètre 
de la partie dilatée et celui du rétrécissement absolu ou relatif qui la précède 
soil assez prononcée; 2" que le sang pénètre dans cette dilatation avec une 
force suffisante. 

> 7* S'il est vrai qu'il faille une certaine différence de diamètre entre la 
dilatation où a lieu le bruit de souffle et le rétrécissement réel ou relatif 
qai précède celle-ci pour que le murmure se manifeste, il ne faudrait pas 
croire que plus la différence sera prononcée, plus le bruit engendré aura 
d'intensité. Lorsque l'entrée de la partie dilatée devient fort petite, et ne 
laisse passer qu'un très mince filet de sang, le souffle, tout en restant net, 
rade même, perd beaucoup de son intensité, et d'autant plus que le filet 
sanguin est moins volumineux. C'est quand le sang arrive à larges flots 
dans une large cavité qu'on a le plus de chance de voir nattre un fort bruit 
de souffle. 

> 8* Étant prouvée la nécessité d'une certaine force d'impulsion du sang 
pour la production du bruit du souffle, si Ton cherche à déterminer préci- 
sément quelle est cette force, on voit qu'elle doit au moins être capable 
de hire équilibre à une colonne de mercure de 5 centimètres environ de 
hauteur. On voit de plus que, si cette force s'élève, l'intensité du souffle 
augmente proportionnellement. 

» 9* Toutes les fois qu'un souffle s'est produit, il se propage sur le trajet 
des vaisseaux, au delà et en deçà de son lieu d'origine, d'autant plus loin qu'il 
est plus intense, mais toujours à une plus grande distance dans la direction 
du cours du sang, c'est-à-dire au delà du point où le souffle est engendré. En 
deçà le murmure se manifeste surtout avec le timbre du bruit de la lime 
qui mord sur le fer. Au niveau de la dilatation et au delà, il appai*att plutôt 
atec les caractères du bruit de la râpe qui entame le bois. 

> 10* Comme tous les sons possibles, les bruits de souffle reconnaissent 
pour cause immédiate des vibrations moléculaires. Où et comment nais- 
sent ces vibrations? L'observation démontre que le sang, en pénétrant 
avec une force suffisante dans une partie réellement ou relativement dilatée 
du système vasculaire, forme toujours une veine fluide, qui traverse le 



\'1X MOYENS PIÏV>IOrF:< n'KXlM.OnATION. 

Ii(|uidî' primitivement contenu dans la dilatation. i>i\ on sait, depuis les 
beaux tiavaux dr Savait, (jue toute veine fluide est Ip sièize de vibration:^ 
susce[)tibUs de produire des sons, vibrations qui ébranlent aussi Toriliee 
d'écoulement de la veine. Dans l'espèce, les vibrations de notre veine fluide 
intra-vasculaire et de son orifice d'écoulement sont nettement perçues par 
le doifît, soit à l'intérieur, soit à la surface des cavités vasculaires où elles 
ont lieu. Ce sont ces vibrations qui donnent naissance au pbénomène connu 
^ous le nom de frrmisspment n'hrdtoire, pbénomène lié d'une manière si 
intime au murmure vasculaire, qu'on peut dire qu'il n'y a point de bruit 
de souffle sans frémissement vibratoire, et réciproquement. Ce frémisse- 
ment, perçu seulement dans les vaisseaux quand il est faible, présent»^ 
toujours son niaxinmm d'intensité, comme le bruit de souffle lui-même, 
.sur le trajet de la veine fluide, c'est-à-dire au niveau de la partie dilatée 
dans laquejl.' entre cette veine. Il se propane étralement en deçà et au delà, 
mais avec des caractères trop variables, suivant les cas particuliers, pour 
que Ton parle de ce fait dans un exposé de doctrines irénérales (I ). » 

En attendant que les expériences de Cbauveau soient iiénéraîement adop- 
tées, on peut encore soutenir que, dans les artères comme dans le cœur, il 
y a des bruits de souffle ortjaniques et des bruits de souffle chlorotiques. 
Les premiers, causés par la compression des artères ou par l'altération de 
leur structure, sont [oi\']ouvs si m j il t* s et intrninttent'^, tandis que les autres, 
produits par l'altération chlorotique du san*:, sont quelquefois simples, 
mais beaucoup plus souvent continH:< et à double couru))!. Ils donnent 
lieu exclusivement au h)'uit de diuhle et au sifflr)))eut )U)isiral des artnt'u. 

Les bruits de souffle siu)jdt'>i ou i)tt(')'))titte)its, à u)) seul couru)) f, annon- 
cent une Unih'ur (iuérr{/siuub\ un a))('vri/s))ie rarii/uoux, le /V/n'rmf- 
iHCut ou ia Cfnnfnrssi.jii des vaisseaux urtrriels, les rutiositrs de la su)- 
fuiy inimu' d'- l'urti'ir, certaines dilatations capillaires formant des («- 
meur^ rrt'ctib's. Alors le bruit de souffle est partiel . — Il est {iê))èral et 
peut être entendu à Tmlerieur de plusieurs artères, notamment de Tarière 
léniorale, dans Viusuffisuuct' des rulvules sitjmoides. 

Les bruits d*' souffle coutiuu, ù double courant i'[ W bruit de diable, 
aiuii nonnnés à cau^e de leur ressemblance avec le bruit d'un jouet d'en- 
fant de ce non), sont les différents deizrés d'un même bruit, de même 
(|ue le bruit ^iihihmt, le sifjhnneut modulé ou chaut des artères, donnant 
lieu au snu de la i:uimbarde, au bourdonnement d'une moucbe, au sonde 
coïKpie, etc., «'te*. 

Ce bruit dillere du bruit intermittent en ce sens que le souffle est à 
cba«|ue instant renforce par un second souffle moins fort, et donnant au 
bruit une sorte de continuité. 

Oiielle (jue soit la variété produite, du moment où le souffle est continu, 
musical, à d(»uble courant, il sairit d'un état d'anémie ou de chlorose plus 
ou moins prononcé. 

(1) Cliauveau, Sw U iiitfLati'smr df'>> l'i utt\ de ^oufjh' va'x.idimc iJuurnal de /<j ;»//j/M'J/'>- 
(jie de r homme et îles aiuniaui. I80u. l. Hl, p. lOo-. 



SIGNES FOURNIS PAR l'AUSCULTATION DE LA TÂTE. 129 

Néanmoins, en présence des expériences que je viens de rapporter, il y 
a lieu de faire quelques réserves, et d'ailleurs, ainsi que je l'ai dit ailleurs 
il y a longtemps, on trouve souvent des 'sujets qui, bien portants d'ailleurs 
et sans anémie ni chlorose apparente, ont des bruits de souffle continu 
dans les carotides. Tel est le cas de tous les enfants d'un collège examinés 
sous ce rapport et qui m'ont oiïert, pour la plupart, des bruits de souflQe 
carotidiens très prononcés. La question est à étudier de nouveau et l'appui 
que Perrot et Peter ont donné à la théorie de Chauveau prouve qu'il y a là 
quelque chose à prendre dans ces expériences. 

Le docteur Ogier Ward (1) et Corvau (2) ont contesté que le bruit de 
souffle à double courant se passât dans les artères du cou, et ils ont placé 
la cause dans la circulation continue des veines. Pour eux, le bruit de 
souffle à double courant que Ton croit entendre dans les carotides aurait 
pour siège la veine jugulaire. Malheureusement, au cou et sur les diffé- 
rentes régions du corps, il est difficile d'ausculter les grosses veines, jugu- 
laires ou autres^ sans ausculter en même temps les artères qui leur sont 
contiguës, et, quel que soit le soin qu'on mette à cette exploration, il y a 
là une cause d'erreur impossible à éviter. Par cette raison, les expériences 
de MM. Ward et Corvau ne sont pas décisives, et il faut en attendre de plus 
concluantes avant d'adopter la théorie qui place dans les veines le siège du 
bruit de souffle à double courant. 



ARTICLE VII 

SIGNES FOURNIS AU DUGNOSTIC PAR l'AUSGULTATION DE LA TÈTE 

Quand on atisculte le sommet de la tête des enfants en bas âge dont 
la fontanelle antérieure n'est pas fermée, on peut entendre deux bruits : 
1* un bruit isochrone à celui de la respiration et semblable à lui ; S"" un 
bniii intermittent du souffle isochrone à celui du pouls et qui est le souffle 
fèphalique. Le premier est dû à la transmission du bruit respiratoire vési- 
culaire des poumons, et le second se passe dans les vaisseaux de la tête. 

Pour bien entendre ces bruits, il faut que les enfants soient calmes et 
quon constate le souffle céphalique seul, c'est d'après Fisher, de Boston, 
l'indice de Yhydrocéphalef Rilliet, au contraire, pense que c'est un signe 
de rachitisme. D'après Withney, ce souffle n'a aucune importance diagnos- 
tique et il s'entend chez les enfants comme chez l'adulte. 

Le docteur Tripier a entrepris sur ce sujet des recherches nouvelles dont 
Toici le résultat : 

1* Contrairement à l'opinion de ceux qui affirment que ce bruit existe 
seulement chez les enfants, et ainsi que l'avaient indiqué Fisher et Withney. 
le souffle céphalique existe chez l'adulte. 

(I) Ward, London Med. Ga%,, 1837. 
(tj Corran, ArchivtM de médecine, 1813. 

B. — Diagnostic. 9 



IIÎO MoVF:NS PIIYSIQIKS D'KXI'F.ORAriON. 

±' (^csl mi soiiflliî systoliqiuî prolbiul (|u'on enleiid sur Unit le rràii»', 
[)riii('i();ilem(!iit sur les parties latérales au niveau des tempes, avee nia\i- 
niiiru d'inteusilé sur la r<'gi(ui teuiporale droite. 

,*{ Kes malades sur les(|u<ds on le rencontre, entendent un bruit inl»:- 
niiltent synchrone avec le souflle per^u à rauscultation, et par conséipjeiit, 
avec la systole ('ardiaipie, el dont Tintensilé est en rapport direct avec cfll«' 
du soulllt^ cephali(|ue. 

i Le bruit et le souille ])euvent être modiliés ou supprimés monienta- 
n^'incnl par la compression de la carotide du C(')lé où l'on ausculte, ou 
même du C(*)lé op|>os/'. 

r» Le souille cephalique, qui est parfaitement synchrone avec la syslolc 
<ardia(pi(\ doil se passer dans le système artériel. 

On arrive par exclusion à la placer dans la partie terminale de la caro- 
tide interne au niveau du point où elle pénètre dans la cavité crànieiiiH-. 

(V Mans les anémies par hémorrhairies et par cachexie, dans la chlorose, 
le souflle cej)hali(|ue se rencontre lorscjue les symptômes d'anéujie sont 
intenses et de longue durée. 

7' L<' souille cephalii|ue sans souflle à la base du cœur et surtout san^ 
anémie, devia laire souiier à la possibilitt* de la compression de la carotide 
interne au niveau de sa partie terminale, lorsqu'il n'existera aucun troubla 
du côte de l'orbite. 

In'lii'ifions fonmirs ptir Ir souf/lc if'iilifili'jfir, — Toutes les fois quou 
rcncontiera le si>ull1e cephalique à la suite d'hémorrhaiiies ou dans la 
chh>r(>M\ on pourra être certain que l'anémie est profonde et qu'elle 
réclame un traitiMuent aussi énerixique que possible. 

(".ommc \c soullb^ cc[)haliqae peut aussi être produit ])ar un élal 
caclici'lii)uc sous la dcpcud.uice probablement de lésions diverses, on 
dc\ra toujiuirs rechercher a\ ce soin la cause de Lanémie. 

lK\ii> les i\u'he\ie> rcxistence du souille cephalique est un sigïie pro- 
ni»>liquc :;ravt' ; >a diminuliou et sa iii>parilioii, coïncidant avec une aixira- 
\atu»n de la maia.iic. scnuit un indice encore plus fâcheux. 

lorsqu'un malade ancm.quc ou non se p!aindi*a de troubles cérébi'aux 
et MHliuU d'cnlcuvire vies bruits auv>rmaux. ou devra toujours ausculter la 
tclc, c.ir la con>tal.ilioii du Sv^iiHlc C(^[>hal: ]ue en labserice d'un souille 
larvliavjuc. pvuuaa mcllrc >iîr la \v>.e via diagnostic d'un»* lésion iiitra- 
i'r,oncînic. 

l c nvuimIc rt^p!\aiiquc vvV.i> dv s r.i ia\i'v:. lis p.'ur le li-ailemenl, surtout par 
la v'vumais^a'.iCv* vies cv>*.ivi:'.K':is dans !c> :.;ç!!c> ;i t>t produit. 

t .*nI a;n>i viav\ da:î> les c.;> .'U ;1 vi- "v^:; i d'a::e îameur anevrvsmaleou 
anc\r\>!iu»Klv\ .a l'-;a','vU\" viv- '.a ca: .: vi-, It: v,; -lu: ir le malade. 

l\a Cv>ui:c. v.^îi cN .Ici a c'-/: '.v s a::v ::i. ;.i':> 1 1 d.uis les cas de compression 
vie îa cau*iulv\ u:\* lîiîcrN ^".: .^:; '.i , ;.'•.,. t'i ais^ml c-'Urir au malade des 
chaUvCs vie Hicik cl vlaCv' .:s".;> vi.^c:>, :.. ;\ u::u.l !iii èlie utile. 



AUSCULTATION DU VENTRE DANS LA GROSSESSE. 131 

ARTICLE VIII • 

SIGNES FOURNIS AU UAGNOSTIG PAR L'AUSCULTATION DU VENTRE DANS LA GROSSESSE 

Historique. — C'est Mayor, de Genève, qui, le premier, en 1818, 
annonça qu'il avait entendu, sur une femme grosse, les bruits du cœur 
da fœtus, et c'est de Kergaradec qui fit paraître, en 1821, le premier tra- 
^^il sur lauscultation obstétricale ; il annonça que lorsqu'on ausculte avec 
soin Fabdomen d'une femme qui a dépassé la première moitié de la gros- 
sesse, on perçoit un double battement comparable au tic-tac d'une montre, 
ce sont les battements du cœur fœtal. 

De Kergaradec reconnut aussi et signala un bruit de souffle isochrone au 
pools de la mère, bruit de souffle qu'il appela placentaire, ou bruit de 
souffle utérin. Il faut ausculter avec un sthétoscope, parce qu'il permet 
d'atteindre l'utérus lorsqu'il dépasse à peine le détroit supérieur, parce 
qa*il permet aussi de déprimer facilement la paroi abdominale, les anses 
intestinales et le liquide amniotique. Voici, d'après le docteur Pilât, les 
règles à suivre dans Tauscullation du ventre (1) : 

Position à donner à la femme. — Quant à la meilleure position à <lon- 
ner à la femme, celle qui convient pour le palper abdominal, convient 
aussi pour l'auscultation, c'est le décubitus dorsal, avec relâchement des 
parois abdominales, qui est la position la plus favorable. En outre des 
battements du cœur fœtal et du bruit de souffle utérin, il peut y avoir 
d'autres bruits perçus par l'auscultation. 

Bruit de souffle du cordon. — C'est d'abord le bruit de souffle du cordon 
qu*on ne rencontre que dans un petit nombre de cas, et qui ne peut être 
confondu avec le souffle utérin, parce qu'il est isochix)ne aux battements 
du cœur fœtal. 

Selon Naegèle, ce souffle ne serait perçu que dans une petite étendue, 
et sa situation varierait avec la présentation du fœtus. 

Cet auteur reconnaît comme cause de ce souffle, l'entortillement du 
cordon autour du cou du fœtus ou la compression de cette tige entre le 
dos fœtal et la face interne de la matrice; dans ces cas, la tension plus 
grande du cordon et l'écoulement du liquide amniotique doivent favoriser 
la production de ce bruit, et la persistance de ce souffle doit faire craindre 
pour la circulation et la santé de l'enfant. 

Bruit de souffle fœtal. — C'est un bruit doux et faible qui accompagne 
Tun ou Tautre des battements redoublés du cœur fœtal. 

Mouvements actifs du fœtus. — Le bruit produit par les mouvements 
actifs du fœtus est un choc rapide, instantané, qui ne pourra être confondu 
avec aucun des bruits cités plus haut, et que l'on perçoit également avec 
la main appliquée sur la paroi abdominale ; c'est à quatre mois et demi 

(1 » PiUt, Leçon sw Vaucultationt^liquie à la gro»8e$$e {BulL médical du Nord^ féT. 1882) 



i:]:2 M(»YENs PHYsiQrKs d'exploration. 

(|ue la ft'Fiime <'omin«*nce ordinaireiiHMît à constaUT ces inouvenu'iils, 
mais par ranscullalion, raccuucheur peut les percevoir un peu plusl«'»l, 
c'est là uu sif:ne de cerlilude de la irrossesse. 

Brfdt produit juir le d(''coUcnie)d du jdfirentd. — M. le docteur Cadiaul 
a sii:nalé un hnut tout particulier, (|ui serait dû au décollement du pla- 
centa, a[)rès l'expulsion du fœtus, au moment où l'utérus revient surlui- 
mènie, mais cela ïi'a pas d'iFnporlanc«\ 

Souffle utérin, — (le soufllc, nomme bruit placentaire, souille abdomi- 
nal, utérin, est isochrone aux battements du C(eur de la mère et ne peutètiv 
confondu avec les bruits (|ui se passent du coté du co'ur fo-tal ; il est du 
reste |)lus prononcé et |)las ftjrt (|ue le SDufde fietal et le souflle du cordon; 
c'e>t un souille sans choc, sans pulsation, ce (jui le difl'tM'encie du souitl»^ 
d'une îilVection cardia'|Ue uu du suuflle résultant de la compression d'uii»^ 
artère. 

C'est le plus inconstant de tous les bruits, un le voit paraître et di>p.\- 
raître: sa forme est aussi très variée : tantcU faible, tantcH fort, on l'enteiid 
grandir sous l'oreille: tantôt j)rofond, tantôt superficiel, on le trouve le plus 
souvent sur un des c«*)tés de l'utérus, quelquefois des deux c<*>tes, ou même 
vers le fond de l'oriraiie. 

Quant à l'époque de son apparition, c'est vers le ijuatrième mois qu'd 
devient plus facile à perct^voir, et il (■«►ntiinie ensuite a se produire d'une 
fav'Ui irréiiuliére jus(ju'au moment de l'accouchement. 

Par l'auscultation intravai:inale, Nauche et Vérardini ont pu entendre 
ce bruit de souflle à la lin du deuxième mois de la f:rossesse. 

Ker::aradec et Vérardini pensent (|ue c'est un souflle utero-placentaire 
dû au passade du sauij: di' vaisseaux étroits dans d'aulres plus larges, et 
comme ce souille peut s'entendre dés les premiers mois de la grossesse, 
il peut avoir une i:i*ande valeur diaimo>tii|ue dans les cas de grossesse* peu 
avancée ou d'insertion du placenta sur le col. 

Cette théorie de Kergaradec et de Vérardini n'est plus accceptable, car 
on sait que dans une grossesse simple, on peut par lois entendre le bruit 
de>oufne des deux c<Mes à la fois et sur des points éloignés l'un de l'autre, 
et de plus, d après Paul Ikibois.ijue ce bruit de souille se passe dans les 
paroi> utérines, et (|u'il n'y a aucun iap[)ort entre le j)lacenta et ce bruit; 
car s'il arrive (|ue le placenta ^'e^t mstM'e dans le fond de la matrice, le bruit 
de souille >"i'nlend le pius souvent sur les parties latérales de l'organe. 

!i>ittrnicnt^ du cœur de l'''nf<iut. — Leur étude est d'une importance 
con>iderable ; ils const-luenl le >igne le plus certain de la grossesse ; ils 
|>ermeitent de diagnostii|uer une grossesse multiple, d'être renseignés sur 
l'état de vie, de saute o'i de soutïrance de reniant, enlin, ils permettent 
souvent de connaître la présentation et la positii)ii du lœtus. 

On admet généralement que c'est à quatre mois et demi qu'ils com- 
mencent à être perceptibles : il est évident qu'ils existent avant cette époque 
de la grossesse, mais ou comprend que plusieurs circonstances puissent 
i^etaixler le moment où il sera possible de les percevoir; parmi ces causes 



DYNAHOSCOPIE. 133 

de retard, il Taut citer la faiblesse de Tenrant, une épaisseur considé- 
rable de la paroi abdominale, une quantité exagérée de liquide amniotique 
tandis que dans les cas contraires, il sera possible de les entendre avant 
cette époque de la grossesse. Leur fréquence reste la même tout le temps. 

Leur nombre varie entre 120 et 160 à la minute ; à ce chiffre il est par- 
fois difficile de les compter, car l'intervalle qui sépare deux battements 
n*est pas plus grand que celui qui sépare les deux bruits d'une contraction 
cardiaque. 

Diagnostic du sexe, — Pour quelques auteurs, il est possible de dia- 
gnostiquer le sexe de l'enfant d'après la fréquence plus ou moins grande 
des pulsations; en effet, on a cru pouvoir annoncer la naissance d'un 
garçon lorsque ce nombre était inférieur à 130, et la naissance d'une fille 
lorsque le nombre des pulsations était supérieur à ce chiffre; mais il n'y 
a rien d'exact dans ces affirmations. 

Grossesses multiples. — Dans les cas de grossesse multiple, l'auscultation 
peut permettre d'arriver à une certitude absolue, il ne suffit pas pour cela 
d'entendre des battements sur deux points opposés de l'abdomen, il faut 
encore que l'on constate le défaut d'isochronisme entre ces battements. 

Lorsque l'un des fœtus est situé profondément et que les battements de 
son cœur n'arrivent pas à l'oreille de l'observateur, l'auscultation fera 
défaut ; il en sera de même, lorsque l'un des fœtus aura cessé de vivre. 

Pendant le travail de l'accouchement, l'auscultation ne doit pas être 
négligée, car elle permet de constater l'état de santé ou de souffrance 
du fœtus ; elle doit surtout être pratiquée lorsque le travail se prolonge 
après l'écoulement du liquide amniotique, car dans ces cas, le cordon 
peut être comprimé entre la paroi de l'utérus et quelque partie fœtale, et 
la mort du fœtus peut en être la conséquence. 

Diagnostic des présentations et positions du fœtus. — L'auscultation 
appliquée au diagnostic des présentations et des positions est très 
importante. Elle permet de diagnostiquer la présentation et la position, elle 
permet d'établir un diagnostic que le palper et le toucher n'avaient pu que 
laire soupçonner. Mais cette étude rentre trop dans celle des accouche- 
ments pour être développée ici. 



CHAPITRE X 

DTNAMOSCOPIE 

Les bruits profonds de la contraction circulaire que peut apprécier 
loreille ont été signalés par Grimaldi, en 1618, comme étant le résultat de 
l'agitation des esprits animaux. Ce fut aussi la pensée de Théodore Ci'aanen; 
mais dès l'année 1760, Lud. Roger attribua ces bruits à la contraction 
musculaire, opinion adoptée par Walleston, par Ermanu, par Laennec et 
par tous les physiologistes. 



184 MOYKNS PHYSIOrES n'F.XPLôIUTION. 

C'est ce hruil de eonlraction inusciilaire, étudié par rauscultalioii. qui 
a t'té de la part de Collontrues l'objet (l'dliisions sensoriales exlraordinaiivs 
desiiiiiées sous le nom de (ïfinamo^roinr. Daprès ce médecin, l'élude d*' ce 
hruit serait la mesure des forces de la vie ( 1). 

Sans accorder beaucouj) (rimporlance à ce moyen, je le mentionne ici, 
alin d'appeler sur lui Tattention des (d)servateurs qui voudraient vt-ritit-r 
ce qu'il r^'ulerme de hon et d'utile à la science, .le dirai i)lus loin loutr ma 
pensée sur ce nouveau système (rauscullation. Mais je l'ai dcjii Jul:</ en lui 
appli«|uant le mol d'illusion sensoriaie. 

Voici comment >'ex prime l'auteur : 

w En plac/anl l'un desdoiuts de la main d'un homme à l'étal de santé ou 
malade dans le conduit auditif externe, on entend un bruit continu très 
semblable à un houvdoun'nihnit : à ce bruit s'ajoutent, par intervalles irre- 
fiulit-rs, des crépitations l>ien di^linclrs du bruit de bourdonnement, el 
qu'on peut appeler i>>HiU'incnti< lai (irr^ilh'wrnts. Les bourdonnements cl 
les pétillements sont plus seusibb's lorstpi'on se sert diin corps intermé- 
diaire entre le doi::l et le conduit audilit". Les meilleurs conducteurs sont If 
lie^'e et l'acier. Les bruits entendus appartiennent bien rerllemenl au sujet 
en exploration, et non à lorcille de l'explorateur, pas plus qu'à l'air com- 
prime' entre le iNuipan et l'instrumml exjdoraleur. PreuNC : si l'on appuie 
rin>li'umenl que nous apj)elons 'hn('nno<ri'i>c c«nitre un corps inerte, ou si 
l'on introduit dans le i:odet de rinslrumenl le doiu^t d'un cadavre, on ne 
pt-rçoit aucun de ces bruits. 

'^ Le boiu 'iomirithiit ('>[ un [dienoméne nent'ral. Les jictillrmcnts n'exis- 
tent qu'à l'extrt'inite dt's doiizts des mains et des pieds. 

'* Le bourdonnement et les pelilli-nuiits. considérés sous le rap[X)rt 
phy>iolo_:ique, varient suivant les sext-s. b-s â-:»'S. les tempéraments, les 
sai^ons. les climats, lelat de veille (»u de ^^.•mmeil. de fatii:ue ou de repos, 
de grossesse. 

• Lludie> dans cerluiies eirv'on>lan ^-s physiolo^-ico pathologiques, 
comme la douleur peuiiant les optralions saïu'lantes.releclrisation, l'élhê- 
ri-alion, le bourdonnement et les pétillements ont des tiiiïerences mar- 
quées. Pendant les ma!a lies, s/il aiJU; s. >.«it ehron:<|ues. le bourdonne- 
ment se molilie ainsi : s'il e-t doux. I' ni. e «ntinu, fjal a l'etal normal, il 
drvienl ruile. forl, rapiiie, c«'r.l;nu: n »us lapjw l^ns b"i(rdofiN*'mt'Nt roH- 
! !i:!. Le iKundetiinemen: eeuuide a\ee un rtal morbide exempt de daniier. 
Si le bourdvMineme:;!. au lieu d'èlre ciiinui. uni .»rme, devient treuîblo- 
tanî. ee>l Tnidiee d un tîat >eri':ux. Le be'urd.-nnement peut être très 
variable. lrè> inégal; il peut aTtcter tantôt une n-»îe ai^'ue. tantôt une note 
i;ra\e. et il correspond alors à un t lat luv^rbije «'rave. Le cas devient plus 

! Cy:,v,g,;,^s, (\« y f< ".u^ :■■ : .\ ■ :■••. • .f x x...- ,<. «cv _ l '-r^ite de >l>jNa' 
r.è/vvr.f .n .rrr-r-...:: •. ..f : ■. f <[ ..-■ :.: - • • , --^ • : : •. ;.; r.iuM^uUation des 
ih.;t$, l\ins. IvS-'i — lo 1 -v^ ..;. .:; ; .. :.: < > . .--•. .. .: pzinolxiie. l'ari*. 



DYNAHOSCOPIE. 135 

psTe encore si le bourdonnement passe du roulant, du tremblotant, à l'Jn- 
temiiltenl, au doux; c'est le signe de la retrogradatioii de la maladie. 
Enliu, l'absence du bourdonnement à l'extrémito des doigts est l'augure 
d'une mort prochaine. Pourtant, dans quelques maladies en particulier, il 
ne faudrait pas se laisser tromper k ce caractère : ainsi, dans les paialy- 
sies complètes, le bourdonnement est nul ; dans les maladies qui se mani- 
(•-slcnl parla perte de la connaissance (éptiepsie, catalepsie, apoplexie, etc.), 
le bourdonnement peut se supprimer longtemps elreparattre. Son apparition 
avant la Un de l'attaque indique que le malade reprendra bientôt ses sens. 

> Les pétillements dans les étals morbides sont très variables. Après la 
mort, c'est-à-dire après la cessation complète de la respiration et des bal- 
leroenls du cœur, le bourdonnement persiste; il est seulement très aiïaibli. 
Il est un point dans les régions précordiale et épigastrique où il est plus 
rrident que partout ailleurs. 1^ durée du bourdonnement après la mort 
varie de la dixième à la quinzième heure. Il suit une loi 

derelraile des extrémités vers le centre. J 

» Dans les membres séparés du tronc, le bourdonne- 
ment existe partout immédiatement après l'amputation. 
Il disparaît de minute en minute, en alljtnt des deux 
eitrémités vers le centre. Ce n'est que vers la quinzième 
mianle qu'il a complètement disparu. 

) Lebourdonnement et les pétillements ne tiennent pas 
i la circulation ni à la chaleur animale. Sans rien con- 
clure sur la nature de ces bruits, nous constatons qu'ils 
sont une résultante de l'action organique. 

> Les variations du bourdonnement éclairent la marche 
el le pronostic des maladies. Enfin l'absence du bour- 
donoement dit distinguer une paralysie complète d'une 
panksie incomplète; elle est le signe le plus certain de 
la paralysie vraie, et la fait distinguer de la paralysie 
simolée. * " 

ixtmme on le voit, ce système d'auscultation diiïère du ^"'- **■ - "J""- 
procédé Laennec. L'auscultation sléthoscopique ne trans- îan*^"» i*)." 
met à l'oreille que des bruits résultant d'une action 
physique, comme le passage de l'air à travers les mucosités accumulées 
ilaos les bronches ou les vésicules pulmonaires, le choc de deux frag- 
wots d'os ou de pierre, le Troltement de deux surfaces rugueuses, etc. 
Ce système d'auscultation transmet les produits de l'action organique. 
C'e^t pour cela qu'il a été appelé dynamoscopie, et l'instrument explorateur 
<llMmaKope (lig. 33). 



itla coadult ludilir. L' 



\\M\ MOYFNS PIIVSIOUES d'kXPLOR VTION. 

Voici le résumé des sipies que Colloii«:ues croit avoir découverts par (•' 
mode d'exploration dans les maladies internes : 

Dans les niahniirs aiguës. — i Le bourdonnement est roulant, f«jil, 
rapide, continu, égal. 

:2' Le bourdonnement devient roulant, trépidant ou tremblotant. La liv- 
pidalion ou le tremblotement peuvent être contiims, comme ils peuv«*iit 
aussi ne paraître (|ue de temps en temps. 

'^' Le bourJonnement est très variable, très inéiral; il aiïecte tantôt mw 
noie algue, tantôt une note grave; il est à présent très évident, tout a 
rbeure très obscur: tantôt net, tantôt embarrassé. 

i^ Le bourdonnement est intermittent. Sa suppression peut être brusquo. 
comme aussi elle peut arriver d'une manière lente en passant dune not«' 
plus élevée à une note plus basse. 

Ô" Le bourdoimemenl montn' des caractères tels qu'il rappelle le bour- 
donnement qui existe au creux épigastri(|ue ou sur la région précordiaK', 
après la mort : ce bourdonnement est dit bourdonnement des mou- 
rants. 

Lntin le bourdoimemenl se supprime quelquefois complèlemeut à 
l'extrémité des doigts (|uel(|ues lieures avant la mort ou au moment ménie 
de la mort. 

Dans les mahidies eh roiniiH'\<. — Toutes les variétés du bourdon- 
nemenl dans les maladies aigut\N se présentent encore dans les moIadit> 
cbroni(|ues. 

Le bourdoimemenl ollVe dans celKs-ii une faiblesse qui ne se trouve pas 
dans les maladies aiirues. 

Fi' rres internnltente^. — Les lri»is stades de la lièvre ont trois bour- 
donnemt'Uts didcrents. 

Dans le premi.M* .stade ou siade de froid, le l)ourdonneuitMil est sourd, 
lent, profond, roulant, ccuilinu, inegaL 

l»an> le deuxième stade ou stade de cbaud, le l)()urdonnemenl est rou- 
lant, supertieiri, très lort, trrs rapide, continu, queKjuefois trépidant ou 
trembK»tant. 

Pans le IriMsiruie stade, ou stade de sueur, le bourdonnement est 
roulant, fort, moins rapide, ecntinu. égal, rt^«'ulier. 

Ihih^ 1-: {hoh.'a f/'i/' ///////?\ le hourdonnemtnl c^lTre dès le début les 
caractères de celui (|ui ne >e présente orilinairemenl qu'à la tin des maU- 
die> aigui^s, ccsi-.i-dre i|u il est inlermilteiit. Les intermittences du bour- 
donnement sont plus prolon_:res (]ue les reapparitions. D'ailleurs, il e^t 
très tort, très variable, tremblotant: il baissorl disj»arait. 

/);.*N /'S tu il i If'^ 'f M s-' /iN.'.;.,:/ !»: ;■ ir ■' / j^-r!* snf>ite du sentiint'nt 
et du mouvt uhi:!. ordiiKiiieii.eni le b 'uriionr.enu'nl se >uj»prinîe d'abord, 
ol sa suppressiv»n continue ju>qu aux aj'provhes du retour des sens du 
malade. 

Dafis le$ atta fUes d'^.i,^!-. »:*, la suj^prossii-n du bourdonnement n est 
juis la ivgle. 



DYNAMOSCOPIE. 137 

Dans toutes les maladies nerveuses, le bourdonnement est comme 
contracté, embarrassé. 

Les paralysies complètes sont remarquables par l'absence totale du 
bourdonnement. 

Les paralysies incomplètes ont un bourdonnement plus ou moins faible, 
suivant le plus ou moins de paralysie. 

Le bourdonnement pendant le sommeil des malades conserve les altéra- 
lions de l'état de veille; il est seulement plus faible, plus profond. 

Pétillements. — Dans le cours des maladies aiguës, comme des mala- 
dies chroniques, les pétillements sont extrêmement variables. Ils ne se 
suppriment qu'à la mort. 

Les pétillements sont rares pendant le stade de froid des fièvres inter- 
miUentes. Ils sont plus fréquents et plus forts dans le stade de chaud. 

Pendant la sueur, ils sont éclatants, très vites, assez fréquents et 
ordinairement simples. i 

Dans le choléra épidémique, ils sont remarquables par leur nombre et 
leur éclat. Ils disparaissent pendant les crampes. 

Dans les maladies qui se distinguent par la perte subite du sentiment et 
du mouvement, les pétillements ne se suppriment pas toujours pendant 
les attaques. 

Dans rhystérie, ils sont très nombreux. Ils le sont aussi dans les mala- 
dies nerveuses qui n'abolissent pas la conscience. 

Dans les paralysies complètes, ils sont nuls; dans les paralysies incom- 
plètes, ils sont rares. 

Dans le sommeil des malades, ils sont plus petits, plus rares. 

Diagnostic. — L'absence du bourdonnement fait distinguer une para- 
lysie complète d'une paralysie incomplète; elle est le signe le plus certain 
de la paralysie vraie, et la fait distinguer de la paralysie simulée. 

Marche, durées terminaison des maladies. — Les variations du bour- 
donnement peuvent beaucoup éclairer la marche, la durée, la terminaison 
des maladies. 

Le bourdonnement roulant, fort, rapide, coïncide avec la première 
période des maladies. 

Les bourdonnements tremblotants, intermittents et des mourants, 
correspondent aux périodes les plus graves. 

Pronostic. — Le bourdonnement roulant, fort, rapide, égal, signifie 
qnane maladie, pour le moment, est exempte de danger. 

Le bourdonnement tremblotant, roulant, rapide, continu, inégal est 
Tindice d'un état sérieux. 

Le bourdonnement qui est très variable et très inégal, surtout s'il se 
joint au tremblotement, correspond à un état grave. 
Le cas sera encore plus grave si le bourdonnement roulant, tremblotant, 

est intermittent. 

Lorsque le bourdonnement passe du roulant, du tremblotant, de l'inter- 
mittent au doux, c'est le signe de la rétrogradation de la maladie. 



I.'ÎS MOYK.NS l'HYSIOlKS hKXPLOKATION. 



Knliii, le boiinloniicmont des iiiouranls <»l Tabsenee eoiiiplèle et durahl'' 
du hourdouneinent à rextrérnilé des doigts, des mains, sont un caracUio 
<'erlain d'une rnoit proehaine. 

Du pronostic dans quehjnes maladies en parlicaiiev. — Dans les mala- 
dies qui se inanifeslenl par la perle subite de la connaissance, le bour- 
donnenienl (|:ii persiste pendant l'atta([ue indiijue ([ue rallacjuc n'est |)a> 
mortelle. 

Le bourdonnement, qui est supprimé au début de l'attaque et «iiil 
reparaît durant son cours, indique ([u<^ le malade reprendra ses srns. 

La reappai'ition du bourdonnement sous riniluence de IV^Ieclncilé daii> 
les or::an<'s paraisses, annonce que le malade peut iruérir. 

Traitrmrnt des nialadirs, — La nuHbode qui fait rétrograder le bniir- 
doimemenl de la druxième période à la première est la |)lus convrnahli', 
et récipro<|uement, la nx'tbode (|ui (ait pas><'r le bourdonnement d»- la 
première à la seconde [)ériode est un tiailem<'nl peu cdnvcjiabb'. 

PètillemPHls. — Les pelillemenls manquent, ainsi <|n(' 1rs bounloiiiM'- 
uicnls, dajis les ori:anes complclement paralysés. 

Dans les ])ertes de connaissance, les prlillcMuents cjui jicrsistent nia'.! • 
l'absence de bourdonn<Mnents doivent faire espérer (|ue le bourdonuiMiunl 
se réveillera et que ralta(|ue ne sera pas mortelle. 

L'éleclricilé (jui réveille dans un or-xane paralysé les pétillements sans !♦• 
bourdoimenu'ul doit inspirer la conliance (jue le bourdomiement ne tar- 
dera pas à rt^venir. 

Ih'saltal de la df/namosropie apri's la mort. — Il n'est pas jusqu'il l.i 
mort réelle (|ue M. Colloniiues ne croie pouvoir distinguer à Laide d«' la 
dynamosc(q)ic. Si ce n'était i[ue cela, ce ne serait rien; mais il s'est cni 
obligé de trouver mauvais tout ce (jui a été lait avant lui. Il nie que Taiis- 
eullalion cardiaijue ])ui>>e lain' re-Miniallre la mort, et il admet (ju'on j)ênl 
vivre sans niouvements et sans bruits du eau:*. - - Pour lui, rabseiue du 
bourtb)nnemeut e.st le signe le plus certain de la moil. Llle lait distinizuer 
la mort réelle de la uu)rt a[)parenle. 

Mort ijcarralc. Inunédiatement après la mort, le bourdonne i eiil l'sl 
ab>ent de rt^xtremité des doigts; on le perçoit aux jambes, aux uisses, 
aux avant-bras, aux bras, au cou, à la poitrine, et (juclquefois à l'al);!»»- 
men : on ne rentend pas à la l'ace et sur le cuir cbevelu. 

Il \ a un point dans la région pré^'ordiale et épigastri(|ue où il est plus 
di>linct que dans toute autre partie, f.e point n'a pas de siège précis. 

Le bom'donnenuMit se trouve, apre> la mort, petit, faible, profond, 
bMit, peu nourri, clair, continu, égal. Il rappt^lle le bourdonnement d.\< 
mourants. 

Le bourdonnement disparait d'abord des pieds, des mains, puis des 
avant-bras, dt*s jambes, des bras, des cuisses, ou il est rare qu'on le trouve 
buit lieures après la mort. Il se disNipe ensuite du cou, de la [)artie supé- 
riemv de la poitrine, et il reste cnct^e peneplible, t)Uoi(|ue très affaibli, 



EMPLOI DES SONDES ET DES STYLETS. 139 

aux points indiqués des régions précordiale et épigastrique jusqu'à la 
dixième ou seizième keure après la mort. 

Si le bourdonnement existe encore à lepigastre dix ou seize heures après 
la mort, on ne comprend pas qu'il soit possible de voir dans sa disparition 
le signe le plus certain de la mort, car avant cette époque il y en a bien 
d'antres qui ont permis d*établir ce diagnostic. 

Mort locale. — Dans les membres séparés du tronc, le bourdonnement 
existe partout immédiatement après l'amputation; il disparaît de minute 
en minute, eu allant des deux extrémités vers le centre. Ce n'est que vers 
la quinzième minute qu'il est complètement éteint. 

Pétillements. — Les pétillements sont nuls dans la mort générale et 
locale. 

Après avoir rapporté tout ce que Col longues croit avoir trouvé d'éléments 
de diagnostic et de pronostic dans la dynamoscopie, je suis libre vis-à-vis 
de l'auteur, et je jugerai sa découverte en quelques mots. — C'est une 
illusion sensoriale. — Et cela prouve combien il est difficile d'observer. — 
Sans mettre en doute l'existence du bruit de contraction musculaire, je dis 
qu'il est difficile de l'apprécier, et j'ajouterai qu'il est difficile de savoir si 
le bruit se passe dans la pei'sonne qu'on ausculte ou dans l'oreille du mé- 
decin. En effet, en auscultant un gros mur, on entend le bruit de bourdon- 
nement, et après avoir répété l'expérience, et constaté la réalité du fait, 
chacun pourra conclure que Collongues s'est trompé. 



CHAPITRE XI 



EMPLOI DES SONDES ET DES STYLETS 



Depuis l'époque la plus reculée, l'art chirurgical fait usage de sondes et 
de stylets. On se propose de reconnaître, à l'aide de ces instruments, la 
position et l'étendue des plaies et des trajets fistuleux, la direction des 
foyers purulents, la profondeur des solutions de continuité, et même la 
nature des corps étrangers (os, cartilages, projectiles de guen*e) qui peu- 
tent y être contenus. Les sondes métalliques, pleines ou creuses, sont 
communément introduites dans la vessie, soit pour faciliter l'émission de 
l'urine chez les malades débiles et âgés, soit pour révéler la présencee des 
calculs. Dans ce dernier cas, la main du chirurgien qui dirige l'algalie 
éprouve un choc caractéristique et perçoit une sensation spéciale due à la 
rencontre du métal avec le calcul. Nous avons vu comment l'auscultation 
pouvait être de quelque secours dans des cas de ce genre. 

Lorsqu'on veut se rendre un compte exact de l'étendue, du degré d'in- 
tensité et du siège positif de certains rétrécissements du canal de l'urèthre, 



Mo MiiVKN,- I'IIV-ImC K- IIKXi'l.liilATLnN, 

• III liitiviihiiL ili's sciiiil>:> (!•' (Moiilrl)i)UC un Ixiii^ics niulk'5, SLiscoptii)!''? d'- 
il ji nul ni i.> lu (iiiiiH- (lfs iiJirlL.'s nvi«' IfSijiiciles ou les met en coittad, H 
ilr ciitisriviT li-s iTit|iri'iiHi's (li's li'siijiis Jrilunii's. Cu moy4"ii d'iiivcsti^alioii 
il l'Ii' liiMiiciMiji iirrciiiiisi' il nui; riHKjuo qui .s'éloi^iio rU-jit un [icu de nous: 
iii;iis ri'\|iriii-tn:i' ;l (iriiioiilri- i|iril uc liiul ac.'ciU'iler aux lniuj|:it.'s ft .iu\ 
[Hiili' ciiiiiii'iiih's (|iruiii' ciiiiliiiucc liiiiit>'-c, el ii'acreptpr t\\iù sous liHiétiti' 
il'invi'iiliiiri' les ri'Milliils (|ui- ces iiisliumruls [iiv.-icult'iit. 

Il ^'^l iiiis>i ili's simili'N Ilixilil.'s (jiv l'on l'Tuploie dans les n'iri-cisscmpiilî 
oi;;,iiii(|ncs ilr r(rsii|)li;ii;i> l'I du utIiiiu, ou ilaus les cas «le corps «Ira Ui!>ns: 
ni:iis 1,1 \;ili'iii' tlii'i';ij»'iilit|iii' ('>! doud'UM'. 

(Jiiaiit ;iii\ insli'utiu-nts liiviTs ijiii mit élc tinu' ;i tour mis en ump- 
|n>iii- l'iA|ilin;ilioii di- hi iMvili- iilt'iiin', ils sont souvcnl iiiutlle-i, ([uelijin'- 
li.i, ilaiif;.-ivii\. .-1 l.'s iin'ili-cins inities au catliol.-nsuie uIitId, [nr 
ri'M-iiiiili'ilr Kirauiirr, n'j >>iil ijuc latviuciil recours cl ilansles cas exci']i- 

l.-'iii|iloi ilrs siitiili'S a clé luuditii' dans n-s d''riiiérfS années par l'ausi- 
liaiiT (II- releclfii'ili', Ou a l'ail des soiuU's garnies d'un iiiicroiihom- dunl 
'l'liuni|>M.ii .,n sesl servi ju.iir le diaiiuoslie des calculs véslcaux. Osontli's 
>iMi./.'s iiiiiioiilioiihiU'-:. Le eoutael de la .-oude sur la pierre lait iiii petit 
lirnit >|ui. l'Iaiil aui]>lilie par le tiiicrupliDne. se Iraiisntet à l'oreille d'inic 
manière livs cvidetile; mais le l'niltenieiil des lils du iuiiri>]dioiii' pnidait 

M \ a aii»i IV.jfi/riidf. iir . /.■■ /;i;(/-' di' Irouu' llii:. -!ii. i|ui permet de 

re,,>iiii,iiiie 1,1 j,re>eiiee d'nu projectile 

an i;'ii,i ,iuii.> plaie et qui de plus 

—'■ — -^ ii\dii|ae la iiatiite du métal, car il pri>- 

,lii:l il. > lniiil^ ili-iincls avec le plunib. 



■ n la pierre. Ol 
d"> plus Utiles. 


l,..uueru. V.:r,.h- 


îln.ll.'S. qui uV>l 
il:..ndesaljalaiice 


a disposé si>ii ap- 
:.\:.i Hioveii d'une 


: . -.ir.; ou peut 
: .,.-■ tile et de- 


, t )Tofoiidenr a 


, c- .:■ u\ lvl>iiies 


- :.; irli-rï enlr-' 


i.:-.;;j1.- un lele- 



EMPLOI DES SONDES ET DES STYLETS. 141 

interrupteur de courant. Les courants interrompus, qui circulent ainsi 
dans les fils de ces bobines inférieures, font naître des courants induits 
instantanés à chaque interruption dans les fils des bobines supérieures. 
Comme on a eu soin d'enrouler les fils en sens inverse dans ces dernières, 
les courants induits qui passent dans le circuit où est placé le téléphone 
sont de sens contraire ; ils se détruisent et ne Fourniront aucun son dans 
le téléphone. Mais, si Ton place une pièce métallique dans l'un des tubes, 
ou si on rapproche seulement d'un des systèmes, suivant Taxe de son 
tube, les courants induits ne seront plus équilibrés, et le téléphone accu- 
sera aussitôt la perturbation survenue dans la balance, dont les deux tubes 
constituent les deux plateaux. 

Si Ton vient à mettre une pièce de monnaie dans chaque tube, aucun 
son ne sera perçu dans le téléphone, à condition toutefois que les deux 
pièces soient exactement et de tous points semblables, mais si Tune d'elles 
est seulement quelque peu usée par le frottement, immédiatement le télé- 
phone révélera Tinégalité des deux pièces de monnaie ; il suffit, du reste, 
ivec deux pièces, exactement les mêmes, de chauffer Tune d'elles dans le 
creux de la main avant de la mettre dans le tube, pour que l'équilibre soit 
détruit et que le téléphone accuse tout de suite celte variation de tem- 
pérature. 

Cest avec cet appareil, dont la sensibilité est véritablement prodigieuse, 
qu'on est parvenu à reconnaître le siège exact de la balle qui a frappé le 
Président des États-Unis. 

Voici comment on doit procéder dans ces sortes d'explorations : On pro- 
mène un des systèmes de paire de bobines sur le corps du blessé, l'autre 
système restant posé sur une table, il arrivera un moment où la paire de 
bobines que l'on déplace ainsi, se trouvant dans le voisinage de la balle, le 
téléphone se fera entendre, et le bruit augmentera jusqu'à ce que le pro- 
jectile soit dans le prolongement de Taxe de la paire de bobines. 11 i*este 
alors, connaissant la direction de la balle, à en déterminer la profondeur. 
Pour cela, on dispose au-dessus du second système de bobines une balle 
analogue à celle qui a pénétré dans le corps du blessé, puis on rappi*oche 
et on l'éloigné jusqu'à ce que le téléphone ne donne plus aucun son. Dans 
ce cas, les deux balles exerçant sur les deux systèmes de bobines les 
mêmes effets, on peyt en conclure que la distance de la balle d'épreuve à 
la seconde paire de bobines, quand le téléphone est muet, représente la 
profondeur à laquelle a pénétré le projectile. 

Il y a enfin la sonde CBSophagienne pour le cathétérisme de l'œsophage, 
nécessaire dans la recherche des rétrécissements de ce conduit et les 
9ondes désignées par Simpson (1) et par Valleix (2), sous le nom de 
ifmde$ inira-utérines^ par Huguier (3) sous le nom de hystéromeîreSj et 

(1) Simpson, Clinique obitélricale et gynécologique. Pari?, 187^. 
[i) VaUeix, Guide du médecin praticien, 5* édition. Paris, 1866. 
(3) Hoguier, De thyêtérométrie et du cathétérisme utérin. Paris, 1865. 






MOYENS rHVî-iJlK5 D EM'LOIlATiÙN. 

losiirtr la loiiiiiifur d-- la c^uili; de l'iiléius (11:;, 



.^ 



,r 



ASPIKATlOnS ET PaHCTlONS EIPLOIUTHICES. 



CHAPITRE XII 



SIGNES FOURNIS PAR LES ASPIRATIONS ET PONCTIONS 
EXPLORATRICES 



Daos certains cas de lumeur solide ou liquide, lorsque la nature en est 
inconnue pour faire le diagnostic, on (ail des ponctions avec des instru- 
ments très fins qui n'ont aucun résultat fâcheux pour les malades. 

Pour les tumeurs solides, on emploie les trocarts emporte-pièce de Du- 
ctaenne ou les aiguilles fines et ci'euses adaptées à un appareil aspirateur, 
rnnime l'ont fait Jules Guérin, Dieulafov, Potain et Casiiaux. 



ilalnglqae ie Duchonnc. 



Emptrte-pièce hittologique de Duehentu{^g.3i). — Il se compose d'une 
tige formée de deux segments de cylindre a et (. Le segment f> est fixé sur 
k mudie C par la vis B ; à son extrémité c il devient tout à fait cylindrique 



\\i MOYENS PinsiQUKS d'EXPLORATION. 

cl se Icrniiiio t'i) iinc^ poinli' acorée; au-dessous de celle pointe, il est cn'UM* 
crinie pelile eupule de I ou :2 cenliuièlrcs de loii^^ueur. Le serment //iilis^e 
sur le se«;ineul /; à la l'aeou d'une coulisse, il esl comuiaiidé dans ce iiio- 
nienl par le lK)ulon A; il esl creux dans sa porlion supérieure el se lerniin»- 
()ar un hord Iranchanl (pii vient butter contre le bord supérieur de la cupul<* 
creusée au-dessous de la pointe r. 

On ponctionne le muscle avec remporte-pièce fermé en le tenant comiih' 
un Irocarl ordinaire, et limitant avec l'index, la lonj^ueur de litre (|ue 1 <ti) 
veut enloncer. Lorscju'on esl parvenu à la profondeur voulue, on oumv 
rinstrumenl en reliranl le boulon A, el on lui imprime de petits moiivo- 
mtMils latéraux pour faciliter l'introduction d'un morceau de muscle diuis 
la cupule entre la pointe c el le bord Irancbant du segnient a : en pous>aiil 
le boulon A on ferme l'instrument el l'on divise le petit faisceau musculaire' 
((ui se trouve enfermé dans la cupule. 

Pour les tuuieurs liiiuides on se serl des aspiratioïis exploratrices, avec 
l'appareil (iuérin, nieulafoy, Polain el Casliaux. 

Ces appareils se com[»osent tous l'ssentiellement : i'* d'un aspirateur 
(seringue, ballon ou bouteille): -2° d'inslruments de ponction. 

1" AsinratCHi'. — L'aspiraleur esl un vase dans Ie(|uel on fait le vidf ii 
laide d'un s\slème jmeumaticjue (juelconcjue. 

(l'est lanlôt le corps d'une serinj^^ue (.1. Guérin, hieulafov ) (lii;. :l'.0;le 
sNstème pneumalii|ue esl alors le piston A de la seringue; deux robinels 
soûl placés, l'un W à l'exlrémilé, l'aulre H sur le C(Mé; un index permet de 
reconnaître s'ils sonl t)uverls ou fermes; au robinet It s'adapte un lube en 
caoutcliouc, 4ue Von arme de l'aiguille (1: le robinet K met la cavité de la 
Ncrmgue en couimunicalion avec l'extérieur. Pour employer rinstrumeiit, 
le piston étant complètement engage dans la seringue, on ferme les robi- 
nets, on fait le vide en retirant le piston tout entier: pt)ur maintenir ce 
dernier ilans sa nou\elle po>ilion on lui imprime un mouvement de rotation 
par leijiu'l on ViUi'voclw à un cran ilis[H»>e à cet elTet : on adapte le lube en 
caoutehoiu' arme de raiguilb\ on pratit|ue la ptuiclion, on ouvre le robi- 
net K : U' lupiiile se precipii- alors dans la seringue : lorsque celle-ci esl 
reniplu'. ou ferme le robinet H, on ouvre le robinet 11, el l'on chasse le 
liipude au debiu's en pou^saul le pi>lon prealal)!emenl décroché; on 
reev»mmeni'e la même mar.rnvre iu<]u"a ee qu'on ait aspiré el évacué li 
totalité du liijuuie. 

l.'a>pu*aleur peut éîie e:u\nv un grauJ tlacoii, bouché à l'aide d'un 
l»ouehv>n en eaoutebiuie. perce \\v' un Ivitu* a daix voies bifurque à l'exlé- 
neur \^lig, \W: le tnlu» s'oinre d\\\\ c'<c dA\\> le llao.»n: à l'exlérieur, cha- 
cune lies biluuations porte un u^l» îk l A ^î 1> : Tun des robinets B reçoit 
une p\>n\pe a>pn*ante deNinue a îa::e le v.ie; l'autre A, le tube en caoul- 
chiUic arn\e de l'aigu. lîe iMt.vvart. T. est lurin un ba!L>n, muni d'un bou- 
chon jMMXV jur un lube à robinet, el au K'ud duquel on verse quelques 
grammos d\\UK On oblienl ici b^ vide en e\p ^saiU !e ballon, robinet ouvert, 
à k ilamiuo d*uno lampe »\ alcooî. puis !a;>s.i:.: refroidir après avoir ferme 



ASPIRATIONS BT PONCTIONS EXPLORATRICES. 145 

le robinet. La manœuvre de ces deux appareils est identique : faire le vide, 
adapter le tube armé de l'aiguille, ponctionner, ouvrir le robinet corres- 
pondant. La capacité du flacon et du ballon permet de recueillir une grande 
quantité de liquide sans qu'il soit besoin de déranger l'appareil. 

Lorsqu'il s'agit d'une exploration on emploie souvent comme aspirateur 
un simple tube en verre fermé par un robinet à chacune de ses extrémités 




Fit. M. — Aspirateur PoUin. — B, robinet ouvrant la commuaicalion entre le flacon et la pompe aspi- 
nate (le Amod n*ett pas représente sar la figure) ; A» robinet ouvrant la communication entre le 
Oaeoa et la canole D par l'intermëdiaire d'un tube en caoutchouc; D, canule viss^ sur le robinet G 
et dont le calibre est TariaUe; G, robinet sur lequel on visse d'un cAtë la canule D et de l'autre côté 
U boite 4 cuir I ; «itre G et D est aoe tubulure qui reçoit le tube en caoutchouc dont est armé le 
rabioet A; 1, botte à cuir; T, poinçon du irocart. — Lorsque le poinçon est enfoncé dans la canule D, 
le robinet G est OQvert. 

(Castiaux) ; Tan de ces robinets reçoit l'aiguille tubulée exploratrice ou le 
trocarl explorateur, l'autre permet de mettre le tube en communication 
avec une pompe aspirante, ou de l'isoler en y maintenant le vide. Le tube 
fide d'air isolé et armé d'une aiguille tubulée ou d'un trocart, sert d'ex- 
plorateur. Supposons le cas où le tube est armé d'une aiguille tubulée; 
1 opérateur plonge l'aiguille dans la cavité à explorer, ouvre le robinet 
Totsin de cette aiguille lorsque toutes les ouvertures latérales de celle-ci sont 
engagées dans les tissus, et enfonce jusqu'à ce qu'il voit apparaître du li- 
quide, à moins Iqu'il n'ait à craindre, en poussant plus avant, de blesser 
les (ffganes sous-jacents. 

Obtient-il du liquide, il peut sans déplacer Tinstrument adapter l'aspira- 
teur à l'extrémité du tube resté libre et substituer ainsi l'aspiration théra- 
peutique à l'aspiration exploratrice. 

t Des ifutrumerUs de ponction, — Les instruments de ponction sont 
\xMi des aiguilles tubulées, tantôt des trocarts capillaires. 6. Dieulafoy 
emploie une aiguille tubulée à pointe acérée et taillée en biseau ; mais la 
pointe de ses aiguilles est généralement un peu recourbée vers l'axe du 
tube; c'est là un défaut, cette pointe est ainsi rendue flexible; elle supporte 
l'effort de l'opérateur et est dans une position telle que toute pression exa- 
gérant sa courbure, la rejette hors de l'axe de l'instrument qui dès lors n'a 
B. — DiAfiMoaTic. 10 



I iO MOYKNS PHYSIQUES d'kXPLORATIMN. 

pour ainsi dire plus Je pointe pour se frayer un chemin. l*ourlanl, pour 
confirmer la présence d'un épanchement douteux, Tai^i^uille vaut évideiii- 
mrnl mieux (jue le trocarl. En elVel, le but à atteindre est d'armer l'optia- 
leur d'un vide préalable, (|ui l'avertisse dès qu'il arrive au liijuide cheiclh'. 
[)ès lors, à mesure qu'on enfonce rinstrument, il faut oiïrir au li(|uide un 
orilice par où celui-ci puisse» passer dans le tube pour se révéler; il faiil 
donc une pointe en ménn' temps (ju'un orilice. L'aiguille tubulée prcM'iiU' 
cette double condition; elle a cependant le i2:rave délimt d'exposer a la 
pi(|ùre des organes sous-jacents, du poumon par exemple, accident dont 
l'innocuité n'est pas établie. 

D'ailleurs, s'il s'agit seulement de reconnaître la nature d'un épanch» - 
ment pleuréti(|ue sur l'existence du([uel aucun doute ne s'élève, les trooartN 
sont sans contredit préférables, l'our adapter un trocart (1) à un aspira- 
teur, le problème à résoudre était d'em[)é(Jier le vide de se détruire, «ai 
l'air de pen«'lrer dans la cavil(; lhoraci(pie, lors du retrait du poinçon her> 
de la canule et de la substitution île l'aspiralenr au poinçon. In trocart a 
rnbiiiei ordinau'e était insuftisant, la fermeture du robinet ne pouvant >•* 
faire assez lapidement pour empêcher le vide de se détruire. ()n a alur> 
pr(q)os<' un Irocart à r(d)inel muni de c(* (|ue l'on a appelé une boîte a 
cuir I (voy. lii:. -iO). La boîte à cuir est un cylindre de ',010 de lon^ j)uu- 
vant se visser à l'extrémité extérieme de la canule, dont la cavité est rein- 
|)lie de cuirs percés en leur centre d'un très petit trou laissant passer a 
(roltement le poinçon du trocart. La boîte à cuir est vissée sur la canule du 
trocarl, munie elle-ménie d'un robintt: le poinçon est introduit dans sa 
canule par le trou central de la boîte à cuir. On fait la ponction, puis cm 
relire le poinçon jusqu'à ce (ju'on ail amené à l'extérieur un index dont il 
est marqué environ à 0", OIT) de sa pointe. L'apparition de cet index an- 
nonce que la pointe du ti'ocart a fran(!hi l'orilice du robinet; on ferme 
ali»rs ce robinet. Or, pendant tout ce temps, l'air n'a pas pu pénétrer dans 
la c iimle du Irocart en raison du frotlement exercé pai* les dis(|ues de la 
boîte à cuii' contre le poinçon. Une fois le robinet fermé, on dévisse labuit^* 
à cuir, on y substitue le tube explorateur vide d'air, et l'on ouvre de nou- 
veau le robinet. L'opération est simple et facile et le problème parfaitement 
résolu. 

Celte substitution de l'aspirateur vide d'air à la boîte à cuir est pourtant 
iiénanle et prolonge inutilement l'exploration. Pour obvier à cet inconvé- 
nient (voy. (i;j:. 40), une seconde tubulure, à laquelle vient s'adapter Tas- 
pirateur |)ar lintermédiaire d'un tube en caoutchouc, a été embouchée sur 
la canule du Irocart en dessous du robinet. Le manuel opératoire est ainsi 
simplilié : faire la ponction, adapter l'aspirateur, retirer le poinçon qui 
•ilisse dans la boîte à cuir l; fermer le robinet C de la canule, ouvrir le 
robintU A qui met l'aspirateur en communication avec la canule el la cavile 
ponctionnée. 

(1) Nous croyons inutile tle déoiire spt-cialcMiient la canule et le poinron dont se compo>e 
eut trocarl. 



EMPLOI DES SPÉCULUMS. 147 



CHAPITRE XIII 

EMPLOI DES SPÉCULUMS 

Les spéculams (de speculumy miroir) sont des instruments destinés à 
permettre la vae d'organes essentiels de l'économie qui sont profondément 
situés, et inaccessibles, par cela même, à l'action de nos sens. La.consta- 
talion des diverses altérations pathologiques dont ces organes peuvent de- 
venir le siège, et la facilité de porter sur eux les agents médicamentaux 
appropriés, sont autant de circonstances qui suffisent pour justifier la con* 
fiante faveur dont jouissent les spéculums. 

Les spéculums sont généralement des cylindres métalliques creux, com- 
posés d'une ou de plusieurs branches, et garnis ou non d'un embout. On 
nomme ainsi une pièce de bois dont l'extrémité supérieure est arrondie et 
polie, dont la longueur dépasse un peu celle du cylindre dans l'intérieur 
duquel il s'adapte, et qui est destinée à faciliter l'introduction du spéculum. 
Peu d'instruments ont eu à subir autant de modifications que les spécu- 
lums : leur forme a varié presque à l'infini. De même je pourrai citer une 
foule d'essais qui ont été tentés pour obtenir, à l'aide de petits cylindres, la 
dilatation de quelques-unes des cavités naturelles, et qui, en somme, n'ont 
abouti qu'à doter l'arsenal chirurgical d'instruments à peu près inutiles, 
comme les spéculum oculiy nasi, oriSy guHuris; mais je ne les cite ici que 
pour mémoire, car je parlerai seulement du spéculum uteri, du spéculum 
ani et du spéculum auris. 

ARTICLE PREMIER 

SPÉCULUM UTÉRIN 

Le spéculum uteri est un instrument d'une antique origine, et, pour 
s>n convaincre il suffit de lire ce qu'en ont dit Paul d'Égine, Albucasis, 
Franco, Ambroise Paré, Garengeot et Peiret; mais il était tout à fait 
oublié^ quand Récamier le remit en honneur au commencement de ce 
siècle. 

Le spéculum qu'imagina Récamier (fig. 41) consiste en un tube d'étain 
très poli, légèrement conique, dont le calibre est variable et proportionné 
à l'ampleur du vagin dans lequel il doit être introduit. L'extrémité utérine 
de ce tube, c'est-à-dire celle qui se trouve en contact avec le col de l'uté- 
rus, présente un rebord circulaire arrondi pour embrasser ce col sans le 
blesser; Fautre extrémité, un peu plus évasée, est taillée en bec de flûte 
allongé, de manière à présenter inférieurement une sorte de gouttière par 
laquelle on saisit l'instrument pour le faire pénétrer dans le vagin et le 
tenir fixe. Dupuytren a remplacé la partie échancrée et allongée de ce 



Il« 



'iFï^iorE-^ 



sjJi'tuluiii, (jui lui (loiiuiiil une cU-ucIho f;OiNiiile, par nu manche courli'' 
(iivsque il angle droit, en sorte ijne l'instrument n'a plus qut^ In limiiiioiir 
(lu vagin et qu'il peul èlrc niiiiiilenii sans que rien ^èno l'opéralcur. Aii- 
luiiie Dubois a fail pratiquer, près de l'evlréniil ulérîne, une éiliancnif 
en vue des lislules vésico-vagiiiales et de l'opér.ilion quf; iiéoossiti'iit cw 
maladies. Tel a élé i iiistrumenl primitif de Réeamîer, tels ont été li- 
chanjiements qu'y apportèrent deux do ses collègues. 

.le n'essayerai pas de décilre tous les spéculums qui ont été iiniigiiit-* 
depuis li-ente ans : leur nomlirc est trop considéralile. Je conslalerai si'ii- 
lemeiit que lous les auteurs sont partis de cette idi'i'. 
"^ pour la conslriielioiide Icursiiistruments, qu'il et;iit 
/ 1> I utile de suhsliluer il nu inslrunieiit volumineux ■-( 

dune seule pièce, dont riiiti'oduction, par l'oiisr'- 
.pient, est peiiihle quelquefois j)Our la femme, un 
p|jéculuni que Ion puisse introduire sous un pelil 
volume, qui se déploie ensuite propi'pssi veulent ri 
qui dilate l'intérieur du vagin plus que son oviliiv 
vulvaire; de lii les spéculums brisés, e'esl-;i-din' 
composés do pièces plus ou moins multiplii'^'s, d-' 
iu-anchos, de ressoris destinés à les faire \<iwr, 
dont l'idée pi-emîère app.artienl à Guillon. Le siiécu- 
lutn le mieux perfectionné de cet auteur, celui ilmil 
on se sert fréquemment, esl formé de deux moitiés 
de c;lindie réunies entre elles par une charnière qui 
les laisse s'écarler par un mouvement de iKiscule; 
une tipe d'acier, disposée en forme de segment de 




lé, passe d'une branche a l'aulie, a l evliemite exleiieure Je 
1, et, au moyen d'une VIS de pres-ion I ttarteinenl peut èlre 



EHPLOI DES SPËCULCNS. H9 

plus ou moins considérable et dxé invariablement au point nécessaire. En 
pressant. sur les branches eiténeures, lorsque l'instrument est introduit, 
on les rapproche, et par l'efTet de ce rapprochement leur extrémité utérine 
s'écarte et dilate le vagin. 

Ce spéculum estd'un usage commun, mais on lui préFëre encore celui de 
Jobert (deLamballe)(Bg.42), qui, du reste, est à peu près construit sur les 
m&nes données que le précédent : deux moitiés de cylindre ayant la Tonne, 
dans le sens de leur longueur, d'un angle obtus à sommet intérieur, sont 
liiées à ce sommet par une articulation disposée sur une seule de leurs 



FM- 43. - Sp<eidDin l Ir 



faces. Le mécanisme est simple : si l'on vient à rapprocher l'une de l'autre 
les deux portions de l'extrémité vulvaire à l'aide du segment de cercle 



n*. W. — 3pé«du> binha da Ricard. Fia. (î. — Spâculum bivalia de BlMrd p). 

qu'elles portent, il se fait un mouvement de bascule, les deux portions 
internes s'écartent l'une de l'autre et le vagin se dilate. On a ajouté à ce 

nLiiiltanpériHra. auambMa àonli»*. paul te idparar daa doui iHlroi al parmal da aatln 1 
^noniri iH parti* da* arguai. 

(T Artkalitisa A, A, diipotég «ur ttaifia luincbr, d« BunLira qne l'inilrvinaiit, d«u mw *u*^*. 
r>i>H hr* beikanl poiid dini b psclia, isit loul, lolIrBafarnid dini va iUi. 



1.".') 



MOVKNS i'IlYSHJlRS b KXPLORATIOS. 



spéculum une ot nirmc deux valves de plus, comme dans le spéculum ii 
trois valves de CliarriiTC (lij:. 43), ou un manclie brisé (fi;;, -ii et 4rii. 
L'iiislruuient de JotxTt est l'iK-ile ii n|i[)ii(|uer, cl il ne cause ^éiiérali'iiu'iil 
iiuciiiie douleur au inomenl de sdit intiodneliuii. Sifmaloiis encore le s]»'- 




■ulum (le Cusiio (tij;. 4(i el Vi) et le spùcului» ii valves de ll.M. .Mar 
ijiiis l't r.i.zeuiaiiii (lif.'. -iS). 
I.e spéculum de Coloinbal, auijuel nii a nTiiiinu ([uclijues av;iiila 



I.- 1"). 



lorsqu'il s'agit d'explorer el les parois du vagin el le cul de l'utérus, mais 
<]ui est peu crnpki\é, esl (orme de huit lames qu'on rapproche ou qu'on 
ecarle au »iuu-ii de vis de rajipel. Lorsqu'il est déployé, il tifiure asseï 
hien une sorte de ^riila^e. 

Auquel (le louij CCS spéeulunis le praticien doit-il accorder la préférence'? 
Ui> a souvent discuté celle question, et chacun a fail ressortir les avanta^'es 



EMPLOI DBS SPËCrLnHS. 151 

et les inconvénients des uns et des autres (1). Voici quel est k peu près 
l'état de la question : le spéculum ordinaire, tel que Dupuytren l'a modifié, 
est an excellent instrument toutes les fois que l'on veut examiner le col de 
la matrice et le cautériser. La lumière y est mieux réfléchie que dans les 
spécnlums brisés, et, le col utérin se trouvant ainsi en^gé dans un in- 
strument d'une seule pièce, on n'a point k craindre que le caustique qu'on 
y applique vienne à tomber dans le vagin. Seulement l'introduction du 
spécolnm plein est parfois douloureuse. Cela se comprend : le vagin est 
d'an tissu dilatable et extensible, mais il n'en est pas de même de la vulve 



«.(•)• 



caries branches du pubis la limitent de chaque côté; or c'est précisément 
à cet orifice qu'est ressentie la soufl'rance qui résulte de l'introduction de 
l'instrument. Cet inconvénient est évité par la construction des spéculums 
brisés : ainsi ceux de Guillon, Jobert (de Lamballe) et Colomhat dilatent lo 
vagin sans distendre la vulve. On a fait cependant à ces instruments ui> 
^ve reproche, c'est de pincer souvent la membrane muqueuse entre lo; 
diSérentes pièces mises en jeu dans l'intérieur du canal vaginal. Le fait 3St 
Tni;mais nous allons voir, en parlant de la méthode d'application du 
ipeculum, que cet inconvénient peut facilement être évité. On a également 
préteodu que le mécanisme des spéculums brisés demandait toute une 
élade, et qu'il fallait, pour en obtenir de bons résultais, avoir une certaine 
habitude de les manier. L'objection est encore vraie; mais quel est donc 
le médecin assez peu soucieux de son art qui oserait s'éviter la peine d'ap- 
prendre À faire jouer un ressort, lorsqu'il s'agit d'épargner des douleurs 



(') Ca nlm. d« dllïrciiUt ( 
pudt ntx al nt f^tt. 



152 MOYKNS PHYSIOIFS d'eXPLORATION. 

aux malades? En somme, nous donnons la préférence aux spéculums 
brisés, et notamment à celui de Joberl (de Lamballe). 

Le spéculum uteri a fait faire un pas immense à l'étude de la palholoîiio 
utérine; il a jeté un grand jour sur des alTections dont les symptômes et la 
marche était jusque-là peu connus. C'est à lui que Ton doit la connaissance 
des granulations et de la rougeur tomenteuse du col de la matrice, de» 
éruptions vagino-utérines, des maladies diphthéritiques dont les organes 
génitaux de la femme sont le siège, de la nature du liquide qui s'échapj)e 
de l'orifice utérin, et de la couleur spéciale, dans certains cas, de la mem- 
brane muqueuse du vagin. 

L*application du spéculum suppose toujours l'exploration préalable des 
parties par le toucher. C'est en elTet ce procédé investigateur qui doit fixer 
Tesprit du médecin sur la nécessité de l'emploi du spéculum (qui n'est gé- 
néralement accepté par les malados qu'avec répugnance), et qui permet de 
constater la position^du col utérin et la présence de lésions carcinomateuses, 
par exemple. Ensuite le corps gras porté par le doigt indicateur dans le 
vagin en lubrifie les parois et dispose favorablement à l'introduction du cy- 
lindre. Lorsque le toucher vient à faire recoimaître une dégénérescence can- 
céreuse des parois vaginales, il y a contre-indication à l'application du 
spéculum, car, dans les aiïeclions diathési(|ues de cette nature, il existe un 
tel ramollissement des parties, que l'introduction de l'instrument, et surtout 
l'écarlement de ses branches, peuvent déterminer des déchirures suscepti- 
bles d'entraîner des accidents de la plus haute gravité. Si l'on excepte les 
cas de rétrécissement insolite du vagin ou de cancer de ses parois, le spé- 
culum peut toujours être employé, mais sous la réserve des précautions el 
du mode opératoire qu'il nous reste à indicjuer. 

Et d'abord l'instrument ne doit pas être introduit à froid, car il fait 
éprouver ainsi à la malade des sensations pénibles, et il peut provoquer 
des contractions énergiques qui rendent l'exploration impossible. Pour 
cela il convient donc de le tremper préalablement dans de l'eau chaude, 
ou de le chauffer pendant un certain temps entre les doigts, afin de l'élever 
à une température voisine ou analogue à celle du corps. On arme ensuite le 
spéculum de son embout, on l'enduit, ainsi que ce dernier, d'un corps gras, 
et prélérablement d'huile, puis on fait prendre à la malade la position la 
plus convenable, et c'est la même (|ue pour l'accouchement. Ainsi la 
femme, assise sur le bord de son lit, doit se coucher sur le dos, écarter les 
cuisses, fléchir les jambes el appuyer les pieds sur un plan un peu moins 
élevé que le bassin ou sur les genoux de l'opérateur. En faisant un peu 
saillir au dehors la région fessiére, le bassin se trouve relevé et l'orifice 
externe de la vulve dégagé comme il convient. Alors le médecin, assis sur 
un siège assez bas au-devant de la malade et entre ses jambes, écarte les 
grandes et les petites lèvres de la vulve avec l'index et le médius de la main 
gauche, en ayant soin debieneiïacerles plis que fait la membrane muqueuse, 
puis il prend le spéculum avec la main droite et le fait pénétrer lentement, 
en le dirigeant d'abord d'avant en arrière, puis un peu de bas en haul, 



EMPLOI DES Sl'ÉCULUUS. 153 

selon Taxe de la vulve et du vagin. Lorsqu'il pense que l'instrument est 
introduit assez avant et qu'il est placé dans la direction du col, il com- 
mence à dilater doucement la portion vaginale, et, afin de ne point pincer 
la moqueuse entre les branches, il fait subir au spéculum un mouvement 
de rotation d'un quart de circonférence environ; il retire ensuite l'embout, 
et le col de rulérus apparaît tout entier au fond du vagin, entre les deux 
valves, dont Tune est supérieure et l'autre inférieure. A l'aide d'une grande 
pince, il porte du coton sur le museau de tanche, pour enlever le mucus 
qoi si souvent le recouvre; puis le médecin reste juge alors des conditions 
de couleur, de forme, de volume, de position de l'organe, et il apprécie les 
inégalités et le changement de consistance des parties, complétant ainsi le 
diagnostic qu'il avait pu commencer de porter par le toucher. Lorsque la 
chambre de la malade est mal éclairée, ou que le jour est obscur, on ap- 
proche très près de l'orifice du spéculum une bougie allumée, qu'on peut 
même placer en avant d*une cuiller à bouche; le c6té concave sert alors 
de miroir et réfléchit la lumière au fond du vagin. 

Pour retirer l'instrument, il faut prendre le soin d'en rapprocher lente- 
ment les valves et de lui faire subir, mais en sens inverse, le mouvement 
de rotation qai lui avait été imprimé au moment de sa dilatation. C'est 
ainsi qu'on {parvient à éviter le pincement de la muqueuse vaginale. Il ne 
faot pas croire que le col de l'utérus vienne saillir aussi facilement entre 
les deux valves; cela existe, il est vrai, dans la grande majorité des cas, 
mais il faut quelquefois beaucoup de tâtonnements pour le découvrir, et 
dans certains états pathologiques, comme l'antéversion très prononcée, 
par exemple, il devient indispensable .d'exercer une pression sur l'abdomen, 
afin de replacer le col dans l'axe du vagin. Une fois que le col est trouvé, 
on assure Técartement du spéculum à l'aide de la vis, qui est fixée sur ses 
branches, et l'on procède k l'investigation médicale, ainsi que nous venons 
de le voir. 

ARTICLE II 

SPECULUM ANC 

Le êpeculum ani (fig. 49) est composé de deux lames un peu recour- 
bées en gouttière, articulées dans la longueur, arrondies en cuiller à l'ex- 
trémité et portées sur deux leviers joints par une charnière. L'instrument 
étant fermé, il représente une sorte de gousse aplatie terminée par un bec 
conique. 

On l'introduit dans l'anus, on écarte ensuite les deux lames en rappro- 
chant les leviers, et l'on peut ainsi explorer l'intérieur du rectum. Ce spé- 
colom ne diffère guère que par le volume, qui est beaucoup plus petit, du 
spéculum employé pour les affections de la matrice. 

Il y a aussi un spéculum de l'anus (fig. 50) qui offre la forme d'un 
ctae anoiidi à l'extrémité, creux à l'intérieur et échancré sur un de ses 



)Vi;>s r'iiï>iiji.'E* Il Exi'Lon,\Tto> 



n'ii,-^. Il ejt li\t' sur une li^i' cuui'Ik; (]ui strl à k' tenir en main pour l'iii- 
li'oduclioii. 
I.a position tlu maliide |iuui' l'inlfriduction <iu spectiliim anî doil èln- l,i 





iiK'ine iiour li- toucher rectal et l'opération df la iislule à l'anus. Ce spt- 
inluin (icmaiiiiv â éti-e ,-i[ipti(|ui- avec lieaiicoiip tli- ménagemeiils et de Ilii- 
Irur, cl auliinl que |ir>ssil)k> lorsqu'il ne se iiianilesie pas île eoiitradiniis 
(lu sphineler, car celle opévalioti cause de vives douleurs, cl quelquefois 
tnèine elle i-st iiiipralicable. l/ulilité du xiirriiliiiii nui n'est pas f;rainli', 
et l'usage que l'on eu fait est ri'slreinl ii IVluiie des vé■:élatioll^, des Hulu- 
les, des crevasses, des perforations du recluni, dont le siège esl peu éloigné 
à'i l'anus. 

V HT ICI. E III 



\.f Hiieiuliim amis (lig. 51) esl un tout petit spéculum à deux valvL'i 
de courtes dimensions. Ia's médecins voués à l'élude des maladies de l'o* 




rcille s'en servent rréquemmenl pour explorer le conduit audilîf externe 
de la membrane du tympan. Ll'est un inslrumenl qu'ils considèrent 



EMPLOI DE LÀ LOUPE ET DU MICROSCOPE. 155 

comme très utile et comme plus commode que la simple pince à an- 
neaux (1). 

Il y a aussi un spéculum plein de l'oreille qui a la forme d'une petite 
corolle de fleur, large d'un côté, étroit de Tautre, et qui permet de bien 
voir la membrane du tympan. Il peut suffire à l'exploration de l'oreille. 



CHAPITRE XIV 

EMPLOI DE LA LOUPE ET DU MICROSCOPE 

La loupe est une lentille de verre convexe d'un très court foyer, et elle 
e^t destinée à faire voir distinctement des objets peu distincts h l'œil nu. 
Son usage est très simple et des plus répandus : elle grossit assez pour dé- 
celer la présence de l'acarus dans la gale, de la tête du taenia, pour faire 
découvrir les érosions très superficielles à la cornée, et pour déterminer la 
nature et l'espèce de certaiues maladies de la peau. 

Quant au microscope, c'est un instrument tout différent et dont l'emploi 
a étendu le champ de nos connaissances d'histoire naturelle, d'anatomie 
Doimale et pathologique. Il mérite une étude particulière. 

ARTICLE PREMIER 

DESCRIPTION ET THÉORIE DU MICROSCOPE 

Le microscope est un instrument d'optique dont l'intervention en his- 
toire naturelle est ancienne, mais dont l'usage en médecine date à peine de 
quelques années. On s'en est peu servi depuis les travaux de Spallanzani, 
de Haller, de Leeuwenhoek, de Kaltenbruner, de Ch. Robin (2), etc. ; mais 
aujourd'hui qu'on a pu obtenir des grossissements qui varient de cent cin- 
quante à trois cents et six cents diamètres, les recherches faites au moyen 
de cet instrument sont usuelles, car elles ont une extrême importance. 

On difise les microscopes en simples ou loupes, qui ne renversent pas Timage 
des objets, et en composés ou microscopes proprement dits, qui renversent l'image. 

La nos et les autres peuvent être disposés mécaniquement, soit pour l'observa- 
tion d*Qo objet préparé d'avance sur lequel il est impossible d'opérer autrement 
qoe par les réactifs chimiques, soit par la dissection. Diaprés cela, ou a daus 
cbaque espèce deux variétés : microscope ou loupe à dissection, et microscope 
on Umpe à observation. On peut aussi disposer les premiers de manière à per- 
oeUre de suivre les réactions des agents chimiques : ce sont les microscopes chi- 

Ia microscope à observation est composé de deux parties : \sl partie optique ei 

H) Voj. Bonnafont, Traité praiùiite des maladies de VoreiUe. â* édition. Paris, 1873. 

(l) Ch. Robin, Traité du microscope^ son mode d^emploi, ses applications à Vélude des 
t«ieclioiu, à Fanatomie humaine et comparée, à la pathologie médico-chirurgicale, etc. 
^ iditioQ. Paris, 1877. 



150 



lïEXS PIIVSIQCES l» F.SPLOnATION. 



tu liarlîe mi'Caniijiie. La |ireniiùi'e est romlnineiilnte, invariable dans sa coiisiriii:- 
liiiti au jioiiit lie vue tliûoriigue, cVst priiicipiilemeot de sa perfection que ri-snlie b 
lioniê (lu inicrosi'0|ie. Li parlk mécanique, <|uaii|ue sficondaire, pouvanl varier à 
l'iiilini, (bit pout-iatil remplir un et-rtiiii nomlire Je coudilions de soliJilé eld- 
|>L-i'cisioii qui facilitent l' observai ion. Elle se eom[)ose du pied (fig- 53), en fornu' 
(le lainliour, i\ hase rornice d'un disque d<' |ilom1i, el conlennni un miroir mifiilt. 
I.» f:ii-i.' supérieure du Inuiliour est lioriiionlaie ; elle porte le nom de platine : rW 
«■si |>ereée d'nu Irou i|ui laisse païSLT la Juniiùre réllécliie par le miroir el frappit 
sur le porte-objet qu'eu pose sur la plaliue. Au pied est aunevée une colonne ver- 
ticale pourvue d'une ris viicniinélriqiie dcsliiiéc à élever el à abaisser la liranche 
tiorizoïitalu de la colonne qui porte 1c corps, alin de rapprocher ou d'éloigner c-lui- 
l'i du l'oliji-t. I.c corps du niicrosvope est uu luhe de cuivre noirci en dedans igui 
parle l'iib-isroftyi'Cti/, et i'i l'autre eMiémilé ro(r«/(((rtf. Il ylisse à frottement dans uo 
luuteau de la hraiiclie liorizontaie de la colonne. I.a partie optique du microstoii- 



^4?^. 




'1 



^ 



.. jk — lIJ^tll^■ ,lc4 



;-• i-iinip,isf li.' di'u\ appareils liisliiicls : I ■ Vot'j-rtif (.r), qui est tourm- 

II' l'oliji't; .■[ •!■ Yoiiil'iiif, c'oiiirc li'qiii'l t'sl ;ip]>lii|ui'' l'œil de l'observ.i- 

h)frtif f,4i k-.>iii|Hi-i' d'uni' M'ule leiiiille poui- les faibles grossissemcni.-. 

i'ii\ lUi trois pl.iii'i'S ,i pi-n prés au ti>ier l'une de l'autre pour ii'> 

enis sitpi'rii'ui's. On l'upindli* alors quelquefois indifféremnienl j'mif' 

I ol'j.itif. i;ii,ii;ui- li'iiuili' di' lolq^'i-lif est ai'lirouiatique, el, pour re|j, 

dini\ \riivi diili'iviiis >mI1,'- eiiseiiil>le à l'itide de lérébenthine sèche. 

lain'-icii.MM' ft do iliEit-irl.iss, laniro blciivexe el de crown-glass, à 

>ni'>' lI.iiis I.i l'ULii-av Ut' di' r.uiln'. Il on rt'suile une lenlille plaoo-conveie 

e plane diui iMro tounno vi'r; l'obji'i. Cbaouno d'idies est portée paruiK 

■pari'e, qui. d.iiis los obj.'.iiis .l'inpo.i'-, se virse avec celle des autres. 

OM t.inj.iiir- comii.'M- di- doiiv l,-nlil]os sm.plos plauo-courexes, à con- 

n,v voi-.; |-,-li|o,'ii|- 01 ,dLi> .m nu'in- éo.irioo* l'une de l'autre. La leniiH-- 

la plus l'I.n-iioe do Wvû. roc-nl lo ik'in de Kare de champ (fig. 51. O. 



EMPLOI DK LA LOUPE ET DD MICROSCOPE. 157 

U leatille supérieure, la plus rapprochée de l'œil, reçoit le nom de verre oculaire 
va Mpérieur, ou encore du verre de l'œil (L L), ou de loupe de l'oculaire. Cha- 
cam d'elles a une monture séparée, formée d'un anneau de laiton noirci. Un dia- 
phnfme (&g. 51, d, i), arrête les rayons les plus divergents, et restreint ainsi le 
cbaaip du microscope à la portion de lumière qui est dépourvue d'aberration de 
spbéricilé. L'objectif est Tissé sur une pièce conique (flg. 55), appelée le cône, 
fixée elle-même i l'extrémité inférieure d'un tube cylindrique de laiton, qui porte 
le nom de corpt du micnacope. L'objectif se dévisse du cAne atec les doigts, afin 
de poQToir être remplacé i volonté par un autre. L'oculaice est formé d'un tube 
cilindrique de laiton qui entre eiactement dans l'extrémité supérieure du corps du 
microscope (6g. 56). mais sans frottement, de manière i pouvoir être remplacé 
par un autre avec facilité, 

Ln objet examiné au microscope n'est aperçu que parce que la lumière qui passe 
aotour de lui, n'étant arrêtée par rien, vient impressionner vivement la rétine, 
qui, de lui, ne reçoit que son ombre, ou mieux les rayons moins nombreux qu'il 
1 laissé passer. Si le corps est opaque, on do distingue que les bords, et sa masse 
M peint en noir. S'il est transparent, on voit dans son intérieur toutes les parties 
ipù ont une densité et an pouvoir réfringent autre que ceux de la masse. 

Cest i l'aide du microscope qu'on peut mesurer la forme et la structure des élé- 
ments ausiomiques, et, à cet égard, son usage est indispensable dans l'étude de 
e et de la médecine (1), 



ru. II. — MieroKopi Bii;aii msdila lucUunt. Fia. U. — Klcrotcopa polit moiaa init. 

Voici les derniers microscopes labriqués avec les perfectiODoemenls 
nicessaîres. 

<h Ilietimuuire de médecine, par ttobin et Litlré, 14* édiliun. Parii, 187S, p. S8I. 



ir>S MOYKNS PHYSIQUES D'EXPLORATION. 

Au resto, tous les irsullals acquis présenlemenl se trouvent dé']k indi- 
qN('*s par moi (1). 

Ii'ariatoiiii(5 normalo doit au microscope la connaissance exacte de la 
structure (1rs tissus et des dilTérents or^^anes. Les éléments anatomiques du 
cerveau et des «^an^^lions nerveux; ceux des glandes hépatiques, rénah-s, 
mammaires, etc. ; ceux des muscles, des cartilages et des os; certains élé- 
ments du san*;, du lait, du sperme, etc., ont pu être appréciés d'une nra- 
nirre complète, (i'esl ïliistolof/ie normale, 

he pareils résultats ont lait espérer quVm rencontrerait aussi dans les 
productions morbides des éléments particuliers dont la connaissance pour- 
rait être, en anatomie patholo«:i(|ue, ce que l'étude des éléments anatomi- 
ques normaux avait été pour l'anatoïnie normale. En Allcmaii:ne et eu 
Krancc, un lirand nombre de médecins se sont livrés à ce genre de reelier- 
rlies, el il en esl résulté une science nouvelle, Tanatomie pathologique, ♦•! 
riiisloloiiie palhologi(|ue dont les résullals, souv(Mit contradictoires, ne sont 
pas encore généralement acceptes des médecins. 

V.w elVi'l, tandis (pi'en anatomie normale la micrologie fait connaître de> 
elcmenls anatomiques permanents, caractéristiques, toujours les rnéims, 
en analomie pathologicpie les éléments constitutifs des productions mor- 
bitli's n'(Hil rien d'aussi constant ni d'aussi caracttM'istique. Ils sont tl•an^i- 
loircs. changent de l'orme selon leur âge, et on les retrouve dans les pn»- 
duclions morbitles des j)lus oppost'tvs dans leur nature. Ces éléments ik' 
caiacleriseraieiit positivement aucune maladie, si l'on ne pouvait en nièiiie 
leinj)s consulter d'autres phénomènes phy^iljues ou dynamiques nécessaires 
pour elablir un diagnostic vrai. Ain>i les globules de pus ressemblent, à s'y 
me[)nMulre. aux globules blancs du >ang. Les éléments du tubercule peu- 
\eul èlre conrondus avec la matière blaiu he des plaques intestinales de la 
lit'xre l\plu»i,le. La cellule canct'reuse esl iilentiijueavec les cellules épitht'^ 
luih'> de ctMlaius organe^, partieulierenient des calices du rein et de la 
>e>Me. I.t' e.uuMvUvle l'ulaut', uiaKiilie mortelle, est forme d*é|)ithélium, elf- 
meiil analomujue qu'iMi retrouNe dans le i*or aux pieds, etc. 

Le nuiiv^Nv'ope doit elreenipioN i' poui l\lude du 5'///'/, du /'n7, des nriHC< 
et di'> '( /:." / N i a!''hK'> ,t fU'^. 

M;ri«:i F. n 

Vncv' le nneivsov>iv >n ih^uI ai'iTtvier le Uv^nibre et la fonne des clnbui^^-^ 
unues. cv II vle> hc :î\au>l»!as'.e> tt l-; îi 'inL»:e drs ::i^.dHdes blancs ou leiico- 
\\te>» ieiîî- ;^: v«:\''. ;:.»:i a i <-:aMvi. > iv-iuis, n qau>t parlois très important. 

l'ai tîa^ii !e p:v:n er. t :\ 1>T'\ vV.it . dir.s la litvre [«uerperale, dans liii- 
te.'lion Pîuuieiîle el da:i> '.a vi : .:\ :.>\.. \ ..\a:î au-:îr.enîalion des leucj>- 
cjlos, i^* ipu Iv^iine la c*;, ; : .' : , . Le :.t:t a tle continne par les 

-I» ^*uv-h«l, A. %;/.:.,:• . . -, ^ ; ^ ; : ' \' -i.:.:-^. P.»rif, IS^i, arlicie 



BVPLOt DE LA LOUPE ET DU MICHOSCOPE. 159 

fom pie- globules de Halaasez et Hayem que j'ai employés pour donner des 
chi«s exacts (1). 

A l'aide des mâmes instruments on a compté les globules rouges qui 
sont en moyenne de 5 millions par millimètre cube de sang et les leuco- 
cytes qui sont de 2500. environ, soit un rapport de 1 à 600, mais ces 
chilTres varient beaucoup et sont de 1 à 1064 pour Hayem et de 1 à 1880 
pour Grancher. 

D'après ce point de départ on a vu que, dans les anémies graves, les glo- 
bules rouges tombaient de 5 millions à i million 1/3 à 3 millions, itiais 
cela est sujet à de si grandes variations dans les cbifTres, qu'à moins de 
fj^des différences il n'y a rien à en tirer. 

) I". — Bnrtal 'e iWaiNllBièlr* et JMa«« ai* l'hémaiIcMae. 

Il y a plusieurs hématimètres celui de Melassez qui se trouve plus loin, 
e[ celui de Hayem — récemment modiSé et dont voici la description : 

Ce nouvel faémalimëlre se dis- 
tingue de l'ancien en ce que sa 
construction permet la suppres- 
sion de l'oculaire quadrillé que 
nous employions d'abord ; il se 
compose d'une lame de cuivre 
C C, (Hg. 58) au-dessous de la- 
quelle se visse un tube fi conle- 
nanl un système de lentilles 

destiné à former sur ta surface Fm- s*. 

de la cellule L une image réduite du quadrillé situé en P, cette image 
représente un carré de 1/5 de millimètre de côté. 



Fm m. 

I« globules contenus dans l'épaisseur de la couche liquide de 1/5 de 
millimËlre en venant se déposer sur la surface de la lame, se trouvent 
donc au même foyer que l'image du quadrillé. 

«) Voj. E. Bouehul, Patlmlogie générait, i' édit., clup. Nosoatmu. Parît, lS8i. 



llill MOYENS PHVSK'l'ES U EliPLOHATlOS. 

l'cnir employer l'appareil on introduit dans rouvcriure de ia platine lo 
(iihe It .ipri^s avoir ati jimilnlilc roglé la liniiière par le miroir, de fa^nu,! 
sassurer que le quadriilé sera bien éclairé, on lixc la plaque de cuivre par 
k'S pinces vnk'ls quand on a anienéauteiilreduclianip l'image du quadrilli', 
•m ri-'lire la plaque de verru porlanl !a collule cl après avoir fait la pi'éiia- 
ralioh rommc il est indiqué ci-dessous, on la replace sous les pelilsrH^- 
sorls d'acier. — Tous les ohjeclil's pouvant donner dans le etiaiiip do l'ocu- 
laire l'inia^e du quadrillé, sont utilisaWes, il n'y ade limites que le- Inf 
court l'oyer. 

I" ?iiniii-rfilion des i/loluilex rouges. — Pour faire la préparation desliiire 
à diinner le nombi'e des globules ill'aut prendre, à l'aide de la grosse pijicll'- 
(lig. ."i',]), TiDU inillinièlres cubes de sérum arliliciel, soit un demi-ceiili- 
mèlre cube, et y ajouter, ii l'aide de la petite (lig. 00), i niitlinièliVi 
cubi'> de sang. On obtient le sang rhv/. i'Iiomme en faisant une lê^cre 
potieliun avec une lancette au milieu de la pulpe du doigt. Le sang <K>il 
être aspiré inmiêdiateinent alin d'en éviter l'épaississetnent à l'air. Comme 
sérum arliliciel on peut employer le liquide amniotique iodé, en ayant seia 
de laisser évaiwi-er l'excès d'iode avant de s'en servir. 

Agiter le mélange avec la pelitc palette en faisant rouler celle-ci outre los 




ilniglsdi' fai.'1'niilui imprimer un mouvement rapide de va-et-vient (fig, 01). 

hep.iMT une finisse gmille du mclaii;;e au milieu de la cellule, et placer 

immcilialemcnl la lainelle en la lais^.iul tomber doucement et d'aplomb 

sur la goutte O'r- ''-*■ ''"•'■ bumediT avec un peu de salive deux des 



EMPLOI DE LA LOUPE ET DD HICROSCOPE. 161 

bords opposés de la lamelle et appuyer légèrement sur les qualra coins de 
celte lamelle de manière que la salive, en pénétrant par capiUarilé, forme 
une couche aussi mince que possible. Il est important dans cette opération 
de D'imprimer aucun mouvement de glissement à la lamelle. 

La préparation est réussie : 1° lorsque la goutte de sang dilué, trans- 
formée ainsi en une nappe de liquide à surfaces parallèles, est entourée 



Z^ 



d'an anneau d'air complet, et S* quand il n'existe aucune parcelle importante 
de poQssière entre lesdeux plaques de verre dans l'espace humecté de salive. 
Le tabe rentrant du microscope ayant été enfoncé jusqu'au trait d'aflleu- 
rement (c'est-à-dire jusqu'au point, déterminé d'avance, où le cAté du carré 
çtvé dans l'oculaire couvre 20 centimètres du micromètre objectif), 
OD compte dans cinq ou sii endroits différents de la préparation tous 



les globules rouges circonscrits par le grand carré (soit pour les 16 petits), 
en ayant soin de ne tenir compte que de la moitié des globules à cheval sur 
la ligne eitérieure du grand carré (fig. 63). 

On prend la moyenne des cbilTres trouvés et, en multipliant cette moyenne 
pu 31000, on obtient le nombre des globules rouges contenus dans 
1 millimètre cube de sang pur. 

Voici l'explication du numéroteur 31 000. 

La grosse pipette ayant en général C millimètres cubes de mouillage, les 

B- — DtAGNOSTIC II 



H'i:î MOYENS PHYSIQUKS dV.XPLOIIATION. 

.')()() niiliimrlros cuhes de liquide pris avec cett'3 pipette n'en fonnii>>tiil 
(jue VM, au\(|n('ls on ajoute :i niillinirlres cubes de san*;. Le voluni»' total 
étant (le VM) millimètres cubes dont û de sanj:, la dilution est au i^i-S*. <»r. 
comme il y a \'27) cubes de 1/5 dans 1 millimètre cube, le numeial'iii 
doit être : 

Si Ton prenait i millimètres cubes de sang au lieu de 2, le numéral» uî 
devitMulrail ir)r)rr2,r). 

Poui" faire jj numération des lilobub's blancs on note tous ceux «ju'uii 
trouve dans l'étendue de deux bandes réciproquement perpcndiculaiit^ •' 
ociMipant toute l'étendue de la goutte. 

Pour excculer cette j)artie de l'opération, on i)lace la préparation de faroii 
(|ue un des boids de la goutte de sang soit sous-tendu |)ar le grand can»'. 
par le bord gaucbe, par (^xemple, du grand carré: puis, après avoir nnîi' 
laliMMUt* ou la présence de globules blancs, on déplace la préparation «!•• 
laeen que les globules rouges à cheval sur le bord droit du grand caiif 
soient vus à cheval sur le bord oppos<'\ c*est-ii-dire sur le gauche. On a lait 
ain>i parcourir à la j)reparation lelendue d'un carré. 

On examine de la sorte tous les carrer successifs contenus dans nu*' 
bauile li'ansversale et on rei'êle la même manoeuvre, d'ailleurs facile à exé- 
cuter, pour une baïub' perpendieulaiie à la j)remiere. On (d)tient ain>i 1-- 
uiHubro des globules blancs conleiius dans une soixantaine de carr<'S, r.' 
qui (lomie, par un calcul analogue au preceijent, le nombre des globiilv< 
blancs par millimèlre cube. 

r.xemple : soit h».") la moyenne lrv»uvt'e pour les globules rouges, K' 
Jiomhrc des romies sera de : 

Sv'il '.' \c nombre ib^s ghduiles lihuhs renîermes dans TiS carrt'S, I.i 
moNeinu' >era ".' .')^, soit «MT).") (juj, nnilti{)lit' par '^\ «mhi, d^uine iSo.") glo- 
luile> hlaui\s Sv-ii un Sîanc [>.tur l'i»»i r^aurs, mais c»' ciiillre est variahu' 
cl trop ('leV('. J'ai Ut^uvc I pour •"•l^> landis ipi»- d'autres au contraire ont 
indhpu' la j^ropoit i-n de l U\:a\c \\mv l^^^O naurs i 1 1. Pour facilil^r 1«* 
i-aKul de> rvuues. on peut se No;\ir d-^ la t.i:»le suivante : 

« • ^ ^ ' ■> N.i ulif*' 

■ * - " ■ ' i. > ,1 t-'i ■ « 

' • . i ■ . * j al- i.ilii'.i. tr.' 

» • - ... t iil'O. 

le. . \ -li" -' \' I :î9r» (MM) 

i! . : -i" i' l i'iu i^Mi 

\i ' - • :" 1 -i:.: («'j 

t 5 î ^ • • V^ I i'^S «>H) 

il t i • V I :,\\) ihx» 

tiluv C 'a»* .iNoc ÎÀ ;u, ". .^ v'»-'. :.•;.■• .^ . >.v ,: • ; ." - • :\ \ y s-a <:-^><;\ ".Vi^ni a\ec une 
»olu'.uM\ do ^N^ulo .M J>' ;\'.»»-. :,' *:. ,. . -: *. ..- i.- ." .: .^1 .-i j'^jh--? avec soin. 



EMPLOI DE LA LODPE ET DU MICROSCOPE. 



163 



Globolcs Nombre 

coatennt des globules 

dans par millimètro 
1« csrré. cube. 

50 1 550000 

51 1 581 000 

52 1 612 000 

53 1 643 000 

54 1 674 000 

55 1 705 000 

56 1 736 000 

57 1 767 800 

58 1 798 000 

59 1 829 000 

«0 1 860 000 

«1 1 891 000 

fâ 1 992 000 

63 1 953 000 

64 1 984 000 

65 2 015 000 

66 2046 000 

67 2 077 000 

68 2 108 000 

69 2 139 000 

70 2 170 000 

71 2 201 000 

7i 2 232 000 

73 2 263 000 

74 2 294 000 

75 2 325 000 

"6 2 356 000 

77 2 387 000 

78 2418000 

79 2 449 000 

BO 2 480 000 

«* 2 511 000 

62 :.. 2542000 

63 2 573 000 

64 2 604 000 

fô 2 635 000 

66 2 666 000 

67 2 697 000 

88 2 728 000 

69 2 759 000 

^ 2 790 000 

^ 2 821 000 

^ 2 852 000 

^3 2884000 

W 2914000 

« 2 945 000 

^ 2976000 

^7 3007000 

^ 3 038 000 

^ 3 069000 

*W 3100000 

*0' 3128000 



Globules 
contenus 

dans 
le carrd. 

102. . 
103.. 
104.. 
105.. 
106.. 
107. . 
108.. 
109.. 
tlO. . 

111. . 

112. . 

113. . 
114.. 
115.. 
116... 
117.. 
118. . 
119.. 
120. . 
121.. 

122. . 

123. . 
124.. 
125.. 
126. . 
127.. 
128.. 
129.. 
130. . 
131.. 
132.. 
133.. 
134.. 
135. . 
136.. 
137.. 
138.. 
139.. 
140.. 
141.. 
142. . 
143.. 
144.. 
145.. 
146.. 
147. . 
148.. 
149. . 
150.. 
151. . 
152.. 
153.. 



Nombre 

des globules 

par millimètre 

cube. 

3 162 000 . 

3 193 000 

3 2^4 000 

3 255 000 

3 286 000 

3 317 000 

3 348 000 

3 379 000 

3 410 000 

3 441 000 

3 412 000 

3 503 000 

3 534 000 

3 565 000 

3 596 000 

3 627 000 

3 658 000 

3 689 000 

3 720 000 

3 751 000 

3 782 000 

3 813 000 

3 844 000 

3 875 000 

3 906 000 

3 937 000 

3 968 000 

3 999 000 

4 030 000 
4 061 000 
4 092 000 
4 123 000 
4 154 000 
4 185 000 
4 216 000 
4 247 000 
4 278 000 
4 309 000 
4 340 000 
4 371 000 
4 402 000 
4 433 000 
4 464 000 
4 495 000 
4 526 000 
4 557 000 
4 588 000 
4 619 000 
4 650 000 

, 4 681 000 
4 712 000 
4 743 000 



164 



MOYENS PHYSIQUES D'EXPLORATION. 



Globules 
l'onlcnus 

dans 
le carre. 



Nombre 
des globalen 
par millimclrc 
cube. 



154 4774 000 

155 4805 000 



156. 
157. 
158. 
159. 



4 
4 
4 

4 



836 000 
867 000 
898 000 
929 000 



160 4960 000 

161 4 991 000 



163. 



5 
5 



022 000 
053 000 



164 5 084 000 



165. 

166. 

167. 

168 

16t). 

170. 



5 
5 
5 
5 
5 



115 000 
146 000 
177 000 
203 000 
239 000 
270 000 



171 5 301 000 



172. 
173. 
174. 



5 332 000 

5 362 000 

5 394 000 

175 5 42^ 000 



176. 
177 



5 456 000 
5 487 000 



Globules 
contenus 

dans 
le carré. 



Nombre 
des globuli^ 
par BtllLm>ir>> 
cub«. 



178 5 518 ex"' 



179. 
180. 
181. 
182. 
183. 
184. 



5 
5 
5 
5 
5 
5 



540 (Nit 
580 IM» 
611 i>ii 

642 m 
673 m 

704 «M» 



185 5 735 IM» 

186 5 766U»»' 

187 5 797 (XI» 

188 5 828 0IN» 

189 5 859 (XN^ 

190 5 890(X«i 

191 5 921 IK»" 

192 5 952 W«> 

193 5 983 (KV 

194 6 0UiifM 

195 6 045 (NI. 

196 6 076«X»> 

197 6 107 m 

198 6 138CNXI 

199 6 169 (X^i 

200 6 231 01»' 



'i^ Dosage de rhémoglobine, — Choisir une chambre prenant jour à 
l'est ou au nord par une seule ouverture et se placer bien en face de la 
fenêtre. Introduire dans chaque réservoir de la cellule double (fig. 6i), à 




l'aide de la grosse pipette, 500 millimètres cubes d'eau distillée et aérée, ou 
même d*eau Gltrée ordinaire. Dans Tune des cellules ajouter quelques mil- 
limètres cubes de sang, et remuer très doucement et immédiatement le 
mélange avec une fine baguette de verre. 

Prendre pour Texamendu sang sain de 2 à 4 millimètres cubes de san;:. 

Dans les cas d'anémie légère, 4 millimètres cubes. 

Dans les anémies de moyenne intensité, de 4 à 6. 

Dans les anémies intenses, de 8 à 12. 

Dans les anémies extrêmes, de 10 à 15. 

Dès que le mélange est effectué, placer la cellule contenant l'eau pure 
au-dessus de Tune des teintes de Téchelle. 

Quand on a trouvé la teinte qui paraît exacte, pour s'assurer qu'il n'y a 
pas d'erreur, examiner avec soin si la teinte qui précède et celle qui suit 



EMPLOI DE LA LOUPE ET DU MICROSCOPE. 165 

donnent un aussi bon résultat; si Tune est trop Taible et lautre tropforte, 
celle qu'on a choisie est la plus juste. Avec un peu d'habitude on apprécie 
facilement les nuances intermédiaires. 

L'opération est terminée, il n'y a plus à faire qu'un calcul analogue au 
suivant. 

Le sang examiné contient, par exemple, 4 774 000 globules; le mélange 
fait avec 6 millimètres cubes de ce sang donne la teinte n"" 4. 

Cela veut dire que 4 774 000 X 6, soit 28 644000 globules contiennent 
la même quantité d'hémoglobine que il 892 375 globules sains (voy. le 
tableau). 

Un globule du sang examiné a donc une valeur moyenne représentée par 

(I S9*^375 

4^j.iT.y^ = 0,414; et la richesse globulaire d'un millimètre cube du 

11 892375 
sang examiné, exprimée en globules sains, est de >. == 1 982062. 

D'où : 

Le nombre des globules rouges Nb4 77i 000 

La richesse globulaire, exprimée en globules sains R = 1 982062 

La valeur individuelle et moyenne d'un globule G = 04U 

Ces chiffres, un peu simplifiés, peuvent être notés sur une feuille de 
^Taphiqne analogue à celles qui sont dressées pour les courbes de tempé- 
rature. 

Tableau de la valeur de chaque teinte. 

Globules sains. 

Teinte n* 1 8 649 000 

— n» 2 9 730 125 

— n- 3 10 8H 250 

— n» 4 11 892 375 

— n- 5 12 973 500 

— n- 6 14 054 625 

— n» 7 15 135 750 

— n'8 16 216 875 

— n» 9 17 298 000 

— n» 10 18 379 125 

^ 9. -^ Emploi dn «•mpte-slobalefi 4 ehamlire hmiilile grmAuée 

de M. MmUuÊëem, 

Ce compte-globules se compose de deux instruments principaux : 
i* Le mélangeur^ gradué de telle sorte qu'il peut fournir des dilutions 
sanguines au 50*, au 100*, au 200*, au 300^, au 400% et même au 500* ; ce 
qui suffit aux divers besoins de la numération. 

2* La chambre humide graduée^ qui permet : !• le couvre-objet reposant 
sur des vis qu'on peut faire saillir plus ou moins au-dessus du porte-objet, 
d'obtenir des préparations microscopiques de mélange sanguin, ayant 
juste une épaisseur voulue; S"" qui permet encore, le porte-objet présen- 



Kili MfiïK>S [■riïsIfJltS U EXI'LOUATION. 

luiit ;i s;l MH'fin-<t un ivmsiu ii]itiTiiinHrk|iie, tir liiniler avec [)récisio)i ii'-> 
r'trinliM-i il('lii(iiLii(M> (lit |iiv|iiii"ili(tri, v\ d'y crnTi])ler faciiemoiil les i:\<j- 
Imlis ^:Lll,l.'(iill^, <■(; i|iii cciiil Liiiililu l'i.'ni|)lui d'un inioi'oscoptï muni il'un 

l,i'M-li:Lir]l)ifs I liilcs suiil iv^liics d'iirdiuaire, soit pour domiei' ilts 

|nr|i(ir:iliuiis lir I .'i, si>il dus [»]é|)ai';itioiis de 1/10 de milliiiielri.' dV 

\.r iV'>i';iii tniiTiiiiu'lriiiui.' csl l'ormij di' rcctiin^'lcs ayiiiit l/T» do niillimitiv 
,]•■ liiiiil sur 1,1 dr iiiilliiiirlic lit' lar-c. lion ivsulle (jue si IVpaisjeur «k 
hi |>n'[i;u'(ili<>iL osl dr I Ti di^ iiilIIliiji.'Ij'i', ciiacuii d'i.'iiv liniile un vulunie de 
ini'hiii;i<- >'-:it ;i I, IDH do niillijriotn- ciiIjo. Ils sont au iLUinbre do Ct'iil. 
<li^|lllSl'^ on ill\ rau^'oi'sdo dix. Ci'U\ i|iii sunl plus siiooialoinciit doslint-j à 
la nniin'i'aliiiii dos ^kilnilos rondos sont snlidivisos oïl viii^l polits ojrre^ 
(oiiii| laiiLAoos niiioali-s do (jualiv l'iinosj. l'aiis ooilains n'soaux, Its r-^- 
laiii;lo^ snliilJviM's siiiit plaoos à ciito los Uiis dos anlros; pour iju ils 



,>ni>-.onl oliv (aoJloinont ,iislin:;uos, il< ^,.lll s.-i.,uvs ]iar une doulde li:;iie 
,\o*. la li:;uiv (■.:;», 

l'-.in la ddulion du sanç, un Ii,jniJ,> do< |)lu< siiujdi'j ot dos nioitlouri 
■>l nn,>M>lnli>-iidosnIf..t,'dos,mdo.i:. p>mi |i",|,. „.i n-olaiit pas eflb- 
iv>.-i-iiO ; ollo a au ]ioso-urini' niio dou-iio de \.''l:' uniroua la lempora- 
luu- iuo\oiitir do i:Mk'^!vs iviili^rad,-, 

;; Tu ,0";; ■v.<::i'-j-,i,'. -.■;.,,-..■--. av.uU \> 'Uf but do facililer le pli- 
.-l'iu. ni du c.niv ii'-idijot ^n^ lo> \ !S . t di ]i ii,.i.i.i.,'rni' appiLjué sur elios. Il 
■^I livo >ui Lil,unop>Hlo-o:voi :i l'aido d n:io v;< ,i pr,ssiv-ii, e[ i'ououlU-le 
•,nm\--,diol .1 vi \.wc ■,'.]■.-. !-.ou:o aii\' u;[ [>• ii di-au ou do salive, 

i- i\> .- .i- ;-,'; ■. ,io ;v.-:i.i:;^,- K ,-1 , :; ,;Tol indispensable dVni- 
'!,'>. r ,1 .\l o,>,iùo df.- ,a:i!o.U's iMil;,;;, ui: M -.vi^ioî el a -.soi épaisses : au ssi 
:i- ,i,v; .'1 .ï;;^ ;> ■;.■ ^<-vm;- di' \. :-?is :n;;v,s ,-:\:;n:iirrS. 

I (r.:;,; ■■..,., -A:, .;:.'. ;■. ^^ ■ .;-y-;..; *. — I Molaiii:e. - 
\av .■'.':!■ ■- ; .,■ -.vr... ,>'i y ;,;■■ ,■> . ,■ .; .,-,...■.::■, i-, Mr; ::i!;f d'un duii:!, ou 



EMPLOI DE LA LODPE ET DU MICROSCOPE. 167 

parle tube en caoutchouc, on fait monter le sang dans la longue portion 
de l'appareil. 

Si l'on veut un mélange au 500*, on s'arrâte quand le sang est arrivé au 
niveau du Irait mai'qué 5 ; pour un mélange au 400% au 300' ou au SOO*, 
on va jusqu'aux traits marqués 4, 3 ou 2; pour un 
mélange au 100* on remplit toute la longue portion 
de l'appareil jusqu'au trait marqué i . Si l'on veut un 
mélange au 50*, on remplit une première fois de sang 
Il lonpe portion de l'appareil jusqu'au Irait mar- 
qué I. Si l'on veut un mélange au 50*, on remplit une 
première Tois de sang la longue portion ; puis, après 
TavtHT fait pénétrer une petite bulle d'air, on la rem- 
plit une seconde fois. 

La quantité de sang voulue étant prise, on essuie la 
[■lintede l'instrument. Si l'on a dépassé le trait auquel 
on aurait dû s'arrêter, on soufDe très légèrement par 
k tube en caoutchouc, et on essuie le sang au fur et 
i mesure qu'il sort de la pointe ; souvent même il 
suffit de passer simplement ta pulpe du doigt sur 
ntle pointe pour faire baisser la colonne sanguine de 
la quantité nécessaire. Pour bien juger de l'affleure- 
ment, le mélangeur doit être placé perpeudiculaire- 
ment à la direction des rayons visuels. 

Sans tarder, car le sang se coagulerait, on aspire le 
liquide à dilution, et celui-ci, précédé par le sang, 
pèDèlre dans le réservoir et le remplit peu à peu. Le 
mélangeur doit être maintenu vertical pendant tout le 
lemps de l'opération, alin qu'il ne s'emprisonne pas 
de balles d'air dans le réservoir. On s'arrête lorsque le 
mélange sanguin est arrivé dans le bout supérieur du 
mélangeur juste au niveau du trait marqué 101 . 

Il ne reste plus qu'à agiter le mélangeur en tout 
sens, pour que la petite boule placée dans l'inténeur 
du réservoir brasse intimement le mélange et le rende 
pulailement homogène. 

On doit employer des mélanges d'autant plus dilués Pm- m. — Meimtoiir 
que le sang à analyser est plus riche en globules et ""'' 

qne la chambre humide dont on se sert donne des préparations plus 
épaisses. Ainsi, avec une chambre humide donnant une épaisseur de pré- 
paration de 1/5 de millimètre, le mélange sera fait au 100", si le sang est 
pauvre; au 400*, s'il est normal. Avec une chambre humide graduée au 
tO*, les mélanges seront, dans les mêmes circonstances, deux fois moins 
dilués. 

L'épaisseur de préparation est indiquée sur la chambre humide. Quant 
k la richesse du sang, on arrive par l'habitude à la juger très suflisamment 



Iba MnlE.NS l>UV?rOLES D KXfLOriATinS. 

à riiilensilti'dc t'uloraliim i|ue pirscnto le saiii: pendant qu'il moule daus 
le iiu-iairi:eor. 

^' l'rt'-|iai-iilioii. — Il l'an l U>ul d'almid s'a?siiror si le toinpressi'urjoue 
bien, el si. iiiK- fuisraliallii, la bimi;.' se lri>ii>v appliiiui:*.' J'aploiiili >ur 

les vis. Si elle Cil liii'ii d';i|iliniiii, (111 ne dail pas entendre de choc erili-* 
elle et les vis, luis(|ii'()n la IVapiie doiiuemerit avec un curps ne faisant 
pas de lirnit p;ir !iii-in-''iiie, nu nuireeaii Je papier iMulé, par exemple. 

Le niL-luiiL'e s.ui^'iiin i-lanl liien n^ilê. on eu lait surlir une cerlairn' 
(juaiitité du niélaiiiieiir eu suufllatil par le lulie en caoutelioue. Les pre- 
mières parties t[iii ànriciit doivent être rejutccs, parce i|nelaiit reslw* 
dan> le tulte elli-; n'.,iil \y.\< pris pari au undani;.'. L'iie voullelelte est al.'is 
depo-T sur ie p..rle-,dii-i ,!.> la ehan.brr Iinmi,|.>, t. ml eu laiiilant avec la 
|iiii[||i' du niidan-'t'iir poin iju'eile i-nn-i'i've smi iKunnjicueité, 

Sans pirdri' de iitnjiN, on rnli.it dciueeinent le compresseur porU- 
hinj.'lle sur les\i-.|.| ^nr la ^uultel,.!!.'. C.ll.'-ci snpiatil de la nuaulile 
vuiilne. Klledoit a;urM.,riipi-rla pin- iirande pavliv de la snrface dupait" 
idijet,ol n.- pas pivsniler de huiles d'air. 

Eulin, si l'iju craint (|iie la (iri'paraliiui ne se des-èelie, on dep..-e ii;i 
|)''ii d'eau ou de ni.dariL'e saiiiruin ie l.ui^' d.-s l)ords de la lain.dh'. .-ii 
a->fi uraude r|nanlil.> ].<w ijne h- Ijipnde. s'infitiraul snus e.-lle-ci. la.v 



11' Inur coinpl.t (11' la raimne : il ii> a pii> ii eraindie ijail vienne si- mêler 

La ilianilire iiinnid^- rA a\.«-. p.uto^ -n;is nu uii.ruseopi- dimt le ■^r-a- 
sisM-iurut e^t a-s./ luii p.nir .pion pni-M' voir di,-.lineteriirtil les ^liii)nlr'>, 
assL'/ faillie eeiiemiaiil pour (pi.' le ^Inruii mierosi-opiipie embra>se au 
moins u\i reetan-'li' tout tiiti^i'. <■[ une l'.iliji'elil' ne vii-inie pas presser 
Contre I.' eouvre-olijit : ei'>t e^' nue doun.'iil avw mon .culaire n' :!, (iiei 
chjectifsn-.t ouu' i. 

On attend iiuelijU' < inqaul> p 'ur iL^nna- aux ;;|.iiinles le temps ik 
t:ai;uer en tombant la l.nc po.hrjrinv , lu |i.irlr-uiij>4 : on peut alors l.-s 
voir on même tiaup- ,|nr h' i-,S';ui niiiiinni'U\,pii'. Il ne fandiail pas 



EHPLOI DE LA LOUPE ET DD HICaOSCOPE. 169 

cependant trop tarder, dans la crainte qu'il ne s'en détruisit quelques-uns 
ou que se déplaçant ils ne soient plus régulièrement disséminés. 

La chambre humide doit être constamment maintenue dans un plan 
horizontal, sans quoi les globules se porteraient du cAlé des parties 
déclives. 

Comme il serait difRcile de compter sans erreur les globules dans un 
vingtième de millimètre carré, Malassez a Tait subdiviser un certain nom- 
bre de rectangles par des traits équidistant^ de 1/20 de millimètre. Ceux 
des rectangles primitifs ainsi subdivisés en vingt carrés égaux (cinq 
rangées de quatre (Hg. 68) servent seuls à compter les globules. De cette 
manière on n'a guère à compter que cinq ou six globules par carré, el l'on 
n'est plus exposé à en oublier ou à compter plusieurs Tois les mêmes. 



Pour exécuter une numération, le mélange étant fait et l'appareil dis* 
fiosé avec le compresseur comme le montre la ngure, on déposo sur la 
broe quadrillée une gouttelette, en l'agitant vivement avec la pointe du 
mélangeur pour qu'elle conserve son homogénéité ; on rabat le compres- 
seur et la goutte s'aplatit de la quantité voulue. Elle doit occuper la plus 
$:rande partie de la surface du disque et ne pas contenir de bulles d'air. 
L'ii grossissement de 200 diamètres convient généralement bien, il sera 
bon de compter dans plusieurs rectangles et de prendre la moyenne. 
L'image microscopique est représentée figure 69. 

ï Numération. — On compte tous les globules compris dans un des 
rectangles subdivisés en petits carrés. Le mieux est de passer successive- 
ment en revue chacune des tranches verticales de quatre carrés. Si la 
première a été comptée de haut en bus, on comptera la seconde de bas en 
huit, la troisième de haut en bas et ainsi de suite. 

Quant aux globules qui se trouvent à cheval sur les lignes du quadril- 
i>fe, il est indispensable de se Taire une règle de conduite invariable, si 
l'on ne veut pas risquer d'en oublier quelques-uns ou de compter les mêmes 
deux fois. On pourra, par exemple, ne compter comme faisant partie d'un 



MOYEN:^ PIIVSIOL'KS U EM'I.OnATION. 



carré i{.ie ci'ii\ (>ffLi|iaiil la liiriii' d'i'ii li.iut ut cille iIg druile ; lai^saiil J'- 
côlé L'ouv ijiii soiil sihii'.s surlesnuiros ti^iins ot i|iii seiijnt fuict^iiifiii 
Complus l(jrsi[Uoii léra la numération du carre soiis-jaconl et île ci;lui 



siluù à f-Mui'lic. I.a iiiHiiif nyic sura applii[iic.; au\ globules (|ui su lri.>u- 

-1' Cilculs. — Si l'on sVsl servi ii"iinii ciiaiiiliiv Immtile firadiiéf au .'i', el 
si l'on a l'ait nu mélaiiu'c au H.iH.ori se Ininvc, a\anl compila tous k'j 
gluluilcs cuniiiris dans nu r.-clau^-lu. avoir aualv^é la 10ni);V parli.i d'un 
inilliirit'lri' l'iibc do san^: il laul doue, pour avoir le uimibi-e par inilli- 
luèlre culie, uudliplier par liH.H).) celui i|ni a élé Irouvi' dans un des vcc- 
laiij;ies, c'est-à-dire iju'il sullit de lui ajouter (jualre zéros. 

Si le uielauze a eli' fait au L*ni> , il faul on mullijilier le nombre trouvé 
par •2i.l(NJl), ou, ee qui vaut iiiieu\, faire la numéi'atiiui dans deux reclaii- 
iiles voisins, additioiuier les uniulireslinuvés.el à lasonntie ajouter encore 
(|ualre zéros. Avec un niélan-e au liilU on couiplcra dans trois reolangles, 
avec un niclan;:e au iOU dans ijualre, ei à la sounue des iiorubros trouvés 
on ajoutera i|ualri- zéros. 

Si la chambre luunide dont on s'esl servi esl au 10', c'est-à-dire di^u^ 
fois moins liaule, ou couiplora, toutes choses élaiit égales d'ailleurs, dans 
un nombre double ii,> reL-iau^'b-s : dans deux pour un mélange au 100', 
dans i]uativ pour un rnelaiiu'e au -iOù , etc., et les sommes trouvées seront 
encore nuillipliees par lOi'OO. 

l'our plus d'exaelitude, on doit faire plusieurs analyses semblables en 
des champs conligns et prendre la moyeujie des n^sullals obtenus. 

Il est couiuunie, pour passeï suece^siveuleTlt en revue plusieurs rec- 
tangles, de s'aider d'une plaliue nudiile à double elVel, donnant les mou- 
vements delaleralile cl ceux datant en arriiTc. 



EMPLOI DE LA LOUPE ET DU MICROSCOPE. 171 

2. Numération des globules blancs. — Les globules blancs étant en 
général beaucoup moins nombreux que les rouges, l'analyse doit porter 
sur une plus grande quantité de sang; ce qui exige l'emploi de mélanges 
plus concentrés et des numérations dans de plus grandes étendues de 
préparation. 

Si la chambre humide employée est graduée au 5% il suffit de compter 
les globules dans une rangée de dix rectangles avec un mélange au 100% 
dans deux rangées avec un mélange au 200". Et comme ou se trouve ainsi 
avoir numéré la 1000^ partie d'un millimètre cube, on n'a plus qu'à ajouter 
trois zéros à la somme des nombres trouvés pour obtenir le nombre de 
globules blancs par millimètre cube de sang. 

Si la chambre humide est au 10' seulement, on compte, toutes choses 
étant égales d'ailleurs, les globules dans un nombre double de rectangles, 
dans deux rangées avec un mélange au 100% dans quatre avec un 
mélange au 200*, et on multiplie toujours par 1000 la somme obtenue. 

11 est indispensable de faire plusieurs de ces numérations et d'en prendre 
la moyenne. 

Le mélange et la chambre humide graduée doivent être nettoyés soi- 
gneusement après chaque numération. 

ARTICLE III 

ANALYSE MICROSCOPIQUE DU LAIT 

Le compte-globules peut avoir d'autres usages que l'étude du sang. Je 
l'ai employé pour l'analyse du lait et comme guide dans le choix des 
nourrices (1) d'après de nombreuses analyses. 

On peut étudier le lait de femme au microscope, en comptant le nombre 
de ses globules, ce qui donne la quantité de beurre, c'est-à-dire la mesure de 
sa richesse. Pour cela il faut une seule goutte de lait prise après quelques 
minutes de succion du sein par r enfant. Or rien n'est plus facile. Il suffit de 
recueillir seulement une demi- cuillerée à café de ce liquide et, avec le 
compte-gouttes gradué, de prendre la goutte qui est nécessaire à l'analyse. 

Au lieu de faire mes numérations par 5* de millimètre cube, comme on 
le bilpour le sang, j'ai dû compter par 10* de millimètre cube. 

En voici les raisons : 

Lorsque l'on compte les globules du sang dans une cellule de verre 
plaie, de 1/5 de millimètre d'épaisseur, les globules plus lourds que le 
sérum tombent au fond au bout de quelques minutes et il n'en reste pas 
qui nagent entre deux eaux. Tous sont au fond de la cellule et quand la 
plaque de verre est au foyer du microscope on peut les compter tous. 

An contraire, avec du lait dans cette même cellule, au 5* de milli- 
mètre d'épaisseur, connue les globules de lait sont plus légers que le 
sérum, ils montent ainsi que la crème à la surface du liquide, et par conse- 
il) E. Boaehoi, Hygiène de la première enfanUt 1* édition. Paris, 1879. 



172 



MOYENS PHYSIQUES D EXPLORATION. 



qucnl se trouvent dans la cellule sous la lame de verre obturatrice. Mais 
ils ne montent pas tous, quelques-uns restent dans l'épaisseur du st^ruin, 
de façon à ne pouvoir être comptés au piemier calcul. Plus Tépaisseur de 
la cellule d'examen est grande, plus on éprouve de difficultés à cunipler 
tous les globules du lait. 

J'ai donc du faire préparer par M. Nachet, des cellules à 1/10 de milli- 
mètre de profondeur, spéciales pour lantilysc du, lait, et c'est avec cts 
cellules que j'ai opéré. 

Oji prend une goutte de lait de femme mesurée avec le compte-goulN^s 
gradué de Limousin, que l'on met dans 100 gouttes d'eau distillée, pure, 



li 





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1 




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° 6 o 




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1 


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1 


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1» 

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Q 


"1 






3tuf;-'jr. J) 



Fie. 70. — Iiiia^'O niîrrtiscoiiqiif (i'nii cnrn; Ar | 5 de iiiiHiiiii'li*>î <lo d')!.:, couvrntil ].i cellnlo it' wm? 
au 10* ijiii niifcTiiic iiiir ^MHillr <l4» l.iit "Ic fiiniic (iilii.'O .Ml lOU". — Il y ;\ S(î gloliuiï-s, C.<ù^ :a;t 
80 : \ . -Jl ;r»'lO>' 1000— 100 2 150000 -lohulos par niilliiiiMi c vu\u' de liil. 

OU mieux salée au iTH). Celle addition a pour but d'avoir un liquide 
à 1030 de densilé, facilitant l'élévation des globules de lait. Celle ascen- 
sion est plus leiile dans l'eau distillée. 

Alors une goutte de ce mélange au 100 étant placée sous un mi- 
croscope dont l'occulaire renferme un (|uadrillage ayant 1/5 de millinièlre 
de côté, comme celui qui sert aux numérations de globules sanguins. 
On compte ce qui se trouve com|)ris dans le carré. 

Supposons qu'on y compte, une première fois, 91 globules de lait, gros 
ou petits, il faut changer la préparation de place et compter de nouveau. 
Un doit faire aiubi trois calculs successifs sur des points diffeienls et 
prendre la moyemie de l'addition des trois numérotages. 

Cette moyenne doit être divisée par 1, puisque ayant compté dans un 
quadrillage ayant l/Ô de millimètre de côté et renfermant quatre carres de 
1/10, il faut |)rendre K; (juarl du nombre de globules trouvés qui repré- 
sente les globules d'un des quatre carrés com|)ris dans le (juadrillage 



EMPLOI DE LA LOUPE ET DU MICROSCOPE. 173 

complet. Quand cette opération est achevée on multiplie le total par 1000 
qui est le cube de 10. Cela est nécessaire parce que la cellule est au 
10*. On multiplie ensuite par 100, puisque le titre du liquide est au 
iOO*. 

Supposons 292y le nombre des globules trouvés dans trois calculs dif- 
férents faits sur le quadrillé au-dessous duquel se trouve la solution de lait 
au 100*y on a : 

292: 3 =97;030: 4 =24;Î70 X 1000= 24 270X100 =»Î4 27000. 

D*aprës ces calculs, on voit donc qu'il y a dans cet échantillon de lait 
deux millions quatre cent vingt-sept mille globules de 1 millimètre cube. 
Par un autre calcul, on trouve que ce lait renferme deux cent quarante- 
deux milliards sept cents millions de globules par litre. 

D'après ce procédé au 10*, et aussi d'après le procédé d'analyse au 
5*, j'ai compté les globules du lait chez cent cinquante-huit nour- 
rices. Dans mes observations, j'ai tenu compte de l'âge de la nourrice et 
de l'âge de son lait, J'ai établi des catégories pour le lait pris avant la 
tétée, pendant la tétée et après la tétée. 

Voici les principaux résultats généraux sur le chiffre des globules et 
globulins : 

5 fois les globules ont été de 200 à 400 000; 

14 fois -~ 400 à 600 000; 

20 fois — 600 à 800 000; 

24 fois — 800 000 à 1 000 000; 

66 fois — 1 à 2 000 000; 

27 fois — 2 à 4000000; 

2 fois — 4 à 5000 000; 



158 

Ces nombres comprennent les gros et les moyens globules, ainsi que 
les petits globulins qu'il est possible de compter en faisant varier la vis du 
microscope à gauche, pour bien saisir tout ce qui est dans l'épaisseur de 
la couche laiteuse contenue dans la cellule au dixième, qui sert de moyen 
d'analyse. 

Si Ton voulait plus d'exactitude, comme trois globulins valent à peu 
près un globule, il serait bon de compter tous les gros et moyens globules 
comme unités, puis de compter à part les globulins dont on prendrait le 
tiers seulement, qu'on ajouterait aux unités inscrites. Ainsi, je suppose 
47 globules gros ou moyens, et 36 globulins, il faudrait compter 47 plus 
a qui est le tiers de 36, ce qui ferait 59. De cette façon on aurait des 
chances d'arriver à la vérité dans la manière d'apprécier la richesse du 
beurre du lait de femme. 

Ce n'est d'ailleurs qu'une conséquence de l'étude des dimensions of- 
falesparles globules de lait, dimensions qui varient de un à trois cen^ 
tîèmet de millimètre de diamètre. 



17 i MOYENS PHYSIQUES d'EXPLORATION. 

Co qu'il y a (rini portant à retenir dans ces recherches et dans ces calculs 
à faire pour obtenir des résultats précis, c'est de compter à la fois les iiU- 
hules et les glohulins qui peuvent échapper si l'on n'y fait pas allentiun. 

Peut-être, pour opérer avec plus d'exactitude, faudrait-il compter à part 
les vrais globules et les globulius, dont on prendrait le tiers pour montrer 
qu'il faut trois globulins pour faire un globule. Mais cela ne m'a pas 
semblé indispensable à la netteté de mes analyses. 

Le moyen de tout voir, c'est d'attendre dix minutes pour que, dans la 
plaque mise sous le microscope, tous les globules soient montés à la 
superficie du liquide sous le verre supérieur, et de plus, c'est de tourner 
la vis du microscope à droite et à gauche, tout en comptant les globules, 
pour varier le fo\er de rinstrument. 

Malgré la diversité de composition du lait, et les variations de quantité 
de ses éléments, chez la même nourrice aux différentes époques df la 
journée, la numération des globules du lait, faite avec soin, plusieurs 
fois en vingt-quatre heures, sur le lait du matin, du midi et du soir, 
donne h ne moyenne qui représente bien la qualité du lait de femme. 

Elle ne donne exactement que la unantilé des [/lobules du beurre, d(uU 
on peut déterminer le poids, mais en général cette (|uantité représente la 
richesse ou la pauvreté des aulnes éléments. Cela est très suffisant pnur 
ra()préciation et le choix des nourrices. 

Bajiport du nombre des (/lobules à lu densité du lait et au poids du 
beurre. — Si l'on veut remonter du nombre des globules laiteux au /loids 
appro.rimatif de la (/uantilé de beurre pur litre de luit, ou même déter- 
miner approximativement, à deux degrés près, lu densité de ce lait, ctla 
est facile en comparant le lait de vache au lait de femme. 

Il faut alors prendre une certaine quantité de lait de vache, et parallèle- 
ment faire: 1' la numération eruele des i/lobules sur le lait préparé |H:)ur 
le microscope : puis "1" prendi'e la densité corres|)ondante du lait; et enliii 
3' déterminer chimicjuement par l'analyse la quantité en jtoids de beum' 
contenue dans le lait soumis à PanaUse. 

Après avoir ainsi comparé ces trois ordres de calculs établis avec une 
scrupuleuse attention, j'ai dressé un tableau montrant à quelle densité et à 
quel poids de beurre par litre, correspondent les quantités de globules 
appréciées au microscope. De cette manière, le nombre des globules du 
lait dans un millimètre cube de lait permet de dire quel est, à peu de chose 
près, son poids de beurre par millimètre cube, par lOOO grammes, et en 
même temps (juelle est sa densité approximative. 

Ainsi un lait de vache renfermant :2 iO:2 7)i)0 globules et globulins par 
millimètre cube donne trois cent-millièmes de beurre pour ce millimètre, 
et se rapporte à un lait qui, par litre, donnerait 30 grammes de beurre, et 
marquerait I03'2 au densimètre. 

Dans le lait de femme qui renfermerait un ou deux millions de globules 
par millimètre cube, il y aurait deux et trois cent-millièmes de beurre dans 
ce millimètre, chiffre obtenu par le calcul, el sans qu'il soit lait d'analyse. 



EMPLOI DE LA LOUPE ET DU MICROSCOPE. 175 

Si Ton se sert des chiffres obtenus sur le lait de vache pour apprécier le 
lait de femmes on voit qu'un lait qui offre la moyenne ordinaire des globu- 
les, c'est-à-dire 1 0^6 000 globules par millimètre cube, est un lait qui 
doit avoir une densité de 1022, correspondant à 34 grammes de beurre 
par 1000. 

Exemples du rapport existant entre le nombre des globules du lait avec 
la densité de ce liquide et son poids de beurre par 1000.— Ces expérien- 
ces ne peuvent bien se faire que sur du lait de vache, et il est facile de voir 
qu'elles peuvent servir à juger par analogie de la densité et de la quantité 
de beurre du lait de femme. 

Chez cette dernière, la densité est très difficile à déterminer d'une façon 
absolue, et avec Tincertitude des résultats fournis par les analyses anté- 
rieures, mon procédé de recherches acquiert une certaine importance* 

Chez la femme, la densité du lait varie plus que dans le lait des différen- 
tes espèces animales connues, où déjà les chiffres publiés sont très différents 
les uns des autres. 

Cela se comprend lorsqu'on a fait beaucoup de recherches à cet égard. 
D'ailleurs, il est très difficile chez la femme de recueillir une suffisante 
quantité de lait pour le soumettre à Tépreuve du densimètre. Chez quel- 
ques femmes, on ne peut en tirer plus de 5 à 10 grammes, ce qui est tout 
à fait insuffisant. 

Quoi qu'il en soit, voici ce qui résulte des calculs que j'ai faits sur le 
nombre des globules du lait de vache comparé à la densité de ce liquide et 
au poids de beurre qu'il contient par 1000. 

GLOBCLES PAR HILUlftTRE. DENSITÉ. BEURRE PAR LITRE. 



!• 1102500 


1.022 


24 


grammes. 


2« 1182000 


1.02! 


21 


— 


3» lî)ior.00 


1.030 


26 


— 


Ji* 2105000 


1.028 


29 


— 


5- 2205000 


1.032 


37 


— 


6* 2305000 


1.030 


35 


— 


7» 2400000 


1.030 


37 


— 


«• 2i07 000 


1.033 


34 


— 


9» 2692000 


1.030 


29 


— 


W 3 700000 


1.038 


34 


.^ 



Si le nombre des globules diminue dans une proportion considérable, la 
densité s'abaisse dans la même proportion et la quantité de beurre diminue 
également. Mais il faut pour cela que la variation du chiffre des globules 
soit assez forte. De petites différences ne se traduisent pas par des modifi- 
cations très profondes de la densité et du poids de beurre. On ne peut 
compter qu'à un ou deux degrés de différence pour la densité et autant 
pour la quantité de beurre. 

Quoique ces évaluations n'aient pas une précision absolue, elles n'en 
constituent pas moins un résultat, approchant assez de la vérité pour qu'on 
en doive tenir compte. 



170 MOYENS PHYSIOIES D*EXPLOI\ATION. 

Ainsi (loïKî, Iji luunéralioii des ^'lobules et des ^lobulins du lait penuel 
d'airiver à coimaUre sa richesse, c'est-à-dire la quantité de beurre qu'il 
rcnfcnntî. 

Or, celle (|uanlité est la chose qu'il importe le plus de connaître. Chacun 
peut faire crlle analyse s'il est habitué à l'emploi du microscope. A dt^faul 
du médecin, le père de famille peut examiner le lait de sa nourrice el se 
rendre un compte journalier de ses qualités, comme il apprécie la prospé- 
rité de son enfant parla balance. 

Une p)utte de lait peut suffire pour l'analyse. Mais comme ce liquide 
est très variable dans sa composition, on n'a de résultat sérieux qu'en 
|)renant la moyenne de plusieurs calculs. Pour cela, il faut prendre trois, 
(piatre m\ cinq échantillons de lait dans la journée, afin de pouvoir analy- 
ser trois, quatre ou cinq jïouttes de composition dilTérente. C'est la 
inoyeinie des cinq analyses qui donne, à peu de chose près, la qualité du 
lait (le la nourrice. 

La inoNeiine des globules et lilobulins du lait, sur cent cinquante-huit 
nourrices, «'si de I O-l'» 000 par millimètre cube, soit cent deux millianls 
^i\ cents millions |)ar litre. Mais entre huit cent mille et un million, le lait 
est de boniu» qualité. 



CHAPITRE XV 



oniTHALMO-L'UMi: 



m; r ir.i.i: riiKMiKU 



N . .. : - " •• iii\i ^- ■- "":'K> 



I \>p:ri'!,r.:n.»>v\>pv^ i >t i:n •>isîr;i:iioiî: J.-^tin-' à ooiistaler Tr'^tal anatnnii- 
qut^ lie 1 l'iîv iienî' do \ v :'., >v'.: ijuVii :■••. ii- :\ i.e k> ."';n1(''Î''"S d\\ eii^taiiin. 
so l v]u\':'. /..t à livW^r.M" : .:. > ^\'v;^> []->\\ •.:.'.> du eorps \[{i\\ soit eiitin (ju'on 
n\hv;;;\' >.v- u -IvT.s .:< \\ : ,y ;". .!;; i> : : ■:■['. ;•:♦ . tit \\ :»-:iiie et d^^ la eho- 
rvv.ie. Il .i lie iiî\e:/»v^ ; /.: ,\. .'v:\.\[:. d' ii- : i'/.lkij. tl se compose d'un 
r.n'A^'V vv^'.^axe n îleelt ur :i^.Tl , el- st::.:- .i t--. !.i:rr : le !'<»nd de TumI; d'un 
\ev.e -r.lv ;n\v'.i:a::e .;;;• vi !.'.«^ .-. " y .Ut :»!•;> vlo i>, ::-le tt d'une hiniit-re 
dv^:;l .V > i.i\eî;s îi :..\\; < : . .:• v.\ :.:-.:< . i .. 

i\^'.;r ev.re'u^ur 1\';^:/.:.; :;.•>. . . '. •;.;::: '. i.làt'T la pupille avec une 
>v\i:lu^n d .i':\^p::e . î >e 'v. '.: ^ .::.::> u':. ..:-:::;:^ro ..'[•> ure;:> éclairer 
l\v\l ; el » <e ;\.u\r vi %,r;: '\./ ..:- : ur i'-. \:>!ii:::- r. s. «il « l'imaire 
divilo. s^^ii a '. i:;î.ue :\ ::\ >. . :::;. < .:.: .. : : r v- .•• r^st ie meilleur. 

II \ a r." '■: ' :'<"• v ; .-. •:-. " vi; 1 -*v. •::-.>. : : ^ C un Irou au een- 
^v, ivrîa*:l oîî aii.vve •.::•. ; ; : : \:... : '..n.v: •.•;.:r .-:s preslniesou con- 



OPHTHILHOSCOPIE. 111 

cave pour les myopes. Viennent ensuite Yophthaïmoteope binoeulair« de 
Ginod-Teulon (1), qui donne à l'image plus de relief, et Vophthalmotcope 
ftxt it Liebreicb, destiné à l'enseignement et aux démonstrations cliniques. 
Tout les autres ne sont que des modifications de 
ceux que je Tiens d'indiquer. 

1* Dilater la pupille. — La dilatation de la pu- 
pille est indispensable pour que te faisceau lumi- 
aeai pénétntnt dans l'œil donne un éclairage 
snCSsant. Dans les paralysies rétiniennes cette dila- 
tation existe, et l'on n'a pas besoin de la provoquer ; 
dans les autres cas, on y supplée par l'application de 
la belladone aux tempes, aux paupières et sur le 
globe de l'œil, et mieux par l'instillation de une 
goutte de lolution d'atropine entre les paupières 
(eau, 30 grammes ; sulfate d'atropine, de O",05 à 
Op.IO). 

â* Potition de la lumière, du malade et du mide- 
(in. — On doit opérer dans une chambre noire, et 
par conséquent à la lumière d'une lampe. A la ri- 
gueur, on pourrait opérer au jour, en faisant tourner 
le dos du malade à la lumière du soleil ou du ciel ; 
mais l'opérateur recevrait de la lumière directe ou pio. 71, - Ophihiimoiea^ 
diffuse qui le générait. *'"■•' f»" "^ t»™"™- 

La tête du malade doit être immobilisée, soit par l'application du men- 
ton dans la main, soit en emboîtant l'occiput dans un appul-téte. 

Pour assurer la fixité de l'œil, on engage le malade k regarder, soit un 
point de la tète de l'opérateur, soit une petite boule métallique attachée i 
b table d'opération et dont on règle la situation. 

La figure H donnera une idée de l'ensemble] de l'opération et de la ma- 
nière de procéder à l'examen ophlhalmoscopique. Après quelques tâton- 
nements, on parvient facilement à réaliser une observation parfaite. 

L'emploi des ophthalmoscopes dits fixes ne change rien aux conditions 
d'eiamen. 

^ Projeter de la lumière dans Vœil. — Simple problème de physique 
que l'on résout en plaçant à une certaine dislance au-devant de l'œil un 
réflecteur métallique légèrement concave (16 centimètres de foyer), qui 
reçoit la lumière d'une tampe et la renvoie dans l'intérieur de l'œil. C'est à 
tnvers une ouverture centrale ou latérale de ce miroir que l'observateur 
regarde. Celui-ci peut, selon la disposition physiologique de son œil, gar- 
nir cette ouverture d'un ménisque divergent (verre biconcave approprié 
i la myopie). Tel est le miroir de Desmarres. 

4* VoirritOêrieurde l'œil. — L'éclairage par le miroir donne une lu- 
mière suffisante pour observer l'intérieur de l'œil, mais les images maa- 



nS SIOÏKNS raïSIQlTES D EXPLORATION. 

i|ii<-nt tlo iiPlIi'liV. et l'on enniloic avec succès un verre inlennédiaii'e qui 
los iviiil 1res (lislriiules. 




'is-'v 1. lli.-. T:l). — l'iie lenltlle de 5 cenlinii'- 
ii'u Ji' dislaïuv lit? la conice, dans l'aïe ilii mî- 



i*l>l.- sur 



■ WMif ,t l,\ niaiii (iiejniaiT^s, Matthieu), ou 
t'i liilli'i ,ic lir.iiiJininil», ou assujettie à une 
.•;'tiili,ilnK'*co|.H>j lises de Foiliii et Naehet, 
,■-■. M.iis i-e* ditdil? dutilite pratique sont 
■f nip-.yii'v \]iw i-etio lt'i;iille est une loupe au 



opflTHAi,Hasa»u. 179 

fojtràe bquelie il faut mettre successivement tou&las points de^laoavité 
oculaire que l'on désire explorer. 

L'iitilité de cette lentille ett facile à comprendre. Si, apnàs avoir projeté 
de Ja. Uni ère au fond de l'œii k l'aide du miroir, on regarde. par l'ouver- 
tonde oeiiii-cr, le fetadde l'œil apparaît éclairG, mais.conruGément. Si, au 
eontraire, on interpote une lentille, il se Torme ati foyer de. ceUe-ci, entre 
ta ientilie et l'œil de l'observateur, une ivia^e rielle aérienne, ua peu 
«frMdie, r«HttTsie et très neUe. C'est celle-là que l'ubseivateur r^rde 
i la ^istance de la vue distincte (5 à 45 cent.). 

La narche des rayons lumineux et la formalion de l'iaiage .sont indi- 
quées dans ia figure. 

b. Procédé par Vimage droite (Kg. 74). — Lorsqu'on veut obtenir une 
ima^e très grande, on met en usage un verre biconcave (intiaisque) placé 



Fie. 74. — Tbi>DrJe ds l'ophtlMlmoKope : image dro Is ('). 

un peu moins près de l'œil que ta lentille ; ce Verre donne tine Image vtr- 
luetlf droite, très grande, placée entre le verre et l'œil observé (figure 75). 

Quand on a acquis l'habitude de se servir de l'inslrument, il est facile de 
voir l'état normal du fond de l'œil, état qu'il faut bien connaître pour 
apprécier ses variations dans l'état pathologique. 

Intérieur de l'œil à l'état normal. — l.'eiamen de la pnrtie la plus pro- 
fonde de r«>il fait apercevoir la rétine. In pnpille du nerf optique et les 
vaisseau\ artériels et veineux qui se déploient sur le fond du ^lobe ocu- 
laire. La ligure suivante donnera une idée de cette disposition. 

La rétine occupe tout le champ de l'image; elle paraît d'un rose vif, 
clair, uniforme dans Vîmage renversée, présentant des stries rayonnées 
dans Ximage droite. On y remarque au cdté interne de la papille une tatbe 
jaune (tnacula lutea). La coloration rose du fond de l'œil est due au ré- 

ophUuliiDKapiipjOH l'imM^ ab 30 formera en df, oL lora. camma dans le ci» précédent. rimiMIée ; 
■ail il fgn inlerpn» Il lanillla kicoHiTo D, dont le lojtt prlnaipal lanksin-daihai da «'t. In 
njtM )iBtti da *b Ivisbaiit ur la («a aiirrttpiHidanla ds U lanUlle diTar(oole, el rintga ai sjl »• 

«•kiM ditUan.dd |Hlûol. tsui iau> plaeioi Iwilprti, rteilda robiarfë lift alors ofSce ielauptfmr 
"ttoit 1 rijB*flc rdliniiiiDe, cl itoiii (ajrai colla-ci drsila et (orlBineiil ipvtiia. Amei Toln prop» 
ail d'an T«rr« bkaacira, cl lOBi Torti la mène image lirluelle. droite il plui pelilo. (Vidal.) 



IKO IMÏOS flIÏSIQl'KS D'tXPLOIlATION. 

si'au vasailaire fiioioïdii-n que Ton apcrçoil à travers la réline, qui est ab- 
suliimeiit translucide, el ([ui ii"ost opaque que sur le cadavre. 

Vers le centiv du champ d'observalion , on aperçoit la papille opUqiir. 
située un peu en bas et en dedans de lasc optique de l'œil : elle se présenle 
sous la forme d'mie lâche hianohc, à peu ]U'ès circulaire ; le cenlre en est 
éelalanl el naeré, la périphérie environnée d'une couche noirâtre de i:ra- 
nules pisimenlaircs. Klle senilile sVlever sous la forme d'un boulon saillant: 
mais celte apparence résulte à'uuc illusion d'optique ; en réalité, elle osl 
plane. * 

lUi cenire de la papille sort un gmupe de vaisseaux réliniens, qui sonl 
l'épanouissenicul de ceux qui ont parcouru une partie do la longueur du 
nerf o]ilii] lie. 

Uit V iliMiii:;ne des iirli'irs et des reines. Le Ironc arlériel émerge à p.>ii 



lires du i-oiitre de l;i p:ipille et >e paila^e imniédiatomenl en d^us bran- 
ehe-i, l'iHie asiviulaiile, l'autre lieseeiuiaiile. qui, iilourluur, se bifurqueiU, 
niéniea^aiit d'.ivuir quille l,s limite* de ki papille; il résullode l'i qu'il y a 
,!.-u\ lroiie> piiiu-lpaiix supcri-ius , l deii\ iurerieurs, d'ou parlent des ra- 
ui.vuiv secondaires : l.-s rain,au\ lo.^ plus vulumiueus se diriji.Mit vers la 
partie iutorno de r,vil, l'es arleres s^'Ul tenues el d'un roUj:e clair. Les vei- 
nes, plus volumineuse*, d'uiu' couleur c.irmiiiee ou hrune, acconijagnent 

,- Kx.i.v.i (j.l -u: m ,il..l.L i .^,M.,x r- .1 ■■■1 ir, ;4il .i ii:i .r-^T Ir.'l r.T,:(. Ctllc HpU» 



CÊRÉBROSCOPIE. 181 

les artères, et, trayersani le nerf optique, Tont se jeter dans le sinus ca- 
temeux. On observe fréquemment des battements dans les veines, mais 
jamais dans les artères, à moins qu'on ne comprime le globe oculaire. 

L*emploi de Topbtbalmoscope a conduit, par hasard, à l'usage d'un 
eicellenl procédé d'observation, qui n'a absolument rien à faire avec la 
dioptrique: nous voulons parler de Véclairage latéral ou oblique, lequel est 
une simple application de la réflexion de la lumière. 

Lorsqu'on éclaire vivement la surface antérieure de l'œil avec une bou- 
gie, on peut y observer des lésions que la lumière diiïuse ne fait pas re- 
connaître. Mais si l'on concentre avec une lentille un faisceau de lumière 
sur cette partie, et que l'on examine latéralement, c'est-à-dire à l'aide des 
nyons réfléchis, on est frappé de la vivacité et de la netteté de la lumière 
et des images. 

ARTICLE II 

USAGES DK L'OPHTHALMOSCOPE EN MÉDECINE ET EN CHIRURGIE 

A l'aide de ces différents procédés d'examen, la chirurgie oculaire a pu 
réaliser de remarquables progrès. Le diagnostic des maladies chirurgicales 
des yeux a acquis une exactitude et une précision inconnues jusque-là. 
11 a été possible aux oculistes de rapporter la plupart des troubles visuels 
pour lesquels on venait les consulter à une altération du cristallin, du 
corps vitré, de la rétine ou de la choroïde, mais là ne devaient pas se bor- 
ner les conséquences de la découverte d'flelmhoitz. Certaines amauroses, 
depuis longtemps attribuées à une lésion cérébrale, trouvèrent leur expli- 
cation dans une atrophie de la papille constatée avec l'ophthalmoscope. 

C'est dans cet état de la science qu'en 1863 je songeai à rechercher si, en 
dehors des troubles visuels produits par les maladies chroniques de l'encé- 
phale, il n'y avait pas de maladies cérébro-spinales qui produiraient des 
lésions oculaires sans amener d'amaurose, et si les maladies aiguës céré- 
bro-spinales n'auraient pas pour effet de déterminer dans Tœil des lésions 
qni pussent leur servir de symptôme. Ainsi s'est formée la Cérébroscopie, 
dont je vais parler, c'est-à-dire le moyen de voir avec l'ophthalmoscope ce 
qui se passe dans le cerveau, comme avec le stéthoscope ou le plessi mètre 
on entend les bruits caractéristiques des lésions du cœur et des poumons. 
On verra plus loin si j'ai réussi. 

CHAPITRE XVI 

CÊRÉBROSCOPIE 

La oérébroscopie est la méthode qui permet de voir dans l'œil les lésions 
dont la forme et la nature indiquent des lésions analogues qui existent 
dans le cerveau et dans la moelle épinière. En d'autres termes, c'est 



182 M(»vf:ns pnYSiorES i»'kxploration. 

rexploralion du cerveau par rexauien des lésions du fond de l'œil avec 
ruplillialnioseope. 

L'ophthahnoseope, d'ahord eni])loyé par les oculistes dans le but de 
coruiaîli'e les allératioiis proloiides el locales de lu'il, est devenu, par l'ap- 
plication nouvelle (pie j'^^n ai laite, un nioNcn précieux du diairiiuslic des 
maladies céréhro-spinales. 

Di'puis loniztenips les méilccins connaissaient des aniauroses cérébrales, 
el Ton savait, au moyen dv ropiithalmoscc^pe, (pie (m^s amauroses étaient 
dues à une atrophie plus ou moins avancée de la papille. Sichel et Dt'siiiar- 
res, en Krance, avaient (Mabli c(^ ("ait, puis après eux de Cnjefe, et ses élevés, 
à [ierlin, avaient confirmé ce j)roiin'S. Ce dernier même était venu présen- 
ter à la Société de hioloiiie (juatre cas de névrite et d'atrophie de la papille 
par suite de tumeur du cerveau. Au même moment, Lancereaux (1) pu- 
bliait un iih'moire sur la deixénerescence des nerfs (►[)li(jnes dans les tu- 
meurs ceréhrales. Hes observations analoirues avaient été publiées en 
Anirletern^ par John ()::le et par II. Jackson dans repile[)sie : mais c'est loul 
ce (jui existait dans la science sur ce sujet. 

L'idée me vint alors de r<'(heicher si les maladies aiirues des méninges, 
du cerveau et de la moelle |)roduisairnt sur le nerl opticpie et sur la rétine 
un elVel analogue à celui des maladies chronupies de reneéphale. Je iw 
tardai pas à voir (pie toutes les maladies ori:ani(]Ues céréhro-spinales avaient 
un retentissement manpié sui' la circulation, sur la sécrélion et sur la nutri- 
tion de la rétine du nerf optiipie et de la chcuoïde. Ce fui d'abord dans la 
méninfiite tuberculeuse (|ue je constatai ces lésions: puis je les tiouvai dans 
l'hydroeéphale. dans riienuu'rha'iie cérébrale, dans rencé[dialile, dans la 
myélite aiime, dans la contusion du ceivr^au, et, en multiplianl les obser- 
vations, je formulai, le 10 avril I8ir2 i'2), avant tout autre médecin, la 
méthode d'exploration (pie je vais exposer sous le nom de Céf ébf oscopie. 

Après avoir pris date, en ISirJ, j)récaulio]i (jui n'était j)as inutile, je me 
remis à l'étude et, plus lard, dans mes cours de clini(|ue à Tbopital des 
Knfants, je montrai mes malades à cjui voulait les reirarder ; en 18G3, je 
communiipiai mes (d)>ervations à la Société de biolo,::ie (M), je les impri- 
mai en isr)5, j'en donnais connaissame au Coiiijvès intcrtuitional de 
Paris, en iNin (4), et je les faisais j'araîtn» entin avec liirures el allas dans 
un livre intitule : Diinjiwslic drs nmlaïUcs du système nerreux par 
rdphtlidhnoscope (Ô). 

|h I.anooriMux, .Ir. /(iî^'x (//' )Hf,l'\'ii\e. ISOiî. 
cil U.nichiit. (;■(:■''/.'*>• ./"N 'u </>^^^^^, IS'I-J, |». -J-J»» i>l liV.V 

(ili Houchut. l)u iiiaijnoshc Je la tut mii-jitt' far t'<>i'hth<iliito:>c<iii(\ tCmette cie^i hôjn- 
tdu r, mai < IS'io.i 

il Vu'^ncUul, Cofnpte ren-hi du C<'tiij}('.s iutf'niiitional ih's suences jurdicales. 1" session 
à P.uiîi, IHCtT. 

i5i Bouchul. I8r»r>. — lh,!'jniislic ih's )H'ila>iit's du siisteinr ncrreu.v }>ar Vdidithiilmoacôpe, 
I \o\. in-8", couroniH' [»;ir llit^iimi <|.» Framv on ISi)?. — Vny. nM>>i Oj'hthahnuscopie médi" 
cale. Allas nomeaii avec lîl li>;iiros cliiomuliiluvra phi «••»«;. Parii. I8T»). 



GéRÉBROSGOPUS. 188 

Dans IDB pensée, la cérébroscopie eet pour la palhologie du cerveau ce 
que Fauscoltalion et la perenasion doivent être dans les maladies des pou^ 
niom et du oœur, o'est'-àrdire le moyen de découvrir des signes physiques 
qui, en venant s'ajouter aux autres phénomènes delà maladie, donnent au 
diagnostic une précision plus grande. Laennec, Avenbrug^r et Piorry ont, 
par leurs études de percussion et d'ajuscultation, doDané aux médecins les 
naoyena de reconnattre dans le ponunon et le cœur des lésions d*un dia- 
gnostic difficile. Je veux essayer dei faire pour la cavité crânienne ce que ces 
illustres maîtres ont fait pour la cavité thoracique, et voir dans l'œil ce qui 
se pnase dans le cerveau est le but que je me suis {»oposé d'atteindre. 

L'cnl tient de si près au cerveau par sa circulation et par sa fonction 
d'organe saosoriei, que l'on comprend aisément qu'un même principe 
doive dofiHner leur pathcrfogie. Entouré par la sclérotique, qui est l'analo- 
gue de in dnre-mère cérébrale, par la choroïde, analogue à la pie-mère, et 
par la rétine, qui représente la substance nerveuse encéphalique, il est 
l'autre bout du nerf optique, dont l'extrémité intérieure tient aux tuber- 
cules qoadrijumeaux et aux pédoncules antérieurs de la moelle. Des capil- 
laires artériels lui viennent du cerveau par le nerf optique, le sang de ses 
veines rentre dans le sinus caverneux, et un obstacle cérébral peut empo- 
cher sa course de façon à le faire refluer dans les veines rétiniennes; ses 
vaisseaux capillaires' se relâchent par Taction sympathique du nerf de ce 
nom et des lésions de la moelle, de sorte qwe, direetenent, sympathique- 
iment ou jmr action mécanique, les maladies cérébro-spinales ont sur lui 
la plus grande inOuenee, 

Quelle que soit Timportanee de ces données, elle serait nulle si Texpé- 
rience el de nombreuses observations ne v^Mtient donner à mon idée la 
consécration nécessaire. 

Depuis vingt ans que je poursuis ma découverte, j'ai observé n<Hi 
seulement sor les enfants de mon service de l'hôpital des Enfants 
malades, mais encore chez les vieillards, et je suis allé passer deux mois à 
l'hospice de Bicêtre, dans cette intention. De plus, j'ai fait de nom* 
beuses expériences sur les ohiens et sur les lapins, sur lesquels j'ai pro- 
dnît-des méningites et des encéphalites. De la sorte, j'ai rassemblé près de 
douze cents observations écrites de méningite, hémorrbagie cérébrale ré- 
œnte ou ancienne, encéphalite, ramollissement cérébral aigu et chronique, 
phlébite des sinus de la dure-mère, hémorrbagie méningée, hydrocéphalie 
chronique, rachitisme avec tête émulant l'hydrocéphalie, tumeurs du cer- 
veau, contusion du cerveau, paralysie générale, microoéphalie^ myélite 
chronique, atoxie locomotrice, paralysie diphtbéritique, paralysie typhoïde, 
tétanos, épilepsie, édaropaio, diéllre typhoïde, délire d'érysipèlo de la tète, 
iblie, encéphalite albuminurique, paralysie des muscles de l'œil, contrac- 
ture dite essefUielle, méningo-encéphalite des chiens et lapins, qui pour la 
plopart ont été imprimées (1 ). De ces observations, le plus grand nombre 

(1) Bouehnt, Du diagjiottic des maladieê da système nerveux par Vùphthaimdscapie. 
Pirii, 1865, 1 Tol. avec figures et atlas chromolithographie, OpMhalinùscapie médicale. 



484 MOYENS PHYSIQUES D'EXPLORATION. 

a élé suivi d'aulopsie ; et j'ai conslaté ou fait constater et analyser toutes 
les altérations de la rétine et du nerf optique, soit par Ordonez, soit par 
Cornil, par Cheron et un grand nombre d'histologistes. De cette manière, 
les faits acquièrent une importance considérable, et, pour les hommes de 
science, ils offrent ces garanties d'exactitude qui sont le gage du progrès. 

Dans ces observations, je n'ai pas constaté qu'il y eût toujours, chez tous 
les malades, une altération du nerf optique, de la rétine ou de la choroïde, 
en même temps que laffection cérébro-spinale indiquée dans le tableau 
qui précède. Ces altérations n'ont été observées que sur les trois quarts des 
sujets, et j'ajouterai que cette proportion ne doit pas être considérée 
comme invariable, car elle pourra être modifiée par le nombre des faits 
observés. Je ne doute pas que, en augmentant encore le nombre des ob- 
servations, on ne puisse trouver une différence en plus ou en moins dans 
le nombre des exceptions, ce qui changerait un peu la moyenne que je 
viens d'établir. 

Je ne crois pas, cependant, comme on Ta dit par erreur, que ces lésions 
soient le résultat des maladies organiques de la base du cerveau plutcM 
que de celles de la convexité, et ce (|u'un oculiste fort peu médecin a dit de 
rinliltration séreuse de la papille u n'existant jamais que dans les cas d^^ 
méningite basitaire », est contraire à l'observation. En effet, sur les 1G8 cas 
de méningite que j'ai observés à l'hôpital des Enfants malades ou en ville, et 
lorsqu'il m'a été permis de liiire l'autopsie, j'ai constaté que, chez beaucoup 
d'enlants, il n'y avait aucune suppuration de la base du cerveau, et qu'au 
contraire, la lésion était tout entière à la convexité de l'organe. — Au reste, 
quand j'aurai expliqué les lois qui président à la formation de la névro- 
rétinite tuberculeuse, on comprendra bien pourquoi le siège de la ménin- 
gite ne modilie pas sensiblement le mode et la fréquence des altérations 
de la rétine (I ). 

A part ces restrictions sur la iVequence relative des lésions de la papille 
ou de la ivline, on peut dire que dans les maladies organiques du sys- 
lènio nerveux cérébro-spinal, il se produit, dans presque tous les cas, une 
lésion intra-oculaire plus ou moins bien caractérisée, souvent une névrite 
ou une nt'vro-rt'linile, et que la découverte de ces lésions peut donner 
une précision [)lus grande au diagnostic. 

Ouolirs sont ces lésions? Ont-elles «juelque chose de particulier dans 
chacune des maladies oriraniiiues du svstènie nerveux? 

Ouelle en est la physiologie palhologiijue, ou, si l'on veut, quel en est 
le mécanisme de production et la loi ? C/rst ce que je vais essayer de dire. 

Les lésions de la choroïde, de la rétine et du nerf optique, produites par 
les maladios cérébro-spinales, sont un peu dilTérentes dans les maladies 



Pans, ISTO. — Tous l.^< .ins ow ]^\\\' •■ K> I'* j.r.nitT, -Ij'i? Pj •i< yfiedical, une Revue cére ■ 
frrosco;>i\,'Uf" de l.\ plup.irl vies (x,*.< .io l'itiMc.» [>rece>lfMile. 

(1» Voy. Iknuiml. C'.''iflte ;?.:./:..:"-. IS''>. Mn^n-cinq olsorvalion> do méningite éUidit-es 
i roj>hllKihuosv.ei>e 



CÉRÉBROSCOPIE. 185 

MÀgaès el dans les maladies chroniques des méninges, dans les maladies 
de la moelle el du cerveau. 

Dans les maladies récentes et dans les maladies aiguës de l'appareil ce- 
rébro-spinaly il se forme, au fond de l'œil, des lésions plus ou moins nom- 
breuses, quelquefois uniques, beaucoup plus souvent multiples, et combi- 
nées les unes avec les autres. — Elles peuvent exister dans les deux yeux 
ou n'en occuper qu'un seul, et alors on les trouve habituellement dans Tœil 
qui correspond à l'hémisphère cérébral qui est le plus gravement affecté. 
Plus l'inflammation est intense, plus la lésion est étendue et rapprochée 
des sinus, dont elle interrompt la circulation, ou de la base du cerveau, 
qu elle comprime violemment, et plus les lésions du fond de l'œil sont 
caractérisées. Ce sont : 

^• L'oedème on infiltration séreuse de la papille sur la totalité ou sur 
one partie de cet organe ; 

8* L*hyperhémie totale ou partielle de la papille ; 

3* La dilatation exagérée des veines de la rétine ; 

4* La thrombose et la stase sanguine des veines rétiniennes ; 

5* Les flexuosités des veines ; 

G* Les hémorrhagies de la rétine ; 

7* Les anévrysmes des veines rétiniennes ; 

8* Les exsudais rétiniens péripapillaires de la névro-rétinite. 

Dans les maladies chroniques, il y a, en outre des lésions que je viens 
dHndiquer, des altérations de nutrition qui ne peuvent se produire qu'avec 
le temps. Ce sont : 

1* Les vésicules closes de la rétine, ce qui est rare ; 

t L'infiltration granuleuse ou piqueté blanc de la rétine ; 

3* Les granulations tuberculeuses et graisseuses de la rétine ; 

4* Les plaques blanches de la rétine ; 

5* Les tubercules de la choroïde ; 

G* L*atrophie pigmentaire et pointillée de la choroïde ; 

V L'atrophie de la papille. 

Peut-être trouvera-t-on encore, dans les membranes de l'œil, d'autres 
lésions en rapport avec les maladies cérébro-spinales, car on est loin 
d*avoir épuisé tout ce qui est relatif à ce sujet; mais l'énumération que je 
Tiens de faire représente complètement ce qui a été observé jusqu'à ce 
jour. 

Voici, d'ailleurs, le descriptif de ces lésions, dont on pourra apprécier 
l'aspect en jetant les yeux sur les dessins coloriés de mon atlas (1). 

1* Congestion populaire. — La congestion sanguine générale ou par- 
tielle de la papille est caractérisée par une teinte rosée formant une colo- 
ration rougeàtre diffuse, occupant toute la surface ou une partie de la 
droonférence de cet organe qui se trouve un peu voilé. Souvent de petits 
vaisseaux capillaires anormaux se montrent à sa surface, et chez quelques 

(t) Boachnt, AilM iTapthalmotcopie médicale et de cérébroscopie. Parii, 1876. 



iSO MOYENS PHYSIOIKS d'KXPLORATION. 

malades il s*y trouve un p:rand nombre de capillaires rayonnes «issez 
volumineux qu'on n'y voit pas d'habitude. 

(i'esl un étal qu'il est parfois diHieile de bien apprécier, tant les dill.- 
rences de la vascuiarité pa])illaire sont nombreuses, cl on ne le peut bien 
coimaître (jue si l'on a fait une trrande élude de l'élal normal. Toutefois, 
(juand riiyperliémie est très considérable, et lorsqu*il existe en ménielemp? 
(|uel(|ues troubles nerveux fonctionnels, cé]>halée^ anesthésJCj surdiU\ 
enficuu'dissemenls, diminution du mouvement, il n'y a pas lieu d'hésiter, 
et l'on peut y reconnaître rindice d'une congestion cérébrale simple on 
occasionnée |)ar une lésion prave des méninges, du cerveau ou de la 
moelle. 

"2" (Edhite papiUdirc. — L'a'iiéme de la pa|)ille se rapproche beaucoup 
d(* la C(Hii:esli(Ui papillaire par l'aspect voilé, général ou partiel, {pftllé 
coinnMini(|uc a la j)apillc: mais, au lieu d'être rougeàtre, rinfiltration (sl 
paie, plul(U séreuse que sanguine. 

(Vest une lésion egalcnuMit difiicile à apprécier à son début, et au suj»-! 
de la(|uelleon peut s(* Inunper (juand on se sert mal de rophlhalmn>r(i|)H, 
et qu'on ne sait j)as nu'ttre l'image au foyer de rinslrument. Ccpondanl, 
(juand on s'y est rej)ris à plusieurs fois, et qu'en éloignant plus ou moins 
la lentilh^ de façon à avoir des images diiïerentes de la papille, on r<'trou\e 
toujours la même a])pareiuv dans le même point, il y a tout lieu do croiiv 
à l'existence d'une inlillralion séreuse. Si la lésion existe encore les juurs 
suivants, toute incertitude diut cesser. 

li'o'deme de la papille s'observe dans la méningite (fig. 70), dans cer- 
tains cas d'htMnoirhagie certd)rale, dans la contusion et la compression du 
cerveau, dans les abcès du ('er\eau, dans l'hydrocéphalie chronique, dans 
les tumeurs de rencé[)haK-, dans la myélite aiguë. 

W' DUatatioiK flr.riiositr rt rdiirrs (lr< rrifws rrfinirnnes. — Dès que le 
sanir veineux de \\v\\ cv>>i' d'entrer librement ou de circuler dans le sinus 
caverneux, et iju'il y a stase dans It^s sinus longitudinaux ou les veines 
nieuinutvs, il dilate les veint^s ivtiniennes, et les rend flexueuses ou 
varii|ueuses si le barragt» est eonsiderabIt\ et cela peut amener leur rupture 
en donnant litni à des heniorrha^'ies ivtiniennes. 

(It^s lésions sont souvent r»'iinies. et leur présence indique une gêne de 
la cii'culalion cen^braK* piodnisant une gêne semblable dans la circulation 
de I'omI. - Klles s'ob>rrvenl à la fois dans (|ue!ques maladies du cerveau et 
dans ctM'laines maladit^s du cœur. — Cependant, lorsqu'il s'agit d'un enfant 
qui a des s\mptônu\> douteux de méningite, ces signes ont toute leur va- 
leur, et lis s'ajoutent aux autres pour rendre le diagnostic plus prompt et 
plus certain. On les rencontre dans toutes les affections des méninges, 
dans les compivssions du cerveau, dans rhydrvvephalie, etc. 

l' Sfc7>Y>" (7 th'oviiost'i: '• f'?/ If ;//?',<. — 0" il y ait phlegmasie des veines 
retunennes lui seulement obstacle mtvanique à la circulalion veineuse et 
coagulation tvnsecutive. il n'en est pas moins certain que, dans certaines 



CtRËBHOSCOPIG. 187 

maladies cérébro-spinales, et notamment dans la méningite, l'hémoprba- 
pe oértbrsie el l'encéphalite, les veines de la rétine offrent des stases 
Mognnes évidentes ou des caillots que découvre l'aulopsie. 

U présence de celte lésion s'explique par le fait d'une maladie cérébrale 
ou méningée feisant obstacle à la rentrée du sang veineux de l'œil dans 
les sioui de ladure-mére. Ici les veines centrales de la rétine sont disten- 
dus pu- du san^ noirâtre qui ne bouge pas, et forme, en dehors de la 
papille, une dilatation plus ou moins accusée. — On dirait que le gonfle- 
ment œdëmaleux du nerf optique fait obstacle à la circulation, car le vais- 



san, Doir et dilaté au niveau de la choroïde, devient p&le et plus étroit 
d'-s qu'il arrive sur ta papille; mais, je me hftte de le dire, ce n'est 
peul-étre qu'une illusion d'optique due au passage de la veine sur la 
papille œdématiée, ou, comme le croient plusieurs oculistes, sur la papille 
plus pâle que le fond de l'œil tapissé de sa couche pigmentaire. 

Toole/ois, si cette apparence n'est pas toujours l'effet d'une stase vet- 
Deuie, il n'en est plus de même de cet autre aspect de la veine rétinienne, 
lorsqu'on y voit la colonne sanguine interrompue dans l'intérieur du vais- 
seau. Celte apparence, dont j'ai reproduit le type par mes dessins, répond 
i de véritables thi'omboses démontrées par l'autopsie. — En 1862, 
Cb. Robin el Ordoilea ont constaté le fait que je signale, et leurs noies 
écrites ont été publiées dans mes observations. 

5> BéMorrhagiet de la rétine et anévrytme» faux primitifs des reines 



it A, A, wUcvMBlMla dclBrillo*. 



488 M(>YKNS PHYSIQUES d'explokation. 

rt'linicnnes. — Los litMiiorrliagies du fond de l'œil dans la rétine sont la 
plus Iiaulr expression de l'obslacle à la circulation oculo -cérébrale, il 
c'est à ce titn^ qu'elles se rencontrent dans la méningite (18 fois sur IG8 ma- 
lades) ; dans riiémorrhagie cérébrale (4 fois sur 3:2 malades) ; dans rencé- 
plialile simple (I fois sur 80 malades) ; et peut-être dans rencéphalopalhie 
diabétiques ou albuminurique. Toutefois, dans ces deux derniers cas, la 
friabilité des capillaires due à l'altération granuleuse de leurs parois rend 
peut-être mieux compte de la production des hémorrhagies rétiniennes 
(prun obstacle à la circulation oculaire, dont l'existence reste à démontrer. 

(les bémorrliagies se présentent sous forme de tacbes rouges, miliaires, 
arrondirs, ou de tacbes iiTégulières placées sur la rétine ou le long do 
veines. Ouand ces liémorrhagies sont linéaires et situées le long d'un\ais- 
sean ou à sa bifurcation, elles résultent, comme l'a établi Ch. Ilobin en 1802, 
sur une pièce que je lui ai montrée, d'un anêvrysme faux primitif, dans 
le(iuel le sang veineux, disséquant la tunique externe du vaisseau, se 
trouve renfermé au-dessous d'elle dans le sens de sa longueur. — C'est la 
une lésion rare qui n'a encore janiais été signalée, et dont on retrouvera 
sans doute plus d'un exemple quand on voudra, au microscope, étudier 
I'omI (les sujets morts de njaladies cérébro-spinales. 

lue lois produites, ces bémorrbagies s'étendent quelquefois ou restent 
stalionnaires ; mais si la maladie se prolonge, elles peuvent se résorber. 
AiM>i, j'ai vu une lille de quatorze ans, ayant une encépbalite du oHe 
gauebe de la protubérance, caractérisée par une bémiplégie alterne droite, 
par la panilNsiede la sixième paire à gauebe, parla paralysie de la bran<hr' 
opblbalnii(|ue de la ciiKjuieme à gauebe, par une bydropbthalraie à gau- 
ebe, et ehe/ laquelle e\i>lait une assez large bemorrbagie irrégulière delà 
rétine. (Jii'nze jours après, celte bemoirbagie avait disparu, et se trou- 
vait rein[>lac(V par une petite bi'morrbagie linéaire située le long d'une 
\eiiie voi>iue. 

0»u'l.]ues médecins pensent que ces bémorrbagies sont, par suite de la 
resiM[>liou de leur matière colorante, l'origine des granulations blanchàtre> 
de la ri'line ('.'est po>sihle, mais cola n'est pas démontré, et ces granula- 
lion> bLuu'Iiàlres leliniennes peuvent se manilesler d'emblée sans hémor- 
rlumii' préalable. 

(»' iii\iii:i!jtioti< et /'//;7f-s rijnJu:i 'jratiuh'us''< ou graisse uset de li 
i\'tifi(\ Pes ::ranulalio:is miliaires blanoliàtres 1res lines, des granulation> 
[»lus \olumineuses el do> p'.a juos hlaïuhos assez lariies s'observent dans la 
it'line et sur la ehoi\»i ie de certains siijfts atteints de maladies cérébro- 
spiu.\los. Pans eerlaiiîs cas nu-ine. r.uU ricur do Va.l ressemble à ce qu^* 
Uesni.irres et l.ielnvieh ont tigurt' s*. c.> le iioin dt^ rttiuite aUmminuriquc, 
el eepeuviaiil ces malades n'ont pas d"aU>mninurie. 

Ouv>i viuil en soit, en dolu-rs do 'a r.of^hriio all'umineuse, on rencontre, 
dans l\vil de quolv]uos siîots a::-, nis do n.iîiingile aiguë ou cbronique 
^7 fois sur Sô ma!ado> . «.•;; ùe v^juolquos ii.d'.Nidus alloinls d'encéphalite 
chrvuiique v- t"v>is sur ^i cas . dos g-.MUuiaîioiis el des piajues blanches do 



CËRËBROSCOPIE. 189 

Il rétine, que j'ai étudiées au microscope, et dont la nature a été établie 
par Ch. Robin et par Ordoilez sur les pièces recueillies chez des malades 
de moQ serrice. Toutes les fois que l'analyse a pu en être faîte, ces obser- 
Titeurs ont constaté qu'elles étaient formées de granulations moléculaires 
eilrémemenl nombreuses, de noyaux (ibro-plastîques et de graisse. Pour 
OnloOei, elles sont plus souvent la conséquence d'une régression des 
éléments normaux de la rétine que le résultat d'une exsudation patholo- 



ïiqne. — C'est une altération profonde de la nutrition de ta rétine à la 
mite de la congestion ou des hémorrhagies railîaires dont elle a pu filre le 
siège «ous l'influence de la lésion cérébrale. 

7' Tubarcules de la choroïde. — Celte lésion est rare, et je ne l'ai obser- 
•te pendant la vie que 16 fois sur 168 enfants affectés de méningite 
taberculeuse. Dans deux de ces cas, la lésion n'avait pas été aperçue pen- 
dul It rie avec l'opbthalmoscope, et ce n'est qu'à l'aulopsie et après avoir 
uiIcTé la rétine, que je vis sur la choroïde une granulation saillante, dure, 
jaune verdàtre, dans laquelle le microscope révéla la présence de corpus- 
nileï granuleux de volume variable, entourés de granulations moléculaires 
■4 de gouttelettes de graisse. 

fi* TinaUe clo$e de la rétine. — C'est une lésion de l'œil très rare dans 
les maladies cérébrales, el que je n'ai observée qu'une fois. C'était dans un 
tu de méningite. J'avais cru découvrir une hémorrbagie rétinienne avec 

n P, |^llicoiarUtaiHiilraiUapiirl1iiUtnliM«4niiM;PL, pl>iiiici1iit*ainatniinla».(nUKvm 



190 MOYENS pnYsiQi'ES d'exploration. 

rophlhalmoscope. L'enfant succomba, et, à l'autopsie, Ordoâez ne trouva 
pas trace d'hémorrhagie ; mais, au lieu indiqué, il vit quelque chose 
d'anormal, dont il fit une préparation que je conserve avec soin. C/elait 
une vésicule close comme celle que l'on rencontre ailleurs sur certaines 
parties du corps, et cependant on sait qu'il n'en existe pas à l'état normal 
daus la rétine. 

Est-ce là une lésion pathologique, ou plutôt une disposition naturelle, 
mais anormale, c'est ce que je ne saurais dire; mais qu'il me suffise de 
faire cette réserve, aiin de ne pas donner à ce cas plus d'impo4tance qu'il 
ne le mérite. 

0^' Atrophie pigmeniaire et pointillèe choroïdienne. — Chez certains 
sujets afl'ectés de méningite tuberculeuse aiguë ou chronique , ou ayant 
d'autres lésions de l'encéphale et de la moelle, chez les scrofuleux cachec- 
tiques, le fond de l'œil est pâle, parsemé d'une immense quantité de gra- 
nulations miliaires grisâtres minces, qui semblent occuper la rétine. C'est 
une illusion, car l'autopsie a montré, par le microscope, que la rétine ne 
renfermait aucune des granulations que j'avais cru y voir. Dans ce cas, 
était une atrophie choioidiemir /yo//^r/7/re caractérisée par la disparition 
de la plus grande quantité de la couche pigmentaire, ce qui laissait aper- 
cevoir, sous la rétine, le tissu fibieux de la choroïde à travers le ré^eau 
choroïiiien, sous forme de points blancliàlres mal déterminés semblables 
à du sabK* blanc dissémine. 

1(^^ Atrophie de la papille. — L'atrophie de la papille du nerf optique- 
n'est pas le fait des maladies aiguës du cerveau ou de la moelle ; mais dans 
la méningite chronique, dans les anciennes encéphalites, dans l'hydrocé- 
phalie congénitale, dans la sclérose cérébrale avec atrophie des circon- 
volutions, dans ct'itaiiies tumeurs du cerveau, dans la m\ élite chronique 
et l'ataxie lo('oniotiiet\ c'est une le>ion assez ordinaire. Quand elle exi>te 
eu même tenij>s (ju'une malaiie aigut\ (Ui peut être sur qu'elle existait 
antt'rieuremeiit à l'invasion de la phleguiasie cérébro-spinale. 

l/alroplue papillaire ci^uinieneante e>t difhcile à distinguer; n]âis, à un 
certain dcizre dV\olulion. elle est aisément reconnaissable. Tantôt com- 
plète et t>eeupant les deux yeux, elle est iiuelquefois bornée à une moitié 
delà |>iipille,el paraît plus prononetv dans un œd que dans Fautre. Chez 
(|uel.|ues malades, elle s'accompagne d'une zone d'infiltration blanchâtre, 
granuleuse, péripap.llaire, et de plaques blanches de la rétine. Elle est 
caracttuivce par une deeolorati»ui presque complète de la papille, qui pa- 
rait plate, blanche. cra\euse ou grise, sans aucun de ces petits vaisseaux 
intrinsèques qui lui donnent >a teinte rost*e habituelle. L'artère el les vei- 
nes cenlniles de la rétine sont un ptu diminuées, et à Tautopsie le nerf 
optique et le chiasnui sont amiuiis et atrophies. Sous le microscope, les 
tubes nerveux paraissent minces, granuleux ou intiltrés de graisse, et 
scpaivs par une plus grande quantité de liséu conjonetif. 

Phi/siolotjie pathoio)* jue J'\< h^ion^ ./•; U'^! f opti'^ue, de la réhne et de 
la choroïde produtt-:s p.ir h\< nLiiaiiC^ i-rtho-spiuales. — Les lésions 



CÉBÉBReSCOPfS. 491 

opIiqMs «et féiiaieBnes i^i aocompagAont îles -maladies eérébioiepinalas 
neioiittpasilie^joifi&asseE profondes peur étte visynlesaur le£aMl«v^e.-î- 
y en a iquî diepenisseai au uKoneai Û& la mori, ce sont eelles.das mala- 
dies aignês ; et de même qu'on voit TexanthèBie de la rougeole: et i'iiypev* 
bénie de l'éryaipèfe s'étmidve parla m^t^ les cengestions.delajeliemfde 
oa de la pafMUe, les dislmsions veiaeuaes rétiniennesy i'oedta» ouiiniilra- 
lion serrât ipapiUatre À'aflatbUssait ou disparaissent. ai^ec la «vie. — J'ai 
méflie, d'apnès le Cait.de ladéplétion subite des capillaires de la choroïde 
et de la lélîiie àee^momenl, découvert un excellent «signe immédiat de 
mort. C'est la iécohraîion du fond de fœil qui devient grisâtre oo^ipe la 
fspiile qai disparaît ea même temps que dans les «veines il se fait deinom* 
iràstt întermiptioDsde laealonne sanguine. 

Ainsi, de tous les syoïptûmes de la méningite (6g. 76 et .77) constatés 
dans l'œil avec Tûpfaibaknosoope, ceux qui résultent;de l'hyperkémie tt de 
fœdèsie disparaiasait sur le cadavre. — De plus^parmi les autres, }l en est 
qve l'on voit bien pendant la vie, parce que rophthalmosoope les. grossit 
(les kémorrhagies rétiniennes peimilléee), ou les Tait apercevoir sur le fond 
rouge choroîdien (granulations graisseuses, miliairesy blanchâtres), et, 
<|irès la mort, onneiles voit pas à l'œil nu. — Il faut se servir du micro- 
scope pour les découvrir. C'est ainsi que Cb. RoUn a pii voir l'anévrysme 
des ?eines rétiniennes, et que j'ai fait connaître la structure de ces gnanu- 
latioDS rétiniennes invisibles à Vml nu, et dont l'ophibalmoscope m'avait 
léféié l'existence. — Il n'y a que les grosses granulations rétiniennes, les 
mbereuies de la cbarolde, les plaques graisseuses blanches de la rétine, 
les fortes hémorrbagies de cette membrane et l'atropbie papiilaire qu'on 
paisse retrouvera l'oeil nusur le cadavre. — Ainsi, j'ai montré, en 1865 (i), 
one bémorrba§ie Miorme de la rétine occasionnée par la méningite, et je 
conserve une hémorrbagie rétinienne trouvée dans l'œil d'un bomme mort 
d'hémoniiagie cérébrale. — Hors de ces grosses altérations, les autres sont 
pett appréciables ou ne peuvent être étudiées qu'avec le microscope, et 
c'est particulièremeat dans les maladies càrébro-spioales chroniques 
qa'dl^ peuvent être observées. 

On pourrait se dispensa de^ rechercher la nature des lésions que le nerf 
optique, la réUne et Ja choroïde présentent dans* le cours de certaines ma- 
bdiesdo système, nenreux, mais il faudrait se borner alors à la constata- 
tion des lésions d'hyperhémie, d'œdème, d'exsudation .granuleuse ou 
{nissease, d^héraorrhagie et d'atrophie papiilaire ou rétinienne. Si ce 
imoidé est atile au début des recherches, alors que tout est à découvrir, 
et que Tobservalion doit se hire sans idée pféeonçue et sans théorie pné- 
mataeée, il n'en* est f lus de même lorsque, mise en possession d'un nom- 
bre de laits oonsidéiable, la science cherche à en établir la classification.^ — 
ioaqu'ici je VM suis borné à constater les lésions de circulation, de sécrétion 
et de nutrition produites dans Je fond de l'œil sous l'influence des mala- 



0) BMclwt, €ompU$r€ndu9 de ta Société de biologie, 1865, p. 31. 



192 MOYENS PHYSIQUES d'EXPLORATION. 

dies cérébro-spinales, mais aujourd'hui il serait fâcheux de ne pas chercher 
à se rendre compte de la nature des phénomènes observés pour en donner 
la théorie, en écartant toute hypothèse qui serait démentie pai* Tobsena- 
tion exacte et rigoureuse des fails. 

Si l'on compare les lésions intra-oculaires des maladies cérébrales aii\ 
phénomènes locaux de Tinflammation, on voit qu'il existe entre les um< 
et les autres une grande analogie. En eiïet, dans le fond de Tœil, il se fait 
une h\ perhémie du nerf optique ou de la rétine accompagnée darderai' 
partiel ou d'héraorrhagies. Bientôt se forme une exsudation rétinienne 
péripapillaire, puis des granulations ou des plaques graisseuses de la ré- 
tine duos à la régression des éléments pathologiques de la rétine, et entiii 
des tubercules de la choroïde. Puis, dans le nerf élrani^lé de Tanneau, il va 
infiltration de sérosité, et si la maladie se prolonge, apparition des éléments 
conjonctifs. — Plus lard arrive Palrophie choroïdienne et l'atrophie ou sclé- 
rose papillaire comme dernier terme du processus morbide. C'est un para- 
phimosis de la papille, et qui oserait dire que dans le paraphimosis il n\ a 
pas inflammation du prépuce. —Ce sont là des preuves évidentes d'iiitlam 
mation, et tant (]ue ce mol aura cours dans la science, il ne pourra être 
mieux applicjué qu'à ces lé>ioiis. Que ces lésions de la papille et de la ré- 
tine soient la conséiiuence mécanique d'un barrage circulatoire cénbral 
ou d'un processus actif descendant du cerveau dans les membranes de 
l'œil par le nerf optique, peu importe à la théorie. — Dans l'un comme 
dans l'aulre cas, bien que la cause soit un peu différente, rintlammaliun 
peut se produire, et il n'est pas déraisonnable d'appeler névrite optique, 
nérro rrtini((\ et (|u<'l(jut'fois choroi'lite les lésions que je viens d'indi- 
quer. Pour moi. ce sont des conséquences d'inflammation. 

Il ne faudrait pas croire que les lisions de l'œil observées concurrem- 
ment avec les maladies du cerveau aient (jut'lque chose de pathognomo- 
nique par elles-mêmes, et (juà la >imple insj)eclion de la papille on pût 
dirt% chez un malade: ititn'H'jîtt\ ou chez un autre: hémorrhaf/ie ccré- 
///•(//'. — Il nen t-st pas ain^i. — Non seulement la névro-rétinite, à ses 
dilL'ioiils de^rt's, s'c)bserve dans teuilrs les maladies cérébro-spinales, mais 
elle s'observe aus>i d'une façon primitive comme maladie locale n'allant 
pas au delà de Poil, et connue maladie diathésique, dans certains cas de 
diahèle, de syphilis ou d'albuminurie, faits indiqués par Desmarres, Si- 
chel, Lit^hrricli, eto. 

CeptMidanl, malgré ces restrictions, les j»hénomènes que je viens de 
décrire ont encore une grande im()orlance semiotique. — En effet, quand 
ils e\i^ll'nt en même temps que des Iriuibles du mouvement ou de la sen- 
sibilité, ils revêlent l'existence d'une lésion cérébro-spinale, ce qui est 
quelque chose pour le diagnostic ; car, dans beaucoup de cas, on peut 
ainsi arracher au groupe des maladies essentielles des maladies ayant p<mr 
cause une lésion organique. De plus, comme ces modifications de l'inté- 
rieur de l'œil viennent s'ajouter ici à des vomissements, de la constipation 
et des irrégularités du pouls chez un enfant ; ailleurs, aune somnolence 



CÉRÉBROSCOPIE. 193 

produite par une chute sur la tête ; plus loin à une hémiplégie subite chez 
un adulte ; chez d'autres, à des convulsions épileptirormes ; ailleurs, à une 
paralysie lente et progressive ; chez d'autres, à une augmentation anor- 
male du volume de la télé, etc., il devient évident qu'eu associant Texis- 
tence de ces lésions aux autres symptômes de la maladie, le diagnostic 
devient plus précis, et l'on arrive facilement à se prononcer sur la nature 
du mal. 

Il en est de ces symptômes comme de tous ceux que Ton connaît, et qui 
ne deviennent des signes que par leur association avec les autres phéno- 
mènes produits par l'état morbide. Est-ce que le gargouillement entendu 
dans les poumons a une signification indépendante, absolue, en dehors 
des autres phénomènes d'auscultation, de percussion, d'expectoration 
observés chez le malade ? Est-il un médecin qui ose se prononcer sur la 
valeur sémiotique du râle crépitant, sans tenir compte de l'état fébrile, du 
point de côté, de l'expectoration et de la marche des accidents morbides? 
J'en dirai autant de Thémoptysie, de l'hématémèse, de la diarrhée, du gar- 
gouillement iliaque, des épistaxis, des souffles cardiaques et de tous les 
phénomènes fournis par l'observation des maladies les plus différentes.^ 
Il n'y a pas de symptômes pathognomoniques. Tous ont besoin d'être 
groupés d'une façon particulière pour avoir leur véritable signification, et 
c'est de leur association que ressort le diagnostic dilTérentiel. 

Il en est de même des signes fournis par les modifications de l'intérieur 
de Tœil produites par les maladies cérébrales. Aucun d'eux n'a de valeur 
sémiotique absolue. L'infiltration séreuse ou sanguine de la papille, les 
thromboses et les flexuosités rétiniennes, les hémorrhagies, les granula- 
tions et les plaques graisseuses de la rétine, l'atrophie de la choroïde et de 
la papille n'appartiennent pas plus à une maladie du cerveau qu'à une au- 
tre. — Elles n'ont d'importance que par les symptômes qui les accompa- 
gnent, et c'est ainsi qu'elles peuvent être utiles au diagnostic de la ménin- 
gite, de l'hémorrhagie cérébrale, de l'hydrocéphalie, des tumeurs du 
cerveau, de la myélite, de l'ataxie, etc. Quand un enfant présente des phé- 
nomènes douteux de méningite, et qu'il offre un commencement de 
névro-rétiuite, il n'y a plus de doute à avoir sur l'existence de la phlegma- 
sie méningée. Il en est de même dans l'hémorrhagie cérébrale, dans les 
tumeurs du cerveau, dans l'encéphalite, dans les maladies aiguës ou chro- 
niques de la moelle. Dans bien des cas, on peut hésiter pour établir le 
diagnostic ; mais s'il existe une des lésions intra-oculaires précédemment 
indiquées, le diagnostic prend aussitôt une certitude absolue. — C'est là un 
résultat précieux pour la pathologie. 

Maintenant, quel est le mode de production des lésions intra-oculaires 
dans les maladies cérébrales, ou physiologie pathologique, ou, si l'on veut, 
quelle en est la loi ? 

Quand on réfléchit avec attention sur ce qui se passe dans l'œil des indi- 
vidus chez lesquels il y a une maladie des méninges, de la moelle et du 
cerveau, on comprend, par suite du rapport anatomo-physiologique de ces 

B. — DlAfi!(OSTIC. 13 



10 t MOYKNS IMIVSIOUI-S d'eXPLOUATION. 

ôriiaiies, ooiuniont riiil(\i;rilé do l'un |)eul être romproniiso. par la maladii' 
de Tauliv. De plus, riiilérieur de l'ieil est la seule partie du corps ou iVn 
j)uisse voir dirrclcMient, |)res(jue à nu, la cireulatioii artérielle ou vciiuMM- 
avee leurs capillaires. Là, au moyeu de roj)hllialinoscope, se voient h'> al- 
tères et les vcMues de la r«'liiie, les capillaires choroïdiens, plus <>u niuiiis 
ap|)arents selon l'épaisseur (h» la couche pii^mentaire, forniaut un res«:ui 
roufî;eatre à mailles étroites, analoi^ue au réseau verdàtre des feuilles d'ai- 
hres ol»s( rvées |)ar Iransparence. — Toule celte circulation capillain^ nidi- 
(jue la vie, car elle (lisj)araîl au moment de la mort eu donnant au Ion I (!.• 
To'il une couleur i:ris de plomb, et ses modilications sont le signe diiii 
«Hat |)atholoi;i(|ue local ou c<'îrel)ral et cardia(iU(\ 

Par cela njèmcî 'jue toul le saiii; veineux du réseau vasculaiie retini» n 
revient au co'ur [)ar le crâne, en pasNant par l<! sinus caverneux <»l pai' !«'> 
sinus de la dure-mere, tout obstacle à la circulation de ces sinus, tout bar- 
raiic au cours du san^ cérébral relient le sanir veineux dans TomI. Il e:i 
résulte le «iontlement des veines rétiniennes, la couirestion papillaitc 
ro'dème rétinien, les stases sanguines veineuses, riiémorrbaiiie de la ré- 
tine, e!, à la lonirue, difiei entes lésions de milrition (|ui aboutissent : soit ,i 
la lormation de tisbU (tonjonctil étouHant les tubes nerveux et produi>aijl 
ratroj)hie scléreuse de la |)apille, soit à la formation des tubercule> 
cboroïdiens. Toutes ces basions s'observent dans certaines congestions céré- 
brales, dans rbydrocéj)balie aiguë, dans la méninuite tuberculeuse, dans 
la païah^ie genérab^ progressive, dans rence|)lialile chronique, dans Ie> 
abcès du cerveau, les hémorrbagies cérébrales «UenducîS, etc. 

S(Kis ce i'a|)i)ort, et en vertu de ce fait (pje les sinus sont le chemin (!♦• 
r(no\n' du sang veineux de TomI au co'ur, si une maladie du cerveau lait 
obstacle au passai.e de ce sang, il y aura en avant de cet obstacle, dans !es 
capillaires de rceil, une b\ perIi.înii(Med<Mnateuse, puis un gonllcMnent duneil 
oplicpie (pii cause un elranglenient papillaii-e plu^ ou moins considérable. 
Les causes ordinaires de cet obstacle sont : 1" la stase et la thrombose tle> 
sinus de ia dure-mèreet des veines tneningécs : :2"rhydrocéphalie venliicn- 
laiie aiguè' de toutes, les méningites, fait (pfun de mes élèves, Parinaud, a, 
dans un plagiat sans vergogne, mis sous so)i nom, bien (ju'il l'ail apj)ii> 
dans inonseivice, etcpfil ailété publié dans mon Atlas (ropht/tahHosrujiir: 
3' rinliltralicui sc'reuse de la gaine dunerfopliipie, mais cette dernière cau>e 
est fort douteuse, la iném(^ inlillration séreuse de cette gaine existant da!;> 
un grand nombre de cas autres (pie des maladies c<'M'ébiales. Tel est le Ii«'î» 
anatomitpie (jui rattache c(M'tains troubles de la circulation inlra-oculaiiv 
aux lésions cérébrales. C'est une véritable action mécanique. 

Maintenant, ai-je dit, une notion phj/siolof/itinc fait couiprendre ptair- 
(pioi certaines maladies céivbro-spinales ne tiénant pas la circulation tles 
sinus agissent n«'annioins sur la circulation de l'œil pour produire Hnper- 
hémie et ses conséquences de névrile. 

D'abord, il y a l'inilaunnation du tissu de l'encéphale, cjui peut descen- 
dre et gagner le nerf optique, ce ((ui amène rh\|)erhémie phlegmasiipie d»^' 



GÉRÊBROSGOPIE. 195 

la papille ; c*est la névrite descendante progressive. Mais, en outre, il y a 
une action réflexe des cordons antérieurs de la moelle sur le fond de Toeil, 
par rintermédiaire du grand sympathique anastomosé avec les racines an- 
lérieares des deux premières paires dorsales : c'est la névrite sympathi- 
que, — Voilà la notion physiologique qui explique pourquoi certaines 
maladies de la protubérance, la contracture dite essentielle, la myélite 
aiguë et Tataxie locomotrice, sont quelquefois accompagnés de lésions 
intra-oculaires si considérables. 

C'est à Claude Bernard (1) et à ses travaux sur le grand sympathique 
que nous devons cette notion intéressante. — Ne sait-on pas, en effet, que la 
section et Tirritation de ce nerf au cou produisent des phénomènes oculo- 
papillaireset faciaux très caractéristiques ? Ne sait-on pas qu'il en résulte 
une hyperhémie passive et une calorification plus grande dans le côté cor- 
respondant de la face? Eh bien, avec ces phénomènes, il s'en produit d'au- 
tres semblables dans le fond de l'œil: c'est l'hyperhémie du réseau capil- 
laire à laquelle peuvent succéder de graves lésions dénutrition de la papille 
et de la rétine. 

Cela étant établi, on comprend le mécanisme des lésions intra-oculaires 
commandées par les maladies organiques de l'appareil cérébro-spinal, on 
prévoit l'existence d'une loi anatomique et physiologique reposant sur la 
connexité des fonctions de Tœil et du cerve^m autant que sur l'intégrité de 
la circulation veineuse oculo-cérébrale, et créant la coïncidence des lésions 
simultanées dans les deux appareils, loi féconde d'où sort une nouvelle 
sémiotique du cerveau. -^ 

Comme on le voit, l'ophthalmoscope permet souvent de découvrir, à l'in- 
térieur de l'œil, des lésions de circulation, de sécrétion et de nutrition qui 
annoncent une maladie organique du système cérébro-spinal. 

La congestion et l'œdème papillaire, les hémorrhagies rétiniennes, la 
névrite optique, la rétino-choroïdite et l'atrophie papillaire accompagnent 
la plupart des maladies aiguës et chroniques des méninges du cerveau et 
de la moelle, comme les tubercules de la choroïde accompagnent les tuber- 
cules des méninges et du cerveau. 

C'est par les rapports anatomiques et physiologiques de l'œil avec la 
moelle et le cerveau qu'il faut expliquer la coïncidence des névrites opti- 
ques avec les lésions organiques du système nerveux, et trois lois patholo- 
giques rendent compte de ces lésions. 

Ces lois sont les suivantes : 

i* Toutes les fois qu'un violent obstacle à la circulation cérébrale se 
produit par le fait d'une lésion de l'encéphale ou de la moelle, il y a, sous 
TinOuence de ce barrage, une hyperhémie papillaire et rétinienne. 

â* Quand une phlegmasie aiguë ou chronique occupe l'encéphale, Tin- 
Oammation peut se propager dans l'œil, en suivant le trajet du nerf opti- 
que, qui sert de conducteur. 

il) Claude Bernard, LeçoMswle système nerveux. Paris, 1858. 



r.M'i MOYENS PHYSIQIJKS D'EXPLORATION. 

'A" Les iimlîulies des cordons antérieurs de la moelle peuvent, en raison 
(ir leur anastomose avec ie grand sympathique au niveau des deux piv- 
mières paires dorsales, produire dans l'œil des phénomènes d'hyperhéini' 
papillaire (|ui engendrent plus tard l'atrophie du nerf optique. 

Ainsi basée sur Tanatomie, sur la physiologie et sur la clinique, Ki 
sénnolicfue des maladies du syslèwie cérébro-spinal, qu(» j'ai imagiinV, 
mérile de prendre une place importante dans la science, et je ne crois pa> 
exagérer en disant (|u'au fond de VœW on trouve des lésions qui font recon- 
naître les lésions qui se forment dans le cerveau. 



CHAPITRE XVII 

E\DOS<:OI»IK 

l/(Muli)scope est un instrument imaginé par Desormeaux (1) pour i'<\- 
ploralion de la vessie et du canal de Turèthre. Il ne jette que peu de lu- 
mière, et siirloul il ne la répand que sur une surface d'un demi-centimcliv 
à peine, mais il peut rendre quelquefois des services au diagnostic. 

l/endoM'0[)e se com|)ose d'une lampe qui se lixe dans un cylindre o[ki- 
(]ue à thenùnee où lo lampe brûle et éclaire par un orilice latéral dans un 
conduit annexe à la cheunnée. La lumière rélléchie par un miroir, et cnn- 
cenlree par une lenlille biconvexe, entre dans un second tube placé p« r- 
|>eniliculairenuMil au pivir.ier el pouvant former un angle variable. mai< 
toujours dans un |)lan parallèle au premier tube el tournant à IVotlen^Mil 
dans unt* tubulure du priMuier luho. A une exli'emilé du tube mobile ><• 
lr»nivt* une lenlill<\ à laulre t'XlrtMnité se tixenl les sondes. La lunii^'iv 
pasx^ du premier conduit dans le >eeoiul, se rfllt-rhit sur un niiroir plan 
qui (U'iaire ainsi dans une liiivction perpendiculaire a la direction preini«'it' 
de la lumière, e'esl-à-dir(^ dans la direction des sondes qui servent àexplo- 
vc\\ et ijuo Ion (i\t* a rextrcinilt» du tube mobiK*. 

I.t^s soiuit\s dvMit un Si' >erl varient pour l'exaint-n de Turèthre el jKHir 
^rlui de la vessie. 

\. Tour riutihre, on se seil d'une sundf/ diuite ouvt-rle du bout, d'un 
diaïuelie de i à "^ millinh U\s. i*ii 1" i:t: .iu;: a i'aid.^ d'un mandrin, etJor>- 
v|u eiU^ e>t pKuee, on iMi^a^-^ >ui! <'\ti< :v. U- uans le lube nud)ile de Tend'»- 
M"v»pt\ pui> on re^ai\!t^ a l:a\t v> !a .• \/.:\ f- .;ui e>l à l'autre extruuiUMlc (e 
lube e;i retirant [h u à peu l'::i<::;:: ' i.t » \:''...'îatrur ou en le poussant da- 
vantage. Tour poi;\oir e\p oriVt: ^ ;•:-: <:'. n.é'iie temps, s'il est neoes- 
>anv.ou >e sert d'uiu- MM\ie îî:;;:/ j ;;:: ■ :\ :.:. lat. ;vilt^ à >a partie qui nV>l 

^|) lv< »! n • » A. ."•.,' •»■..->■ . . • ^: . -: -'i traitt'm''n' -l- ^ 



ENDOSCOPIE. 107 

point engagée dans le canal, et l'on introduit par cette ouverture une tige 
^mie de cOton pour enlever les mucosités de l'urèthre, des sondes de 
baleine pour francfair des rétrécissements ou des bistouris boulonnés très 
Gds surmontant une tige mince, suivant qu'on veut immédiatement ti-aîter 
UD rélrécissemeut par la dilatation ou l'incision (Desormeaui). 

B. Pour examiner la vessie, on se sert d'une sonde i très petite cour- 
bure droite, à l'angle de laquelle se trouve une fenêtre remplie par un 
Terre à vitre. Comme la sonde urétbrale, la sonde vésicale est d'abord in- 
troduite, puis on applique l'appareil éclairant sur la sonde, qu'on promène 
t'Dsutte dans la vessie> 

Pour tirer profit de l'esploration de la vessie dans les cas de calculs, il 




tia. le. — Poulioii da J'«n<li>Kapo pond*!!! mm (piiliciliaii. 

bol remplir plusieurs conditions ; la vessie doit être vidée, on doit faire 
aisoite des injections pour bien laver la vessie, et lorsque l'eau qui ressort 
de la vessie est très claire, on remplit de nouveau la vessie avec de l'eau 
tiède, et l'on introduit alors la sonde exploratrice (Desormeaux). 

L'endoscopie est excellente pour l'examen de l'urèthre, pour faciliter la 
recherche des orifices des rétrécissements ; elle sert à placer des médica- 
moits sur les parties malades de l'urèthre, et à indiquer la place oii il est 
le mwns dangereux de faire une uréthrotomie profonde. 

Pour les calculs vésicaux, l'endoscopie permet de les distinguer même 



P.lX MOVKNS l'IIYSlQrKS D EXPLORATION. 

dans Ir ras où ils sont cnchaloniiés; mais pour avoir une certiludo absu- 
liu', il l'aul (juc la vessie soit propre, (ju'il n'y ait |)as diverses lésions, cl 
Ion doit toujours réjxHer les examens. 



CHAPITRE XVIII 



I.VHV.NCiOSCOPIi: ET lUli.NOSCOPII': 

.lus(|u'à ce jour il avait été impossible de voir Tinlérieur du larynx d'un 
liomine vivant, ce ([ui rendait obscur le dia^iuoslic des maladies de cet 
oi'iiane. Il n'en est plus ainsi aujourd'hui. Grâce à Tinvenlion du larMi- 
uoscope par Semi, de (ienevt». par B. lîabinirton, par Liston, (Izerniak ( 1 1, 
'i'ui'clv (-J), Mt>rell .Mackenzie (o), Moura, on |)eut voir les cordes vocales ri 
le coinniencemenl de la trachée de manière à découvrir les ulcérations, les 
rélrécissemenls, l'œdème, les corps élrauiiers et les tumeurs qui peuvrnl 
exislci'. 

Le lar\n^oscope de (Izermak, d'après le(|uel sont construits tous les au- 
tres, est un instrument composé d'un système de miroirs à Laide tIesqucU 
on dniiie im j.-t de lumière dans le pharynx sur un miroir oblique plac*' 
au-desMis de la flotte et rellelant l'intérieur du lar\nx. 

Le laruiiroscope de Lzermak consiste dans un irrand miroir concave 
relliH'leur (|ue le médecin ti(Mit dans ses dents ou se place sur le front au 
nit»\»Mi (1 un diailiMue, et a raide ilu(|uel il diri^re la lumière d'une lampe 
dans le liosii r d'un malailc plai't' devant lui et a\ant la bouche ouverte. 
Alors un |)etit mii'oir de '1 cenlimt*livs, monte sur tiue à auirle obtus et 
ch.uillt'. i'>l pi)rte dans la bouche sur le voile du palais repoussé en haut, 
|)uis on tue la langue en la serrant avec* les doii^ts au moven d'une com- 
prcNsc. 

Lelni de Moura, (|u\MnpIoie au>si Fauvel di::. T'.h, est piéférable. Il se 
(\»inpo>e d'un miroir rcllci'lour adaph' à une lampe derrière laquelle se 
pl.U(^ le meJtU'in pour opi-rer comme il vient d être dit un peu plus haut 
^fu. S(» et SI ). 

l'n a inuunk' vUissi nn >[)t'.'ulum en«»rnie. bivalve, dont la supérieureest 
:;aiiucirnn nuroii- lar\ n^o>ropiqae u\. li^. -N-i-. Labordelle (4), son in- 

'» C \ iMs. /*. ■ : . ;; v. ; • :.' • % •\; ; r i ; ' ,^ .' ;• ' ^t rn médeciur, édition 

-* luiik. U..'iv»i'- /' .î.'.;*.- .; ; : V ;^. ,j''.. ; ;>••■•. t. >.\ Paris. 18r»l, in-8^. — 

i\c%'itri\t('\ i'U'u^ut'^ sur liii'.-'s ■> .-'iM ^ r. ..^.-.i. r;-. •.r-'* xi i'auie du laryngoscope. 

^;n MoivU M.iokou.-io. //:. .*.: , v. . :: . i p i h" > . i^ lVr:>. ISôT. 
(4i L.iluMiloUo, èlaf'i'ori de ( . ;» •; /•..••' .' .\ • '•..'• d^ médecine, juin 180-'.. 

D. Tih» ol ^'»M/'i.»i du \:..*. ••"•. .:" ' :". ' > -^ t ntement de l'asphyjie p>ir 
H, eU\ ).4HNii/r>- «r*»; .;.f NV, Is -S. t' >-::,:, :. \\!\. j- 3ir> . 



LARYNGOSCOPIE ET nUINOSCOPlE. 



Pio. T9. — Appliolinn du Urjngmcofis. (Fiu 



LARTNCOSCOPIE ET RRINOSCOPIE. 



renleitr, dil s'être bien trouvé de son emploi, mais jusqu'ici l'usage de cet 
inslniment n'a pas prévalu. 
A^iK/f<i(« o61eniu. — Dans l'état physiologique (lig. 83), on voit l'épi- 



:loite, le bourrelet muqueux et cartilagineux qui borde supérieurement 
l'urJËce du larynx, les cordes vocales supérieures (fausses), les cordes 
iDr<>ricures (vraies), l'espace interaryténoîdien (glotte cartilagineuse), 




I. — RelDtioa itt piirliu du Ivjni 



les anneaux de la trachée, et même, selon Czermak, la bifurcation des 
broDcbes. 



O'.bwd* UlUfni t, ifit^oUa; c, piroi «Urirllnn da la tncbic; i, d. cordei locaki iiifé- 
■»*•: (, c liAtrcalaa dn c*rUteg:ci de Saalorioii f. atafo»^; f. ligiimiit irjrldiiD-dtiiEhiKiqua i 
■.oida •Malt) MptrlMm; i, broieh* drolM ; 1', brancha gauche. 

'"] (, c, tauDlaanra aDUriaira d«i cordca iwalaaip, c. smuoiiigrt potdiriaun daa cordai KKalMi 
(■^ nala dinti; I, corda locala (ancba, où h troUTa bm «icroliMBca (HonlI-HaclieDilt}. 



0()-) 



MOYENS l'IIVSI0n:S D i:XPLOnATION. 



\as applications du larviij^oscopo à rélat pallioioirique sont iiùnibreus- '^ 
ri, c!)a(|U(\joui', la sciciicf s'ciiricliil de nouvelles observations. Les ulU-m- 
lions d(» Tcpii^lolte, des replis aryléno-épi«ilotli(|ues, les diverses lésiui^ 
dos eordrs vocales, p«nivcnl être reconnues, surtout dans les maladi» 
clironi(|Ui's de ces ornanes. Iles polypes, des excroissances verruqutMh.s 
(lt*veloppé(^s sur l(*s cordes vocales, ont ])U être extirpés à Taide d'insliii- 
nicnls particuliers, et dont le maniement est iiénéralemenl assez deliiai. 
.\ous «loimons ici les dessins de (juel(|ucs-unes de ces lésions (lii:. ^i. 
sr» et S('o. En se reportant à la ligure <Sl (jui représente le larynx a I\4jI 
:-ain, on j)Ourra mieux se rendre compte du ('hautement (jue ces lc>iuii> 
aj)poi'lent dans la condiiuration des parties internes de l'oruane. 

Uaiis d'autres cas, ce ne sont plus des excroissances, des tumeurs; nia^ 
bien de> niodilicaiioiis anormales dans la tension des cordes vocales (jiic !•' 
lar\ni;osco|)e j)ermel de découvrir. La paralysie, Latonie des cordes voca- 
les, cau.st^s assez iVeijuenles iraphonie, se recomiaissent ainsi l'acilemeiil. 




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1 1... N » - l.\ > .>■ 



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\\>'. ^'I. — (}'i' ni"' > '.i'"i!i'jU'.' (lu 
hr\.i\ •'). 



et l\>ii prul, elle/ beaucoup de niala,le>, ii[)l.'iiir par la galvanisation uii^ 
izut'i i>»Mi i-apuie. 

In inli\Hlui--vUil un niiri^r uans linlcrieur d'une canule fenèlree, C/or- 
niak a pu, a la >uil.« dune \\a, ;., .iK.niie. «•xannufr la partie inférieure (!•'< 
e,'i\:t*> \t>.\i . -s, (l \.',r .iiiî> It Iar\n\ df ba> en h lUl. Le proceile pourrait 
peut « : e ie:.u:e y\\\t^ e, ut. > ««tiNao dai.^ 1«> ca> ou les lesnuis qui ont ni'j- 
ti\e la Ira^ h.'oloniie unitiî: inij-ralicali e> 1"> ui^cedes ordinaires de la- 
r\ n::o^( ope. 

l 'e>l eraore a T;» iiii.ik >];ro:î c!v' î b s j-r. !r,i'';'> viiipli- ati«)ns (!•' Li in»- 
lhv»vb* d exaiuru a la ;ii''.ie ou a vl.'UUe ic iu*:\i ^ie .//'">•■'.//'/''. 

Paiî>vt^ pViH i .îe ou ivLrîc !.i :\v. :.t ; ^-i- : r r.:.^ «,(•> ;..nn^'> nasales à limb' 
d un [>(^l.l uuro r uiln-viuit dci:;e:e b; /vi'.a. L :.ejt t|ue cet organe soit 



\"^ .' l n »v t •>■ ,■ a.' r. ;-. N.i . 



.['\ ].j ban ]•■ 'voiur.iu- 
. : ■ l'.- V. iilri'iilaiiv ^m;iM.--' : 

.1. }.: ^.l il batiJt' Vi'rilr.tu- 
■-..:. : t b.iîi.io verilncu- 



POLÏSCOPIK. 203 

relevé par un pelît crochet qui le porte en avant. Cet examen est dinîcile, 
lalilillation de la luette par le crochet est insupportable à ia plupart des 
malatlvs. Aussi la rhinoscopie n'est-elle pas encore, à proprement parler, 
passée dans la pratique. Elle pourrait cependant fournir des renseigne- 
ments précieux dans les polypes des fosses nasales, dans certains étals 
morbides des trompes d'Eustache. 

Niiu& donnons ici, à titre de curiosité, le dessin des fosses nasales posté- 
rieures vues par la rhinoscopie (lig. 87). Ce dessin, comme le fait remar- 
i|iierM. Morell-Mackenzie (1), est 
aussi exact que possible : mais il 

ne peut être obtenu qu'en combi- ''' tt 

nant les diverses images obtenues "' 

•'npiai.-ant successivement le mi- mm ^ 

mil' dans différentes positions. " 

La laryngoscopie est une mé- "; rr 

ihode d'exameo avec laquelle le „„ mi 

médecin doit aujourd'hui se fami- 
liariser. II est incontestable que le 
dd^uostic et surtout le traitement ^^^ 
An maladies du larynx ont beau- 
coup ga^é à son application. Il 

•^t bon toutefois de remarquer que le larynx n'est jamais aussi facile 
a eiplorer que lorsqu'il se trouve dans les conditions physiologiques. 
luiis beaucoup de cas le gonflement des parties supérieures, épi(:iotle, liga- 
nii'iits aryténo-épiglottiques, masque complètement la vue des parties 
iiiîérieures ; et dans la plupart des maladies aiguës la sensibilité morbide 
d<> i arriére-gorge s'oppose ii ce que l'exploration soit pratiquée d'une ma- 
nière profitable. C'est donc particulièrement dans les maladies chroniques 
ilu larynx que la laryngoscopie trouve ses applications. 



CHAPITRE XIX 

POLYSCOPIE 

La nécessité d'éclairer la profondeur des cavités du corps humain, après 
a^oir donné le laryngoscope, l'ophtfaalmoscope, l'endoscope, a conduit les 
physiciens à construire un instrument capable d'éclairer l'intérieur du 
Neutre, comme l'a fait Miot, et l'intérieur de toutes les cavités naturelles. 

Parmi ces instruments II kalcMer h polyscope de M. Trouva. Cet appareil 

ll| Mortll-Nacli«niie, Du laryngoscope et de ion emploi dam le% maladies de la gorge, 
«'(c un appendice »ur la rhinoscopie, traduit par Emile Nicolas. Paris, 1807, p. liG. 

rinr^a, ■«■litédiia; Mi, raùl inlariour; at, orillce da U tiwapa d'EmUch»; cr, crtta liaitini 
'mke 4» U traape d'KiilKbc at le bord Urérlnr dci lauei o—tlet. (Mordl-yidumie.) 



'204 M(>vî:.ns i'hyskjvks i»*i:xi»l«M5ATion. 

<'sl une application des piles de M. 14aiilé. Si Ton fail passer la decharg»^ 
<riin couple secondaire à travers im (il de platine recourbé sur hii-inènu*, 
ce (il arrive à un deicré de point de fusion du métal et il émet par son in- 
candescence une lumière très vive. M. Trouvé a disposé des (ils de [)lalii.'' 
de diverses (ormes, au loyer de petits réilecteurs sphériqucs, cornhinrs ii:- 
liénieusenuint suivant la cavité à éclairer. 

Il est bon de faire riiistori(|U(» d<s j)ol\sc(>pes électriques en iiV-in-ral. 
alin de ne pas laisser croire que M. Leiter a eu l'bonneur de (i'-couviii 
Tcclairaire direct des cavités naturelles ])ar la lumière électrique. 

Les polyscopes électri(|ues sont liasés sur la propriété que pos>ctle un 
courant voltaïque de produire de la lumière en échaulîant un circuit d*- 
petite section. Cette propriété du courant de roui:ir à blanc des (ils métal- 
liques de f;rande résistance a été appli(|uée pour la première fois, en clii- 
rur^ne, par lleider, à Vienne (1X15) et ()ar Crusell, à Sainl-Péteisbour.::, 
plus lard ])ar .lobn Marshall (1830), enlin par Middeldorpf (183 i) (jui ptul 
<Hre considéré comme le véritable créateur de la iialvanocaustic. 

Ce ne fut (ju'un certain nombie (raimées apn'S cette découverte qu'un 
pensa à se servir de la lumière produite par un fil métallique, par un til d«' 
platine, par exemple, pour éclairer les cavités naturelles du corps. Ce fut, 
en 1867, que chacun de leur côté, .M. le docteur Miot, à Paris, et 
M. Druck, à Brcslau, employèrent cette lumière, le premier pour faire des 
essais de diaphanoscopie sur les animaux, le second pour ekdairer la cavité 
buccale au moyen d un appareil auquel il donna le nom de stomatosropt'. 
Peu après, M. Lazarevicli, de KarkolT, utilisa Péclaira^e électrique pour 
faire des explorations irynécoloiricjues suivant le principe de la transpa- 
rence, (^est à lui (jue revient rhonneur d'avoir publié le premier travail 
sur ce sujet (1). 

Pour produire la source lumineuse, il faut que le courant iialvanique ait 
une intensité déterminée, car, s'il est faible, Pincandescence fait défaut et 
par conséquent il n'y a pas de lumière; et, si le courant dépasse une cer- 
taine intensité, le (il de plaline fond et se volatilise. Aussi était-on obli^;zé 
d'employer des lils de platine relativement icros, mais alors la chaleur 
de^iairée était telle (lue Ton fut obliiié d'avoir recours à des réfrigérants, (i 
fotc circulation ireau froide pour neutraliser le plus possible la chaleur 
entend n^e. 

Alors les appareils acquirent des dimensions considérables et devinrent 
très compliques, de plus, la lumière, en traversant la couche de liquide, 
prit une teinte rou^e très défavorable à Pexploration ; aussi ne tarda-l-ou 
pas à abandonner ces polyscopes. 

M. Trouvé reprit cette idée. Cette fois, au lieu d'examiner les cavités 
naturelles au 7noyen de la diaphanoscopie, il voulut les éclairer directe- 
ment. Il reconnut bien vite les inconvénients (ju'il y avait à se servir du 

(I) Lazarovich, Diaphanoscopie ou edploralion p'ir transparence appliquée à Vexaitien 
des tissus, etc.. i8Sl. 



courant d'eau, aussi chercba-t-il it le supprimer. Il diminua donc la pro- 
duction du calorique par l'emploi de fils très fins de platine iridié ; de plus, 
il émailla ses réQecteurs, extérieurement et intérieurement. Mais, pour 



t^' 



* 



88. — C*l\a fifurt HfirtHnlB la balle coole- 




»( U pll« ««ndllradi! PlanK. OIU. bolM porU 








*-!• D D. L'un d« eonUc» D. >l l'un d» 




WdtUli A' «Mit H Hnuinw 1 nn «uneha por- 


diKUoD iroj. iNiIrunenl droil). t] |»rK 1 u partir 


.1 ■• r^OKtnr ituini 1 «tiinr la lirjm. 




.n. la Ûgm KUBlla. L'.ui™ ™ik1 «1 




uin tU—Ut A •«■( aboutir 1 un dniiiàm* 


qui ml niaaii rapport avtc le mancbx de la fifiirn 


«kIw poci-t m «Bière. 


IHWÛlanla par le 01 a. Si lo labe T atl d.l(>k-.' 








optique et le poufoir éclainot. il al en réalili' 




coiupIcUiuciil frrniii. Une limplcrMiiIIreeel riter- 



entretenir des fils de platine aussi fins au voisinage de leur point de fusion, 
sans cependant le dépasser, il Tallait une pile d'une grande puissance. 



MW 



n]>- 



20(; MOVKNS PHYSIQUES D'EXPLORATION. 

rriiiM' ;:i';iii(lc (oiislancc; cl (Ut loiitrue duréo, condilions que remplit la i ,!t 
rl(; polaiisation de G. Planté (fitr. 88). (>Hte pile équivaut à un réservoii ou 
s'ciniiia;;.i.siiie rélectric.il^'* dynamique produite par une pile ordiiiaiv. 
fju'on met pendant quelcjne lern|)s en contact avec ee récipient. A celiii-r', 
<>l adapl<* un rln'oslal, iniairini' aussi |)ar M. Trouvé, qui pernïet d tv oiil»i" 
r«lr('lii(:il(' avc(" une rr'i^ularité et une constance mathéfiialiques. Avec 
pile, (|ui a Tavantai^e de ne j)as déirat;er de vapeurs nauséabondes «i ai 
li\ p()azoti(pic, connne la hatlerie lUuisen, on peut porter à une iinaini»'>- 
4 rncc pndonf.^«M» des lils de platine, depuis 1/15 d(» millimèlie jiis.|iia 
I niiHimrli<' cl demi d(» diamètre, f.a chaleur déi2:ai:;éc est telleinciil it^ii 
< <»n>idi'Mal)lc (|ue le réilecteur plac(î dans la l)ouche n'a pas encore alU/iiil 
la lcni[)»'ratnrc normale au bout de quel([ues minutes. 

Parmi les i^'llcclcurs invenl<'s dans le but d'éclain^r les parties profoinit- 
<lu i'orps aliu iU' pouvoir bien explorer tous les organes dans le biil «i' 
l'acililiM' le diai^noslK* d(*s maladies ([ui peuvent s'y manifester, le Hiïhj>nii<- 
de TrouNc esl un des meilleurs. 

\oici d(» nouvelles applications pour Teclaira-^e de Teslomac et il' 
r(es(>pbai:e. Le doclcMH' l»aratou\ ( I) qui a vu fonctioimer ces appaieils a 
l'elian^er, b^s décrit de la fa^on suivante (pii en indi(]ue le mode d\'nq)loi 
ihiiis Vii'sififhin/oscoiiic et dans la «/(isttosrnpic. 

AKTICLK IT»F:MIEU 

ir.S<U'MAC.<»Si OPIK 

Tiuir Implorer l'intiMMinir de IVesoplia^ie et l'estomac, il existe deii\ 
niclluuies dilVerenU^s; dans lime, ilesliiiee pî'iiicipalenienl au premier df 
e(»N (M^an(^>, on a rei'»Mirs à la liiuiiere rt'lleebie, tandis que dans rautr»\ 
emplo\ee pour ie seroiul, on >e sert de 1\ l'iaira^e direct. 

In liMiue, il ire>î pas eiieoie eiilr»^ dans la pralnjuc courante d'exa- 
oiir.er il i;ne e.iair.tre r^'^ulit le. eoniiiie a \ieniie, les cavités dont nnii- 
pa;K»ns \iîî>'. ii.m> cotle drr:iieie \ lie, a Ibi-pilal mènerai, M. >U>'X 
e\a:n;!ie v|iiolhiie:înt ment l'.i >o;>liue e..- î..;U nialad»* (|ui se plaint d»' 
»};;»•■, jae ;;o;iMe e.e vc v "'te. Vli'i viril cxj'l.':'".' 1rs d:\rrses parties, M. M^rk 
a la.; V v>\s;: Il •," ir.:.' Sv-'. :<• vi :::>;va-:i':;is ». •:.>>;a!il r-n tubes mèlaliiqip-s 
<:v' ii;\e;Nr> li';nu\> cî *:e ii..\ >. :r,' > .v ::^.;'. i::s ; «.el!e>-ci varient d»* '» a 
.'■• V e::;':r..;ie>. l*e ee^ t-a^o>'. i: s .ii.s > :.: lii-.sts rt l"«»rmes dune s<ailt' 
p..\ e. vl ai;;:i > s, :;: ,\^:np.*>- > :\i:. s- : .^' :.::.:. va;;\ l'-lics entre eu\, sur 
Iv N V \ N. ,i.^ v.^i.v^ ;.; e ;.;.•. , ..i > :r. .:\ : .:"a\a:r. «.n an iere >ur --e^ 
a; ;.v ;ï!,;'.,v^::> . er.:; '. vi ar.V.; > :..- .'. ..' /.'. ..>:• s:*.:-.'!! dans leur ouarl 
K;;x\.ti;;\ lai:vi;< v.;.v ,:.;: > .^ :v^'- : • .:; - . ..:..' !s s e.t K»rnies d'une 
jvKlio dïv»;U\ V .i\;r i\::. . .. >.:,..•....;. .> >.:.: ail.vuies avec un 

UîiUKÎU\ 



GASTROSCOPIE. 207 

M. Stùrk a encore fait fabriquer d'autres instruments, composés de trois 
tubes renfermés les uns dans les autres ; ils peuvent se placer bout à bout 
au moyen d*un pas de vis situé à Textrémité du manche, de telle sorte que 
le tube primitif, n'ayant que 7 à 10 centimètres de long, peut atteindre 
jusqu'à 30 centimètres de longueur quand tout l'appareil est développé. Il 
était nécessaire de pouvoir retirer rapidement l'instrument, aussi l'inven- 
teur a-t-il placé sur le manche un anneau relié aux tubes intérieurs ; il 
suHit de l'attirer vers soi pour faire rentrer les tubes les uns dans les 
autres et leur faire reprendre leur position première. 

On peut encore faire usage d'un tube coupé dans toute sa longueur sui- 
vant son diamètre transversal ; il est fixé par une articulation mobile sur 
une sorte de pince, de manière qu'en ouvrant celle-ci, les deux demi-tubes 
s'ét^artent l'un de l'autre et dilatent ainsi les parois de l'œsophage. 

Pour introduire ces instruments, le malade est assis sur un siège très 
bas et renverse fortement la tôte en arrière. De la main droite, on saisit les 
tubes droits ou coudés, ceux-ci étant recouverts d'une enveloppe de caout- 
chouc destinée à empêcher les articulations de l'appareil de blesser les 
parois membraneuses du canal alimentaire dans lequel on les fait pénétrer, 
il est bon de se servir tout d'abord des tubes courts, pour faire usage plus 
lard de tubes plus longs ; le malade s'habituera ainsi à supporter facile- 
ment ceux-€i pendant le temps nécessaire à l'exploration de l'œsophage. 
L'instrument étant introduit, on confie à la main gauche le soin de le tenir, 
[K>ndant que de la main droite on dirige au moyen d'un réflecteur la 
lumière d'une lampe dans l'intérieur du tube. 

Pendant six mois, M. Stork a employé quotidiennement cette méthode, 
qui lui a donné d'excellents résultats, car les diverses parties de la mu- 
queuse oesophagienne viennent se placer alternativement à l'extrémité 
inférieure de l'instrument, surtout si Ion fait usage de l'appareil à 
trois tubes dont nous avons donné la description plus haut. Peut-être 
>eniit-il avantageux de construire des instruments en caoutchouc ou même 
<'U verre : les premiers seraient plus légers, et les seconds permettraient de 
yoiT par transparence l'intérieur de l'œsophage sur une assez grande 
«'tendue? 

ARTICLE II 

GASTROSCOPIE 

De même que l'œsophagoscopie, la gastroscopie est entrée dans la 
pratique médicale à la polyclinique de Vienne, où M. le docteur Mikuliez 
tn fait un usage journalier depuis le mois d'octobre 1881. Il se sert 
«lun polyscope électrique construit par Leiter d'après les principes de 
Trouvé. La lumière est produite par un fil de platine placé à l'extrémité 
d'un tube coudé qui, traversant l'œsophage, vient se terminer dans la cavité 
>tomacaIe. L'électricité est fournie par une batterie de Runsen; mais. 



20s MOYKNS riIYSlQUKS d'eXPLORATION. 

roiiimr 1«^ lil, porté au rou^o, no tarde pas à échaulTer les parois nviii- 
braneuscs du tube difieslil", M. Leiler fait parcourir son appareil par un 
courant d'eau mis vu circulation par une pompe spéciale. L'eau a riin (.u 
veulent d'être en petite quantité et de ne pas être renouvelée pendant la 
durée de Texpérience. L'appareil d'optique, destiné à porter à rextén»Mi! 
rimaf:;e de la muqueuse, est analogue à celui du polyscope invente pii 
M. Trouvé. Disons (|ue le tube est encore traversé par uïi canal de^lm- 
à insuffler de l'air dans l'intérieur de l'estomac, de manière à distendit 
les parois de cet orirane, ce qui en facilite Texamen. 

Telle est, en (juehjues mots, la disposition générale de l'appareil d» 
i\I. Leiter, simple modification de l'appareil de Trouvé. 

Lors(|ue, avec ce polyscope, l'on veut éclairer l'œsophage, on eraploi- 
un tube droit (lig. 81)), tandis que, pour examiner l'estomac, il est preK- 
rable de l'aire usage d'un tube coudé (lig. 1)0). 

(les instruments sont constitués par un tube portant à sa partie inîV- 
neure, en face d'une petite fenêtre, un prisme-loupe à réflexion tolalt t! 
im lil de platine. Les rayons lumineux passent par le prisme à réflexifn. 
Pour éclairer l'estomac, on introduit la .sonde œsophagienne avec son iiian 
drin, pour le remplacer par le tube du polyscope que Ton met alor^ ♦u 
communication avec la source éleclricjue, au moyen de deux fils cundii' - 
leurs. Fn pressant une pédale ou un bouton adapté à l'instrument, K- II; 
de platine entre aussit(U en incandescence et éclaire avec intensité l'iiiU- 
rieur de l'estomac. 

Ce pol\scoj)e t)flVe sur celui de M. Leiter les avanlag(*s suivants : >u\>- 
prosion du courant d'eau, de la batterie de Bunsen, don volume nioii:> 
considérable dt* l'appareil; de plus, écoulement gradué de rélectricite. Hn 
outre, connut» la lumière ne traverse pas de couche de li(|uide, la mu- 
queuse ne présente pas cette teinte rouge ([ue produisent les polNSCo(H'>a 
circulation d'eau. 



CIIAIMTIIE XX 



.i:sriii:su)Mi:TuiK i/r KMrLoi des .kstiiesiometres 

Ow a siuivrnt hi'soin d"appi"«\i«M' l'clat de la s,'H>iilillit(' tartilt\ \'f\d\ 
de la ^l'H^ibililc thii'iin,fUf\ et crlu! de la srn^Hnhtt' imiscuhiiie ou s«'ii^ 
musculaire. - Pour la sm^ilnUtr l'fitH(\ ou se sert (|uel(|ue!V)is ù'iv/. 
instrument spécial ajqu'lc (Ktlf <inni'ii r. — 11 y en a plusi**urs: celui (1« 
Bro\>n-Sequard, celui de Sievelviiii:. crlui de 0-:le appelé Compas (ii>liin'- 
triqi(t\ celui de Jaccoud, et celui de Liegt\»is. 

Lanalyse physiologiqut» a reconnu plusirius espèces de sensibilité qui 
sont: la sensibilitc au contact ou t l't iiroiimntiit dit. la srnsitjiUté à /' 



SENSIBILITÉ AU CONTACT OU TACT. 209 

iouUur, la sensibilité au froid et au chaud ou sensibilité thermique ; 
et enfin les diverses sensibilités spéciales. 

Il y a un intérêt réel, scientifique, sinon diagnostique, à s*assurer^ chez 
les sujets atteints de maladies nerveuses, de Tétat de ces diverses sensibili- 
tés et du degré* de leur altération. 

Au premier abord, le problème semble facile à résoudre. Pourtant, cette 
eiploration est minutieuse et délicate, surtout lorsqu'il s'agit d'apprécier 
des altérations peu prononcées. 

Pour être complète, l'étude de la sensibilité doit être comparative entre 
les deui côtés du corps ; il Taul y mettre le temps, renouveler les épreuves 
dans les cas douteux, avant de rien affirmer ; il faut encore tenir grand 
compte de rinlelligence du sujet, de sa bonne foi et de l'état général de la 
sensibilité dans les parties saines ; certains sujets étant beaucoup plus sen* 
sibies que d'autres (1). 

ARTICLE PREMIER 

SENSIBILITÉ AU CONTACT OU TACT 

Pour apprécier l'état du tact, le malade étant couché et ayant les yeux 
bandés, touchez du bout du doigt, sans pression, la partie à explorer et 
posez la question suivante : Vous touche-t-on? Si la réponse est affirmative, 
cessez le contact et réitérez la question. Demandez ensuite au sujet de 
préciser le point du contact. Souvent, en effet, il se trompe dans Tappré- 
cialion du siège de l'impression ; d'autres fois, la transmission de l'impres- 
sion est tardive ; dans certains cas encore, le malade ne signale le contact 
que lorsqu'il est brusque ou bien au moment où il cesse. 

Benedikt (2) a montré que, de toutes les sensibilités cutanées, celle qui 
conserve le mieux son intégrité est la sensibilité au froid et au chaud. Dès 
lors, pour être sûr que la différence de température entre le doigt qui 
eierce le contact et la peau du malade ne produise pas une sensation que 
le malade rapporterait faussement au contact, il est bon de recouvrir d'un 
linge la région que Ton explore. 

Pour apprécier la sensibilité à la pression, qui n'est en somme qu'une 
Tariété de la sensibilité au contact, on peut se servir de l'instrument sui- 
vant construit par Mathieu : une tige en aluminium, de près de 0^,05 de 
longueur et de faible diamètre, est terminée en pointe mousse à l'une de 
ses extrémités et surmontée à l'autre d'un plateau aussi léger que possi- 
ble, également en aluminium. La tige glisse sans frottement dans une 
étroite coulisse supportée par un manche. L'instrument est saisi par son 
manche ; la pointe mousse est mise en contact avec la peau. La légèreté de 

ft) Voy. Gilbert Ballet» Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, article 
SDSuiLiTi, t. IXXIII. Paris, 1883. 
{i) Benedikt, Ueber Tabee donaliê {OetUrreieh. Zeitichrifl fur prakt Heilkunde, 1884) 
B. — Diagnostic. U 



210 MOVKNS PHYSIQUES d' EXPLORATION. 

riiislrmrKMit est Uîlle, qu'il lUMltitennine alors aucune sensation. L'expéri- 
inrnlatcur rncl al(»rs petit à petit des poids sur le plateau jusqu'à produc- 
tion d'une sensation. 

Cv. n'est |)as tout, la sensation tactile p(»ut exister, elle peut être exatle- 
inent hxalisée, l'inipn'ssion peut se transmettre sans retard, et pourtant la 
siMisihililé tactile être altérée. Klle existe, mais sa finesse physiolo{iique est 
plus ou mcMUs émoussée. Pour apprécier le degré de finesse d'un sens, on 
iw peut pas se lier à l'appréciation du malade lui-même, qui ne peut qu*^ 
•;n»ssièrement indiquer si l'impression qu'il perçoit a les qualités habi- 
tuelles et normales. 11 était donc besoin de rechercher un critérium plus 
lidèh' et plus exact. 

M. -II. NVeher (l) a montré (|ue le contact de deux pointes rapprochées 
doiuM» dans les reliions du corps les plus sensibles, Textrémité libre de la 
lauiîue, j)ar extMuple, une double sensation, tandis qu'il ne donne qu'une 
siMisalion simple, c'est-à-dire celh' d'une seule pointe dans les reirions 
douées d'une sensibilité moindre. Il a montré ainsi que l'on peut classer 
les dinerenles réirions du corps, suivant le degré moyen d'écartement do 
deux pointes nécessaire à la j)roduclion d'une sensation dédouble contact; 
le tact étant d'autant plus délicat sur une réiiion donnée que récarlenienl 
U(U essaire à la sensation double est moins considérable. Des tables, dres- 
S(vs jur cet auteur, donnent la mesure physiologique de la tinesse du tact 
aux iliverses reirions du Icirumenl externe, en un mot toutes les indicatiouî) 
nécessaires aux besoins do la clinique : 

v.\r>i.Ks m: k h. weblk. 

.•v...V> :«EGRK> D'tCKRTEMENT 

t'ii PûINTtS 

IvNjS vil- '..\:',:,;o . .... I. -j,"»l = 1 t li^ne. 

P.;:j\- >'.•- vl.^ j:;- ...^ ;.i ••:a: ' .. (.'".!.'>►= I h^iie. 





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iESTHÉSIOMÉTRIE. 



211 



U ftee dorsale des têtes des os métacarpiens • 

Les geoctves 

La r^ion xygomatique 

La partie intérieure du troni , 

La partie inférieure de Tocciput 

Le dos de la main 

La région sus-hjoïdienne 

A la rotule. 

An sacrum 

A Tacromion 

A la fesse 

A ravant-bras , 

Au genou , 

Aa dos du pied près des orteils 

Ao sternum 

Au rachis; le long des cinq vertèbres dorsales supérieures. 

Près de Tocciput 

A la région lombaire 

Au rachis; dans le milieu du cou; dans le milieu du dos. . . . 

An bras 

A la cuisse , 

A la jambe , 



0*,(H8 » 8 lignes. 
0*,020 = 9 lignes 

0",023 = 10 Ugnes. 



0-,W7 
0-,032 
0-,034 
0-,036 



12 lignes. 

14 lignes. 

15 lignes. 

16 lignes. 



0-,041 = 18 lignes. 



0-,045 
0-,005 



20 lignes 
24 lignes. 



0-,007 = 30 lignes. 



E.-H. Weber n'a exploré ainsi que la sensibilité physiologique. En 1849, 
BrowQ-Séquard eut l'idée de se servir de ce précieux moyen pour mesurer 
les altérations de la sensibilité tactile dans les affections du système ner- 
veux. L'instrument employé pour cette exploration porte le nom d'œsthé^ 
twmitrej et la méthode celui d'œsthésiométrie. 

Noos citerons et décrirons TaBsthésiomètre de Brown-Séquard, celui de 
Sieveking, celui de Ogle, qu'il appelle compas aphfnétriqu$f celui de Jac^ 
ooad ; enfin nous indiquerons comment ces instruments peuvent être rem- 
uées. 

A. ^sthéiiomètre de Brown-Séquard (1) (fig. 91). — G*est le compas de 




\ 



\ 



^=5 



/ 



Fia. 91. — iBilhësiomètre de Brown-Séquard. 



cordonnier ou le podomètre dans lequel les deux tiges perpendiculaires à 
la règle graduée sont terminées en pointes. Une seule de ces tiges est mo- 



(1) Brown-Séq[iianl, Journal de pkytiologie. Paris, 1858, p. 346. 



212 MOYENS PHYSIQUES D'EXPLORATION. 

bilo Ci peut être lixée, par la pression d'une vis, à dislance voulue de l'au- 
tre li^o. 

L'a'slhésiomètrc de Sieveking (1) est construit sur le même module: 
c'est aussi un podomètre. 

Collin en a proposé un très analof::ue. 

\\. C.ompas aphmétrique de J.-IV. (hjle (2). — 11 se compose d'un conipaN 
ordinaire surmonté d'une plaque en forme de cadran sur laquelle se trouw 
un index : cet index est fixé par son extrémité inférieure à l'une des bran- 
ches du conipas. La branche mobile entraîne avec elle l'index lorsqu'un 
l'éiarte de l'autre branche, et le dcifré d'écartement des deux pointes esl 
indi(|ué par l'index sur le cadran. 

C. Compas de Jaccond {',]). — Jaccoud a fait construire un compas qui 
donne toutes les indications désirables pour les besoins de la clinique, 
(yesl un compas d'épaisseur de Baudelocque de dimension moindre (0"\0'.» 
de lonizueur) et dont les branches sont droites. Les divisions de l'arc ^ra- 
due correspondent à des centimètres et les subdivisions à des quarts de 
centimètre. L'arc de cercle peut se replier sur les branches du compas, qui 
prend alors un petit volume. 

1). Compas oi'dinairc. Epingles. — Un compas ordinaire fait un trèsbuii 
a'sthésiomèlre pourvu que ses pointes ne <oient pas trop ai«;ués. Il faut 
sruliMuent, une fois lécartement des pointes amené au de^^re nécessaire a 
la produclion de la sensation double, le mesurer diieclement à l'aide d'une 
rèiile liraduee. 

A défaut d'instrument spécial, on peut encore se servir de deux épingles 
et d'une rèiile de bois ordinaire ou mieux d'une rèi:lt» irraduée. Pour cela, 
on enfonce lunedes epini:les vers l'extrémité de la rei:le, puis on pique la 
seconde près de la premier»' ; on essaie ce petit appareil au contact de 
la peau, et par tâtonnement on arrive ii donner aux deux e[)ini:les le degré 
d"«'carlenient qui correspond au de^re de sensibilité de la région explorée. 

Prrr'iiifi,>n< à prt'ndre pour prad'inrr l'iT'^tJtrsinjuftrir (i). — Quel qup 
soit rin>lriinuMit dont on se serve, il faut veiller a ce que les pointes soient 
nu>usses : ci^ n'e>l pas. en ellet, uut' piijûre quil faut produire, c'est un 
contact sans pression. Les pointes, condition essentielle, doivent être aj>- 
pliqui^es >nnultanenient. sous poine de dettM'inintM* deux inipressions suc- 
ces>i\es ilonnant lieu à une double sen>atiLtn pour un eeartenient moindre 
que i-i^lui i|ui >e trouvorail en ra[iporl avec le de^re rtel de la sensibilité. 
Teul-i'lre trvni\era-t-on la, au eor.tiaire. une rai>on pour n'appliquer les 
pointes que ^uee»^sSlvenuMlt. T.e sérail mal comprendre le but de l'a^sthé- 
suMuetne. llle reeheielie, en ellet. à quil t^^arlt-uicnt des pointes corres- 
pond la ee^>alion vie !a coii:u>ion de diu\ inipre^^ions sinmllanees en une 

^.î\ .K\«v .«..»!. ."'.'x •:•.: '.-".fy ■: . ■ :, ; .,•• P.» - I> ' . : {'.J 



^STHÊSIOHÉTRIE . 21 3 

seule, et à quelle limite le tégument est susceptible de percevoir la sensa- 
tion d'écartement, étant donné le degré œsthésiométrique physiologique 
comme point de comparaison. 

Le malade doit être attentif, mais ne doit pas voir la main qui opère. Ce 
qui importe, c'est que le sujet réponde d*après ses sensations et non d'a- 
près l'idée quUl se fait de Texpérience. Toutes les fois que le malade a ac- 
cusé une sensation, la sensation de deux points, par exemple, il faut 
contrôler son dire en n'appliquant plus qu'une pointe et en variant les 
applications de manière à constater la sincérité ou l'exactitude des répon- 
ses et des sensations. 

Brown-Séquard fait observer que, dans les cas d'anesthésie considéra- 
ble, les pointes peuvent être appliquées Tune après l'autre et ne donner 
cependant qu'une seule sensation. La lenteur de la transmission est quel- 
quefois telle, d'après ses observations, que le malade n'accuse qu'une seule 
sensation bien qu'un intervalle de 40 et même de 50 secondes sépare les 
applications successives de la première pointe restant appliquée et de la 
seconde qui s'y ajoute. L'œsthésiomètre peut donc ainsi servir à donner 
la Dotion de la vitesse de la transmission des impressions tactiles. 

Une précaution importante à prendre est encore de n'appliquer l'appareil 
que perpendiculairement ou au moins obliquement à l'axe du membre. On 
ne court pas ainsi le risque de faire porter les pointes sur un même filet 
nerveux qui, quel que soit son degré de sensibilité, recevant deux impres- 
sions égales et simultanées, les percevrait comme une seule. Nous avons 
TU souvent appliquer l'œsthésiomètre parallèlement à l'axe du membre et 
la double sensation ne se produire que par un notable écartement ; appli- 
quait-on l'instrument perpendiculairement dans la même région, on trou- 
vait la double sensation pour un écartement beaucoup moindre. Comment 
expliquer ce fait, si ce n'est en admettant que, dans le premier cas, les deux 
pointes portaient sur un même filet nerveux? 



ARTICLE II 

SENSIBOJTÉ A LA DOULEUR 

La sensibilité à la douleur s'explore par des procédés plus simples que 
la sensibilité tactile. Deux procédés sont en usage : la piqûre et la trac- 
tion de$ poils. 

hà piqûre s'exerce avec une épingle: la seule précaution à prendre est 
de ne pas blesser le malade sous prétexte qu'il ne sent pas. 

La traction des poils doit être plus forte qu'on ne le pense, aux membres 
inférieurs surtout, pour produire une véritable douleur, principalement 
lorsque l'on tire sur plusieurs poils à la fois. C'est un moyen d*exploration 
défectueux ; la traction des poils produit en effet deux sortes de sensations : 
une première engendrée par le redressement des bulbes pileux et la ten- 



214 MOYENS PHYSIQUES D'EXPLORATION. 

sioii (le la peau, c'est la sensation tactile; une seconde est la sensation di- 
douleur naissant sous l'intluence d'une traction plus éner*:i(|ne et d'un 
commencement de traumatisme. 

Bref, tous les moyens capables de produire de la douleur, sans nuire ai 
malade, peuvent être utilement employés pour explorer ce mode de schm- 
bilité. 

Gubler et Onimus ont recours au pincement pratiqué à Taide d'une 
pince construite exprès. Celte pince est munie d'un cadran qui indique 
l'écartement des branches, et par conséquent Tepaisseur du poul de peau 
qu'il est nécessaire de pincer pour engendrer de la douleur. 

AllTICLE 111 

SENSIBILITÉ THEnMIQUh: 

La sensibilité au froid et au chaud est celle qui subsiste le plus long- 
temps, malgré les altérations des centres nerveux. 

Le moyen d'explorer ce mode de sensibilité est des plus simples; il con- 
siste dans l'application successive d'un corps chaud et d'un corps froid 
quelconque. On conçoit qu'il faut prendre garde de brûler le malade eu 
cherchant à lui faire percevoir la sensation de chaleur. Il suffit que 
le corps chaud soit à une température de quelques degrés supérieure et le 
corps froid de quelques degrés inférieure à la température normale. Une 
éponge humectée dans le premier cas d'eau à -}- ^0 ou -}- 45 degrés, etdan> 
le second d'eau à + 10 ou + 15 degrés remplit le but. Il n'est pas besoin 
de prolonger l'application : un simple contact suffit. 

L'aisthésiomètre de Liégeois peut donner de précieux renscigneinenl> 
sur la sensibilité thermique. 

jEsthésiomètre de Liégeois, — L'œslhésiomètre de Liégeois (lig. 02) res- 
semble à celui de Brown-Séquard ; c'est aussi un podomètre EF. 11 en dif- 







FiG. 92. — /Eslliésionièiro de Liégeois. 



fère en ce que chacune des tiges est remplacée par un petit réservoir coni- 
que ou cylindrique AB et AA' de (>",0:2 ou 0'",03 cubes de capacité, du fond 
duquel on peut faire saillir les pointes D et C. L'instrument ainsi disposé 
peut servir à deux fins: fait-on saillir les pointes du fond des réservoirs, 
on a un œslhésiomètre ordinaire servant à l'exploration de la sensibilité 



ANALYSE CHIMIQUE. 215 

au contact. Ne fait-on pas saillir les pointes et remplit-on les deux réser- 
voirs d'eau à une température différente, on a un instrument qui donne la 
limite de la zone cutanée incapable de différencier deux impressions calo- 
rifiques simultanées ; ou, si Ton aime mieuXi qui indique à quelle limite 
deux impressions calorifiques simultanées cessent d'être perçues comme 
une seule : en un mot, le degré œsthésiométriqiAe thermique. Cette der- 
nier indication, ce second mode d'œsthésiométrie est nouveau et mérite 
une étude approfondie. 

L'aoesthésie, l'analgésie ou rhyperesthésiCy à différents degrés, l'énergie 
plus on moins grande de la réaction réflexe répondant à l'excitation, sont 
les différents signes recherchés et constatés par les procédés d'exploration 
dont nous venons de parler. Ces signes ont une valeur absolue en ce sens 
que leur existence signifie toujours lésion locale ou générale de la sphère 
sensitive (nerf ou centres) du système nerveux, et que leur degré et leur 
siège sont toujours en rapport avec l'étendue et le siège de la lésion, mais 
ils ne sont jamais pathognomoniques de tel ou tel genre de lésion, de telle 
ou telle maladie. Au point de vue du pronostic, l'étude des altérations de 
la sensibilité est précieuse, la persistance de l'altération ou le retour à l'état 
normal étant la preuve certaine de la persistance ou de la guérison. 

CHAPITRE XXI 

ANALYSE CHIMIQUE 

On peut dire de l'analyse chimique appliquée à la médecine ce que j'ai 
dit de l'analyse optique ou microscopie. C'est un excellent moyen d'appré- 
cier les effets que produisent les maladies dans la structure du corps, et il 
faut y recourir toutes les fois que cela est possible. Malheureusement la 
chimie, aussi bien que la micrologie, ne se bornent pas à donner des ré- 
sultats, elles formulent aussitôt des lois, et l'analyse chimique prétend être 
pour son compte le point de départ d'une nosographie spéciale qui n'est 
qu une absurde chimiatrie. Ainsi l'eau diminue dans le sang des choléri- 
ques, et le chimiatre s'imagine pouvoir guérir ce mal en injectant de l'eau 
dans les veines. 

Mais, en ne prenant l'analyse chimique que pour ce qu'elle doit être, un 
moyen à réunir à ceux dont la science dispose déjà pour éclairer la nature 
de certains changements organiques produits par les maladies, elle a une 
importance qu'on ne saurait méconnaître. Nysten, Thénard, Berzelius, 
Be(*querel, Liebig, Orfila, Simon, Andral, Dumas, Robin et Verdeil (1), 
^'Jaude Bernard (2), etc., ont jeté les fondements de la chimie palholo- 

(1) Robin ei VerdeU, Traité de chimie anatomique. Paris, 1853. 

(2) tJaude Bernard, Leçons de physioloffie expérimentale. Paris, 1855- 56, 2 yoI. — Leçon» 
nrlei effets des substances toxiques. Paris, 1857, 1 vol. — Leçons sur la physiologie et 
le pathologie du système nerveux. Paris, 1858, 2 vol. — Leçons sur les propriétés physiolo- 
Tîntes et les altérations pathologiques des liquides de Vorganisme. Paris, 1859, 2 vol. 



216 MOYENS PHYSIOl-ES D'EXPLORATION. 

gioue. Bien que leurs résultais soient souvent contradictoires, ils montrent 
ce cju'on pourra retirer d'une chimie bien faite et plus sûre de ses proctNj.s 
d'analyse. C'est à leur suite qu'il faut marcher, et, sans être arrêté par les 
incertitudes du présent, s'appliquer à éclairer l'avenir. 

L'analyse chimique a fait connaître en partie la composition normale des 
solides et des liquides de l'économie: les os, les muscles, les cartilages, la 
substance cérébrale, le sang, le lait, l'urine, la bile, etc., ont été analysés: il 
en est de même de certaines productions pathologiques et de quelques tissus 
ou liquides altérés par la maladie. Les altérations des os dans le rachitisme, 
les productions cancéreuses et tuberculeuses, les altérations du sang, de 
la lynjphe, du lait, ont été recherchées avec soin, et l'on a obtenu des ré- 
sultats, sinon entièrement exacts, du moins assez approximatifs pour que 
la science en ait pu tirer parli. C'est à l'analyse chimique qu'on doit la 
connaissance des fonctions glycogéniques du foie, des fonctions émulsives 
de la graisse par le suc pancréatique, des altérations de l'urine par Tali- 
mentation et certaines maladies de la vessie, des reins ou du svstème ner- 
veux; la connaissance des modifications de composition du sang, et, bien 
que les vrais chimistes se rient beaucoup des résultats incomplets auxquels 
sont arrivés Lecanu, Andral et Gavarret (l), Michéa, Becquerel, liodier, ces 
recherches n'en constituent pas moins une science à part, désignée sous le 
nom d'hématologie. I^arloul, sur chaque point d'anatomie pathologique, 
l'analyse chimi(|ue est nécessaire, et, s'il n'est pas toujours possible de 
l'employer à cause de la difficulté des analyses et de la petite quantité 
de substance à décomposer, dans des circonstances opposées il ne faut 
jamais omc^ttre de s'en servir. 

A la chimie pathologique qui se fait, il faut joindre les importants ré- 
sultats de Vanalyse chimique appliquée à la médecine légale et à la toxi- 
cologie. Ici un succès considérable a couronné l'activité du créateur de 
cette science, et Orlila a bien mérité de la science et de l'humanité, en 
montrant que l'analyse chimique pouvait toujours reconnaître, dans hs 
changements organiques produits par un poison ou dans les organes non 
altérés, la substance minérale ou végétale. 

C'est ici que l'analyse spectrale pourra être utile et faire découvrir dans 
It'S viscères la présence du cuivre, du fer, etc. 

La toxicologie est aujourd'hui une science toute faite, qu'il ne s'agit plus 
que de perfectionner dans les détails en y ajoutant les résultats des nouvel- 
les découvertes que pourront faire d'autres chimistes (2). 

il) Andriil ot Gavarrot, Rechrrches sur la romposilhn du sang. Paris, t8ii. 
{"1) V(iy<v. Cliapiiis, Précis de to.ricologif. Pan^, IS8-. 



ANALYSE SPECTRALE. 217 



CHAPITRE XXII 

ANALYSE SPECTRALE 

Un nouveau moyen d'analyse chimique nous a été donné par Bunsen. 
C'est Yanabfse spectrale. Outre ses applications à la chimie , elle peut 
être employée en médecine. Ainsi elle permet d'étudier le sang et 
d en fixer V hémoglobine, et dans les urines elle peut être utilisée pour 
certaines matières colorantes pathologiques et pour les sels métalliques 
qui s'y trouvent 

Observation au spectroscope de la matière colorante du sang,--\]n inté- 
rêt particulier s'attache à l'observation de la matière colorante du sang. 
Lorsqu'on raéle une ou deux gouttes de ce liquide avec 4 ou 5 grammes 
d*eau, et qu'après avoir inth>duit le mélange dans la petite cuve de 
verre (fig. 95 ), on place celle-ci devant le col- 
limateur du spectroscope, on reconnaît dans le 
spectre produit deux larges bandes obscures dont la 
position est constante et invariable. Toutes deux sont 
situées entre les raies D et E (fig. 94, II) ; mais l'une 
est dans le jaune et l'autre dans le vert. En réglant 
l'appareil de manière que le spectre total occupe p,o. gj. _ cuve en verre 
100 divisions, et que le point 40 du micromètre coin- v^ ©bienrcr ici bandei 
cide exactement avec la raie D du spectre solaire * *^^^ 
(fig. 94, I), on peut déterminer avec précision la place et le nombre des 
divisions occupées par chacune de ces bandes. 

Cette propriété de fournir deux bandes d'absorption disposées comme il 
Tient d'être dit appartient à Voxyhémoglobine ou matière colorante du 
globule sanguin combinée à l'oxygène. D'après Hoppe Seyler, un liquide 

qui ne renrerme que ^ d'hémoglobine, examiné sous une épaisseur 

de 0*,(H, présente encore nettement les deux bandes. Dragendorff a 
reconnu que cette assertion est parfaitement exacte, à la condition, toute- 
fois, d'opérer sur du sang frais. 

L oxyhémoglobine privée de son oxygène faiblement combiné possède 
un autre spectre que l'on doit toujours chercher à constater. Sous l'influence 
d'agents réducteurs, comme l'hydrogène suiïuré, le sulfure d'ammonium, 
le tartrate acide d'étain, le sulfate ferreux, etc., les deux bandes dispa- 
raissent pour faire place à une bande unique (fig. 94, 111), située dans 
une position intermédiaire entre les deux bandes précédentes, et, par 
conséquent, placée elle-même entre les deux raies D et E. On donne à 
cette bande unique le nom de bande de Stokes. 

Lorsqu'on soumet l'oxyhémoglobine à l'action des acides ou des alcalis, 
elle se dédouble en une substance albuminoîde, nommée globuline, et en une 




24 s 



I^IOTENS PHYSIQUES D EXPLOR VTION. 



inalière colorante, appelée hêmatine. Celte dernière, en solution acid^^, 
donne une seule bande d'absorption située à la limite du rouge et de I o- 
rangé, tout près et un peu au delà de la raie C (fig. 9-i, IV). Si la solution 



m 



20 



no 



10 



50 



60 



70 



30 



~ — T 




B U 



D 



i: 




r 



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1/ 




liG. i'4. — SjH.'Cir(;> d absorplion. 



e>l ail al i no, la hamle d'absorption est située plus près de la raie D et oc- 
lupe |»rost|ue toute la lariiour de loranire. C'est en raison de celte absorp- 
tion d'une partie des rayons de rextremité rouiiedu spectre, que rhématine 
paraît verte dans la luniière transmise. 

Les deu\ eaiaeleres (juc nous venons de signaler comme appartenant 
à riuMUiiglobine sont tiès importants: mais, pour les constater avec certi- 
tude dans les cas d'ar.ahse medie(.>-legale, il faut donner au liquide le 
di^grtMie eoneentralion eon\enable. ou l'observer sous une épaisseur suffi- 
sante. Lin>que les taehes que Ton a à examiner sont très faibles, et que 
leau dan> laqui^lle on les a dl'la^ees est en proportion relativement consi- 
d«MMbIe, iMi se sert ave/ ava!itage d'un tube de 5 millimètres de diamètre, 
et de l d*vimèhv de lon::ueur tli::. 9ôV Ce tul>e. rode à ses deux extre- 
notes, peut se fermera l'aide de deux plaques en cristal que l'on assujettit 
i^ l'aido d'un caouteboue et d'une monluiv a vis, comme dans les tubes de 
lUol. Lo IuIh? osl aUu^ place borizontalemeul devant la fente du spectre- 



ANALYSE SPECTRALE. 219 

scope, et l'observation peut se faire sous une épaisseur de 10 centimètres, 
sans que la quantité de liquide ait besoin d'être considérable. 

On pourrait craindre, en se basant uniquement sur le procédé spectro- 
scopique, de confondre l'hémoglobine du sang avec certaines matières 
colorantes rouges ou violacées : l'expérience montre qu'il n'en est rien. Le 
suc de eeriseSy les infusions de rose trémièrey de myrtille, de bois de Brésil^ 
de garance^ le vin rouge, les couleurs d'aniline, les acétaleSj kyposulfitesy 
mécùnates et êulfocyanures ferriques produisent bien des changements 
dans l'aspect du spectre ; mais, en aucun cas, les bandes d'absorption ne 
peoveot être confondues avec celles du sang. La cochenille^ il est vrai, 
quand elle est en solution ammoniacale, donne deux bandes qu'un examen 




Pio. 9â. — Tabe pour l'observation des bandes d'absorption des taebes de sancf. 

superficiel pourrait faire confondre avec celles du sang; mais la position 
de ces bandes n'est pas la même, et le sulfure d'ammonium n'y fait point 
apparaître la bande de Stokes. 

Il y a donc de fortes présomptions pour croire qu'on a affaire à une ta- 
che de sang, toutes les fois que le liquide observé au spectroscope forme 
deux bandes d'absorption comprises entre les raies D et E, et que ces deux 
bandes disparaissent sous l'action du sulfure d'ammonium, pour faire place 
à une bande unique située dans l'espace clair qu'elles laissaient entre 
elles. 

Claude Bernard (1) a montré que, dans l'empoisonnement par l'oxyde de 
carbone, ce gaz déplace l'oxygène de sa combinaison avec l'hémoglo- 
bine et s'y substitue. Le sang qui a été ainsi modifié donne deux raies lar- 
ges et obscures, peu différentes de celles que présente le sang oxygéné 
nofmal. Mais la combinaison que forme l'oxyde de carbone avec la matière 
colorante du sang est tellement intime que ni le vide ni l'action des corps 
aTides d'oxygène ne peuvent la détruire. Il s'ensuit que les deux bandes 
d'absorption auxquelles elle donne lieu persistent après l'un ou l'autre trai- 
lement, et qu'on a, dans cette persistance même, un moyen de reconnaître 
la présence de l'oxyde de carbone dans le sang. 

On ne peut méconnaître l'importance que ces faits présentent au point 
de vue de la constatation des taches de sang en chimie légale. 

» 

(1) Claude Bernard, Leçontsur les effets des substances toxiques, Paris, 1857. 



4:20 MOYENS PHYSIQUES d'eXPLORATION 



CHAPITRE XXIII 

EMPLOI DU THERMOMÈTRE 

Malgré les recherches de Sanclorius el de Haen, Temploi du ihermomètre 
en médecine élail tombé en désuétude. C'est de nos jours quWndral, 
lk)uillaud, Baerensprung, Trauhe, Wuiiderlich, Hirlz (1), etc., ayant repri> 
Tusaiïe de cet instrument, ont montré le parti qu'on en pouvait tirer pour 
le diai;noslic de la lièvre, el des diiïérenles espèci's de lièvres éruptives 
ou autres, pour le diagnostic de quelques maladies aiguës, la pneumonie: 
pour le pronostic en général et enlin pour la thérapeutique. 

(\^ n'est pas assez de constater avec la main la chaleur fébrile de la p<'aii, 
on n'obtient ainsi (pie des résultats approximatifs insuflisants pour IVtud»* 
de la lièvre qui est surtout un accroissement de la température pro- 
fonde {il)y et pour les démonstrations de l'enseignement clinique relatives 
aux variations fébriles, aux stades de la lièvre et aux complications qui 
surviennent dans le cours d'un état morbide. On peut se tromper, elil n'y 
a que le thermomètre qui puisse révéler les modilications de la chaleur 
morbide, son accroissement, son déclin, ses variations diurnes et nocturnes 
et, enlin, les degrés de température maxima et minima compatibles avec 
la vie. Il peut même servir de nmyen de constatation de la mort, car au- 
dessous de -^ 'l'I ile::res la mort est bien réelle. Cela résulte de recherches 
nombreuses i|ue j'ai faites sur les animaux et sur les morts de l'hôpital des 
Knfants, après avoir rassemblé onze cents observations C-j). 

Je prenais la température du corps dans la salle au moment du décès, 
puis à la salle des morts au bout de 1-2 heures, de '1\ heures, de 3«> heures, 
de 4S hruros, de 00 heures et de VO heures, en même temps qu'on tenait 
compte de la temptM'ature ambiante, et dans mes tableaux on trouve 
la température nunenne de la mort indiquée par séries d'après les temps 
et d'après la chaleur anil>iante : comme ces recherches ont duré plus de 
deux ans, on a ainsi la leniperalure de la mort étudiée en toute saison. 

lous les liiernionu Irrs ne sont pas egaK inrnl bons pour apprécier la 
vhaleur aniîi.ale. il faut dos iiislrunienls prieurés dans ce but par un 
constiiuîour lî.leili-itMit \ U\ est le lliernioïnetre de Fastre itig. %). l>t 
Hisiiuuie: t peut être pii^i^ire au mercure .m à TaLw^Lmais je |>réfère celui 
qui e>t j»ri jure a ralcovl. a cause de 'a laolite qu'on a de suivre les oscil- 
lations de la ^v>'oîi:îe li.orin kii- irijiio : il ne dy^ t aw^jr que 5 degrés au- 
dossous de ;t:.' x'\ iô demies ..u-.iossu>. :i dv-it tire divise en cinquièmes 

•'»«•-->■ :•••-:.:•.. ••..• •-;.:':. .;::-::.:.:<. Pans. ISoT, l. VI 
\\ T'^. ,: . . ' C V. : . s. 

-' ^ :* ti .' .. .\ ^....■.. . . ■'.::.: f y,- :;■. i" ^:.;;^•l. Paris, lS^i. 



EMPLOI DU THERMOMÂTRE. 



22i 







oa en dixièmes de degré. De plus, pour que rexpérience ne soit pas trop 
longue, il faut donner une grande sensibilité à l'instrument en lui donnant 
un petit réservoir facile à échauffer et une colonne très mince. 

Mieux vaut encore employer les thermomètres à index dont la lecture 
est plus facile. 

On étudie la température superficielle et locale avec des thermomètres 
spéciaux à boule aplatie, et la température profonde avec les thermomè- 
tres que je viens d'indiquer. La recherche des températures 
locales est très difficile, presque toujours inexacte, et ce 
qu'on a dit des températures locales de la paroi thoracique 
dans la pneumonie, la pleurésie et la tuberculose est si 
contradictoire que l'on ne s'en occupe plus. Pour Vétude 
des températures profondes, le thermomètre doit être ap- 
|riiqué dans la bouche sous la langue, dans le rectum ou 
dans Vaisselle. Mais il faut savoir que dans le rectum la 
température est de 1 degré plus élevée que dans l'aisselle, 
comme dans l'aisselle elle est un peu plus élevée que dans 
la bouche. Bien que les résultats obtenus dans le rectum 
soient plus précis en raison de la température plus con- 
stante de cet organe, tous les médecins ne placent Tin- 
stniment que dans l'aisselle, ce qui est suffisant pour les 
recherches cliniques. Ce n'est là qu'une question de conve- 
nance, et, comme on peut toujours placer un thermomètre 
dans l'aisselle, s'il est entendu que toutes les recherches 
thermométriques seront faites en cet endroit, on a ainsi 
en tous lieux et pour toutes les maladies un endroit sem- 
blable pour observer, ce qui permet de comparer les résul- 
tats publiés par tous les observateurs. Dans les maladies de 
Tessie on peut, comme je l'ai imaginé, se servir d'un ther- 
momètre courbe caché dans une sonde. 

Oa verra plus loin (i) quelle peut être l'utilité de la 
thermométrie appliquée au diagnostic; pour le moment, 
qu'il me suffise d'avoir mentionné ce procédé d'explora- 
Uon, et, ^ l'occasion de la température dans les maladies^ 
j'indiquerai, d'une façon plus complète et plus détaillée, 
les avantages que le diagnostic, le pronostic et la thérapeu- 
tique peuvent retirer de la thermométrie clinique. 



Fio. 96. —Thermo 
mètre à alcool 
coloré (Fastr^). 



(1) Yoy. SlGHES rOCBMIS PAR LA TEMPÉBATURE DU CORPS. 



±11 SKiNKS FOl'UMS PAU L'HADITUDE EXTÉUIKIRE DES MALADES. 



LIVRK m 



MI€;.%KH FOtR%IN l>AR l/nABITE'DK KmTKRIEE'RE UWIH M.%I.%DE§ 



Tous les bons ()l)servaleurs savent combien est grande l'imporlance des 
sifînes fournis par les gestes et les allitudes dilîéreules des malades; parle 
s(ui d(^ leur voix, par Téclal el i'ex pression de leurs yeux, par rexpression 
et les mouvemenls de leur physionomie, par la coloralion de leur vi- 
saf^e, ele. Kn ellel, ces si|.'nes ne trompent que rarement et ils permeltenl 
souvent de juuer à distance, et d'un coup d'œil, la nature el Tissue proba- 
bles d'une maladie. Il est presque impossible de décrire les faits de ce 
«;enre, car ils cchapj)ent à lanalyse; on les voit mieux qu'on ne les dit, el 
il faudrait les peindre au lieu de les raconter. Cependant, malgré les diffi- 
cultés de Tentreprise, je vais 1 essayer, alin de familiariser le médecin avec 
les aspects si varies el souvent si caraclérisliques que présente l'ensemble 
extérieur d'un malade. 



CHAPITRE IMIEMIER 
hiM.Nosïu: PAU i/attitidi: du malade 

L'homme en bonne saute se pn-Miile avec toutes les attitudes que né- 
cessite raccomplissiMiicut dos fondions de la vie. liebout el couché, droit 
ou as>is, eu repos ou vn niouvenient. ses mouvements sont libres et faci- 
les, el il> ne tradii:>enl, au dehors, ijut^ son esprit, ses passions, son carac- 
Iciv, ses mslinols el ses hesi»ins. 

Pans Tctat do maLuiio. au lontrairo. ils revoient souvent la nature des 
dosvM\livs oaolus qui ^out^nl ioxotiioo dos \vuc\ oiis. 

l.'aUiludo dohv»ut, ,'..'' ; •.'••. s-', nu-llo, iiui: {Uc rirrosolution, la faiblesse 
uuisouLuiv. ol nu cidl daîiouiio. do lonNaKs.oiico ôu de maladie chronique 
plus ou mo-ns aNan(.o. La nu :r.o ait lu io . '. luc-'lmte avec incertitude et 
douu rosoluiu^u J.os nio!r.:-:i> sol^si :\o da: s l'ivresse el dans les affections 
l\ p!\oiv!os ou avi\r.a;n;OjUos i . 

ralltlui'.o vil :\^u;, '..v^:-'. ' : ..•.;...; d:< ffiomenients muscU' 
.;r ^ viu \;vuo o; dos :::: ::^:\os. .u vi^s .: — :> :>r .•'^los en tous sens, est 
un suv.o ùo oî\\\v S" \ \:\ a v^/.o ::t:v.. -:::.'.:/. i-.s mains ou des jambes, 
ce si la }m:m;\s o a^ :a::v\ 

^^^^^; • > :-• ' :'• : :• : .J-::::^ ^ ^:i^r-::eet à la mobililédes 

•' ^; " .,. 1^»-^. -M, -V ■..-...^A :. : . re : . «z niljif â;î-i!it de ûcvre 



DIAGNOSTIC PAR L'aTTITUDE DU MALADE. 3!23 

mouYements, est le signe d'une manie aiguë prochaine. Je reviendrai un 
peu plus loin sur ces différents phénomènes. 

Virrégularité de la marche est un fait grave et lor$qu'en marchant, les 
deux jambes sautent en fauchant sur le sol, on peut être sûr qu'il existe 
une sclérose de la moelle épinière assurément mortelle au bout de quel- 
ques années. Si une seule jambe tratne dans la marche, le bras corres- 
pondant restant immobile et flasque le long du corps, c'est, au contraire, 
une maladie du cerveau dans l'hémisphère cérébral opposé à la paralysie. 
Mais si une jambe est plus courte et plus maigre que l'autre, c'est qu'il y a 
eu coxalgie guérie avec luxation de la hanche. Quand au contraire la jambe 
est plus courte, froide, atrophiée, c'est qu'il y a eu jadis une paralysie 
infantile alrophique. 

Au lit, l'attitude est également en rapport avec la nature des maladies, 
et suffit pour en caractériser un certain nombre. 

Le décubitus dorsal s'observe dans l'obésité, dans les maladies aiguës 
graves et dans les maladies adynamiques et typhoïdes, dans certaines ma- 
ladies douloureuses, comme le rhumatisme articulaire aigu, la péritonite 
^pié, qui empêchent tout mouvement, dans la syncope, dans la léthargie 
et dans la méningite comateuse (1). 

Le décubitus latéral est généralement d'un bon augure, quand il n est 
pas imposé au malade par la nature des accidents qu'il éprouve, mais sou- 
vent il est le symptôme d'une situation grave. On l'observe dans la pleuré- 
sie aiguë avec épanchement très considérable ; il a lieu à droite si l'hydro- 
Ihorax occupe le c6té droit, et à gauche, au contraire, s'il occupe la plèvre 
gauche. Cette dernière variété de décubitus se rencontre également dans 
les hypertrophies du cœur et dans l'hydropéricarde, dans les grosses 
tumeurs de la rate et dans les tumeurs du ventre, kystes ou autres qui se 
développent dans le côté gauche de l'abdomen. 

Vaititude assise et permanente est le signe de l'asthme, de l'emphysème 
pulmonaire, de Thydrothorax avancé, de la phthisie à sa dernière période 
et de toutes les graves maladies du poumon, des gros vaisseaux et du cœur. 
C'est ce qu'on appelle Yorthopnée. 

U est toujours fâcheux de voir les malades s'obstiner à changer l'attitude 
horixontale du lit pour se lever ou s'asseoir sans tenir en place, et il est 
rare que ce ne soit pas là un signe de mort. Il en est de même de ceux qui, 
étant sur le dos, jettent les bras loin du corps et tiennent les extrémités 
inférieures écartées ou fléchies en changeant perpétuellement de place. Ce 
phénomène qui annonce ,une grande perversion des forces, est connu sous 
le oom de jactitation. C'est encore une chose grave que de voir les mala- 
des placés dans le décubitus dorsal couler au pied de leur lit, quoi qu'on 
tisse pour les remettre sur leur oreiller. 

Quelques maladies modifient à leur manière le décubitus dorsal ; ainsi, 

(1) Ici r immobilité ett fMurfois absolue, marmoréenne, et donne sauf la couleur de la peau 
rimage de U mort. 



2ii SIGNKS FOURNIS PAR l'iIADITIDE EXTÉRIErRK DES MALADES. 

dans la suHocNitioii du croup et des autres maladies du larynx, les enfanh 
rouelles ont la lèle renversée en arrière ; — dans la conlraclure essentielle, 
les malades restent couchés avec les mains sur le ventre, leurs doiets rai- 
d<\s vl rapprocîliés les uns des autres ; — dans la catalepsie, ils sont immo- 
biles, et, dans le tétanos, en méïne temps qu'il y a renversement du corps 
en arrière, ou inclinaison latérale, il v a contracture des mâchoires, uw 
If ismiiSy de temps à autre de vives secousses douloureuses dans les mem- 
hres donnent lieu à des raideurs musculaires très prononcées. 

(ihez quelques malades, l'altitude est toute dillérente, et le décubiUis 
a lieu sur le rentre. C'est ce (|ui arrive dans la colique de plomb, dans la 
eoli(|u<» sèche ou nerveuse, dans les violentes douleurs de la colique ne- 
|)hrrti(|ue, etc. ; mais ce phénomène, généralement de courte durée, cesse 
avec les douleurs. On observe quelquefois, dans ces différentes maladies, 
l'altitude momentanément verticale, assise, immobile, demi-lléchie, le 
haut (lu corps incliné en avant, avec application des mains sur le ventre. 

L'attitude peut encore être modifiée par une foule de maladies et de 
difformités, l/indinaison de la tète sur le cou s'observe dans le torticolis 
rhumatismal, et à la suite d'une arthrite cervicale ou d'une carie des verlè- 
bres. Les liibhosités annoncent le rachitisme, la carie vertébrale ou une 
simple nMraction musculaire : il y a une attitude horizontale particulière, 
dans laquelle le bassin, léiièrement incliné sur le côté, et la cuisse corres- 
pondante à moitié tlechie, indii|uenl une maladie de la hanche, probable- 
nunit une coxakie, etc. 



CHAPITRE II 

lUVi.NOSTlC 1»\\IMU:S I.E VOLl ME VV COUPS, SON POIDS 

HT SA TAILLE 

ARTICLE PREMIER 

D! U'.N >7a' l''\: P/rS LE NOLTME IV L'JP.l'S 

l.\uunuM:;a; vMI àe xoluir.o liu corps prut avoir lieu d'une manière 
i^eut^iw.o ^ ;î ivvaio. par >'j;U lie rvucun.uiali^n dv ^rraisse, de gaz ou de 
l.qauios vi.WiS le> l.>sus, et par >a te lir i h} y^trlropLio de certains organes. 
l\^ la Vv si; uv.l vies s iir.os ra.;\: *.;.:.•.- ivui le d a-:iîôslic. 

{\:>i:.\ l avMiîîîu'.svl oî; ^it ^i: A.>-t . coî.::v.e sous le nom d'obésité ou. 
k\c / .-.i^ :'\'i(\ c>\ \\\w à>;o> : :: e. :vîî.i:r.e qui ^Ttiie la plupart des fonc- 
tions, ol qu:, dar.s oorîa r.es c :v\'î.>;a:.ees, p^uî e^xasioi.ner la mori, ainsi 
tjuo jt^ Iaï vu sur uv.o oa:u^ : ..v vie .i \-s-. :*. di:s CvU^ht-e dans les salles de 
IWUii À l lloioi-l\cii, 

^"V*l jvArto s che: lasia.u u:; e'.a: :. )s..!:^que prvKiuil par le repos 



on DIAGNOSTIC D'APRÈS LE VOLUME DU CORPS. 225 

exagéré et la nourriture très abondante, mais c'est aussi une maladie dont 
(m 06 coonatt point les causes. 

Daos l'enfance, c'est l'indice d'une constitution lymphatique et scrofu- 
leose. Chez l'adulte, c'est assez souvent un phénomène concomitant de la 
glycosurie. 

Emphysème, — L'augmentation de volume du corps, produite par l'accu- 
mulation des gaz dans le tissu sous-cellulaire, ou emphysème sous-cutané, 
a ordinairement lieu à la suite d'une communication accidentelle du 
poomon ou du larynx avec le tissu cellulaire sous-cutané, après une bles- 
sure ou une rupture de ces organes. C'est le symptôme de certaines frac- 
tares de côte qui ont intéressé le poumon; de ruptures de poumon à la 
suite de très violentes quintes de coqueluche ; de certaines opérations de 
trachéotomie lorsque l'ouverture de la trachée n'est pas bien en face 
de rincision de la peau; on l'observe également autour de certaines plaies 
gangreneuses, dont les liquides en fermentation produisent des gaz qui 
se répandent dans le tissu cellulaire du voisinage. Ex. : la pustule maligne. 

C'est une lésion dont il est facile de reconnaître la nature au moyen de 
la pression des doigts, qui détermine une crépitation fine très abondante. 

(Edème. — Lorsque l'augmentation du corps ou d'une partie a lieu par 
suite de l'infiltration des liquides et principalement de sérosité sous la peau, 
Vanasar^ ou Yœdème qui en résultent se reconnaissent à la mollesse et 
à l'empâtement des tissus, qui conservent l'empreinte de la pression des 
doigts sans faire entendre de crépitation. On appelle anasarque l'infiltra- 
tion séreuse générale du tissu cellulaire sur tout le corps, et œdème l'infil- 
tration séreuse partielle, localisée sur un point peu étendu. Ce sont des 
phénomènes de nature très complexe. — Uanasarque indique, soit un 
trouble de la perspiration cutanée qui est supprimée, soit plus ordinaire- 
ment l'anémie et la diminution de l'albumine du sang ou la présence 
d'obstacles considérables à la circulation dans le foie par cirrhose gênant 
le cours du sang dans la veine porte; soit une afiection du cœur atteint 
d'hypertrophie simple, — d'hypertrophie avec rétrécissement ou insufS- 
sance des orifices valvulaires parfois accompagnée d'asystolie; soit un 
obstacle à la circulation par certaines maladies du poumon telles que l'em- 
physème étendu. — Il s'observe dans la néphrite albumineuse, dans les 
cachexies, dans la convalescence de la scarlatine. Lorsque l'anasarque 
commence par les paupières d'où il gagne tout le corps il révèle la néphrite 
parenchymateuse simple ou albuminurique ; — dans les maladies du cœur et 
de laorte, il commence par les pieds, — enfin dans la cirrhose il ne vient 
qu'à la dernière période de la maladie et succède à l'ascite, etc. — L'œdème 
est local et se rattache aux mêmes causes, et de plus s'observe dans les in- 
flammations locales et dans les obstacles au retour du sang veineux vers 
lecceur. Il accompagne l'érysipèle, le phlegmon, la variole en suppuration, 
làphlegmatia alba dolens, les maladies des organes qui compriment les 
vaisseaux des membres, etc. 

Hffpertrophie cutanée. — Dans certains cas enfin , l'augmentation de 

B. — DU61I08TIC. 15 



220 SIGNES FOURNIS PAR L HABITUDE DU CORPS. 

corlaines parties du corps est le résultat d*une hypertrophie partielle des 
tissus, notamment de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané et sert au 
diaf^nostic de certaines maladies. Cela se voit dans la paralysie pseudo- 
hyperlrophiquc. Quelquefois aussi, le sclérème, le myxœdème s accora- 
paf!;nent de fondement dur de la peau. — L'éléphantiasis tuberculeux des 
Grecs et Téléphantiasis des Arabes, quoique d'une apparence très différenle, 
sont surtout caractérisés par l'hypertrophie et l'augmentation considérable 
du volume des parties affectées. 

Amait/tissement et atrophie. — La diminution de volume du corps con- 
stitue ramaigrissement. Si le phénomène est local, il caractérise l'atrophie 
des membres et de certains tissus. Il dépend de c^iuses générales ou par- 
tielles. 

l/anïaigrissement général, constitué par la résorption de la graisse el 
l'atrophie du tissu musculaire, est fréquent dans les maladies aiguës el 
chroniques. C'est la consomption. Il existe dans la phthisie pulmonaire 
tuberculeuse, dans les ulcères du poumon, dans Tenlérite chronique, 
surtout chez les enfants, dans la dyspepsie, le cancer et l'ulcère de l'es- 
tomac, à la dernière période du diabète et de la polyurie, dans toutes les 
maladies organiques. Ouehjuefois très rapide, comme dans le choléra, à 
c^uise des abondantes évacuations gastro-intestinales, il est, chez d'autres 
malades, assez lent à se produire. C'est le signe d'un trouble profond de 
la mitrilion causé par un état général grave. 

Pans quelques circonstances, lamaigrissement est localisé au tissu 
musculaire de eerlaines régions, principalement des mains et des membres 
supérieurs. (Vest une atrophie des muscles qui les fait disparaître en grande 
partie. (>l amaigrissement plus ou moins marqué, signe d'une altération 
des nerfs et des racines rachidionnes. a été designé par Cruveilhier sous le 
nom d'ttfro'yhfc nmsi ni lirr proji\^s$irc ( I ). L'inspection seule des parties 
amaigries suflit pour faire rei\Minaîlre la nature de l'etal morbide. Cette 
alr\>phio nui>eulaire s'observe encore au visage dans Yatrophie laminense 
./<* /j f\ii r ;dans eoi laines;- r r .yNi-A Luiales anciennes, dans les paralvsies 
ile l'eniauie CiMn|>lii)ihvs de digeneiescence graisseuse des muscles ava' 
atn^plne des eel Iules de la niv I o d.ins ses cornes anlerieures el dans les 
|viral\Mes rluiniaî:s'na'.e>. Kl.e s\'l^>er\o vians les membres inférieurs, dans 
le> qualio mo;r.[v.vs. mît ira >ei;l Je> me'ML«:v> superit-urs, sur un seul 
i\)u>vie ov^îu'ue leviei:o.>:e o.: le gra!./. .:•;:. ult . La mani*^rr^dont elle débute 
nnrliqne m na:u:v <'î ivrrae: vi- r. 'a :\ .r .i...-:r.:s:ie. Subitement le malade 
esi tVa.^iv^ lie ;vu\il>>.i :r. ;;>.■;;!.-. :x^ s.v..> ;vr:t .ie C'^-nnaissance, assez sou- 
>eitl jVîuiar/, la :.;; î. e: ses :v.::>;!cs :.\-. «r >>i .: rar-jt-menl et disparais- 
>eel M ou w a\o îe iv\s la v.:a .. .^o ivr ;: •: - !t\:: ns: on immt^iiale (-). C'est 
une |v^3aî\>ie îv.u>v;: a :y .•;:..";:..;■: •: r ;:: u.u !i>:i!a.jie spinale prirai- 
Ine. — l 'Al:\\\';.e 'jvv.'.îo'.le ^.^^t•^c -..wr-: sj.: ics rjtmbres atteints de 



SIGNES FOURNIS PAR LA PEAU. 227 

tomeun Manches ou ayant une maladie de Tos, et chez des sujets dont le 
membre est resté trop longtemps comprimé par un appareil de fracture. 

ARTICLE II 

RAPPORT DU POIDS ET DE LA TAILLE DU CORPS DE l'hOMME 

L'homme d'une taille de i^^SO et au-dessus doit peser au moins 70 kilo- 
grammeSy s'il est bien portant. Au-dessous de 65 kilogrammes, il est sus- 
pect et menacé de maladie. 

Pour la taille de l^JO, le poids doit être de 60 kilogrammes au moins, et 
aiHlessous, c'est la débilité excessive. 

Pour les tailles de l"y54 à l^JO, le poids doit être de 50 kilogrammes au 
moins el augmenter à mesure que la taille s'élève (1). 

CHAPITRE III 

SIGNES FOURNIS AU DIAGNOSTIC PAR LA COLORATION, LA MOLLESSE, 
U DURETÉ, LES ÉRUPTIONS ET LES TACHES DE LA PEAU 

La coloration de la peau offre des nuances variées, dans l'état naturel, 
selon les climats, le sexe, Tàge, le tempérament, les passions, les occupa- 
tions habituelles, etc., et il n'y a peut-être pas chez ladulte deux visages 
dont le teint soit absolument semblable. Cependant, à ces colorations di- 
verses, en rapport avec l'état de santé, il faut en ajouter un certain nombre 
d'tatres qui présentent des caractères particuliers propres à l'état de ma- 
ladie, et qui sont d'une importance capitale pour le diagnostic. 

La peau est généralement rosée dans la pléthore et dans l'état fébrile, 
dans la 6èvre inOammatoire et au début des fièvres éruptives. Elle est 
presque uniformément rouge pointillé dans la scarlatine, gardant une 
trace blanche après la rayure faite par le bout de l'ongle (3) ; rotige granité 
dans la rougeole et dans Pérythème simple ; elle oiïre des taches rouges 
avec tuméfaction circonscrite dans l'érythème noueux, des surfaces rouges 
plus ou moins étendues dans le coup de soleil et dans l'érysipèle, des pla^- 
jues rouges avec empâtement considérable dans le phlegmon, des taches 
rouges $aiUanteSy avec relief blanchâtre au centre dans l'urticaire et les 
piqûres de punaise, etc. Ces rougeurs ont quelque chose d'aigu et sont 
accompagnées d'une certaine chaleur cutanée. Elles disparaissent momen* 
tanément sous la pression du doigt et reviennent aussitôt que la pression 
a cessé. Quelques-unes cependant, comme celles de la scarlatine, dispa- 

(I) ValUn, RecueU de méd. miUL, t. XXXII, p. 401 

(i> K. BottciMi, Maladies de» novvMiMi^, 7* édition. Paris, i87S. 



228 SIGNES FOURNIS PAR l'hABITUDE DU COBPS. 

raissent pendant quel(|ues minutes sous Finfluence du frottement, et une 
rayure lé'ière avec le doi^t ou avec le dos de l'ongle produit une /vii> 
blanche assez loiiiilenips visible. J'ai pu écrire de cette façon, en traces 
blanches, le nom d'une malade sur la peau de l'abdomen. — Elles dispa- 
raissent parfois en quel(|ues heures, et en règle générale, toutes les fois 
que, dans une éruption ou dans une maladie aigué, la rougeur de la peau 
cesse subitement, sans cause apparente, le pronostic devient très grave et 
il v a danirer do mort. 

La coloration brune, violacée, noirâtre partielle s'observe dans les ecchy- 
moses, suite de contusion, dans les hémorrhagies de scorbut, et dans 
les hémorrhagies cutanées qui constituent les pétéchies, les infarctus des 
fièvres et les taches du jiurpura hemorrhagica. 

Il y a une teinte ronge bleuâtre livide qu'on observe dans le frisson, 
dans le scorbut, dans certaines maladies adynamiques, dans les maladies 
du cœur et dans la plupart des affections chroniques de l'intestin. Lorsque 
celte ttMUte livide passe au bleu ou au violet bleuâtre, ce qui airive dans 
certaines maladies du larynx, du poumon et du cœur, dans le cho- 
léra, etc., on dit qu'il y a cyanose. C'est une coloration qui est due, soit au 
mélange des sangs artériel et veineux, soit à la gène de la circulation pul- 
monaire. C'est à celte dernière cause qu'il faut rattribuer, dans les maladies 
du cœur avec persistance du trou de Rotai ou ciMumunicalion des ventri- 
cules, à la gène circulatoire des poumons dans le ivtrécissement de Tartère 
pulmonaire. Ailleurs, elle résulte de l'absence d'hématose et de Vanoxémi^ 
ou c'irf")}}rf}tl,' comme dans le croup et la bronchite capillaire. Dans ce cas, 
comme je l'ai fait connaître le premier avec la coloration bleuâtre, il va 
aneslht'sie cutaree plus ou moins complète produite par l'accumulation de 
l'acide carboni(]ue dans le sang. C'est aussi au de(\iut d'hématose dans le 
choiera, qu'il faut rapporter la cyan^si^ cholérique, qui a pour siège prin- 
cipal le visage et l'extrémité des membres. 

La co'or ftn.'ti rou'je'ln ^^<•7^^' /" '/T être ifitci fnittf'nte, et, si l'on étudie 
avec Si'iii la forme sous laquelle el!e se présente, on verra qu'il est possible 
d'en tin r u\\ > «r.e nnportaul pour U' ili.i-n '>t'c et pour le pronostic. Ainsi, 
dans la nicî.i'.i-iite rt dans les a!Teeli>«r;s k irbiales ai-rues de l'enfance, qui 
s. Mit presque' ;.'.;\'urs nuMl'!hs,v'n »'l»srrve une coloration subite, fuiiilive 
tt vit» vîiulU^: S-, .1 courlis i^riodes. qui rst îit'S earaeleristiijue. 

1 -î ; :. •»• •- ' • m u'r>\ pas ni-'ins im:» .^taiiU' a étudier que les autres 
colv atie>ns de vo: iT^ar.e. F! e csî ' - •,•• ..u ' •*""• /'^ ei froiâe dans le fris- 
son x'.es îieNresiK'.eruiilMiUs. i . .' e>t ■ -. • :.* , . f> ;»/ /'-dansles scrofules, 
viaîis l anoniîe heii.OMl.a^; ]iîe ou sp'î.taKtO. dans certaines maladies chro- 
n qius : elle est r •:• . • r» :/' ■• ou • c" : ?:- -- dans la chlorose, et il v a en 
mè!îie îenrps de.'oloratu-îi des lexres et d^^s on-rles. On la trouve pâle ci 
< :;•. tetîYuse, dans Ks Tualadies ehro:!: ;ues de l'iuieslin ou des poumons, 
ol ceia iv^ulto des ma::èrt^s saiiîus d-. ivs-rts chanie -our à la surface du 
corps par la |vi^pirativMi ser.s.ble ou iiîsn.s-b'e. A celte teinte pâle se rat- 
tache L\ couleur blanche mate, '^wiîieile, obs<rvee même chez les blancs 



SIGNES FOURNIS PAR LA PEAU. 229 

dans une maladie appelée vitiligo. Le pigment disparaît, et il en résulte 
des taches blanches plus ou moins étendues, très différentes par leur as- 
pect de la coloration blanc rosé des téguments voisins. Si la maladie 
oceape une partie du corps couverte de poils, ceux-ci sortent blancs comme 
les cheveux d'un vieillard. J'ai ainsi connu un jeune homme qui avait les 
sourcils et la barbe du côté droit entièrement décolorés, tandis que les poils 
du côté opposé de la figure étaient noirs. 

La coloration jaune connue sous le nom d'ictère indique certainement 
une maladie du foie, mais sans en préciser la nature. Elle s'observe, soit 
d*uoe &çon passagère au début des maladies aiguës, soit d'une façon plus 
permanente dans la fièvre jaune, dans les maladies bilieuses, dans les ma- 
ladies des conduits biliaires obstrués par des calculs occupant les conduits 
biliaires seulement ou le canal cholédoque, et dans les altérations orga- 
niques du foie telles que hépatite aiguë ou ictère grave, certains abcès du 
foie, quelquefois les kystes hydatiques et surtout le cancer hépatique. Elle 
est générale, plus marquée sur certaines parties que sur d'autres, mais 
quand le trouble des fonctions biliaires est profond, elle couvre tout le 
corps. On en distingue la nature parce qu'elle occupe en même temps les 
conjonctives et la face inférieure de la langue. Elle résulte du passage de la 
matière colorante de la bile dans le sang à la suite de la rétention biliaire, 
et elle se présente avec les nuances du jaune citron ou de jaune verddtre 
foncé, tirant sur le vert. Une teinte j'aun^ clair avec liséré noir des gen- 
cives, coliques et constipation chez un homme qui travaille au plomb 
indique l'ictère saturnin. 

Une coloration jaune, mais de nuance différente, est la teinte jaune 
paille des cachexies, et particulièrement du cancer à sa dernière période. 
Elle tient le milieu entre la pâleur de Tanémie et la teinte jaune de l'ictère : 
sa cause est inconnue. 

Il y a aussi une teinte jaune verddtre de la peau qu'on observe chez 
quelques jeunes filles chlorotiques, et qui ressemble beaucoup à la nuance 
dn chlore. Seulement ici la couleur se distingue de l'ictère en ce qu'elle 
neiiste ni sur les conjonctives, ni à la base de la langue, ni dans les 
orines. 

11 y a enfin, sur le visage, une variété de teinte jaune tirant sur la cou- 
kur du bronze, et qui a reçu le nom de couleur bronzée. C'est, d'après 
Addison, le signe d'une lésion des capsules surrénales, maladie toujours 
mortelle. Cette couleur, qui paraît être la conséquence d'une accumulation 
considérable de matière pigmentaire, s'observe dans quelques cas de 
phthisie pulmonaire, et partiellement dans la grossesse où elle constitue 
ce qu'on appelle le masque; elle n'apas d'importance sémiologique abso- 
lue, à moins qu'elle n'occupe tout le corps. 

La coloration noire de la peau, presque semblable à celle du nègre, 
a été observée par Chomel et Rostan. C'est un fait excessivement rare, dont 
la cause est restée inconpue. 

Il en est de même du seul exemple de coloration bleue avec sueur colo- 



230 SIGNES FOUHNis i»Aii l'habitudk dl: corps. 

rant le linge en bleu signalé par Billard, comme un exemple d'altération 
des sécrétions cutanées. 

C'est dans celte dernière variété de coloration cutanée qu'il faut mettre 
la coloration noirâtre des paupières inférieures et de quelques autres par- 
ties du corps observée sur dix-neuf femmes par Le Hoy de iMéricourt (1), 
étal morbide qu'il appelle chromidrose (transsudalion dematière colorante). 
Comme dans les observations antérieures de Yonge, de Billard, de Read, de 
Moore, deNeligan, de Gibert, la peau offre des taches noirâtres, bleuâtres, 
sus-épidermiques disparaissant par le frottement du linge, qui reste sale 
comme si on l'avait noirci avec du noir de fumée. J'ai vu un exemple chez 
une dame affectée de nervosisme. Ce serait, s'il n'y a pas de supercherie 
féminine dans tous ces cas observés chez des femmes, une sécrétion anor- 
male de matière colorante spéciale. M. Le Boy de Méricourt attribue ce vice 
de sécrétion, dont la durée varie de quelques mois à sept ans, à une per- 
turbation générale causée par la suppression totale ou la diminution rela- 
tive du (lux menstruel. 

Une dernière variété de coloration des téguments, c'est la teinte ardoi- 
sée, bleuâtre, des individus depuis longtenips soumis à l'usage intérieur du 
nitrate d'argent pour l'épilepsie ou quelque autre maladie nerveuse. C'est 
une coloration analogue à la cyanose. Elle est à la fois superficielle et pro- 
fonde, indélébile, (|uoi qu'on lasse pour l'enlever, et elle paraît être la 
conséquence d'un dépôt général d'oxyde d'argent dans les tissus. 

§ t. — MollcHNC, dureté et fermeté de la peau. 

La fermeté de la peau augmente légèrement dans les maladies aiguës 
inflannnatoires, lorsqu'il y a augmentation réelle de l'état des forces. 

Klle augmente d'une fa^on considérable et durcit d'une façon étonnante 
dans une maladie singulière, de nature à peu près inconnue, désignée sous 
le nom de sclérime ou scié roder mie, et qu'on observe à la fois chez Fadulle 
et chez les enfants nouveàu-Ufs {'!). Sa constatation seyie est un dia- 
gnostic. Alors la peau est pâle, blanchâtre, marmoréenne et dure comme 
celle d'un cadavre gele. — In jmreil phénomène, en rapport avec des 
causes différentes, s'observe quel([uelois sur les membres inférieurs à la 
suite de rinllanunation chronique du tissu cellulaire qui environne les 
varices des jambes, ('.est un état (|ue Ord a appelé vif/xœdème et d'autres 
cachexie pacliiidrcmiqne. 

La tlaceidile, la mollesse et la p«M'te d*<'lasticité de la peau s'observent, 
au contraire, dan> les maladits :uh naniiqut^s, dans les cachexies et dans 
les llux (le ventre, cholériques ou autres, ijui déterminent un amaigrisse- 

(P Le Pu'v lie Mcrivourl, Mémoire m/» / ; :'{in)nnlri>s»', ou (.hromocrinie cuUiné'', 
Paris, ISCa. 

['t) Voy. Tliirial, J(»u/M(i/ iU'< cnun'is<anct'^ i}i''>lir>>-, inrur<]'u\iles, 1811, — P. Horlelonp, 
Delà Sclt'rodt'nnie, Uu-so inan^'mwK'. Im'»>. — l.i't'il!'*. Xotn-^'.iii i^irtionv. de med. et >i^ 
thiftinj. jurt. l'ans tS^^'i. ; \\\l|. y t. M. 



SIGNES FOURNIS PAR LA PEAU. 231 

ment rapide. Ce sont en particulier les caractères de la peau chez les en- 
fants atteints d'entérocolite aiguë ; leurs chairs s'ainollissenti et le pli qu'on 
hit à la peau reste longtemps visible avant de s'effacer. 

Dans le diagnostic du choléra des adultes et de Fentérite cholériforme 
chez les enfimts, ce signe est très important à rechercher. 

S a. — mrmwamwm et UielMs de la pemm. 

Des taches et des éruptions variées de couleur différente se produisent 
dans le cours de certaines maladies. 

Des taches hémorrhagiques miliaires, noires, véritables petites ecchy- 
mosesy formées de sang infiltré dans la peau, apparaissent souvent dans 
le cours de répilepsie, à la suite des efforts d'une attaque violente avec 
forte congestion violacée du visage; ailleurs, on les observe dans l'évolu- 
tion du scorbut, du purpura simplex, du typhus et de la fièvre typhoïde : ce 
sont des pétéchies. Elles se développent également à la fin des maladies chro- 
niques; c'est \e purpura cachectique^ et alors leur présence annonce tou- 
jours une mort prochaine. — Elles varient du volume d'une tète d'épingle 
an volume d'un pois, et, dans quelques circonstances, au lieu de taches 
noires bien circonscrites, ce sont de véritables ecchymoses brunÀtres pro- 
fondes qu'on observe. II faut les rapporter à une altération moléculaire 
profonde de la fibrine et des globules du sang. — Quand ces taches bleuâtres 
sont sous-cutanées, la peau restant saine, ce sont des infarctus saus^ 
cutanés dus à des embolies capillaires, et elles indiquent l'endocardite 
végétante, la thrombose cardiaque causée par la septicémie diphtéri- 
tique (1) purulente ou typhique. 

D'autres taches d'apparence ecchymotique s'observent également, dans 
les fièvres continues et dans les maladies adynamiques, à la surface du 
ventre et des cuisses. Ce sont les taches bleues ou bleuâtres, généralement 
assez petites, à peine apparentes et accompagnées d'une légère dépression 
de la peau. Duguet dit qu'elles sont dues à des morpions ou pediculi 
pubis, mais cette affirmation demande à être vérifiée. 

Il y a aussi des taches rosées, dites lenticulaires à cause de leur petite 
dimension, et qui sont formées par une petite tache rougeàtre, sans éle- 
vure, disparaissant sous la pression du doigt pour revenir aussitôt qu'on a 
cessé la pression. On les observe sur le ventre, sur la poitrine et plus rare- 
ment sur les cuisses dans le cours de la fièvre typhoïde, entre le dixième et 
le quinzième jour : c'est un des principaux caractères de la maladie. 

On observe enfin, sur la peau, des sudamina, ou vésicules transparentes, 
miliaires, excessivement petites, sans changement de couleur à la peau 
ou avec une petite auréole inflammatoire à la base. Ces vésicules s'obser- 
vent souvent dans la scarlatine dite miliaire, dans la fièvre typhoïde, et 
dans les maladies aiguës accompagnées de sueurs abondantes. Elles rcsul- 

(t) E. Bouebut, De$ infarctus sanguin» dans le choléra, la diphthèrite, etc. 



232 SIGNES FOURNIS PAR l'iIARITUDE DU CORPS. 

lent du soulèvement de l'épiderme par la transpiration cutanée et n'ont 
aucune valeur diagnostique. 

Les éruptions de la peau sont des plus variées, et, d'après leur lorrae 
anatoinique, constituent un certain nombre de classes, dans lesquelles on 
range toutes les maladies cutanées. Ce sont: 1° les exanthèmes ;'±' les vén- 
cules ; 3'' les bulles; 4" les pustules ; 5" les papules; 6** les squames; l' les 
tuberculeSy et 8° les macules^ lésions qui ont une importance considérable 
pour le diagnostic, car la forme, retendue et la couleur de chacune d'entre 
elles indique une maladie spéciale. 

Les exanthèmes sont des taches rouges plus ou moins étendues, discrètes 
ou confluentes, larges comme des lentilles isolées ou confondues, dispa- 
raissant sous la pression du doigt, exemples: la roséole, la scarlatine, la 
rougeole, etc. Au point de vue du diagnostic, elles n'ont de valeur que si 
on les rapproche des commémoratifs et des phénomènes généraux observés 
chez les malades. — Ainsi les taches de la roséole, discrètes, sans fièvre, 
cuivrées, révèlent une éruption syphilitique que confirment d'autres sym- 
ptômes; ces mêmes taches plm rosées indiquent une éruption copahique, 
quinique et chloralique, si les malades ont pris de la quinine, du chloral, 
du copahu, de la belladone. 

Dans les résicules se trouvent les petits soulèvements de Tépiderme par 
delà sérosité limpide ou purulente, exemples: les sudamina, pellucides 
transparents qui n'ont aucune importance diagnostique ; — les vésicules 
opaques apyréliques sur une peau saine aveu petite auréole rouge qui font 
diagnostiquer Veczéma ; les petites vésicules nombreuses avec fièvre et un 
état général grave qui indiquent la variole au second jour de l'éruption, etc. 
Les bulles ou phhjctènes se rapprochent bc^aucoup des vésicules, mais 
elles en dilTèrent par le volume, qui est infiniment plus considérable et qui 
varie de I à 4 centimètres de diamètre. Ce sont des vésicules très volumi- 
neuses, exemples : le ])em\)h\'^us cachectique ou syphilitique chez les enfants 
nouveau-nés atti'iiils de syphilis congénilalo ; le pemphigusdes adultes, etc., 
les bulles de rupia que l'on distingue à leur auréole rouge brun, etc. 

Les pustules sont de petites tumeurs liquides remplies de pus, formées 
à la surface de la peau enflammée, exemples : les pustules de variole, d'abord 
ombiliquées, dures et solides, puis arrondies, opalines, remplies de pus 
blanc et accompagnées de fièvre avec état général grave , les pustules 
dacné sur le dos et le visage, sans fièvre aucune et sans rougeur de la peau 
dans l'acné juvenilis, avec rougeur du derme au contraire, dans l'acné ro- 
sacea; les pustules de la morve; la pustule maligne, petite vésicule noirâ- 
tre sur un fond dur, rouge brun. 

Les papules se présentent sous forme de petites élevures solides de la 

peau, pouvant donner lieu à une petite ulcération, exemple: le prurigo. 

Les squames sont des accumulations plus ou moins considérables de 

lamelles épidermiques juxtaposées ou accumulées les unes sur les autres, 

exemple: le psoriasis. 

Les tubercules de la peau sont de petites tumeurs cutanées permanente 



SIGNES FOURNIS PAR LA TEMPÉRATURE DU CORPS. 233 

plus oa moins volumineuses, susceptibles de s'ulcérer au sommet, exem- 
ples: Téléphantiasisdes Grecs, les tubercules syphilitiques, etc. 

Les macules enfin sont des colorations anomales rouges ou blanches du 
denne,sans trouble général de Téconomie, exemples : le leucomay qui est 
blanc, les nœvus pigmentaires ou taches de vin, qui sont d*un rouge cra- 
moisi, etc. 

Ces différentes classes de maladies de la peau reposent exclusivement, 
comme on le voit, sur la forme extérieure, et elles comprennent un grand 
nombre de genres, d'espèces et de variétés, dont le diagnostic exige une 
étude approfondie de la matière et qu'il n'est pas nécessaire d'indiquer ici. 

La peau offre encore un certain nombre d'altérations visibles à l'exté- 
rieur, et qui peuvent fournir un certain nombre de signes diagnostiques. Ce 
sont les plicatureSy les tumeurSy les gerçures, les excoriationSy les ul- 
eèreSy dont les apparences variées méritent d'être examinées avec soin. 
On T trouve quelquefois des caractères d'une haute importance. Ainsi les 
plicatures permanentes de la peau, produites par les plis des draps, in- 
diquent la boufGssure des téguments ; les tumeurs dures ou fluctuantes 
annoncent l'état solide ou liquide de leur contenu ; les tumeurs pulsatiles 
ou animées d'un mouvement vibratoire dépendent d'une maladie des ar- 
tères; la forme d'un ulcère révèle en partie sa nature, etc. On y trouve quel- 
quefois des reliefs provoqués par le frottement. C'est lapeau autographique. 

Chez certaines femmes hystériques ou seulement nerveuses la peau pré- 
sente parfois la propriété singulière de se gonfler sur les endroits frottés. 
De sorte que si avec un crayon mousse on raye la peau, ou si l'on écrit un 
mot et un dessin, ce que l'on a dessiné, au bout de quelques minutes, pa- 
rait en relief d'une façon très apparente, et cette impression persiste pen- 
dant plus d'un quart d'heure ou d'une heure. 



CHAPITRE IV 

SIGNES FOURNIS AU DIAGNOSTIC PAR LA TEMPÉRATURE DU CORPS 

La température de la peau est. très variable dans l'état de santé et dans 
l'état de maladie. Elle n'est pas toujours en rapport exact avec la tempéra- 
ture des parties profondes, et elle diflère, chez le même individu, pour les 
différentes régions du corps et d'après la température extérieure. Je vais en 
indiquer les variations. 

Il y a, comme on sait, une température profonde et une température 
superficielle du corps,, l'une assez constante, que l'on mesure à l'aisselle, 
dans la bouche ou dans le rectum ; l'autre, au contraire, très variable, et 
qui est facilement modifiée par les changements de la température exté- 
rieure. On peut aussi la mesurer dans la vessie à l'aide d'un thermomètre 
recourbé caché dans une sonde ; la première, prise dans l'aisselle, a été 
filée en moyenne à 37 degrés centigrades, par le rectum elle est de 38 de- 



"l.ii >IG>ES FODK.MS l'AU LllABlTl'DlC l)i; LOKl'S. 

ii;rés. La température superficielle, au contraire, varie selon les différentes 
régions du corps, et ne s'élève guère au delà de 30 et 32 degrés. 

La température profonde mesurée dans l'aisselle s'élève constamment 
dans Télat fébrile, et elle atteint les chiiïres de 38, de 42 et même 43 degrés 
centigrades, mais rarement davantage. C'est un fait général confirmé par 
tous les médecins, et on l'observe dans toutes les inflammations, dans 
toutes les fièvres, même dans le choléra, dans le frisson le plus intense des 
fièvres intermittentes, et, d'après Doyère, dans toutes les agonies jusqu'au 
moment de la mort. Elle s'élève même de quelques dixièmes après le der- 
nier soupir. 

Y a-l-il dans cette élévation de la température la preuve d'un état mor- 
bide et d'une maladie comme le prétend l'école allemande? Je ne le crois 
pas. 11 est certain que la plupart des lièvres et des phlegmasies élèvent la 
température de 1 à 3 et 4 de^nés, et que la thermométrie est alors un bon 
mo\en de mesurer la lièvre. Mais, chez un sujet qui vient de courir ou qui 
vient de dîner copieusement ; qui, par un travail de composition liltéi-aire 
ou dans un travail de concours ; qui étant surexcité par amour, devient 
brûlant et se consume dans les efforts du génie ou de l'espérance sensuelle, 
raugmentalion de deux ou trois do^^rés de la température ne constitue pas 
une maladie. Cette augmentation de chaleur n'est pas la fièvre, à moins de 
changer le sens de ce mot. Ce n'est pas là une maladie. C'est peut-être la 
fièvre au point de vue de la thermométrie, mais au point de vue clinique, 
la lièvre sans nïalaise, sans abattement, sans courbature, sans anorexie, 
n'est pas la fièvre, et il est absurde de dire qu'un amoureux surexcité et 
qu'un compositeur trop ardent, remplis de force, de vigueur et d appétit, 
brûlants de passion, aient eu la fièvre parce que chez eux le ihermomèlre 
a indiqué 3S ou 31) degrés. 

On peut en dire tout autant de l'augmentation de température produite 
soit dans une crise convulsive d'hvslerie, soit dans les jeux de Tenfance et 
observée chez les coureurs. Ainsi, chez un sujet qui marcha une heure 
et demie la tenipéralure sVIeva de 1 /i (1), et chez un coureur on a cun- 
slalé \]H'\i\^ et dans un autre cas i()'\5 {^1). 

La teïnpéralme s'abaisse, au contraire, ou reste normale dans les ca- 
chexies non lébriies, dans les entérites et dans les pneumonies atoniquts 
sans fièvre de renfance ; elle s'abaisse toujours dans le sclérème, et alors 
elle tombe à 31, à ÎÎS et même quelquefois juscpià 22 degrés centigrades. 

Lu tnnprrntiire sujH'rfirirlle de la peau s'élève aisément par l'action de 
la chaleur arlilieielle, sous l'irilluenee de Texeliation du svstème nerveux, 
et sou> rinlluence de riiillaminatioii des tissus. Hunier a constaté une no- 
table augnientation de la chaleur des parties eiillammées, et c'est une 
observatiim que chacun a pu faire dans l'ers sipele, dans le phlegmon et 
dans Itrs phlej^masiis des ociranes creux. 

Par application de ce princi|>e, MM. Peter et Vidal ont pensé que l'au- 

h Oli.'nin^r. Ife ri)iM)!,ili,,.>. p ' ■' 
r2 Wii'i.li'i il. -Il, p. i:.{. 



SIGNES FOURNIS PAR LA TEMPÉRATURE DU CORPS. 233 



gmenUtion de la température locale sur la poitrine indiquait la tuberculose 
pulmonaire commençante. Ces faits ont été contestés avec raison par un 
grand nombre de médecins ainsi que je le dirai plus loin. 

Une vive émotion, l'ardeur au travail, les premiers transports de l'amour 
chez un tout jeune bomme, exagèrent de beaucoup la température superfi- 
cielle de la peauy sans doute par suite de la surexcitation nerveuse. Ce qui 
le prouve, c'est que certaines opérations faites sur le système nerveux du 
grand sympathique augmentent la température des parties voisines ; ainsi 
Claude Bernard, coupant sur des animaux le filet du grand sympathique 
qui joint le ganglion cervical supérieur à l'inférieur, détermine dans tout le 
coté correspondant de la face et dans l'oreille une élévation de 3 à 5 degrés 
centigrades qui dure plusieurs jours. La piqûre de la moelle à Torigine du 
paeumogastrique produit un semblable résultat sur la température des 
reins et du foie. La blessure des nerfs de la vie de relation produit un effet 
contraire, et elle abaisse la température des parties correspondantes. 

La température superficielle de la peau s'abaisse sous Tinfluence du froid 
et d'une façon naturelle spontanée chez tous les sujets débiles, pâles et af- 
faiblis. Alors les extrémités sont toujours froides et impossibles à réchauf- 
fer par les moyens ordinaires. 

Elle s'abaisse également, dans l'agonie, aux extrémités de membres et 
sur le visage ; au début de la gangrène des membres, dans le frisson des 
Gialadies aiguës et des fièvres intermittentes, chez les enfants nés avant 
terme, etc. M. Edwards a trouvé une température de 25 à 36 degrés sur un 
membre dont l'artère principale venait d'être liée pour un anévrysme; la 
température à 27 degrés tomba, dix minutes après l'opération, à 24, et à 23 
au bout d'une demi-heure. Dans l'entérite cholériforme des jeunes enfants 
et dans le choléra, le thermomètre peut descendre, placé dans la main, à 18, 
iO et 26 degrés centigrades. On retrouve le pareil phénomène, mais beau- 
coup moins sensible, à la surface des membres paralysés où la température 
est de 1 à 2 degrés inférieure à celle des membres sains. 

ARTICLE PREMIER 

HISTORIQUE DE L'ÉTUDE DE LA TEMPÉRATURE 

Jadis on se contentait d'apprécier la température de la peau à l'aide de 
la main, mais ce procédé qui ne donne que des résultats approximatifs, 
souvent trompeurs, impossibles à transcrire, est abandonné. Au point de 
vue de la science, c'est au moyen du thermomètre appliqué le matin et le 
soir, en raison des modifications diurnes et vespérales, qu'il faut étudier 
la chaleur animale, et alors on a une précision qui ne laisse rien à dési- 
rer et dont les résultats écrits, figurés sur les tableaux, peuvent être trans- 
mis aux observateurs qui veulent se rendre compte par eux-mêmes des 
iDodiRcations de la chaleur animale dans les maladies. 

Quand on se sert du thermomètre pour étudier la chaleur animale, il faut 



'l^i:y 



SIGNES FOrUMS PAR L HABITUDE DU CORPS. 



le placer dans le reclum, dans la bouche, sous la langue et mieux dans 
l'aisselle. Là, par suite du défaut d'évaporation, la calorification est sen- 
siblement à labri des pertes qu'elle subit à la surface de la peau, et Ton a 
dans ces régions la température profonde. Sous les membres et aux exlri'- 
mités, on n*a. au contraire, que la température périphérique, très variable, 
facilement modifiée par la température extérieure et étant de 6 à i2 degrés 
inférieure à celle qu'on obtient au même instant dans l'aisselle. 

Sanctorius (H>:2()), Swammerdam (1), Borelli (:2), Boerhaave (3), Mar- 
tine (4), qui le premier a vu la chaleur des* fièvres intermittentes atteindre 
RH degrés Fahrenheit, c'est-à-dire 40 degrés centigrades, Schwenke (5), 
llaller (0), de llaen (7) sont les premiers qui aient employé le Ihermomèlre 
pour apprécier la chaleur du corps dans l'étal fébrile. Depuis lors Hunier, 
Currie, Frœhlich ont fait des observations de ce genre, et c'est de nos jours 
que Piorrv, Andral, Chossal, Monneret, Traube. Baerensprung, Wuuder- 
lioh, Spielmann, Picard, Coblence, Hirtz (8), etc., par des recherches nou- 
velles, ont montré l'utilité clinique de ce moyen d'exploration. 

La chaleur augmente dès qu'il y a fièvre, c'est là un fait incontestable, 
formule par Hippocrale et Galien ; mais, pour l'apprécier convenablement, 
il faut substituer le thermomètre à la main et faire l'exploration dans la 
bouche sous la langue, dans le reclum ou dans le vagin, et mieux que cela 
dans laisselle. C'est là où l'on a pris la température moyenne de -|- 37 de- 
grès, lar dans la bouche elle est moindre de 1 à 3 degrés, et dans le rec- 
tum elle a, au contraire, i ou -2 degrés de plus. 

ARTICLE II 

TF.MPKUATIKK l'K'n<t>OE ['ANS LES MALADIES 



i •'. 



F.tnde fcéBèralc de la trnipcratare. 



L^iul on fliulio la chalour morbide au thermomètre, il faut le faire 
pendant toute la dunvdes maLuiios, et prendre la température de l'aisselle 
malin et Sv»ir pour rinsenre sur des feuilles spéciales. Cela permet de voir, 
pour chaque alToclion, la durée et les oscillations de la fièvre ou pa- 
ivwsmos et leur retour plus ou moins régulier, enfin raclion des médica- 
miMits sur la chaleur fébrile. 

Ouan.l on étudie de colle façon la chaleur morbide, on voit qu'elle offre 
ItXMS pt riodes. Tune d r ."r U::fi, la seconde d'r'f/f et l'autre de déclin. 



8 Hm. V. ;.: .' ,. ". ' • . . ,•; • , * 



r*\ ; 



i . . 



>:"". :. M. : ''t. .«rt. «'.haleik. 



SIGNES FOURMIS PAR Lk TEMPÉIUTTRE DU CORPS. 237 

Première période. — Cette première période est de trois h quatre jours 
et dure quaraule- huit heures. 

C'est dans les maladies aiguës inflammatoires, pneumonie, érysipèle, 
Gèrre éniplive et fièvre intermittente, qu'on l'observe et que l'élévation de 
température est le plus rapide. D'après Traube et Wunderlich, le thermo- 
mètre monte à 39 et 40 degrés en quelques heures. — Dans les fièvres ty- 
phoïdes, l'élévation est- plus lente, n'a lieu qu'en trois ou quatre jours ot 
est toujours plus marquée le matin que le soir. Dans quelques maladies, 
«ofÎD, si la marche est irréguliëre, comme la scarlatine ou la rougeole, 
l'élévation est irréguliëre, saccadée, avec des altematives d'accroissement 
el de chute jusqu'au moment de son apogée. 

Deuxième p^ode,d'état.—L'é\évaXioa delà température ne se conserve 
pas au même degré, elle varie un peu, s'ahaissant, selon Thomas, de minuit 
à midi, c'est-à-dire le matin, et s'élevant de midi à minuit, c'est-à-dire le 
soir. C'est ce qu'on appelle la rémigsion da malin et Vexacerbation du soir 
depuis plusieurs centaines de siècles, mais ce fait, habillé à la moderne, 
puse pour une découverte importante an milieu de nous. 

Cette période est de courte durée quand l'élévation est très rapide, 
comme dans les maladies inflammatoires et dans la fièvre intermittente, 
mais elle est assez longue au contraire dans la liëvre typhoïde et dans les 
maladies où l'élévation assez lente met trois ou quatre jours à se produire. 

Période de déclin. — Très rapide dans quelques cas et caractérisée par la 
perte de 1 à 2 degrés en douze à vingt-quatre heures (pleurésie, pneumo- 
oie, fièvre intermittente, érysipèle), elle est ailleurs traînante (fièvre 
typhoïde), ou bien oscillante en conservant toujours l'élévation du soir. 
Lorsque la chaleur baisse subitement par une sorte de coltapstu, selon 
l'expression de Wunderlich, c'est qu'un danger très grand menace le ma* 
lade et que la maladie, par sa malignité, va le faire périr. 

Hirtz, qui a étudié avec soin les modifications thennométriques de la 

I. TITE TBtS BAMDE, - nl.m rwcU. 



chaleur morbide (1), range les modifications d'accrobsement d'après quatre 
types désignés sous les noms : 

(I) Biru, Souvetu DietUmnoire de médmne et de ehtntrgit pratiqiM. Hrl», 1867, 
t- VI, f. m, irt. Gbu.ei:k. 



;N[;S KÛl'ltMS CAIl I. HAI'.ITILiE NI* ClUl 



II: 



ai 






!240 SIGNKS FOL'UMS PAR L HABITUDE DU CORPS. 

1" De type très rapide lorsijue la chaleur s'élève en deux heures, reste 
slalionnairo quatre à huit heures et tombe peu après. Exemple : la lièvre 
inlermillente (11^. U7) et la lièvre éphémère. 

^'* De type rapide, avec élévation en vin'jçl à vingt-six heures, état sla- 
lionnaire de trois à nruf jours et déclin en vingt-quatre ou quarante-liuil 
heures. Kxeniples : la pneumonie, l'angine, la pleurésie, la scarlatine, la 
rougeole (lig. 08, D'.l, 100 et 101). 

3" De type t rainant lorsque la chaleur s'élève en trois à cinq jours, dure 
deux il trois septaines et tombe en trois à cinq jours. Exemples : la lièvre 
typhoïde (lig. UKJ). 

1" Enlin de type saccadé^ lorsque, après s'élre élevée en deux à cinq 
jours, la chaleur dure deux à quatre septaines et elle tombe en trois à 
sept jours. Exemples: les rhumatismes, les lièvres éru pli ves et les fièvres 
typhoïdes dont la marche est anormale. 

Kn général, la lenipéralure est toujours plus élevée le soir que lematiiiy 
mais chez quel(|ues sujets et dans quelques maladies on observe quelque- 
lois le fait contraire. J'y reviendrai plus loin. 

Au reste, ces types n'ont rien d'absolu, ils varient beaucoup et se cum- 
hinent les uns avec les autres sous Pinfluence des complications ou du 
traitement sans qu'il soit possible d'eu tirer de conclusions rigoureuses. 

Il est rare que la température s'élève au-dessus de -j- 'i3 degrés, mais 
(^meroda vu 10 degr«'s, lîoddick 17 (1); le docteur Teale a constaté pendant 
plusieurs jours une température variant en-f-^-^ et-f-î^i degrés, après une 
("hule de cheval, (hi a pris toute précaution pour éviter l'erreur, mais le fait 
est trop extraordinaire pour être acreplé sans réserves. 

Il n'> a pas que les nïaladies aiguës inllammatoires qui fassent ainsi mou- 
ler la lièvre, car certaines névroses produisent le même résultat. Dans le 
t (ta nos la température s'élève ^ ers la lin à 13 degrés et jusqu'à 45%5, dans les 
convulsions épilepliformos à ii^^Ô ainsi que dans la rage. Quelque chose 
d'anali^guo se montre dans Vat^onie et après la mort où la chaleur s'eleve 
de I à - décris peihianl une lu'ure, et dans Vasphyxie où sans fièvre au- 
cune, cl par le tait niéuie ik' l'intoxication carbonique, la température 
monle de près i\c I dt'«re. 

/\ r. r, !ion^. — Il \ a di> ra> oii dans K'S phlciimasies et les fièvres la 
li^nnuralure ui^ >'t'K'\i* uiumv. Ain>L la loniperature peut ne pas s'élt-v^T 
l»oauiou}) ilar.s les phle^:iia>ios qui suivitiinont chez les snjets azcAfV- 
.'i; .;•>. ijui oui une liMuianoe à l'aU dite Ainsi dans les phhvmasies con- 
cvMUilaulos d'A k\\o\c\\\, dv 1*01:1(1. u" 1 îi"K'îi!i>rnu\ de renlenle chroniipie 
che: les enlants. dans Us \u phî!lt> a\eo urmiie, dans le sclérème, etc.. la 
lenip<M'aUnv |vut ne jus dejusser '-'' .'■ i u 3S degrés. 11 y a la un effet d'af- 
l'iiiblissen\enl gênerai qui dinriuue la :a ii!to de réaction fébrile et qui pro- 
duit ivquon apjH^lle l h\ poilu rn.Lo. 



SIGNES FOURNIS PAR LA TEMPÉRATURE DU CORPS. 241 



t. — TeMpémtwre «•« lBfl«auB»tl«ui •Isaës 



Si on eiamine dans chaque phlegmasie aiguë les variations de la tempé- 
rature profonde, on voit que la chaleur s'élève toujours au-dessus de la 
normale qui est de 37 degrés ou 37%5, et qu*elle monte à 39 et 40 degrés. 

RhufMtisme articulaire aigu. — Dans cette maladie, la chaleur s'élève 
à 38, 39 et 40 degrés, rarement au delà, et sa décroissance annonce le 
déclin de la maladie. 

Érysipèle. — Dans l'érysipèle la température s'élève de 2 à 4 degrés au 
moment de l'état le plus aigu de l'inflammation cutanée. 

Pneumonie et inflammations franches. — La chaleur s'élève très rapide- 
ment à 39, 40 et 41 degrés pour décroître assez vite dès le quatrième jour. 
Elle a atteint son maximum avant l'apparition des phénomènes locaux, et 
il y a encore ici une exacerbation d'un demi-degré environ tous les soirs 
(6g. 98). II en est de même dans la bronchite aiguë, la pleurésie et l'éry- 
sipèle. 

Méningite. — Dans la méningite tuberculeuse, la température ne s'élève 
jamais très haut et elle atteint au plus 38 à 39 degrés, ce qui permet 
d en séparer les maladies aiguës telles que la fièvre typhoïde, dans lesquelles 
la peau est très chaude et offre une température de 40 degrés. Mais il y a 
des cas de méningite où la température est presque normale, de sorte que, 
si dans certaines phlegmasies et dans quelques typhus légers, la tempéra- 
tare n'atteint guère que 38 degrés, le thermomètre ne sert alors à rien pour 
le diagnostic précis de ces cas douteux. 

§ s. — T^wàpértUmre des lièvres. 

Fièvre typhoïde. — La chaleur s'élève pendant trois à cinq jours et plus 
jusqu'à 39 et 41 degrés avec exacerbation d'un 1/2 à 1 degré le soir. Elle 
T^sld avec quelques variations pendant huit à quinze jours, et elle diminue 
progressivement. Alors, au moment où se forment les ulcérations intesti- 
nales et l'absorption pyémique, la chaleur remonte un peu pendant huit à 
dix jours et elle s'abaisse ensuite définitivement lors de la convalescence 
ifig.103;. 

Fièvre puerpérale. — Selon Leyden, la température s'élève douze à vingt- 
qoatre heures avant le frisson, elle atteint 38 à 39 degrés et augmente 
pendant vingt-qualre à quarante-huit heures, puis elle reste stationnaire et 
s'abaisse plus ou moins selon la gravité des cas. Aussi vingtKjuatre heures 
après raccoucliement, lorsqu'on voit la température s'élever à 39, sans 
qo'il y ail de douleur nulle part, peut-on faire le diagnostic d'une compli- 
cation de septicémie ou de métrite et métro-péritonite. 

Fièvres éruptives. — En général, la chaleur s'élève vile à 40 et 41 degrés 
au moment de l'invasion et de l'éruption, puis elle tombe comme dans la 
variole (fig. 102), où elle se tient un peu stationnaire et tombe lentement 
B. — Diagnostic. 16 



•2ii SICNF-S FOURNIS PAH L'HABITIDE PU COIIPS. 

4-ommc dans h scarlaliiic ((i;;. 100). Dans la rougeole, comme l'indique 
Mii'lz, la chaleur augmente vile, duie aulanl t]ue l'éruption cl tombe l'a- 
pidcmciil (lîg. 101). Dans la variole, elle solcvc vite, tombe avec la tin de 
i'ét'U)>lioii, puis (^llc se l'élève nu moment de la suppuration jusqu'à Jf de- 
fircs et ne tombe qu'avec la dessiccation (lip. 105). 
Fièi'ir iiitennitleitli: —La chaleur augmente deux ou trois heures avadt 



î,- IVis<oii, fil.- >\'lèv,> .-i kl lin dvi fruûl ii lit. -H degrés ot -it'.OS (llirtzi, 
|nii* .'Ut' lotiilu' au iiioiiicni ilo ta sm'ur, cunime un le voit dans les ligure; 
IO;i el MU t[UL repr<'>i'iik' li' -clifUia dos diiïereiils types de la lièvre iulei- 

UlilU'IlU'I. 

i:i,ol,-r-i. — Mans les c.is li'^vrs. \.\ ihalour iVIuigne à peine du cbillre 
uorLu;il, lu.âs dans I.s ras i;ravfs, ali-ides, lo tli'.Tmnmi'tre indii|ue dans 
l'aisM l!t' ;>'i, 37. ;is. ,'i, au mominit di' la mort, jus<|u'à 4ii degrés. Dans le 
nvUiui, d'iiprcs l\ i.oiaiii 1 1 1, la l,iu[UTaliiro est un peu plus élevée, mais 
à la |>,Mu illv est liés Lias>e et luiiil..' à ûr. ,,u :M ,1,'^iés. 

i 4. — TrmpV-riilBrp dM ■rtraH-s. 

J,i.i)i,.<. — \','h'\\ i]ue 1,1 iiialaili.' s.ijl. p.mr U-.uu'i^up de médecins, une 
in'MMSi', iv i]ik' ;.' ik- ii\>i> ^ufii'. iMi- il \ a tcU'inirs un certain decréde 
nn.liU-. la.tul.ur ^V!>'^.' a U' ou II. d après Wuikierlich : el selon Erb. 
Leuliii 01 lavlame. ,i i-1 il Ji dii;res. (Ihez un di- mes malades, j'ai 



SKHris romtltis par la tempërathiie du cobps. 243 

Ba^e. — J'ai trooTé des températures centrales de 39 et 40 degrés. Une 
foi* elle a été de 40',5. 

Convutsionê h^tériquet et hystérie. — Dans les crises nerveuses con- 
TolsÏTes de l'bystérie, Polain dit avoir vu la température des extrémités 
atteindre le chiffre de la température centrale, et comme alors le pouls est 
très fréquent on pourrait croire à l'existence de la fièvre. Nais il n'est pas 
qantion ici de l'augiDentation de la chaleur profonde. Greig Smitb a 

Convulsions puerpérales et convulsions d'urémie. — Dans les convul- 
lions puerpérales aussi appelées éclampsie puerpérale, la température 
s'élève toujours un peu au-dessus de la normale, et monte quelquefois 
i 38 et 40 degrés (fig. 106), tandis que dans les convulsions de l'urémie 
dites ielampsie urémique, d'après Boumeville, la température s'abaisse et 



tombe à 35, 33 et 30 degrés (Gg. 105). D'après ce confrère, il y aurait là un 
moyen sûr de distinguer l'éclampsie puerpérale de l'éclarapsie urémique* 
Sus rien préjuger à cet égard, car je crois que les convulsions attribuées 
i l'arémie dépendent de l'œdème du cerveau et de la pie-mère, si ces faits 
tbemKHQéIriques sont confirmés, la conclusion à tirer serait que la pré- 
sence d'un excès d'urée dans le sang aurait une action réfrigérante consi- 
dénble. Toutefois, en 1879, le docteur Hippolyle, après de nombreuses re- 
cherches, dit que la température s'élève jusqu'à la fin et publie des tracés 
où l'on voit la température s'élever de 37°,S à 40, dépasser 41 et atteindre 
4i et 43 degrés après la mort. 
Contulsiont épileptiformes. — Dans les convulsions graves ayant en- 



2ii sigm:s foiiinis par l*iiaditude du corps. 

Iraîiic la mort sans laisser de lésions sur le cadavre, Duclos a trouvé ju>- 
i\nh i±\r> (I), 

On a rapporté (:2) un cas de céphalée durant trois mois, avec 00 pulsa- 
tions et une température de -j- 31) 15 et 40 degrés: après guérison par 
bromure en dix-sept jours la température est revenue à -|- 35 '2 5 et 37 l '» 
degrés. 

(lomme on vient de le voir, certaines névroses, telles que le tétanos, la 
rage, (|uel(|ues convulsions éj)ilepti[brmes produisent le même résultat re- 
lalivenient à l'accroissement de la chaleur animale, et alors la températuiv 
peut aller jus(|u'à i^l et i5 degrés. Cela peut surprendre, puisqu'il s'agit ilc 
névroses et non de phleginasies ou de lièvres, avec altération du sang (tu 
avec lésion organii]ue évidente. On ne comprend pas troj) le mécanisme 
de ce phénomène, qui est pour moi inexplicable. Ouoi qu'il en soit, vuiri 
Texplicalion ({u'en donne Peler. 

Conune le sang qui sort du ])ouinon dans les veines pulmonaires a 1 ilo- 
gre de moins que celui des artères pulmonaires, il en résulte que la respi- 
ration rafraîchit le sang. Dès lors, si. par trouble nerveux, la respiration nr 
Si* lait pas naturellement et comj>lelemenl, comme dans l'asphyxie, la 
phlhisie pulmonaire avancée, Tagoiiie, le lelanos, la rage, etc., le san:: ne 
se ralVaîchit plus el la lenipéralure augmente, (l'est ce qui arrive, puis- 
(j n'a lors elle s'élève à i'I et 15 degrés. 



<^ &. — ronMi(l«»ra(ion«i de dliijsno^tir **ur le rapport entre lele%ACfon 
«te l« température proronil«« et raccélération du ponla. 

S'il y avait un rapport constant entre la frécpience du pouls et l'élévation 
de la température proronii(\ la llhM'mom»'trie serait inutile pour appréeier 
la ti<'\i"e et la palpatii>n du \un\\> devrait suflire. Il n'en est rien. Avec une 
iKVjuenee très grandi^ du pouls, il n'y a qiielijuefois [>as de lièvre et lacha- 
Lmu de l'aisselle reste à l «tat normal, l' une autre j)art, avec une augmrn- 
l.iliuu lie la ItMiipcralui'e [MofiHuir r«*>!aiit a 3',^ ou l«) et il degrés, le pouls 
prescMle i Ihv K- même individu vîrs \viriations .jui \w suivent pas celles de 
la chaleur et ijui >ont vie '.»<Ki 1-'* }m!>al.(Uis. .\in>i Aufriin (3) rappoi'te de^ 
cas de lu^xre txphoule lobs. I.^ o:i l'on voit avec une température de 40 de- 
• ie> le jHuiU \arier de S'» a l'^\ l"*"^ el même à ll»i le dix-neuvième jour. 

1' une autre [\u(. ehe.' un hvuume jui \irnl de e«-'urir, le pouls peut être 
à 1-0 et la temperalurr à :îT d'giis. 

lu ral»>enee d'iui raj^p.^rt ev>;;>:a:it entre \\ levalion du pouls et celle do 
la leinpnalure axiilairr. il î'au'. v^v^iv' n avcorder (juune eonliance médiocre 
à la IrtNjueu^e du pouls '.vî>»|ui1 sa^ii d'appreeu-r la lièvre et s'en tenir 
uniquement a la lhermo:r.v nie i.i;.;<{i:»^ qui ne sauiait tromper. 

^l lM»o\»s, H , V 'v'-. v x:. ' ; ■ • ' V . < • X. i <e. IS'Vt. 



SIGNES FOURNIS PAR LA TEMPÉRATURE DU CORPS. 245 



$ •. — ^ Tesipératare ûmmm le« sialadlefl ckrsBiqaes. 



Dans les maladies chroniques^ telles que la tuberculose, le cancer, les 
épanchenients purulents de la plèvre, etc., la température augmente peu 
et cela se comprend, car elles ne sont pas accompagnées de fièvre. Toute- 
fois, quand la fièvre hectique les accompagne la température s'élève, et 
c est surtout à la fin de la vie que se produit le phénomène. Aux approches 
de la mort la température de la phthisie pulmonaire s'élève à 41 et 42 de- 
grés. Dès que la chaleur augmente, c'est qu*il y a une complication inflam- 
matoire, mais en général cet accroissement est peu considérable et oiïre 
toujours une exacerbation du soir. 11 est d'ailleurs modifié par l'alimenta- 
tion et la médication employées. 

Dans la tuberculose miliaire, le docteur Brunniche, de Copenhague, croit 
avoir observé une modification des variations de la température qui serait un 
bon moyen de diagnostic. 

Il pense que souvent alors la température est plus élevée le matin que le 
soir et que ce caractère peut aider au diagnostic de la tuberculose. 

Dans la phthisie non tuberculeuse le type de la température sei ait ren- 
versé, il serait plus élevé le soir que le matin, tandis que dans la tubercu- 
lose miliaire il serait au contraire plus élevé le matin que le soir. Ce fait 
serait spécial aux phthisiques qui deviendraient tuberculeux. C'est ce qu'il 
appelle le type inverse de la température. 

Toutefois chez des phthisiques non tuberculeux le type renversé de la 
température s'observe dans la proportion de 25 pour ICIO. Chez les phthi- 
siques tuberculeux la proportion serait de 85 pour 100. 

Voici ses relevés statistiques : 

POUR CENT. 

91 PhUiisiques. — Proportion du type thermique observé chez 55 59,1 

Hommes 53 cas — — — ... 27 49,1 

Femmes 38 cas — — — ... 28 73,7 

21 Phthitiques non tuberculeux 7 33,3- 

S3 — avec tuberculose miliaire 48 76,2 

17 Tuberculose miliaire sans phthisie 15 38,2 

Ces recherches sont intéressantes, mais par cela même que chez des 
phthisiques non tuberculeux, il y en a 25 pour 100 qui offrent le type in- 
verse de la température, cette recherche ne peut servir à un diagnostic 
exact. 

Dans les maladies du cerveau on a eu la prétention de reconnaître l'aug- 
mentation de température de cet organe. Sous le titre de thermométrie 
cérébrale, Broca s'est avisé de mettre un thermomètre dans un petit 
sachet de ouate sur la tempe et à la protubérance occipitale. Au bout 
de quarante minutes , ayant obtenu, d'après douze observations, une 
moyenne de 34 degrés à gauche et de 33*,9 à droite, il en a conclu qu'il 



210 SIGNES FOURNIS PAR l' HABITUDE DU CORPS. 

connaissait la température cérébrale et qu'il y avait plus grande activité 
de l'hémisphère droit. 

Mieux encore, dans un cas de ramollissement cérébral, il a trouvé i',5 
de plus dans le C(Ué malade (|ue dans le coté sain; puis, dans un cas d'em- 
bolie cérébrale, il y avait diminution de 2 à 5 dixièmes dans le coté frappé 
d*embolie. C'est là la science telle que certains savants renseignent à la 
Faculté de médecine de Paris. 

Températures morbides locales. 

Hunter et un grand nombre de médecins ont signalé l'augmentation ou 
l'abaissement de la température locale dans certaines maladies. Elle est 
augmentée dans les inflammations, dans la lièvre intermittente. Peter (li 
et Vidal disent avoir constaté une augmentation dans la tuberculost^ 
pulmonaire. Elle est diminuée dans le choléra, dans le sclérème des nou- 
veau-nés. 

Dans la luberculisalion pulmonaire, ont dit Peler et Vidal, aussitôt qu'un 
noyau de tubercules entre en évolution, et à partir seulementde ce moment, 
on peut constater une augmentation de la température de la peau corres- 
pondante. Cette augmentation persiste pendant tout le temps de la période 
inllammaloire pour cesser avec elle. 

L'(*Ievation de la température de la peau correspond si bien à Pinflam- 
mation interne qu'il est |)o>sible d^^ dessiner exactement avec le thermo- 
mètre le pourtour d'une caverne, lorsque des tubercules péricaverueux 
entrent à leur ti)ur en évolution. 

.V niosure <]ue le liiernionirlre s'éloigne du point qui correspond au foyer 
intorius la tonipt'rature diminue graJufllemenl pour redevenir normale à 
une dislance (jui varie de o à i centimètres. 

Vidal ne croit pas avoir constate une t'ievation de température locale de 
plus lie 2 dt'gres par rapport à rolle prise sous l'aisselle du malade: 
M. IVior a si::nale des températures plus élevées, surtout dans la fonne 
casée u-^e. 

Au luouuMil de l'ilt-valion de la température, la j)eau est presque tou- 
jours sèi'he. 

Toute t'ievilion dv la teni{H iMture locale est liée à une accélération du 
pouls, etc. 

Vu :l\<\>c ^t'iicralc, ViJal croit que riK\al;un d'} la température locale e.sl 
piodiiile, non poiu! tant \\\v la «]iiaiililf de saii,' t|ui aîllue dans un organe 
que par la diOiculu^ qae cr liiuule cpr-'UVc à rrlourner de la périphérie 
\er> le centre circuîalviiv : il MinMtiait qut- l-nites les fois que, dans les 
ca[Mllanvs. le san^ e[>rou\r li'* ia diilioville vi ptiirlrer dans le réseau vei- 
neux, il \ a prvHluclioîi vie ciiaicur, 

l.'elcNativui moindre vie la tc!îi}U'rali;îe dans les C'Miireslions pulmonaires 
suivies dhemoplN>ie lui paraî: iOP.s'.ilutra ce p^iut J^ vue un argument 



\l' IVtor. /»)..'.'. .».-• .\\ 



s N 



SIGNES FOURNIS PAR LA TEMPÉRATURE DU CORPS. 247 

d'une grande valeur, puisque dans ce cas la déchirure vasculaire permet au 
liquide sanguin de s'échapper librement. 

Ces faits ne sont pas exacts et à la Société de biologie (1), sur un 
certain nombre de malades porteurs de cavernes pulmonaires, M. Lé- 
pine dit avoir constaté qu'il n'existait pas de différence de tempéra- 
ture entre la région du thorax coirespondante à la caverne pulmonaire, 
et la région de Taisselle ou du bras voisin. C'est ainsi que, chez un malade, 
le thermomètre marquait 39*,6 au thorax et 39^,6 à la face interne du bras. 
D'après M. Lépine, Thyperthermie cutanée, chez les phthisiques, peut exister 
aussi bien dans la région du bras que dans la région du thorax. 

j! f . ^ •layB«tl«ii 4e lA tesipératare dans les sieledleii ea elsMlté. 

Dans quelques maladies, la température s'abaisse de 1/2 à 1 degré et 
plus. Par Vinanition prolongée elle tombe à 34, 32, 30 et même 29 degrés ; 
il en est de même par le refroidissement du corps exposé au froid lorsqu'il 
gèle très fort. Ainsi, Boumeville a cité le cas d'un homme mourant de 
froid chez lequel la température rectale était de -|-28 degrés (2), et Duguet 
en a publié un autre où en pareille circonstance le pouls était tombé 
à -f- 25 degrés. 

L'abaissement de la température du corps dans les maladies peut être 
occasionné par la médication mise en usage, mais la diminution est 
moindre à la suite de ces médications qu'elle ne Test par le refroidisse- 
ment prolongé. Cet abaissement s'observe après les émissions sanguines, 
les antipyrétiques et les sédatifs de la circulation. En effet, soit après l'usage 
de l'antimoine et principalement du tartre stibié, de la quinine, de la véra- 
trine et de la digitale, soit à la suite de saignées abondantes et de vomisse- 
ments ou d'évacuations copieuses, la température s'abaif^se de 1 à 3 degrés, 
ce qui est énorme. 

Il est une maladie cependant, le sclérème des nouveau-nés, appelé par 
Hervieux œdème algide, dans laquelle la température s'abaisse à 4- 22 
on 4-25 degrés, mais à ce chiffre c'est la mort, et Ton n'a jamais vu la 
température tomber à ce degré sans que l'enfant meure. On peut même 
utiliser ce fait pour le diagnostic de la mort apparente, car, en attendant 
que la température soit tombée à-|- 22 degrés, on est sûr que la mort est 
bien réelle. C'est ce que je vais démontrer un peu plus loin. 

On a également dit que le choléra abaissait la température (Baeren- 
spning et Doyère), mais, d'après quelques auteurs, notamment Lorain (3), 
la chaleur serait au contraire plus grande. Cela peut être vrai pour la tempé- 
rature profonde étudiée dans le rectum, ou de l'aisselle qui monte à + 37 

(1) 7 rérner 18S0. 

(2) Bournerille, Gatette det hôpitaux, 1872, n* 8, p. 34. 

('3) L4>nin, Etudei de médecine clinique et de physiologie pathologique de choléra. Paris, 
1868, et Deia température du corps humain, Paris, 1877. 



:>48 SIGNES FOURMS PAR l'hABITUDE DU CORPS. 

OU 38 el 40 de^fivs, mais la tenipéralure superficielle ou périphérique est 
ordinairement abaissée. Ainsi, dans les mains, elle est de + :2i à + -^ de- 
grés d'après les expériences (|ue j'ai faites à rHùtel-Dieu, en 1849, lors de 
la seconde épidémie de choléra qui a paru en France. 

Dans Vï'clampsie albumiuuriqne par mémie, elle s'abaisse jusqu'à 30 et 
31 degrés, conmie on le voit figure 105, ce qui distinguerait cette forme 
de convulsions de Teclampsie ordinaire, où la temi)érature serait au con- 
traire plus élevée que dans l'état normal. Ce sont des affirmations à vé- 
rifier. 

^ É^. — De» effcCH de la chaleur morbide. 

Sous rinfiuence de la fièvre el de la chaleur exagérée qui en résulte, les 

globules du sang se détruisent, l'eau augnienh-, la fibrine et ralbumiiie 

s'accroissent, restent à leur chifi're normal ou diminuent faiblement, mais 

il n'y a pas d'éléments certains et caractéristi([ues de l'état fébrile, c^ir ces 

phénomènes varient dans les pyrexies et dans les inflanimations. 

Au contraire, dans les inllammalions et dans les pyrexies, paitout où 
il y a chaleur morbide, l'urée augmente de 0,010 j)our M) à 0,0:îoG 
(Picard), et, d'après Coze el Fellz, il } a augmentation propcu-tionnelle de 
la chaleur et de la quantité durée. Kn même temps, il y a dans les deux 
sangs diminution d'oxygène el augmenlalioii d'acide carbonique. 

11 paraît, d'après Weikart. que l'excès de chaleur animale rend la vie 
impossible par excès de coagulabilile du sang, car ce li(|uide se coairule 
dans le cœur vers 43 degrés chez les animaux ([u'on amène artificiellenieiil 
à ce eh i lire de température. 

Sous ce ra|)porl, l'excès de ten)|»éralure à 4'2 degrés peut être considéré 
comme un signe |)ronostique extrêmement fâcheux et précurseur de la 
mort. 

Disons entin (jue. comme elTet de la chaleur morbide, il faut indiquer la 
rougeur, la seeluresse el ruieeralion de la langue el de la muqueuse buc- 
cale ou piiar\ngee, la sécheresse de Teslomac et de l'intestin supprimant 
les sucs gaslri(jues et enUainant linappelence, |»ar suite l'inanition, l'amai- 
giissemenl el la pàhur, les ulcéralinns culanets, les régressions grais- 
seu^e^ iles muM'Jes el du cteur (Zeneker), la jierle d'irritabilité du cœur, 
riiNposlIienie nerveuse produi>aiil la couibalure, l'alonie des vaiï?seaux 
amenant les h^po^ta^es viscerale> el entravant le jeu des organes, de sorte 
que. si la lièvre est souvent un ellel. à S(.ai tour elle |)eut être la cause el 
l'origine de désordres plus ou moins graves. 

^ *• — Cautie» de raugnienlation de leiupérulure d«n» ieii maladie». 

L'école anatomique, niant lexislence de la tièvie essentielle, soutient 
que raccroissemenl de la temperaluie profonde ist le résultat de celled'un 
orgaue cuUanime et qu'elle n'est qu'un de> s\niplômes de la lésion or^M- 



SIGNES FOURNIS PAR LA TEMPÉRATURE DU CORPS. 249 

nique. Pour cette école, la Qëvre, c'est-à-dire la chaleur morbide, est tou- 
joars symptomatique. Cela est faux, car Hunter, et de nos jours Billroth, 
ont démontré que le thermomètre, mis dans un organe enflammé, montait 
moins haut que dans l'anus, ce qui ne devrait pas être si l'organe malade 
était le foyer qui échauffe le sang et le rectum. 

D'ailleurs, comme la chaleur morbide s'établit souvent avant l'apparition 
de la lésion locale et qu'elle cesse avant la disparition de ces lésions, 
comme il y a des maladies fébriles aiguës qui amènent la mort sans lésion 
qui paisse expliquer cette fin, comme le typhus, la scarlatine et la fièvre 
pernicieuse, uniquement par excès de chaleur morbide, on ne peut pas dire 
que les lésions organiques inflammatoires soient le point de départ de la 
chaleur. 

Ce n'est pas la rapidité du pouls qui amène un frottement exagéré du 
sang sur les parois vasculaires, car la seule rapidité du pouls produite par 
l'exercice n'élève pas sensiblement la chaleur, et la fréquence du pouls 
n'est pas en rapport avec la chaleur morbide. 

Est-ce le résultat d'une fermentation du sang par la présence de ma- 
tières putrides ou purulentes, de bactéries ou de vibrions? Cela est pos- 
sible, car les expériences de Tigri, de Davaine, de Billroth, de Coze et 
Feitz (1) prouvent que les injections de ces matières engendrent la fièvre. 
Mais ces faits, si probables qu'ils soient, sont bien nouveaux pour être 
acceptés sans réserve. 

D'après Traube et Hirtz, la chaleur augmente dans la fièvre, non seule- 
ment parce que, à côté de la production et de la rétention du calorique en 
excès il y a une déperdition insuffisante produite par une lésion du sys- 
tème nerveux ; mais encore ces médecins pensent qu'une hyposthénie des 
vaso-moteurs du grand sympathique trouble l'action des capillaires super-* 
ficiels, refoule le sang et le calorique dans les profondeurs de façon à l'y 
accumuler. C'est encore là une théorie à vérifier. Quoi qu'il en soit, il est 
éTÎdent que la fièvre et l'accroissement de chaleur ne sont qu'une seule et 
même chose, que c'est là un phénomène initial dans les maladies, qu'il est 
antérieur aux lésions locales, qu'il résulte d'une combustion plus active 
des éléments du sang au sein des tissus, et que son apparition et ses mo- 
difications indiquent l'existence d'une cause première ayant pour siège 
l'innervation. 

De cette manière de voir résulte pour le médecin cette conséquence, que 
la chaleur morbide est un phénomène qu'il faut combattre directement, 
sans trop se préoccuper de la lésion locale, présente ou à venir, et qu'en 
abaissant la chaleur on peut juguler les maladies. Comme elle a par elle- 
même un effet destructeur sur les tissus et sur les humeurs, on ne saurait 
donc trop entreprendre pour l'amoindrir. 

Tout ce qui peut abaisser la chaleur morbide est donc indispensable à 
employer dès le début de la fièvre. 

(I) Co«e et PclU, Reckerchei exoér. sur les maladies infectieuses. Paris, 1874. 



:250 SIGNKS FOURNIS PAR l'iIABITUDE l)V CORPS. 

Sous ce rapport, los antiphlogistiqites, le froid cl les affusiotis froi'it':^; 
les antiputrides ou antifennentescibles ; les tempérants el les coutrû- 
stimulants qui sont des antipf/rétifjueSy sont les premières armes donl le 
médecin doive se servir. 

La diète, la saignée qui abaisse momentanément la température de l 
à :2 degrés, les sangsues, ventouses scarifiées, qui agissent de la même fa- 
çon, mais un peu moins vivement, sont, selon Toccasion, la nature du mal 
à venir, l'âge et la force des malades, la durée probable de la convales- 
cence, de très bons moyens à employer. Ainsi, lorsque dans une pneumo- 
nie la température du soir monte à iO degrés; si l'on fait une saignée la 
température tombe à ^W, ne s'élève que de quelques dixièmes le soir, 
el ce n est que le lendemain qu'elle s'élève de nouveau. 

Les tempérants, tels que boissons fraîcbes, lotions d'eau froide au vi- 
naigre sur le corps, bains frais, allusions froides à :20 degrés, sunt 
d'utiles auxiliaires, soit au début, soit dans le cours de la lièvre et seluii la 
nature du mal et des complications. Avec une lotion froide la lempéraluie 
tombe de 1 degré à i",5. 

Viennent ensuite les controstimulants et parmi eux les alcalins : le mer- 
cure, le plomb, Tanlimoine, le quinquina et le sulfate de quinine, la véra- 
Irine, la digitale, l'acide pbénique, etc. 

Les alcalins all'aiblissent le pouls, donl ils diminuent la fréquence, et il> 
diminuent la cbaieur. Sous ce rapport, le nitrate et l'acétate de potasse, le 
sulfate de st)ude, le clilorate de soude et de potasse sont très utiles conliv 
l'état IV'brile des pblegmasies. 

Les antiinoniauv, tels que le kermès et surtout l'émétique, sont de trè> 
fnergitjues contro-sliinulnnls, ayant pour eti'et d'augmenter les sécrétions, 
(le diminuer l'absorption, el, par suite, de ralentir le pouls en même temji> 
(|u'ils abaissent la chaleur fébrile. Les antifermeniescihles sont Tacide plif- 
ni(]ue (|ui en lavement à la d(»se de à [^1 grannnes par jour diminue lie- 
lorlemoiil la l»Mnpérature fébrile. 

hi' tous les lemp>Tants t*t conlro-slimulanls, les meilleurs sont léiiie- 
lique, la vi'ialriue, la (juinine el la digitale, car ils diminuent la fréciueiu»' 
(lu pouls cl abaissent la lempérature profonde. Avec l'émétique dans les an- 
gines ou au iltlmt lit' la lièvre l\pliouio, on abaisse considérablement la 
leni|H'raUnv ijui loinl)t' nionieiilanouR'nl de 1 à -2 et o degrés, et l'on raodi- 
tio 1res iiolabloiuenl le /i;:/ag habiluel du tracé thermique de cette nia- 
Liilie. 

Au contraire, dans h-s nialailies algiiles. lellos que le choléra, le srle- 
rèino, la eoiigclatii^n, et dans lo cas de iluonicile ou de convalesc*Mne. 
dans le>quels la leinpiMatiuv tend à s'abaisser, les stimulants, tels que 
ral(HH>L le vin, le eak, le muse et les boissons aromati(|ues chaudes S'Uit 
les inoNens dont l'ctal de la lenipcratuie du corps indi(|ue le plus rat iou- 
nellenienl l'emploi. 



SIGNES FOURMIS PAR LA TEMPÉRATURE DU CORPS. 251 

ARTICLE ni 

DU DIAGNOSTIC OE LA MORT PAR L'ABAISSEMENT OE LA TEMPÉRATURE DU CORPS 

Aucune circonstance, antre que la mort, ne produit chez l'homme un 
ainissement de la température à-|-22 degrés, ni l'algidité du frisson des 
fièvres intermittentes les plus graves, ni l'algidité du choléra, ni la congé- 
lation. C'est ce dont on peut s'assurer par l'abaissement de température 
mesuré avec le thermomètre mis dans l'aisselle^ ou mis dans le rectum ; — 
dans le rectum et dans l'aisselle à la fois ; — dans l'aisselle et dans la 
bouche; — dans une aisselle découverte, l'autre restant abritée sous des 
couvertures, en tenant toujours un compte exact de la température am- 
biante. 

Je diviserai mes observations en cinq tableaux, comprenant plusieurs 
séries catégorisées d'après l'âge ou le temps de la mort: 

i** série. — Température du lapin après la mort; 

2* série. — Température cadavérique de l'homme mesurée dans rais- 
selle; 

3* série. — Température cadavérique comparée de Faisselle et du 
rectum; 

4* série. — Température comparée de Vaisselle et de la bouche ; 

5* série. — Températures cadavériques progressivement et régulière- 
ment déeraissantes d'après Cépoque de la mort. 

J*ai examiné la température du même individu à différentes reprises, 
d abord peu après la mort et ensuite le soir, le lendemain et les jours sui- 
vants, pour suivre la décroissance de la chaleur. J'aurais bien voulu le 
faire aussi en catégorisant les observations avec certitude d'après la nature 
des maladies, mais cela ne m'a pas été possible dans tous les cas. Je n'ai à 
ce sujet que des observations isolées dont je parlerai tout à l'heure et qui 
sont sans importance pour la question. 

l'' Tableau, consacré à la thermométrie cadavérique du lapin. 

Chez les lapins> les résultats sont les mêmes que chez l'homme, car j'ai 
lait dix expériences, dont voici un exemple : Avec une température am- 
biante de -f- 3 degrés, l'animal qui avait -|- 40 degrés avant la mort fut sa- 
crifié ; abandonné à l'air libre, il n'avait plus que -f- 12 degrés après sept 
heures. Au bout de douze heures il n'avait plus que 8 degrés, et, dix- 
huit heures après, c'était encore une température de-f-^ degrés. La 
pièce ayant été chauffée à une température de-|- 14 degrés, le lapin se ré- 
chauffa un peu, et vingt-quatre heures après la mort il offrit -{- i0%3. En- 
fin, au bout de trente-six heures par une température de + 13 degrés, il 
présenta + 9«,5. 

Voici maintenant le résumé des tableaux que j'ai dressés, et comprenant 
onze cents observations thermométriques de la mort chez l'homme : 



1252 SIGNES FOrilMS PAR l'iIABITUDE DU COUPS. 

± Tahleai', co)iS(tcré à la thrrmomûtrie vadaièvlqiir dans ruisselle fP 
riiOiHmc. Il comprciul cinq séries. 

l" snie. — Tcniprralure de l'aisselle entre zno et dix heures a|)^^^la 
mort. — 1:20 observai ion s. 

Moyenne «les «''poijucs «le la mort -i heures t dixi»Mncs. 

tles Icmpéralurcs de l'air ambiant + tJ ,i 

de la température axillaire -f -'^ >^ 

2' sirir. — Température de laisselle entre dix et vingt heures. — ô'm. b- 
servations. 

Moveinic des épo«pies de la mort lô heures. 

— des températures de l'air ambiant -|- 4'/J 

— des températures axillaircs + \^\' 

3' srrie» — Température de l'aisselle entre vingt et trente heurta.— 
71 observations. 

Moyenne des épofjues de la njort :!5 heures 8 dixièmes. 

— des températures de l'air anduanl -}- 7t'\',i 

— des tenjjiératures de l'aisselle -\- 1 1"',8 

4* série, — Température de l'aisselle entre trente et quarante heures.— 
ôj observations. 

Moyenne des époques de la mort 3-i heures 7 dixièmes. 

— de> tempéiatures de l'air ambiant -+- ^*^^'^ 

— des températures de l'aisselle -|- 10 ,- 

'f série. — Température de Taissclle entre quarante et cinqwmU 
heures. — 10 observations. 

Moyeime des é{>0(|ues de la mort 44 heures 3 dixièmes. 

de.N températur«'S de Tair ambiant -(- l'',9 

(1<-N Icnipéralures de l'aies lie -|- 7^,3 

De TfO à (»<) heures Tas d'observations. 

De ('.() â 70 

De 70 a 80 - - 

De 80 à 00 Une observation. 

Époque de l.i mort 80 heures. 

lenqu-ralere exléi iinire — f) degrés. 

— de ^ai^sell<' — 

\V Taiu.kai*, comprenant les tenijfératures eowparées de l'aisselle et du 
reetnin. — // eoniprend (juatre séries. 

!'• se rie. — Tem|)éralui'e comparée de l'aisselle et du rectum entre ZffO 
et dix hemes après la niorl. — iO observations. 

iMoyeiine des époques de la mort 1 heure 6 dixièmes. 

<le^ tenqiéralureïi de T.tir -\- 10",'» 

des ten)pér.«lnres du rectum -f- 33"",- 

— des température^ île rai>M'lle -\- tl X) 



SIGNES FOURNIS PAR LA TEMPÉRATURE DU CORPS. 253 

2* série. — Température comparée de Taisselle et du rectum entre dix 
e( riiijft heures après la mort. — 21 observations. 

Moyenne des époques de la mort 15 heures 2 dixièmes. 

— des températures de l'air + 10*,2 

— des températures du rectum + 21*,3 

— des températures de Taissello + 21*,0 

2r série. — Température comparée de l'aisselle et du rectum entre vingt 
el trente heures après la mort. — 29 observations. 

Moyenne des époques de la mort 25 heures 3 dixièmes. 

— des températures de Tair + 10^,4 

— des températures du rectum + 1r>,7 

— des températures de Taisselle + 16*,4 

i* série. — Température comparée de l'aisselle et du rectum entre trente 
el quarante heures après la mort. — 14 observations. 

Moyenne des époques de la mort 35 heures 2 dixièmes. 

— des températures de Tair + S"*,? 

— des températures du rectum -f 13*,2 

— des températures de Taisselle -f 13^,4 

V Tableau, renfermant la température comparée de l'aisselle et de la 
kuche. — // renferme cinq séries. 

\'* série. — Température comparée de Taisselle et de la bouche entre 
zéro et dix heures après la mort. — 291 observations. 

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Moyenne des époques de la mort 4 heures 5 dixièmes. 

— des températures de Tair -f 15%5 

— des températures de l'aisselle -f- 31%! 

— des températures de la bouche + 27*,5 

^ Série. — Température comparée de Taisselle et de la bouche entre dix 
el ringt heures après la mort. — 114 observations. 

Moyenne des époques de la mort 15 heures 5 dixièmes. 

— des températures de l'air + 13**,3 

— des températures de l'aisselle + 2u*,7 

— des températures de la bouche -f 20*,8 

3* série. — Température comparée de l'aisselle et de la bouche entre 
ringt et trjnte heures après la mort. — 166 observations. 

Moyenne des époques de la mort 25 heures 1 dixième. 

— des températures de Tair -f- 15*,4 

— des températures de l'aisselle -f 20*,2 

— des températures de la bouche -f 18%1 

i* série. — Température comparée de l'aisselle et de la bouche entre 
trente et quarante heures. — 98 observations. 



^.'li SIGNES FOUnMS l'An L'HABITUDE DU CORPS. 

Jlovcnnc ilcs qioqiiM ,1c U mon 3+ U<-ixTes I dixiimc 

— (Irs [cm]ii'Taliirfs de l'air 4- li-, 

— dos tempcraturei de raifiSfllit + 17°, H 

— det lenpjrataret de U bODcbe ■+■ IG ,i 

'>' série. — Tciiipéi-aliiie coni|iaréo de l'aîsselle el de la bouche cniK 
iluaraitU' el cinquante heures. — i obseï valions. 



— des (.■iiiiicnilurr's de la Louclii' + 1 l",H 

-V T.viir.K.M', i-cufeniuiHt la lempéiatiiir progreisin-iiu-nt ilècroi^^'inU 
tlii mrw imliriilti ii •liffririUx tifii-s ilf In mort. — \'l olisi'rriitions. 

Ile lableaii a pour «ibjel d'élahlii' i|iic sur un cor|is humain privtj dt- la 
vie, Il l'i'ilc tl(! l'abaissement de la teinpéralure carnctérislt<|ue de la iiinrl, 
il y il dans le mode de i-erroiclissonicnt <'ndav<'Tii|ue quelijue chose di- iinii 
moins si^nilJL'atir reJalivenicnt à la cessalioii ilc la vie. Ainsi, en suiv:inl la 
lemin'ralure ricjiuis la iireniière heure de la inorl jusi|u'au lendemain, mi 
vtiit i|ue, à une lenipéralure exlérieure de-f-ïi ii-(- i5 dejués, la terii|w- 
rature du corps baisse pivsque réi;iilièreinenl de 0,S ii I de.uré par lieui''.— 
Exemples: 



Kil it Jii'iire« la Imipùmliirc a 



l^i'S résnitals ordinaires, quand on commence l'observation peu après la 
mort, ne sont plus aussi nets (]uand on prend la première lenipératuredii 
à (luin/e heures après la cessation de la vie, lorsque la température sVsi 
déjà très notahlenieiit abaissée. Alors, eu viii^l-qualre heui'cs, rabaisse- 
ment n'est plus de I deirré par heure, il nesl que 0',5 à U",S. — Exemples: 



l'ral, pour bien apprécier le deeroisseinenl de la chaleur du corps. 
il)[)aivr celle (]ui existe ilailï les deux premières heures du dect'S 



SIGNES FOURNIS PAR LA TEMPÉRATURE DU CORPS. 255 

avec celle qui existe au bout de vingt-quatre ou de trente-six heures. Si 
Ion attend au contraire seize ou dix-huit heures pour faire la première ob- 
servation, alors que la température est déjà très abaissée, et qu'ensuite on 
fasse la seconde au bout de quarante-huit heures, il est évident que la 
température ne peut descendre indéfiniment et en proportion du temps 
écoulé depuis la cessation définitive des fonctions. 

Qu'on examine donc bien ces observations, et l'on verra que l'on peut 
mesurer le décroissement de la température, après la mort, d'après des 
chiffres qui sont presque des lois. 

Ces lois sont les suivantes : 

En kiveTy dans les vingt-quatre heures qui suivent la mort, la tempé- 
rature axillaire baisse de 0',8 à 1 degré oti 1%1 par heure. 

Dans les vingt-quatre heures qui suivent la douzième heure de la mort, 
la température axillaire baisse de 0**,3 à 0%5 par heure. 

A une température extérieure plus élevée, les résultats ne sont pas les 
mêmes, et en été le refroidissement du corps est moins rapide et moins 
considérable. — Il n'est guère que de 0^,3 à 0^,5 par heure si Fou com- 
mence l'observation aussitôt après le décès. 

Comme il n'y a pas de circonstance connue qui produise de pareils phé- 
nomènes, on doit en conclure que l'abaissement progressif de la tempéra- 
ture axillaire chez un sujet qui paraît endormi et qui n'a aucun mouvement 
est un signe certain de la mort. 

En effet, parmi les maladies algides il n'est guère que le sclérème et le 
choléra qui abaissent la température d'une façon considérable. Or, dans ces 
deux maladies, le corps n'est pas immobile et le sujet ne semble pas en- 
dormi, donc le signe tiré de l'abaissement progressif de la température 
offre une grande certitude. De plus, comme je l'ai déjà dit, dans ces deux 
maladies, la température ne tombe jamais au-dessous de -f- ii degrés pour 
le sclérème et de -f- 33 pour le choléra. Donc, toutes les fois que la tempé- 
rature axillaire sera au-dessous de -f- 22 degrés, la mort est certaine et le 
thermomètre ou le nécromètre sont des instruments à la portée de tous 
qui peuvent la faire reconnaître d'une façon très précise. 

(>n voit qu'en hiver ^ et par heure, la température baisse de 0%8 à 1 degré 
dans les premières vingt-quatre heures qui suivent la mort, tandis qu'en 
fté cet abaissement n'est dans le même espace de temps que de 0*,3 à 0^,5. 

Dans les pays chauds, là où la température extérieure est de -j- 40 degrés, 
il est probable que cet abaissement n'existe pas et qu'en vertu de la loi 
d'équilibre de température des corps inanimés, un cadavre doit conserver 
une température axillaire bien supérieure à celle que nous observons dans 
notre climat 

6' Tablxau, comprenant la température comparée des deux aisselles, 
Cune restée à découvert et Vautre enveloppée de laine, — 27 observations. 

Moyenne de la température du cadavre en sortant de la salle. + 33*,4 
Moyenne de la température ambiante -f 1S«,4 



^bi> SIGNES FOURNIS PAU l/lIABITUDE DU CORPS. 

Moyomic des époques de la mort 13 heures 2 10 

Moyen»»' des températures de l'air -j- I8\l 

Moyenne des temp«''ratures de Taisselle couverte -f 20%i 

Moyenne des températures de Taisselle d«'couverte -\- t'r,0 

Comme on le voit par ce classemenl des nombreuses tempéralures axil- 
Jaires reeueilJies après la mort, la chaJeur reste très élevée entre zéro et 
dix heures, où elle dépasse (luehjuerois celle des derniers instants delà vie. 
Elle oscille entre + 10 et -j- 10 degrés, et la moyenne est de-j-.V,!) pour 
la température ambiante, tandis qu'elle est de -|-28%5 pour la tempéra- 
ture de Taisselle. 

mie diminue entre dix et vingt heures, oscillant entre -j-^ et + -2li<l'- 
grés. Klle donne pour moyenne de température -|-'^%- <^l pour rais>e!le 
-f- "10 degrés. 

Dans le troisième lahleau relatif aux décès, avant de vini't à livnle 
heures, elle tombe de plus en plus, varie entre -f-»^ et-j- -I dei:iv>, elle 
donne en moyenne une température de l'aisselle -f- l-*^,i avec une tempé- 
rature extérieure -j- »'>%-• 

Kniin, dans le (|uatrième tableau où se trouvent les décès ayant plus de 
(|uarante-huit heures, quelques-uns ayant trois et quatre jours, elle lomhe 
entre degré et -f- 15 degivs à la température extérieure de -f- 3 à -f 8 tle- 
grés ; mais si la température de Tair est au-dessous de zéro, celle de \ii\>- 
selle peut t()ml)er à Z'Mo. C'est le chillVe le plus bas que j'ai observé tl;nis 
les froids du mois de décembre 18G7. 

Au contraire, quand la mort est ancienne de trois à quatre jours au 
moins et que le cadavre reste exposé à un air libre de température varial)le, 
connue dans les am|)hithéàtres de dissection de la Faculté ou des hôpitaux, 
sa chaleur tombe dt* I à A degré^s au-dessous de la tempi'rature extérieure. 
Souvent avec une tem|)erature de -f- 13 degrés, dans la salle de dissection, 
j'ai trouvé-^ ',1 el -j- 10 degrés. Oans ces cas mêmes, le rectum avait au 
d(\^i-e ou 1 driiiv et demi de moins que l'aisselle, fait non constant déjà 
ob^rrye dans les observations de drci'S moins anciens vus à Thopital. 

iMllereutes circon>taiu'es contiibuent eiu'ore à ralentir le refroidissi- 
ment ; iralu>rd le //c/^/e fh' ni il<i ln\ ear la chaleur tombe moins vile 
dan^ U^s maladies aiguës rapide.^ lel.e> (jiie la pneumonie franche, que dan 
les cachexies, el, d'aurts (MMila. dan> les asphyxies par le charbon que 
dans la >ubniersi«»n par l'eau. \ itimeiii eusuile lobcsitr qui tient h' corp 
plus eliauil (jue la maigreur ; la (7^/'' ///' de la saison ou de la chand)ro mor- 
tuaire qui maiiilient la clialtur et Tcm^nc même de quelques degrés si Ton 
place un cadavre dans un endi>»il très chaud: — et enfin Vôldt de digi''<tfOU 
rrcrnic. Mais pour arriver à (juel.iue i hose de précis sur ce point, il fau- 
drait biwucoup d'cdïservalions lliornhMik'lrii|ues de même nature afin de 
comparer les résultats, et je n'en ai pu avoir (ju'un très petit nombre. 

Pans les salles île dissection et dan^ les amphilheàlres d'hôpital où j'ai 
fait mes recluM'ches, ce siuil tles documents impossibles à recueillir, si Vou 
lient à n mettre une iH-eci>ion dii^ne de la science. 



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SIGNES FOURNIS PAR LA TEMPÉRATURE DU CORPS. 



257 



Pour le moment, ne voulant parler que de mes recherches thermomé* 
triques, on voit: 1^ que la température du corps s'élève un peu au mo- 
ment de la mort ou après, pour s'abaisser ensuite d'une façon constante 

y I. TABLEAU DE LA DÉCROISSANCE DE LA TEMPÉRATURE D'APRÈS LE TEMPS 

DE LA MORT ET DE LA CHALEUR AMBIANTE 

PAR y. E. BO0CHUT 




à -^20 degrés dans les vingt ou trente heures du décès avec une tempéra- 
ture ambiante de -f- 2 à -f- 8 degrés ; 

2* Que cette température varie avec la température ambiante et la situa» 
tion du corps dans un lit, sous des couvertures ou à l'air libre : ainsi dans 
un lit chaud elle est souvent de -f- 26 degi*és ; 

Que dans les soixante premières heures elle est toujours supérieure de 

B. ^ DIA6H0STIC. 17 



258 



SIGNKS FOURNIS PAR L HABITUDE DU CORPS. 



-i à (» (loinés à lu leinpéralure do ralmosphèro, mais que plus lard elle e>l 
égale ou inférieure (voy. les tableaux ci-joinls ii "' l et 2.) 

Pour plus de détails, on pourra ronsulter mon Traité des signes de la 
mort (1), où se trouvent les faits relatifs à l'abaissement de temperaluiv 



^\± TARLKAl' DK LA DÉCROISSANCE DE LA TEMPÉRATUHE D'APRP.S LE TEMPS 

DE LA MORT ET DE LA CHALEl R AMBIANTE 



l'AU M. F. rsoirmiT 



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parla eon-iclalion, cl k\wi K'> auiiiianx à ralunssement de la température 
dans riuht'iiialiim. 



• r» lunu'luil. l'Ai' t/f'< >f;;(»'^ d' :\î /'•i'//. -* cvir«..'iî P.ii.s, Ii>Ti. 



SIGiNBS FOURNIS PAR LE POIDS DU CORPS. 259 



CHAPITRE V 

SIGNES FOURNIS AU DIAGNOSTIC PAR LE POIDS DU CORPS 

Il y a peu de signes précis rournis au diagnostic par le poids du corps qui 
Tarie beaucoup selon les âges. — Chez TaduUe, son augmentation au delà 
de 80 kilogrammes indique la polysarcie et parfois le diabète. Sa diminu- 
tion graduelle est un signe certain de maladie. Chez les enfants à la ma- 
melle en particulier, celte diminution est de la plus haute importance, 
parce que, si elle est continue, elle indique la dyspepsie ou l'entérite ce qui 
oblige à changer de nourrice ou à faire un traitement spécial de la maladie 
constatée (1). 

Un homme du poids moyen de 70 kilogrammes est ainsi constitué : 

Muscles et accessoires 31 kilogr. 00 

Squclellc 12 _ 40 

Peau 5 — 00 

Graisse 42 — 00 

Cerveau i — 40 

Viscères thoraciques 1 — âO 

Viscères abdominaux 4 — 00 

67 kilogr. 00 

Le reste, soit 3 kilogrammes, est formé par du sang. 

Poids des liquides 40 kilogr. 

Poids des solides 30 — 

En vingt-quatre heures, le corps humain perd 3^ff,700 d'eau. Il perd en 
outre : carbone, 250 grammes ; azote, 25 grammes ; substances minérales, 
25 grammes. 

Il faut, pour que la recette égale la dépense : aliments solides secs, 
500 grammes; oxygène, 650 grammes; eau, 2300 grammes. 

Cn individu qui ne mange pas ne peut que se nourrir à même ses pro- 
pres tissus, à même sa graisse. Nous avons à notre disposition, en suppo- 
sant le sujet très gras, environ 15 kilogrammes à consommer. Après quoi 
la provision éUxni épuisée, il faut bien que la machine s arrête complète- 
ment et que le sujet meure. 

Or, il résuite des chiffres précédents que la perte physiologique journa- 
lière est, en carbone et en azote, de 300 grammes environ. 

En 15 kilogrammes, on trouve 50 fois 300 grammes. Ce qui revient à 
dire qu'il faut, pour atteindre Tépuisement absolu, 50 jours, si l'on admet 
i5 kilogrammes à dépenser, chiffre un peu fort. 

(1) E. BoQchut, Hygiène de la première enfance, 7* édition, Paris, 1879. 



i2()0 SIGNKS FOURNIS PAU l'HADÏTUDE DU CORPS. 



CHAPITRK VI 

sr;nes fournis au diagnostic pah i/examen de la face 

en (jénéiial 

Si réliule de la physionomie des maKides est de la plus haute iniporlanco 
pour le diai^nostic, elle ue sert pas moins au pronostic, car un coup d œil 
sullit souvent pour jw^rv les chantremenls heureux ou funestes opérés duu 
jour à l'autre dans les maladies. Sous ce rapport, la conh'ur du l'isaije, sa 
tmipcraturr, Vcrprcssion et V embonpoint de cciii^ partie, méritent d'être 
signalés. 



);; 1^'. — Coloration. 



lia coloration rou<p* couvrant également toute la face s'observe dans la 
pléthore, dans l'étal fébrile intense, dans les lièvres inilammatoires, dans 
les anilines et dans les maladies des oriranes respiratoires où se montre la 
d\spnée. — Bornée aux deux pommettes, elle <*st souvent le siirne d'une 
inllammalion lente des poumons, telle (|ue la phlhisie à ses débuts, et, li- 
mitée à une seule des joues, avec de la lièvre, elle indique ordinairement 
la pneumonie du côté où existe la rouireur (Hippocrate), mais c'est un 
phénomène (pie j'ai observé en dehors de toute pneumonie dans quelques 
cas de stomatite par dentition. — Son aspect luisant annonce l'érysipèle, et 
sou internùllence à courte période est frénéralement le siirne d'un grand 
danger. On sait, en elTel, (|ue la coloration subite, fugitive et intermittente 
du visage, résulte d'une alVeclion ciMvbrale aiguë, la méningite, qui est 
presque toujours mortelle. Il y a enlin la coloration rouge tachetée de 
l'exanthème morbilleux de la rouireole et de la roséole, les taches rouvre 
cuivritpie ou de jambon fuméap|)arlenanl à la syphilis: la coloration fram- 
boisee générale dilVuse de la scarlatine, et la couleur rouge violacée des 
maladies du cunu*, dont les caractères ne peuvent être méconnus. 

Au lieu d'être rouge, le vidage peut être p'i(f\ par suite de ranémie pas- 
sagère de la peau, connue dans la période de froid des fièvres aux approches 
d'un vomi>semenl [novoipie par remeliijue ou dû à une indigestion ou au 
maldiMUtM". lien est (également de même dans les cachexies et dans les mala- 
dies chroiùi|ues, surtout dans les alleolions chroniques des voies diges- 
lives : dan> la chlorosi\ dans rinloxieatiiui saturnine ou maremmatique: à 
la dtM'uièrt» piM'iiMli^ des maladies cancéreuses et de la diphthérile, etc. Mais 
alors la dindiualion resuite d'une anémie constitutionnelle et d'un appau- 
\rissiMuenl du sang. Sa couleur est y/t^/^' dans l'ictère, dans la lièvre et 
dans les maladies dites bilieuses, à cause du pass;ige dune certaine quan- 
lilo de niulièro colorante de la bile dans le s;uig ; bf un jaune dans ce qu'on 



SIGNES FOURNIS PAR l'eXAMEN DE LA FACE EN GÉNÉRAL. 261 

appelle le masque chez les fenimes grosses ; taché de blanc dans le vitiligo 
de la face, et si le vililigo occupe les sourcils ou la barbe, la plaque blanche 
du derme est accompagnée de décoloration blanche des poils; — la teinte 
bronze^ au ccutraire, appartiendrait, d'après Âddison, à la cachexie pro- 
duite par les maladies des capsules surrénales, mais c'est un fait à vérifier, 
car il souffre d'assez nombreuses exceptions. 

§ «. — Chalevr. 

La chaleur du visage est généralement accompagnée de sa rougeur, et, 
dans le cas où la rougeur est générale, c'est un signe de fièvre ou de grande 
émotion morale; — si la chaleur est, comme la rougeur, limitée à une pom- 
mette, c'est souvent un signe de pneumonie. — Quand elle est jointe à la 
fièvre et à l'injection vasculaire du globe de l'œil, elle annonce le délire; 
au contraire, avec la rougeur et avec le gonflement des téguments sans 
fièvre, elle doit faire craindre Thémorrhagie cérébrale. 

Le refroidissement de la face s'observe dans l'accès de froid de la fièvre 
intermittente et dans le mal de mer. Il n'a d'importance que s'il est accom- 
pagné d'autres phénomènes généraux graves, de vomissements continus, 
de diarrhée violente, d'amaigrissement et d'excavation des yeux. Alors c'est 
on des signes précurseurs de la mort. 

§ a. — iTolBine. 

Le rolume de la face augmente dans Térysipèle, à la période de suppu- 
ration de la variole et dans Tanasarque. 11 se produit, mais d'une façon 
partielle, sur la joue, dans les fluxions dentaires; ^ à la suite de certains 
polypes des fosses nasales ; — sur les masséters, par les oreillons; — sous 
l'augie de la m&choire, dans l'engorgement ganglionnaire de la diphthé- 
rite, etc. 

Son amaigrissement a lieu dans les maladies chroniques et dans les ma- 
ladies aiguës; — à la suite d'une diète prolongée ou d'évacuations intestinales 
très abondantes produites par le choléra. Alors il y a une excavation des 
yeux qui est caractéristique. — L'amaigrissement delà face n'existe parfois 
que d'un seul côté qui se trouve être de la sorte un peu plus petit que l'autre. 
C'est ce qu'on voit dans Vatrophie lamineuse de la face décrite par Fremy. 

4. — Esi^reMrt^H de to Mee. 

L'expression de la face dans les maladies est extrêmement variable. Elle 
dépend à la fois de la nature du mal et de la force des individus affectés. 
On ne saurait la consulter avec trop d'attention, tant sont précieux les in- 
dices qu'elle fournit à la science. 

Bhlheureusement ses caractères sont aussi difficiles à observer qu'à dé- 
crire. Quelques essais ont été tentés par Hippocrate, Stahl, Quelmatz, Tho- 
mas Fieni, Cabuchet, Jadelot, qui ont dit presque tout ce qu'il y avait à 



20i SIGNKS FOL'flMS PAU L'HABITUDE DU CORPS. 

(lire siir((î poinl. — Il \ a uno physionomie (»u face niltueusf^ — unephysio 
uitiiùvlf/jihoulr, — une plnsioiiomio sttrdonique, — ronvulsivr, — imbécile, 
— /Htralf/tiffur^ — crirhralc, — uiit' physionomie c/r//)/>^r, - -abdominale,'^ 
mourunii'y -une physionomie m;v//V/<y?/r', — pulmouaire, — iérpatifpiJ',v\.L\ 

(lomme h\s passions, la plupart des maladies se révèlent sur le visaire 
par des modilieations qui n'échappent pas à un médecin exercé, et que 
tout le monde, ;iv(;e le temps, parvient aiséîuent à coniiaître. Kxpressiini, 
V(dume, couleur, il y a, dans les modilieations de cet eiisemhle, une foui»' 
d(î caractères dont la siirniiiration est de la plus haute importance. 

La face est vhUhchso lors(|u'eIle ofl're, avec l'éclat des yeux, la chaleur, 
la ronfleur et une (ail)l(^ tuméfaction des téf:;uments. Cela s'observe dans 
Tétat fébrile, dans la lièvre inllanjmatoire, dans Tivresse alcoolique, dans 
la manie aiij:ue, dans les emptMsonnements parla belladone, etc. 

La face est tf/ifhoidt*, c'est-jVdire accompairnée d'une expression de stu- 
peur, lorsque', sans •ionllement des tissus, avec un faible dcirn; de rou^r» ur 
à la peau, elle pn'sente un «'tal n'vl d'abattement réuni à l'absence de tout 
éclat dans le n^i^ard. (''est la physionomie du typhus, de la (lèvre typhoïde 
et de la plupart des maladies adynami(|ues. 

Le i\\c\o<- sar(l()niij)t(\ ronnihif, imbrcUr, jKiraïj/tiqfiP ou crrêhral^ tra- 
duit au dehors certaines maladies des nerfs ou du cerviMU. Le ///r sur- 
don iiiitr non justilié appartient à la démence et au délire aii:u de Palcoo- 
lisme chr(un(|ue. Les conrnlsinn^: dr la face indiquent la meninf^ite aiiia»' 
ou chronique et les tumeurs du cerveau ; — accompai:n«*es de vives dou- 
leurs, elles caractérisent le tic douh^ureux. — Xahtdn'ludo iAVimhéciUiié il>'^ 
traits, aviH- la b»)uclie béante ne n'ienanl pas la salive, annoncent la do- 
nuMh'c et ridiotie. On \ trouve d»» la //^//'//v.v/V 7é/^'/v//(' occupant tous les 
nmscles ou des inufili/^irs (hirtirllrs; ainsi V}iêmi}dè[ii*' faciah, dans 
rhiMuorrliauii' cl dans h» ra!nolliss«'m«Mil du cerveau, dans les tumeurs de 
la diire-nuM-e et dan> cntaincN all'.'('ti«»ns rhuniatismales de la septième 
paire de n«'rfs. ailleurs le /'/'"/'///s/zn //-> Id ji miiint* \;//<f7/e///v avec stra- 
bisme ili\er::rnl rt an('>llie>it' de la conjoiiclive indiquant une lésion de la 
cin(|ini>m(\ IouIj^s ces para!) sio j>;'ili»»ll»\N do la lace appartit^nnenl, pour 
la plupart,;! îles maladies eer«'hrale>. tt par ce niolif constitutMit en (|uel(|ue 
sortt» le Tacites etMcbral. 

I a \m'c ;•'/'/■• >e rev'i'rnail à la contcntratiou vies traits qui s'eflilent,à 
la pâleur eî a laSa s>rin<'n: Ja- •.•".n;^' laîure dt s te-:uuienls, a l'excavation 
ile> \tni\ el a l r\pre»i«Mi J» une pioluiule Siniîliuni e. ' Mi l'observe dans la 
pentoiule auu«\ dan> le » ÎU'" \\\ 1 1 .;u. i ]';»•< mala l:rs île labdomen, dans 
b^s uiala lit'N :;r i\e>, aux ar:'î\>."lu s vie l\i^-eî;.\ »le. r.»'iio physionomie par- 
l\\uilièr\^ >o rattacMe a ce quo i ^n i «: ;; i'*. <« lîs ie c.^en de /'/»>' hiiipnrra- 
f'.;f. •. 'u>teu\iMU evMi>ut'Mre i\»îv;;e ■':'.::.<• ,r:;î.r' în<'rl prochaine. < Le liez 
puue. Ie> \eu\ i'a\es. le^ {«-îu;^ > v :«•.;< -. !» s t'î\:ll'^s lVv»ides, contractées 
et ivtuxvs, la peau du (\\^\[ seoiu.,in v t^: '.t : \\w: la trente n»>irâtre. livide 
ou plouibtHMhl vi$a4:o : le rxd u'h''*ue'H vl- s ' \.v> . w\ e<l. d'après Ilippo- 
çm*^ '* 'îes siiiues oui rt^xc.iî;'. 1 ::::": î>^:î'.r' d un ::rand dani'er. 

V 1 w 



SIGNES FOURNIS PAR l'EXAMEN DE LA FACE EN GÉNÉRAL. 263 

La physionomie cardiaque est caractérisée par la cyanose, ou couleur 
rouge violacée bleuâtre, du visage, principalement des conjonctives, du 
nez, des lèvres et des oreilles, avec dilatation évidente des vaisseaui capil- 
laires cutanés. On Tobserve dans la communication du trou de Botal, et 
dans les maladies du cœur et des gros vaisseaux. 

Les maladies aiguës et chroniques des poumons, les maladies de la gorge, 
les maladies du foie, celles des capsules surrénales, se révèlent aussi par 
one expression particulière de la physionomie, que je vais indiquer et que 
l'habitude des malades apprend à connaître. 

Jadelot a prétendu qu'on pouvait établir, d'après Tinspection du visage, 
des signes suffisamment certains des maladies de la tète, de la poitrine 
et du ventre; mais, tels quïls sont formulés, aucun de ces signes n'a 
d'importance absolue. Ainsi pour cet auteur il y aurait, dans la physio- 
nomie, trois lignes sémiologiques spéciales, ou traits morbides princi- 
paux. 

Le premier part du grand angle de l'œil, va se perdre au-dessous de la 
saillie formée par l'os de la pommette : c'est le trait oculo-zygomatiquey in- 
dicateur des aiïections du cerveau ou des nerfs. 

Le second, nasaly commence à la partie supérieure de l'aile du nez, em- 
brasse dans un demi-cercle plus ou moins complet la ligne externe de 
commissure des lèvres, et sur lui vient quelquefois tomber un trait génal 
venant de la joue : ce trait et son accessoire indiquent les maladies des vis- 
cères abdominaux. 

Enfin un troisième trait, dit labial, commence à l'angle des lèvres, se 
peid sur le bas du visage et annonce les maladies du cœur et des organes 
respiratoires. 
Ce sont là des assertions encore à démontrer. 

Mais il est certain qu'il y a un faciès abdominal avec pâleur mate de la 
peau, excavation des yeux et tristesse d'expression qui indique la diarrhée 
chronique, la dyspepsie et l'hypochondrie. 

On connaît aussi un faciès pulmonaire tuberculeux SLYec pâleur terreuse 
de la peau, état languissant des traits, longueur des cils et agitation des 
muscles respiratoires du visage. 

Il y a enfin un fades exophthalmique avec éclat et saillies des yeux 
dont l'expression étrange se rattache à une lésion du cœur et de la glande 
thyroïde; 

Un faciès angineux qui se distingue dans l'état chronique par la 
bouche béante et dans l'état aigu par une bouche béante avec mouve- 
ments douloureux de la déglutition ; 

Un fades hépatique avec ictère de la peau et des conjonctives, compli- 
qué ou non compliqué d'amaigrissement général et d'abattement : 

Un fades rénal albuminurique caractérisé par la pâleur laiteuse avec 
bouffissure des paupières ; 

Un faciès surrénal avec teinte bronzée du visage et de la peau chez un 
sujet cachectique; 



'liyi SIGNES ForijNis VA]\ l'habifide i>u corps. 

l'n ff(ries fistfnnffti(jue avec ^^onllomenl ou hyperhéniie du visage el ros- 
piralloii ((Mirtc ; 

In finirs tilriin (juaiul sur un visaiie de jeune lemme, les traits soiil fa- 
ti/;iiés, lani^oureux, el (|u'ii y a une pâleur anênii(iue répandue jusque sur 
les Irvres ; 

l'n furies scrofulcn.r avee boullissure adipeuse de la peau, ^i^onflenuiil 
du nez, drs lèvres el (luelipielois des reliions sous-niaxillaires ; 

l'n fftcii's hrrp(''li<iur se révélant par la blépharite chronique et le pily- 
l'iasis (h' la peau ; 

Tn /V/r/V.s- si/itliiJiliqur a\ec ses taches de roséole cuivrée sur le Iront tl 
sur les ( lUés du nez. 

lie fucivs Sf/philititiuedQS nouveau-nes el des enfants à la mamelle ayant 
la syphilis constilutiomielle héréditaire, caractérisé par la pâleur sale do la 
peau, les rides du vis;ii:e el des lèvres décolorées, et une éruption de 
plaques niuqueu>es sous-menloniiières. 



CHAPITRE VII 

hi:s sicNKs l'oriiMs pak i/i:\a>ii:n dk chacune des parties 

DE LA EACE EN PAUTICl'LIEU 

Il lanl reuuii* aux caractères (jue présente la physionomie morbide en 
général cmix qu'on trouve dans certains traits particuliers du visage et 
dans les parties qui le coni|)osent. 

AKTICI.E PTiEMIEi; 

-h.NK> UUKMS VI l'IACNOSTU V \\{ i/kAAMEN M' lUANE ET r>U KIIONT 

A pari les carai lères inipmne.N à la peau du Iront par la joie, par la 
trisle.sst» ci par la douKur. il m e>l d auUv> qui, tout dilïerents, appar- 
lieniuMil exi'lu>nciucnl a 1 fiai île nialailif. 



V 



I . - Tolunic. 



l.e lohiith' ('.r/'^f/v •/■' « • ' .-. 1 lu v.aiou «l rflar-'i>semenl démesurés 
du fnuil. avec i>u >au> ecailenhiil lirs î«>nlaih'lles, indi«|uent la présence 
truu e|KUU*henïeul consuhMai»lo «ie >t î»'>le daî:s la caviii* arachnoïdienne 
ou dans les ventricules ialt rail X. C Ol .<• >i«i:v crrlam de l' hydrocéphalie 
iN\niri4Ùtulo OU acqu'se. 

do;:iv nuMudïv, c'est un >i-:r.e .le wk îi;li>me. tt Von distiniTue la 
ct*5 doux derormaiions dt la tctr pvir i\';.!;:haluiL»sco[X'qui montre 



SIGNES FOURNIS PAR L'EXAMEN DU CRANE ET DU FRONT. 265 

une lésion du nerf optique hyperhémié, CBdématié ou atrophié dans Thy- 
drocéphalie, et qui ne montre rien de pareil dans le rachitisme où Ton 
trouve un nerf optique normal. 

La diminution de volume du crâne^ au contraire, coïncide avec la mi- 
crocépbaliey la sclérose cérébrale et Tidiotie. 

% %. — ConalstaHee. 

La réunion tardive des fontanelles^ encore inachevée à deux ans, est 
on signe certain de rachitisme, et, une fois, chez un enfant de trois ans 
atteint de cette maladie, j*ai vu le crâne, ayant son volume ordinaire, mou 
comme une vessie modérément remplie d'eau, ne présentant aucune trace 
(fussification dans les parois crâniennes. Ce ramollissement des os du 
crâne chez les rachitiques s'observe surtout à l'occipital. 



bans l'hémiplégie faciale, la moitié de la peau du front est paralysée et 
elle reste lisse, immobile, taudis que la moitié non paralysée oiïre des rides 
transversales à chaque mouvement des sourcils. 



4. — Erai^OBfl. 

C'est au front que se montrent de préférence certaines éruptions de ro- 
séole ayant une nature syphilitique, et il en est de même des exostoses 
que détermine cette maladie. 

Mais, sur le crâne, ce sont les éruptions d'eczéma, d'impétigo qui, sans 
faire tomber les cheveux, forment des croûtes molles, humides, infectes, 
a^rL'Iiitinant les poils; — on y trouve l'herpès tonsurant qui forme sur le 
ctiir chevelu des plaques brunâtres de tonsure à fond légèrement chagriné, 
et dans lesquelles les cheveux qu'on arrache sont remplis de Tricophyton 
touHurans (1); le favus chez les enfants qui portent sur la peau du crâne 
des godets isolés en relief, grisâtres, ou des plaques jaunâtres, saillantes et 
soufrées dans lesquels les cheveux sont rares, malades et infiltrés à*Acho^ 
rion Schœnleini; — le pityriasis, formant les pellicules blanchâtres qui 
garnissent la base des cheveux, et enfin les rougeurs érysipèlateuses consé- 
cutives à Térj'sipèle de la face. 



Chez les enfants existent différentes tumeu]*s du crâne : soit des tumeurs 
molles k la racine du nez et au niveau des sutures, ce sont les encépha^ 
hcèles ou hernies du cerveau ; soit des céphalœmatomes, grosses tumeurs 
molles situées sur les os et qui, succédant à la naissance, sont des bosses 
^nguines avec boun*elet dur à la circonférence, ou des abcès succédant à ces 
bosses sanguines et ayant également un bourrelet résistant à la base. 

U) Voy. Pathologie générale, article PABAsmsHE. 



2()0 SKJNKS FOURNIS PAR i/HABITUDE DT' CORPS. 

CJioz radultc, ce sont des lumeurs d'une autre nature, mobiles sous la 
peau, ^généralement arrondies, indolentes, ehroniques, formant des loup^*^ 
f^raisseuscs, ou des tumeurs douloureuses d'abord dures, puis Ihirtuaiil^ 
formant des alx'ès. 

):^ il. — llruiiH iniérieiirm du crflno. 

Dans (|uel(|ues cas le crâne est le sièij;e de bruits intérieurs isocliroiio 
aux battements du pouls ou de la respiration, et qui ne sont autres (|i]«*l''S 
bruits du vœuv normaux ou le bruit respiratoire vésiculaire transmis f^ir 
les parties solides du scpn^lette. H en est de même des bruits de défilulilioii 
de la salive (pi'on entend sur la tète. 

A cr>té de ers bruits normaux, il y a, cbez les enfants encore jeunes, (!»> 
bruits de scmflle (jui se produisent (pieUiuerois au niveau de la fonlaïuHt- 
anlérliMue (»l sur b' |)avill<)n de roieille On a même dit à ce sujet que (vs 
souffles n'existaient (juedans certains états patbolo^iques, et l'on a sou- 
It'nu (pie rauscullalion du crâne pouvait être de (juelque utilité dans le 
(iiMirn(»slic des maladies du cerveau et des méninges; c'est un point tre^ 
c<Milroversé (I> 

Kisber (de Doslon) a prétendu (pi'en auscultant la fontanelle antérieur»^ 
cb<v. iU'<> enfants alt<Mnls de l'bydrocépbalie, on entendait un bruit de souille 
caractérisli(pie de la mabidie. ('e diagnostic n'est pas exact, car Ht'iiniiu 
dit, au contraire, que dans l'état normal, cbez les enfants au-dessous d»* 
six ans, il v a dans la iirande fontanelle un bruit de souffle dû au niomv- 
ment du sani; dans les vaisseaux, et que ce bruit diminue ou cesse eiili^*- 
rement sous l'influence des maladies de l'eneépbale. Cela se voit, liil-il, 
dans lesbyperbémies du cerveau, les épancbements, l'hydrocépbalie aiirm-. 
la tubt'rcult)se, reni'épbalile, etc. Wirlbgen |)réten(I avoir pu reconnailrv 
ainsi la méningite tuberculiMise ci même le c<'»té n\alade où siégeait Tépa- 
cbtMniMit SiM'eux par l'absence du bruit de souffle. Il cite aussi uii cas 
d'Iiv pertropbit' cérébrale dans lecpu^l il a pu suivre la décroissance pro- 
gressive de ralleratiiui. 

th'i l'st la verilf dans ces assertions contradictoires *? L'ob>ervalion uuu^ 
l'appriMidra un pt'u plus tard. 

M. \v (Ku'liMir II. Tripier cl) «pii s'est beaucn'ip occupé de ce sujet aflirnie 
i\uo II' souffli* et'phaliqui* existe elle/ l'aiiulte et (piil est caractérise par un 
soufllt* svslolique pi'oîoml qu'on entend surtout le crâne, principaleiii»'iit 
sur les pailit^> lateraU^s au ni\eau des ti'inpes, avec maximum d'inteiL^ii'* 
sur la i'«'gii>n ttMuporale drvMte. haprès lui, les malades sur lesquels en It* 
reuiHuiIre. entiMnient un bruit inlei*miltenl syucbrone avec le soulfle p^Trii 
à rausiultaîion. et. par l'oiisequent, avec la systole cardiacpie, et d«nU 
l'inlensile est en rapfiorl direct avec celle du souille cépbalique. Le bruit 

{\) BiUh'luil. rr.u/r <iV> .: ; /. < (/•< . - :•.- s, 7 ciil. P.\ri<, iSTS. t \o\. m-^, 
" 'k ll\l>lHHKrH\iiK oî Kv.'«:T:>vr. 



SIGNES FOURNIS PAR l'eXAMEN DES YEUX. 267 

et le souffle peuvent être modifiés ou supprimés momentanément par la 
compression de la carotide du côté où l'on ausculte, ou même du côté 
opposé. 

Le souffle céphalique, qui est parfaitement synchrone avec la systole 
cardiaque, doit se passer dans le système artériel. On arrive par exclusion 
à le placer dans la partie terminale de la carotide interne au niveau du 
point où elle pénètre dans la cavité crânienne. 

Dans les anémies par hémorrhagie et par cachexie, dans la chlorose, le 
soaflle céphaiique se rencontre lorsque les symptômes d'anémie sont in- 
tenses et de longue durée. Le souffle céphaiique sans souffle à la base du 
c(Bur, et surtout sans anémie, devra faire songer à la possibilité de la com- 
pression de la carotide interne au niveau de sa partie terminale, lorsqu'il 
n'existera aucun trouble du côté de Torbite. 

Quant aux indications fournies par le souffle céphaiique, M. le docteur 
R. Tripier émet les propositions suivantes: Toutes les fois qu'on rencon- 
trera ce souffle à la suite d*hémorrhagies ou dans la chlorose, on pourra 
être certain que Tanémle est profonde et qu'elle réclame un traitement aussi 
énergique que possible. Comme il peut être aussi produit par un état 
cachectique sous la dépendance de lésions diverses, on devra toujours 
rechercher avec soin la cause de Tanémie. Dans les cachexies l'existence 
dtt souffle céphaiique est un signe pronostique grave ; sa diminution et sa 
disparition, coïncidant avec une aggravation de la maladie, seront un in* 
dice encore plus fâcheux. 

Lorsqu'un malade, anémique ou non, se plaindra de troubles cérébraux 
et surtout d'entendre des bruits anomaux, on devra toujours ausculter la 
léle, car la constatation du souffle céphaiique, en l'absence d'un souffle 
cardiaque, pourra mettre sur la voie du diagnostic d'une lésion intra- 
crânienne. 

Enfin le soufDe céphaiique offi*e des indications thérapeutiques surtout 
pv la connaissance des conditions dans lesquelles il est produit. C'est 
ùnsi que, dans les cas où il dépend d'une tumeur anévrysmale ou anévrys- 
nioîde, la ligature de la carotide peut guérir le malade. Par contre, on évi- 
tera chez les anémiques et dans les cas de compression de la carotide une 
intervention qui, tout en faisant courir au malade des chances de mort et 
d'accidents divers, ne pourrait lui être utile. 



ARTICLE II 

SIGNES FOURNIS AU DIAGNOSTIC PAR l'EXAMEN DES YEUX 

§ t*'. — C^loratloH. 

Les yeux perdent ordinairement leur éclat et deviennent ternes, lan- 
guissants, dans la plupart des maladies chroniques et aux approches de la 
mort 



tîiiS >ir.M:.s Fornsis p.\i; liiai^itude du corps. 



<${ «. — Toi unie. 

Ils (lovii^Diicnl saillanls v[ proéi)iineiils, avec rou£:eur de la conjom liv»\ 
dans les maladies irraves du laiMix, du poumon, du cœur, surloul daiiN 
lasllime très earaetérisé; — dans certaines maladies aiirues ou chroiiiqu»'5 
du cerveau produisant l'iiydroplulialmie, et dans les cas où une lunieur 
|)(»ussant Tieil en avant produit rex()|)lilhalmie. 

Quand, avec la nrotininence des ulohes oculaires, il v a ironflenienl (ie la 
i:lande thuoïde et des palpitations, c'est ce <|u'on a])pelle la varhwU 
t'.roifhthdlnii^iue ou t/oilre c.rophlhdlmirjHe. 

Les yeux s enfoncent, au contraire, dans leurs orbites pendant les 
maladies aihnamiijues graves, et particulièrement dans les maladies 
connue le eh(»lèra, l'euterite cholèriforme, la dysenterie qui produisent 
d'abondantes évacuations intestinales. 



);; — 3. Moiivonicnl!». 

Les \ eux sont fi.rcs dans la catalej)sie, convulsés en liaut ou aflectes de 
stral>is)nc dans les maladies frraves des méninges et du cerveau, dans la 
parai} sie de la troisième paire, dans la retraction d'un des muscles de 
l'œil, etc. 

Ils sont toujours tous Ic^ (Jcnx flrrirs du même côté (pi'une lésion ctMv- 
brab' et dans le C('»l«' t»pposé à riicniipb'gie, (»nt dit Vulpian et Prévnst: 
c'est la ilrridfion hifir'fh'^i''' ou runjufiiivc ^Irs f/rux. Ce|)endanl, j'ai |>lu- 
sieurs lois vu des cas de déviation lalrralisce des yeux avec hémiplfirie 
chez le.suns. >aiis ln'inipl<\i:ie cluv. K'S autres, alors (|ue l'autopsie faileavec 
soin ne n'Nela l*e\i^t«'nc«* d'aucune b'sion cérébrale. 

('-•'ll«M]ii('slion a t'U' de nouveau étudiée par Landouzy, puis par Grasvt 
vjui ^ont arriNes à des attirmations oj>pose«'S sans que l'accord lût possihl»*. 
lUilre (ju il \ a des d«'\ iations conju^:.uées des } eux sans lésions appre- 
eiab!es du etn^xeau. les cas où. tanl«»t du c«'»te de la lésion, tantôt du cèle 
oj»[h>^»'. se ln>u\e ctlte deNiatioii. >onl expliques dilïeremnient. 

Les \eu\ ilexie^ d'un n'U'.à iin»ile \\\v exemple. rei:ardenl vers la lesiuii 
plaeee ilaus i'Iu nii^pheie droit, «'l c'e>t celle lésion qui produit io spasme. 
dit l'i.'xost. l.e u"e>t pa> l(ar<»urs aiii^i. disent les autres: ils peuvent regar- 
der à droite, tandis tpie la lesiv»n tiii't'plialitpn» est à gauche. C'est ici que 
viennent le> e\pliealu>r.s. 

\loi>. on liit vju'il Miil ili>li!:gr,er les eas dr dt'xialion des yeux par /"/p/- 
l':^,( du eenlîe i\>tatrurtt ie^ eas par ^ 'i.>t.iî':'H de ce centre. M. Onis- 
set alor> vi lornurie eelle cvMielii>î'n : 

Oviand il \ a ileMali^»n eoîi u^iue. lians les lesi<.»ns d'un hémisphère 
ceivbral. le malade regarde ses m? p.i:»:es convulsés >'il v a excitation, et 
il n^gaixle s*\ L's:on s ;l n a paralNN..-. l'ra'.iijuement, on retient cette règle 
en nxisonnanl ^ur LvHii-o-îî.vle;::- i xlrine. •Jiî.iKd .1 \ a excitation, le> >eux 



IGNES FOURNIS PAR l'EXAMEN DE LA PUPILLE. 269 

sont tirés da même côté que les membres convulsés; quand il y a para- 
lysie, les yeux sont déviés du côté opposé aux membres paralysés. 

Quels sont les points de l'hémisphère dont les altérations peuvent entraî- 
ner la déviation conjugée? Il y a deux régions de l'écorce cérébrale dont 
rexcitation électrique entraîne la rotation de la tête et des yeux du côté 
opposé à Teicitalion ; ces deux régions sont le pied de la deuxième fron- 
tale, e), en second lieu, la circonvolution qui coiffe la scissure de Sylvius, 
les deux tiers postérieurs de la promise temporale et le pli courbe. Un 
cas de Chouppe, dans lequel il y eut lésion du pied de la deuxième fron- 
tale, porte Ferrier à localiser en ce point le centre de la déviation conju- 
guée, et cet auteur ne voit dans le pli courbe et le fond de la scissure de 
Syivius qu'un centre de la vision. Deux des faits de M. Grasset tendent au 
contraire à placer le centre rotateur dans la seconde région désignée par 
Ferrier. Chez iin de ses malades, le foyer de ramollissement occupait le pli 
courbe, et chez l'autre une hémorrbagie sous-corticale avait fait irruption 
sous leK méninges, entre l'extrémité de la scissure de Syivius et la scissure 
parallèle. Le cas de Chouppe lui-même, dit M. Grasset, a été mal interprété ; 
en outre de la lésion située au pied de la deuxième frontale externe, il y en avait 
une bien plus importante sur les parties supérieure et latérale du lobe sphé- 
Dokial, et c'est à cette dernière que Chouppe attribuait la déviation conju- 
guée. Aussi M. Grasset formule la proposition suivante : Quand la dévia- 
tion conjuguée doit être attribuée à une lésion corticale^ l'altération siège 
le plus souvent dans les circonvolutions qui coiffent le fond de la scissure 
de Syivius et le pli courbe. Gomme pour les autres centres moteurs, tout 
le faisceau de fibres blanches qui part de cette région et va au pédoncule 
en passant par la capsule interne, pourra, quand il sera altéré, donner lieu 
iu même phénomène. 

Quand on arrive au mésocéphale, à partir d'un certain point, le sens de 
b déviation change parce que les effets sur Toculo-moteur externe de- 
TÎenneutdirects. Ici, le principe posé pour les hémisphères doit être renversé ; 
le inalade regarde ses membres paralysés s'il y a paralysie ; au contraire 
il regarde sa lésion s'il y a excitation. 

D'ailleurs, dans une communication ultérieure à la Société anatomique, 
M. Landouzy, revenant sur les opinions formulées dans sa thèse, est arrivé 
à des conclusions conformes à celles de M. Grasset. 

Les yeux sont agités de tremblement latéral ou nystagtMis dans certains 
cas de méningite tuberculeuse, d'hydrocéphalie chronique ou de para- 
lysie générale et d'encéphalite chronique. 

ARTICLE III 

PUPILLE 

La pupille, ordinairement ronde, mobile et sensible à la lumière, est 
fielquefois très large, insensible aux rayons lumineux et entièrement 
immobile : c*est le cas de Vamaurose et de la mydriase. 



270 SIGNES FOIRMS PAU L'HABITIDE DU COUPS. 

Elle devient ovale, anguleuse, irrégulière dans l'iritis par suilc des adhé- 
rences de l'iris. 

Elle n'esl pas toujours de même dimension à droite ou à gauchf, «l. 
dans celte iuéiralilé, on a vu, prématurément peut-être, un si'Xiie (!»• la 
paralysie générale progressive. 

FAW, se contracte dans l'agonie et pendant le sommeil pour se dilatci au 
moment du réveil et à Tinslant de la mort. — Cette ouverture parait imiiv 
dans Tétat habituel, à cause de l'obscurité du fond de l'œil ; mais, dans la 
cataracte, elle paraît blanche par opacité du cristallin, et ailleurs, vWr ^A 
rouge ciiez les personnes dont la rétine nesl pas colorée. Ce phénonuiio 
est spécial à ValbiHisme, 

La pupille est très sensible à Tatropine ; elle se dilate sous son inlliniiLy 
au bout de dix minutes, et ce phénomène n'a pas lieu après la morl. cv 
(jui permet d'y voir un signe à utiliser pour le diagnostic de cet état f 1 1. 

ARTICLE IV 

SCLKKOTIQUE 

La sclérotique, ordinairement blanche, est jaune dans Tictère, nju^^e 
dans les ophthalmies, dans l'apoplexie conjoncti\ale, dans la méniniiil»^, 
et dans les maladies du C(cur (pii produisent la cyanose ; elle est bleuâtre 
chez les sujets lymphatiques et sur la plupart des individus afiecles do 
phthisie tuberculeuse. Elle est ardoisée chez les malades qui ont prib j)^n- 
dant longtemps du nitrate d'argent contre l'épilepsie. 

ARTICLE V 

r.OUNÉE 

La cornée transparente ollVe quelquefois des taches laiteuses plu>MU 
Tuoiiis étendues; ce sont des taies produites par la guérison d'ulcères sii- 
perlieiels causés par la kératite simple ou traumatique, par la kéralil<Mlt' 
la scrofule, de la variole, etc. 

Elle se ramollit, d<*vient opaline sous l'influence de l'inanition, dans le 
cours (le la méningite, ce (|ui est rare, et des maladies de la cinipiieni'* 
paire. Son ramollissement s'accompagne alors très souvent de la perl\^ 
ration et de la perte de l'œil, ainsi (|ue l'ont établi les expériences de 
Chossat sur l'inanition, et les vivisections laites par Claude Bernard sur le> 
animaux. 

Elle change de forme (;t devient conicpie dans le staphylome; enfin» elle 
perd sa transparence et se couvre d'un voile glaireux à la lin de l'agonie 
ou immédiatement après la mort. Alors, si Ton examine avec le réflecleiir 

(I) E, Djucliiit, Ménutire sur plusieurs uoureaux signes de hi mort fournis par C''p .» 
lliuhnoscopie. Paris, 1807, in-18.— Traite ties sujnes de la mort, i* édit. Paris, I87i. 



SIGNES FOURIVIS PAR L'EXAMEN DU NERF OPTIQUiS ET DE LA. GHOROIdE. 271 

d un ophtbalmoscope, elle ressemble à une vitre mouillée, et le foud de 
l'œil, au lieu d'être rouge, est gris blanchâtre par suite de la décoloration 
delà choroïde. On n'y voit plus de papille, les artères rétiniennes ont dis* 
para, et les veines inten*ompues son^à peine visibles. 

ARTICLE VI 

CRISTALLIN 

Le cristallin perd quelquefois sa transparence, et il en résulte un chan- 
gement notable dans Taspect de Tœil. La pupille, au lieu de paraître noire, 
est grise, ou tout à fait blanche, si le cristallin est devenu opaque. C'est 
cequ*on observe dans la cataracte traumatique, sénile ou diabétique. 

A ce changement de couleur des parties constitutives du cristallin se rap- 
porte un phénomène découvert parSanson, et dont la connaissance importe 
au diagnostic de certaines maladies de Tœil. Ainsi, devant un œil dont les 
milieui sont transparents et dont la pupille a été dilatée par la belladone, 
la lumière d*une bougie produit trois images de flamme, les unes derrière 
les autres, Tune renversée entre les deux autres, qui sont droites. De ces 
trois images, Tantérieure, très apparente, est produite par le mirage de la 
bougie sur la cornée; la seconde, renversée, résulte du mirage sur la face 
postérieure de la capsule cristalline, et la troisième, très pâle, est produite 
par le mirage sur la face antérieure de cette môme capsule. Les trois 
images manquent dans le cas d'opacité de la cornée. Une seule image in- 
dique Topacité de la face antérieure de la capsule, et les deux images 
droites, en Tabsence de l'image renversée, annoncent l'opacité de la face 
postérieure de la capsule. Ces phénomènes permettent de distinguer sûre- 
ment lamaurose, avec conservation de la transparence des milieux de 
1 œil, d'avec la cataracte, qui a pour effet de les détruire. 

ARTICLE VII 

NERF OPTIQUE, CHOROÏDE ET RÉTINE 

Les parties profondes de l'œil, telles que le corps vitré, la papille du 
oerf optique, les artères et les veines de la rétine, la rétine elle-même, et 
la choroïde sont le siège de lésions nombreuses qu'on ne peut découvrir 
qua Paide de Tophlbalmoscopc et qui indiquent, soit une maladie de 
rdl seul, soit une maladie organique du cerveau et de la moelle épinière, 
soit la diathëse tuberculeuse, leucémique, diabétique, albuminurique, 
^}pbilitique ou hémorrhagique. Ce sont des signes de la plus grande 
importance. 

Jusqu en 1862, l'ophthalmoscope n'avait été employé que par les oculistes 
ilans leur spécialité, pour le diagnostic des maladies de t'œil et des diffé- 
rentes variétés de l'amaurose, mais la médecine doit maintenant l'utiliser 



^7-2 siGNKs Fornxis par l'haditude du corps. 

à son prolil, car, d'après ce (|ue j'ai fait connaître, elle trouve dans son 
emploi le moyen de voir, dans l'état du nerf opli(|ue ainsi que dans laiîr- 
culation rétino-choroïdienne, l'étal de la circulation et de la imtrilioinlij 
cerveau, de la inoelh^ et des niénin^a^s. Voir dans l'œil ce(jui se passe daii> 
le cerveau et dans la moelle, tel est le but de la nouvelle applioaliOii !« 
rophtlialmoscope. 

On savait depuis longtemps (pie diiïérentes amauroses pouvaient dépondif 
d'une lésion de Tencéphale, et (|u'elles étaient parfois accompai:ne«\s di- 
trophicMlu nerf optique, mais ce n*est (|u'avec l'oplithalmoscope qu'il a 
été jxtssible de constater cette lésion pendant la vie. 

Frappe de ce fait signalé par Sicliel, par Desmarres, par do de riiulVrl 
par tous les chirurgiens, j'ai eu Tidée de rechercher, d'une manière s\>l»'- 
maliijue dans toutes les alTections nerveuses, (|uelles étaient les altera(loii> 
(|ui pouvaient se produire dans \\v\\ sous l'intluence des maladies aiiru'< 
et chroni(|ues de rencé|)hale et de la moelle, sans me laisser guider à vai 
é^ard |)ar la considération de i'amaurose ni d'aucun trouble visuel. T.» la 
m'a permis de découvrir la loi de coïncidence des lésions du nerf optiqut^. 
de la rétine ou de la choroïde et des Tualadies organiques du système céré- 
bro-spinal. He là est née la crréhroseoiih' : c'est la urrritt* optiqU'', Li 
nérro-rétinite et la /u't'/'0-c//o/*rt/W//^ constatée dans les maladies cérébro- 
spinales et rendant le diagnostic de ces maladies absolument certain. 
.l'ai ainsi vu: 1" (|ue tout obstacle mécanique à la circulation cérébral» 
avait son retentissement dans les veines de la rétine; ±' que toute pbloii- 
masie méniniio-encéphalitiue descendait dans I'omI par le nerf optique: 
3" enfm, (|ue les maladies aiguës de la moelle produisaient, par le grand 
sympathiijue, un relâchement des vaisseaux du nerf opticjue ou de la réline 
conduisant à I'amaurose, lois importantes qui sont devenues la base dune 
séméiologie nouvelle des maladies nerveuses. 

Au reste, pour ne pas me répéter, je renvoie, pour de |)Ius amples détails, 
aux ouvrages spéciaux que j'ai publiés sur ce sujet (l), et au chapitre 
intitulé Ckhkuhoscopik (:2), dans lequel j'ai décrit tous les signes que pn- 
senle le fond de l'œil (nerf opticjiie, rétine ou choroïde) dans les maladie^ 
organiques du cerveau, de la moelle ou des méninges. 

.ARTICLE VIII 
sir.NKs ForuMS Ali niAe.NOSTn; pau l'examen de i.a vision 

A l'examen physi(jue de l'œil se rapportent les signes tirés de l'élude 
des troubles visuels. Ainsi, la vision peut cesser le jour et n'avoir lieu 
que la nuit, sans (lue pour cela, le globe oculaire soit malade; c'est la 
nyctalopie: — (|uand, au contraire, les malades voient pendant le jour el 

ili BiMH!liiit, Du (litKjnnsticilt's mttlnilie^ du sustenie ne rr eux par rophtlialmoscopf ^îr*- 
(lea hopit., \H\rl-iV.\ ol Paris, lS(;7,uii volmiuî iii-S) ; ciiliii Allas d'oplitliabnoscopie iH'rM' u^ 
et de cérébroscoj)ii\ 1870. 

cl] Voyez p. 181 el suivaiUos do ce livre. 



SIGNES FOURNIS PAR l'EXAMEN DES PAUPIÈRES. 273 

• 

cessent de voir après le coucher du soleil, ils ont de Vhéméralopie. — La 
Tision s'altère quelquefois dans un œil par effet sympathique lorsqu'une 
maladie de rœil opposé agit sur l'œil resté sain ; — par lésion locale de la 
cornée, du cristallin ou des milieux de Tœil; — par lésion de la rétine, de 
la choroïde et du nerf optique ; — sous l'influence de la glycosurie, ou dia- 
bète sucré qui altère la rétine ; des maladies des méninges ou du cerveau 
et de quelques lésions de la moelle épinière. Dans ces cas, on comprend 
qae l'étude des troubles visuels offre des signes importants au diagnostic 
des maladies. 

Des éblouissements, des bluettes et de petites flammes rouges au-devant 
des yeux annoncent la congestion cérébrale et l'imminence de l'apoplexie. 
Des taches noires dans le champ visuel annoncent un commencement de 
maladie circonscrite dans la rétine, surtout une hémorrhagie rétinienne; — 
Yhémiopie indique une lésion de la rétine; — la diplopie annonce le début 
de la méningite ou une affection chronique de la protubérance et de la 
moelle, telle que la sclérose spinale et l'ataxie locomotrice. La perte absolue 
de la vision, sans lésion apparente des milieux de l'œil, ou amaurose, 
indique une paralysie de la rétine et du nerf optique, par lésion locale du 
fond de l'œil, ou par une sclérose *du nerf optique due à une tumeur céré- 
brale de la couche optique, des tubercules quadrijumeaux, de la protubé- 
rance ou consécutivement à la sclérose cérébro-spinale des ataxiques. 

L*amaurose subite, incomplète, accompagnée d'un peu d'œdème des 
paupières, a été signalée par Landouzy comme un phénomène initial assez 
fréquent de l'albuminurie, ce qui est très vrai. — C'est quelquefois aussi le 
signe de la glycosurie. 

L'amaurose sans œdème palpébral, et sans lésion intra-oculaire venue 
par degrés, résulte quelquefois de la présence d'un tœnia. 

La diplopie se rattache souvent à une lésion organique du cerveau, an- 
nonçant une paralysie du moteur oculaire commun ou un commencement 
de paralysie générale progressive, un début de méningite, ou enfin une 
gomme syphilitique de la substance cérébrale, etc. 

Il est tout naturel que la vision soit troublée par les maladies de la pupille, 
de la rétine ou de la choroïde, qu'occasionne une maladie du cerveau, de la 
moelle ou des méninges, mais, dans beaucoup 4e cas, la lésion existe et il 
n'y a aucun trouble visuel, c'est ce qui explique pourquoi on a tardé jus- 
qu'à ce jour à découvrir la loi de coïncidence que j'ai fait connaître sur le 
rapport des lésions du nerf optique et de la rétine avec les maladies cérébro- 
spinales (1). 

ARTICLE IX 

SIGNES FOURNIS AU DIAGNOSTIC PAR L'EXAMBN DES PAUPIÈRES 

Les paupières peuvent être modifiées dans leur aspect naturel par leur 
eolorationf par leur volume et par la régularité de leurs mouvements. 

(1) Vo|ci pins haut le chapitre Gérébroscopie, p. 6i. 

B. — DlAfiNOSTlC. 18 



27i SIGNES FOl'RNIS PAR l'hABITUDE DU CORPS. 

.^ f. — Coloration. 

Elles s^enlourent quelcjiiefois, surloul h leur bord inférieur, d'une leiiite 
bleuâtre formant des yeux cernés, phénomène produit par la faliirue, la 
veille, la menstruation, Fonaiiisme, de grandes évacuations, la lièvre, de. 

On y trouve quel(|uefois celte singulière sécrétion noire pulvéruleule 
dont j'ai parlé précédemment qui est formée par du charbon cl à laquelle 
s*appli(|ue le nom de vhroniht/drose. 

Leur bord est rouge, croùleux, dans la hlépharite c///^î/t chronique,— 
renversé en dedans chez les personnes allectées d'en trop tort, et en dehors 
dans Vectropion, 

Elles sont rouges et gon liées dans l'érysipèle et dans la variole à la 
période de suppuration des pustules ; — volumineuses et pales dansd'œdème 
et dans Tanasarque ordinaires. — Chose importante, l'œdème qui débute 
par les paupières et qui gagne les autres parties du corps est presque tou- 
jours le signe d'une albuminurie grave, souvent mortelle. 

>i 9. — lIouTCnicntfi. 

Les mouvements des paupières sont souvent modifiés d'une manière 
importante. Tantôt fréquents et rapides, ils constituent le tic palpêbraL 
Ces mouvements sont quelquefois liés à une allection cérébrale comme dan> 
la mîinie aiguë, où ils constituent ce qu'on appelle le cUgnotement, Il> 
sont, au contraire, lents à elTectuer dans certaines maladies des nerfs ti 
du cerveau qui amènent des paralysies partielles. 

Les paupières d'un seul œil ne peuvent quelquefois plus se rapprocher 
et restent entr'ouvertes. Cela s'observe dans l'hémiplégie faciale et dans la 
paralysie rhumatismale de la septième paire, à cause de la paralysie de 
Torbiculaire palpébral. — Chez d'autres malades, au contraire, l'œil se 
ferme, mais il ne s'ouvre qu'à demi, la paupière suj)érieure ne peut plus 
être relevée, et Ta^l est dévié en dehors. C'est ce qu'on observe dans la 
paralysie de la cinquième paire et dans la parai) sie du moteur oculaire 
comnmn, qui envoie un rameau à l'élévateur de la paupière supérieure. 

ARTICLE X 

SIGNES FOI RNIS AU DIAGNOSTIC PAU LES CONJONCTIVES, LA CARONCULE LACRYMALE 

LES CILS, ET LES SOURCILS 

Les conjonctives, la caroncule lacrymale, et le sac lacrymal ne four- 
nissent aucun signe important pour les maladies qui n'inléressenl pas 
directement leur texture. — Les cils, au contraire, sont d'une longueur 
démesurée chez certains scrofuleux ou phthisiques, ou bien ils sont courts, 
partiellement détruits, ou garnis à la base d'une squame épidennique 
blanche chez les sujets scrofuleux ayant eu des blépharites ciliaires. 

Les sourcils sont souvent le siège de plaies ou de cicatrices anciennes 



SIGNES FOURNIS PAR L'EXàMEN DES TEMPES ET DES JOUES. 275 

qui résultent de chutes sur la tête. Dans ce cas, il se fait souvent une 
Dévrite ascendante du nerf frontal branche de la cinquième paire, qui 
gagne le cerveau, et redescend par la deuxième paire ou le nerf optique 
pour former une névrite optique caractérisée d'abord par Thyperhémie 
et par ToMième du nerf, sans troubles visuels, puis un peu plus tard, par de 
Tamaurose avec atrophie papillaire(l). 

ARTICLE XI 

SIGNES FOURNIS AU DIAGNOSTIC PAR L'EXAMEN DES TEMPES 

Les tempes se creusent dans les maladies aiguës, comme l'entérite cho- 
lériforme, le choléra, et dans la consomption des maladies chroniques, 
telles que la phthisie pulmonaire, l'entérite chronique ; il en est de môme 
dans Tagonie. 

Elles sont le siège de douleurs névralgiques fréquentes, irrégulières, 
chez les personnes affectées de chlorose, ou périodiques dans les cas de 
fièvre larvée. On y observe des battements considérables chez les sujets 
pléthoriques et disposés aux congestions cérébrales ou à l'apoplexie. 

ARTICLE XII 

SIGNES FOURNIS AU DIAGNOSTIC PAR L'EXAMEN DES JOUES 

t«^ — Col«rAti«B. 

Chez un sujet bien portant, les joues, habituellement rosées, présentent 
quelquefois une couleur rouge intense, circonscrite sur les deux pom- 
mettes, et cette plaque rouge a été considérée comme l'indice du dévelop- 
pement ultérieur d'une phthisie pulmonaire. Cela est souvent vrai. Au con- 
traire, la coloration rouge intense unilatérale de la pommette, avec fièvre, 
caractérise presque toujours une maladie aiguë du poumon correspondant, 
comme on le disait au temps d'Hippocrate. Elle s'observe souvent dans la 
pneumonie. Alors la joue colorée est infiniment plus chaude, et elle a un 
ou deux degrés de plus que l'autre. 



Fermes et rebondies chez les personnes chargées d'embonpoint, les joues 
sont creuses chez les sujets maigres; elles sont flasques, mobiles et agitées 
par le souffle de l'expiration chez les personnes qui viennent d'être frap- 
pées de paralysie de la face par le ti*oid ou par une hémorrhagie cé- 
rébrale. 

Outre l'importance diagnostique de ce signe, il a encore, dans le cas 
particulier dont je parle, une certaine importance pronostique, car il révèle 

M) Voj. £. Bouchut, Du diagnostic des nuUadies du système nerveux par Cophikal^ 
«OKope, obf . CLXUI, p. 371. 



27G SIGNES FOURNIS PAR l'iIABITIDE DU COUPS. 

un ^rand danger. — Les joues sont atrophiées d*unseul côté dans cerlain*N 
hémiplégies laciah's chroniques et dans cette singulière maladie (|u «»ii 
appelle aplasie lamineme de la face. 

ARTICLE XIII 

Sir.NES FOUUNIS AU DIVGNOSTIC PAU lVaAMEN DU NEZ 

Le nez s'amincit, s'eflile (^t se refroidit dans les maladies graves, surloiit 
dans les entérites eholériformes ou dans le choléra et aux approches de la 
mort. 

Les narines sont pulvérulentes dans la fièvre typhoïde et dans les mala- 
di(*s adynaniifjues sérieuses; — elles sont agitées de mouvements rapides 
et très visihies de dilatation active dans le croup, dans la broncho pneu- 
monie des jeunes enfants, et dans l'asphyxie par maladies du poumon à 
leur dernière période. — Chez les petits enfants, cette dilatation fréquente 
des narines, par lesquelles sort un petit bruit d'expiration, est le si^^ie 
certain d'une pneumonie lobulaire coniluenle très grave (ju'il est alors 
facile de constater par l'auscultation. 

Il \ a des cas où une seule narine reste immobile ou s'alTaisse dans les 
mouvements d'inspiration, l'autre conservant toute la liberté d'action. (r»*>l 
le signe d'une paralysie faciale. 

Le nez séerèle parfois de la sérosité claire qui coule au dehors et irrite 
l'ouverture des narines dans le coryza aigu ; — il sécrète du muco-piis 
dans le coryza s( rofuleux, et si la sécrétion a de l'odeur, c'est ce qu'on 
appelle jmtiai.'iic ; — il jette du sang dans l'épistaxis par pléthore simple, 
par lièvre l\phoïde ou par purpura ha^morrhagica; — il en sort delà séro- 
sité purulente et l'ouverture est grisâtre dans le coryza diphthériti(|ue. 

AUTICLE XIV 

Sir.NES KUUUMS AU DIAGNOSTIC PAU l'kXAMEN DES LÈVUES 

^ I*'. - Coloration. 

La couleur rosée des lèvres change souvent dans un grand nombre de 
maladies. — Roinje.^ dans les maladies aigut's inllammatoircs, elles sont 
[iâlrs dans le friss »n de la lièvre intermittente, dans l'anémie, dans la 
vh\ovo$v\ — pâles, terreuses et ridées dans la syphilis des nouveau-nés; — 
lirides, riolaeêes dans les maladies adynamiciues et dans les maladie> 
du ca'ur, — noires, bleuâtres dans la persistance du trou de Bolal,dan> 
les relrécissemenls de Tarière pulmonaire, dans l'asphyxie simple, dansl'av 
])hyxie de la bronchite capillaire et du catarrhe sulTocant, dans certains cas 
de croup à la dernière période, dans le choléra et à la suite de l'usa-e 
prolonge du nitrate d'argent. 



SIGNES FOURNIS PAR L'EXAMEN DES LÈVRES. 277 

§ •• — Eailalte ile« lèvre*. 

Par suite de Tenduit qui les couvre, les lèvres sont parfois sèches et cou- 
vertes de pellicules épidermiques minces dans les affections chroniques des 
voies digestives et dans la fièvre hectique; elles sont^au contraire, sèches, 
poisseuses et noirâtres, couvertes de pellicules épaisses, dans les maladies 
aiguës graves, compliquées d'adynamie, et particulièrement dans la fièvre 
typhoïde. Dans ce cas, elles offrent souvent des gerçures par lesquelles 
s'échappe une certaine quantité de sang. On y trouve souvent de fausses 
membranes dans la diphthérite; des plaques muqueuses jaunâtres dans les 
affections héréditaires syphilitiques; des aphthes et des points blancs 
i'Oidtum albicans à leur face interne dans la stomatite aphtheuse et dans 
le muguet. 

§ s. — VreaMUeMenl et iM^rAlysle ile« lèvrea. 

Les lèvres tremblent momentanément dans la-colère, dans le frisson et 
dans la courte période qui précède les vomissements ; leur tremblement 
continu indique la présence d'une névrose. 

Ordinairement rapprochées, elles pendent, surtout la lèvre inférieure, 
dans les maladies adynamiques, telles que le typhus, la fièvre typhoïde, etc. 
Elles sont flasques et déformées dans la paralysie ou Thémiplégie faciale, 
de manière à produire une déviation dans le côté sain, entraîné en arrière 
par les muscles restés contractiles. Parfois la lèvre inférieure est seule 
pendante, laisser écouler la salive, ce qu'on voit dans l'idiotie chez les 
enfants et dans la démence ou l'imbécillité chez les vieillards. 

Souvent on voit la partie paralysée des lèvres, très mobile, être entraînée 
par la colonne d'air chassée dans l'expiration, et il en résulte un mouve- 
ment singulier qu'on exprime par une comparaison grossière en disant que 
le malade fume la pipe. C'est ce qu'on observe dans les hémorrhagies 
cérébrales très graves. 

Quelquefois agitées d'un mouvement convulsif tout spécial dans la para- 
pbrénésie ou la manie aiguë, elles donnent lieu à ce qu'on appelle le rire 
iardonique, expliqué, soit par l'anastomose du nerf phrénique et du nerf 
bcialavecie sous-clavier et le grand sympathique, soit plus justement par 
la sympathie qui existe entre les lèvres et le diaphragme. 

Le volume des lèvres, principalement celui de la lèvre supérieure, est 
souvent augmenté chez les scrofuleux, à cause des gerçures qu'on y trouve 
et par suite de l'inflammation chronique qui en résulte et qui est engendrée 
par l'écoulement continuel d'un flux nasal acre et irritant. Il augmente 
aussi, soit en haut, soit en bas, dans les maladies de l'enfance, à la suite 
de la stomatite ulcéreuse et des aphthes qui irritent le tissu cellulaire sub- 
jacent et favorisent si rapidement l'apparition de la gangrène de la bouche. 



278 SIGNES FOURNIS PAR L'HABITUDE DU CORPS. 

On robservc encore dans quelques maladies aiguës avec l'herpès critique 
et de bon augure développé à leur surface dans le cours de la pneumonie* 
franche. 

Les lèvres, enfin, présentent à leur sur(î\ce des gerçures chez les scrofii- 
lenx et dans les maladies aiguës ; — des plaques muqueuses dans la syphilis 
constitutionnelle; — de Therpès comme signe d'une heureuse tenninaisou 
des maladies aiguës, et à leur ïace intérieure des lâches de muguet idiopa- 
lhi(|ue ou symptomatique. Celui qu'on observe chez l'adulte dans le coiirs 
des maladies chroniques a une gravité pronostique toute particulière. 11 
indique la mort dans un temps assez rapproché. 

ARTICLE XV 

DU DIVGN'^STIC PAU I.'tAAMKN HK L.V l:(U<:ilE, FŒS DENTS ET DES GENr.lVES 
5^ t". — Kcnriemcnt et resserrement de» luâclioires. 

Les mrichoires écartées, tout en restant mobiles, s'observent dans les 
maladies adynamiques et dans l'agonie; elles sont écartées, mais iiiuno- 
biles, dans la double luxation de l'os maxillaire. — Quand elles restent 
écartées avec saillie de la langue, elles indiquent l'angine lonsillaire aiiruf* 
ou chronique avec fort gonflement des amygdales. — On les voit serrées 
dans le tri<mus produit par le tétanos, et dans le cours des aiïections con- 
vulsives provoquées par la méningite aigur ou chronique, par les tumeurs 
du cerveau, ete. — Un éearlement iiiooinplel avec déviation de la j)oinle 
du nienttui à droite ou à iiauche est le siime de la luxation d'une seule 
branche du maxillaire à iiauche ou à droite, c'est-à-dire du côté oppose au 
déplacement du menton. 

<î 9. — Mnirorniation des dents. 

Los ddifs sont ordinairenienl niinoes, d'un l)lniic laiteux, molles et sou- 
vent alleinU's de earie eluv. les siiirts dispi^sés a la phlhisie. — Pitpieesala 
surface do K-ur enial, ofla revele r«*xi>loiii«' anlt^nture (Tuno maladie pro- 
longée des voies diirestives ou de la diathèse racliitique et syphilitiijue. 
Seiil(Mnen(, à la suite de la dxspepsie do rentcrile ehroni(|ue et du rachi- 
tisme, laltt ration >o présente sous forme d'aminoissomenl des dents inci- 
sives, de sillons sujHM'posos on tornio d'osoalior, de pointillé noir horizontal 
et de donloluros à leur UkM\\ libre. — l'ansla diathèses\ philitique, elles sont 
petites, emnlos. parfois oon!<|Uo>. cl leur bord tranohant est comme 
eobanor(\ liutohinsiMi oonsi ioro ootlo Icsii^n comme palhognotnonique de 
la s)plulis. iVesl une erreur. Los ii«Mit> prosontont eolte alléi-ation à la suite 
de tout cL\\ eaoluvti(|uo proK»n^o, prin> ipalomont lie la cachexie causée 
par Tentorite ehroniv]uo ou le ravhi:isîi;t\ t't las\j)hiiis ne produit cette 
altération que connue ctat cachootiquo iii^. 1<»T'. 



SIGNES FOURNIS PaR L'EXAMEN DE LA BOUCHE. 279 

Les dents, enfin, se couvrent d'un enduit sec, noirâtre, fuligineui, 
dans les fièvres graves adynamiques et typhoïdes. 



0t.^S^S^^.^^^.^M 



FiG. 107. 

Par suile de la convulsion ou du spasme des muscles de la mâchoire, 
on les entend claquer les unes contre les autres dans le frisson des fièvres 
intermittentes et de l'invasion des maladies aiguës. — Ailleurs, elles fi'ottent 
en produisant un bruit de grincement chez les enfants nerveux pendant 
leur sommeil. Lorsque ce grincement se produit dans les maladies aiguës 
oonvolsives, notajnment la méningite, il y a tout lieu de craindre la mort. 

§ s. — C^Mdear el altémlton de* senelveii. 

Les gencives sont pâles dans la chlorose, dans l'anémie et à la fin des 
maladies cachectiques. — Elles sont, au contraire, rouges,, livides, cou- 
vertes d'un enduit pultacé> dans les maladies aiguës et surtout dans la fièvre 
typhoïde; — elles sont rouges, livides, gonflées, saignantes et infectes dans 
le scorbut. 

Leur bord libre est souvent ulcérédansune forme particulière de stoma- 
tite chez les enfants, et il présente alors un liséré grisâtre ulcéro-membra- 
nenx qui tend à s'agrandir, peut amener la destruction des gencives, la 
nécrose d'une portion de maxillaire et la chute des dents, ou même, dans 
certains cas, la gangrène de la bouche. — Il en est de même dans la stoma- 
tite mercurielle. — Ailleurs, dans l'intoxication saturnine, le bord libre des 
gencives est gris bleuâtre par suite du dépôt d'une couche très mince de 
sulfure de plomb, et il oiïre une teinte verte prononcée d'oxyde de cuivre 
dans les maladies des ouvriers qui fondent et qui manipulent ce métal ; — 
il est noirâtre dans la saturation de l'organisme par les sels d'argent chez 
les sujets épileptiques que l'on a traités par ces composés métalliques. 

L'odeur de la bouche est très souvent altérée par suite des maladies 
locales de la muqueuse buccale ou des maladies générales de l'orga- 
nisme. 

Elle est infecte dans la carie dentaire^ — dans la gangrène buccale ou 
^tomacace; — dans la stomatite ulcéro-membraneuse et mercurielle; — dans 
i angine tonsillaire gangreneuse; — dans la gangrène du poumon et dans 
certains catarrhes chroniques des bronches chez les vieillards; enfin, dans 



280 SIGNES FOl'RMS PAH L*IIABITVl>E DU CORPS. 

la ftlycosurie oii cllo a une fade odeur spéciale earactérislique de la mala- 
die. — (l(î syinplôme m'a servi plusieurs fois à reconnaître la maladie 
rien (juN'n causant de près avec les malades et avant d'avoir fait lanalyse 
des urines. 

);; &. — ^toniatorrbagie. 

Des jiémorrlia^ies se font souvent par les gencives, dans la stomatite 
uhhO'Wcmln'dneuse (|ui a produit le ironllement et l'ulcération du rebord 
gingival ; — dans Ui stomatite mevctirieUe acconipagnée d'ulcération du l)(»rd 
des gencives; — dans certains cas d'avulsion dentaire ou de blessures irin- 
givales; — dans le juirpura hœmonhagica; dans k scorbut; dans Vlif^mor- 
r//r/7>//î7/c; — dans l'enipoisonnement parTaconil, selon Copland, enfin dans 
certains cas d'hystérie ou de suppression menstruelle. 

i:^ «. — Nalivalion. • 

Dans Tetal normal, on évalue la sécrétion de la salive à l(>00 ou 
ir>(H) grammes et elle est continuellement avalée. Mais dans l'état patholo- 
gi(|ue, la salive non retenue dans la bouche peut s'élever comme quantité 
au chiiïre de :2,3 kilogrammes et plus, f/est la salirationou sialorrht'eon 
ptj/alisnic. (l'est de l'eau incolore, parfois trouble, neutre ou b'gèremtMit 
alcaline. vis(|ueuse, salée ou sucrée dans le diabète. Elle est quelquefois 
fétide : c'est le cas de la stomatite mercurielle. 

La salive, habituellement retenue dans la bouche, avalée instinctivement 
de minute en minute, parfois coule involontairement, malgré TelTort des 
lèvres, à demi paralvsée:? et pendantes, qui sont écartées chez les idiots et 
chez les d<Mnents. — Ailleurs, elle coule involontairement aussi, mais les 
lèvres veulent la retenir ou bien le malade fait ell'ort pour la cracher. 

\ai sulivaliiui est le lésullal d'une irritation de la bouche et des dandes 
salivain's par des agents spéciaux, tels que le ])imenl, le tabac, le bétel, la 
racine de pMvthre, le jaborandi et son alcaloïde la pilocarpiNf\ ou de l'ir- 
ritation inllammaloire muqueuse dans les dilTérentes variétés de stomatite, 
) compris (('Ile do la variole, et dans la stomatite causée par l'absorption 
du mtMcun*. La salivation e>t souvent .sj/DipatliifjHe dans la grossesse, le 
catarrhe ga>lri(]ue, la gastrite chronique, IliNstérie, rh\pochondrie, le ner- 
vosi>me, la raizc, certaines formes d'aliénation mentale, surtout la manie 
aiguë. 

AliTICLK \VI 

IH hUr.NO-Vh V\\\ l'ï.WMYW DIS (M'.KIILFS V\\\ l/oTOHItHAGlF. ET PAR 
IKÙi'MnMKM" l'K I.A llKi.K'.N PAKmTIDIENNE 

Les oreilles et la région paroliditMnie n'onVent qu'un petit nombre de 
signes diagnostiques ou pronostiijues. mais en revanche ces signes ont une 
grande importance. 



SIGNES FOURNIS PAR L'EXAMEN DES OREILLES. 281 

Les oreilles sont froides, pâles et cyanosées, dans le frisson des fièvres 
intermittentes, dans quelques maladies du cœur, dans Tasphyxie, dans le * 
choléra et à la fin de Tagonie. — Elles sont souvent, chez les sujets lympha- 
tiques, à Textérieur, en arrière du pavillon, le siège d'un eczéma qui peut 
s'étendre assez loin. — Souvent aussi on voit le conduit auditif être le 
siège d'un suintement purulent plus ou moins considérable chez quelques 
scrofuleux, ayant une inflammation de l'oreille moyenne, ce qui constitue 
Yotorrhée, Alors il y a perforation de la membrane du tympan, suppuration 
de la caisse et, si la maladie se prolonge, il peut y avoir avec l'écoulement 
muqueux purulent une sortie des osselets, ce qui est pour toujours la perte 
de l'oreille. — Dans quelques cas, enfin, à la suite des chutes sur la tète, 
OD y observe un écoulement séreux rùussdlre, phénomène qui indique tou- 
jours une fracture de la base du crâne au niveau du rocher. 

En auscultant les oreilles dans Télat normal, on n'entend rien, mais 
parfois, dans la méningite, on y entend un bruit de souffle qui est évidem- 
ment un bruit céphalique analogue au bruit céphalique dont j'ai parlé 
plus haut et qu'on entend sur différents points du crâne. 

Mais en dehors de ce fait, dans les maladies des oreilles l'auscultation 
peut être utilement employée. 

On sait que par des poussées d'air sur le tympan, on agit sur la sensation 
sonore perçue par le sujet (ayant un diapason en résonance posé sur la 
bosse frontale), et l'on juge au moyen des variations ou de l'absence des 
variations de son annoncées par le patient de l'état de l'appareil conducteur 
do son et surtout de la mobilité de l'étrier. 

Ces épreuves ne fournissent à l'observateur que les réponses du malade: 
ï. Gellé a tenté de constater lui-même des variations du son, loi*squ'on 
exerce des pressions difliérentes au moyen de la poire à air. 

Voici comment on dispose l'expérience : 

Un tube de caoutchouc est adapté à l'oreille du sujet et par l'autre extré- 
mité à celle de l'observateur. La poire à insuffler de Politzer est annexée 
au milieu du tube, et sert à pousser de l'air qui comprime le tympan du 
sujet ; celui de l'opérateur est isolé par un mince diaphragme de baudruche. 
Tout ainsi disposé, on place sur la bosse frontale un diapason /a, en vi- 
bration. 

Le sujet perçoit le son transmis et en même temps l'observateur le per- 
^t)it aussi. 

Mais le son ne suit pas le même chemin pour aller de la paroi crânienne, 
soit à l'oreille du sujet, soit à celle de l'opérateur. 

Dans le premier cas, le son pénètre dans la cavité tympanique et frappe 
la fenêtre ovale, et fait vibrer la platine de l'étiîer. Ainsi le patient ne per- 
çoit que le son qui a ébranlé cet osselet. D'un autre côté, l'observateur 
reçoit les ondes sonores qui, de la cavité tympanique, traversent la mem- 
brane du tympan et s écoulent par le tube otoscopique. 

Quand, avec la poire à air, on tend la cloison et tout l'appareil conduc* 
teur du son, on modifie aussitôt la sensation transmise, et d'une façon 



^82 SIGNES FOl'HMS PAR L^IIABITUDE DU CORPS. 

ideiUiiju»* pour le sujol et pour Topérateur; si Toreille donnée est saiii»\ 
on produit à volonté l'alténualion du son : c'est un fait démontré. 

Mais il n'en est plus de même si une lésion altère la mobilité, soit du 
tympan, soit de Tétrier. Dans ces cas, l'elTet des pressions continue de s»* 
produire du eiUé resté sain, mais il est modilié complètement par la ma- 
ladie de l'autre côté. Ainsi, la sensation sonore sera perçue par l'observa- 
teur avec ses modifications, en rapport avec les pressions exercées sur la 
poire de caoutchouc, si le tympan est resté bon conducteur du son et mo- 
bile, tandis (|ue le sujet même éprouvera tantôt Tarrél de la sensation à 
cha(|ue poussée H tautiH une sensation verliirineuse, |)rovoquée à cha(ju«' 
fois (ju'on presse la |)oire à air, ou i)ien un bourdonnement intense. 

Il peut arriver (jue l'audition du diapason n'ait pas lieu par la voie (Je> 
os crâniens, et (|ue cependant le nuklecin (jui ausculte perçoive netlemenl 
ce son transmis à Iravt^'s l'oreille. 

Ou comprend (jue, dans ces cas, le diagnostic du siège de la lésion caus« 
soit éclairé par une semblable expérience, qui donne à la fois la mesure de 
la mobilité et de la conductibilité de l'orirane <le l'ouïe. 

Dans l'elat sain, il y a concordance parfaite entre ce qu'éprouve l'obsor- 
vateiu' et ce cpTentend le sujet. 

Dans l'état pathologique, il y a, au contraire, discordance complète; ft 
le jeu des pressions cenlripctes met en évidence la cause de ce disparate 
dans la circulation du son et précise le siège de la lésion. — L'analyse d'un 
cas pathoh)git|ne montre birn la valeur d»» celte exj)érience. 

('/est ainsi que. dans le ^erlige de Ménière, qu'on a voulu rapporter e\- 
clusivenient à une le>ion des canaux semi-circulaires, (iellé a pu. aa 
mo\en de i'e> eprcUNos, re?idie e\idente la lésion des fenêtres ronde> on 
ovales, pni>qni» les (n^'ss'ons cenlript'les, (jui modiliai«Mit a \oK)ntéh'SMn 
[)erv;u par roh>t>rNaleur, anienai»Mit elirz le sujet tant<H le silence tantôt 
restairnl >ans elTet et tanl(">l produisaiont le N»M"liL'e. 

dette <Aj»('ii«Miee constitue V'H/srtilt'ttinn tr'Ut^'Uirimliiif'r au muu'ii 
des pres>ions e»MJti ipr»le>. 

^ I . -- Olorrhafiie. 

L'eruuleinrnt de >ang par b'S Mro.lîes i (•nslitue Vutorrh'Ujie. H »'St 
lornh' de >an-: pur ou di' Sv\ng mt-Ir* à dt^ la sérosité et à du pus. 

Il est couluiu «M mi.'nnitle::t. f»- u al'«iiduitou consub'rable. Il ne >♦' 
produit qu\i{)îr> d; rliiiuiT ou p« i.oi.iîion u".r»'rativ»» ilu tympan. 

l/oti»rr!iagie p. ut » Ire su[«;:<^ a '.a nu;;.' d nuf vidlt-ntc détonation d<* mine 
on d'aili.ltMie oui «n n-' !<> I\'.î.;ki:î < î a'iu'U»- la iuî»luie des vaisseaux >aii- 
guniN, l de N,» \o!l .i la ^uiu- .it > ::.u :u:«"* «!.> !a bas»* du ervine et du rucfnT. 
dans le cvnu's de la eo |Ur!iu:;c a>N, ; ;;,i;o p.'ur dfv'hirer le t\mpan, apiv> 
I otitr nu»Nenue ••'. !i's .\'.-. • ^ J' \\ » .r-^.- a.\'.>nK'a«nt'S dolorrhee, enliii 
aNce les ceouli :ue:.S vi;. »•::;•; ^ ,:/. ^- .n i-ii; auditif dus à la carie da 
iwher. 



SIGNES FOURNIS PAR l'EXAMEN DES CHEVEUX. 283 

§ t. — ParoCMes. 

Au-dessous et en avant de Foreille se trouve la parotide, qui est assez 
sonTent le siège d'une tuméraction considérable, pouvant donner lieu à 
une saillie énorme au niveau de Tangle de la mâchoire et autour du 
lobule de l'oreille. Ce gonflement, lorsqu'il est double et accompagné de 
fièvre, caractérise les oreillons; quand il s'observe chez les enfants au milieu 
d'un bon état de santé habituel, il n'offre aucune espèce de gravité. C'est 
le résultat d'une rétention salivaire due à une affection catarrhale épidé- 
mique du canal excréteur de la salive obstruant l'ouverture de ce conduit. 
Au contraire, le même gonflement, d'un seul côté ou des deux côtés de la 
mâchoire, survenant chez un enfant ou un adulte très malade, au milieu 
des fièvres continues graves, porte le nom de parotide ou d^oreillons sep- 
ticémiques se terminant très souvent par suppuration, et il annonce 
presque toujours la mort. 

Oreillons et parotides ne sont donc qu'une seule et même maladie (1). 
C'est une rétention salivaire produite par obstruction du canal de Sténon, 
suivie de résolution dans les cas où les sujets sont pris au milieu de la 
santé, et de suppuration dans l'autre, à cause de l'état septicémique du su- 
jet. A l'intérieur de la bouche, on sent le canal de Sténon tuméfié, et par la 
pression de la joue on en fait souvent sortir un liquide purulent plus ou 
moins épais, suivant les circonstances. 

ARTICLE XVII 

DU DIAGNOSTIC PAR L'EXAMEiN DES CHEVEUX ET DE LA BARBE 

Les cheveux tombent souvent, soit par le pityriasis du cuir chevelu, soit 
par la teigne décalvante, soit à la suite de l'accouchement, des maladies 
aiguës graves, et principalement des fièvres typhoïdes. Ce phénomène 
existe aussi dans la phthisle pulmonaire, mais à un bien plus faible degré. 

En général ils repoussent, mais dans la teigne décalvante le crâne devient 
lisse comme une bille de billard et ils ne repoussent pas. — Dans quelques 
circonstances, chez les sujets depuis longtemps malades, par carie verté- 
brale, ou pleurésie chronique, cachectiques ou convalescents d'une fièvre 
grave, ils s'amincissent, perdent leur brillant, deviennent étiques, lanugi- 
neux et indiquent un vice de nutrition du follicule pileux. 

§ t'^ — ColoraClen. 

Les cheveux blanchissent lentement avec l'âge. C*est le caractère ie la 
vieillesse. Ils peuvent également blanchir d'une façon subite sous l'in- 
fluence de la frayeur et d'un profond chagrin. J'ai cité dans ma Palhologie 

(1} Bouchut, Traité des maladies de Venfance. 7* édition. 



281 SIGNES FOURNIS PAU L'hABITUDE DU CORPS. 

(jôncrale Tcxeinple d'uniiè^^'e niordupar un chien, qui avait blanchi subi- 
tenionl et donl la |)hotop:r«phie a dUt présentce à la Société de hiolo;:i^'. 
Leur décoloration partielle dans la léle, sur le sourcil, dans la barbe, foi- 
mant des mèches blanches au milieu des autres poils bien colorés indiiiuf 
le ritiligo. — lis cliai)«^ent de couleur et passent partiellement du chàlaiu 
ou du brun au roux dans les maladic^s chroniques, et notamment claib la 
phthisie tuberculeuse, liue barbe composée de poils i)runs et roux indi- 
que souvent la tuberculose pulmonaire. — On voit enfin des cheveux 
qui tirent sur le vert chez les ouvriers qui fondent et qui Iravailknl i»^ 
cuivre, et sur le rou^e chez ceux (|ui Cabriciucnt le minium. 



Dans la tei^rnc laveuse, les cheveux s amincissent, se décolorent et tom- 
bent avec la plus grande facilité. Ce caractère permet de dislini^uer, parmi 
les maladies du cuir chevelu, celles (jui dépendent d'un favus de celles «jui 
sont produites par Timp/Mi^^o et par l'ecziMna. — Dans la teij^ne tondaiile, 
au contraire, ils tombent par |)lac(^s, se cassent j)rès de la racine, Iai^^ent 
une pla(jue brune villeuse, avec des vestiges de poils, et leur chute cunsti- 
tue de véritables tonsures. 



CHAPITRE VIII 

SIGNES rOl'HMS XV DIAGNOSTIC V\\\ l'eXAMEN DU COL* 

Les proportions ordinaires du cou changent dans certaines dispositions 
morbides. 

In cou lar'^e et court favorise le coup de sani^ et rhémorrhairie céré- 
brale; au contraire, un coup mince et allongé indique une irrande faih!rs<e 
de constitution et une aptitude spéciale au développement de la plithisie 
pulmonaire. 

Le cou jjeut être déformé par des tumeurs : — en avant du larynx, par 
le goitre ou hypertrophie simple du corps thyroïde et par ce qu'on appel'»' 
le goitre exophthahnicjue s'il y a vu mvnu) temps saillie des globes ocu- 
laires; — sur les côtés par des ganglions lymphati(iues hypertrophiés (Ui 
tuberculeux ; — sous l'angle de la miudioire j)ar le gonflement des amvir- 
dales: — dans Tanuine intense et dans Taniiine scarlatineuse ou diphth^'ri- 
ti(|ue par des phh*gmons variés; — au-dessous de l'oreille par le gonlle- 
ment de la j)arotide appelé oreillon: — et en arrière, sous LoccipilaLpar 
des ganglions indun's (jui indiipient une syphilis constitutionnelle. 

Dans (|ucl(|ues cas, le cou est tordu et la tète inclinée sur 1 épaule : c'est 
ce uui forme le toflicolis. Cette lésion indi(|ue un rhumatisme des muscles 



SIGNES FOURNIS PAR LA CONFORMATION DU THORAX. 285 

du COU OU une paralysie du sterno-mastoîdien et des scalènes; ou, enfin, 
une carie yertébrale cervicale avec formation d*abcès par congestion. 

Chez quelques malades, les veines du cou sont le siège d'un battement 
isochrone aux pulsations du pouls avec reflux du sang visible à la surface 
de la peau : c*est ce qu'on appelle le pouls veineux. Il s'observe dans les 
maladies du cœur droit et principalement dans l'insuffisance de la valvu le 
tricuspide. 

Chez d'autres malades atteints de dyspnée cardiaque, il n'yaqu'unré^/Itto; 
veineux du golfe de la veine jugulaire à chaque expiration, mais ce n'est 
pas le pouls veineux et il n'y a pas d'isochronisme avec la systole car- 
diaque. L'isochronisme n*existe qu'avec la respiration dans le mouvement 
expirateur. ' 

On a dit, enfin, que le cou gonflait un peu du jour au lendemain et 
iu|nnentait dans sa circonféi*ence chez les filles qui perdaient leur virgi« 
nité, mais c'est un fait qui demanderait à être vérifié par un observateur 
sérieux. 



CHAPITRE IX 

SIGNES FOURNIS AU DIAGNOSTIC PAR L'EXAMEN EXTÉRIEUR 
DE LA POITRINE ET LA CONFORMATION DU THORAX 

On trouve à côté des signes fournis par la spirométrie, par la percussion 
et par Vamcultation (1), un certain nombro d'autres signes tirés de l'in- 
spection de la poitrine, et qui ne manquent pas dimportance. 

La largeur de la poitrine et l'épaisseur de ses muscles pectoraux sont 1 es 
meilleures conditions qu'on puisse rencontrer à l'état normal. 

Au contraire, une poitrine globuleusey maigre, étroite^ poussant sur le 
sternum, comme une poitrine de poulety avec des épaules saillantes, basses 
et des pectoraux minces, amaigris, peu développés, indique une constitu- 
tion faible et des poumons susceptibles de devenir tuberculeux. Pareille 
déformation, souvent très prononcée sans qu'il y ait de maladie sérieuse, 
existe dans le rachitisme. Celte disposition s'observe aussi dans les cas de 
carie dorso-vertébrale, mais alors il y a gibbosité dans le dos, ce qui dis- 
tingue cette voussure présternale de la voussure rachitique. 

Des voussures particulières partielles et permanentes du thorax se pro- 
duisent localement à la région précordiale dans la péricardite avec épan- 
chement et dans l'hypertrophie du cœur; — au sommet du sternum dans le 
cas d*anévrysme de l'aorte faisant saillie au dehors ; —sur les divers points 
des parois thoraciques, à la région sus et sous-claviculaire, stemale, 
maonnaire, etc., dans Temphysème pulmonaire, ainsi que l'a indiqué 

(t) Vojei plut haut, p. 000. 



280 SKiNES FOURNIS PAU l'IIABITIDE DU CORPS. 

P.-llh. Louis (I). — 11 son établit également d*un seul côté de la poitrine 
dilaté parunépanchement séreux excessif de la plèvre qui efface les espaos 
int(4'costaux, mais alors la dilatation occupe tout un côté de la cafze 
osseuse tlioracique; — on observe aussi certaines voussures sur la colonut; 
vertébrale des enfants, dans le cas où le rachitisme produit une incurva- 
tion lombaire antéro-postérieure ; — sur Tun des côtés du dos, lorsqut- 
rafl'aiblisst^ment des muscles d\ni côté de la gouttière vertébrale produit 
la déviation de la taille ou scoliose dorsale; — enfin, lorsqu'une arthrite 
vertébrale ou une carie des vertèbres déterminent la gibbosité sur les diffé- 
rents points de la poitrine à la suite d'abcès par congestion, d'abcès froids, 
bydalicjues, etc.; mais alors ce sont des voussures qui sont tôt ou tari 
reu) placées par des tumeurs plus ou moins considérables. 

La dépression générale on partielle des cô/es s'observe quelquefois d'uu 
côté du thorax, à la suile d epanchement pleurétique entièrement guéri, 
laissant une complète adhérence entre les deux feuillets de la plèvre. Il va 
toujours alors rétrécissement d'un côté de la poitrine. J'en ai vu un cas 
curieux chez une jeune lille affectée de pleurésie purulente avec fistule 
datant de trois ans. Le compas d'épaisseur donnait S centimètres d'avant 
en arrière sous la clavicule, tandis (ju'il y en avait 12 du côté opposé. — 
La déj)ression thoraci(|ue s'observe aussi à la région précordiale après la 
guérison d'une péricardite ayant produit des adhérences de symphyse car- 
diaque. — On l'observe, enlin, dans les déviations de la colonne vertébi'ale, 
suite de rétraction musculaire. Ici, toutefois, la dépression des parois 
thoraci(iues ne se produit pas au moyen d'adhérences pleurales ou ptTi- 
cardiques tirant les côtes en dedans ; elle résulte d'un autre méciini^me. 
La rétraction des muscles de la gouttière vertébrale, changeant les condi- 
tions du rachis et les conditions de l'équilibre, amène une saillie de la 
poitrine sur l'épaule d'un côté et un enfoncement qui devient peraïaiient 
dans le côté opposé. 

La dépression et déformation de la cage thoracique s'observe aussi dans 
le rachitisme, là où la mpllosse des os et des côtes les rend aptes à subir 
toutes les déformations possibles imposées par la violence extérieure. Les 
côtes sans résistance subissent la pression des bras par le décubitus, et, sous 
chaque aisselle, les côtes plus ou moins enfoncées donnent lieu aune défor- 
mation caractéristi(|ue de cettcî pialadie. En elVel, la dépression latérale et 
sous-axillaire de cha(|ue côté de la poiti'ine, avec gonflement de chaque 
symphyse sterno-costale formant chapelet sur le thorax, est un signe cer- 
tain de rachitisme. 

Des plaies fistuleuses et des tumeurs soulevées d-une façon intermittent" 
à chaijue effort d'expiration et de toux se montrent quelquefois à la surface 
de la poitrine. L'air sort de ces plaies ou pénètre daiis ces tumeurs. C'est 
ce qu'on observe dans les plaies pénétrantes du poumon, dans les fistules 

(I) Louis, Mémoire sur lemjtlnjseme puimotmire, 1820.— Mémoires de la Société metU- 
calv trobsernition. Paris, J837, l. I, p. 100. 



SIGNES FOURNIS PAR L'eXAMEN DE L*ABDOMEN. 287 

pulmonaires culanées et sous-cutanées que j'ai décrites (1), dans les her- 
nies du poumon (2)» etc. Dans quelques cas, si la tumeur dépend d'une fis- 
tule pulmonaire sous-cutanée, la tumeur est réductible et fait entendre du 
gargouillement chaque fois qu'on la réduit (3). 

Les mouvements des côtes dans la respiration, réguliers dans l'état sain, 
et limités au chiffre de 18 ou 20 par minute, s'accélèrent beaucoup et de- 
viennent irréguliers dans l'état morbide. La respiration devient très fré- 
quente et s'élève à 30 et 40 ou 60, soit chez l'adulte, soit chez Tenfant, dans 
les maladies aigués de la poitrine. Dans le premier Âge, elle est intervertie 
dans son rythme, et, comme je l'ai fait connaître, elle devient expiratrice 
dans la pneumonie lobulaire confluente et dans la pneumonie lobaire,phé- 
Domène dont on peut se faire une idée en poussant plusieurs expirations 
gémissantes aussitôt suivies de l'inspiration. — Elle est irrégulière, lente 
et suspirieuse denks la méningite granuleuse, de façon qu'une série de 
petites inspirations à peine appréciables soient de temps à autre irrégu- 
lièrement entremêlées d'un soupir ajouté à l'inspiration. C'est un phéno- 
mène signalé chez nous depuis longtemps et que l'on a appelé, je ne sais 
trop pourquoi, respiration de Chey ne-Stokes. — La respiration est abdomi- 
nale chez les Individus qui ont la poitrine faible et dans les cas d'emphy- 
sème pulmonaire, d'épanchement pleurétique ou d'obstacle à l'inspiration 
situés daîis le thorax. — Elle est enfin courte^ empêchée, dans la pleurésie 
avec douleur pleurétique vive, ainsi que dans la péritonite aigué très dou- 
loureuse. (]es phénomènes sont extrêmement prononcés chez les jeunes 
enEuits, et leur présence acquiert une très grande importance diagnostique. 



CHAPITRE X 

SIGNES FOURNIS AU DIAGNOSTIC PAR l'EXAMEN DE l'aBDOMEN 

Le ventre, ordinairement lisse, souple, arrondi, indolent, peu sonore, 
sans éruption ni gargouillement, dans l'état de santé, offre, dans l'état de 
maladie, un certain nombre de phénomènes dont la constatation est infini- 
ment utile au diagnostic. Quelques-uns devant être l'objet de considérations 
étendues à propos de la séméiologie de l'appareil digestif, je mo bornerai à 
Im mentionner ici sa» y accorder trop de place. C'est à l'inspection^ à la 
palpation, à la percussioD, à la mensi^ration et à l'auscultation, qu'il faut 
recoorir pour la recherche de ces différents signes. 

Le ventre lisse est quelquefois couvert de vergetures blanches et rosées 



(1) Itooehut, Mémoire iur les fUtuleê pulmonaireê cutanées (BuUetm de V Académie de 
nêdfaiM. Paris, 1853, t. XIX, p. 64). 

(2) Mord, Mémoires de la Société de chirurgie, Paris, 1847, t I, p. 75. 

'3; Des fstuies pulmonaires sous'Cutanées guéries par ta compression [Paris médical, 

1880, n* 13). 



288 SIGNES FOURNIS PAR L HABITUDE DU CORPS. 

chez les femmes qui ont eu des enfanls, chez les personnes aiïeclées d as- 
cite, (J'hydropisie enkystée des ovaires, ou même d*un certain degré d'em- 
bonpoint, (le sont des déchirures profondes du derme, sous rinlluence de la 
pression intérieure dont il est Tobjel. — Il est quelquefois parcouru à la 
surface par un ^^rand nombre de veines sous-cutanées bleuâtres, ce qui 
annonce une ascite, une cirrhose ou un cancer du foie, une tumeur hula- 
tique de cet orp:ane, une phleymatia alba dolens ou une tumeur profoinle 
gênant la circulation de la veine cave inférieure. — On y trouve, enfin, a 
roinhilic des hernies ombilicales, et, sur la ligne blanche, un amincisse- 
ment de l'aponévrose avec écarlement des muscles droits, ce qui iiidinue 
une ascite guérie ou un certain nombre de grossesses antérieures : cVsi 
ïéventralion. Par cet écartement de la ligne blanche sortent les viscvres 
formant de petites hernies dangereuses ou des hernies en besace recevant 
à l'intérieur une plus ou moins grande partie des intestins. 

§ 1". — Couleur. 

La couleur régulièrement pâle de la peau du ventre est altérée par les 
éruptions diverses de pétéchies dans le typhus; d'hémorrhagies sous-cula- 
nées dans le purpura simple ou cachectique aux approches de la mort: 
d'hémorrhagies dans le scorbut; de sudamina incolores dans les siieur> 
abondantes (|uelle (juVn soit la nature ; de taches morbilleuses rouges «n 
petites placpies saillantes irrégulières ; de coloration scarlatineuse ptmi- 
lillée, rouge pres(|ue uniforme, sur laquelle la rayure du doigt laisse une 
trace blanche dite ruf/ure scuilatineust*. 

Mais entre loules ces éruptions, celle qui a le plus d'importance f^st 
réru|ilion de lâches papuleuses roses et larges de 4 à 5 millimètres, qu'on 
observe du huitième au douzième jour de la lièvre typhoïde. Ce sont les 
t((clies rosres leuticuliures, extrêmement importantes à rechercher, s;uis 
avoir cependant, comme on l'a dit, l'importance d'un signe palhognonuv 
ni(jue. On les observe quelquefois dans le cours de l'état fébrile engendre 
par lintlammalion. 

iii t. -- Forme et Yolunie. 

La forïf) * et le rolume du ventre changent avec l'étal de maladie, et la 
palpation permet de s'assurer des tumeurs qui s'y trouvent. 

Celle partie devient rond»', saillanle en avant avec affleurement en saillie 
de Tombilic dans l'ascite. Elle s'arrondit, au contraire, dans le sens trans- 
versal dans rindropisie enkvslée de l'ovaire devenue très volumineu>e. 
Dans Tobesilé, la forme rcsle régulière, et l'ombilic conserve la depressi«>n 
qui lui est habituelle. Dans ce cas, l'accroissement se fait d'une manière 
générale et uniforme. 

Le tolume du ventre ^'v^proîi à Thypogastre dans la grossesse, ainsi que 
dans la rétention d'urine et dans certaines tumeurs utérines; — dans l'hy- 



SIOMBS FOURNIS PAR VeXKUZH DË L*ABDOM£lir. ' 289 

dropisie enkystée des ovaires, sur Tun ou l'autre des flancs; -^ dans Tas* 
cite, d'une façon régulière avec proéminence de fombîlic; — dans la tym- 
panite, partout, y compris l'épigastre, mais on voit quelquefois les anses 
intestinales sous la paroi. C'est surtout dans la grossesse, grâce aux tra- 
vaux de Mattei, que la palpation a acquis une importance considérable. On 
peut, à son aide, diagnostiquer la position du fœtus, et s'il est mal placé 
on peut au huitième ou neuvième mois faire la version à travers les parois 
abdominales et remettre le fœtus dans une position naturelle. 

Le volume du ventre augmente partiellement dans les maladies du foie 
avec hypertrophie ou tumeur considérable, dans les corps fibreux de 
Tovaire, dans les tumeurs de la fosse iliaque, etc. 

Le ventre diminue, au contraire, dans les maladies chroniques par suite 
de Tamaigrissement général ; dans la diarrhée excessive cholériforme ; dans 
la colique de plomb ; dans la méningite tuberculeuse, où il est souvent le 
siège d'une excavation considérable, avec perte d'élasticité de la peau et 
apparence des anses intestinales sous la paroi amincie et paralysée, etc. 
Quand le ventre est ainsi diminué de volumo et aplati, on y trouve alors 
aisément les tumeurs formées par le pancréas, par la rate, par un rein mo- 
bile, par le cœcum rempli de matières, etc. • 

s. — Venielé. 



La fermeté du ventre, vai*iable suivant les matières solides, liquides ou 
gazeuses qn'U renferme, ne fournit aucun signe spécial. 



La résonance du ventre, ordinairement peu considérable, augmente 
beaucoup dans certaines circonstances, et forme, soit le météoristne si la 
résonance est faible, soit le ballonnement si le phénomène est très bien 
caraclérisé. C'est l'indice d'une pneumatose gastro-intestinale produite par 
une fièvre de mauvais caractère adynamique, telle que la lièvre typhoïde 
grave ; — par une péritonite, — par une hernie étranglée, — par un 
obstacle accidentel au cours des matières fécales, — par des gaz dus à la 
fermentation des aliments féculents — ou enfln par la disposition hysté- 
rique qui produit si rapidement les gaz de Tintestin et qui les entraîne de 
même par absorption en quelques instants. 

Le gargouillement du ventre n'existe que lorsque des matières liquides 
sont renfermées dans l'intestin. Celui qui est spontané n'a pas d'importance 
pour le diagnostic; mais, d'après son siège, celui que Ton provoque par la 
palpation est infiniment utile à rechercher. Le gargouillement localisé dans 
la fosse iliaque droite, au niveau du caecum, est un des signes de la fièvre 
B. — Diagnostic. 19 



290 SIGNES^^FOURNIS PAR l'haBITUDE DU CORPS. 

typhoïde. Etendu à tout le ventre, au contraire, il annonce l'entérite aiiai» 
ou chronique avec flux lîiuqueux ou séreux de l'intestin. 



^ «. — Fluctuation. 

Lr fluctuation existe quelquefois dans le ventre, et cela indique toujuLii> 
la présence d'un li(|uidedans le péritoine, — dans un kyste des ovaires — ou 
dans une vessie très distendue par l'urine. — Les caractères particulier^d» 
ces dilTerenles maladies permettent ensuite très facilement de les distin- 
guer l'une de l'autre. 

^9. — Frottemonti». 

Des frottements peuvent se produire dans le ventre, mais cela est trè> 
rare. On les entend au moyen du stéthoscope, soit dans les tumeurs hyda- 
tiques du foie et du péritoine, et ils offrent le caractère général du frémis- 
sement hydatique, soit, d'après Després, au début de la péritonite; nui.- 
c'est un signe très dillicile à étudier. 



9. — llruiti*. 

Des bruits de souffle et des battements s'y font entendre dans plusieur> 
circonstances normales ou pathologiques. 

Des battenïents isocinones au pouls sobservent souvent à Tépigastre tl 
au-dessus de l'ombilic, chez les personnes maigres, très nerveuses, et 
surtout chez les hypochondriaques. Ce sont des battements de transmis- 
sion de Tondée sanguine de l'aorte abdominale. 

Des battements très fré(|uents, plus accélérés que ceux du cœur, s enten- 
dent à rhypogastre chez les femmes enceintes à la fin de la gestation. C'est 
un excellent signe de la grossesse, et qui résulte de la transmission du bruit 
forme par les mouvements du cœur du fœtus. Les bruits de souffle qu'où 
entend dans le ventre ne sont appréciables que dans les trois circonslauce^ 
suivantes : 1" Tanevrysme de l'aorte abdominale; 2** les tumeui^s volumi- 
neuses anomales de l'utéius comprimant la veine iliaque, et par cela même 
produisant le soulfle; 3 enfin, la grossesse, cas le plus ordinaire dans lequil 
le soulfle, attribué par les uns à la circulation des parois utériueb, ni»' 
parait devoir être, ('onnne dans la circonstance précédente, attribué à l^ 
compression des veines iliaques par l'utérus en état de gestation. 

j^ •. — Douleur. 

La douleur de rentre, dont je parlerai plus loin, se présente avec k 
double caractère de la spontanéité ou de la provocation par i*appui des 
mains. Ce sont des élancements, des coliquesy{\es douleurs provoquées piit 



SIGNES FOURNIS PAR l'EXAMEN DB L ABDOMEN. S9i 

k ptlptlion, ou des épreintes et du tHiesme s*il s'agit de souffrances au 
moment de la défécatioii. D'après leur siège, ces douleurs ont une signili- 
catioo diflérente et caractérisent des maladies d'estomaci d'intestin» du 
œcum, du côlon, du foie, de l'utérus, des reins, etc. 

La douleur spontanée, sourde, avec brûlure à l'épigastre, se rattache aux 
aOections nerveuses chlorotiques de l'estomac si la digestion reste bonne, et 
à la gastrite aigué ou chronique, au contraire, si la digestion est doulou- 
reuse, pénible, accompagnée d'un léger mouvement fébrile. Elle porte le 
non éa gaUralgie dans le premier cas et de dy$pep$ie dans le second. — 
Des douleofs également spontanées, d'une forme à peu près semblable, 
s'observent entre l'ombilic et l'épigastre chez les sujets habituellement 
ooDStipés ou ayant des alternatives de diarrhée et de constipation. Elles 
appartiennent au côlon plus qu'à l'estomac; c'est une véritable cMonaigie 
t|ui se rattache à l'atonie du caecum et à l'obstruction du côlon par. les nia- 
lières iécales. 

Les coliques sèches s'observent, soit dans le choléra sec, qui est très rare, 
soit dans la colique sèche des pays chauds, dont la nature est peu conque, 
soit dans la colique de plomb et dans les obstructions de l'intestin. — Les 
coliques humides, au contraire, sont le signe de l'irritation gastro-intesti- 
nale, de l'entérite aiguë ou chronique, de tumeurs cancéreuses de l'intestin 
et de toutes les maladies accompagnées de flux intestinal. Quelques per- 
sonnes ont soutenu qu'il n'y avait de coliques que dans le côlon, parce que 
seul il recevait des nerfs de la vie de relation. C'est une erreur. Toutes les 
parties de l'intestin, ordinairement insensibles dans l'état normal,acquièrent, 
comme les tendons par exemple, une sensibilité organique très grande dans 
l'état de maladie, et les intestins grêles, malades et ulcérés, peuvent devenir 
aussi douloureux que le gros intestin. 

Les douleurs spontanées de la défécation, épr^ifites ou ténestne^ annoncent 
toujours une dysenterie plus ou moins forte, des hémorrhoîdes, un rétré- 
cissement du rectum ou une fissure à l'anus. On reconnaît qu'elles pro- 
viennent de la dysenterie aux matières rendues qui sont peu abondantes, 
glaireuses et ensanglantées ; aux hémorrhoîdes par ce que les matières 
sont mélangées de sang pur; aux rétrécissements du rectum qui produisent 
un suintement muqueux sanguin violent; enfin, à la fissure anale par le 
sentiment de brûlure horriblement douloureux qui suit la défécation. 

n y a des douleurs spontanées de Thypochondre droit, revenant irrégu- 
lièrement par crises plus ou moins fortes, d'une feçon intermittente, souvent 
accompagnées d'ictère : ce sont des coliques hépatiques^ et elles révèlent 
ordinairement la présence de concrétions dans les conduits biliaures ou de 
calculs biliaires. 

Des douleurs également spontanées d'une acuité intolérable, revenant 
par crises intermittentes irrégulières, accompagnées de vomissements sans 
fièvre, se montrent quelquefois à la région lombaire et dans le flanc. Ce 
sont Àes coliques néphrétiques annonçant l'existence de calculs dans les 
reins, les l>assinets et l'uretère. 



^0^ SIGNES FOURNIS PAU L*JlABlTtDE DU COUPS. 

Des douleurs lancinantes, accompagnées d'un sentiment de contracliun, 
s'observent souvent à l'In pogastre pendant la menstruation ; elles déjM'ii- 
dent de la contractilité utérine mise en jeu, et elles appartiennent à la d\s- 
ménorrliéc. Ce sont des coliques utérines se rapprochant beaucoup d».s 
douleurs lancinantes qui existent pendant quelques jours après raccouche- 
ment. 

La douleur provoquée est tantôt circonscrite ou partielle, et tantôt géiit- 
rale. La j)remière s'observe à l'épigaslre dans la gastrite et dans le cancer 
de l'estoiiKic; dans toute la fosse iliaque droite dans la fièvre typhoïde ei 
les maladies aiguës ou chroniques du caecum ; sur le trajet du côlon dans la 
dysenterie ; à l'h y pogastre dans la métrite aiguë et dans les phlegmons de 
l'ovaire ou du ligament large, etc. Elle n'existe partout que dans l'entérite 
et la péritonite ; mais, dans cette dernière maladie, à l'état très aigu, elle a 
quelque chose de vraiment caractéristique. D'une acuité intolérable, elle esl 
tellement vive, que le moindre mouvement et le plus faible contact sur le 
ventre arrachent des cris de souffrance aux malades. 

Quand la douleur est ainsi très aiguë et arrive subitement dans le cours 
d'une maladie antérieure telle que la fièvre typhoïde ou l'entérite ulcéreuv'. 
elle indique une perforation de l'intestin avec péritonite presque toujours 
mortelle. 

Il V a enfin à l'intérieur du ventre des tumeurs dures ou fluctuantes, nées 
dans les nombreux organes contenus dans celte cavité. On les trouve à la 
région du foie. Si elles sont fluctuantes, anciennes et peu douloureuses, 
c'est qu'il s'agit d'un kyste hydatique; — si elles sont dures et maronuées, 
il s'agit de tumeurs cancéreuses, et s'il n'y en a qu'une seule au bord libre 
du foie il s'agit d'un vésicule biliaire, distendu par des calculs. 

A la région épigastrique, si la tumeur occupe l'estomac elle résulte 
d'un cancer du pylore ou des parois gastriques. 

Dans lu fosse iliaque droite, c'est une obstruction slercorale donnant lieu 
à de la typhlite ; — dans les flancs, ce sont des reins mobiles. 

Au fond de l'ombilic, sur la ligne médiane, ce sont des tumeurs tubercu- 
leuses du mésentère. 

A rhypogaslre, si la tumeur est fluctuante, c'est la vessie distendue; si 
elle est latérale, c'est un kvste de l'ovaire. 

Si elle est dure, ovoïde, résistante, animée de battements ou occupée par 
des mouvements actifs, c'est une grossesse et alors, selon la fonne et 
l'épotiue de la gestation, comme l'a fait connaître Matlei, on distingue la 
position du fœtus, et il est même possible de faire la version à travers les 
parois abdominales. 

Ces tumeurs, par leur siège, par leur résistance et leur forme, indiquent 
en partie leur nature; mais malgré tout l'intérêt qui se rattache à leur 
élude, je me borne à les signaler pour ne pas trop effleurer un sujet qui est 
complètement du domaine de la pathologie spéciale. 



EXAMEN DES ORGANES GÉNITAUX. 293 

CHAPITRE XI 

SIGNES FOURNIS AU DIAGNOSTIC PAR l'EXAMEN DES ORGANES 

GÉNITAUX 

Les organes génitaux de l'homme et de la femme sont le siège des alté- 
râlions de la syphilis primitive, c'est-à-dire du chancre, et quelquefois de 
a syphilis constitutionnelle manifestée par des sy phi lides tuberculeuses ou 
pustules plates. On y observe aussi des inflammations spéciales connues 
sous le nom de blennorrhagie avec écoulement purulent, transmissible par 
contagion directe, des inflammations extérieures, telles que la balanite ou 
la leucorrhée, des végétations simples, etc. Sur Tétude de ces lésions re- 
pose le diagnostic de la syphilis et des maladies vénériennes non syphi- 
litiques. 

ARTICLE PREMIER 

VERGE 

La verge est petite et disparaît presque complètement dans les cas de 
phimosis très prononcé, dans les maladies du scrotum, et notamment dans 
la double hydi-ocèle de la tunique vaginale. Elle se gonfle et le prépuce 
devient transparent en restant mou dans Tœdème et Tanasarque. — On la 
trouve au contraire dure et la peau hypertrophiée inégale dans Téléphan- 
tiasis. 

Elle est gonflée, dure et roide, en érection, d'une façon permanente dans 
le satvriasis, ou d'une manière intermittente et nocturne dans la bien- 
norrhagie. 

Elle n'est plus susceptible d'érection chez les individus atteints de para- 
plégie ou impuissants par suite de diabète ou de pertes séminales invo- 
lontaires. 

Le prépuce est souvent allongé, rouge, excorié, couvert de gerçures et 
douloureux; dans ce cas, si les urines sont abondantes et collantes au doigt, 
on peut être sûr qu'il s'agit d'un diabète sucré dont ce phimosis est l'un 
des symptômes. 

Son orifice est quelquefois le siège de végétations qui existent aussi à la 
couronne du gland sous la forme de petites masses charnues ayant une 
apparence éloignée de chou-fleur ou de crête de coq. Ce sont des végéta- 
tions qui n'ont rien de syphilitique. 

ARTICLE II 

TESTICULE 

Les testicules remontent souvent vers l'anneau inguinal, comme s'ils 
allaient rentrer dans l'abdomen, dans U névr^l^e i|iQ-scrotalc et prinç\- 



294 SIGNES FOURNIS PAR L'HABITmE DU CORPS. 

paiement dans les violents accès de colique néphrétique. Ils peuvent reslpr 
cachés dans le ventre d'un seul ou dans les deux cotés, ce qui constitue la 
cryptorchidie. 

Ils se gonflent quelquefois et deviennent douloureux à la suite de> 
oreillons. C est Torchite ourlienne. De même dans ce qu'on appelle la 
chaudepisse tombée dans les bourses; mais alors c*est principalemeiil 
répididyme qui devient le siège du mal, et cela constitue Torchite bleniior- 
rhagique. 

ARTICLE III 

scrioTrM 

Le scrotum devient énorme dans les tumeurs solides et liquides des 
bourses, dans l'éléphantiasis, dans le cancer lesticulaire, dans les kyslei^ 
du cordon, dans les hernies inguinales, dans l'hydrocèle vaginale, dans lt> 
orchites, dans les infiltrations urineuses, dans l'anasarque, etc. 

ARTICLE IV 

ORGANES OÉNITAIX DK LA FFMMR 

Chez les femmes, sauf quelques maladies locales, telles que la vulvite el 
la irangrène de la vulve chez les petites filles à la suite de la rougeole, la 
diphlhérite vulvaire, plus tard la blennorrhagie, les abcès des grandes 
lèvres, les végétations verruqueuses, le prurit eczémateux ou diabétique, 
les tumeurs graisseuses et variqueuses, l'anasarque qui accompagne 
l'hydropisie, etc., les parties extérieures de la génération n'offrent pas de 
phénomènes importants à signaler dont on puisse faire des signes dia- 
gnostiques, et je ne m'y arrêterai pas. 



CHAPITRE XII 

DU DIAGNOSTIC PAR l'fAAME.X DES MEMBRES, DES MAINS 

ET DES PIEDS 

Les membres supérieurs ou inférieurs sont le siège de phénomènes variés. 
de iHirith/si(\ de ronndsious, de contracture, A^ atrophie, d'hypertrophie, 
de youflemetit, du douleur, iViusensibilitf^, de froid, de sueur, etc., qui 
sont autant de signes importants pour le diagnostic des maladies. 

i^ 1". — ParaljAlefi. 

Les membres sont i w mobiles oi d\[s eu réi^olution dans différents étals 
morbides. On les trouve ainsi dans la syncope (juelle que soit sii natuiv, 
mais alors le mouvement reparaît lorsijue Tévanouissement est passé. — Ils 



EXAMEX DES MEUBRES, DES ICARfS ET PES ^lEDS. ^ 

sont également immobiles clans ia paralysie; alors Timmobi^ité existe, soi^ 
({ans la moitié latérale gauche ou droite du corps, comprenant la face, le 
membre $^pé^ie^r et inféifieur cI'hq même côté, ce qui constitue la yr^e 
paralysie qv'^^P ^(iP^H^ kémipl/égie^ laquelle dépend d'une bémorrhagie, 
d'qn ramollissement avec ou sans embolie, d'qne encéphalite partiel^, o\\ 
d^u^e altération mi^lérielle cppsidérable de T^émisphère cérébral opposé. 
Qu^nd on ^ trouve ^ droite e^ complète, elle est généralement accompa- 
gnée 4'4|i^^$i€^, U ^'en es^ pas 4^ ^ôme pour les hémiplégies à gaucbe. — 
(.orsque cette paralysie ex^te dans la face c('^n côté et dans les membrea . 
()u cOlé opposé, c'est yij^éfuipl^égie alterne qui dépend d'une lésion de li| 
protubérance au-dessus de rent^re-croisement des faisceaux de la moeelle ; — 
si on l'observe dans les deux membres inférieurs, c'est la paraplégiey à la 
suite des maladies de la moe^e épinière, quan4 elle existe ; enfm dans un 
seul membre , c'est ce qu'on appelle tnonoplégie, et alors il y a une lésion 
de Técorce du cerveau dans les circonvolutions pariétales du côté opposé 
où l'immobilité est survenue à la suite d'une altération du nerf corres- 
pondant à la paralysie. — Les paralysies peuvent être par ^tW/e^. — Certaines 
t»rtie0 des membres, notamment les muscles extenseurs des doigts, sont 
i§olémenl immobiles dans la paralysie saturnine, et l'on reconnaît aisé- 
ment cette paralysie à la forme des mains et des doigts, que les malades 
montrent demi-fléchis, sans possibilité d^extension. — La paralysie partielle 
s'observe aussi quelquefois après la compression du nerf radial, dans le 
deltoïde après uute arthrite blennorrbagiqi^, ou dans les muscles des bras 
et des jambes à la suite des paralysies essentielles de l'enfance que quelques 
médecins veulent appeler, aujourd'hui, des paralysies spinales, et èhfiii 
dans l'atrophie musculaire graisseuse. — La paralysie générale et com^ 
pUi$ des membres au contraire indique toujours de graves désordres dans 
le cerveau et la mort dans un temps assez rapproché. 

I 

St. — FalMeMie tÊem memlirMi. 

U faiklêue des membres, pre^nier degré de l'immobilité et de la para- 
lysie de leurs muscles, s'observe dans les mômes circonstances et sous 
l'iaQi^eoce des mêmes causes que la paralysie. Cette faiblesse a quelque 
clioaa de particulier qui la distingue d'un autre état de faiblesse occasionné 
iMir la courbature et l'état de maladie. Les malades, bien portants d ailleurs, 
lentent que leurs membres sont lourds à soulever ; les muscles affaiblis 
n'obéissent plus complètement à leur volonté : la main ne serre plus les 
obj^ qu'on lui présente, le bras ne peut plus se porter sur la tète ; dans 
|a marçjie, les Jambes ne sont plus jetées en avant d'une façon régulière, 
et elles fauchent brusquement le sol, ou bien elles traînent péniblement à 
sa surface. — Dans quelques cas cette faiblesse devient plus grande lorsque 
le malade fermant les yeux, ne peut plus s'aider du sens de la vue pour 
diriger ses mouvements : c'est le cas de Tataxie locomotrice. 

La faiblesse de la main s'observe dans les paralysies incomplètes , 



29G Sir.NES FOURNIS PAR l'iIABITUDE DU CORPS. 

nerveuses et organiques, dans la paralysie consécutive à une liémorrhaiii" 
cérébrale en voie de fruérison, el dans les paralysies myopéniques dt- 
IVnfance. Celle du bras s'observe dans les mêmes circonslances et daii> 
la paralysie rhumatismale du delloïde et dans la paralysie radiale. Quant k 
la faiblesse des membres inférieurs, lorsqu'elle occupe les deux membres, 
elle appartient à une maladie de la moelle, tandis que dans un seul elle est 
l'indice d'une héraipléirie liée à une altération du cerveau. Elle est alors 
temporaire. Parfois elle est permanente et due à une lésion primitive aigu»' 
des méninges, du cerveau ou de la moelle, ou à une lésion secondaire des 
menues parties des centres nerveux. — Ailleurs elle est le résultat d'iim^ 
altération du sang ou d'une influence toxique. 

.^3. — ConvalMlonn et contraeturOM. 

Les membres sont quelquefois agités de mouvements convulsifs. Ces con- 
vulsions sont toniques, caractérisées par une roideur des muscles. Elie> 
s'observent dans le tétanos, et alors, avec la roideur permanente du tronc el 
des membres, il y a des secousses douloureuses avec roideur plus grande et 
serrement des mâchoires : — ou bien ce sont des mouvements conruhif^ 
toniques et cloniques généraux caractérisée par des alternatives de roideur 
et d'agitation musculaire. Cela s'observe dans l'éclampsie, dans la ménin- 
gite à sa troisième période, dans Tépilepsie et dans l'hystérie: — ailleurs, 
ce sont des mouvements conrulsifs entièrement cloniques comme dans la 
chorée: mais ici les mouvements se distinguent aisément de tous les autres 
mouvements convulsifs par leur fréquence el par la durée compatible avec 
rexercice de l'intelligence et de la santé. — Les convulsions de léclarapsie, 
de rhystérie et de Tépilepsie n'ont lieu que pendant les attaques convulsives, 
et ils ne durent pas très longtemps, tandis que ceux de la chorée sont conti- 
nuels. Nous en reparlerons plus loin. — Il y a enfin dans les membres des 
mouvements convulsifs intermittents, limités à un ou plusieurs muscles du 
visage, du IVoul, des paupières, etc. — C'est ce qu'on appelle des tics. 

La contracture est une convulsion tonique, caractérisée par la roideur 
permanente et douloureuse des parties malades, el due à la contraction 
permanente des muscles. Ouand elle est douloureuse et qu'elle occupe or- 
dinairement rexlrémilé des membres, des doigts des mains el des pieds, 
c'est le symptôme de la contracture dite essentielle des extrémités, qu'on 
observe dans la convalescence du choléra, de la fièvre typhoïde el de 
(|uelques maladies aiguës, chez les enfants, sous l'influence du froid, etc. 
Il doit être un peu plus loin l'objet d'une étude sjxkMale. Quand elle existe 
sans douleur à revtreinité des doigts et qu'elle dure depuis longtemps, 
elle est symplomatique et resullt* d'une ancienne lésion cérébrale. 



s 



4.— TreniMeiucBl. 



Le tremblement (lc$ memf'rcs, et surtout de leurs extrémités, est un phé- 
nomène asseï commun, surtout dans les membres supérieurs et dans h 



EXAMEN DES MEMBRES, DES MAINS ET DBS PIEDS. 297 

main. Il est le signe de la caducité chez le vieillard. — Dans l'Age adulte, 
ce tremblement à une signification toute différente, car il se rapporte tou- 
jours, soit à une paralysie agitante par lésion de la moelle, soit à un 
empoisonnement chronique par Talcool dont l'influence a dérangé les 
fonctions du système nerveux. Il se rencontre chez les buveurs atteints 
d'alcoolisme aigu avec délire, désigné sous le nom de deliriùm tremens, et 
dans Talcoolisme chronique, ïh où sans trouble intellectuel il n'y a pas 
d'autre signe que le tremblement de la langue et des mains. — Le tremble- 
inenl est parfois un eiïet d'intoxication, car on Tobserve chez les doreurs 
au mercure, où il est produit par l'empoisonnement mercuriel. Ce fait de* 
Tient très rare par suite des progrès de Tindustrie dans la dorure gaN 
vanique. Les mains seulement sont aflectées, et la langue reste libre, ce 
qui distingue ce tremblement mercuriel de l'autre tremblement dont je 
viens de parler. 

J ft. — ▼•tante. 

Le volume des membres augmente dans ItLphlegmatia alba dolens, dans 
Vœdime et dans Vanasarque, dans Véléphantiam des Arabes, dans Vhyper- 
tropkie partielle des muscles, mais, dans le premier cas, il y a douleur; 
dans le second, empâtement des tissus, et dans le troisième, déformation 
avecchangement de structure delà peau. — Cette augmentation est partielle 
dans l'œdème des mains produit par la suppuration de la variole, dans 
rœdèroe des pieds occasionné par l'anémie, par les maladies du cœur, du 
foie; dans l'éléphantiasis, dans la phlegmatia alba dolens, qui occupe un 
ou deux membres; — elle est générale dans Tanasarque consécutive aux 
maladies du ccéur, à l'albuminurie, etc. — Le volume des membres augmente 
encore, mais sur différents points de leur étendue, lorsqu'une tumeur s'est 
développée à leur surface dans les maladies articulaires, telles que le rhu- 
matisme et la goutte, où il se fait un gonflement notable des articulations 
du genou, des poignets ou des doigts. Dans le rhumatisme chronique et 
dans la goutte, le gonflement des articulations des doigts et leur déviation 
en dehors ont quelque chose de si évident, qu'il en résulte unedifformité ca- 
nictéristique de cette double maladie. — A côté de cette augmentation géné- 
rale ou partielle des membres se place tout naturellement leur diminution 
par l'atrophie progressive des muscles dans la consomption des tubercu- 
leux et de certaines maladies des voies digestives. Cela s'observe également 
à la suite des anciennes paralysies causées par les altérations du cerveau, 
et surtout dans une maladie décrite par J. Cruveilhier sous le nom de para- 
lysie musculaire atrophique (1), parce que les centres nerveux ne sont pas 
malades et que toute l'altération réside dans une atrophie spéciale des nerfs 
qui se rendent aux muscles. Cette atrophie, suivie de la dégénérescence 
graisseuse, s'observe principalement dans les muscles de la main, mais 

0) CruTeilhier, 5w la paralysie musculaire progremvt olrQphtque {BulleUn de VAc^" 
<'êm)e tfi méiecine, Paris, 1S53, t. XYUI, p< 480, 540). 



^29X sicNr:>; fournis pah r/iT\niTrDE du corps. 

(*lle |)i'iit devenir ^^(Miérale et envahir la |)resque lolalilé des nnisclts 
du membre et du tronc. C'est le si^me d'un état incurable presque tou- 
jours mortel. 

Ji O. — Doulourf». 

I)(^s donlevrs ])lus ou moins vives, superficielles ou profondes, occupait 
les membres lorscju'une pble^masie doit y prendre naissance, mais alors la 
(ièvre les accom|)a,ï2:ne. Limitées aux articulations, elles caractérisenl V 
rhumatisme articulaire aigu. Au contraire, des douleurs apyrétiques arti- 
culaires sont le résultat d'un rhumatisme chronique. Ce sont des dou- 
leurs de névralgie quand elles suivent le trajet des nerfs dans toute la 
longueur du mtMnbre el qu'elles ont des points douloureux, à reiidruit d»^ 
l'émergence des filets cnilanés fournis à la peau par le nerf affecté. — La dou- 
leur (|ui nnét le caractère iVentfourdis^ement et de fourmi Home nt est infi- 
niment plus rare; elle indique la compression des nerfs si elle est partielh^; 
une altération du cerveau si elle occupe les membres supérieurs et 
inférieurs à la f4)is ; — une maladie de la moelle, enfin, quand elle a peur 
siège les deux membres pelviens. Dans ce cas, il s'y joint souvent un phé- 
nomène des plus caractéristiques, c est la sensation de duvet ou de corps 
interposé entre le sol et les pieds. La présence de ce signe ne trompe 
jamais. Ct^s douleurs indiquent Vatavie locomotrice si elles sont fulgu- 
rantes et semblables à des traits de feu. Ailleurs, elles occupent la profon- 
d(nn* des membres, au miii^ni d»*s os dans la périostite chronique de la 
syphilis : ce S4)nt les douleurs oi^trorojn's plus fortes la nuit que le jour. 

>i ï. — Tcniporalnre. 

La tcwprrafure des membres n'est pas en accord avec la température 
centrale avillaire. Elle est plus en rapport avec la température ambiante, 
c\ elle est toujours plus basse, 'IX à 30 degrés principalement à leurs extré^ 
mités. Klle s'abaisse encore plus dans le choléra, dans le frisson de la fièvre 
intermittenttMians les anci»Mines {Kualysies et chez les individus afTectésde 
cbloro-antMnie : mais ce signe n'a rien de pathoirnomonique. — On la tri>uve 
abaissée aux gt^ioux c\ aux [uimIs chez quelques personnes nerveuses. Elle 
s'élève, au contrairt\ l)(\\ucoup dans l't'tat febriledes phlegmasies cutanées 
el dans plusieurs maladies i^hroniques. Dans ce dernier cas, c'est la paunit^ 
d(*s mains qui e>t le siège de cette exagération de chaleur. 



^ ••. - — ••apar«. 



Des <.7'\'/r>' ::en(M'alo< se ni-Mitri-nt souvent sur les membres dans le^ 
nialailie> lebnles. iiitLiininali.His ou tièvres. dans le (*holéra, dans l*ago- 
ni(\ etc. On b^^ t^bstMxe partit^ loîiient aux pieds, chez quelques individus, 
par suite dune idios\ n/ras'c d.^iit on 'gn«»ie entièrement la nature. Elles 
n'ont aucune iinporlatu^^ diagni>sl:que; mais, en revanche, elles four- 
ni>seul quelques donut^^s au pronostic. Ainsi, dans les maladies aiguës. 



EXAMEN DES ONGLES. 299 

la suear tiède est généralement de bon augure, tandis qu'une sueur froide, 
visqueuse, est toujours l'indice d'une situation très grave. Quand les 
saeurs sont très abondantes, il en résulte une irritation des follicules sudo- 
ripares qui se traduit par une éruption A' eczéma sudoral ou suetU miliaire 
artificielle. Chez quelques malades, on a vu des sueur» rouges dues à la 
présence de microbes particuliers, ou bien des sueurs de sang (Gendrin) ; 
mais cela est très rare. 

S *• — ■•«Senni et taneim 4e0 nenibreii. 

n y a à la surface des membres des changements de forme et de couleur 
que je ne ferai que mentionner, parce qu'ils appartiennent directement à 
des maladies dont ils constituent le symptôme. 

On y observe une rougeur cutanée simple, ambulante, chaude, liée à 
lerysipèle; —une rougeur chaude et fixe dans le coup de soleil;— une 
rougeur avec empâtement et fluctuation profonde dans le phlegmon 
diffus; — des traînées rouges superficielles, longitudinales, en cas de 
lymphangite; —des traînées bleuâtres, noires, sinueuses, grosses et du- 
rw, sur les membres inférieurs affectés de varices; — des exanthèmes ta- 
chetés dans la rougeole ou la roséole; — noueux dans Verythema nodo- 
«m; — pointillés rouges dans la scarlatine, — un exanthème rouge avec 
plaque blanchâtre au centre de chaque tache dans l'urticaire; — des vési- 
cules et vésico-pustules dans l'impétigo et l'eczéma; — des pustules ombi- 
hquées dans la variole; —des bulles dans le pemphigus; — des squames 
dans le psoriasis; — des tumeurs purulentes, adipeuses, anévrysmales, 
cancéreuses, ganglionnaires, scrofuleuses, des kvstes, des abcès, etc., 
maladies spéciales sur le diagnostic desquelles je ne'puis insister. 

■ 

CHAPITRE XIII 

DU DIAGNOSTIC PAR L'EXAMEN DES ONGLES 

§ f. — Pome. 

Les ongles changent souvent de forme dans les maladies chroniques du 
cœur el des poumons. Dans la phthisie pulmonaire, dans certaines pleuré- 
sies purulentes chroniques, et dans les cachexies cardiaques prolongées, 
Textrémité des ongles, des doigts et des orteils se recourbe à l'extrémité 
des phalanges à la façon d'un bec d'oiseau. En même temps, la pulpe du 
doigt parait s'hypertrophier, elle augmente de volume et semble s'élargir 
en travers, de manière à donner au doigt la forme de massue. — Dans un 
cas de pleurésie purulente, cette déformation était telle, que l'extrémité 
unguéale avait un diamètre double de la partie moyenne du doigt et j'ai 
cm intéressant de la faire mouler. J'ai vu tien des cas de ce genre. Hipoo- 



«%" DKSORDRES DE L'iNNERVATION. 

crate avait considéré celte défornialion comme un signe de In phlhi>u' 
pulmonaire. Cela n'est pas entièrement exact, puisque la dilTormit»* ^•• 
rencontre dans les anciennes maladies du cœur et dans certaines phun-i'^ 
chroniques; mais, si la proposition n'a n'en d*al)solu, elle est si souvent 
exacte, (|u'il est bon d'en tenir compte. 



J; f . ~ Couleur. 

Les ongles restent pAles dans la chlorose; — ils sont hieuàtres ou livid.s 
dans le choiera et dans le frisscm de la lièvre intermittente, ainsi que (laIl^ 
la cyanose cardiaque, par persistance du trou de Botal ou par rtln- 
cissementde l'artère pulmonaire. 

^3. — l'olump. 

Ils s'amincissent dans la dyspepsie et dans les maladies aiguës ouchr.»- 
niqu(S, car, apivs l'amélioration ou la guérison, ils reprennent plu^ 
d'épaisseur, de (avon à oflVir sur leur surface une saillie lransvcr>a!«', 
indiquée par IVau comme signe du retour à la santé. On voit ainsi quelque- 
f'^is sur les ongles une série de saillies transversales qui révèlent di*^ 
troubles j)lus ou moins manpn's de la nutrition de ces organes. 

>i 4. — Chute cle«« onfslefi. 

En dehors des cas du tramnatisnie qui amènent la chute des ongles, on 
vùit cet accident survenir spontaujMnent dans Vataxic locomotrice. Us 
ongles d»'viennent nonàlres par suite d'une ecchymose sous-unguéah' 
avee ronrmillement et sensation d'em^ourdissement. — Jollro.', Piln'S. 
lUxpies ont .signale des faits de ce genre, qui sont assez rares relativenitiil 
au nt)mbre des cas d'ataxie lo.om ilrlce que Ton observe. 



LIVRF. IV 

DR l/lli\F.R%%TIO\ 

Les signes fournis au diagnostic par l'innervation sont les troubles d»' 
l'intelligence, du mouvement et de la sensibilité, tels que : le délire, — le> 
rcrtii/cs, — les luilhiciiiation'i, — la douleur, — Vancstlu'sie, — la céphtd- 
nhlie, — les eiitjourdissctnrfn^i, — la perte du sens musculaire, — la parn- 
lysie, — la contnicture, — les couruhion'i^ — la syncope^ — les crawju's. 
-^ le ho()Hcty — le tremblement^ elc 



SIGNES FOtRNlS PAR Lfi DÉLIRE. 301 



CHAPITRE PREMIER 

DIAGNOSTIC PAR LES TROUBLES DE l'IiNTELLIGENCE 

C'est en étudiant les diiïérentes fornies des troubles de l'inteiligence. tels 
que le délire aigu ou chronique; les diiïérentes manières d*hy]K)condrie; 
les hallucinations, etc., que Ton arrive à établir le diagnostic de certaines 
itialadics du système nerveux. 

ARTICLE PREMIER 

SIGNES FOURNIS AU DIAGNOSTIC PAR LE DÉLIRE 

Le délire est un trouble des fonctions de rintelligence, caractérisé par 
la perversion de la raison, de la volonté et du langage,. 

Ce phénomène morbide, déterminé par un grand nombre de causes 
organiques et dynamiques, s'observe dans plusieurs maladies de nature 
différente. C'est tantôt le symptôme direct des maladies de Tencéphale, 
exemple : la méningite; — tantôt un accident sympathique, provoqué parles 
maladies des autres viscères, exemple : la pneumonie du sommet, la fièvre 
typhoïde, et d'autres maladies graves; — tantôt reflet d*un poison ou d'une 
boisson enivrante comme l'alcool et le haschisch, enfin comme réaction 
provoquée par des impressions morbiiiques de cause inconnue, exemple : 
la calenture et certaines formes de la folie. 

Pour quelques médecins, le délire se confond avec la folie, exactement 
comme les hallucinations, et j'ai vu plus d'une fois envoyer à Bicétre ou à 
la Salpètrière ou dans des maisons spéciales, des personnes prises de délire 
aigu rébrileetquin*étaientqu'audébutd'unepneumonieou d'une variole, etc. 
C'est une erreur qu'il importe d'éviter en sachant que le délire peut n'être 
qu un accident initiai passager des maladies aiguës fébriles, ne laissant 
aucune trace dans la raison de celui qui en a été aiïecté pendant quelques 
heures. — Comme le délii'e de l'ivresse, il s'évanouit et ses actes sont 
promptement oubliés : aussi ne pouvons-nous partager l'opinion de San* 
dnis, qui appelle délire toute exaltation des passions et toute manifestation 
violente des sentiments les plus honorables de patriotisme, de dévouement 
ou d'amitié, lorsque ces sentiments poussent l'homme à faire des actes 
extraordinaires. 

( Aux yeux du croyant, du citoyen, de l'homme sensible, il y a peut-être 
quelque chose de blessant et de douloureux à appeler délire les motifs de 
toutes ces généreuses actions, de tous ces dévouements sans réserve. Sans 
doute; et personne ne pourrait perdre sans regret l'heureuse illusion qui 
nous fait aimer et admirer ces touchants sacrifices; mais le physiolo- 
giste ne peut voir autre chose que la nature humaine comme elle est ; 



30-i DKSOIIDIIES DE L'iNNEUVATION. 

lu lièvre. — Au délire nerveux sans lièvre se rapporle le délire de rhyskii» 
on de l'épilopsie, le délire produit à la suite de très vives douleurs, à la 
suite de r()(l4)nlalixie, i\ la suite de grandes opérations douloureuses, clr.: 
c'est le délire nerveux des opérési. 

Lors(|U(î, sous l'inlluence des conditions organiques et dynamiques qui- 
j'ai indiquées, le délire se produit, on remarque dans le langage une tvi- 
taine iiu'ohérence de paroles et diflerenls troubles dans les actes du iiiou- 
vrment. I.e visage est (inelcjnefois rouge, animé, couvert de moiteur; lu> 
yeux sont brillants, d'une vivacité et d'une expression singulières; il } a 
de l'insomnie, de Tagitation, de l'irritabilité; puis quelques hallucinations, 
avec ou sans lièvre, et le trouble des lacultés intellectuelles éclate plus ou 
moins violent et prononcé. Les paroles se pressent et changent aisément de 
but; il y a dans le langage une incohérence ou une déraison complètes: les 
malades rient sans motif, d'une manière stridente, convulsive; ils crient, 
et sous l'empire du trouble apporté à l'exercice de leurs facultés inlelKc 
tuelles, ils supposent aux gens qui les entourent des intentions et dfs 
idées qu'ils n'ont pas, et ils leur répondent en les provoquant; ilsonld«> 
hallucinations gaies ou tristes et terribles; ils vocifèrent, sortent de Kiir 
lit, courent, prennent les objets (|ui leur tombent sous la main en les 
détournant de leur usage habituel ; ils se mettent quelquefois en fureur, 
frappent tout ce qui les entoure, brisent ce qui les environne, et se jette- 
raient par la fenêtre ou iraient sans vêtements dans la rue, si Ton n'était 
pas assez fort pour les retenir : c'est ce qu'on appelle le délire furieux. Il 
s'observe dans la manie aiguë, dans le delirium tremeits aigu, dans l'in- 
toxication par la belladone, dans la folie puerpérale, dans la période d'ima- 
sion de quel(|ues varioles, de (jnelques pneumonies et de quelques fièvres 
typhoïdes, etc. : c'est un délire congestif ou hyperhémique. 

Le délire peut être plus calme, et alors, malgré l'incohérence des paruKs 
et des actes du malade, il ne se livre à aucune violence. Chez quelque^ 
personnes même, il n'} a que des mots sans suite, des réponses bizanv>, 
de faibles hallucinations qui ressemblent à des rêvasseries : c'est le ilèHic 
triuiijuHlr ou sHbdelirium ou tf/ifhomanic. Il s'observe surtout dans la 
lièvre typhoïde et dans la convalescence des maladies aigut'S : c'est un de- 
lire ischémi(|ue ou par défaut de sang. 

A côté de ces deux variétés générales de délire relatives à Tintensilé dn 
désordre de l'intelligence et dans lesquelles il y a un trouble général de la 
pensée, il faut placer les formes particulières de délire partiel dans lej- 
quelles la pensée est partiellement troublée et où la déraison est bornéi' 
à un seul objet. Ainsi le délire roule souvent sur une idée que les ^Jalade^ 
reproduisent continuellement sous toutes les formes : il a pour objet un 
seul acte à accomplir, tel que le suicide, l'érotisme, la possession, le vol, 
l'ambition des richesses et des grandeurs, etc. C'est ce qui caractérise les 
diiïerentes espèces de délire monomaniaque et la monoraanie proprement 
dite, groupes morbides appartenant a la folie. 

Chacune de ces variétés de délire appartient à un ordre de causes dilTc- 



SIGNES FOURNIS PAR LE DÉLIRE. 305 

rent. Ainsi, dans les maladies, le délire aigu est général et fébrile, étendu 
à un grand nombre d'objets indifféremment, tandis que le délire de l'alié- 
nation est presque toujours apyrétiqtief partiel^ et limité à un seul objet, 
tel que l'ambition, l'amour, etc. 

Le délire aigu est presque toujours accompagné de fièvre, dans l'invasion 
ou dans le cours des maladies aiguës, et lorsqu'il existe une altération du 
sang; cependant le délire de quelques empoisonnements, et particulière- 
ment celui de la belladone et du haschisch, est toujours apyrétique. Il n*y a 
généralement pas de fièvre dans le délire de la folie et dans le subdelirium 
de la démence ou de Timbécillilé. 

Le délire aigu est ordinairement plus marqué le soir et pendant la nuit 
que durant le jour. Il cesse souvent le matin pour reparaître après le cou- 
cher du soleil. Son intermittence, laissant dans l'intervalle un état de ma- 
ladie bien caractérisé, n'oiïre rien de spécial ; mais, lorsque, au contraire, 
le délire parât t sous Torme A* accès intermittents^ réguliers y périodiques, 
quotidiens ou tierces, avec apyrexie complète et bon état de santé dans 
l'intervalle, il est le signe diagnostique (Tune fièvre pernicieuse, et il faut 
inunédiateroent donner le sulfate de quinine pour ne pas laisser périr le 
malade. 

Il n*a qu'une durée assez courte, éphémère^ lorsquMI précède la variole 
ou la scarlatine, et lorsqu'il survient dans le cours des fièvres ou des em- 
poisonnements, alors il disparaît au moment où arrive une amélioration 
dans l'état morbide. Quand il dépend d'une maladie du cerveau, d'une em- 
bolie des sinus, d'une méningite, d'une encéphalite, d'une tumeur, etc., il 
s'accompagne d'byperhémie névro-rétinienne et de symptômes de coma, de 
convulsions et de contractures, avec lesquels il alterne. Il se prolonge enfin 
et devient chronique dans l'alcoolisme ancien, dans le délire saturnin 
et dans les différentes espèces de folie. 



•. — Béllre ehroaHine. 

Le délire chronique est la conséquence ordinaire de l'idiotie, de la dé- 
mence accidentelle ou sénile, et de la folie dans toutes les formes sous 
lesquelles elles se présentent. 

Il s'observe également dans un certain nombre d'empoisonnements 
chroniques par l'alcool {alcoolisme chronique)y par le plomb {encéphalopa- 
thie saturnine)y par l'opium, par le haschisch, par le maïs, ce qui consti- 
tue la mante pellagreuse, etc. 

Son caractère principal est d'être apyrétique. On le reconnaît aisément 
en ce que les individus paraissent en bonne santé malgré l'incohérence de 
leurs actes et de leur langage qui trahit des craintes de persécution imagi- 
naire, des idées d'ambition et de richesse, tandis que dans le délire aigu 
ou remarque un état fébrile caractéristique d'une maladie antérieure et 
concomitante. 

B. — DUCIIOSTIC. SO 



300 DKSORDHES DE L'IXNERVATION. 



1^ 3. — Formel* e( pronoiilic du délire. 

Sauf les cas où le délire vient par accès inlermiltenls, à périodes réiiu- 
lières, et caractérisant une fièvre pernicieuse délirante, pouvant amener la 
mort à bref délai, ce phénomène n*a pas d'importance diagnostique abso- 
lue. Quand il est sous la dépendance des maladies du cerveau et des mé- 
ninges, il est souvent accompagné d'une hyperhémie névro-rétinienne 
caractéristique, mais dans les cas où il résulte de certaines altérations du 
sang, ou d'un trouble des fonctions intellectuelles sans lésion appréciable, 
il n'oiïrc malheureusement rien qui soit toujours spécial. — Sun invasion 
subite, fébrile, annonce le début de quelques maladies aiguës, mais sans 
détermination de Tune à l'exclusion de l'autre. Sa présence, au milieu de 
leur évolution, indique indilTéremment, soit une complication cérébrale, 
soit un appauvrissement du sang, conditions importantes à reconnaître. 
Dans ce dernier cas, il faut s'éclairer par Télude des autres phénomènes 
morbides, ou par l'examen de l'œil avec l'ophthalmoscope, et, à la fin de 
la maladie, les désordres locaux étant en voie de réparation, s'il arrive un 
peu de délire tranquille, il y a tout lieu d<; croire à l'existence d'un délire 
anémique que l'alimentation fait disparaître ou d'une thrombose maras- 
tique des sinus de la dure-mère. — Le délire aigu des empoisonnements se 
reconnaît souvent à la forme qu'il présente. Celui de la belladone est tàs 
violent, furieux, bavard et accompagné d'hallucinations souvent erotiques 
et de dilatation de la pupille, tandis que celui de l'opium est plus calme el 
accompagné de somnolence et de coma avec constriction pupillaire. Le dé- 
lire du haschisch se rapproche assez de celui que produit la belladone, mais 
il est plus gai, et il est rare qu'il entraîne à autant de violences. Il en est 
de même du délire saturnin : mais, en général, c'est moins d'après la 
forme du délire que d'après les autres caractères fournis par le malade 
(|u'on remonte à sa cause. La dilatation de la pupille dans le délire des 
colanées, sa contraction dans l'intoxication par l'opium, la décoloration ané- 
mique de la peau dans le délire saturnin, etc., joints à d'autres renseigne- 
ments fournis par les parents du malade, sont les accessoires indispt»nsa- 
bles à un bon diagnostic, et il est impossible d'y arriver sans tenir compte 
de ces diiïérontes circonstances. 

Comme pronostic, le délire n'a d'autre importance que celle de sa cause. 
Ainsi, au début des lièvres éruptives, et à l'invasion des maladies aiguës, 
le délire initial indique un état moins grave que le délire qui accompagne 
les maladies primitives du cerveau et des méninges, ou qui se développe 
dans le cours des maladies aiguës ataxiques, ou par suite d'une complica- 
tion inflammatoire née dans le cerveau. — Le délire aigu intermittent 
sous forme d'accès réguliers séparés par une apyrexiequi constitue la fièvre 
pernicieuse, est excessivement grave et toujours suivi de morl si on ne 
lui oppose des moyens convenables, le sulfate de quinine par exemple.— 
Il en est de même du délire anémique y produit par la diète et l'inanition 



SIGNES FOURNIS PAR LE VERTIGE. 307 

à la fin des maladies aiguës et dans leur convalescence. Si Ton se trompe 
sur sa nature, et que, par suite d'une méprise encore très fréquente, on 
redouble de sévérité dans le régime, ou que Ton ait recours à des émis • 
sions sanguines au lieu de nourrir légèrement les malades, le délire aug- 
mente et ne se termine qu'avec la mort. — A la fin des maladies chro- 
niques, le délire indique la thrombose cachectique ou marastique des 
sinus de la dure-mère et est le signe d'une mort prochaine. — Â part ces 
conditions, le délire n'a pas d'importance pronostique. Il est en rapport 
avec la gravité de la cause anatomique, avec la nature et le degré des 
altérations du sang, avec l'activité des substances toxiques introduites dans 
Festomac, enfin avec la durée de Paccident, toujours très grave et incu- 
rable dès qu'il se prolonge au delà de plusieurs mois. 

ARTICLE II 

SIGNES FOURNIS AU DUGNOSTIC PAR LE VERTIGE 

Le vertige est une sensation Tugitive de tournoiement, d'éblouissement, 
qui fait craindre une perte immédiate de la connaissance. 

Elle est quelquefois précédée de prodromes tels que phosphènes, diplo- 
pie, tintements d'oreille, hallucinations de l'odorat. Le plus souvent le 
vertige débute sans prodromes; le malade est pris subitement de Taiblesse 
avec tournoiement de tête, d'éblouissements, les oreilles lui sonnent ; il 
tend à marcher en avant ou à faire quelques pas en arrière. Sous ce rap- 
port il y a des variétés de vertige titubant y vacillant et gyratoire; tous les 
objets tournent ou fuient devant lui, s'élèvent ou s'abaissent, se renversent ; 
la pensée s'égare et le malade, croyant qu'il va tomber par terre, s'appuie 
le long des objets voisins ou s'empare du bras qu on lui offre en avertissant 
du danger qui le menace. Cet état dure quelques secondes ou une minute 
au plus et tout rentre dans Tordre pour se déranger un peu plus tard. On 
en a une idée très exacte par ce qui arrive lorsque, placé à une grande 
hauteur sur le balcon d*un monument élevé, on regarde l'abtme placé sous 
les pieds. C'est Vattraction du vide. Chez quelques personnes, le vertige 
a lieu quand elles sont couchées dans le lit et alors il leur semble être sur 
on navire ballotté par le tangage et le roulis. 

Si le vertige est souvent le symptôme des maladies organiques du cer- 
veau, il est quelquefois sympathique de quelques affections viscérales pro- 
duisant directementou par sympathie une hyperhémie ou une ischémie des 
méninges, et, dans quelques cas, c'est un trouble dont la cause est incon- 
nue, qui ne relève que de lui-même et qui constitue le vertige essentiel. 

Le vertige est donc essentiel, sympathique et symptomatique. 

Il revient à des époques variables, rarement périodiques, à moins qu'il 
ne soit le résultat d'une fièvre intermittente pernicieuse. On l'observe quel- 
quefois au début de la grossesse, au moment de la migraine, de l'indiges- 
tion, et il accompagne souvent les vers de l'intestin, surtout le tœnia, l'otite 



308 



DÉSORDRES DE l'iNNERV.VTION- 



vi l4\s lisions de Toreille. Il conslilue Tiiu des symptômes les plus fré- 
(Hients de la dyspepsie, ce qui, dans ce dernier cas, caractérise le verti'jo 
(t stowacho Itrso. M. Max Simon, qui a publié un excellent travail sur h- 
vertii:;e nerveux (1), a surtout insisté sur cette espèce de vertip:e. 

Le vertii^e produit par l'appauvrissement du sang existe dans la chlo- 
rose, dans Tanémie, dans la convalescence des lièvres typhoïdes et des ma- 
ladies ai«:uës. Mais, ailleurs, c'est dans les cas où existe une altération 
toxique du sang qu'il se rencontre. Cette variété de vertige s'observe dans 
rintoxioalion par le tabac chez ceux qui fument pour la première fois. p;u 
le sulfure de carbone, par l'acide carbonique, par lalcool dans Tivressc, 
par le chloroforme employé à titre d'anesthésique. 

Le vertige est symptomatique quand il indique une congestion céiv- 
luale, sans hémorrhagie, congestion niée très à tort par quelques méde- 
cins, et (|ui se produit chez un grand nombre de sujets pléthoriques ou à la 
suit»' d'un eiïort d'accouchement, de défécation, ou enfin à la suite du geste 
de baisser la tète sur le sol pour se relever rapidement. On l'observe en- 
core dans la conaeslion cérél)rale, au début des lièvres et de la lièvre Iv- 
phoïde. au début de l'hemorrhagie cérébrale, dans le ramollissement 
cbnuuqut' du cerNcau chez les vieillards, dans l'encéphalite chronique', 
dans le> tumeurs du cerveau. 

Il est enlin un vertige spécial qui constitue un état morbide distinct. Il 
est toute la malailie. Je veux j)arler du vritigt' éjiih'jitifjue ou j/rtit m<i\. 
C\'>\ un duninutif du tji'an<î in'il on rpilrpsi,'. Uut* personne est prise 
tout à coup de verti::e et de perle de coimaissanct-, sans lom])er à terre, 
elle >':\rrèîo au milieu d'une conver>al:im commencée, ou dit un mol, 
louivuns le même, tourne les \eux, reste innnobile. vi. au bout de quel- 
que> M\'oudes. nprend Tusago de se^ >».iis et la conversation comra«-n- 
lee. Ce n'est pas la un vert:-:e. \a' mA est ici mal a[ipli(]ue, car c'est une 
perle de connaissance passa^'ere, ijui ne donne pas la sensation de chute 
iimninenlo, qui se passe même sans faire tomber, qui est très grave, qui 
>e rejnoviuil plus ou moins soavonl Sv«us oe'.te forni'.*. et qui tinit ordinai- 
reîneiit par de vo:i:al>!os alla |aes t :»;!t'p'.î jiics. C est un commencement 
do 1 t p'.'u .^sie. 

i^\.p:es SON oa'a>e>. v'n :h-;î .:!'iu:'.:e: — r.r. vr. :i_-o c-rc'///-///, oompro- 
na:.t wMx e^i-' y: ii;:'. Ir.is.'la'. .. :i. la iV.l «ue i- rtbrale, b's tumeurs du 
eevN oaii i \ via v\ . \e! :. U s a'.!:: :\ '!> s ar'.e. i^ !>. <; :.. .: — un Vi.rlije iifit'miqut\ 
iO": av'^u:. !es \e:.:«e> vies ::;:::■ -i^a^^cs. ô- !^ ir:\'io-e, de la convales- 
. V r./e. vi.> aewos i\:^".- ,its eu a;;*.:; s :i:a ai. -.s a^:U' s et de l'étal caehec- 
/a: \o:: «•/ .■.:•; • : .;: >:':.;r. - itr- . .-^ale tn cas d'insuftisanre 
V',". ::n:\: . :v.-:s\ n ai; !a-\>:/. i vd:Jiarae et des sténoses 






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la \ je c un procipice, par 






1 ^. 



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V •^. if r.\ -zi. de mfd , 



SIGNES FOURNIS PAR LES HALLUCINATIONS. 309 

ractiontle lever la tète, par la fatigue des yeux, par la contraction forcée 
des muscles de Tœil sur un point fixe ; — un vertige sympathique dans 
les maladies de Toreille (vertige auriculaire), dans la dyspepsie et quel- 
ques maladies de Testomac (vertige stomacal), dans les vers de Tintes- 
tin, etc. ; un vertige épileptique qui n'en est pas un, car c'est une forme 
de Tépilepsie; enfin un vertige toxique comprenant tous les cas où il y a 
altération du sang par un poison tel que le tatutc, la belladone, la cigué, 
ralcool, l'opium, l'urémie, l'impaludisme, etc. 

Mais ces divisions, pour être plus nombreuses que les précédentes, ne 
sont pas plus explicites et ne font que reproduire les formes de vertige 
que je viens d'indiquer. Néanmoins elles sont utiles pour bien faire com- 
prendre (es variétés de vertige que l'on peut observer dans les maladies. 

Quoi qu'il en soit, comme de toute manière il faut attribuer le vertige à 
un état ischémique ou hyperhémique du cerveau, ce qu'il importe, c'est de 
déterminer à laquelle de ces formes on a affaire pour se conduire en con- 
séquence. Aussi on couchera horizontalement ceux qui ont des vertiges 
anémiques, des hémorrhagies ou de la chlorose avec emploi de stimulants 
intérieurs, tandis qu'on emploiera les révulsifs extérieurs et peut-être 
même les émissions sanguines dans les vertiges congestifs. 

ARTICLE 111 

SIGNES FOURNIS AU DIAGNOSTIC PAR LES HALLUCINATIONS 

Les hallucinations (de hallucinare^ se tromper) sont des sensations 
Tausses ou imaginaires qui font croire à la présence de personnes, d'ob- 
jets ou de bruits qui n'existent pas. Ces fausses sensations se produisent 
dans la vue, l'ouïe, le toucher, le goût et l'odorat. C'est le rêve de l'homme 
éveillé. A ce phénomène se rattache ce qu'on appelle Villusion sensoriale, 
autre sensation imaginaire qui conduit une personne à se tromper en don- 
nant une signification fausse à une perception réelle. 

Un homme croit entendre qu'on l'appelle alors qu'on n'a rien dit, croit 
voir un démon qui le menace ; sent une odeur que personne autre n'appré- 
cie, se plaint d'un coup reçu alors que rien ne Ta frappé ; il est le jouet 
d une hallucination. De même pour les femmes qui croyaient sentir les 
caresses du diable et l'introduction de son pénis brûlant dans le vagin. 

Dn autre halluciné imagine qu'il voit dans un objet placé sur un meuble 
une figure grimaçante : celui-ci se trompe sur une perception réelle, il n'a 
qu'une illusion sensoriale ; il en est de même de l'insensé qui, avec un 
mouchoir sur la tête et un bâton dans la main, se croit armé du sceptre et 
de la couronne des rois ; ainsi de la pauvre femme privée de raison qui, 
secouant un paquet de chiffons sur ses bras, s'imagine bercer l'enfant 
qu'elle a perdu. 

Hallucinations et illusions sensoriales existent souvent ensemble et af- 
fectent plusieurs sens à la fois. La privation d'un sens n'est pas un obstacle 
à leur manifestation, car on sait que, dans ce cas, les aveugles voient, les 



310 DKSORDRES DE l'lXNERVATION. 

sourds entendent et les amputés souffrent d'un membre qu'ils n'cfnt plus. 

Ces anomalies de la sensation ont été Tobjet d'interprétations erronées 
de la part de quelques aliénistcs qui considèrent comme des fous tous ceux 
qui ont ou qui ont eu des hallucinations. Moreau même, qui dit que le gnde 
n'est qu'une névrose, a publié (1) une liste de tous les hallucinés célèbres 
connus depuis l'antiquité jusqu'à nos jours, qui ne se compose que des 
poètes, des savants, des lettrés, des politiques et des militaires dont le nom 
est la gloire de Thumanité. Lélut a conclu de même pour Socrale Thallu- 
ciné(:2). En présence de pareilles interprétations d'un phénomène psycho- 
logique et morbide, il importe de rechercher s'il n'y a pas eu là une erreur 
et SI, celte erreur existant, il ne serait pas possible de la démontrer assez 
clairement pour en arrêter la propagation. 

Je ne crois pas, pour mon compte, que Thallucination soit un symptôme 
de la folie, mais je comprends (jue les aliénistes qui ne voient que des fous 
et qui n'observent que dans leurs asiles spéciaux, aient pu arriver à celle 
conclusion. Dans le champ de leur observation, ils n'ont jamais vu d'hallu- 
cinations que chez des aliénés et la conclusion se lire d'elle-même. Les 
médecins, au contraire, qui, par leur situation, sont appelés à voir toutes 
les maladies les plus différentes, pourront, comme moi, voir et sui\Te pen- 
dant longtemps, dans la ville et à l'hôpital, des personnes ayant eu à l'oc- 
casion d'une grande douleur morale, ou de l'invasion d'une maladie aiguë, 
ou de toute autre cause, des hallucinations passagères n'ayant jamais alléré 
la raison, et elles pourront affirmer que l'hallucination n'est pas un symp- 
ti^me de la folie. 

J'ai vu bien des fois des femmes nerveuses avoir, à la suite d'un simple 
accès de fièvre éphémère, des hallucinations et des illusions sensoriales. 
Les mêmes faits se produisent chez de jeunes enfants émotionnés par de 
slupides récits ou par le tableau de spectacles amusants trop au-dessus de 
leur âge; et enfin chez des enfants au début des maladies aiguës inflam- 
matoires ou des hèvres éruptives. Ces hallucinations-là sont fébriles, 
passagères et n'annoncent certainement pas un dérangement permanent de 
la raison. 

Chez les enfants, ces hallucinations en dehors de toute folie sont fré- 
quenles. J'ai pu en observer trente-huit exemples. Dans quelques cas avec 
l'hallucination il y a hémorrhagie rétinienne, ce qui prouve rexistenced'un 
trouble passager de la circulation cérébrale, et l'un de ces faits a été publié 
dans mon Atlas iVophthalmoscopie médicale, planche X, n*" 83 et 83. 

Non, tous les hallucinés ne sont pas des fous. Il est ridicule de le dire. 
Pascal voyant un précipice à ses côtés, dont il se garantissait avec un 
écran, alors que, sa plume dans la main, il écrivait ses Pensées ^ ne peut 
pas être considéré comme aliéné (3). 

(I) Moroau (de Tour>), Psijchidoijie morbide. Paris, 1859. 

(i) U'Iiil, Du Démon de Socrate, nouvelle édition. Paris, 185G. 

(II) Voyez Lélut, V Amulette de Piiscal, pour servir à l'Histoire des haUucinationf' 
Paris, \m. 



SIGNES FOURNIS PAR LES HALLUCINATIONS. 311 

Je n'insisterai pas davantage sur ce fait, qui proave que si les spécialités 
sont aiiles* elles ont aussi leurs inconvénients, et qu'un médecin ne mé- 
rite de crédit que si, par d'intelligentes recherches, il élève son esprit à un 
niveau qui lui permette d'embrasser l'ensemble de la science. 

Revenons aux hallucinations. Elles se produisent la nuit et le jour, pen- 
dant le sommeil comme pendant l'état de veille. Elles s'observent chez des 
aliénés dans la monomanie et surtout dans la paralysie générale, en con- 
versation avec Dieu ou avec les démons, — chez les extatiques et hystéri- 
ques, — chez les somnambules, et, comme je viens de le déclarer, chez des 
sujets adultes ou enfants parfaitement raisonnables, à l'occasion de contra- 
riétés légères, de douleurs morales ou de maladies aiguës commençantes, 
telles que la variole, la pneumonie, la scarlatine, etc. 

Elles sont donc quelquefois idiopathiqws et plus souvent symplo- 
matiques. 

On les observe à l'état i*épidémief surtout quand elles se présentent sous 
forme d'illusions sensoriales, à part certains cas individuels. Leur forme re- 
présente habituellement l'esprit politique ou religieux d'une époque. Ainsi 
les furies de l'enfer païen menaçant un coupable ; le langage attribué aux 
animaux et aux statues chez les anciens; les apparitions diaboliques et les 
obsessions au moyen-âge chrétien ; à toute époque, chez les personnes su- 
perstitieuses, sans religion ; les revenants, les fantômes, les mânes, les 
follets, les lutins, les vampires, les charmes, les génies familiers, les 
voix, etc., ont été les formes différentes des hallucinations et des illusions 
sensoriales. 

Les hallucinations ou perceptions imaginaires peuvent avoir lieu dans 
tous les sens. 

Celles de l'ouïe sont les plus fréquentes, et on les a observées même 
chez des sourds. Ce sont des tintements d'oreille, des bruits de cloches, 
de soufflet, de grelots, le chant des oiseaux, l'harmonie d'un orgue ou 
d'un concert ; des voix injurieuses auxquelles on répond et qui entraînent 
l'halluciné à des actes d'agression inexpliqués pour la victime, enfin des 
voix douces encourageant le sujet à des actes de dévouement ou à la rési- 
gnation du martyre : c Soyez ferme », croyait entendre Polycarpe mourant 
pour sa foi. Elles viennent le jour et plus souvent la nuit. Ainsi on rap- 
porte l'exemple d un colonel qui entendait chaque nuit la voix d'un homme 
qui l'insultait et qui déshonorait sa fille à ses côtés. — Brutus entendait 
aussi une voix nocturne qui lui disait : « Je suis ton mauvais génie et tu 
me reverras à la bataille de Philippe. > — D'autres entendent ces voix dans 
leur intérieur, soit dans la tête, soit dans le ventre, ainsi que le prouvent les 
histoires de la possession diabolique et celle de cette fille qui, croyant avoir 
dans le ventre une chienne qui avait mis bas, disait l'entendre aboyer. 

Les hallucination? de la vue sont celles qui engendrent les visions et les 
tisiùnnaires. Il s'y rattache toutes ces apparitions étranges du monde 
païen et du monde catholique, où, même sans folie, des personnes exaltées 
ont pu avoir momentanément devant les yeux des apparitions de signes 



31:2 DÉSORDRES DE l/lNNKIlVATK». 

particuliers, d'anj^es, de démons et autres formes palpables qui leur sem- 
blaient a'iir et se mouvoir dans le sens d'une pensée bienfaisante ou ven- 
geresse. J'ai vu, à la suite d'une retraite préparatoire à la première commu- 
nion, dans laquelle le tableau de la punition du pécheur par les peints 
éternelii'S avait été un peu vif, des enfants avoir des crises nerveuses immé- 
diates, se reproduisant les jours d'après chez plusieurs d'entre elles, et uiif 
entre autres ne tombait en convulsion que sous la terreur d'une croix (]•' 
feu qu'elle voyait tout à coup briller dans Tespace. Elle a guéri et ne ma 
pas paru pouvoir être considérée connue atteinte de folie. 

Les hallucinations de l'odorat se caractérisent par la perception incom- 
mode d'une odeur qui n'existe pas, et qui n'est pas appréciable pour 
d'autres (juc pour l'halluciné : ce sont des odeurs suaves, de rose, de ja5- 
min ou des parfums les plus pénétrants, et, chez d'autres, des odeurs do 
poisson pourri, d'ail, d'ammoniaque, de poil roussi. Celte dernière hallu- 
cination a été surtout très commune au temps des possessions démo- 
niaques lorsque le diablr, s'échappanl du corps de la possédée, laissait 
après lui une odeur de poil brillé. 

Les hallucinations du toucher sont extrêmement bizarres. Ce sont des 
sensations de froid ou de chaud courant à la surface ou dans la profondeur 
des membres. Mnc humidité imaginaire, permanente de la peau, des tirail- 
lements ou des engourdissements des doigts, des picotements à l'orifice 
des mu(|ueuses, laissant croire à l'existence d'un corps étranger intérieur, 
l'idée d'un rapetissement ou d'un agrandissement exagéré du corps, d'un 
balancement de la personne qui se croit tout à coup emportée dans l'air 
il une grande hauteur ou entraînée dans un tournoiement rapide que rien 
ne peut arrêter. C'était la l'hallucination des possédés qui, croyant être au 
sabbat, s'imaginent a>oir couru à cheval sur un bâton alors qu'ils n'avaient 
pas bougé de leur lit. 

C'est à cette espèce d'hallucination qu'il faut rapporter aussi ces percep- 
tions imaginaires de coups douloureux déterminant des cris effroyables. 

D'autres imaginent avt)ir une léte de verre qui va se briser au moindre 
contact, une tète de coton, une tète d'oiseau, un corps de beurre pouvant 
fondre au soleil, se croient transformés en grain d'orge qu'une poule peut 
avaler, en cavale, en chien, en loup, ou, comme Nabuchodonosor, en bœuf, 
sensations perverties (|ui les conduisent à des actes d'aliénation parfaite- 
ment caractérises. 

("est aux hallucinations du toucher que se rapportent aussi ces percep- 
tions singulières qui transforment la douleur en plaisir et parmi lesquelles 
on peut citer les nmtilations volontaires que certains aliènes se font subir. 
Ainsi s'expliquent les blessures (ju'un sujet se fait avec un clou ou avec un 
couteau, les ligatures qu'il applicjue au mamelon ou sur les testicules de 
manière à en opérer la section. Ainsi s'expliquent la manie des flagella- 
lions rapportée par l'abbé Hoileau (I) et les contusions abominables qu'au 

(1) Boiloau, Histoire des Ihujellauts, trad. par (îiaiiet. Aiiisler«larn, 173i. 



SIGNES FOURNIS PAR LES HALLUCINATIONS. 313 

cimetière SaiDi-Hédard, près du tombeau du diacre Paris, pouvaient subir, 
sous l'influence des coups de bâton ou de barre de fer et par Texercice de 
la planche, certains fanatiques qui trouvaient un plaisir infini à se faire 
torturer. 

D'autres hallucinations portent quelquefois sur la nature et sur la sensi- 
bilité des organes internes. Quelques individus ont cru avoir un enc<(phale 
de glace, une colonne de mercure dans le cerveau, des bulles d'air dans 
l'oreille, une couleuvre dans la tète ou dans le ventre, une araignée dans 
la poitrine, le cœur absent, et enfin, dans les organes génitaux de la 
femme, des maladies les plus étranges, depuis la grossesse imaginaire, 
jusqu'à l'étreinte chamelle du démon introduisant son pénis monstrueux 
dans l'intérieur du corps. 

A côté des hallucinations créant de toutes pièces des sensations imagi- 
naires, se trouvent les illusions sensoriales. 

Celles-ci occupent également la vue, l'odorat, le goût, l'ouïe et le tou- 
cher. Les arbres tournent, les hommes ont la tète en bas, leur figure parait 
grimaçante, les sexes se confondent, — les bruits de l'air sont pris pour 
des gémissements, pour un cliquetis d'armes résonnant sur un champ de 
bataille, pour des voix sortant de la tombe, le cri des animaux simule le 
langage des humains, etc., — du lait, du bouillon, du pain et tous les ali- 
ments prennent une odeur et un goût détestables qui font croire au sujet 
qu'on veut l'empoisonner, à ce point qu'il se laisse mourir de faim. Les 
fleurs n'ont plus de parfum ou répandent des odeurs repoussantes, etc. 

Je n'en finirais pas si je voulais énumérer toutes les formes d^hallucina- 
tion et d'illusion sensoriale que présentent certains malades. Ce résumé^ 
tout incomplet qu'il soit, peut suffire pour montrer ce que sont et ces 
anomalies de la sensation et ces perceptions dénaturées par un esprit ma- 
lade. C'est là, comme le délire intellectuel, le triste tableau des maladies 
passagères ou permanentes de l'esprit humain, mais il ne faut pas que 
le médecin voie dans ces désordres, si multipliés qu'ils soient, le témoi- 
gnage d'une insanité d'esprit qui enlève à un individu toute la respon- 
sabilité de ses actes, de façon à le faire considérer comme un aliéné. Je 
l'ai déjà dit, ces désordres sont souvent l'indice d'un état de folie incontes- 
table, mais, chez beaucoup de personnes, c'est un état passager de courte 
durée, dont le sujet a la conscience, qui ne trouble pas la netteté de son 
esprit, ni la maturité de ses jugements. Dans ces cas, il est impossible d'y 
voir ce que l'on appelle de la folie, et, si c'est là une affection du cerveau, 
c'est un trouble fugitif et localisé laissant intactes toutes les autres facultés 
de l'intelligence. 

Le mécanisme des hallucinations et des illusions sensoriales est in- 
connu. Si ces désordres sensitifs ont pour origine un changement molécu- 
laire de la substance cérébrale, ou du tissu des nerfs et des organes des 
sens hallucinés, ce changement nous échappe à peu près complètement. 
Quelquefois les hallucinations coïncident avec des lésions du cerveau ou 
des méningesy dont on retrouve la trace au fond de l'œil avec l'ophthaUnos- 



314 DÉSORDRES DE L*1NNERVATI0N. 

cope (1), mais ces lésions ne sont pas constantes, elles existent sansqu»- 
les hallucinations se produisent, et, sous ce rapport, elles n'expliqutnt 
rien. Exisle-t-il alors des hyperhéniies ou des ischémies dues à la parahsi^ 
ou au spasme des nerfs vaso-moteurs, comme cela se produit dans uiu- 
foule de névroses? La chose est possible, mais elle n'est pas démontrée el 
ce ne serait aujourd'hui qu'une hypothèse. Attendons donc que la luraièrf 
se fasse dans ce sujet si obscur, et, pour le moment, bornons-nous à con- 
stater les phénomènes en les interprétant d'une façon conforme à i'obsena- 
tion, sans devancer par des affirmations prématurées les résultats peut-élre 
contradictoires des recherches ultérieures. Ce qu'il y a de plus certain, 
c'est qu'elles dépendent de V altération du sang produite par certains poi- 
ons^ tels que le chloroforme, le datura stramonium, la belladone, le 
haschisch, le plomb, la jusquiame, le protoxyde d'azote, l'alcool, etc., et 
enlin ([u'clles constituent comme affection nerveusCy sympathique ou re- 
flexBy une forme d'hystérie qu'on appelle la folie hystérique. 



CHAPITRE II 

SIGNES FOURNIS AU DIAGNOSTIC PAR LES TROUBLES 

DE LA SENSIBILITÉ 

Les signes fournis au diagnostic par les troubles de la sensibilité ont une 
très grande importance pour le diagnostic, dans leurs didérentes manifes- 
tations d'ensemble ou de localisation. Ce sont : la douleur^ Vane$thésit\ 
Vanalgésie. Ces dernières s'étudient au moyen d'une méthode ditedVpsfAt^- 
siométriey parce qu'elle s'exerce au moyen de l'œsthésiomètre. 

ARTICLE PREMIER 

SIGNES FOURNIS AU DIAGNOSTIC PAU LA DOULEUR 

La douleur est une sensation pénible plus ou moins vive, éprouvée par 
les êtres vivants. C'est un trouble de la sensibilité consciente du système 
nerveux. 

Il y a des douleurs physiques et des douleurs morales, provoquées les 
unes par la réaction du corps vivant contre l'action des agents extérieurs, 
et les autres par le jeu des passions. Les premières seules sont du domaine 
de la médecine, et, seules, elles méritent de fixer notre attention. 

La douleur suppose nécessairement la perception, c'est-à-dire une opé- 
ration psychologique dans laquelle le système nerveux joue un rôle parli- 
culier; et, en elTet, ce sont les nerfs qui servent d'intermédiaires entre les 
impressions subies par les organes et les centres de la sensibilité. Il y a ce- 

(l) Bouchut, Atlas iVophihalmoscopie médicale. Pari?, 1875. 



SIGNES FOURNIS PAR LÀ DOULEUR. 315 

pendant des impressions dont l'àme n*a pas la conscience et que ressentent 
les tissus, puisque, sous leur influence, une désorganisation plus ou moins 
complète peut se produire. C'est ce que j'appelle des impressions morbi- 
HqMes. A cet égard, il faut distinguer la sensation conscientey de Vimpres- 
fiùH, qui a lieu sans conscience, par suite d*une propriété particulière 
aox tissas vivants. 

Ceux qui définissent la douleur une modification de la sensibilité des 
tissus ont donc tort, car une impression sans conscience, suivie d'une 
réaction organique locale, est une modification de la sensibilité des tissus 
qui ne produit point de douleur. Beaucoup de tissus sont impressionnables, 
je voudrais pouvoir dire impressibleSf et ne sont pas sensibles. Au con- 
traire, chez quelques individus, la sensibilité et la douleur se confondent 
et ne sont qu'une seule et même chose. 

La perception d'où résulte la douleur est plus ou moins vive selon les 
individus, et selon la nature de Torgane affecté. Elle se traduit par des 
sensations plus ou moins aiguës, et variées dans leur caractère d'après un 
certain nombre de circonstances qu'il est souvent impossible de préciser. 
Tous les tissus et tous les organes peuvent être le siège de la douleur, 
les organes des sens plus particulièrement que les autres en raison de leur 
sensibilité spéciale. Ainsi les yeux, la peau, donnent lieu à des sensations 
douloureuses particulières, différentes de celles qui ont les autres tissus 
pour siège. Le tissu des cordons nerveux est le plus douloureux de tous, et 
ce sont les parties les plus riches en nerfs qui sont aussi les plus doulou- 
reuses. Quand la douleur siège sur le trajet des nerfs et à leur point 
d'émergence cutanée elle constitue la névralgie. Toutefois, certains tissus, 
tels que les ligaments, les tendons et les os, habituellement insensibles 
dans l'état normal, deviennent, comme Ta démontré Bichat, très doulou- 
reux lorsqu'ils sont malades, et l'on ne peut les toucher, même faiblement, 
sans occasionner la plus vive douleur. 

On ne peut juger de la douleur dans les maladies par la sensibilité nor- 
male des tissus. En effet, sous l'influence de Tétat morbide, il se développe 
une sensibilité spéciale très vive dans les organes habituellement insen- 
sibles et dans les tissus doués de sensibilité ; certains agents naturels, tels 
que l'air, la lumière, le vent, provoquent quelquefois des crises doulou- 
reuses extrêmement vives. Pour chaque organe doué d une sensibilité spé- 
ciale, il y a un agent dont l'influence est particulièrement pénible, la 
lumière dans l'ophthalmie, le froid sur la peau atteinte de rhuma- 
tisme, etc. 

Les causes générales de la douleur sont humorales^ organiques ou 
morales. 

Les douleurs provoquées par l'action de la vie aux prises avec les diffé- 
rentes passions ne peuvent être rapportées à aucune altération matérielle 
du sang et des organes ou des nerfs qui s'y trouvent. Ce sont des modifica- 
tions essentielles de la sensibilité, dont la cause reste entièrement incon- 
nue, et il y a des personnes qui, au moment d'une grande émotion de 



310 HKSOIIDRES DE l/lNNERVATlON. 

terreur, de colère ou de saisissement, éprouvent des douleurs vagups gé- 
nérales ou des élancements circonscrits à une partie du corps, des frissons 
désagréables, sans aucun tiouble appréciable de la santé. Le spasme dl^ 
impressions morales, la chair de poule avec ou sans hypereslhésie culamv, 
la syncope et la mort subite, la migraine et certaines douleurs h\pocoii- 
dria(|ues ou hystériques sont de ce nombre. 

Aux causes humorales de la douleur se rapportent celles qui dépemieiil 
de la diminution des globules rouges du sang dans l'anémie et dans la 
chlorose, dans le diabète, de Thydrohémic et des intoxications, par la strych- 
nine, par les virus, par les miasmes ou les eflluves, etc. On sait, en eiïtU 
(|ue les modifications de composition du sang, dont le contact avec le cer- 
veau est nécessaire à la production de la force nerveuse, ont une graiiiit 
inlluence sur la production du nervosisme, des illusions sensoriales dou- 
loureuses, de riiyperesthésie des organes des sens, des névralgies et d»^ 
douleurs sympathiques en rapport avec les maladies viscérales. 

Les causes organiques de la douleur sont les maladies des organes où vin- 
réside, telles (|ue les contusions, les plaies, les inflammations, les tumeurs, 
et suitout les tumeurs cancéreuses, les obstructions des conduits ewrv- 
teurs, les corps étrangers des tissus, les compressions, les tiraillements, etc., 
les alfeclions locales des nerfs, les maladies du cerveau et de la moelle. 

Partout, dans ces diiïérents ordres de causes, la perception douloureuse 
n'est telle que par l'action régulière de l'activité encéphalique, et il faul, 
pour qu'elle s'accomplisse, (|ue le cerveau conserve l'intégrité de son or- 
ganisation et de son action. Ce sont les nerfs qui sont les agents de \à 
transmission, et là où ils ont été détruits la douleur cesse. 

Les formes de la douleur sont très variées, et, sans prétendre les énu- 
mérer d'une manière complète, j'indiquerai la douleur tensive, gravatic, 
piilsativOy lancinante, têrébrante, vontusirOy brûlante, fulgurante, âcn\ 
cuisante, prarigineuse, comme étant celles dont le nom indique le piu> 
clairement le caractère intrinsèque. 

On les a aussi classées d'après leur siège, en les dénommant par les mois 
de céiilialalgie, û'odontalgie, d'otalgie, de cardialgie, ôe gastralgie, d'tu- 
téralgicy de dermalgie, dltêpatalgiey de sciatique, de névralgie intercos- 
tale, etc.; mais cette classilicalion, utile en quelques circonstiiuces, est foil 
incomplète et ne peut être généralisée, le véritable siège de la doulAir élaul 
souvent inconnu. 

La douleur est continue, passagère ^ intermittente on périodique. Dansce 
dernier cas, elle indique loujours une fièvre larvée et disparaît sous Tin- 
lluence des préparations de quinquina. Elle peut être diurne ou nocturne. 
Dans ce dernier cas, elle est souvent en rapport avec la syphilis. 

Locale ou généralisée, elle est tantôt superficielle et tantôt pro/iow/', 
quelquefois circonscrite au trajet des nerfs ou à l'émergence de leui-s ra- 
meaux cutanés; elle est ailleurs étendue k une grande surface de tissu ou 
à la totalité d'un organe. Elle varie dans sa forme et dans son inlensiléa\<Y 
le tempérament des malades, avec l'habitude, avec leurs passions et avec 



SIGNES FOURNIS PAR LÀ DOULEUR. 317 

la disposition du moment. Ainsi quelques personnes, douées d'une exquise 
sensibilité naturelle, souffrent plus que d'autres placées dans les mêmes 
circonstances ; le fanatisme et l'exaltation diminuent l'aptitude à ressentir 
la douleur, et il en est de même de l'influence exercée par certaines mala- 
dies, telles que l'aliénation mentale, l'hypocondrie, Thystériey par quelques 
empoisonnements par l'éther, le chlorororme, l'oxyde de carbone, Tamy- 
lène, etc. 

H y a des douleurs sympathiques qui se montrent quelquefois assez loin 
de Torgaoe matériellement affecté. Ainsi, chez les enfants, la douleur du 
genou annonce souvient une maladie de l'articulation coxo-fémorale; — la 
douleur de la mamelle annonce le début de la phlhisie tuberculeuse ; — 
le prurit de la verge est un signe de calcul urinaire; — la migraine annonce 
souvent des maladies de l'estomac ou du gros intestin; — la gastralgie 
et les vomissements subits avec douleur lombaire indiquent la colique 
néphrétique ; — les névralgies de la tète sont souvent en rapport avec la 
carie des dents, etc. 

Elle n'est pas la même dans tous les organes, et ce sont les tissus nor- 
malement peu sensibles qui, dans Tétat morbide, offrent quelquefois les 
douleurs les plus vives. Les séreuses, les ligaments, les os malades, sont le 
siège de douleurs insupportables, tandis que les membranes muqueuses 
altérées, ou la substance même du cerveau, provoquent à peine une exagé- 
ration de la sensibilité particulière à ces organes. 

La douleur peut quelquefois suffire à elle seule pour caractériser une 
maladie. Mais il faut en même temps tenir compte des autres phénomènes 
observés chez les malades, et en particulier de son siège organique, de sa 
marche, de l'état fébrile, ou des autres phénomènes concomitants. Ainsi, 
un phthisique ou un cancéreux accuse une douleur vive subite dans le 
mollet avec gonflement du pied, c'est qu'il a une phlegmatose alba dolens. 
Un phthisique à la dernière période qui a subitement une douleur pleuré- 
tique très aiguë avec forte gêne respiratoire a un commencement de 
pneumoihorax dû à une perforation de la plèvre. — Un convalescent de 
fièvre typhoïde a une douleur subite excessive du ventre avec vomisse- 
ments et algidité a une péritonite par perforation du péritoine. — Une 
douleur qui revient tous les jours à la même heure indique une fièvre 
larvée. Cependant, dans beaucoup de cas, la forme de la douleur n'indique 
rien ; l'étude la mieux faite de ce symptôme ne conduit pas toujours à un 
diagnostic précis. 

Au point de vue du diagnostic, il faut savoir que la douleur des névralgies 
est apyrétique et s'observe sur le trajet des nerfs ou seulement au point 
d'émergence des filets cutanés, — que la névralgie dentaire estl'indice d'une 
carie des dents, — que la névralgie du plexus brachial et des intercostaux 
avec suffocation indique l'angine de poitrine, — que la névralgie intercos- 
tale apyrétique indique' la chlorose, — que la névralgie dorsale doit faire 
craindre la phthisie, — que la névralgie lombo-iliaque indique les déplace- 
ments de l'utérus et les affections utérines organiques; — que la sciatique 



318 DKSOHDRES DE L'INNERVATION. 

chez les gens d'un certain âge peut faire craindre le cancer du rectum : — 
que la névralgie brûlante, fulgurante et lancinante des membres infé- 
rieurs indique Tataxie locomotrice et la sclérose de la moelle épiiiière: 
— que les névralgies symétriques de la mâchoire et des membres inférieurs 
peuvent faire soupçonner le diabète; — que la douleur des os est difficile 
à distinguer de celle du périoste; mais, si elle a une origine syphilitique, 
on la dislingue à son intermittence et à sa périodicité nocturnes; — que 
les douleurs de la phlébite et de l'inflammation des lymphatiques sont ac- 
conjpagnées de fièvre et suivent le Irajel de ces vaisseaux, dans toute leur 
étendue, etc. Presque toutes les douleurs, rapprochées des autres phé- 
nomènes oITerts par le malade, ont leur signification spéciale. — Celles de 
Tutérus se reconnaissent parce qu'elles s*étendent aux lombes, sur le 
rectum, dans les aines et à la face antérieure des cuisses. — Les douleurs 
du rein sont ordinairement subites, 1res aiguës et accompagnées de vomis- 
sements bilieux et de tiraillements dans l'aine ou dans le scrotum, ce qtii 
annonce la gravelle rénale ; — celles de la vessie portent sur le pérint-e. 
s'étendent à l'urèlhre et au gland. — Les douleurs du foie, habiluellemeiil 
sourdes, peuvent être très vives, et alors de Thypocondre, où elles ont 
leur siège, elles s'étendent souvent à l'épaule droite dans la lithiase bi- 
liaire. — Dans le poumon et dans la plèvre, les douleurs se montrent 
dans le côté malade sous la forme de point de cùté, avec ou sans fièvre, 
selon le degré de la maladie, et quelquefois à l'état de douleur vague, 
entre les deux épaules, dans la tuberculisation pulmonaire. — Comme on 
le voit par ces exemples, la douleur est un phénomène qui n'a pas d'impor- 
tance absolue, et il faut recourir aux signes qui l'accompagnent pour eu 
connaître l'origine et la signification. 

La douleur est plus ou moins aiguë et se manifeste quelquefois sous 
forme subaiguë ou à peine appréciable. Elle s'épuise quelquefois par smi 
excès ou du moins les malades la ressentent très faiblement, car on a vu 
jadis des malheureux accusés soumis à la torture s'endormir au milieu de 
leur supplice, et l'on voit encore souvent des femmes s'endormir et peu 
soufîrir dans les parturitions prolongées. 

Elle cesse, soit par la guérison de la maladie qui l'a fait naître ou par 
épuisement de la sensibilité nerveuse. Dans quelques cas, elle peut par elle- 
même amener la mort, soit très lentement, soit assez rapidement en quelques 
heures ou en quelques jours. 

Au moyen âge les frères Moraves, secte d'anabaptistes qui avaient horreur 
de TelTusion du sang, avaient imaginé de faire périr les condamnés au 
dernier supplice par le chatouillement des pieds. Une fois le spasme com- 
mencé, la respiiation s'embarrassait et il survenait une asphyxie promple- 
menl mortelle (1). 

Ods. I. Mort par douleurs de métrite. — J'ai vu, dans mon service à l'Hôtel- 
Dieu, une jeune femme venant d'une maison publique et qui était atteinte de 

(l) Saintc-Foix, Essais historiques, l. V, p, 5-i. 



SIGNES FOURNIS PAR l'ANESTHÊSIB ET L' ANALGÉSIE. 319 

métrite aiguë, à la suite d'une débauche. Elle souffrait de douleurs semblables à 
celles de raocouchemeol, et tellement vives qu'elle criait nuit et jour. Rien ne 
pot la calmer. Elle. était dans un état de spasme perpétuel, le visage congestionné, 
le coa tendu par l'effort de ses cris. 

Après deux jours de souffrances inouïes, par ses cris aigus incessants et l'effort 
qui les accompagnait, il se fit des ruptures capillaires générales donnant lieu à de 
nombreuses pétéchies de purpura, et elle succomba sans que l'autopsie, faite avec 
le plus grand soin sous mes yeux, permit de découvrir aucune lésion appréciable. 
Elle éuit morte de douleur. 

J'ai va un autre Tait analogue à l'hôpital Sainte-Eugénie : 

Obs. II. Mort par douleur dam une opération chirurgicale. — Un enfant de 
dix ans, affecté de fongus vasculaire de.l'os maxillaire supérieur gauche, opéré sans 
éproQTer de perte de sang considérable. L'ablation de l'os, pratiquée sans le secours 
do chloroforme, le 2 mars 1860, par le chirurgien de l'hôpital Sainte-Eugénie, 
fat très bien faite. Elle fut très douloureuse, dura au moins une demi-heure, et au 
moment où elle se terminait, l'enfant pftlit et perdit connaissance; sa respiration 
s'embarrassa, et au bout d'une demi-heure il succomba à l'épuisement de la 
douleur. 

La douleur prolongée a quelquefois une influence très marquée sur le 
moral de quelques personnes. Elle exalte l'imagination des uns, mais, plus 
ordinairement, elle l'abaisse, fausse le jugement et aigrit le caractère. Il n'y 
a que de véritables philosophes qui puissent prendre à cœur de l'endurer 
et dire comme Posidonius, atteint de goutte, en causant avec Pompée : 
€ douleur I tu n*es pas un mal I » 



ARTICLE II 

SIGNES FOURNIS AU DUGNOSTIC PAR L'ANESTHÉSIB ET L'ANALGÉSIB 

Vanesthésiê (de a privatif, «fcrOqffc;, sensibilité) est le nom donné à la dimi* 
notion et à l'abolition du sentiment dans les tissus du corps humain* C'est 
la paralysie du sentiment. 

L'anesthésie s'observe surtout dans la peau et dans les muqueuses qui 
avoisinent les orifices naturels. 

D'après Gendrin et Beau, qui les premiers ont bien établi cette distinction, 
il y en a deux espèces : l'insensibilité au tact, ou anesthésie^ et l'insensi- 
bilité à la douleur, ou analgésie. La première, ou anesthésiCy empêche de 
percevoir les impressions des corps extérieurs, telles que la résistance, la 
forme, le mouvement des corps, leur température, etc.; la seconde, ou 
analgésie^ suspend les impressions douloureuses produites par certains 
agents, ainsi la piqûre, la torsioti, la brûlure, le déchirement, etc. On brûle 
la peau d'un malaide, il sent qu'on le touche, mais il ne s'aperçoit pas qu'on 
le brûle. — Ces deux sortes de paralysies du sentiment sont assez distinctes, 
et se rencontrent isolément chez quelques malades. Le nom d'anesthésie 
s applique surtout à la paralysie du sentiment qui entraîne la perte de la 



320 DÉSORDRES DE L'iNNERVATION. 

sensibilité au lacl et à la douleur. Elle est infiniment plus rare que 1'/^ //• 
(ji'sie ou rinseusibililé à la douleur. 



f^ — NIgnc» fourniM par TancfithéMiP. 



L'anesthésie est quelquefois complète: un homme aiïeeté d'une lé>i<ni du 
rameau mentonnier de la oinquième paire avait perdu si complèlenieiil U 
sensibilité de la lèvre inférieure, qu'il croyait toujours que le verre (\n:\ 
portait à sa bouche était ébréclié dans le point où il touchait la lèvre. ùtt. 
paralysie complète de la sensibilité n'est pas très commune. Ordinairrm^^ul 
la sensibilité est seulement amoindrie, elle est obtuse. Les malados s^- 
rendent parfaitement compte de cet rtat. Le sol paraît se mouvoir ou < eii- 
loncer sous leurs pieds, les ol)jels sont mal saisis par les mains, et kur 
forme ne peut plus être distinguée par le toucher. 

L'anesthésie est paitirllc ou géncrale, elle est fire ou niolfilr et inv-'u- 
lierement intermittente, et se montre alternativement en divers points du 
corj)s. Elle est iiraduelle ou suhitt». Oiiaiit à son siè.:e, il est très variai»'» . 
car elle occupe les diflVrentes parties de la peau, souvent sous forme d li>- 
mianesthésie, les mu(iueuses, les organes des sens, etc. — L'anesthésie est 
iiiiopatIuijin\\'ioQ au nervosisme ou à TliNsterie. ou si/niptoinati(fit\ alors 
elle est toujours tn rapport avec des maladies de la peau, du sang, de l'oii- 
cephale, de la moelle et des cordons nerveux. 

Ouand elle est S}mpton)atiijue, on l'observe très souvent : 

1' Dans Vt'i'iihantiu^is des (irrc< ou h'pre tuberculeuse. DfS la formaliuii 
des taches fauves, au début de la maladie, on trouve de l'insensibilité a la 
base de ces taches: cette insensibilité s'étend un peu en rayoFUiant eu 
ijuelque sorte autour de la tache eléphantiasi.jucet se relie ainsi à d'autres 
points déjà insensibles: de là une partie de la peau ancsthesiee dans une 
plus ou moins grande étendue. Le même phénomène s'observe au niveau 
des tul)ercules, sur les nuiqueuses, les }eux, les lèvres, l'inlérieurde la 
bourbe. Celte anesthesie dans l'eiephantiasis des Grecs est un signe diagno- 
stique très utile. 

- A la suite d'un assez grand nombre d'alTecliousdelapeau, on observe 
de rin>ensibilite qui dure plus t»u moins longtemps: et elle est piirfois 
accompagnée de douleurs trt\N vives et profondes : c'est ce (]u'ou voit dans 
le :o}i /, dans le Itihen, dans le j-^ ni}-}ihj(i$, dans Vriy^ijit'lc, etc. 

o l'ans les m'.il'.i<li('< deii }nO'li>/ a\ec j)araj)!egie, complète ou incom- 
plète, et elle occupe soit la peau des meMiLue> inférieurs, soit la plante 
du pied. Alors elle est incom[»Iète et il arr.\e que le malade ne sent pas 
bien ou il marche, iju il croit mai cher >ur du velours et qu'il ne j)eDl laire 
un pas les }eu\ fermes. Il lui laul ses \eu\ pvuu* se diriger el avancer le 
pied, ('.'est le cas de latiLiie iot.O'fio!f ii^\ — Elle se voit aussi dans le> 
[x\n\l\sies du nunnemenl dues a la iOinfnotiou el à la coHtusiou de< 
wc/"/n, dans certaines /^cr/iffS el dans vjuelques /icr/'(7/^ic5, dans les tu- 
luours placées sur le trajet des troncs nerNeux. 



SIGNES FOURNIS PAU L'aNëSTHÉSIË ET i/aNâLGÈS1£. 3!21 

4* 0aDs Vhémorrhagie cérébrale; mais, chez ces malades, il y a engour- 
dissement de la sensibilité plutôt que véritable anesthésie. 

<V Dans le ramollissement cérébral. Ici la diminution de sensibilité 
tactile est très réelle; ordinairement plus marquée sur les membres, elle 
est presque toujours égale des deux côtés du corps. Elle s'accompagne 
de douleurs dans l'épaisseur des muscles ou seulement de froid sur la 
peau» d'engourdissen\^nlSf de fourmillements, etc. C'est un excellent 
symptôme du ramollissement cérébral, car il se manifeste longtemps 
avant la paralysie, et, quand celle-ci an*ive, l'insensibilité augmente avec 
elle. 

6* Dans les épanchements cérébraux des méninges, dans certaines 
tumeurs eérébralesy et dans toutes les maladies qui se terminent par une 
compression du cerveau. Chez ces malades, il y a diminution graduelle de 
la sensibilité tactile, puis absence complète de cette sensibilité. 

7* Dans les empoisonnements les plus variés. Ainsi, elle s'observe dans 
I asphyxie par absorption d'acide carbonique; par suite de la respiration de 
ce gaz et dans tout ce qui produit Vanoxémie ou défaut d*oxygène dans le 
sang. C'est ce qu'on observe dans l'asphyxie vulgaire et dans l'asphyxie 
du croup ou de la bronchite capillaire. — On sait, en effet, depuis mes 
recherches sur l'anesthésie du croup servant d'indication à la trachéo- 
tomie (1), que l'anesthésie résulte du défaut d*oxygénation du sang par 
suite de la gène respiratoire causée par l'obstacle formé dans le larynx, 
et par le même défaut d'hématose dans toutes les maladies des organes 
respiratoires. Cette anesthésie a un caractère spécial qui lui est propre, elle 
n'est jamais accompagnée de perte de connaissance, ni de paralysie mus- 
culaire avec résolution des membres. 

L'anesthésie résulte aussi de l'asphyxie par des gaz toxiques, soit après 
a respiration de vapeurs d'éther^ de chloroforme y d'amylinç et de 
tous les anesthésiques. On l'observe, après l'emploi de 2 à 3 gi*ammes 
de ckloral hydraté^ qui, chez les enrants,ainsi que je l'ai démontré en 1869, 
produisent un état d'insensibilité tel, qu'on peut ouvrir des abcès et arra- 
cher les dents sans douleur (3) ; dans ïintoxication saturnine, — dans 
l alcoolisme chronique, — dans V empoisonnement par l'arsenic; — alors 
il y a des points d'anesthésie à la peau, de Tamaurose, ou une paralysie 
de la sensibilité spéciale des organes génitaux. Après la guérison, les sujets 
oITrent souvent des paralysies variées du sentiment et du mouvement, 
paralysies qui sont très difficiles à guérir. 

Avant la séparation des deux variétés de sensibilité de la peau, on attri- 
buait à l'anesthésie une foule de phénomènes qui dépendent de Tanalgésie, 
Ainsi, en particulier, dans les maladies du cerveau, on croyait certainement 
l'anesthésie extrêmement commune; elle y est, au contraire, relativement 

(I) Bouchui, Compte» rendu» de V Académie de» sciences. Paris, 1858. 
ii) E. Bouchut, De» effets du chloral hydraté {Comptes rendu» de VAcad. des sciences. 
PvU. 1869). 

B. * DlASHOSTlC. SI 



^^lit nKsoHonKs ni-: l in.neiivatio.n. 

assez rare. Tonletois elie s'ol)s<M've à Télat trhéraiaiieslhésie, chez ll♦*^ 
siij(^ls iîuéris (rniio liéinorrha^ic cérébrale moyenne placée au niveau d» 
la capsule interne. — Elle est, au contraire, plus habiluellernenl obscnvf 
dans des aiïeclions qui sont tout à lait élran*;ères aux lésions des cenlr» s 
nerveux. 

ï/anesthésie idioj)alhique est inlininienl plus rare que l'anakésie : on l;i 
rencontre assez souvent dans la conrdlcscrnce des mdladies aigui'S, (pielle 
que soit leur nature: — elle s'observe surtout dans le nervosisme cinc- 
ni(|ue, — chez les hysléricjues, — dans rhypnolisnie, — dans l'épilepsieri 
dans rhypocondrie. Elle se réunit souvent avec Tanaliiésie, c'est-k-dii» 
à l'insensibilité à la douleur, qui est au contraire très commune dans Ks 
névroses. 

L'anesibésie de riivpnolisme, du nervosisme et de rbystérie a quelqin^ 
chose de spécial. — Elie S(^ montre en irénéral d'un seul côte du corps, 
sous forme (VhrmitOicslhrsic, Elle est très l'uiritiveet disparaît pour revenir 
au bout de quelques heures ou de quelques jours. — L'électricité, Tappli- 
cation d'une plaque de métal, cuivre, or ou arirent, d'une plaque de bois, 
d'un aimant à distance, (fgmls (rsUicsiouvNrs, suni>ent pour la Taire cesser 
presque instantanément et sans retour. — Ou bien, elle disparaît d'un côté, 
et elle se montre du ccMé opj)osé du corps au même instant : c'est ce qm" 
Dumontpallier a qualilié du n(»m de phrnowènc do transfert. — ('.hez t<»ii> 
les sujets mai^nelisés ou hypnotises, et chez les hysleri(|ues, ce phénomène 
du transfert s'observe fréi[uemment, et cela prouve combien doit être fuiii- 
live la lé.sion oriJianiipie cjui produit raneslhésie et surtout riiénii- 
anesihésie. 

^ t. — Mi^ncfi foarnijii aa diagnostic par TaiialgéMic. 

(bi désigne sous le nom d^dfnihjrsie l'insensibilité pour la douleur, 
dans des tissus ([ui conservent la propriété du toucher. Cela se voitdan.N 
l'ivresse, dans renirnurdisscmenl par le chloroforFue, dans la coniielalion 
commeneante, etc. Au contraire, la perle de la sensibilité tactile, ou du 
toucher, ce qu'on apj)elle nnr^tli' 'ii»\ n\'\i>te jainais sans qu'il y ait eu 
même temps anaLt'sie. 

On peut constater ranal:;esie en piijuant la peau, en la pinçant, ou eu la 
cautérisant sans que le< malades sonlïrent. H en est de même pour le> 
muqueuses. 

l/analfiesie, t»ludiee pour la première fois par (iendrin et par lleau, e>t 
/' irtirlleon(jcnrriiU\ souvent limitée à un point très circonscrit de la peau, 
ou à uiu^ petite j)artie du cor[>s, comnie le doiiZt. 

Elle debiitt' oïdinaircnuMit par les membres, et surtout par les avanl-bras. 
h après r»eau, elle est halutueilenu iit plus prononcée à leur partie posté- 
rieure qu'à leur partie antérieure, «hi la rencontre en avant de la poitrine, 
à répiiiaslre; mais presque toujours alors elle existe simultanément aux 
deux a\-ant-bi'as. Quand elle existe sur les muqueuses, elle occupe presque 



SIGNES FOURNIS PAR L'aNESTHÉSIE ET l'ANALGÉSIE. 323 

toujours en même temps une étendue plus ou moins grande de la peau. 
Parmi les muqueuses, celles qui sont le plus souvent affectées sont la con- 
jonctive, la membrane de Schneider, la muqueuse de la langue, de la vulve, 
du vagin. Dans ces parties, l'insensibilité à la douleur est très étendue ou 
fort circonscrite, et elle peut être complète ou très légèrement marquée. 

L'analgésie peut dépendre d'une maladie du cerveau, de la moelle ou 
des nerfs, ce qui est rare, et alors elle est symptomatique ; mais ordinai- 
rement elle ne se rattache à aucune altération matérielle appréciable, et 
Ton peut la considérer comme idiopathique ou essentielle. On Tobserve 
dans certaines convalescences de maladies aiguës, dans la plupart des né- 
vroses et dans certains cas d'altération du sang par des poisons ou des 
substances dites anesthésiques. 

L'analgésie permanente, fort rare dans l'intervalle de Vépilepsie^ est au 
contraire très commune pendant les attaques convulsives. Elle est même 
si complète en ce moment, que des sujets peuvent se faire des brûlures ou 
des blessures terribles sans les sentir. J'ai vu, à l'hôpital des Enfants, un 
malheureux qui y était amené pour une brûlure de toute la tète, occasionnée 
par une chute, la tête en avant, dans un chaudron plein d'eau bouillante. Il 
survécut à cette affreuse blessure et entra depuis dans la section des épi- 
leptiques, à Bicêtre. 

Dans Vhystériej l'analgésie est fort conmiune, tandis que l'anesthésie 
véritable est très rare. Elle est très souvent limitée à un*seul côté du corps : 
c'est Vhéniianalgésie. Elle existe en dehors des attaques convulsives ; elle 
n'en dépend pas. L'analgésie est très variée chez les hystériques. Chez 
celles-ci, les conjonctives sont insensibles à la douleur; chez celles-là, on 
peut titiller les fosses nasales, le conduit auditif externe, sans provoquer 
la moindre douleur; on peut enfoncer le doigt profondément dans la bouche, 
jusque sur la base de la langue, sans solliciter un vomissement. Chez 
d'autres, l'insensibilité à la douleur se montre de préférence sur le vagin, 
le rectum, la vessie : ici le coït ne produit plus la moindre sensation ; là, la 
vessie a perdu sa sensibilité spéciale, et sa plénitude ne détermine plus 
aucune gène, il y a rétention; il faut sonder la malade. Chez toutes, il y a 
analgésie plus ou moins étendue sur le tégument externe, et, comme je 
viens de le dire, assez souvent sous forme d'hémianalgésie. 

Un fait extrêmement curieux, c'est de voir que l'insensibilité à la douleur 
dans une partie n'empêche point les malades d'éprouver dans cette même 
partie des élancements, des névralgies, etc., enfin des phénomènes hysté- 
riques. — L'insensibilité à la douleur, provoquée artificiellement^ est donc 
un phénomène de physiologie pathologique parfaitement distinct de l'a-- 
nesthésie observée dans l'état morbide. 

L'analgésie chez l'hystérique est par sa fréquence un symptôme d'une 
grande importance et qui souvent met sur la voie du diagnostic de la 
maladie. Cette absence de la sensibilité à la douleur est souvent ignorée 
des malades, et elles sont très étonnées de constater que la peau peut être 
transpercée sans qu'elles ressentent la moindre impression douloureuse* 



olll DKS(HU)l5i:S l)K L'lN.M:r.VATH>N. 

Ai(n>. si l'on irilcrroi:»' 1rs nmkulrs, elles se souviemienl (|ue depuis loti.-- 
leinps elles ont rcniai'fni;'' des eecliynioses de la |)eau sans pouvoir K'^ 
lapporlera un clior, a un coup dont elles n'avaient aucun souvenir, pan* 
(|u'elleselai('iil anaIuf'Ni(jin's. VA ecpendanl c\u'a les inèint'S malades, !•' >'ii^ 
(iii loneinT piTsisl lit dans unt^ ccilainir niesun\ puisiju'elli'S pouva «'iil >• 
sei'vir de leins niaiii > pnur eoudrc, ()ou!' tricoter, etc. Toulelois. elJcN >• 
rappellent (|u il leur ai rivait parfois de laisser tomber les objets qir«'ll'> 
leii. lient enirc b'S doi^rts; il existait donc d<ja de temj)S à autre de l'aii'-.»- 
lbc^i<;. Telle> malad^^s (pii sont anall:e^iijues ne sont pus anestllc^il]^lt^^ i 
toutes les inip!'<'SM()ns, elles peuvent «ivoii' perdu le sens du louclnr e*. 
cependant elb^s peivoivent le IVotti-menl, disliniiuenl le cliaud du froi I. 

tles niodilications de la seusibilit*^ sont encore beaucouj) jdus \arit*«> 
dan.> les dil]erente> jxîiiodes de lliypnotisine, et certains procèdes [>♦ uvi'nl 
rt'udre mauiresle une sensibilité rellexe à la<juelle on donne le nomd'li\- 
j)erexcital)ilii'' ncnro-nnisculaire. (]ette sensibilité spéciale t\st très iinpor- 
lant(* à conslaliT purce «ju'elle est la dhiiouslralion srioiti/itjUf* (!•■ la 
modilicatioii l'i'-rllc de la sensibilité dans rb\st(M'ie. Klle réclame uneelti'l< 
nnnutieuse, et les proci'Ies (|ui en dt^nontrent Texistence varient av»-,; 
clnuiue nial;i'lc et suivant la période letbar.i:i(|ue, cataleptitjue ou soni- 
nambuliijue de l li\pnolisn}e : - la peri ussiou Icirne, le Irottemeiit, iiii 
c(unant d air iVai.^ ïîUI lisent 'pour rendie celte li\ perexc.tabilite mandesl»-; 
(rautiv's lois, il laifl avoir recours au froid intense, à Tapplication local?' (!•• 
Tetlier ou du clilorofornn\ 

(«es dilTcrcnts proi'édes d'action prouvent ijue dans l'li\ pnotisun* la sr;i- 
sibilil»' n'(\-l point abolie, mais seuleuKnt moliliée, el (ju'elle rr'claiiu 
remploi d'aiirnls spéciaux pour se manifester, (les faits étaldi-s«nl <:on)bien 
sont (leu avancées nos connaissances sur la sensibilité <'n liéneral. et 
Telude des aiicnls estbesiouenes démontre (jue riniluence la plus nuniiiif' 
en apparence suflit pour transférer l'insensibilité d'un C()lé du corp> au 
«•()te oj)j)ose et pour /// fteer [)our un temps plus ou moins durable, en uii 
point détermine du cc! ps. 

Les rt-m u'ijues ^Lientuaies (jui précèdent sur la sensibilité de la peau yiiil 
en partie applicables a la sensibilité spéciale des or-:anes de la vue, de 
l'ouïe, de le-ioral et du u ùt. La niobdite spontanée ou provoijuee do !a 
sensibilité cdlaiiee et sensorielle (bMUontre (pic ces troubles fonclioMiiel? 
dans riiNsterie doivent eiie rap[)ortes a un«^ modalité non orij(inl(jue ù^."î' 
crnlres nerveux : une ciiiotiiin moialr suilit pour les laire naître on lc< 
faire dispaiaitie. un excitant peripbeii(jue Miflil aussi pour moiiilierles 
conditions lonctionnelics des centres nerveux. 

Li>s facultés ini.ellecluelles elle/ l'ii} steiKjue nVcliappeul jxjinl à O'Ite 
l M dv' la mobilité loïKliu.inelle du s\ sterne nerveux : la memoiie, la noli^jn 
de l usaue ib s objets, la lacnlle du lan-:a^e pari.', écrit, qui nt* sont peut-cire 
(|ue des ///0'/(//<7cô' (/c /(/ sm^tbidle a rdfrale \w\.\\\'n[ ^pontancmenl ou 
expcrimenlalemenl être niouiuees de Itdle sorte qu'elles seront augmentée^, 
ahnlip« nu perverties. 



SIGNES FOURNIS PAR L'aNESTHÉSIE ET L'ANALGÉSIE. , 325 

Enfiiiy en môme temps que ces anesthésies de la vie de relation, on 
remarque souvent chez les hystériques des troubles fonctionnels de la vie 
organique, de la vie végétative, qui sont la conséquence de lanesthésie 
des organes viscéraux. Alors, on constate la diminution, la cessation des 
sécrétions ou la rétention des liquides sécrétés dans les réservoirs naturels, 
parfois même certaines hydropisies locales, dont Sydenham a donné la 
description clinique et qui ne peuventétre rapportées qu'à une modification 
du système nerveux. 

L'analgésie s'observe dans Vhémorrhagie cérébrale, mais seulement tant 
que les malades demeurent en demi-connaissance. Dès que celle-ci est reve- 
nue, généralement la sensibilité reparaît. Chez quelques individus, lorsque 
l'héraorrhagie est très forte, l'analgésie est complète, et il y a tout à la fois 
anesthésie et analgésie. Ailleurs l'insensibilité est incomplète, et, si Ton 
pince ou si l'on pique la peau, on voit les membres exécuter quelques 
mouvements et la figure exprimer la souffrance. 

Quand l'intelligence revient promplement, la sensibilité reparaît égale- 
ment très vite avec ses caractères de l'état normal ; dans certains cas, au 
contraire, elle est très exagérée. 

Dans la compression du cerveau par de gros épanchements intracrdnienSy 
il arrive un moment où la sensibilité est très diminuée dans toute 1 étendue 
du corps; il y a tout à la fois perte de la sensibilité tactile et analgésie. 

Dans VintoxicaLion akooliquey Tanalgésie est un phénomène constant. 
Elle se montre déjà dans le premier degré de l'ivresse, où elle est générale. 
Dans le second degré, qu'on pourrait appeler le cowa akooliquey cette 
insensibilité à la douleur est absolue, et elle persiste souvent dans le deli- 
rium tremens. — 11 en est de môme dans les empoisonnements par le gaz 
acide carbonique, par le hachisch, par les narcotiques, par les sels de 
plomb, et par toutes les vapeurs anesthésiques d'élher, de chloroforme et 
damylène, par le chloral à l'intérieur, etc., récemment employées pour 
faciliter la prati(|ue des opérations chirurgic>ales. 

Aux troubles de sensibilité de la peau se rattachent les recherches faites 
par Weber (page 209) avec Vesthésiomètre, espèce de compas dont on 
écarte plus ou moins les pointes, et qu'on applique sur la peau, pour 
apprécier la sensibilité en cherchant si le malade sent les deux pointes ou 
une seule. Il y a là une sensation qui varie selon les cas, et si la sensibilité 
est intacte le sujet sent les deux pointes, si rapprochées qu'elles soient, 
tandis qu'au contraire si la sensibilité est altérée, il ne sent qu'un seul 
omiàci alors que les pointes du compas sont assez éloignées l'une de 
Tautre. C'est une recherche utile à faire ; elle constitue Vesthésiométrie 
(voy. page !208, chapitre Estuésiométrib). 

Celte méthode demande à être appliquée avec soin : soit avec un compas 
de métal, soit avec un compas d'ivuire. On lui a reproché de ne rien fournir 
de bien concluant à la clinique, mais iManouvriez pense que les reproches 
adressés à la méthode viennent des erreurs dans l'observation et des erreurs 
d appréciation de la part des sujets. 



32(3 DÉSORDRES DE l'INNERVATION. 

Il y a lieu, en efl'el, de tenir compte d une série de conditions rehli\v>a 
l'application de VinstnimcNt lui-même. 

Les pointes du compas eslhésiom»'»lri(jne doivent toujours être apjili- 
quées sur la peau suivant une ligne parallèle à la direction des filets nerwiix 
de la région : suivant l'axe des membres, suivant le trajet des espao> 
intercostaux, suivant les lignes transversales ou obliques dans les diilt- 
rentes régions de la face. Le contact doit être de très courte dun-e à chaque- 
exploration, a cause de l'accoutumance du sujet qui affirmerait encore la 
perception bien que les contacts eussent cesse d'exister. Les poinl •^ 
doivent être émoussées. 11 laut tenir un très grand compte de la c(>ndijcli- 
bilité du métal pour la chaleur : si les pointes sont froidt's et qu'on h ^ 
applique sur la peau à la température normale, le sujet accusera la double 
sensation qu'il n'aurait point perçue, les pointes étant à la même tem[v- 
rature que sa peau. 

C'est de cette ccuidilion importante que M. Manouvrier s'est préoc(ii|H' 
dans la construction de son a^^lhesiomètre : il a remplacé les pointes nit'- 
tallicjues par des pointesd'ivoire.Cet iiislrument (lig. 01 et 92, p. 211) aél'- 
présente à la Sociélr de biologie en 1873 (1). M. Manouvrier rst le preniirr 
qui ait indique une liémianeslhésied'origine saturnine, qu'il a pu constaltrr 
chez d'anciens saturnins. Alors, l'aneslhésie est surtout marquée dans les 
régions en contact avec le plomb et Ton peut suivre avec rigueur le retour 
graduel de la sensibilité sous l'intluence du traitement. 



ARTICLE 111 

SIGNES FOIRNIS AC DlAGNOSTir. PAK L'HVl'EriESTHKSlE 

On donne le nom dlti/jferesthêsie à Texallation de la sensibilité des tissu> 
sous riiillufiice du conlacl des excitants naturels de leur sensibilité. C'est 
ce qui établit uno dilït-ronce entre file et la douleur, qui peut apparaîP.v 
spontancmenl. Toutefois, riiypcreslliesie ri la douleur ont entre elles d^- 
nombreux points de contact, car là ou il y a douleur, il > a toujours 
hypereslhesie, el le^ parties qui sonl le sic.v de l'hyperesthésie sont aussi 
le siège de doukurs sponlaïU'es. Je dirai voK»iitieis (jue les douleurs tien- 
nent davantaire de létal morbide, el gue le teirumenl externe, dans ces 
maladies, est dispose de telle sorte, que le contaet des excitants ordinaiivs 
provoque de la douleur. 

LTnpereslhesie s'observe exclusivement dans les organes des sens,— 
dans la peau el dans les muqueuses organes du tou^hf^r:— dans les mu- 
queuses organes du ;7e»r : — dans IVeil el ses dépendances, organes de la 
ri>-io« ;— dans Tor-^ane de l t)'n>: — el dans la muqueuse pituilaire, or- 
giuie de roi/onif. 

(1^ V0\. pî-l* hillt. l\ tOS. \t^< ,?;'^..^,*.-t< V^i■.-'^: -n -».•'{•« 



SIGNES FOURNIS PAR î/HYPERESTHÉSIE. 327 

C'est un trouble fonctionnel, idiopathique de la sensibilité, ou au con- 
traii^ un trouble symptomatique dépendant du rhumatisme, ou d*une 
lésion du système nerveux; en un mot, un symptôme. 

L'hyperesthésie cutanée et celle des orifices muqueux, vaginisme et 
autres, sont celles qu'on observe le plus communément. 

Dans cet état d'exaltation de la sensibilité, la peau est ordinairement 
exempte de maladie. Ce ne sont pas les pressions fortes qui déterminent de 
la douleur, ce sont les attouchements les plus légers qui ne font qu'efDeu- 
rer la surface et même le contact des vêtements. Cela s'appelle quelquefois 
dertnalgie. La douleur ainsi provoquée est souvent assez vive pour amener 
des cris, pour déterminer la syncope. 

L'hyperesthésie cutanée se montre tantôt le jour, tantôt la nuit. Il arrive 
qu'elle se déploie tout à coup, et que, quittant un endroit, elle se 
montre subitement en un lieu assez éloigné du point affecté. D'autres fois 
elle s'épuise en quelque sorte, et elle est remplacée par une espèce d'ânes- 
Ihésie. 

Quand l'hyperesthésie est très prononcée, on observe des névralgies su- 
perficielles et profondes; de la rougeur, de la chaleur et une fièvre locale 
qui, du reste, dure peu de temps. 

Les muqueuses peuvent être hyperesthésiées : ainsi la muqueuse de la 
bouche, la muqueuse des fosses nasales, la muqueuse du vagin, du col de 
Tutérus, du méat urinaire chez la femme, de l'orifice vulvaire, ce qu'on 
appelle d'un nouveau nom, le vaginisme, — On trouve quelquefois le vagin 
et Torifice vulvaire tellement sensibles, que le toucher et le coït sont im- 
praticables. En raison de cette hyperesthésie, le cathétérisme est quelque- 
fois très douloureux et très redouté chez certaines femmes hystériques 
affectées de rétention d'urine. 

L'hyperesthésie est habituellement cutanée, superficielle, ou elle occupe 
les organes des sens, particulièrement l'œil et les oreilles, mais elle peut 
être profonde et occuper les os ou les muscles. Ainsi tout le monde sait 
que chez les hystériques et chez certains phthisiques, on provoque des 
douleurs en appuyant sur les apophyses épineuses des vertèbres dorsales 
et cervicales ou rachialgie. — C'est aussi ce qu'on appelle des points apo^ 
physaires. — Chez ces mêmes malades, on détermine aussi la douleur en 
appuyant sur les muscles des gouttières vertébrales, sur les attaches de 
quelques muscles, et en particulier sur les attaches des muscles du tronc. 

L'hyperesthésie de l'œil à la lumière; de l'oreille au moindre bruit; du 
nerf olfactif pour les odeurs, se rencontre dans certaines maladies orga- 
niques du système nerveux, telles que la méningite ou l'encéphalite, dans 
certaines fièvres typhoïdes alaxiques et dans les névroses telles que l'hys- 
térie et le nervosisme. 

Avant de mentionner les maladies dans lesquelles on rencontre l'hyper- 
esthésie, dans lesquelles par conséquent cette exaltation de la sensibilité 
aune valeur diagnostique, je dois dire que le plus souvent l'hyperesthésie 
existe indépendamment de toute affection matérielle du centre céphalo- 



3"28 DKSORhRivS Dr: l'lnneuvation. 

rachidicMi, et (jiie roxisloncc de riiyperosthésie doit mémo d'cmlilec laiir 
penser à toiile auli'e chose (|u'ii une alTeelion c^M'ébrale. (let (Hat nioihid'' 
est iïénéralement altrihué, depuis les travaux de (lazenave, (iendriii ot 
Raele, à une névrose, cVst-à-dire à un trouble dynamique indépendant li- 
toute altération nialérielle aj)préeiable. 

Elle s'observe dans la plupart des névroses, dans la chorée. dans Vln^W 
rie, dans l'état nerveux ou nprrosisme (I), dans la convalescence de ctr- 
taines maladies, au (bd)iit de qu(d(pies nialailies (b^ la peau, etc. 

L'bypereslbésie cutanée s'observe au début du :oh(L du lichen el<lu 
pVKviijo. Il n'y a pas encore de papules, qu'on observe déjà, dans cerlaiih 
cas, celte exaltation de la sensibilité des téguments. On rcd)stM've é;:;de- 
ment, mais à diverses épO(|ues de la maladie, dans Vêrf/lhèine, — dans 
Veczàma, — dans (luelquesalTeclions rêsiralrusrs et srjuameuses. 

Dans les /^cr/v//y/c.s\ Thyperesthésie cutanée (\st un phénomène constant, 
et les points douloureux des névralgies, bien étudiés par Valleix, ne suiit 
pas autre chose que des points de la |)eau ou le neif douloureux envoi»' 
à la peau un lilet d'émeruence superficiel; c'est ainsi que dans la ne- 
vrali;ie intercostale on trouve trois points douloureux, l'un antéritin 
sternal, l'autre moyen et l'autre postérieur vertébral, (jui correspomienl 
aux trois lilets nerveux sous-cutaués du nerf intercostal. Il eu est de niein.' 
pour toutes les autres névrali^ies. 

Dans Vfn/strrii\ lespoir^ts (TbNperesthésie cuta:iée sont assez communs. 
Us ne sont pas étendus, habituellement très circonscrits : de là les nonis 
de points doulourrud', — points (ijmplnfstdres, — rloti In/stcriffue. Le> 
points d'hyperestht'sie se montrent à la tête ; — sur les aj)oph\ses épi- 
ninises des vertèbres dorsales, cervicales;— au niveau des iiouttièns 
vertébrales, surtout à la réiiion du dos: — à la base de la poitrine: — an 
niveau des attaches supérieun^s du i:raml dentelé et du droit antérieur de 
l'abdomen; — sur le pubis et dans les flancs; — au niveau de la poinlt- 
du c(eur, à l'épipislre, etc. Ces points douloureux se montrent surtout du 
côt('' f:auclu^ du corps. 

\.'lniperrsthrsie symptomatitjne est beaucoup plus rare et appartient aux 
nutladies oi'^anicjues du système nerveux et aux dilVérentes lésions ma'"- 
riellcs ijui intéressent queh|ues C(U'dons nerveux. C'est le (as des nêcronn'^ 
et des compressions nerveuses p:u' une tumeur de voisina^v. 

Dans la cont/rstion crrrhnilr, ilans la mcnimjito et dans Venréphalil^y 
rhyperi'sthesii^ cutanée est rare, mais (juand elle existe, son intensité c«îl 
très vive. Mlle ne se montrt^ (|u'au début de la période d'excitation des^u- 
iiauts intracràniens. Ce>t surtout de rinpereslhesie sensorielle el cutanfc. 
(hi en reconnaît la cause j>arce ipie, avec l'ophthalmoscope, il est po^- 
sible de dt^couvrir une lésion du utMl' opticpie ou de la rétine. Dès que 
les altérations analomiques sont bien (ormees, quand il y a épanchenienl 
de sérosité ou de pus, il n') a plus d hypereslhesie. Toutefois elle peut 

(D Vov. K. Boui'lMit. hu nevo^i^mf rt </?•% mii hi.t*< N''rr.'*/<f'5 "i* édition. Paris, \S''. 



SIGNES FOURNIS PAR LA CÉPHALALGIE. 329 

reparaître quand ces affections, déjà en voie de guérison, oiïrent les signes 
d'une récidive, d'une recrudescence, et lorsqu'une encéphalite circonscrite 
tend à se développer autour d'un produit morbide accidentel, de nature 
tuberculeuse ou autre. 

Dans la méningite cérébro-spinale particulièrement, il y a également de 
l'hyperesthésie superficielle et profonde, et l'exaltation de la sensibilité est 
telle, qu'on ne peut souvent toucher la peau, même avec les plus grandes 
précautions, sans provoquer des douleurs extrêmement vives. — Il en 
est de même dans la myélite des cordons postérieurs de la moelle, mais 
alors, par la cérébroscopie, on constate une hyperhémie ou un œdème de la 
papille qui indique la nature spinale organique de cet excès de sensibilité. 

Dans le ramollissement du cerveaUy l'hyperesthésie se montre quelque- 
fois avant la paralysie, et il est important de la reconnaître. C'est, dans 
quelques cas, le seul phénomène qui soit bien appréciable, et il faut se 
garder de la confondre avec une névralgie ou une manifestation rhu- 
uiatismale. 

ARTICLE IV 

SIGNES FOURNIS AU DIAGNOSTIC PAR LA CÉPHALALGIE 

La cépkalalgiey ou douleur de tête, également connue sous les noms de 
cépkaléêy de pesanteur de tête^ de migraine^ d'hémicrdnie, etc., est un 
phénomène extrêmement commun; — seul, il n'a pas grande importance, 
mais sa réunion avec d'autres symptômes devient un élément de diagnostic 
très utile. 

On ne connaît guère la cause de la céphalalgie, et Ton n'a aucune don- 
née exacte sur son siège anatomique ni sur sa nature véritable. En dehors 
des névralgies de la cinquième paire et des névralgies 0(xipitales, tout ce 
qui se rattache à la céphalalgie est très obscur. Le devoir du clinicien est 
de l'envisager comme symptôme et d'examiner sa valeur diagnostique. 

La céphalalgie est générale ou circonscrite, continus ou intermittente. 
Sous cette dernière forme, elle peut siéger dans une moitié latérale de la 
lète, c'est Vhémicrdnie; elle peut occuper le front (céphalalgie frontale 
ou suS'Orbitaire); la tempe (céphalalgie temporale)] — l'occiput (cépha- 
lalgie occipitale)', elle peut occuper le sommet ou un point très limité 
du crâne; sur le vertex, c'est le clou. 

La douleur de tête est tantôt très intense, tantôt assez légère ; elle est 
aiguéy sourde, éphémère ou permanente. Ses formes sont très variées : ici 
(Vstun resserrement, une constriction, il semble que les tempes soient 
rapprochées l'une de l'autre ; là ce sont des douleurs très aiguës, en ma- 
nière d'élancements. Tantôt c'est un poids, et il semble que la tête doive 
s'incliner en avant; tantôt c'est un ballottement intérieur, et les malades 
croient avoir de l'eau dans la tête. Une autre fois, la tête donne la sen- 
»tion du vide. C'est sous ces formes diverses que les malades expriment 
leur souffrance. 



On a()j)ello plus litMirraN'ineiil crphalalijio la douleur ai«rue et pa^^a::t'l", 
l't'phdlct' la douleur SDunlo k\[ porinaiieiitc. 

La côphalali;!!' csl raroiniMil isolé*,»; dillVM'i'iils li'ouhles des orgallr^ d»- 
sons, surtout de la vue, (k* l'ouïe rt du lt)ucher, racconipaiinenl ordiiiaiP'- 
nicnt. La vue pinil èliv tdisturcic, la pupille dilatée ou contractée : il p'-u: 
y avoir diplopie, |)liotophol»ie, etc. L'ouïe peut être dure, et il peut e\i^^•: 
des hourdonnenients d'oreille. (Juanl au louclier, on ) observe (juchpi-- 
roi> (ie rhyj)ereslliesie ou de ranalire.>ie. 

La cej)hala!i:i(* s';i(coiiipai:iie ^ou\e^t de tiouhles i.olables du C(>ie ti^- 
voies difiesllves, (jiielijueîui.s (ie nau>ees ou de vonn>senients, cl il \ a l>' :- 
jouis chez les malades un malaise iiéneral très prononcé. 

Ladouleiu' de lele se rencontre dans un lies iriand nond)re d'alîectie:j>. 
Au>>i, au lit du malade, l'aul-il bien anaKserci' s\mi)i(»me : il faut voir >M 
prend sa MCiU'ce à la tele même inl-rieurenient ou cxleiienrrniiMit, ou >i 
ne dépend pa> d»^ (pieKiue altération du >an^ chUndlii/m'. sfjttic^ i/ii>jU' 
i>u ini'u^liw ou dime maladie dont le >iei:«' anatomii|Ue e>l j)lus ou ni'»ii> 
eloiune du ci'rvrau. — A cet é^ard, il \ a : 1 une céphalalirie siiih^dom'i- 
(ii/Hf, et -^" une céphalalgie t'fisi-Hlii'Ilt' oH btjniii'ifln'fHt'. 



if — €'0|»halul;;ic K^iiiptoiiialiquc*. 

La c\'ph:dal.:ie ^'ifiij'tourHi'^fi': solj^erse dans rérNsij)èle du cuir cli«- 
vi'lu. d.ans la con-:r>ii(»n cerebia';t\ dans la nienin-ite, dans rence[)!ial:it. 
dan> riicmorrha^ie cérébrale. ra;Hiple\ie >rr<ii>e. 1 indrocéphalie, l'inper- 
trophie du CCI Veau, les pio-ji; tî,'i:N a.cid 'nl-dlcs de cet c»ri:ane ; al(»r>,cllr 
e>t (l'iduni*-: la nv'sral^.f ^'/../y .'.'/M-y '/ ' >\di>erve : dans les nevraL' f^> 
di- la lele. la mi^.aine, ! Vjiibp-i '. I ii\>:'i.e. la cLbiri'Se, les lièvres, eU., 
et elb' e>l aK'i> >oîive:il / •; , -.t'H-.t! . 

1 l'vin> ['(/ '/Nf, • '■ /'./-' ( /, ... /. la doultHU' de léte, qui auimiêîiî'- 
pai le co. ilael d;î du. -t. «.-'. lin î< :l i> •:! si_ne dia«no>lique, car elle it-viv 
une maiaàu' ca :.t • viaiis !. > cii '\c::\, vjiie 1 a-il j)eut dinicilenient a[)erct- 
Noir. l. a- i: a |\:> !.. i;:. :ne nnj .«lî.i!.. e !or>v]n<de la lace la maladie ^Vte:l: 
a la p^au J.a iia'.--, î.î.un sa p: t <• :. «• in liqm^ 1 «'Vîen.-ion de la [)hlei:ma-i''. 

-' l'a-> la ' . s' /. , ' '■■ -, la c<'p:ia:aLie e>t un S}m[>ir)me tir^s 
ci»n.mr.'... ii>r a .. > ia:vu:.:i> >.; \a. .t> : tlit i >*. ccinîinut\ >ourde, i:i-av.i- 
tiNc, >or*vi'K: î:e> loin-, v : vi:i.ai: ( n^ î.l •■. ::'iaif. et t-de existe des deii\ 
ci»tt > lie a u;. r; , t >! ;>:,: nd- , I -* n.aluifS en unt parlail'-meiil l.i 
>cî;>a; v'i: : ;1 .. ..r -*. :i.:.\' y:, ia : tv >. i:>. »i(e, c^-mpi imce, ou renii'ii- 
cl p:v> Il ( V laU r. i i ;t. itv'.;.^;:: >\.n.on.;' ;-î.r' de \riii^es. d'un eni:ouhii^- 
>enuî;'. wi > Llu.; > .:.;v ..v . lu; ,;t>. La .. itcii.a'/.'-n dan^ les i:ros Ii'oik'> 
Na^v -a. a;;es « >; î:r> a UNt •: au c :.!...\\. !•• : L-urdu sanc dans la w'ui^ 
K.wv MipciuiKv [Miail d..:..::^: :. n .. ,: > .:• >;a\;>; k-s Vrincb du oou, d»- 
la lace il du Ironî >i i.î '.rx ^. :V , . ;•;;_ >,.:.Us, ,-1 rophlbalino>Ot»j-' 
penuei de \o»r une iv^: i >; . n i-;, :.»;.!.• Ir- > n:..:u>ncee. Kn un th. t. 



SIGNES FOURNIS PAR LA CÉPHALALGIE. 331 

la céphalalgie s'accompagne de tous les symptômes dont Tensemble carac- 
térise la congestion cérébrale. 

3* Dans la méningite, la douleur de tête a les caractères de celle qu'on 
observe dans le cas précédent, quand la congestion cérébrale parait être le 
premier degré de la méningite, mais ce n'est certainement pas le cas le 
plas commun. 

A cette céphalalgie se joignent les symptômes ordinaires et habituels de 
la méningite: rougeur très modérée de la face, chaleur très vive de la tête, 
le reste du corps étant à une température fort peu au-dessus de la tempé- 
rature normale ; vomissements, constipation, fièvre peu intense, hyperhé- 
mie papillaire constatée à Tophthalmoscope, en attendant les phénomènes 
de la seconde période, qui sont ceux de la compression du cerveau. 

Dans la méningite tuberculeuse, si commune dans l'enfance, du moins 
comparativement à la méningite simple, les accidents ont une marche 
beaucoup plus lente. La céphalalgie précède quelquefois de beaucoup l'ex- 
plosion de phénomènes plus caractéristiques. Elle s'accompagne fréquem- 
ment de cris, de somnolence, etc. Elle coïncide également avec une névro* 
rétinite que l'ophthalmoscope permet d'apprécier aisément. 

4"* Dans la méningite cérébro-spinale épidémique, quand la marche de 
la maladie n'est pas trop rapide, quand la mort ne vient pas trop brusque- 
ment et qu'on peut analyser les symptômes, on observe comme phéno- 
mène prodromique une céphalalgie plus ou moins forte, et, une fois la 
maladie confirmée, une rachialgie souvent sourde, mais le plus ordinaire* 
ment très vive, très violente, surtout à la région du cou. Il existe en même 
temps de la roideur dans les muscles de la nuque, et de l'hyperesthésie. 
L'hyperhémie et l'oedème de la papille annoncent qu'elle a pour point de 
départ une lésion organique. 

5* Dans Yencéphalite, la céphalalgie ne se fait sentir que dans le cas où 
la couche la plus superficielle du cerveau est affectée, et dans lequel il y a 
toujours une méningite partielle; il en est de même dans la plupart des 
cas de ramollissement cérébral. La douleur est alors permanente, limitée 
aa point malade; c'est aussi ce qu'on observe dans l'encéphalite chronique 
des aliénés, cas dans lesquels il y a toujours des traces de méningite 
accompagnée de névro-rélinite plus ou moins accusée. 

6* Vhémorrhagie du cerveau ne détermine pas de céphalalgie par elle- 
même. Quand il y a douleur de tête, c'est dans les cas seulement où l'hé- 
morrhagie cérébrale est précédée, accompagnée ou suivie de congestion 
sanguine ou de ramollissement inflammatoire. Dans le premier cas, on 
observe la douleur sourde, gravative, qui caractérise la congestion céré- 
brale. Dans le second cas, la douleur est partielle, permanente, obtuse avec 
hyperesthésie et s'accompagne d'hyperhémie rétinienne. Ces distinctions 
sont importantes: outre que le diagnostic y gagne en précision, il est in- 
dispensable d'avoir ces notions pour baser le pronostic et pour établir le 
traitement. 

7* Dans Yapaplexie séreuse, dans V hydrocéphalie chronique, qui suivent 



o-]'! hK>oni)RE^ IT. I.'iNNKIlVATION. 

(Iiirhjnefois {\o< maladies st'MMeusos ou (jiii vi"îiiH'ni coiiipiiijn»^!' l«'ur *'• :.- 
vaIrsi'«MH'«\ roiiuî!" dans les lièvres ixravcs, la x'ailatine. la inaladi»' •!« 
r>i'ii:lit, la |>IUliis;V, il se furiiic, dans les nn'iiiij:ze^ ou dans lu (intlr-ii-- 
V(Mitri ulrs, drs epanclirnuMils >j''rt'iix non acc.inipamu's de li'aees ^eîl>".: :»n 
d'inllnnnnation. C«\s epanclienienls, (jui ]ani(dli>se!it, (•oni[)i!inent. lii-- 
lendtMil la pulpe e^Tchralc, sont annoncfs |)ar d»\s douleurs de lêle i\\w 1 ^ 
malades n!anire>t»'nt en poi'lant la main a e«'tie partie, en se jdair!].-!! 
dou/emenl. mais ronlmurKcFuent, m j)'tus>anl ers ciis proloiu^N i| .■ 
Coiiiilet a ap[)»'l»'s cris hiidrcuccjih'il iij}ir<. La d;-uleur d»' lèl«* ijui s»- niai.:- 
le>te par <'•'«> cris e>t un excellent >ii:ne diai:no>ti(|ni' des ('pan lieniei.N 
<éi'eu\ de rinlt-rieur (:u cerveau, et l'iedènie de la pa{>ille annonce ^a n.. 
tiu'e (»i'_:ani.|ue. 

N' hans Vln/iii'rh njijiir lUi cPiirtiti, la ceplii'auie cnI un |)!u"n )nj'"ii 
d'un»* Irlande saieur. K!le e>t lies vivi\ conlinu»', nar<t\\ ^liuue. et rljf > 
traduit par (\v> ci'is inarticulés et (M)nlinuels. On sait eonihien il e<t dilicii' 
de (lislinl:u^'r ce cas de l'IiNdiuceplialie. Outre les plienoîneiies de coin- 
pres>ion, >enil)laldes a ctni\ (ju'on observe dans rii\drocephalie, il fa-iî 
noter dan-^ lin p''rli'i»p!ii'' cerehr.ile les atla(}ue> c(in\ul>ive> e|)ilep'i!oinirv 
ou élites sont à peu près constantes. c<Mnnie l'ont remar(|ue Calmeil et lii:- 
S(dle. [l'un autre ^tile, il faut rerluMc lier si l'individu aîVe-^te a eu a subi 
rinllueiice des eni niati«ni> (!•' se-s (!•> phtnih. iMns raTlirmalive, toutes U> 
])resoni[)li()ns sont en favtMir de 1 liypei tidphie du cerveau. 

'J lUîi^ \t'> jn O'hicl ii'iis orij'lni'jnrs ilr lil inn^s^ rc/'^V/r///e. t*dles que l-^ 
fflfi''l('iil>'^. Ir r////f r/ , !,'> ////o/;/''.s\ \*'^ Il fj'l 1 1 i h' ^ , le> t ff in ''H i>: f(hr'r}l\ >, 

il n'\ a de do'i'.eur (]ue dans lo ra> ou 1»' proiluit ninrhide e>i voi>in d>- i' 
P'-ripliciie du cerveau, parce (pTal-ii-s ds e:!Îiaîii«'nt d«* la eonjestion. d-- 
linti nninatiini de la snhstaiH'e cei'ehral'' et suituut de ses envelopp»'S. 

10" Apres h'S ni-amles pertes de San»'. 1 inie licence n'e>t pas nel.e, ily.i 
une v.'ritahu- <iiif iiii>' 'In cci ir,fn. (!t*t rial mnrh de e>t louj«»urs accikUipa- 
une d"ue' (ionl"ur ô' tête qui re>se:nlde (jut Iqneîois beaucoup a la doulfUi 
1 'urde, ::!avative d-- l.i (•itn-:e>ti(tn cer(d)rale, et «lue l'on rec^innaîl ena\ai.: 
iecou:> a:i\ conniieni »rali!s.«'t ace (|ue roplilliainiosi ope permet de coii- 
<lat'r une ancnii<' w 1 1 chnroi le ou île la rétine. 

st. — i'oplialal;iio ^««««^nliolle ou i»>nip«ltaique. 

La icphalaLie » xvv/'/- /''- p;; n-/ -/ .'.''// ,V'\ qui ne dépend d'aucune alt'- 
ratiou maleriell'' du i^-Meau et c- >•■> ♦ ::'. «lie.p.^, ie>ultt^ de la sympalln- 
exerct^' >ur la l'ircul il;««n du c-ivcaii p ir 1» > ar«-!ali<ins du sa nu, pu* It^'» 
enipo:>«»nnemenls l't | ar les troulO-N (i, ^ d;r:erent> appareiLs uriianiijiips. 
Lde e>l souvent pa>>a^ re. interin t e.il-' < \ >'• r< nconlre: 

I l'ans les /*'//■/'/'•< «/ ' •/' ''<''."'■. In eù't. les nevraliiies de h 
lete >onl a>se/ commune^, ti L'>ih:.> a.'ectts s., ut b-s bianidies frontale^ 
et auricuaires tle la cm |;:;c!ne p'i:e. el le h«ii' s-'us-cu'cipital. — Dansées 
i'ireon>tance>, la dv»uleur a l r.î a \i l [«• laiaelrre dt^s nevialiiies: elle re- 



SIGNES FOURNIS PAR LA CÉPHALALGIE. 333 

vienl par accès, elle est bornée à un côté de la tête, occupe le point d'émer- 
gence du nerf; en un root, elle dépend de la distribution du nerf affecté. 

Comnie dans toutes les névralgies, la douleur de tête est ici superficielle: 
elle présente des points fixes douloureux, soit sur le trajet des nerfs, soit 
plutôt aux points d'émergence des principaux filets nerveux, au niveau du 
tronc sus-orbitaire, au devant de l'oreille, au-dessus de la nuque. 

Quant aux caractères de cette douleur de tête, ce sont ceux qu'on ren- 
contre dans la plupart des douleurs névralgiques, des élancements sur le 
trajet du nerf malade. Ceux-ci se répètent plus ou moins fréquemment. 
Quelquefois ils paraissent s'étendre et sont remplacés par de Tengourdisse- 
ment. Quand ces élancements sont très aigus et répétés, on observe des 
phénomènes particuliers d'excitation locale ; la peau rougit et devient 
chaude, la circulation est sensiblement plus active du côté alTecté que du 
côté sain, la peau sudorale ; les muscles voisins ou sous-jacenls deviennent 
le siège de contractions involontaires ; le front est plissé, les paupières se 
ferment, et il y a en même temps des troubles de la vue et de l'ouïe. C'est 
une névralgie congestive^ et la papille, la choroïde et la rétine sont forte- 
ment congestionnées. 

Chez des sujets irritables, à mesure que la douleur augmente, survien- 
nent d'autres phénomènes d'excitation nerveuse, des vomissements, des 
convulsions, le délire, etc. 

Ces douleui's névralgiques de la tête se déplacent et peuvent changer de 
siège, comme toutes les névralgies des autres parties du corps. Elles peu- 
vent êlre continues, avec des exacerbations à certains moments du jour ou 
de la nuit ; ou bien, elles sont intermittentes et revenant par accès, 
régulièrement périodiques. Cette intermittence affecte les divers types, 
quotidien, tierce, quarte, double-quotidien, double-tierce, etc. Il peut même 
y avoir plus de deux accès en un jour, les intervalles qui les séparent 
étant plus courts. C'est ce qu'on n'observe pas dans les fièvres intermit- 
tentes légitimes : dans ces fièvres, la périodicité est toujours plus longue. 
Ces douleurs annoncent une fièvre larvée, 

La névralgie de la tête ne reste pas toujours bornée au cuir chevelu, elle 
s'étend à la face, à l'orbite : de là des douleurs très vives au niveau des 
yeux et des oreilles ; Tœil est parfois horriblement douloureux, de là du 
larmoiement, des troubles de la vue, du clignotement, des soubresauts des 
paupières, des convulsions partielles et douloureuses des muscles du vi- 
^a-e ; ailleurs, douleur très vive dans le pavillon de l'oreille, dans le con- 
duit auditif externe, et cependant nulle trace d'inflammation de Toreille, 
pas d'é(X)ulement. D'autres fois, enfin, la douleur s'étend davantage et elle 
gagne le plexus cervical superficiel ; elle peut encore gagner de proche en 
proche et venir afl'ecter les rameaux thoraciques et scapuiaires du plexus 
brachial. 

Les causes les plus ordinaires des douleurs de tète névralgiques sont 
rinsolation, le froid, les blessures des nerfs, la carie dentaire et le travail 
de la seconde dentition, la chlorose, Timpaludation et surtout la syphilis. 



^^^i DÈSOHDKtS DE l'lNNKUVAÏIO.N. 



(les iiévraliiios, dans la syphilis, coiisliluenl un des phénomènes les plus 
intéressants :i étudier de la troisième période de la maladie, quelquefois il- 
la seconde. Klles sont intermittentes et souvent nocturnes. 

^'^ Il V a douleur de tète dans le rhuwatismc du cuir c/iercliL Cette mi- 
ladie, développée sous l'impression du froid, est assez fréquente, h 
musch^ occipito-frontal et ses annexes fibreuses sont ici alTeclcs. 

Celte douleur a les caractères suivants : Elle s'est développée après ui 
refroidissement subit ou progressif de la tète ; elle est superficielle, '^(•ur- 
raie, occupe les deux cotés, et est souvent plus forte en arrière ou en 
avant qu'en d'autres points. La pression sur la tête rau<rmente; ia con- 
traction des muscles d(»s inàchoircs produit le même résultat. Les coiiïuro 
chaudes la font sensiblement diminuer. — Souvent on observe en d'aulri> 
parties du corps des douleurs rhumatismales. La douleur de tête rhvnn.- 
tismale dilTère de la douleur de tête névralgique, en ce que celle-ci revifiil 
|)ar accès, tandis que la première est continue, générale, sans occupt^r 1^ 
point d'émergence des nerfs, et n'est pas compliquée, du moins au nu>- 
ment de l'accès, d'une sorte de fièvre locale ou d'un mouvement fébril» 
très prononc('\ 

3" Dans la wir/raitu', quand la douleur de tète ne peut être rapporte-^ 
à aucune lésion matérielle du cerveau : c'est ce qu'on appelle Idcéphalithji'' 
nerrfKsc on la wif/iitiuc. 

La migraine est très commune chez les individus d'un tempéramf^i.l 
nerveux et chez les lennnes. Les règles, l'état hystérique, la moindre éiiiu- 
lion morale, la plus légère contrariété, tout ce qui peut gêner accidentellt- 
ment et très momentanément l'ouïe, la vue ou l'odorat, sont les occasiûii> 
de son développement. 

C'est une douleur vive, souvent sus-orbilaire, sans mouvement fcbrilo. 
mais accompagnée de chaleur et de pesanteur de tête, avec élourdis'^e- 
ments, éblouissements. VMc dure de quel(|ues heures à un jour ou deux: 
l'Ile s'accompagne lVe(]uemmenl de perle de l'appfHit et de vomissements. 
\ucun autre trouble (M"gani(jue ne vient la compliiuier. — Cette douleur»], 
tcle s'accompagne sou\enl de ccmgestion papillaire et choroïdienne, etan- 
noni'e une névrose congestive, ce que prouvent du reste assez souvtMtî 
l'iedème et rinperhémie des paupières. Elle n'est pas grave par elle-mèmr. 
elle n'est (|iie liés pénible {)ar ses retours fréquents. Cependant elle finit, 
au bi)ul d'un certam lenij)N, par déterminer de la faiblesse intellectuelle «l 
une sorie d'hebcUule. — (Juelquefois, les femmes sujettes à la raignin»* 
ont tics points d b\ perestbesie très prononces sur diflerents points d" 
corps. 

\ hans Irpilriisn', il \ a douleur de télé, mais dans les accès seul»*- 
menî, à moins, bien erileiuiu. que la névrose ne soit symptomalique d'un 
produit nutrbide deNcloppe dans la >ub>lance cérébrale. Certains indivi- 
dus, res^enlant une douK ur \ive de télé, sont ain>i avertis de i'ininiineuce 
d'une attaque. C'est donc un symptôme prodromique. Tantôt elle est géné- 
rale, tantôt, et c'oî ce qui se montre le plus communément quand le mal 



SIGNES FOlTRiNIS PAR LA CÉPHALALGIE. 335 

de télé précède de très près une attaque convulsive, elle est circonscrite et 
localisée en un seul point de la tête. 

Après les attaques, il y a toujours de la douleur de télé. Celle-ci est 
lourde, pesante, et ces troubles fonctionnels durent plus ou moins long- 
temps, de quelques heures à plusieurs jours. 

5* Dans Vhystériey la douleur de tête existe presque toujours avant les 
accès et dans leur intervalle. C'est un symptôme utile à rechercher pour 
établir le diagnostic quand il n'y a pas encore eu d*attaques de nerfs chez 
une femme que Ton présume hystérique. Ici la céphalalgie peut être géné- 
rale et ne présenter aucun caractère spécial ; c'est, ailleurs, une névralgie, 
une simple pesanteur, la céphalalgie des congestions cérébrales, tantôt 
eufin une douleur très vive, limitée à un point circonscrit de la tête, sur le 
vertex, et formant ce qu'on appelle le clou hystérique. 

La céphalalgie, est, dans cette maladie, un signe si précieux, qu'on peut 
dire d'une manière générale qu'une femme nerveuse, sujette aux vapeurs, 
aux spasmes, à des douleurs vagues, à la tympanitc épigastrique, à la 
boule(BSophagienne,etc.,qui aune céphalalgie habituelle, générale ou limi- 
tée à un seul point et surtout occipitale, est une femme atteinte d'hystérie. 

6' Dans Vhypocondrie, la céphalalgie est habituelle, presque perma- 
uente, et offre tantôt le caractère d'une constriction temporale, et tantôt celu 
d'une pesanteiir telle, que la tête s'incline sur le cou. Quelquefois elle offre des 
exacerbations. Le plus souvent générale, elle est quelquefois circonscrite, 
localisée; dans ce cas, elle est le plus souvent sus-orbitaire et occipitale^ 

7* Dans les fièvres et surtout dans la fièvre typhoïde^ la céphalalgie est 
un des premiers symptômes de la maladie ; elle survient en général quel- 
ques jours avant le mouvement fébrile. Elle ne cède pas au moment de 
1 invasion de la fièvre ; au contraire elle augmente. Ainsi viennent des 
étourdissements et le délire. La céphalalgie est donc un symptôme très 
précieux dans la fièvre typhoïde, le seul quelquefois dont se plaignent les 
malades. C'est tout à la fois un symptôme du début et un symptôme de la 
(HTiode d'état de la maladie ; sa diminution coïncide avec l'amélioration du 
mal, et lorsque toutefois la guérison doit avoir lieu. Quand, au contraire, 
la maladie parait tendre vers une terminaison funeste, la céphalalgie per- 
siste. Dans le cas où elle disparaît, il est bien rare de la voir se reproduire. 
Aussi, si ce phénomène anormal se montre vers le déclin de la maladie, 
on doit craindre une complication, le retour du mouvement fébrile, des 
accidents du côté de l'intestin, une pneumonie, mais surtout une ménin- 
gite ou un épanchement séreux dans les ventricules du cerveau ou dans la 
cavité de l'arachnoïde. 

Dans la fièvre intermittente y la céphalalgie est un symptôme prodro- 
mique des accès. C'est un symptôme qui manque très rarement et qui, en 
I absence d'accès bien complets et bien déterminés, peut mettre sur la voie 
d une fièvre intermittente. — D'ailleurs il y a une forme de fièvre inter- 
mittente pernicieuse dans laquelle le mal de tète constitue le symptôme 
principal. On appelle cette fièvre fièvre pernicieuse céphalalgique. 



• >i)i"» Dt:.>(»iU)mî:s dk l l\M!:iivatio.\. 



Dans les /ii'vres ëiiiiflives, la céphalalgie, cjui ressemble heaucuupinetk 
(|u'<ni reiicunlre dans la lièvre tyj)huï(le, cesse dès l'éruption. C'est iinplu- 
m^nieiie du début. — Si la douleur de tète persiste nialirré l'apparition il- 
l'éruption, c'est un si^ine de mauvais augure: ou bien rèruplion est iiuoi;;- 
pieté, ou il se prépare une complication. 

S" Il y a enlin des douleurs de tète sympalbi(|ues des maladies dos vm. « 
digeslives dans Viuiln/rsfion, dans Vctubinds tjastri'im\ mais plutôt diui^ 
les nuiladies aiiiues 'lue dan^ Us maladies cbroniuues. Toutefois il \ a «.h 
grand nombre de ih/spcpsics (|ui s'accompagnent de douleurs de lele •! 
d'une forme de céphalalgie; — la inifjrdiitr lésulte souv(Mit des trnlll)l^; 
des lonctions de rc^lornac cl de I intestin surtout dauis la t'Otistipotiou. 
Elles s'ob^el'vent aussi dans la chlorose, lians Irn/r